21 décembre 2013

AH ! QUE J'AIME LES MILITAIRES !

 

DDS 277 Doisneau

Comment ? Parce que papa qui a le melon emmène Toto en costume de marin faire un tour en avion ce dimanche à Orly, vous osez m’imposer d’écrire 23 lignes au sujet de ces militaires qui encombrent ma mémoire et les plaques de nos rues ? Alors ça c’est le pompon, a(d)mira(b)l(e) MAP !

DDS 227 20e de cavalerie

 

23 lignes ? Sans parler de la ligne Maginot, de la ligne bleue des Vosges et de la ligne Holworth ? Je préviens dès le départ que je n’atteindrai pas l’objectif, Sir ! Il y a tant de troufions, d’adjupètes, de margis, de juteux, de sergots, de matafs, de zouaves, de biffins, de Saint-Cyriens, de colons, de lansquenets et de bachi-bouzouks de toutes sortes qui défilent en rangs serrés en chantant « Tire ailleurs, c’est mes galets » ou qui se sont transformés en moustache du (grand-)père qui regarde son troupeau bouffer la soupe froide dans l’arrière-cuisine de mon Alzheimer que je serais même tenté de mettre, dès le début, un terme au farfouillis dans mon hypermnésie. Car à part pour les Tuniques bleues et le 20e de cavalerie
« Je n’ai pas pour les militaires
De sympathie particulière ».

 

Je n’ai aucune envie d’aller sauver le soldat Ryan, de construire un pont sur la rivière Kwaï les jours où à Eylau le soleil brille, brille, brille et je préfère les canons de la beauté à ceux de Navarone. Alors vas-y sans moi, petit mousse, au carnaval des confettis – cons fétides aurait dit Desproges qui n’aimait pas plus voir là Pinochet que parader le Videla -. Va pourfendre l’ennemi dans ton aéroplane blindé, combats l’égorgeur de fils et de compagnes du moment. Après la guerre, on vous dira « Embrassez-vous » comme le chante Guy Béart dans sa chanson « Qui suis-je ?».

 

DDS 227 Taka Takata

Ou plutôt, non, je vais t’accompagner, la fleur de crépon au fusil en savon ! J’emmène avec nous le sergent Poivre et sa fanfare du club des cœurs solitaires, notre oncle Walrus qui s’y entend comme personne pour piloter un sous-marin jaune, Hannibal Syd et ses barrettes sur son éléphant effervescent, Taka Takata, Beetle Bailey, la septième compagnie, le général Castagnetas des Frères Jacques, le général qui dort debout de Ray Ventura, le général à vendre de Francis Blanche, le sergent Garcia qui lança le premier la mode des pantalons déchirés, l’ami Bidasse natif d’Arras, Snoopy dans son Sopwith Camel, le Captain Cap, celui de Pim Pam Poum, le général Alcazar, le lieutenant Blueberry, ce « dourak » de Dourakine et le sergent Major qui a un beau brin de plume.

 

DDS 277 laurel-et-hardy-conscrit-a-02-gc

Dans les airs, par-dessus nous, on verra s’envoler ceux que mon aérodromphobie galopante m’empêche d’habitude de mentionner : ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, héros de la voltige pas encore tombés du ciel Higelinesque de l’enfance, Bob Mallard et Puchon, Tanguy et Laverdure les chevaliers du ciel, Dan Cooper, Buck Danny, Martin Milan, Laurel et Hardy conscrits, Saint-Exupéry, Hélène Boucher, Jean Mermoz, Guynemer, Lindbergh, Nungesser et Coli, Blériot, les frères Wright. Et les drôles de machines ont nom Latécoère, Stuka, Spirit of Saint-Louis, Antonov, Tupolev, Concorde, Caravelle, Boeing, Airbus, Rafale, Mirage, biplan, triplan et même Rantanplan, le chien qui plane à 15000 ou déconne à Mach 2, c’est selon. Excusez-moi d’avoir comme lui loupé bien des loopings et des manœuvres à Mailly près de Mourmelon-le-Grand mais raconter mon sé(r)vice militaire n’aurait fait qu’allonger inutilement ce texte par trop énumératif et déjà bien tiré par les cheveux hors du cockpit du raisonnable.

 

DDS 277 Uriah-Heep-Salisbury-423376

Tous ensemble nous irons nous mettre sous les ordres ou sous les orgues de Captaine Lili et elle en jouera magnifiquement comme Ken Hensley sur l’album Salisbury d’Uriah Heep. Ayant choisi la poésie plutôt que la guerre, Prévert plutôt que la connerie, serons-nous fusillés alors par les tenants du sabre et du goupillon pour avoir constitué le premier « sin tank » antimilitariste ?

Peu importe ! Avant d’atteindre les 23 lignes ou sûrement bien après les avoir sacrément dépassées, réjouissons-nous d’échapper aux foudres de la Frigide Barjot et de Christine Boutin : en matière de repos du guerrier, c’est toujours sur le chemin des dames que j’agite ma fourragère. Mais bon, toi, tu fais comme tu veux, moussaillon !

P .S J’ai envoyé valser les maréchaux d’empire que nous avons dans le Ney depuis qu’ils squattent les boulevards et que les arbres y font ceinture ainsi que tous les généraux hommes de pouvoir. A l’idée seule d’écrire leur nom trop souvent accolé à celui de dictature ou de massacre, je jaunis, comme disait le roi des Belges. Ah que !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 277 à partir de cette consigne.

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15 décembre 2013

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 19, Rythme poétique dit "Pacific 238"

DDS 276 Claude Ponti dragon télérama

Là-bas
En Libye
Il y avait un dragon cruel.

Fort las
Des brebis
Il exigea des demoiselles.

Survint
A cheval
Un croisé dénommé Saint-Georges.

En vingt,
Trente mandales,
A la bête il fit rendre gorge.

C’est de-
Puis ce temps
Que dans tous les livres d’enfants

Des preux
Etonnants
Vienn'nt à bout de tous les tourments

Le feu
Et le sang
Ont envahi tous les romans

Même que
Sur l’écran
Des blockbusters sanguinolents

Nous font
Regretter
La philosophie des Lumière

(Auguste
Et Louis
Et non pas Rousseau et Voltaire)

Qui nous
Amusaient
A coups d’ « Arroseur arrosé »

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 276 d'après cette consigne

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11 décembre 2013

Les photos du Laos de l'amie Dominique (1)

enfantile réduit

 

NISHAT 64

Les yeux clos, les pieds dans l’eau
Et les mains en cornet collées sur les oreilles
On veut croire aux chansons
Veloutées des moineaux,
Aux trilles des étoiles.

On rêve de cloner ici l’ample Venise
Mais nulle coterie ne suspendra aux cintres
Serpentins, cotillons ou langues de belles-mères
Car la vie est amère autant que le citron

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Les photos du Laos de l'amie Dominique (2)

navig

NISHAT 63

Ils ont glané la brume et l’ont mise en colis
Et puis, ingénument, ont chargé le bateau.
Ils se sont installés, elle et lui, sur leur trône.
Ils s’en vont tricoter tout au long de la côte
Le fil blanc du sillage,
Un sillon de coton où se prend quelquefois
La licorne attirée par la curiosité
D’un bateau à deux gouvernails.

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Les photos du Laos de l'amie Dominique (3)

moinillon réduit

 

NISHAT 62

Aucune effondrée !
Ils ont trotté, tristes,
Parmi les statues

Ces têtes de linottes,
Austères, sévères,
Comme sous cilice,
Aucune écroulée,
Nulle salvatrice
Comme île sur Loire
N’offre territoire
Pour des jeux d’enfants
D’infimes sottises.

Même la pierre est grave
Par les temps de crise

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Les photos du Laos de l'amie Dominique (4) et (5)

P1010949 réduit

NISHAT 61


Lire encore !
Lire, même à tort !
Les pieds dans le four,
Auprès des tisons,
Lire sans critères
Tout ce qui se lit,
Tout ce qui se conte,
Tout ce qui s’écorne ou se corne

Sous le toit de la maison
Oublier l’école
Ne pas sortir se crotter
Avec les autres titis
Mais préférer
Les écrits
Et lire, lire,
Lire encore,
Lire encore

Car toujours dans le livre
On rencontre l’insolite

P1010729 réduit

NISHAT 60

Prendre en sténo Cicéron
Ou noter par des étoiles
La quantité de rillettes d’oie
Que le contre-ténor
Peut générer sous ses bras.

Cotiser pour se payer
Un cloître en Sicile

Gagner à la loterie
Une poupée nommée Scottie

Citer les coins et recoins
A champignons sur le sentier
Du Périgord où l’on côtoie
Le soleil et Cyrano

Et clore cette liste
D’anagrammes
Par la litote d’un triton
Qu’on a saisi dans le torrent.

Ces 5 poèmes en vers libres ont été pondus à l'Atelier d'écriture de Villejean du 3 décembre 2012. Il s'agissait d'illustrer des photos ramenées du Laos par Dominique. M.-D. en s'inspirant de trois poèmes trouvés sur le site Croire au monde. J'y ai ajouté la surconsigne d'inclure des mots composés avec des lettres de "rencontre insolite".

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08 décembre 2013

RENCONTRES INSOLITES

 

DDS 275 réveil

Quand le réveil sonna ce matin-là, M. Plumpsack eut bien du mal à émerger de son sommeil mais il finit par sortir du lit avec un désir de passage à l’acte bien ancré : à partir de ce jour, comme son épouse, promis-juré, il noterait tous ses rêves.


 

DDS 275 pull

Celui qu’il venait de faire était fort troublant : il se trouvait dans un endroit improbable et il grelottait de froid, complètement nu dans une vaste étendue de neige quand un personnage étrange surgit du ciel, juché sur un nuage et lui tendit un pull en mohair. Il remercia le donateur et revêtit le pull.

 

 

 

dds 275 carotte

Puis le froid lui creusa l’estomac, le mit en appétit et il imagina une bonne soupe de carottes, pareille à celle que savait si bien cuisiner sa grand’mère.



DDS 275 étoile

La nuit précédente, il avait rêvé qu’il était sur une plage, à la recherche d’étoiles de mer qu’il faisait ensuite sécher pour les offrir à Mme Plumpsack qui en faisait collection.



 

DDS 275 bretzel

Madame Plumpsack notait ses rêves chaque matin. Quand c’était fait, elle partait cuisiner des bretzels.




DDS 275 nounours

Ce matin-là, elle avait noté dans son cahier rose qu’elle avait retrouvé le nounours à noeud rouge que sa sœur avait égaré lorsqu’elle avait trois ans.




DDS 275 marteau

Au petit-déjeuner, en échangeant autour de leurs rêves, M. et Mme Plumpsack avaient conclu qu’ils étaient complètement marteaux et que c’était sans doute grande perte de temps que de noter toutes ces âneries : la nuit n’était pas la revanche du jour.



DDS 275 bougie

- Oui, bien sûr, admit M. Plumpsack, mais il n’y a pas de mal à se faire du bien. Et ton carnet de rêves prend moins de place que ta collection d’étoiles de mer et de moules à gâteaux.
- Il me semble que tu en profites bien de mes moules à gâteaux, enfin, des gâteaux qui viennent se nicher dedans !
- C’est vrai, mais même si je ne continue pas par la suite, il faut que je note ce rêve-là !
- Qu’est-ce que c’était ?
- Au début, on était à une vente à la bougie.

 

DDS 275 champignon

- Ca existe encore des choses comme ça, à l’heure d’Internet, des smartphones et des cartes 12 G ? Ils organisent des ventes à la bougie virtuelles sur E-bay ?
- Dans mon rêve, oui, sauf que le commissaire-priseur n’avait pas de marteau. Il brandissait un énorme champignon et au lieu de dire « Adjugé ! » il gueulait « Amanite » !
- Ca ne m’étonne pas de toi que tu rêves de symboles aussi visiblement phalloïdes !


DDS 275 pot de chambre

- Je crois qu’on dit phalliques. A un moment il y a eu tout un lot de pot de chambres anciens et parmi ceux-ci s’en trouvait un de couleur rouge. J’ai voulu enchérir mais aucun son ne sortait plus de ma gorge.

 

dds 275 soulier

Alors, sans voix, j’ai ôté mon soulier et j’ai tapé sur mon pupitre. « Vipère lubrique ! Vipère lubrique ! » a hurlé mon voisin qui avait un rouge-gorge vivant en guise de chapeau sur la tête.

 

 



DDS 275 ciseaux

Mais une main géante armée d’une paire de de ciseaux est venue le couper en deux. Ce n’était qu’un militaire de papier et l’entité géante a protesté : « Alors, on ne salue plus ? ». « Non, on ne salue plus ! » a répondu le rouge-gorge. « On est là pour acheter un pot de chambre afin d’y ranger des étoiles de mer ». « C’est tout à fait ça » ai-je commenté et alors, à ce moment-là...


DDS 275 rouge-gorge

- Je le lirai dans ton cahier quand tu seras parti mais dépêche-toi de finir ton café, car sinon tu vas encore être en retard au boulot !

M. Plumpsack se leva, passa dans le sas de décompression, enleva son pull en mohair et le reste de ses vêtements. Une fois qu’il fut tout nu, il ouvrit la porte du blockhaus et sortit dehors où il faisait une température étouffante sous un ciel uniformément gris où ne perçait aucun soleil. Il alla sonner à la porte de M. et Mme Gummibärchen. Hans, son collègue de travail, sortit avec un rouge-gorge sur la tête et son pot de chambre rouge à la main.

Ils s’enfoncèrent dans le désert en chantant :
« A la chasse au vieux nounours
Je ne veux plus aller Lorelei
Et pourquoi j’irais tuer
Une bête qui ne m’a rien fait ?
Et pourquoi, milliard de malheurs,
Je ferais plaisir à ma belle-sœur ? ».

Quand ils eurent terminé les trois couplets, Hans demanda :
- Qu’est-ce que t’as dans ta gamelle pour ce midi, Ludwig ?
- De la soupe aux carottes du temps de ma grand-mère. Et puis une bonne surprise pour toi !
- Ah oui ? Qu’est-ce que c’est ?
- Greta nous a trouvé des champignons séchés !
- Ah chouette ! On va pouvoir fumer !
- Ah ouais, c’est pas trop tôt ! Et pis ça va nous changer du gouda !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 275 d'après cette consigne

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01 décembre 2013

LA CHANSON DE PREVERT

Sur la fin de sa vie, Beethoven avait tellement les feuilles mortes (1) qu'il croyait qu'il était peintre et qu'il s'appelait Serge Gainsbourg !

(1) : en argot les feuilles sont les oreilles. Autant dire qu'il avait les portugaises ensablées comme sur l'image ci-dessous :

 

DDS 274 Beethoven aux feuilles mortes

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 274 à partir de cette consigne

24 novembre 2013

QUAND ON BRISE LA GLACE

131123 060

 131123 064

 Quand on brise la glace à l’heure de l’apéro on entend CRAC on entend KLING et on entend TCHIN ! Mais on entend d’abord le PLOP du caoutchouc du réfrigérateur puis le CLAC de la porte du freezer et le VROM VROM du bac à glaçons qui traîne pour sortir, s’accrochant à la banquise ou s’accolant au sac plastique des petits pois ou au carton des petits-pois-sons panés.

S’il y a bien dans nos logis une image du luxe que nous envient les gens du Sud, bien souvent noirs, c’est celle de ce gros monstre blanc à l’extérieur comme à l’intérieur qui contient le produit de notre chasse, de notre pêche, l’huile de foie de morue ou la graisse de phoque dont notre corps a besoin pour dire « Fuck ! ». Le réfrigérateur ! Le Frigidaire ! Le congélateur !

Se peut-il aujourd’hui qu’on puisse aller chercher dans ses profonds tréfonds le vocable à dégeler et le mot qui, con, fond ? Pardon : le vocable à dégelées et le mot qui confond ? Ferons-nous le pari qu’en ses blanches entrailles on trouve de quoi alimenter notre pyromanie ? Prenons le risque ! Faisons appel à nos mémoires. Allons racler dans le râblé, Rabelais ! Allez, Pantagruel à deux mains, mon cousin et creuse, cimente, maçonne !

Extrayons tout d’abord de l’océan de boustifaille la boîte de rillettes de thon. « On nous prend pour des quiches ! » s’exclament les lardons. « On nous prend pour des thons ! » s’exclament les routiers qui ont de la rillette sous les bras et un klaxon deux tons pour montrer que le transporteur de porcs tique au portique Ecotaxe.

Puis brandissons le surimi comme un étendard orange et blanc ! Celui-là vient du Japon pour dire sa colère contre Fukushima. Pour éviter la catastrophe il eût mieux valu certes que la citoyenneté surimisçât un peu plus dans l’impudence des technocrates et l’incurie Pierre et Marie des politiques.

Pour réchauffer l’ambiance, convoquons le chorizo. Dégelons ce vocable espagnol, pimentons la conversation qui ne manquait déjà pas de sel. Mais comme tout bâton merdeux celui-là est une arme à double tranchant et je le vois plutôt servir au pouvoir en place, aux technocrates du libre-échange, qu’ils aient ou non leur rond de serviette à l’Europe. Je les imagine très bien nous servant, les collets montés, les collets austères du « Il faut mettre un chorizoterme à la gabegie des déficits ! ». « Oxymore aux vaches ! » répondit l’Espagnol féru de corrida !

Qu’avons-nous encore qui nous revigore en venant du froid ? Dans sa petite boîte jaune, il y a bien Youri Margarine, l’homme idéal pour les révolutions. Dans le bac à légumes les betteraves sont rouges, les carottes promettent qu’elles ne seront pas cuites de sitôt et les poireaux gueulent à tue-tête qu’ils n’attendront pas bien longtemps avant de crier Poireau sur le baudet ! D’ailleurs, ils appuient déjà sur les champignons.

Il y a aussi suffisamment, à droite, de moutarde pour qu’elle vous monte au nez, de mayonnaise pour que tous les problèmes y montent et de vinaigrette pour que la moindre situation y tourne. Mais le bocal de cornichons sème le doute. Ne nous prévient-il pas contre le Panurgisme ? Serrés en rangs d’oignons dans la manif comme eux dans le bocal, on fait masse mais on fait masse ! L’individu marche mais le courant ne passe plus, tout est confus, on a du mal à s’en sortir et on se doute bien qu’on ne fait qu’accompagner le plat de résistance, la viande du despote au feu, le roi de l’entrefilet mignon, le lièvre qui court deux pogroms à la fois, le manipulateur boosté caché, le stratège qui va nous rôtiboiser.

Alors on touche le fond, on voit bien qu’on nous embobine, qu’on nous promène, qu’on nous embouteille. Dans « jus d’orange » il y a « Dors, ange ». Dans le vin blanc il y a plus de « vain d’espérer » que de « vindicatif ». Le dégel de la situation de crise est bien le muscadet de leurs soucis. Nous voici bel et bien muselés ô Muse-lait dont le sein doux est interdit pour cause de cholestérol et de mises en garde contre les graisses animales.

Je ne sais pas, au bout du compte, s’il est sérieux d’espérer, comme dans le « Quart livre » de François Rabelais, que les mots se dégèleront un jour. Une seule chose est sûre c’est qu’à tenir si longtemps, même en pensée, la porte du frigo ouverte, quelqu’un dira bientôt, sur un ton acerbe ou pas, que l’on chauffe les mouettes. Mais c’est ça aussi, le luxe.

Pourtant, nous-mêmes, ayant trouvé ou pas, nous sortirons le visage du freezer avec, en son milieu, - l’eusses-tu cru, bonne pâte de Panurge ? – non pas un bonnet rouge mais… un beau nez rouge !

« Ils ont des chapeaux ronds
Vive la Bretagne
Ils ont des bonnets rouges
Vive le monde qui bouge ! »

Allez, tant qu’à faire de trinquer, levons nos verres ! Tchin quand même !

 

131123 048

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 19 novembre 2012 à partir de la consigne suivante : lecture du chapitre 56 du Qaurt livre de François Rabelais dans le quel il est question de paroles gelées qui éclatent mystérieusement lors de la décongélation.


Trouvailles et visionnages

Le réfrigérateur de l'INA, il faudrait ne jamais l'ouvrir ! On trouve de ces trucs, dedans ! C'en est au point que l'intégration de la vidéo suivante sur un site web en a été désactivée sur demande ! Enfin, j'ai bien ri quand même, même avec les bras tombés !

http://www.youtube.com/watch?v=UKrCmF6yiSg

 

REECRIRE "L'AUTOMNE"


J’entends marcher dehors.
Tout est clos. Il est tard.
Ma lampe seule veille.

J’entends gueuler dehors.
Sans doute est-ce un fêtard
A la trogne vermeille,

Arsouillé au Cahors
Pour noyer son cafard,
Ayant bu deux bouteilles ?

Ou bien, jouant Milord
Allé au bobinard
Où son or appareille,

Jean-François à tribord
Hurle un hymne paillard
Aux charmes de Mireille ?

A Nantes, mill’ sabords,
Pourquoi tant de gueulards
Nous cassent les oreilles ?

Puis tout se tait dehors,
S’éloigne le braillard,
La ville s’ensommeille.

Moi je choisis mes ors,
Les dispose avec art
Sur ces musiques vieilles.

Tous ces oripeaux morts
Le soleil, ce roublard,
En fait lande à merveille.

Vivaldi en ressort,
Allume le brouillard
Prend saveur de groseille.

Puis je couche mon corps
Au lit, un peu plus tard,
Et Morphée appareille.

L’âme en paix on s’endort,
Exempt des traquenards,
Vers la nuit sans pareille.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 273 à partir de cette consigne

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