29 janvier 2017

VOLER SANS SONNET, VELO SANS SONNETTE !

Le sansonnet se fiche, aux temps du Changement,
De compter les petons des vers : il les boulotte !
Il les porte à son nid où sa Marie-Charlotte
Couve quelque chef d’œuvre en mal de pépiement.

Ah ! Sacre du printemps ! Foutre de la métrique !
Calices d’égrillards ! « Poète, prends turlute » !
Crânes de piafs, trillant du mieux que vous le pûtes
« Dans le monde animal tout le monde a la trique » !

Les oiseaux sont des cons mais nous bien plus encore
Qui trimons durement pour séduire Pécore
Là où l’oiseau se rit de la complexité !

Ah ! N’embrasser personne et pas même les rimes
A la fin du tercet ! Quelle légèreté !
Mais après tout… N’est-ce pas là ce que nous fîmes ?

 

2017 01 27 L'étourneau des Rossini

"L'étourneau des Rossini" *

Collage de Jean-Emile Rabatjoie du 27-01-2017
d'après "Le Souper à Emmaüs" du Caravage.

* Ceci n'est pas... autre chose qu'un contrepet à dire avec l'accent italien !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 439 à partir de cette consigne

Posté par Joe Krapov à 10:51 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :


19 janvier 2017

INVENTAIRE DES FÉES ET SORCIÈRES (1)

Les Fées

QUEEN_CHAPEAUX_0

La reine d’Angleterre

90 ans d’inélégance chapelière et pourtant elle est toujours en poste ! Soit la DRH de la maison Albion est nulle, soit cela tient réellement de la magie !

 

Laure Manaudou

Elle a refilé son bonnet de piscine à son frère Florent et elle pousse des cris orgasm-atyp-iques à chaque fois qu’il gagne de l’or frais. On l’aime surtout parce qu’à l’Atelier d’écriture de Villejean elle a été longtemps l’inspiratrice d’Anne-Françoise et que nous lui devons, de ce fait, des fous-rires féeriques.


Audrey Hepburn


Qu’elle fasse du scooter dans Rome, qu’elle tienne une librairie, qu’elle déambule dans une New-York kitsch ou dans un Paris glamour des années 50 elle fait montre d’une élégance et d’une classe inégalables. A l’écran comme dans la vie elle est toujours la plus émouvante et la plus naturelle des vedettes du cinéma américain.

o-AUDREY-HEPBURN-facebook


Julie Andrews


La nounou idéale (Mary Poppins) devient la maman idéale à la fin de « La Mélodie du bonheur ». De quoi redonner vie à votre complexe d’Œdipe si vous êtes un mec. Si vous ne savez pas exactement ce que vous êtes, regardez-la dans « Victor Victoria ». Vous ne saurez pas plus mais, parce que tous les films de son mari, Blake Edwards, sont des chefs-d’œuvre de finesse et d’humour, vous aurez forcément ri et n’aurez donc pas perdu votre temps.


Annie

le-club-des-cinq-contre-attaque-nouvelle-bibliotheque-rose

C’est un des personnages, avec François, Mick, Claude et Dagobert, du Club des cinq d’Enid Blyton. C’est sans doute la première héroïne de roman dont je suis tombé amoureux. Mais si je regarde ma situation maritale du moment, j’ai quand même plutôt l’impression d’avoir épousé l’autre fille du quintette. Plutôt que l’ange de douceur, le garçon manqué. Merci de n’en rien déduire quant à l’image que vous vous faites de ma masculinité. De toute façon, comme je me trouve très bien de cette situation maritale et qu’il n’y a pas de marche arrière sur mon existence – c’est un modèle vintage qu’on ne trouve plus dans le commerce –relisez « Oui-Oui » du même auteur si vous voulez et n’en parlons plus !

 

INVENTAIRE DES FÉES ET SORCIÈRES (2)

Les Sorcières


Christine Angot

L’insistance avec laquelle Madame Angot se vautre dans l’autofiction masochiste, dans l’étalage plaintif et dramatisé de son histoire personnelle à longueur de rentrées littéraires et de sorties de Doc Gynéco nous pousse à la ranger dans la catégorie des sorcières.

J’y mets aussi Annie Ernaux qui est cependant beaucoup plus lisible et toutes ces autof(r)ictionneuses dont je repose instantanément le livre si la quatrième de couverture me promet des merveilles de psychologie autour du viol, de l’inceste ou des mauvais traitements qu’elles ou leurs héroïnes ont subis au sein de leur famille toujours plus ou moins bourgeoise mais jamais très honorable dans un monde à se flinguer mais elles sont courageuses et étalent leur souffrance et monnaient tout ce qu’elles ont déjà raconté à leur psy sans que ça ne les aide vraiment alors "pourquoi pas la littérature ?".

A ce tarif-là, on va finir par voir débouler dans les librairies les aventures d’une dame-pipi bruxelloise au Japon !

« Et puis après tout, pourquoi pas ? » comme disait le Commandant Charcot !

Bref je me méfie un peu des écrivaines, à l’exception d’Agatha Christie et de Fred Vargas.

Oui, et d’Enid Blyton aussi. ;-)


Les Sorciers


Michel Houellebecq

Pareil ! Ce monsieur manifeste autant de joie de vivre qu’un cocker épagneul atteint d’un cancer généralisé en phase terminale et pourtant, si on regarde bien, tout va bien pour lui ! Il a rempli son compte en banque en déclinant de manière continue un blues aussi monocorde que misanthrope mais cependant bien insoucieux des déforestations liés à l’édition de best-sellers occidentaux, obtenu le Goncourt. Il pourrait avoir la décence de crier « Youpi tra lala » de temps en temps, pendant l’orgasme peut-être pas parce que ça ne serait pas très joli à voir ou à entendre mais au moins quand les bleus marquent un but ? Non ?


Francis Bacon

En même temps, on ne peut pas lui en vouloir à ce peintre : avec un nom pareil, pouvait-il peindre autre chose que de la bidoche et de la charcuterie ?

bacon_figuremeat_136

Posté par Joe Krapov à 21:07 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

INVENTAIRE DES FÉES ET SORCIÈRES (3)

Les Magiciens :

Averell Dalton

Averell Dalton

Après deux millénaires de philosophie occidentale, orientale, arabisante, inuite ou inintelligible, il convient de remercier Averell Dalton. Ce sage en maillot rayé a établi la synthèse définitive de toutes nos interrogations métaphysiques. Son questionnement-réponse simplissime et récurrentissime clôt pour moi tous les débats philosophiques passés et à venir et nous rappelle que seul le matérialisme, dialectique ou pas, permet de toucher au divin : « Quand est-ce qu’on mange ? »

Marcel Gotlib

Il a fait sortir de son chapeau, de sa plume ou de son pinceau, le professeur Burp, Gai-Luron et sa souris, Isaac Newton et son enclume, la coccinelle, Hamster Jovial, tout le petit peuple de la Rubrique-à-brac, Bougret et Charolles, il était l’esprit de Pilote, du premier Echo des savanes et de Fluide Glacial… J’arrête là sinon je vais finir par pleurer devant le grand vide de la BD humoristique d’aujourd’hui, Fabcaro mis à part.

Charles M. Schulz

Peanuts25-99-2000

Si je pouvais, je m’achèterais son intégrale des « Peanuts » en format à l’Italienne mais ma bibliothèque est déjà pleine à craquer de ses albums précédents. Je les relis périodiquement et à chaque fois je me tords de rire. Tout l’immeuble se demande alors à quoi est dû cet esclaffement gigantesque. Et moi j’ai bien du mal à expliquer, même à mon épouse qui n’y est pas sensible, pourquoi j’adore ces dialogues d’un autre continent où je n’ai jamais mis et ne mettrai jamais les pieds.



Georges Brassens

S’il pleut fort sur la grand’route, je sors dehors proposer mon parapluie Georges Brassens aux passantes.
Si septembre est ensoleillé, je vais à la promenade Georges Brassens et je chante « Les Trompettes de la renommée » ou « Les Dames du temps jadis » à la « Ballade avec Brassens »
Si je pense à Fernande…

Posté par Joe Krapov à 20:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

INVENTAIRE DES FÉES ET SORCIÈRES (4)

2016 06 08 Isaure twisted sessions

La fée ultime

Isaure Chassériau !

Je crois que dans le tableau où on l’avait enfermée au Musée des Beaux-arts de Rennes elle attendait quelqu’un. Quelqu’un qui viendrait la délivrer de cette famille bourgeoise du XIXe siècle pas insupportable mais quand même un peu. Je crois qu’elle m’attendait, moi, et j’espère qu’elle est ravie des nouvelles aventures que je lui ai inventées, de cette vie plus libre et des nouveaux métiers que je lui ai fait exercer : journaliste, guide touristique déjantée, exploratrice spatio-temporelle…

En même temps, comme tous les écrits produits ce soir à l’atelier d’écriture, tout cela est resté et reste si discret, souterrain, parallèle que cela relève de la prestidigitation de salon ou de la magie noire.

Cette salle Mandoline dans laquelle nous nous réunissons le mardi, c’est un cirque ambulant qui ira demain poser son chapiteau dans une autre petite ville ?

Ou bien c’est une cabane au fond des bois où d’horribles Carabosses et deux vilains Gargamels jettent leurs maléfices pour faire disparaître, un temps, le monde dans lequel des hommes politiques tout-à-fait honorables vendent à qui en veut des armes, des avions, des tanks et des missiles pour qu’au Sud de la Loire où les esprits sont plus chauds on puisse se dézinguer à tout va ?

Finalement, les fées, les sorcières, c’est bien gentil tout ça à côté de ces hommes de pouvoir de pays civilisés qui livrent les clés de la planète aux tyrans, qui mettent la paix et l’humanité « aux monstres » *.

* C’est ainsi que l’on nomme, dans certains coins de France, la collecte des encombrants.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 juin 2017 d'après cette consigne entendue aux "Papous dans la tête" sur France-Culture dimanche dernier :

Pour inventaire : fées et sorcières

Nos fées et nos sorcières dans la vie, héroïnes réelles ou de fiction que nous aimons, craignons ou haïssons.
Nos magiciens et nos sorciers dans la vie, héros réels ou de fiction que nous aimons, craignons ou haïssons. 

Faites la liste de qui vous aimez ou haïssez et expliquez en deux ou trois phrases pourquoi.


15 janvier 2017

DERRIERE LE MUR

DDS 437 le mur (MAP)114154488

Derrière le mur il y a
Des tas
Des tas
Des tas
Des tas de briques
De briques,
De briques et de sacs de ciment
Pour construire d’autres murs

Des murs pour enfermer les gens
Dans l’idée répandue
Que l’Enfer c’est les autres

Derrière le mur il y a
Des murs
Des murs
Des tas de murs
Encore des murs
Toujours des murs

Derrière le mur il y a
Un arbre
Un arbre
Un arbre qui n’apprécie rien tant
Que de perdre ses feuilles à l’automne
Pour devenir sourd à nos chants de guerre
A nos cris et à nos délires

Nous
Nous marchons entre les murs.

Sur ce qui reste de chemin,
C’est-à-dire très peu, au fond,
Nous posons des pas vagabonds
A la recherche de l’humain.

Si nous abattons ces murailles,
Nous le rencontrerons, demain ?

Ecrit pour le Défi du samedi n° 437 à partir de cette consigne

Posté par Joe Krapov à 12:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

07 janvier 2017

DES ANGES AU GRENIER ?

Qu’ai-je fait de ma vie privée ?
Je l’ai gardée pour moi, pour nous.

Une partie est au grenier,
Tout le reste aujourd’hui se joue

Car nous n’avons rien achevé :
Nous continuons d’être fous !

Chaque jour, c’est à l’encrier
Que je trempais ma plume d’oie ;

Sur le déclencheur, j’appuyais :
Je n'eus jamais d'ampoule au doigt !

Ah j’en ai rempli, des cahiers !
J’en ai pris, des photographies !

Avoir la passion du passé
A ce point, c’est de la folie !

Sous ce toit pentu, bleu ardoise,
Le grenier des anges fourmille

Des couleurs du Temps qui nous toise
Mais que malgré tout j’entortille

Dans mon lasso. Je les capture,
Je les enferme dans des boîtes.

De cette vie grandeur nature
J’ai fait une planète coite :

Tout est en ordre, bien rangé,
Pas de bordel – je suis trop prude ! -.

Traces d’étrange voyager :
Rien n’y vient d’hémisphère Sud,

Rien d’Irlandais, pas d’oranger
- Le climat là-bas est trop rude –

Ce sont des trésors tempérés :
Rien qui mérite qu’on le brûle,

Rien qui vaille d’être publié.
C’est notre vie, dans notre bulle :

Jamais nous n’avons habité
De maison bleue peuplée de fous ;

Une vie simple, en vérité,
Un « toi », un « moi » et voilà « nous ».

Ces morceaux de réalité,
A vous confiés, qu’en feriez-vous ?

Que vous dirait-il, ce viager,
Qui ne soit déjà obsolète ?

Ce sont des moments partagés
D’un bonheur tranquille et honnête,

Du théâtre jamais joué
Et nombre d’images de fêtes,

Des mots écrits en atelier :
Avec ça, on joue au poète !

On l’est peut-être bien, qui sait ?
Personne ne vient le dénier !

D’ailleurs, les anges archivistes
Qui farfouillent dans nos cartons

Si nous n’étions un peu artistes
Que feraient-ils à la maison ?

Et pourquoi sèmeraient-ils donc
Sur mes rimes, et ce, sans raison,

Ces Pénélopes sans galons,
Ces innombrables araignées

Qui tissent des toiles à foison
Par-dessus nos jeunes années ?

DDS 436 enseignes poétiques rennaises

 
P.S. Je suis ravi que ces enseignes rennaises photographiées autrefois aient pu servir de support à cet atelier d'écriture. J'en remercie Miss Map et je souhaite une excellente année 2017 avec plein de bonheurs d'écriture, de réussite et de santé à toutes et à tous !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 436 d'après cette consigne

Posté par Joe Krapov à 09:18 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11 décembre 2016

SEPT NÉOLOGISMES QUADRISYLLABIQUES

EFFERTERIE n.f.

Etat d’excitation partagé par un groupe d’individus qui a préparé une surprise collective pour fêter l’anniversaire d’un ami commun.

« Notre ami Marcel P. habitait au rez-de-chaussée d’un immeuble collectif. A notre intention, sa gouvernante, la bonne Céleste A., avait laissé ouverte la fenêtre de la cuisine. Avec une efferterie certaine nous entrâmes dans l’appartement, déposâmes victuailles, bouteilles, gâteaux et cadeaux sur la table puis nous allâmes ouvrir la porte de sa chambre où nous pensions qu’il était en train d’écrire.
- Surprise ! » hurlâmes-nous.

Mais nous fûmes surtout étonnés : Le petit Marcel se livrait à des ébats sexuels particulièrement acrobatiques en la compagnie du vicomte de F. »

Maniffe-Pourtousse, Pierre-Henry Aymeric de - Splendeur et misère des petits fours sans tisane. - Rennes : Ouest-France, 2010.



SINCÉGOMMABLE adjectif

Goût relativement fluctuant voire complètement incertain pour la sincérité et la fidélité dans les relations sociales, amicales ou amoureuses

« Lorsque nous fûmes repartis, emportant cadeaux et boustifaille pour les aller partager en un endroit moralement plus sain, Marcel P. se rhabilla. Il tança vertement Céleste à qui il reprocha d’avoir ouvert l’accès de son home sweet home à des carnavaleux particulièrement sincégommables. C’est tout juste s’il ne la renvoya pas ce jour-là. »

idem



PERFECTATION n.f.

Art de confectionner des pâtisseries si savoureuses que l’on prend des mines affectées en les dégustant.

« Mais Céleste était quand même la perle des cuisinières. Sa perfectation dans la confection des petites madeleines chères à Marcel, le côté aphromalier, stimulant, hallucinatoire qui déoculait de leur consommation a fait dire à Marceline Desbordes-Virenque dans sa thèse de troisième cycle de l’Université de Besse-en-Chandesse « Comment va Proust ? Commercy, commerça ! : Prolégomènes de l’empoisonnement de l’existence du commun des mortels par l’orgasme antestylistique des salonneuses du XXe siècle» que « pour écrire sa « Recherche du temps perdu » Marcel P. n’avait pas hésité à prendre des drogues dures à l’insubité de son plein gré ni à les tremper dans des boissons nostalgisantes».

idem



INSUBITÉ n.f. Choses que l’on fait en cachette de soi-même ou que l’on a faites en éprouvant de la honte et qu’on essaie d’oublier en pratiquant le mensonge par omission

« Lorsque, beaucoup plus tard, Céleste vint nous voir et nous demanda si elle pouvait raconter dans son livre de mémoires l’histoire de cet anniversaire, celui où notre efferterie s’était écroulée d’un seul coup d’un seul, nous fîmes preuve d’une grande insubité et déclarâmes qu’elle devait confondre, que nous n’avions pu nous y rendre, étant retenus au lit par la gastro-entérite du siècle. Il est vrai que longtemps encore après cet épisode, nous étions restés d’incorrigibles sincégommables »

idem



APHROMALIER
adjectif

Caractère de toute nourriture ayant des effets secondaire sublimatoires, masturbatoires ou ostentatoires.

« Manger des carottes rend aimable, consommer des pois chiches c’est comme fumer du haschich. Cuire en cocotte vous donne la cote, racler le fond de la marmite est très bon pour la réussite, manger des frites donne la patate, manger des pêches donne la banane… »

Juppé, Alain. - Pour une identité heureuse, votez Aphromalier ! - Bordeaux : Ed. du Gros rouge qui tache, 2016



DROMALOQUENT
adjectif

Se dit des écrivains qui pissent de la copie stylée sous forme de phrases interminables dont la lecture est si difficile à suivre qu’on a l’impression d’écouter les blatérationss, borborygmes et déblatérations d’un chameau à une bosse là où le clapotis de l’oasis où le silence du désert vous rempliraient d’aise

« La définition du mot « dromaloquent » dans le Dictionnaire des mots que y’a que moi qui les connais de Joe Krapov est particulièrement dromaloquente ! »

Krapov (Joe). - Parlez-moi d’moi, y’a qu’ça qui m’intéresse !. - Sablé-sur-Sarthe, Editions du Petit port et de la Haute Folie, 1995. 



EMERRICORDE
n.f.

Corde à nœuds entourée de papier de verre en vue de rendre plus difficile encore la montée au paradis des animateurs d’ateliers d’écriture qui osent se moquer dans une seule et même séance de Marcel Proust, d’Alain Juppé et d’eux-mêmes.

« - Tu ne l’emporteras pas au paradis, Joe Krapov ! Déjà que t’es acrophobe, en plus, pour que tu y montes on t’a préparé une émerricorde ! Et ne te plains pas, on aurait pu te pendre avec ! »

Fouettard, Révérend Père (1957 -.... ; moine pécurancunier de l’abbaye de Solesmes). - J’ai les noms de ceux qui n’ont pas voté pour François Fillon ! . - Solesmes : Ed. du Nonsense commun, 2017.

 

Petillon - Les Electeurs de Fillon CE 161207

Dessin de René Pétillon extrait du "Canard enchaîné" du 7 décembre 2016

Posté par Joe Krapov à 10:47 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

04 décembre 2016

DANS LA ROUE DE SEBARJO (2)

Depuis qu'on m'a rayé des cadres, je me suis recyclé ! 
Je suis devenu l'archiviste de moi-même. C'est ainsi que pour illustrer ce Défi du samedi je n'ai pas hésité à aller récupérer chez M. Sebarjo, mon très aimable ancien voisin du dessus et Défiant du samedi à ses heures, les haïkus que j'avais déposés en guise de commentaires sous son Tour de France d'haïkiste que je vous recommande chaudement !

 

120429__009

Qui tape à l'étape ?
L'abus de Champagne, roi
Des émois rémois !

97440538

Bonnes intentions :
Avaler quelques pavés
Dans l'Enfer du Nord !

Eh ! Intique ! Intasse !
T'occup's pas dé ch'ti qui passe !
...Sauf si ch'est Inqu'til !

97398790

Fuyez, criminelles !
A bonnes en tandem salut !
Les Papin commencent !


Prisonnier

Le numéro 6 
En traversant le village 
Tente une échappée !

2016 12 02 mona_lisa moustaches en guidon de vélo

Avoir des moustaches
"En guidon de vélo" [sic]
C'est vraiment au poil !

66440597_p

Pour nous mettre au vert
Faisons flèche de tout bois
Avec Sebarjo !

Pour se mettre au vert 
A Paris il faut passer 
La porte Maillot !

88232412_p

Comble de malchance :
Attraper l'avarie-selle
Sur le tour de France !

Pour surfer plus haut, 
Un slip de bain à pois rouges : 
C'est pas très malouin !

88185357_p

Fais preuve d'entrain 
Et rue-toi sans cinéma 
Pour gagner l'Arvor !

Tant que j'aurai forces 
J'appuierai sur les pédales : 
C'est bon pour le coeur.

Et ça rend la main véloce
Pour mettr' les mots à la noce.

Etre souple du guidon
Et sensible aux paysages
Rend agile du crayon.

Dans la plaine et les vallons
Ecrivons et pédalons !


105237852

Le crois-tu ? On a 
Semé les filles et c'étaient 
De bien belles plantes !

41608806_p

Sur la coulée verte 
Le bonheur de tout Rennais : 
Se la couler douce !

Nuages au ciel ? 
Côte couleur émeraude ? 
C'est Petit-Breton !

Empoigne guidon, 
Bouge muscles et tendons 
Pour perdre bedon !

Pour perdre bedaine 
C'est pas des calembredaines 
Pédale, promène !

DOISNEAU-le-velo-de-tati1949paris

Facteur ! Facteur ! Please !
Have you something for me
In your besace ? No ?
 

77444151_p

Le ciel bleu à Rennes 
Vous rend plus léger que tout : 
Vous donne des ailes ! 

Le chat de Gelück

Le chat de Gelück 
A l'arrière du vélo 
Chargé d'un pot belge !

251

Vois l'ami comme elles 
Sont en guidon de vélo 
Ses jolies moustaches !

Laissant leurs cyclos 
Ils s'en furent aux Cyclades : 
Vivent les mariés !

L'été, sur les pentes, 
Indifférents, les cyclistes, 
A nos agapanthes

121230__032

Automobilistes 
En raison du Tour de France 
Des bouchons à Liège !

Un blogueur fidèle
Au Tour est comme un bavard :
Jamais ne la boucle !

Ranger les valises
Et voir qu'on a sous les yeux
De sacrée sacoches !

66440209_p

Mignon comme un coeur !
Le vélo rose à Cayeux
M'a bien ré-galet !

Tour-de-france-miniature-3

On traçait des routes
On poussait coureurs et billes
C'était tour d'enf(r)ance.

NOSTALGIE 

Etre dans cet âge 
Où chaque pâté de sable 
Est une montagne !

54907349_p

Un whisky anglais 
Pour calmer la Tramontane 
Et ma dalle en pente !

88799433_o

Je la reconnais !
C'est la bicyclette bleue
De la fill' des forges !

66130156_p

Vélo de pêcheur, 
Très bien pour effectuer 
Des queues de poissons !

77477701_p

Dans les sacoches rouges 
Du vélo publicitaire 
Un homme sandwich ?

Chez José Arthur, réponse
A l'heure de l'EPOp club !

54941643_p

Un rêve d'enfant : 
Faire du vélo sans les mains ! 
Sans fesses ? Plus dur !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 431 d'après cette consigne.

Posté par Joe Krapov à 10:28 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 novembre 2016

SOUK AU GYNÉCÉE !

 

sheherazade_cie_la_lune_rousse_0

 

Acte III, Scène 3

La scène représente une plage : parasols, 1 cabine de bain, serviettes, transats de « Transat en ville » empruntés à la ville de Rennes. Les dames du harem, les disparues, les évadées en fait, sont assises ici et là, en maillot ou peignoir de bain, se passent de la crème solaire sur les bras, lisent "Biba", font des mots fléchés, papotent ou glandent comme on le fait tous dans ce genre d’endroit.

 

v060211_105

RUADE – Alors ? Bonne baignade, chère Daurade ?

DAURADE – L’eau était excellente ! Quelle merveille ! Quelle lumière ! Quand je pense qu’il y a trois jours encore, nous étions confinées dans l’ombre du harem !

ORANGEADE – C’est une honte ! La pire des brimades ! Le sultan devrait savoir que la beauté ne se mange pas en salade ! Mais que nous avons besoin d’autant de soins et de lumières qu’elles ! Nous sommes faites pour resplendir au soleil, nous, pas pour moisir dans le bac à légumes de son réfrigérateur !

MASCARADE – Et puis quelle façon riquiqui de nous rendre hommage ! On enferme 365 femmes dans le gynécée et elles n’ont droit qu’à une seule sortie dans l’année. Et quelle sortie : juste une nuit de roucoulade avec ce gros cochon de Haroun Zeclock !

CANTONADE – Il paraît que le changement d’herbage réjouit les veaux ! Il y avait là de quoi pousser des jérémiades ! Les 364 autres jours, en attendant, on devait se farcir la chanson de l’eunuque. Tu parles d’une sérénade, toi !

SÉRÉNADE – Hého, doucement, les filles ! Je n’y suis pour rien, moi ! C’est vrai que je m’appelle Sérénade mais ce n’est pas moi qui les ai chantés ni pondus, les couplets de l’Hannibal sans ses balles !

Elles entament "La chanson de l’Eunuque" :

Croé moé, croé moé pas
Quèqu’part en Alaska
Un sal’ jour qu’y neigeait des glaçons

J’ai eu comme une envie
D’soulager ma vessie
Comme un con j’ai baissé mon caleçon

Ca m’a mis en peine
De quitter mes gégènes
Mes jolis génitoires
Ah vraiment quelle histoire !

Ca n’dure jamais longtemps
Quand il gèle à pierre fendre
Tu vois tes gosses descendre
Tu deviens un transgenre

Quel beau dommage ! Tu t’retrouves au chômage !

AILLEPADE – N’empêche on a bien rigolé ! Le pauvre n’a jamais su qu’on l’avait surnommé Débandade !

BALADE – En tout cas, c’est un vrai plaisir d’avoir mis les voiles ! Enfin, de les avoir enlevés ! On est quand même mieux à poil au soleil que sous ces épaisseurs de tissu cossu qu’on ne pouvait enlever qu’une seule fois dans l’année !

 

v060211_106bis

EMBRASSADE – Et encore ! Si vous saviez ! Moi je m’appelle Embrassade et je suis celle qui officiait le dernier jour de l’année. Eh bien il y a des années où il était tellement gavé de loukoums et de liqueurs qu’il ne me déshabillait même pas !

CAVALCADE – C’est ce qu’on appelle « p’end'e à la hussa’de » !

EMBRASSADE – Attends, Cavalcade ! Il y a même une année où il ne m’a même pas honorée !

CAVALCADE – C’est ce qu’on appelle êt'e « Schokolade » !

COUILLONNADE (sortant de la cabine de bains en combinaison d’homme-grenouille) – Eh dites donc les filles ? Comment vous trouvez mon nouveau maillot de bains !

TOUTES – Nul à chier, Couillonnade ! C’est quoi ce truc ? 

COUILLONNADE – Ca s’appelle un burkini ! Je laisse tomber, alors ?

TOUTES – Oui ! Ôte le haut et demain tu enlèveras le bas ! Et le tuba aussi !

Entrent Shéhérazade et ses suivantes. Toutes l’applaudissent et la saluent de « hip hip hip hourra »

SHÉHÉRAZADE – Mes chères amies, un peu de calme, je vous prie. Je sais bien que vous me devez la liberté. Mes servantes ont soudoyé les gardiens du palais pour qu’ils vous laissent partir une à une puis quatre par quatre. Mais vous savez que j’ai un objectif beaucoup plus important. Je veux vous apprendre à devenir maîtresses de vos destins. Je veux que vous sachiez désormais tenir les hommes à distance, les faire tourner en bourrique pour finalement les mener par le bout du nez… ou par le bout du bout !

Elles éclatent de rire.

SOUTIFDAUBADE – Oui, camarade Shéhérazade ! Conte-nous tes odes et tes méthodes ! C’est pour t’entendre les conter que nous avons fui ce palais où nous étions réduites à l’état d’esclaves sexuelles. Apprends nous à faire languir l’émir, à serrer la haire du janissaire, à mettre le souk chez le mamelouk, à enfiler le caoutchouc au bachi-bouzouk, à tenir à distance son éminence, à mettre en chaleur sa sérénissime splendeur, à rendre flamboyant le commandeur des croyants, à l'étreindre puis à l'éteindre et le faire geindre. Qu'ils deviennent fous de nous et se traînent à nos genoux ! Dis-nous comment on fait enfler leur désir, comment on leur flanque le tracsir, comment on renverse la vapeur, il faut que ce soient eux qui aient peur de ne pas être à la hauteur, il faut que nous soyons actrices et qu’ils cèdent à tous nos caprices. Comment emberlificoter, bécoter, fricoter, tripoter, les transformer en empotés et faire que nous soyons maîtresses de leurs altesses ?

SHÉHÉRAZADE – C’est simple ma chère Soutifdaubade ! Pour commencer, interrogation orale ! Vous allez me chanter la chanson que je vous ai apprise hier !

Elles se regroupent comme une chorale et entonnent « Déshabillez-moi » de Juliette Gréco.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 22-11-2016 d'après la consigne ci-dessous.