07 juillet 2014

CELESTE EST MAL BARREE !

(E-specially dedicated to my dear uncle Walrus)

Quand il commençait à se battre avec son oreiller, à constater qu’il s’était mis au lit trop tôt, à décortiquer les phases de son endormissement et ses impressions de rêve éveillé ou pas, elle arrivait pour le soutenir, pour l’abrutir, l’embrouiller, l’embrumer mais elle faisait pis que tout car malgré son homosexualité, elle voyait bien qu’il ne voulait pas se laisser aller dans les bras de Morphée et c’est donc elle qui, hachée de points-virgules, souillée de subjonctifs plus que parfaits mais fortement chargés en miasmes et en chiasmes, étirée jusqu'à plus soif en vue de perturber la compréhension du lecteur éventuel, récupérait les symptômes de l’écrivain asthmatique et se trouvait comme aspirée dans le tourbillon de la douche mémorielle projetée à jet continu sur les parois du souvenir et la nostalgie crasse se détachait par bribes, l’encalminait au point que tout un univers de jeunes filles en fleurs, de barons, de causeurs, d’aristocrates, de salonnards et de gloseurs, avec un art certain de ventiler le snobisme et la pseudo-modernité au sein d’un classicisme verbeux et pédantesque l’envahissait, lui donnait le tournis, lui faisait oublier sa justification première, à savoir la joie de communiquer simplement une idée, une émotion, une douleur, une banalité, un échange de politesses, du genre « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long on n'en s'rait pas là !», « Tiens tiens tiens c’est le printemps qui vient !» « Et l’on dit merde en se pinçant les doigts », « Tout va très bien madame la marquise », «Vous permettez que j’déballe mes outils ? Oui mais faites vite qu’on lui a dit» et c’en était au point qu’elle avait des velléités grossières de soulager son maître, son auteur, de lui suggérer les mêmes pratiques physiques que celles qu’il faisait subir à l’intellect patient de ses lecteurs intellectuels et elle riait sous cape en imaginant que le petit Marcel eût pu, plutôt que de perdre son temps à s’agiter les neurones dans le noir, étrangler frénétiquement le borgne, recourir à la veuve Poignet, dessiner dans ses draps fins une carte de France animée sur laquelle le hasard lui eût fait disposer, d’un jet ou de plusieurs, Jouy-en-Josas, Gif-sur-Yvette, Bourg-la-Reine et Tremblay-les-Gonzesses dans un même alignement géographique surréaliste mais elle savait bien que chez ces gens-là, monsieur, ça ne se fait pas et que cet humour de garçon boucher ou de troisième mi-temps de match de rugby qu’elle tenait de son mari chauffeur de taxi, s’il avait eu sur l’insomniaque l’effet d’endormissement béat souhaité, n’eût pas été goûté de la postérité admirative pour qui elle-même, tirant à la ligne, usant de ficelles grosses comme celles qui soutiennent au-dessus de la rue populeuse le funambule somnambule, faisait tout son cirque ce soir, bien qu’elle ne fût qu’une modeste servante dévouée à l’accomplissement de l’œuvre majeur, se fatiguant au bout du compte de ce qu’on pût passer ainsi sa vie à causer, gloser, dégoiser sur un monde si étriqué alors que l’on sortait d’une énorme boucherie, 14-18 qui eût dû logiquement faire agir, réagir et lutter contre le même système qui avait permis cela, et rêvant du moment où, à la phrase alambiquée, tortueuse et finalement très amusante qu’elle était, Marcel, malgré qu’il en ait, consentirait à mettre un terme en posant, à l’issue d’une dernière aspiration d’air frais à la fenêtre ou au terme d’une énième relecture, son stylo et un point final qui lui eût permis à elle-même, pauvre phrase céleste égarée dans un océan de papier prétentieux comme une humble prolétaire ne comptant que pour beurre dans un magma de sept milliards d’individus, de se terminer à sa façon, ou plutôt à celle de Charles Trénet qui chantait que « Les jours de repassage, Dans la maison qui dort, La bonne n'est pas sage Mais on la garde encore : On l'a trouvée hier soir, Derrière la porte de bois, Avec une passoire Se donnant de la joie".

DDS305 Céleste Albaret

Céleste Albaret par Jean Claude Fourneau (1957)

Ecrit pour le Défi du samedi n° 305 à partir de cette consigne.

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JOURNAL IN-DREAM-TIME D'UN KIOSQUIER JALOUX ?

Ma vie privée ne regarde que moi !

Passez votre chemin avec votre appareil photo, votre curiosité malsaine et votre prétendu détachement ! Vous êtes sans doute encore une de celles qui pissent de la copie à la tonne pour tous les lecteurs de journaux ! Une fouille-merde, oui !


 
MIC 2014 06 30 Kiosquier par Vivian Maier

 Ma vie privée ne regarde que moi ! Je le sais bien que sans vous, je ne serais rien ! Et d’ailleurs je ne suis rien. Rien qu’un marchand de journaux, un kiosquier, un ouvrier anonyme, quasi-sédentaire, quelqu’un sur qui on ne pose même pas le regard. A qui on demande rapidement « Le Livarot », « le Livarot magazine », « Transes soir », »Le Mouroir du cyclisme », « Le Chiasseur français », « Le Panard déchaîné », « Points de vue et images de l’immonde », « L’Aberration », « L’inanité » ou « L’Inanité-dimanche ». Ah non, celui-là, ce sont les heureux qui comme Ulysse qui le vendent eux-mêmes le dimanche quand j’ai fermé ma boutique et que je vaque à mes occupations. Mais cela ne vous regarde pas.

 

Robert-Doisneau-Le-Peintre-du-Pont-des-Arts-1953-e-Un-Regard-Oblique-1948

 

C’est ma vie privée et elle ne regarde que moi. Et puis d’abord c’est quoi, cette nouvelle mode d’aller coller un Leica sous le nez des braves gens ? Les concierges, les bouchers, les agents, les prostituées ? De la photographie humaniste ? Parce que vous pensez que ce monde-là va disparaître et que vous cherchez à en conserver la beauté qui est toujours poignante parce qu’éphémère ? Mais je suis désolé, ma petite dame, il y en aura toujours des putes à l’entrée des hôtels de passe, des poinçonneurs aux Lilas, des gens qui fument dans les bistrots, des agents à pèlerine et bâton blanc, des petits épiciers, des librairies et des disquaires ! Comment vous le voyez, le monde de demain ? Chacun derrière un écran, qui ne sort plus de chez lui, se fait livrer des pizzas, commande tout par téléphone, ne lit plus, passe ses journées à regarder la télé, échange avec des machines grâce à des machines, est surveillé par des machines ? Mais vous rêvez éveillée, ma petite dame ! Ou vous lisez trop de science-fiction !

En quoi ma vie privée vous concerne-t-elle ? Vous croyez que je suis un serial killer ? Vous travaillez pour la police ? Vous êtes sociologue ? J’ai bien le droit, une fois les volets baissés, une fois les quotidiens repartis, d'aller m’envoyer en l’air avec qui je veux, non ? La mère Michel qui a perdu son chat, la fleuriste du coin de la rue, la boulangère qui a des écus, même si celle-ci a un mari, mon dieu quel homme, quel petit homme ? Se pourrait-il… ? Travaillez-vous pour celui-ci ? Détective privée ?

Peu importe ! Ma vie privée ne regarde que moi. Et d’ailleurs c’est bien simple. Si un jour ma vie privée regarde quelqu’un d’autre, je l’étrangle, je lui tords le cou à ma vie privée et j’en étale des bribes au grand jour. Un morceau chaque jour. Il y a des gens que ça intéressera, j’en suis sûr. C’est que je n’aime pas les infidèles, moi, Madame ! Et tant pis si ce meurtre-là s’étale à la une des journaux ! Ou pas !





 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 30 juin 2014 d'après cette consigne :

Un mot : inanité
Une image :
Photo par Vivian Maier  

Une citation : Toute beauté est poignante. - Amélie Nothomb

Trouvailles et vidéos

La première des trois vidéos n'a pu être publiée chez Joye pour des raisons techniques propres à Youtube. C'est pourquoi j'ai renvoyé ma contribution avec deux autres versions dont celle en viet-namien, magnifiquement illustrée et chantée mais qui m'a beaucoup fait rire. Je suis allé voir si d'autres chansons françaises existaient dans cette langue et je suis tombé, chez la personne qui l'a publiée sur une collection hilarante de... bikinis ! Allez, c'est l'été, on danse !

29 juin 2014

L'OLYMPIA (C') EST DIFFICILE !

Je n’aime pas quand Halévy arrive avec des sujets comme ça ! Est-ce que c’est bien sérieux de me demander à moi, Henry Meilhac, librettiste pas triste, d’écrire des chansons, drôles ou pas, à partir d’éléments biographiques aussi insipides ? D’abord, où a-t-il dégoté cette pièce de Jules Barbier ? Qui c’est ce mec inconnu au bataillon ? Et qu’est-ce que c’est que cette histoire de pimbêche à qui les hommes amoureux d’elle ne plaisent jamais ? Pourquoi pas, tant qu’à faire, les aventures d’une prostituée tuberculeuse ? Je ne sais pas s’il se rend compte, Ludovic, que je ne vais pas pouvoir pondre d’un seul jet des couplets qui plairont à Offenbach pour ses « Comptes d’Ophwoman » à partir de cette matière-là. Jugez par vous-même :

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- Le premier soupirant d’Olympia fut un aspirant de marine qui avait besoin d’aspirine car, trop porté sur la bouteille, il trouvait bien souvent duraille de devoir faire des merveilles pour être à la hauteur des désirs du bas-bleu dont il visait les épousailles. Peu enclin aux trouvailles et mal armé pour la rimaille il passait par le soupirail pour aller dans la cave boire le jus de la treille conservé en flacons. Le beau-père potentiel apprécia peu cette intrusion par passion et ces penchants pour la boisson. La jeune fille non plus. On rompit les fiançailles.

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Au suivant ! Le deuxième plut beaucoup à Madame Coquatrix. Elle le trouvait au poil et il s’en fallut d’un cheveu que ce prétendant fût le bon. Mais Olympia ne goûta pas l’idée de devenir épouse d’un botaniste hyper-barbu qui menait au Museum d’histoire naturelle des recherches sur les plantes carnivores. Il rêvait de devenir le singe de son service mais comme seul argument de cette ambition-là il n’avait à offrir qu’une pilosité abondante et sa propension à ramener du travail à la maison. Les plantes qui prennent la mouche, faut aimer.Qui plus est, tout comme Henri IV, l’homme embaumait l’ail à trois pas. Rien de tel pour déboulonner l’idole. La jeune fille mit fin à l’’idylle.

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Jamais deux sans trois. Il y eut ensuite le peintre de Toulouse, petit, mal embouché et chameau sur les bords. Un bosseur bossu et iconoclaste. On découvrit d’après certains cancans qu’il était fort goulu de femmes de mauvaise vie et qu’il avait vécu autrefois à Montmartre dans une maison close. San compter qu’il commit maintes folies avec plusieurs bergères. La famille Coquatrix ne tenait pas à ce qu’Olympia s’acoquinquinât avec ce pratiquant forcené du jeu de la bête à deux dos. Il devint, le rapin de Toulouse, l’autre ex.

Le balcon de Manet-Magritte

Avec le quatrième de ses prétendants, on faillit acquérir des quartiers de noblesse. Il s’agissait en effet de Pierre-Igor de Talleyrand, marquis de Confitdoie et apparenté à la mode de Bretagne avec Charles-Maurice le très connu ministre de Napoléon 1er. Malheureusement, tout comme son parent, Pierre-Igor était né avec une jambe de bois et ainsi que lui traitait toute la gent féminine de « mère d’en bas de soi ». Cet appariement avec un boiteux à langage peu châtié partait d’un trop mauvais pied pour qu’on pût cheminer longtemps ensemble. "De toute façon, commenta Olympia, vos velléités de mariage, ça commence à me faire une belle jambe, espèce de bande de casse-pieds !"

 

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Là-dessus, comble du désespoir pour les parents de la jeune fille incasable, la jeune demoiselle s’enfuit avec un musicien pour aller élever des chèvres au Larzac, poser nue pour des peintres de passage et même déjeuner sur l’herbe en petite tenue parmi des messieurs habillés. Quel scandale ! Mais c’est qu’on est rendu en mai 1868, voyez-vous ? Vois-tu Henry ce qu’on peut tirer de couplets pour ces « Comptes d’Ophwoman » ?

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Olympia

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Je me suis mis au travail dès le lendemain et j’ai d’abord pondu une gwerz, une espèce de lamentation bretonne sur la douleur des familles bourgeoise qui ont du mal à caser leur progéniture ou voient leurs valeurs voler en éclats avec le développement de la société industrielle et la montée de l’Impressionisme. Et puis le soir j’ai dit Basta ! Offenbach trouvera bien quelqu’un d’autre pour adapter cette histoire stupide. Je renonce. Pour ne pas perdre complètement ma journée d’écriture, j’ai torché à la va-vite un chant de marin à ma façon sur le sujet. C’est évidemment incasable, personne n’en fera jamais rien mais bon je ne sais pas si vous avez remarqué mais Halévy et moi, on a besoin de vacances !

 

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N.B. Effectivement, c’est Jules Barbier qui adapta lui-même sa pièce pour donner naissance, en modifiant le titre et l’intrigue, à l’opéra le plus fantastique qu’on connaisse d’Offenbach : « Les contes d’Hoffmann ».

Quant à la chansonnette non signée d’Henri Meilhac, elle connut elle aussi une certaine postérité. La preuve : elle est encore aujourd’hui inscrite au répertoire ! Au répertoire du Club des 5 !

 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 23 juin 2014 d'après cette consigne :

Un mot : jet
Une image :
 
Dans la serre par Édouard Manet, 1879
 Une citation : Jamais deux sans trois. - Proverbe français

LEGENDE URBAINE DE LA CAMPAGNE ET JAVA BLEUE AVEC CHAPEAUX

Edinburgh, le 24 juin 2014, de notre envoyé spécial :

DDS 304 Monstre du lac

Un drame affreux a failli se dérouler tout au fond du Loch Ness où une équipe de scientifiques de l’Université de Rennes 3 opérait des recherches autour du soi-disant « monstre » qui sévirait ou aurait sévi par ici.

Deux hommes-grenouilles se sont en effet violemment querellés en cours de mission sous-marine. D’après les premiers éléments recueillis auprès du commissariat de Drumnadrochit il s’agirait – Ah, ces Froggies ! - d’une rivalité amoureuse qui aurait pu très mal tourner si le professeur Denis D'Eglise-Trouée, responsable de l’expédition, n’avait pas fait appel à la brigade internautique locale commandée par Mlle Imogène Mc Carthery.

Nos agents ont fourré les deux Frenchies au bloc au motif d’envoi de pêches en eau trouble. On peut donc affirmer sans aucune Nessie-tation que le « monstre du lac » court toujours mais que l’aura négative qu’il projette sur notre pays a encore fait des victimes.

Il n’y aurait pas là de quoi en faire tout un plat si quelques membres facétieux de cette université de Rennes 3 n’avaient tiré de cet incident une chanson qui tourne sur les campus et fait un carton (-pâte) monstre sur Youtube. 

N.B. "La Java des hommes-grenouilles" est une oeuvre du formidable Ricet Barrier.

Texte écrit pour le Défi du samedi n° 304 d'après cette consigne.

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 28, Logogriphe de la princesse

 

D’une pincée d’épices a jailli la princesse,
Cadeau inespéré du boucher à la reine
Car le pénis du roi n’avait pas la cerise
Et c’eût été la crise
Si des pisse-copie plus ou moins inspirés
Avaient crié partout dans leur immonde presse
Que le Sire ripait au moment du pérenne.

Donc, ce fut une fille. On l’appela Perrine
Car elle était fervente
A clamer le néné de sa voix de sirène.
O, ces cris insensés qu’elle poussait la nuit
Dans le petit écrin de son royal berceau !
Et comme elle prisait la Nini, sa nourrice !
Le père, exaspéré, crispé par ce barouf,
S’en allait se cacher quelquefois dans la huche.

En grandissant tout caractère se précise.
Sa majesté la reine eût été bien en peine
De serrer sa Perrine : on vit bientôt l’enfant,
A l’âge des souris, des ris et des poupées,
Dédaigner l’encrier, lui préférer l’épée,
Les jeux de la récré : « Crêpe-moi le chignon
Mon garçon », « Fends-toi la pipe mon Pierre »,
« Renoncer que nenni », « La bagarre à tout crin ».

Prière d’insérer ici quelques années :
Le temps, le savez-vous, ne cesse de passer.
Le pire est arrivé sur le petit royaume :
Un dragon carnassier l’enserre de ses griffes,
Exigeant rien de moins qu’un sacrifice humain.
Le sort a désigné Perrine comme proie ;
Le roi, les yeux cernés par ce surcroît de peine
S’apprête à voir périr sa fille et l’avenir
De son royaume.

Perrine a revêtu ses nippes de soudard,
S’est caparaçonnée d’ample sérénité.
- Va-t-en bouffer Sissi, Renée ou Séréna !
Lance-t-elle au bouffi, et te rincer la dalle et les yeux loin d’ici !
- Je ne suis pas censé bouffer de la conserve,
Bavarde, qui plus est, objecte Butagaz
(C’est le nom du bestiau)
- Tu n’en boufferas pas ! opine Perrine du chef.
Espère, sous ta crinière à écailles et pustules
Un jour meilleur pour toi.
Ici, si tu m’en crois, tu cesses ton ciné.
Tu vas ranger tes gaules, en épi, s’il te plaît,
Te garer des voitures, te faire voir au Pirée, s’écrie-t-elle.

L’éprise de baston se jette sur la bête,
Elle le pic, elle le cap, elle le péninsulte
Elle le précipice, le canyonne, l’incinère,
Lui cire le crépi au rouleau compresseur
Entaille sa résine à la serpe,
L’épépine en cinq secs.

Quand la lance lui perce l’iris de l’œil droit
Il lâche prise et meurt.

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Sous les blancs cerisiers, sous l’encre d’Essénine,
Saint-Georges, dégoûté,
S’en va solliciter le couronné d’épines.
Le voilà à prier.
- Seigneur Dieu, pincez-moi ! Je crois que j’hallucine !
Cette histoire épicée autant que féminine…
- Féministe, Saint-Georges !
- ..me fait un peu crisser des molaires du fond !
- Pour ma part, je la prise !
Autrefois, chez les Grecs, Circé faisait des siennes
Et Aristophanès de drolatiques pièces.
Je ne me récrie pas devant la fantaisie
Par principe. Ris donc de cela, mon neveu
Et permets donc un peu l’hérésie à mes nièces :
Sois bon prince avec les princesses !

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26 juin 2014

Les super-héros de la Maison de quartier de Villejean à Rennes le 22 juin 2014 (2)

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Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne se soucia de farfouiller sous son super-évier pour réparer une fuite.

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne s’inquiéta de savoir quel jour on sortait le super-container à poubelles sur la rue et quel jour on sortait les super-sacs jaunes.

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman n’eût à supporter les caprices de sa super-belle-soeur.

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne se préoccupa de remplir une super-déclaration d’impôts.

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne fut obligé d’aller faire ses courses au Super-U.

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne dût prendre rendez-vous  chez le super-dentiste qui fait super-mal.

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne remit ce qu’il pouvait faire le jour même au super-lendemain. Poil aux mains !

 Grâce à ses super-pouvoirs jamais Superman ne se soucia de monter un meuble IKEA en deux heures 15 montre en main. Poil aux mains !

 Grâce à Loïs Lane qui prenait bien soin des extrémités de ses mains et de ses pieds, jamais Superman ne souffrit d’un ongle incarné. Voilà, c’était la liste des choses dont jamais Superman n’eut cure.

Les super-héros de la Maison de quartier de Villejean à Rennes le 22 juin 2014 (3)

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Supposons que Spiderman est non pas une araignée mais une vache !

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman adore regarder passer les trains

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman est frustré de ne pas figurer sur la pochette du disque de Pink Floyd Atom earth mother

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman ne sait même pas qu’en pétant dans le champ où il zone, il agrandit le trou dans la couche d’ozone

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman ne comprend rien de rien à l’insémination artificielle

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman aimerait bien porter des boucles d’oreille et sourire sur la photo de la boîte à fromage

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman chasse les mouches avec sa queue en été

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman rumine – entre autres - de sombres pensées

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman croit que ceux qui le traitent de folle ont une araignée au plafond

Nous pouvons affirmer de source sûre que Spiderman a le blues quand le fermier marche dans sa bouse

Maintenant supposons que Spiderman s’est fait engrosser par un super-taureau. Neuf mois plus tard le fermier doit l’emmener à la super-maternité du canton pour qu’il accouche d’un super-veau. Mais hélas, le super-tracteur du fermier ne démarre pas. Pas moyen ! Pas moyen ! Vroum ! Vroum ! Rien à faire ! Alors… Alors… Alors Spiderman y vêle !

Les super-héros de la Maison de quartier de Villejean à Rennes le 22 juin 2014 (4)

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Captain America a dans sa belle cuisine une table en formica.

Daredevil possède une photo de François Mitterrand (période le côté obscur de la Force tranquille).

Elektra a chez lui deux cent onze éditions de la Bible et une du Kama-Soutra (ou l’inverse ?).

Ghost Rider détient quatre-vingt-douze plaquettes Vapona : c’est plus pour la vue que pour l'odeur !

L'homme-fourmi a l’intégrale des dévédés de Jacques Demy (Moi d’ « Une chambre en ville » je ferais volontiers origami !).

Iron Man possède une âme de mégalomane.

Kick-Ass est détenteur d’une calebasse cocasse qui lui sert à jouer l’as des as et à assommer les rascasses.

Les Gardiens de la Galaxie possèdent une compagnie de taxi et pour combattre leur anorexie ils mangent du chou farci. Félicie aussi.

Les Quatre Fantastiques se partagent une peinture héroïque sur laquelle Beethoven saute dans la mer Baltique au bout d’un élastique.

Nick Fury possède l’indicateur des chemins de fer de Pondichéry qui a appartenu à Marie Curie.

The Punisher a dans la tête l’air accrocheur et les paroles du « Dénicheur ».

Spider-Man détient le manuscrit du récit de la panne d’un aéroplane dans un désert plein de platanes.

Thor est propriétaire d’une enclume et d’un transistor. Le maréchal fait « Rhan ! »

Les X-Men possèdent une version de « Germaine » de Renaud en turkmène. Ils l’écoutent chaque semaine et puis ils disent Amen.

Howard le Canard a un beau-frère nommé Bernard.

L'Homme-Chose est détenteur d’une ostéoporose.

Batman possède une batmobile.

La pape bénit la foule dans une papamobile.

Et quand on l’a jugé pour le meurtre de sa belle-mère les jurés ont jugé que Superman avait un super-mobile !

23 juin 2014

GASP !

Les idées fausses sont toutes mauvaises pour l’estomac mais pas pour l’imagination ni pour le rire.

MIC 2014 06 16 Livia, 1948 by Frederick Sommer

On s’est dit qu’on ne risquait rien à accepter les trois éclairs au chocolat que la gamine a posés comme enjeu de la partie. Comme on est soi-même féru des « Chiffres et des lettres » depuis de longues années, au point d’avoir correspondu un temps avec les animateurs de l’émission, et qu’on pratique encore, ici et là, des jeux d’écriture littéraire et des additions de factures à la pelle, on pense qu’on ne fera qu’une bouchée de la pitchounette à tresses blondes et qu’on lui offrira un cachou et un verre de limonade en guise de lot de consolation. La victoire servie d’avance sur un plateau quoi !

D’ailleurs, bien qu’elle se soit bien défendue, celui-ci est presque rempli par les mots croisés et on a 32 points d’avance.

C’est alors que Livia prend les quatre derniers petits bouts de plastiques sur son présentoir et, couvrant la dernière case rouge du quadrillage elle pose « KIWI ». 22 x 3 = 66 !

Et le sac est vide ! Je suis obligé de déduire de mon total le G, le A, le S et le P que je n’ai pas pu poser sur le plateau de Scrabble ! Direction la pâtisserie !

Quand je pense que d’ici quelques années de jeunes godelureaux de la cité universitaire, séduits par le bleu profond de ses yeux et la blondeur de sa chevelure, lui proposeront des parties de strip poker, je ris d’avance ! Avec Livia, vous allez vite vous retrouver à poil dans un tonneau, les gars !

MIC 2014 06 16 le_tonneau_de_tequila

 Ecrit pour Un mot une image une citation du 16 juin 2014 à partir de cette consigne :

Un mot : kiwi
Une image :
Livia par Frederick Sommer (1948)      

Une citation : Les idées fausses ne sont pas toutes mauvaises. - Marcel Aymé

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22 juin 2014

Cadavres exquis à la Maison de quartier de Villejean le 20 juin 2014 (1)

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 Hier Batman a étendu son tablier immense par-dessus le jardin brun.

Le printemps annonce la pousse dans les jardins. Catwoman passe son balai vert derrière la poule bleue.

Quand il pleut Spiderman va verser l’eau de son arrosoir rose jusqu’en-dessous du gros âne !

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