23 novembre 2017

P COMME PARAPLUIE

Impossible de publier des photos ce jour sur Canalblog !

Tant pis, je vous livre mon texte non illustré ! Désolé !

 

Je me souviens encore très bien de ce concert du groupe Nirmaan à Transat en ville. J’y suis descendu tout seul avec mon pliant sur l’épaule. Ce jour-là, comme il avait plu, le pliant sur l’épaule a été l’assurance de poser ses fesses sur une surface de toile sèche. Parce que les transats étaient plutôt en vrille ! De jolies flaques invitaient les grenouilles, de bénitier ou pas, à aller s’asseoir ailleurs ou à rester debout.

La chanteuse indienne était très jolie, la musique exotique à souhait même si jouée au saxophone amplifié et déformé par des pédales d’effets. J’ai pris des photos mais on voit surtout dessus le parapluie du mec devant moi qui offrait un coin de paradis sec à sa voisine.

Sur la fin du concert je me suis levé et rapproché pour aller m’agiter au pied de la scène. C’était justement la danse du chameau et il s’était remis à pleuvoir. Chaude ambiance pourtant, rappels à répétitions, danseurs en transe. Puis je me suis éloigné, j’ai fait le tour de la place et photographié les parapluies. J’en ai mitraillé un qui était très joli, orné de représentations des bâtiments les plus emblématiques de Rennes. Et puis à un moment une dame m’a demandé : « Vous ne vous êtes pas inscrit pour la visite nocturne de Rennes ? Il est encore temps de le faire ! ».

Je lui ai répondu : « Non, désolé. Je ne peux pas, on m’attend chez moi ». Ce n’était même pas vrai : Maina Bourgeoizovna était encore à une soirée contes ou un truc comme ça. Mais je me connais et je l’ai reconnue, la fille de l’Office de tourisme : c’était la petite dame blonde de Rennes-en-Délires ! Dans le roman interactif elle s’appelle Isabelle Caffi et elle est un avatar d’Isaure Chassériau.

Bien sûr, j’aurais pu la suivre. Je pouvais prévenir mon épouse puisque j’avais, depuis très peu, un téléphone portable. Mais vous me voyez écrire un premier SMS tel que celui-là : « Je rentrerai plus tard : j’ai rencontré Isaure ! » ?

C’est des coups à avoir une scène de ménage avec son odalisque ! 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean 
le mardi 21 novembre 2017 d'après cette consigne.

 


28 octobre 2017

ECRIRE A RIMBAUD. 10, Kaléidoscope

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

“Picture yourself in a (drunken ?) boat on a river
With tangerine trees and marmalade skies
Somebody calls you, you answer quite slowly
A girl with kaleidoscope eyes »

The Beatles – Lucy in the sky 


Aujourd’hui je suis censé, ou insensé, en faire voir de toutes les couleurs. Mais je vais surtout m’étonner de ton travail à moitié fait, de ton inconstance et de tes revirements. Peut-être es-tu au fond pareil à cet enfant à qui on a offert un kaléidoscope. Il secoue le tube en carton, regarde le résultat, ressort de là les yeux illuminés, secoue à nouveau le tube, recommence, recommence, recommence…

Si au départ était le Verbe, si au départ était la lettre – celle du voyant lumineux ! – il faut bien constater, à l’arrivée, que tu nous as posé un lapin et que tu n’as là peint que les voyelles. Et encore, pas toutes ! L’I-grec, on ne l’y trouve pas dans le fameux sonnet ! Il peut bien aller se faire voir chez les Québécois libres !

DDS 498 Juillet-1967_-Vive-le-Quebec-libre

C’est pourquoi, en vue de suppléer à ta trop fumeuse rumba du pinceau, je me suis permis de colorier, sur ta lancée, les consonnes ! J’eusse aimé concocter une «Ballade des consonnes» mais c’eût été trop difficile et trop court. Aussi ai-je choisi, pour construire les éléments de ce kaléidoscope langagier la forme du poème en prose qui fut celle des  insomniaques "Illuminations".

Rimbaud voyelles luque_les_hommes_daujoudhui_500B ! Outremer profond des bleuités béantes où s’élance le bateau livre. Il fait vibrer les baies de la bibliothèque, Titanic mal barré voguant vers l’iceberg forcément bruxellois, puisque c’est à Bruxelles que tout le monde est chou.

C ! Rouge cardinal, œil ouvert et béant du bon roi Henri II dans le couloir des lices et la douleur lui fait lancer au Ciel des cris désespérés cependant que la Mort, la cruelle crécelle tournoie dans un ciel blanc de craies et crissements. Désolé Montgomery, mais une lance chez Heni II, ça se plante dans le buffet, pas aileurs !

Le D, chapeau d’argent au doigt des couturières, brillant, déclamatoire, du désir d’en découdre ou gris perle pour dire en douce la folie du Camp du Drap d’Or : le hasard n’abolit jamais les coups qu’on se prend sur les doigts.

Pour les fleurs du chemin, pour les femmes absentes, pour les filles d’auberge, aux flasques de liqueur, aux forêts des Ardennes, aux fortins en Dancalie, pour les pétales des roses, pour la force du destin, pour le fil court des Parques, nous donnerons au F, extrait du nuancier des fadas de l’Olympe la couleur « cuisse de nymphe émue ».

DDS 478 K arc-en-ciel

Délire des couleurs au kaléidoscope ! Pour défendre son K peignons le d’arc-en-ciel, faisons tourner le tout il en sortira blanc : c’est la métamorphose du procès Kafkaïen !

La « n » de Napochose est vert empire des batailles qu’on livre aux nuits de l’insomnie. Comment sera-t-on demain ? Ne vaut-il pas mieux laisser la réponse à Chopin sous forme d’énigmes nocturnes ? Est-ce qu’une nuit blanche vaut deux nuits noires ? Qu’est-ce qui croche ? Qu’est-ce qui cloche ? Déjà celle de sept heures du mat’ ? Car la « n » n’est jamais brillante.

Pour ce foireux de P aucun doute possible : terre de sienne brûlée pour le plaideur marron !

Du q, rose tyrien, ne dis rien, rebondis ! L’oiseau Quetzalcoal nous a prêté ses plumes. Il ne fait plus très bon, mon pauvre Saint-Antoine, promener son cochon, tout se barre en quenouille ! Alors rabattons-nous sur la quintessence du rose, le flamant : tenir debout sur une patte, n’avoir bon bec que de paris et tant pis si ces dames ont plumes au derrière, si Zizi chante Queneau en croquant les diamants : descendons bien les escaliers de l’Alquazar, mon général ! Songez que la Quamargue n’a jamais rien pardonné à personne. Encore moins à quiconque massacre l’orthographe de son nom !

S ! Sinuosités turquoises de la Seine et des serpents marins aux eaux bleues des Seychelles, souffle tournant du Sirocco, soulèvement des sables jusqu’aux strato-nimbus, écrin de ciel servant de scène aux farces de celui qui se veut digne fils du soleil et puis souffre, seul, en silence.

V jaune d’or, scintillement de la victoire, de la couleur du vêtement que revête le vainqueur de la course à vélo, couleur-douleur du foie que dévore, vorace, l’aigle des vieilles divinités qui punissent de leur vice tous les voleurs de feu. 

DDS 478MAG01__2

Comment peindre sous X autrement qu’en vert pomme ? Au croisement de femme et d’homme, Dieu le Père chapeaumelonne. « Ne Lessinons pas sur les frais » a dit Eve en croquant le fruit. Vous voyez d’ici le tableau lacéré d’une croix juteuse ? Pas étonnant qu’il ait chassé le couple du Cabaret vert !

Z ! Zinzolin, forcé ! Les pagnes des zoulous, les costumes des zazous, les robes des danseuses de la zarzuela, le foulard de Zorro et son épée qui zèbre d’un éclair déchirant le ventre de Garcia ! Les zigzags du voyant zézayant aux Abruzzes.

Je m’arrête ici. Elles ne sont pas toutes là mais maintenant nous avons matière à poncer !

Repose en paix, Arthur ! Je travaille pour toi comme on roulait pour nous jadis ! 

blablabla-diapo-cdn-besancon-franche-comte

Ceci est l'affiche du spectacle Blablabla qui permet à qui le souhaite
de découvrir un formidable kaléidoscope sonore. Il est ici.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 478 à partir de cette consigne : Kaléidoscope

Posté par Joe Krapov à 04:24 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26 octobre 2017

Redon dans le brouillard du 25 octobre 2017 (4)

171025 Nikon 074

171025 Nikon 075

La mairie de Redon.

171025 Nikon 079

171025 Nikon 080
Le cloître de l'abbaye. On voit tout cela bien mieux ici.
Merci Christian ! Merci Scopidrone !
Prenons de la hauteur ! 

Posté par Joe Krapov à 21:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


21 octobre 2017

IL NE FAUT JAMAIS DIRE "FONTAINE"

DDS 477 juventusA part Madame Najat Vallaud-Belkacem – repose en paix, camarade ! – peu de gens par ici ignorent que « jouvence » vient du latin «juventus» qui signifie «jeunesse». Notre amie Najat qui rêvait que l’on supprimât le latin des apprentissages scolaires croyait que «juventus» signifiait «bande d’idiots qui courent après un ballon dans un stade à Turin». Elle n’a du reste jamais proposé, pour mettre fin aux violences des hooligans après le match, que l’on distribuât un ballon à chacun des joueurs, histoire de calmer le jeu. Le manque d’imagination de nos politiques, quand même !

Juventus a donné «juvénile», «jouvenceau» «jouvencelle» et «jouvence». Ce dernier terme nous rappelle juste «Fontaine» qui était lui aussi un footballeur mais également un lieu affable où coule une eau si spéciale que, dixit Madame Wikipe, «quiconque boit de cette eau ou s'y baigne est guéri de ses maladies, rajeunit ou ne vieillit plus».

"Dixit Madame Wikipe", ma chère Najat, ça signifie que c’est Wikipédia qui l’a dit.

Moi vous me connaissez, je suis comme Obélix : la fontaine de jouvence j’ai dû tomber dedans lorsque j’étais petit. Du haut de mes huit ans et demi d’âge mental, je ne me suis toujours pas éloigné de ma prime jeunesse et je n’ai pas envie de prendre un bain. Pas tout de suite, toujours.

Je ne vais pas pour autant me fâcher avec mon oncle préféré et je vais donc vous parler, à sa demande, de l’année 1971, histoire de… ne pas vous rajeunir ! Comme l’a dit le célèbre poète dont j’ai oublié le nom «On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans».


A l’époque j’écrivais déjà des conneries dans des cahiers à petits carreaux. Je n’étais pas un fan de Marguerite Duras dont Pierre Desproges a dit « Elle n’écrivait pas que des conneries : elle en a filmées aussi ! ». Cependant, tout comme elle, j’écrivais des conneries et j’en dessinais également.


Tout cela se trouve dans une valise bien poussiéreuse, là-haut, dans mon grenier. J’ai failli en faire un roman, « La valise à Scherzos » dont on trouve des bribes sur Internet.


J’y suis monté tout à l’heure, au grenier. Je voulais retrouver un passage où j’avais entrepris d’analyser « la musicalité dans les œuvres d’Arthur Rimbaud » - ça y est, je me suis souvenu, du nom du poète de dix-sept ans ! - mais je suis tombé sur dix cahiers de mon écriture irrégulière et ça m’a découragé de chercher plus loin.


En lieu et place de ce pensum, je vous livre quelques petits dessins faits à l’époque et retravaillés à l’ordi spécialement pour vous cette semaine. J’étais déjà un rigolo, à l’époque, non ?
 

Et je le suis toujours, je crois. Mille excuses à toi, camarade Najat ! "Jouvence" vient en fait de l’adjectif «juvenis» qui signifie «de jeunesse» et pas du nom «juventus», qui se disait plutôt «juventa» du reste. Tu vois qu’il y a du boulot et que moi aussi, quelque part je devrais retourner à l’école… réapprendre le latin.

Gaston Lagaffe ! Yo !

Quand même ! Dans l’un des deux classeurs où j’ai retrouvé ces dessins, j’ai aussi mis la main sur celui-ci qui s’intitule «Portrait de Jean-Arthur Rimbaud». "C’est beau, la constance, non ?" comme demandait Mozart à sa groupie du pianiste.

A part ça, portez-vous bien, jeunes gens !

65 Portrait de Jean-Arthur Rimbaud V2

Ecrit pour le Défi du samedi n° 477 à partir de cette consigne : jouvence

18 octobre 2017

Le Bateau ivre / par Gérard Philipe

Avant que de l'oublier parmi mes multiples tâches à exécuter, je publie cet enregistrement épatant trouvé lors de mes récentes navigations... sur le Net !
La preuve - mais est-il besoin d'en donner ici ? - que je n'ai pas fait que regarder "Girls" ! ;-) 

Posté par Joe Krapov à 20:25 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 octobre 2017

"De plumes et d'écume" par la Cie Hop là ! à Rennes le 5 octobre 2017 (2)

Il y a des masques d’oiseaux, un guitalélé de championne, des plumes, un panier plein de terre, le «Raconte-moi la mer» de Jean Ferrat arrangé pour deux voix et, au finale, une reprise très gaie d’une chanson sur Christophe Colomb écrite par Charles Trénet, «Terre-chanson». Une découverte pour moi qui ne la connaissais pas.

171005 265 018

171005 265 031

171005 265 035

171005 265 049

171005 265 066

 

Posté par Joe Krapov à 12:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

02 octobre 2017

LE GIBIER MANQUE ET LES FEMMES SONT RARES

LE GIBIER MANQUE ET LES FEMMES SONT RARES :
Supplique pour être opéré à l'Hôpital de la Timone à Marseille

se chante sur l'air de la "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète" de Georges Brassens

1
Vous n’imaginez pas c’que j’ai fait comm’ boulots !
Explorateur d’enfers, métallo-mégalo
Marchand de casseroles au Harar(e)

J’ai vendu des télés aux paysans d’Ardenne
Mais dans ce grand désert où mon âme se traîne
Le gibier manque, les femmes sont rares.

01 Le gibier manque

2
L’amour c’est aussi con que le chant des oiseaux :
On n’prévoit pas le jour où l’on deviendra gros
Quand on est ivre en la gabare.

J’ai descendu des fleuves absolument grotesques
Et j’ai vu des pays abracadabrantesques
Où l’gibier manque, la femme est rare.

3
Dans les cabarets verts j’ai vu bière et Fräulein,
Ses bourrelets d’antan, muss es sein ? Es muss sein !
Ell’ me surnommait « Ringard Star ».

02 Biere_et_fraulein-1

La danse du balai, la danse du tapis…
Elle s’est envolée, eh bien, ma foi, tant pis !
Le gibier manque, les femmes sont rares

4
Si t’as levé le coude, alors lève le pied,
Rimbaud pas vraiment beau - poète, vos papiers ! -
J’étais vraiment un type bizarre.

Puis la mer a bercé tant d’amours cet été
Que dans le creux des vagues où j’étais balloté
J’ai rencontré la femme-cougar.

5
Ancienne jeune fille qui faisait des pâtés,
Belles jamb’s mais alors quell’ tête ! Mocheté !
Avais-je le choix dans la date ?

03 sacha-distel-le-bateau-blanc-1980-2

Je me suis retrouvé en tutu sur le pont
- O Bwana Missié blanc ! Pauvre zombi Dupont ! -
Avec la chtouille entre les pattes.

6
Ses lèvres avaient le goût du beaujolais nouveau ;
Tous les dauphins dansaient avec ce cachalot
Le dernier tango à la mode.

Tu as beau bronzer beau, t’as la marqu’ du maillot
Aux Ménuires elle était barmaid dans le restau
J’aimai son cul sur la commode.

7
Ma civière est posée sur le pont du bateau
Enivré de douleur, je file, pas vraimambeau,
En direction de la Timone.

Je ne danserai plus, pas même comme un pingouin
Je n’suis jamais allé aux am-putes à Saint-Ouen
Mais maint’nant, en voitur’ Simone !

8
Avion, bête, camion, j’en passe et des meilleures,
Je pourrais porter plainte, au fond, contre mon cœur
Mais je délire et je m’égare.

Antoto Akali Abitchou Chankora
Mindjar Cassam Rouella Hawache et Fil-Ouaha
Le gibier manque, les femmes sont rares.

9
Careyon et Gallas et guerre aux Aroussis
Le chirurgien découpe et ça sent le roussi
Ma sœur prie Dieu dans le couloir.

Galansa ! Boroma ! P’tits roberts ! Burkini !
Choux cailloux et genoux, époux d’Abyssinie,
Le cœur me manque les jambes sont rares.

04 1510619558-3

10
Si vous me confisquez mes membres inférieurs
Vos villes deviendront des cloaqu’s en chaleur
Vous ne trouverez plus d’ivoire.

Comm’ j’hippopotaimais cette amante irascible
Verlaine me hurla dessus – j’étais sa cible –
« Pwète à la manque ! Faiseur d’histoire ! »

05 je t'hippopotaime 4800

11
Ô Terre du Harar ! O portes de l’Eden !
Misères de ma vie finies à l’Est d’Aden !
On a trop fait l’amour ensemble !

Quoi de plus redoutable, au fond, qu’un pet sonore ?
Langage, emporte-moi, tue-moi ou baise m’encore !
Ô tant je t’aime que j’en tremble !

12
Ô Dieu ! Mon Chinois vert, passe-moi donc le ciel !
J’écouterai pousser les fleurs du violoncelle,
Mettrai les bigoudis par douze

Aux cheveux du Destin, aux chercheuses de poux
Et je te scanderai les chansons des Papous
Pour que se termine… ce blues !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 26  octobre 2017
à partir de la consigne ci-dessous

01 octobre 2017

De Morsalines au fort de La Hougue (Manche) le 4 août 2017 (8)

170804 Nikon 066

170804 Nikon 075

170804 Nikon 076

 

 Waooh ! Quelle belle version !
Bravo et merci, Mesdames !

170804 Nikon 094