31 octobre 2015

JOE K. MASSACRE A FRANC CORPS CHANT LE TUBE DE JOE SPA-DASSIN

Elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline.
Siffler, oui, mais quoi ?
Des penalties ?
Des grands airs dans les cafés concerts, comme Charlot l’bochu ?
Des petits verres qu’on sert dans les cafés et qu’on essuie dans le fond après ?
Des bouteilles ? De jolies bouteilles ? De sacrées bouteille ?
Siffler la fin de la partie ? Un acteur ? Une pièce ?
Je n’étais pas très en train et je ne me voyais pas sifflant sur la colline « Et j’entends siffler le train » avec une voix qui déraillerait forcément.
Ou alors c’est souffler qu’elle a dit ?
Mais souffler n’est pas jouer.
Siffler Blowin’ in the wind ?
Chanter jusqu’à mon dernier souffle ?
Ou bien sniffer ?
Je fume déjà comme ça tellement de moquette !
Quant à l’attendre avec un bouquet d’églantines, tout le monde sait bien que je suis nul en botanique.
Finalement j’y suis allé quand même sur la colline et j’y ai sifflé « Siffler sur la colline ».
Ca n’a rien changé : elle non plus n’est jamais venue.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 374 d'après cette consigne

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24 octobre 2015

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 31, Quasi-tautogramme en D

Diable de Didier ! Dédaigneux de dormir en ce dimanche 12 décembre 2002, Didier danse avec son doudou une java démentiellement déchaînée. Il se démène comme un démon au lieu de défaillir doucement dans les bras doucereux du débonnaire Morphée.

Cela désespère Deborah sa maman mais Daniel, son daddy, a dégoté parmi ses nombreux systèmes D le dérivatif qui va déstresser Didier, dire la fin de la danse, détendre l’atmosphère en douceur et diriger le diablotin vers un sommeil délicieusement réparateur.

Il lui déclame le « Dit du Duché de Damas » où jadis un dragon fut par Dgeorges décapité.
- Dgeorges le découpeur ? J’aimerais davantage Djack l’éventreur ! dit Didier à demi convaincu.
- C’était un drôle de duché que ce duché de Damas, ne se démonte pas Daddy Daniel. Son drapeau était à damier et on y dénombrait dix dominos, deux dadas et un dé. A l’époque de Dioclétien, le fleuve Danube n’y déversait pas encore en un delta sublime les eaux bleues de sa danse à trois temps. Après non plus d’ailleurs. Le Dit du duché de Damas débute quand un dragon nommé Dudule débarque des contrées désertiques et dicte ses desiderata dingos aux dirigeants de ce djebel :
- Petit déjeuner : deux dragons dodus dont dina dit-on Didon
- Déjeuner : deux doux agneaux. Bénédictine en digestif
- Dîner : délicieux desserts décorés de fraises tagada tagada voilà les Dalton il n’y a plus personne.

De fait, face à ce dévoreur peu démocratique, la résistance fait défaut. Du duc lui-même, disons qu’il est dégarni du dessus, décati du dedans et déglingué du dehors. Il descend de Dagobert en débardeur et Deschanel en robe de chambre tombés de charrette et de wagon réunis. Diminué par des dorsalgies, le débris déprimé dilate sa déshérence en débagoulant des fadaises. Il n’a à déballer pour nourrir le débat que des déplorations désolantes. Contre Dudule le dragon, la défense n’existe pas. Tout est à découvert. Le désarmé est désarmant.


Disons à sa décharge que les hauts dignitaires du duché nous désemparent de même : la diaspora des chevaliers à la Du Guesclin, ici, à Damas, c’est que dalle, ça ne xiste pas. On distingue dans ce dancing des dragueurs de drugstore, des damoiseaux doucereux devisant du dodécaphonisme à venir dans les œuvres pour darbuka de Debussy et Vincent D’Indy, des dilet-tantes, des disséqueurs de didascalies, des doux dingues de Freddy Mercury, des drag-queens, des discoureurs délabrés mais pas de duellistes, de doubles-mètres, de durs-à-cuire. Dès qu’il est question de défier Dudule, tous ces demi-sel se débinent.

- De l’audace, de l’audace ! réclame le duc tel Danton avant l’heure.
- Déblaie tes dialogues décadents de dessus le dallage, lui répond-on. Prends donc un drink !

Ces soudards sont si déshydratés qu’ils boivent pour oublier le dilemme et ne dessoulent plus de la journée. Ils ont si peu de détermination qu’à aucun l’idée n’est venue qu’il pouvait profiter du dawa pour devenir despote à la place du despote ! Aucune dextérité, aucune déloyauté, juste du delirium tremens, tout dans la devanture ! On devine dès lors que cette dichotomie va engendrer un drame et surtout un grand deuil. Car, déplorable destin, la déroute est en route ! Pour un peu, cette démonétisation de la chevalerie déboucherait chez moi sur une dermatite au derrière tant ça me troue le derche, des déserteurs pareils ! Désespérant, non ? aurait demandé Desproges.


L’effet domino est tel qu’il faut désormais céder aux dernières lubies du dragon Dudule. Le diplodocus a dicté sa dernière volonté. Il souhaite dévorer la diaphane dauphine.


La descendante du daron ne dépare pas dans le paysage deltaïque. La donzelle Daisy est une décolorée qui joue les divas en discothèque en se déhanchant sur le Darla dirla dada de Dalida. C’est une dissolue dont le dressing dément contient douze cent djellabas brodées, des dizaines de diadèmes, des tonnes de bagouzes en diamant pour les doigts boudinées de la déraisonnable dépensière. Que celui qui n’a jamais déché lui jette la première pierre ! C’est fou comme on dit « lapide » et comme on dilapide dans ce détroit des Dardanelles.


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Evidemment tout cela est dommageables, dostoïevskien, douloureux. Mais on ne va pas en faire un drachme, comme disent les dramaturges Grecs, les trois demi-frères dyslexiques Démocrite, Démocrate et Démacrote. Ne sortons pas encore l’endeuillé dulcimer : je déteste quand cet instrument discordant déblatère en do dièse comme un dromadaire du Dombass.

De toute façon, face à la débandade de cette dynastie, il est temps d’introduire le dynamique Saint Dgeorge, notre David Douillet de Lydda, druide drapé dans sa droiture et dans un duffle-coat duveteux. Le Crocodile Dundee qui va tenir la dragée haute au dragon est dressé sur un destrier diligent et discipliné. Une épée damasquinée donne l’allure d’un Don Juan dionysiaque à ce don quichottesque héros natif du deuxième décan des poissons, ascendant daphnies séchées.

Après, c’est un dézingage démentiel qui débute. Et vas-y que je te défouraille, que je te débroussaille, que je te dégomme à coups de balles dum-dum dans le duodénum, que je te dézingue en trois dimensions. C’est doublé de découpage par Durandal sans discussion de bouts de gras double, de transformation en dolmen du pays de Dol, de déploiement de deltoïdes, de décapitation dinosaurienne et de division par dix-sept du dineur dionysiaque. Bientôt le dragon Dudule douille dur, dur, dodeline, dégouline, dégobille, se dévide, se détricote, dégueule ses tripes puis décède. De profundis ! Deo Gratias !

Et le vrai vainqueur, dans tout ça ce n’est pas la foi du vengeur : c’est la malignité du papa qui grâce à son système D a accompli son dessein dortoiresque. Drôlement efficace le daudogramme : Didier dort à point final fermé !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 373 d'après cette consigne

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18 octobre 2015

C'EST LA JOURNEE MONDIALE DU BONHEUR !

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17 octobre. Journée mondiale de la modération des appétits. Consommer avec Modération. Ce sera d’autant plus difficile qu’elle est un peu gourmande sur les bords.


18 octobre. Journée mondiale de l’acrophobie. Approcher le Nirvana avec Prudence. Elle est guide de haute-montagne, il faut bien ça quand on est sensible au vertige de l’amour cher à Bashung.

 
19 octobre. Journée mondiale du jeu d’échecs. Aller rencontrer son adversaire pour le battre à Platecouture. Mais à la SNCF, ils ne savent pas où se trouve cette localité. Je te fiche mon billet que je ne suis plus près de leur en acheter un !


20 octobre. Journée mondiale des 50 nuances de pedigree. Passer à la banque des préjugés pour y acquérir des a priori. Leur cours est au plus bas depuis que Nadine M. a fait chuter l’action en déclarant « Bon chien chasse de… »

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21 octobre. Journée mondiale de la Vénus Hottentote. Consommer avec Parcimonie. Ce sera d’autant plus difficile qu’elle a des formes généreuses.


22 octobre. Journée mondiale du va-te-faire-fiche. Envoyer paître les importuns au Diable-Vauvert. S’ils ne savent pas où c’est, ils n’auront qu’à demander à la SNCF.



23 octobre. Journée mondiale du boum sur les pétards. Manier l’explosif avec Délicatesse. Elle est ambianceuse dans une boîte de nuit et s’y entend comme personne pour faire la bombe en hurlant : « Croyez-moi, l’audimat de la TNT va péter » !


24 octobre. Journée mondiale de l’auriculaire. Placer dans la conversation cette citation de Tom Pouce : "On ne met à l'index que des écrivains majeurs. C'est mon petit doigt qui me l'a dit.".

 

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25 octobre. Journée mondiale du tube de gouache. Faire sienne la politique de la terre brûlée : ce n’est ni le moment ni l’instant de célébrer l’outremère qui vous a fait des bleus et ce n’est pas en trempant la véronique dans la mayonnaise qu’on rendra le verre Véronèse.


26 octobre. Journée mondiale de l’Arménie. Comme Guy Mardel, n’avoue jamais, n’avoue jamais, n’aznavoure jamais que tout ce que tu as fait, tu l’as fait à bon escient. Prie plutôt pour que Bonescient ne porte pas plainte.


27 octobre. Journée mondiale de la fierté hétérosexuelle. Rendez-vous avec la Félicité dans le square du devoir accompli. Lui demander si elle veut bien que je l’épouse pour la vie. Même si ou parce que, comme Mozart, je suis homme de Constance.

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28 octobre. Journée mondiale de la Yokoonite aiguë. Les vieux crabes de mon acabit se souviendront ce jour de « So this is Christmas (the war is over) ». Les jeunes pousses de l’acabit des autres entameront « So this is the war (Christmas is over) ».


29 octobre. Journée mondiale de l’abandon. Coucher son roi avec Sagesse. Il en résultera de plus beaux enfants que ceux qui naissent du mariage de Pouvoir et Folie.


30 octobre. Journée mondiale de Miss MAP. Répondre à la consigne du Défi du samedi avec Brio. Ou pas. Ca dépendra s’il vient ou pas nous aider à écrire.


Ecrit pour le Défi du samedi n° 372 à partir de cette consigne

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04 octobre 2015

A TES SOUHAITS (1)

Tous les souhaits d’amour
Parcourent
Le réseau de nos veines.

Parfois un ange passe,
Semant l’amour rapace,
Faisant naître nos peines.

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C’est l’âge adolescent,
Métal incandescent
Qui ronge

Et accroche au linteau
De la porte le couteau
Du songe.

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C’est un temps de chenilles :
Pour des fruits en guenilles
On tente le démon.

Des étoiles ont surgi
Au pays du Fuji
Pour entourer le mont.

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A TES SOUHAITS (2)

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- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…


A TES SOUHAITS (3)

Et elle disparut
En un éternuement
Dans les nuées célestes.

Comme une étoile au nid
Pour l’oiseau ferrailleur
On ramène chez soi

Une âme désunie,
Une pointe à frayeur
Une échelle de soie.

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 On l’accroche au nuage,
On franchit un barreau,
On s’agrippe aux montants.

A quoi bon s’évertuer ?
Les glaces prostituées
Fondent sur le printemps

Car le nuage est l’ange,
La flamme est le fouet
Et la souillure est vaine.

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Ils sont loin désormais
Tous ces jeux de folie.
La nuit les cicatrise

Les anciennes brûlures,
Les émois de jadis
Le temps les électrise.

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Sur la chaise, au jardin,
Sous les grands pruniers roses
Un vieillard se souvient

Et la lampe, inondée
Des jeunes papillons
Naufragés de minuit,

S’éteint avec le feu
Qui brûlait sous ses pieds
Et sous son torse nu.

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Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 29 septembre 2015 d'après cette consigne :

Vous écrivez un texte. Vous insérez au milieu de votre texte ce fragment de roman de Yukio Mishima :

- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…

Vous pouvez en plus utiliser des images de la poésie suivante :

A la flamme des fouets (Paul Eluard)

Métal qui nuit, métal de jour, étoile au nid,
Pointe à frayeur, fruit en guenilles, amour rapace,
Porte couteau, souillure vaine, lampe inondée,
Souhait d’amour, fruit de dégoût, glaces prostituées…

QUELLE PETULANCE !

- Il va bien falloir qu’en silence ou pas un jour je me lance, dit la scie.
- Ne te casse pas le tronc ! répond l’arbre. Il y a déjà le nageur qui fait la planche ».

 

Hiawatha

- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit Tom à Hawks (Howard).
- Dans le commerce de haches à destination des bedeaux ? C’est encore illégal, répond Hiawatha.



- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit le boomerang.

- Ca ne sert à rien, tu t’appelles Reviens, répond l’aborigène.



- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit l’accessoire de l’athlète.

- T’es pas un peu marteau, non ? répond le spectateur des J.O. qui se l’est pris sur la tête.



- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit le « Pouah ! ».

- 3 mètres trente-six ! J’suis dégoûté ! répond l'athlète. Et de dépit, il en lance un autre.



- Il va bien falloir que je m’arme strong, dit Lance.

- T’as qu’à dire que c’était à l’insu de ton plein gré ! répond Richard.



- Il va bien falloir qu’un jour je me Lens, dit le musée du Louvre.

Et le mineur-campeur le pousse dans le dos. Le musée glisse le long de la pente et atterrit sur le carreau de la fosse 9.

- Euch’ terril, ch’est à mi ! J’étos là avint ti ! T’es très ben là d’ù qu’tes quéu. Si té m’cros pas, acoute eum quinchon !

 

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- Il va bien falloir qu’un jour je me lance, dit le diaporama.
- Ah non ! A tous les coups, c’est encore Joe Krapov qui chante, dessus ! 

Une traduction en français de ces paroles en Ch'ti est consultable ici.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 370 d'après cette consigne

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03 octobre 2015

LE GOÛT DES GLACES PROSTITUEES (1)

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Sur la pointe des pieds
L’esquimau allait voir
Les glaces prostituées.

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LE GOÛT DES GLACES PROSTITUEES (2)

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Dépourvues de guenilles
Elles vendaient
Au plus offrant

Leur monstruosité
D’iceberg incandescent,
Leurs caresses de vagues,

Le métal de leurs flancs
A stries parfois rosées,
Leur volupté d’étoile
Et leurs promesses d’inondation
Dans l’avenir plus ou moins proche.

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LE GOÛT DES GLACES PROSTITUEES (3)

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Ca réjouissait l’esquimau
Mais jamais il n’a sauté
Par-dessus le feu allumé.

On ne suit pas les glaces
Quand elles dérivent ainsi
Dans des poses lascives.

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