29 juillet 2017

ECRIRE A RIMBAUD ? 1, Tulipes

170715 Nikon B 012

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

«En avant Fanfan la Tulipe
En avant, La Tulipe, en avant !»

Comment puis-je nommer autrement que «Poésie» ce dérèglement de tous mes sens qui va me faire écrire, partant d’une photo de tulipes, sur Gérard Philipe, les Choeurs de l’Armée rouge et le cimetière marin de Sète ?

«Alchimie du verbe » ? Le Défi du samedi, depuis de nombreuses années déjà, nous incite à mélanger les nôtres avec des adjectifs et des noms propres (ou pas), ce sous la houlette d’un chimiste en chef promu depuis peu expert en «éprouvettes» (ou alors c’est moi qui fatigue !).

DDS 465 affiche Fanfan la tulipe

«Yoyotage de la touffe» ou «Alzheimer précoce» ? Peut-être ! Ces résurgences de  «pop culture» qui me taraudent et qui m’occupent te feront, sans doute aucun, une belle jambe à toi qui dors sans l’une et même sans étoiles sous la terre de Charleville.

C’est donc bien l’interprète du «Fanfan la Tulipe» de Christian-Jacque, le sieur Gérard Philipe, que cette photo de tulipes m’évoque en passant par le biais de la chansonnette introductive d’Emile Debraux, pondue en 1819.

J’ai dû voir ce film quand j’étais enfant et cela ne rajeunit personne. La télé était en noir et blanc, le film aussi et la vie en sépia ou, au mieux, en couleurs de Polaroïd. Pour les gens de ma famille ce Gérard Philipe était déjà une icône de la même manière que toi, mon Arthur sans saisons ni châteaux, tu en es une pour moi.

Il y avait à la maison le disque 33 tours du «Petit prince» sur lequel le plus admirable des acteurs prénommés Gérard prêtait sa voix à l’avia-narra-teur tombé en panne dans le désert et à qui Georges Poujouly demandait : «S’il vous plaît, dessine-moi un mouton ?».

DDS 465 Le Cid

Quelques années plus tard nous l’avons retrouvé en Cid campeador dans le Petit classique Larousse de la classe de 6e ou 5e et son portrait dans ce costume positionnait beaucoup plus haut dans nos esprits, par-dessus la guerre froide et les «Ôte-moi d’un doute », la grandeur de la littérature et du théâtre classiques.

On aurait sans doute pu nous donner encore à voir «Le Rouge et le noir» et «Le Diable au corps» mais entre-temps la musique yéyé, les duels Anquetil-Poulidor, la rivalité Stones-Beatles, Astérix et les héros de«Pilote mâtin quel journal» étaient arrivés et ça nous intéressait aussi. C’est ça, la pop culture : c’est ce qui te détourne de la littérature et de la réflexiture.

Chez nous Gérard Philipe était surtout «un camarade». Un des «copains» de mon grand-père à l’instar d’Aragon, Picasso et Jean Ferrat et de ceux qui ont suivi, comme tu le fis toi-même pendant la Commune de Paris, le rêve d’un Homme résolument moderne voire nouveau. Pour ma part je ne mets pas de majuscule à «homme» et j’ai toujours préféré l’antique !

J’ai bien repensé à cette époque-là l’autre jour en cherchant sur Internet les paroles forcément bretonnes et les accords heureusement simples du premier tube d’Alan Stivell, «Tri Martolod yaouank». C’est que je suis tombé alors sur cette vidéo-ci et je me suis trouvé très heureux de ce partage inattendu de langues, de musiques et de culture populaire entre ces Russes et ces Bretons-là, réunis pour le plus grand plaisir de mon seul et unique neurone. 

 

DDS 465 fanfan

De la même manière ce sont des camarades roumains qui m’ont permis de remettre la main sur cette bande dessinée-là, qui paraissait dans un journal de la même famille d’utopistes, où Gaty et Nortier avaient redonné à Fanfan la Tulipe les traits de Gérard Philipe.

Comme je pense tout à coup à Claude Rich qui vient de disparaître et que j’aimais bien aussi depuis «Je t’aime, je t’aime» d’Alain Resnais, et en me rappelant également une autre icône de ce temps-là, le cosmonaute Youri Gagarine, j’en viens à me demander comment il se fait que certaines personnes ont cette aura si particulière, cette humanité sans fanfaronnade, ce sourire charmant et ce pétillement dans le regard qui nous les rendent si proches de nous et, à jamais, aimables ?

Je suis retourné récemment dans le village où tous ces souvenirs d’enfance avaient, autrefois, statut de réalité ambiante. Comme je m’y adonnais à des travaux de peinture de porte et que dans la pièce à côté un reportage télévisé sur la ville de Sète était diffusé, je me suis interrompu pour aller admirer des images paisibles du cimetière marin de cette cité. Je me suis dit que j’irai un jour saluer l’oncle Georges qui chantait à l’époque de «Fanfan» et de «Lorenzaccio» ses gaudrioles uniques, poétiques et essentielles.

Si je passe un jour à Ramatuelle, j’irai saluer Gérard Philipe. Je déposerai peut-être une tulipe sur sa tombe ? Pas sûr. C’est que je ne suis pas très doué en matière de recueillement mélancolique. A ce propos d’ailleurs, mon cher Arthur, je suis désolé de n’avoir pas fleuri ta demeure dernière. Je ne suis pas du genre à jeter des fleurs aux gens qui sont toujours vivants en moi.

Mais le cœur y est !

DDS 465 gerard-philipe-le-cid-1305Bon vent à toi !

 

P.S. 1 : Réponse supposée d’Arthur :

- Et la tombe de Gina Lollobrigida, Joe Krapov, elle sent la mozzarella ?
- Désolé, Arthur, cette dame est toujours vivante !

P.S. 2 :

Dérèglement de tous les sens ? Dérèglement de tous les sens ? En consultant Wikipédia je découvre un autre lien surprenant entre Arthur Rimbaud et Gérard Philipe : tous les deux sont décédés à l’âge de 37 ans !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 465 d'après cette consigne (la photo de MAP ci-dessous)

DDS 465 MAP - Tulipes de Grand-Bigard avril 2011


22 juillet 2017

LE MYSTÈRE DE LA SPHINGE À BARBE

DDS 464 sphinge à barbe

Nous n’aurions pas dû être surpris. Les temps sont jupitériens, les foudres de guerre courent les rues et nous avions planté notre tente au pied du mont Olympe.

Pas étonnant dès lors que nous fussions arrêtés chaque jour, au bout de la passerelle qui mène à la ville, près du vieux moulin à eau, par cette créature mythologique bigrement questionnante. Par référence à l’histoire complexe d’Œdipe et du fait que ce bestiau nous posait chaque jour une énigme différente autant que stupide, nous l’avions baptisé « sphynge à barbe ».

Comme aurait dit Totor Hugo :
« C’était un haut-relief de l’armée en déroute,
Corps de chien, tête d’homme, allure de douanier
Il piochait sa question dans un petit panier
Et au retour, cruel, il nous barrait la route
Pour obtenir réponse à ses absurdités.

Si l’on répondait faux, avec des crudités
Et d’autres condiments, la bête promettait
- Tous les voleurs de feu font ainsi des serments -
De nous avaler goulûment ».

 

170715 265 051

1er jour, 1ère question :

- Comment appelle-ton les habitants de Charleville-Mézières ?

Ça, je m’en souvenais pour avoir déliré récemment sur ces noms improbables que l’on nous fait porter du fait de la naissance ou de la domiciliation :

- Les Carolomacériens !

- C’est bon, passez ! a dit la bête.

 

170713 265 0412e jour, 2e question :

- Pourquoi n’y a-t-il que dix bateaux dans le port de plaisance de Charleville-Mézières ?

Pas de bol, ma barbue ! En vacances je lis le quotidien local. Ici il s’appelle « L’Ardennais », il est bien documenté et remonté contre les absurderies de la mairie.

- Pour entrer dans le port les bateaux doivent passer sous une passerelle piétonne. La hauteur maximale des bateaux étant limitée à trois mètres la plupart d’entre eux doivent faire demi-tour et stationner ailleurs que dans le bassin prévu à cet effet.


170712 265 0363e jour, 3e question :

- Quel est le plus célèbre des natifs de Charleville-Mézières ?

- Trop fastoche ! Tu déconnes ou quoi, Madame Sphinge ? Pourquoi crois-tu qu’on soit venus ici ? Pour sea, sex and sun ? Pour le duc de Gonzague ? Pour Boris Ravignon ? C’est bien sûr Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. Son musée est très beau, sa maison des ailleurs très sobre mais alors, le pauvre gars, s’il voyait ce que les marchands du temple ont fait de son effigie ! Entre la Rimbaud’tech, incubateur d’entreprises innovantes, Hair com Rimbaud, coupeur de cheveux et la cuvée d’Arthur, bière et limonade, y’a comme dirait Souchon de la récup’ dans l’air !


4e jour, 4e question :

- Pourquoi Rimbaud est-il parti en abandonnant tout ?


- Parce qu’il est comme nous : il aime bien Charleville mais… z’hier ! Parce qu’à force d’entendre tous les quarts d’heure le carillon de la mairie entonner le « Chant du départ » de Méhul ben ça ne donne pas d’envie de rester, Ursule ! Parce que les fêtes nocturnes des kékés locaux avec musique à fond et claquements de portières jusqu’à cinq heures du matin juste à côté du camping, ça ne donne pas très envie de revenir, Olympe !

 

170713 265 075

5e jour, 5e question :

- A quelle heure sera tiré le feu d’artifice local ?

- A 22 h 40 selon l’Ardennais ; à 23 heures selon le bulletin municipal ; à 10 h 20 selon la police qui divise tout par deux dès qu’il s’agit de compter. C’est l’Ardennais qui a dit vrai mais, en raison de ce je viens de dire au sujet des noctambules carolomacériens, après les Illuminations suit une Saison en enfer !

Je vous fais grâce des autres question de la femme à barbe. Ou pas, tiens !

- Oui c’est bien au Belgium coffee snack qu’on déguste la meilleure carbonade de France et de Navarre.

- Oui, c’est bien un labyrinthe qu’on trouve entre Gernelle et Rumel mais vous vous attendiez à quoi en longeant le ruisseau « L’Infernal » ? A un sentier de randonnée balisé en bonne et due forme ? Ils ne sont pas fous, ces Ardennais ! Ils ne vont quand même pas bosser pour attirer chez eux des touristes autres que les Néerlandais de passage !


170715 265 010

- Oui c’est bien le sanglier qui est l’emblème de la région, enfin, du département !

- Oui, il est bien fait mention d’une partie d’échecs dans la légende des quatre fils Aymon racontée à l’horloge du grand marionnettiste. Mais nous n’y sommes pour rien si elle est restée coincée au tableau douze le samedi soir !


- Oui, il y a bien un comité anti-éoliennes au pays de l’homme aux semelles de vent !

Au bout de la semaine d’interrogation des Krapov, la bête est restée sur sa faim. Nous on avait comblé la nôtre avec bonheur : croisière sur la Meuse, ascension de la crête au-dessus de la boucle de la Meuse à Monthermé, tour du lac des Vieilles forges, dégustation de bières locales, visite du très beau Musée des Ardennes…

Si elle avait voulu, la mystérieuse sphinge à barbe, elle aurait pu nous dévorer dès le premier jour. Il lui suffisait de demander : « Qui suis-je ? ».

A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas trouvé, entre gorgone, méduse, phœnix et hydre de Lerne où je pourrais classer cet animal hybride. Sphinx égyptien, peut-être ?

Au secours, Miss Map ! De ne pas savoir me ronge ! Je suis comme ça !

Ô saisons, ô chateaux !
Quelle âme est sans défauts ?

170709 Nikon 066


Ecrit pour le Défi du samedi n° 464 à partir de cette consigne (la 1ère photo)

Posté par Joe Krapov à 09:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

08 juillet 2017

LA CLEPSYDRE ET LE PHONIATRE : GENRE DE S+7 A MA SAUCE

DDS 462 clepsydreLa Clepsydre, ayant chuinté
Tout l'étiage
Se trouva fort dépitée
Quand la bonde fut venteuse :

Pas un seul petit morceau
De mouillage ou de verseau.

Elle alla crier fatigue
Chez la phoniatre sa dealeuse,
La priant de lui prêter
Quelques gouttes pour susurrer
Jusqu'à la scansion nuptiale.

- Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'aube, foi d'appareil,
Interphone et proverbial.

La phoniatre n'est pas princière ;
C'est là sa morne dégaine.

- Que feuliez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à l’émulsionneuse.

- Nuit et jour, à tout vibrant,
Je chuintais, ne vous déplaise.

- Vous chuintiez ? J'en suis fort aise !
Et bien ! Dentalisez maintenant !

Plaque_perec (christophe Verdon)
Cette plaque est une oeuvre de Christophe Verdon

Ecrit pour le Défi du samedi n° 462 d'après cette consigne : Clepsydre

Posté par Joe Krapov à 05:03 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

05 juillet 2017

DRAME DE LA RESQUILLE AU CIRQUE BOUCLE

smd_139046_claude_nougaro_la_pluie_fait_des_claquettes_web

La Pluie nous souriait. Elle venait de terminer son numéro de claquettes. Elle attendait les applaudissements mais rien ne venait. Incroyablement, personne ne songeait à frapper dans ses mains pour applaudir ce qu’elle avait accompli avec ses pieds. Du reste, il n’y avait plus un seul spectateur sur les gradins du cirque.

C’est qu’il y avait eu un pépin. Tout le monde était sorti en entendant le cri.

Afin de pouvoir assister gratuitement au numéro de danse de la Pluie, une spectatrice n’avait rien trouvé de mieux que d’escalader l’un des mâts du chapiteau. Mais elle avait glissé et s’était écrasée par terre.

Le Monsieur Loyal de la troupe, qui s’appelait Soleil et qui était aussi le directeur du petit cirque ambulant, revint dire à la Pluie de passer dans sa roulotte, qu’il lui donnait son compte et qu’elle pouvait chercher du travail ailleurs.

Alors voilà, c’était ainsi. On la chassait de nouveau ! Même si dehors on entendait un grand cri de joie collectif : la spectatrice venait de se remettre sur pied et, oublieuse de ce qui s’était passé, elle escaladait de nouveau, sans aucune peine, le mât qui la menait au sommet du chapiteau, se hissait sur la toile, reprenait le fil de son existence un temps arrêtée.

***

La Pluie nous souriait. Elle venait de terminer sa petite chansonnette. Elle attendait des applaudissements mais rien ne venait. Incroyablement, personne ne songeait à frapper dans ses mains pour applaudir ce qu’elle avait accompli dans cette cour d’école avec les pieds de son poème. Les enfants se demandaient si on ne se fichait pas un peu d’eux avec cette sornette à deux balles que la Pluie avait à nouveau reprise en boucle sans jamais vouloir s’arrêter, de peur qu’on ne la chasse à nouveau :

L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière
Tiens voilà la Pluie,
Gipsy tombe par terre

Mais le Soleil
A chassé la Pluie !

L’araignée Gipsy…

(Ad libitum, comme disent les musiciens)

170403 265 033


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 3 juillet 2017 à partir de cette consigne :

La pluie nous souriait

Posté par Joe Krapov à 11:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

04 juillet 2017

ON NE POURRA PAS DIRE QUE JE NE L'AI PAS PREVENUE !

Lakévio 65 Nadia Isakova 116160522

- Hé ! Ho ! Isadora Duncan !
- ???
- Arrête de faire l'andouille avec ton écharpe en la balançant au dehors par la fenêtre ouverte ! C'est dangereux ! Tu ne sais pas lire ? E pericoloso sporgersi ! Do not lean out of the window ! Nicht hinauslehnen ! Ne pas s'épancher au dehors !


Ecrit pour le jeu de Lakevio n° 65 à partir du tableau de Nadia Isakova

Posté par Joe Krapov à 11:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :


01 juillet 2017

TENTATIVE INABOUTIE DE DÉROUILLAGE DE LA MÉCANIQUE CÉRÉBRALE

Le bidouillage est bien souvent informatique et nécessite de la pratique (ou pas !).

Le tripatouillage est politique, électoral ou financier et nécessite du secret.

Le magouillage est identique et nécessite au moins un François Béranger pour le transformer en blues.

Le lichouillage est érotique et nécessite un consentement mutuel sinon on va tout droit de la case Sofitel à la case prison.

Le trifouillage est narinaire et nécessite de savoir jusqu’où on peut aller trop loin sans que ça ne se transforme en joyeux tango des bouchers de la Villette : faut pas qu’ça saigne !

Le zigouillage est systématique et nécessite un régime dictatorial ou tyrannique ou une misanthropie relevant du cas clinique.

Le cafouillage est endémique et nécessite des rétropédalages, des démissions, des changements de braquet – ou pas !

Le mouillage est à la halte nautique et nécessite une ancre et aussi des amarres. Vous verrez, c’est plus loin, juste à côté du cirque !

Le mâchouillage est l’apanage des boulimiques et nécessite du chewing-gum, des crayons de bois ou n’importe quoi d’un peu mou (chique de tabac, etc.).

Le farfouillage est bordélique et nécessite une galerie La Fayette ou une période de soldes. C’est justement en ce moment !

L’Allelouillage est catholique et nécessite que le Léonard soit Cohen et que la Bigoudène soit coite.

L’agenouillage est malaisé chez l’arthritique et nécessite un bon coussin pour les genoux.

L’épouillage tourne Serge en Gainsbourrique et nécessite une Elisa.

DDS 461 Jan_Siberechts_-Cour_de_ferme-_détail_Scène_d'épouillage

Le verrouillage est aristocratique et nécessite un Fragonard qui ferme la porte. Paradoxalement, dans ce qui suit ce geste, tout reste ouvert !

Le gazouillage est encyclopédique à condition de ne pas dépasser 140 signes. Exemple : «Pourquoi est-ce que tu t’en-quin-tettes à envoyer des tweets, Schubert ?»

Le gribouillage est hiéroglyphique et nécessite parfois de démêler le tien du mien, l’égyptien du mésopotamien et Pierre de Rosette (Pierre et Rosette sont les personnages du « Verrou » de Fragonard évoqué plus haut).

Le scribouillage est la marque de fabrique du prolifique et nécessite un mauvais style. Ici personne ne scribouille, on se livre à des bidouillages esthètes et à des jeux oulipiens. Pour tous ceux qui tiennent à oublier Proust, c’est une nécessité vitale !

Le grattouillage est guitaristique et nécessite qu’on fiche la paix une fois pour toutes à la rengaine « Jeux interdits » qui se joue, elle, en arpèges. Les accords de Do, Fa et Sol 7 devraient suffire à nos bonheurs de jolis chants autour de ce foutu feu de camp qui ne veut pas prendre ! On a des scouts dans l’assistance ?

Le bafouillage est bien comique mais il faut pour cela le talent d’un Pierre Repp ou d’un Francis Perrin pour que ça fasse du bien à nos zygomatiques (voir ce mot).

DDS 461 Peanuts

Emporté par mon élan, j’ai failli ajouter :


L’échouillage est du genre Atlantique et nécessite un Titanic (avec deux glaçons, s’il vous plaît).

La carabistouillage est peut-être lié à la Gueuze Lambic et nécessite de pratiquer les Hauts de France et/ou les Bas de Belgique.

Le cornegidouillage est ubuesque et Jarrythmétique et nécessite un crochet à phynance et un royaume de Pologne.

Le tatouillage n’est pas épisodique et nécessite, - quelle abjection ! - une injection d’encre non sympathique !


Notons que «bidouillage», qui était notre point de départ, a en commun avec «gribouillage», «grattouillage» et «gazouillage» de tolérer un suffixe en «is» : on peut donc dire aussi «bidouillis», «gribouillis», «grattouillis» et «gazouillis». Par contre bigoudi n’a rien à faire dans cette liste, même s’il est porté par la Bigoudène mentionnée sous «Allelouiage».

Mais du coup, comment appelle-t-on l’action de bouillir sans génie ? La «cent degrés y’a» ?

J’ajouterai pour terminer que dans leur chasse aux vocables pour illustrer le «Dictionnaire-bêtisier du Défi du samedi» certaines andouilles ne reviennent jamais bredouilles : c’est le cas pour moi cette semaine. Et je trouve que je l’ai bien bidouillée, cette contribution ! Car «en même temps», comme on dit maintenant, elle ne dit absolument rien de ce que je bidouille dans ma vraie vie !

P.S. Si jamais, pour cause de vacances et de vadrouillage, je ne puis être là la semaine prochaine, je vous souhaite à toutes et à tous, pour cet été, un bon et excellent «glandouillage» !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 461 à partir de cette consigne : Bidouillage

Posté par Joe Krapov à 05:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

26 juin 2017

LE SACRE DE L’ÉTÉ 2017

sacre-quebecois

- J’en ai mon baptême de l’emplacement 28 du camping des Flots bleus ! Tous les ans se cogner le Chirac et le Gatineau en gougounes ! On pourrait changer un peu, quand même, non ?

- Crisse ! Tu veux quand même pas t’installer au 12 près des bécosses ?

Batince ! On va encore se faire bouffer la couenne par les maringouins à planter la tente près de cet étang !

Bâtard de cagnard à particule caniculaire ! Quel épais, çui-là ! Y tape comme un sourd !

Câlice ! Se faire arrêter par ces tannants de la maréchaussée sur la route des vins ! Pourvu qu’ils me fassent pas souffler dans leur ivressomètre !

quebec

Calvaire d’aoutât ! Méchante bibitte !

Ciboire de parcmètre à touristes ! Après une heure dans les chars cul à cul par 38° ? Se sont tous ligués pour nous assommer ou quoi ?

Diable de colonies de fourmis rouges ! N’y a pourtant pas de sirop d’érable sur la nappe du pique-nique ! D’où c’est donc que vous sortez, diable de sales bibittes ?

Fuck ! Y va encore souffler longtemps le joueur de ruine-babines du bungalow d’à côté ?

Maudit Français ! Pas fermé l’œil de la nuit avec ce feu d’artifice suivi d’un bal populaire avec des tounes tout ce qu’il y a de plus ringardos !

Ostie ! Toutes ces agace-pissette amanchées les seins nus sur la plage et moi qui n’ai rien fait pour éliminer mes poignées d’amour ! J’vas ‘core être traité de balloune ! Quelle badeloque !

Bonyeu ! Je rentre même plus dans mes bobettes !

Sacrament de moules frite à vingt deux euros ! C’est dispendieux, la Côte d’Azur !

Simonaque de quinze août de mes deux ! Pas un seul dépanneur d’ouvert !

Tabarnak de bouchon au péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines ! C’est-y pas Dieu possible !

Viarge ! Je vas l’rester ! Aucune blonde qu’a voulu que je sois son chum ! Même pas necké ni frenché pendant le quart d’heure américain ! N’y a que des lambineuses icitte !

Jésus de plâtre de coup de soleil sur les orteils ! Ca aide pas à l’endormitoire ! Ouïlle !


Allez, vous autres ! Parmi ces sacres de l’été, votez donc à c’t’heure pour celui que vous préférez !

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 26 juin 2017 d'après cette consigne : le Sacre de l'été.

Posté par Joe Krapov à 20:26 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24 juin 2017

SUCCESSION ENTREPRENEURIALE À LA MODE DE BRETAGNE

Se chante sur l’air du « Capitaine de Saint-Malo »

IL 2017 06 19 Amphibocycle

Le capitaine du pédalo
Ali Alo
Qui reliait Brest à Saint-Malo
Ali Ali Ali Alo Quel rigolo !

Il avait l’air un peu falot
Ali Alo
Il buvait l’chouchen au goulot
Ali Ali Ali Alo Quel alcoolo !

Il pédalait sur un Peugeot
Ali Alo
Mais c’était un as au pageot
Ali Ali Ali Alo Quel gigolo !

Il avait l’air un peu bigot
Ali Alo
Sa femme s’appelait Jeannick Longo
Ali Ali Ali Alo Quel marigot !

Il allait au triple galop
Ali Alo
Sur la surface bleue des flots
Ali Ali Ali Alo Quel matelot !

Il a publié un brûlot
Ali Alo
Sur l’art d’essuyer les bibelots
Ali Ali Ali Alo Quel ramollo !

L’aurait dû tirer les tarots
Ali Alo
Il se serait méfié de Turgot
Ali Ali Ali Alo Ah quel ballot !

Car son fils, un fou du mulot,
Ali Alo
Vient de lui piquer son boulot
Ali Ali Ali Alo Quel sale minot !

Il dézingue à tire-larigot
Ali Alo
Les cachalots, les paquebots
Ali Ali Ali Alo L’affreux marmot !

A coups de fusil Chassepot
Ali Alo
Et de lancers de javelots
Il a hérité du magot Ah quel culot !

Ces histoires de requins sur l’eau
Ali Alo
Qui se disputent un pédalo
A la force de leurs cuissots - Ca m’scie les pattes ! -

Ca ne m’a jamais emballé :
J’suis hydropathe
Je préfère lire Alphonse Allais
Et déguster du Clos-Vougeot Incognito.

Qu’ils fassent du bruit dans Landerneau
Ali Alo
Et se gavent de far aux pruneaux !
Moi je suis bien mieux dans ma peau près d’mon tonneau !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 19 juin 2017
d'après cette consigne : amphibocycle.

Posté par Joe Krapov à 09:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

QUATRE AUTEUR(E)S SUR LA HAUTEUR

1

DDS 460 Vargas

Forcément
Retors
Et
Décalé

Voici
Adamsberg de
Retour.
Gare à l’
Araignée
Sournoise !


2

DDS 460 madeleine-proust

Mortifèrement
Affalé,
Reclus,
Cherchant l’
Endormissement
Libérateur, ce

Plumitif
Refile à notre
Oncle
Une allergie au
Snobisme
Terrifiante !


3

DDS 460 molièreJoie 
Baroque !

Médecin
Origénial !
L’
Ironie
Est
Royalement
Envoyée !

 

4

C’est
Hebdomadaire,
Eblouissant,
Roboratif,
Eclatant !

DDS 460 IowaJ’
Ouïs son
Yoddle
Enthousiasmant,

Drôlissime,

Issu
Orgasthmatiquement du Middle-
West
Américain.


Ecrit pour le Défi du samedi n° 460 d'après cette consigne : Acrostiche

Posté par Joe Krapov à 09:08 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 juin 2017

DRÔLE DE ZIG !

Les zygomatiques ! Ah ! Ah ! Ah ! Laissez moi rire !

J’ai tellement souffert autrefois sur «L’eau et les rêves» de Gaston Bachelard et sur «Le rire» d’Henri Bergson que je n’en conseillerais même pas la lecture à mon pire ennemi. A vrai dire, de pire ennemi, je n’en ai pas, ou alors, si j’en ai, c’est sans le savoir et il n’a sans doute pas survécu à la vague de dégagisme qui vient de déferler sur la France cette année. Le général de Gaulle a tort : les Français ne sont pas des veaux car ils viennent de voter comme un seul mouton pour le chien du berger !

Mais revenons à cette histoire de muscle. A la bibliothèque des Champs libres, tout à l’heure, j’ai trouvé dans le rayon «humour», 847 chez M. Dewey qui classalsifie tout, le «Que sais-je ?» sur l’humour juif. Je me suis bien gardé de l’emprunter. Mieux vaut relire «Plumard de cheval» de Groucho Marx ou regarder une énième fois «La Soupe au canard» du même avec ses frères pour savoir ce que c’est.

Et donc je crains fort qu’une dissertation sur les zygomatiques ne fasse rien d’autre que de vous extirper des bâillements. C’est pourquoi, quitte à être hors sujet, je vous livre une chanson sur le bâillement qui vous décoincera peut-être les zygomatiques ! Allez savoir !

Et j’en ajoute une deuxième inspirée par Joye et son «Witloof frommi tuyau» un peu adapté pour la cirque-constance !

Il y a de drôles de zigs, quand même, sur ce Défi du samedi ! ;-)
 



 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 459 à partir de cette consigne : Zygomatiques