18 janvier 2016

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 32, Genre "Après la bataille mais sur les traces de Pérec"

REMY SANZEAU, BIENFAITEUR DE L’HUMANITE SAUF SI ELLE EST VEGETARIENNE

La bête était gigantesque, effrayante, dangereuse mais le petit gars, Rémy Sanzeau, avait réussi à l’exterminer. Sa lance avait transpercé la carapace, sa Durandal à lui, épée bénie des dieux, ancêtre d’autres Excalibur à venir avait tailladé dans le gras, les pustules, le ventre et les membres du bestiau, avait fait jaillir le sang sur le tablier blanc du dépeceur. Et c’est bien ce que Rémy était en train de faire, se payer sur la bête, tel que cela avait été établi préalablement avec le chef des tribus libyennes, Hafez Keujdi Ibn Paskeujfez qui avait fait appel à lui et à d’autres, plus pleutres, qui s’étaient esbignés devant la rude tâche. Lui n’avait pas fui et avait vaincu.

- Si je te débarrasse de cette enflure-là qui sème la terreur et la calamité dans tes terres, avale sans leur enlever la laine les brebis de tes paysans, réclame en guise de cerise sur le gâteau la chair de ta chair, la main et le reste de ta fille chérie, autant dire le beurre et l’argent du beurre de la crémière ; si je te libère de cet empêcheur de vivre libre et heureux, je ne te demanderai qu’un seul avantage en échange de ce service. Je désire m’établir marchand de viande en tes terres. J’ai les crédits nécessaires qui me viennent d’un héritage familial, les certificats vétérinaires du cheptel et les diplômes nécessaires que j’ai acquis après cinq années d’études à l’Université de Rennes 3.
- Kèkséksa, Rennes 3 ? avait tiqué Hafez Keujdi.
- C’est une université étrangère dans un pays qui s’appelle la Gaule et s’appellera plus tard la France mais avant ça il y aura en icelle le duché de Bretagne. C’est là qu’est-Rennes.

Epaté par tant de science, d’aisance et aussi par le peu de salaire qui lui était demandé, le chef de tribu un peu pingre avait accepté le deal. C’était, avait-il dit au grand vizir Itiz Verybad, du gagnant-gagnant à 100%.

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***

Et maintenant le magasin, que dis-je, la chaîne de magasins RSC, « Rémy Sanzeau Charcutaille » était installée dans chaque village de Libye, fréquentée par les ménagères avec leur petit panier et appréciée de leurs maris avec leurs grands appétits. Plus aucune nécessité d’aller chasser et tuer les animaux en vue d’assurer la subsistance de la famille. Rémy Sanzeau et ses équipes assuraient l’emplissage rapide des caddies ® et ensuite celui des ventres, travaillant ainsi au bien-être suprême de chacun. Ses chasseurs tuaient les bêtes sauvages, ses éleveurs abattaient les animaux dans les fermes, ses vendeurs débitaient la marchandise et des salamalecs du genre « il y en a un peu plus je le laisse ? » aux clientes béates.

« Maintenant, est-il écrit dans le dernier bulletin mensuel de la start-up, le secteur tertiaire peut prendre de l’ampleur et la Libye devenir une puissance de premier plan en marchant à pas de géant (« walk like a giant » in the british language) vers un futur aussi bien garni qu’un filet gagné à la kermesse miraculeuse de Dargif-Al-Sur-Yvette. Car derrière chacune des vitrines d’RSC, à l’arrière de chaque tête de veau garnie de persil dans les narines, c’est carrément Byzance ».

Et cela est bien vrai. Dès que la cliente a pénétré dans l’établissement elle peut admirer des quartiers entiers d’une viande luisante, dégraissée, apprêtée, appétissante, suspendue à des esses rutilantes : des chapelets de saucisses, du salami venu du Danemark, de la hampe, de l’araignée, de l’échine, du jarret, du gîte, de la perdrix, de la caille, du faisan, de la biche, du chevreuil ; et, parce que RSC est aussi très vite devenu traiteur et vend des plats préparés, de l’aiguillette de sanglier, de la vraie daube qui n’est pas « de la daube », du pâté de marcassin, du filet de rumsteck au vinaigre de cidre, des paupiette de la reine Paulette, du magret de canard, des travers, des pieds panés, de la queue aux herbes, du petit salé aux lentilles, du speck à l’Appensell, du civet de lièvre, des grives au genièvre, des gésiers, du saupiquet nivernais, du ris de veau à l’ancienne, de l’aillade, du fricandeau, des tripes, de la pissaladière au lard et aux graine de carvi…

Et dans les chaumières, les cuisines et les salles à manger, quelle activité ! C’est sûr, ça y va de la fricassée, de la quiche, du pâté de tête, du parfait au Muscat de Rivesaltes, de la caillette, de la langue, de la crépinette de pieds, du cake charcutier, de la terrine au piment d’Espelette, de la palette fraîche au lait, du carré au cidre, de la ventrêche, des petits farcis, de l’échine à la bière de garde, du curry d’agneau, de la blanquette arrière, du cabri au lait…

Et vas-y que je te barbecute au crépuscule d’été ! Que je te pause sandwich aux rillettes dûment préparées, que je te fais le lit de verdure au carré d’agneau, que je te me repaye une tranche, que je te tartine à l’envi, que je te tajine de pintade aux mirabelles, que je te sers la pastilla aux épices, que je te gave de hamburgers…

Seuls les végétariens crachent sur cette réussite parce qu’elle ne va pas dans leur sens. « C’est cinq fruits et légumes, pas cinq cent grammes de steak haché par tête de pipe et par repas, bande d’adipeux et de gras du bide ! ». Sachant que le grincheux traverse les siècles, le fait qu’ils étaient déjà là en ces temps anciens n’a rien de surprenant.

Ce qui reste inexplicable cependant et d’une injustice flagrante, c’est que Rémy Sanzeau a disparu des tablettes. Aucun livre, aucune revue, aucun article, aucun universitaire ne fait état dans ses travaux de l’existence, grâce à lui, d’une ère bénie de la Libye débarrassée d’un tyran aussi légendaire qu’animal par un petit apprenti en chemise bleue à petits carreaux, tablier blanc et petit chapeau carré, blanc lui aussi, sur le chef.

Il faudra attendre les années 1940 et 1950 et même plus si affinités. Le célèbre dessinateur Hergé, auteur des « Aventures de Tintin » a repris vraiment très brièvement dans les cases de sa bande dessinée ce que je viens de narrer en détail à mes lecteurs et lectrices chéri(e)s. Il en a fait un gag très récurrent dans lequel un marin barbu en retraite qui habite un ersatz du château de Cheverny est sans cesse dérangé par des appels mal dirigés par la dame du « Fil qui chante » (j’ai aussi lu Lucky Luke et dans le même genre, il y avait également le gag du 22 à Asnières de Fernand Raynaud).

Qui plus est, Hergé s’est quelque peu planté dans la graphie en transcrivant « Sanzeau ». Ce malentendu vaudevillesque est parfaitement injuste, gars Rémy, mais c’est la vie. Heureusement que je suis là et que je peux, si ça aide, rétablir la vérité des faits !


DDS 385 Boucherie Sanzot

 P.S. Ami lecteur, amie lectrice, tu l’auras peut-être remarqué ? Dans ce texte à la Pérec n’apparaît jamais la quinzième lettre de l’alphabet, ce qui, en un sens, ne manque pas de sel !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 385 d'après cette consigne.

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20 décembre 2015

A QUI CA SERT QUE LE FOU D'UCHRONIE SE DECARCASSE ?

louis-16-a-varennesUne demi-heure plus tard, on arriva dans un petit village appelé Varennes. Personne n’y reconnut le roi tant son déguisement de valet simple d’esprit, d’homme qui avait perdu la tête, était excellent.

Une demi-heure plus tard, le feu n’ayant pas pris sur le bûcher de Jeanne, on la libéra de ses liens et on lui promit la vie sauve contre la promesse qu’elle rentrât chez elle à Domrémy afin d’y garder ses brebis. « Il n’y a pas de raison que les générations futures vous fassent la fête le premier mai. Ce jour-là, c’est la fête du travail et vous, tout ce que vous avez décroché jusqu’à présent, c’est un CDD de porteuse d’armure. Retournez faire vos preuves sur le terrain, revenez à vos moutons et on en reparlera ensuite. Et arrêtez de jouer avec ce téléphone portable ! Dites-vous qu’il n’a pas encore été inventé à notre époque ! Ce doit être un patrouilleur du Temps qui l’aura égaré !» conclut le capitaine Anderson en la menant aux portes de Rouen.

Une demi-heure plus tard, on attendait Grouchy et ce fut lui qui arriva. « Il n’y avait pas de raisons que ce fût Blücher, surtout en période de soldes » commenta l’Empereur.

Une demi-heure plus tard, un nommé Ravaillac qui passait rue de la Ferronnerie glissa sur une merde de chien et s’étala de tout son long. Pour une raison inconnue de tous il avait à la main un énorme poignard sur lequel, dans sa chute malencontreuse, il s’empala. L’homme ignorait sans doute la chanson que le poète anglais Kevin Ayers interpréta jadis à l’Elysée Montmartre :

" La ville de Paris est très belle
Champs-Elysées, Tour Eiffel
Mais sur les trottoirs de Paris
Y’a quelque chose de pas joli :
Caca, caca, partout caca ! "

Une demi-heure plus tard, la Bastille était prise. La populace hurlait : « Libérez nos camarades ! » mais il s’avéra qu’à l’exception d’un aristocrate enfermé là en raison de ses écrits licencieux, lequel ne désira même pas sortir de sa cellule, la prison était vide d’occupants.
- Tout ça pour ça ? se demanda le peuple. Et pour que l’on construise ici un opéra très moche ? Non merci !
Et ils retournèrent tous prendre la diligence de 8 h 47 pour Domrémy. Là-bas ils s’y firent engager comme bouchers-dépeceurs dans la fabrique de gigots de moutons de la famille Darc.

Une demi-heure plus tard, l’empereur avait pris sa décision. Plus question de se faire sacrer ni d’enquiquiner les mômes avec cette idée folle d’inventer l’école. Il se planta des fleurs dans la barbe et partit élever des chèvres au Larzac. Peu lui importait désormais d’unifier l’Europe des Goths, des Wisigoths, des Ostrogoths et des ophtalmos joueurs de go. « Bien entendu, se justifia-t-il, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l'Europe !", "l'Europe !", "l'Europe !", mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Et puis d’ailleurs, cabri, c’est fini ! ».

Une demi-heure plus tard, l’archiduc décida subrepticement d’annuler sa visite à Sarajevo et de venir chez moi pour fêter mon anniversaire.

Une demi-heure plus tard je tournai la dernière page de mon livre d’"Histoire de la France parallèle et par Toutatis". Je songeai que si j’en recopiais quelques passages piochés de ci de là, mon Défi du samedi serait vite écrit. Cela aurait pu sembler malhonnête mais j’eus l’idée d’entreprendre des recherches.

 

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Une demi-heure plus tard, j’étais complètement rassuré. J’avais découvert sur Internet qu’avec Gilles Debinche et Mick D. Bill, Toutatis était un autre de mes pseudonymes ! L’honneur était sauf.

Une demi-heure plus tard le royal carrosse s’enlisait dans la vase à Soissons. Pendant le désembourbonnage, un dénommé Clovis Trouille identifia une des passagères comme étant la reine Marie-Antoinette. Ce n’était pas malin non plus, en ces temps de disette, de s’empiffrer goulument de brioche sous le nez et la barbe des prolétaires.

 

Adieux de Fontainebleau

Une demi-heure plus tard, on annonça que tous les vols à destination de Sainte-Hélène étaient annulés. L’Empereur tenta alors d’échapper à ses gardiens. Il y laissa sa chemise mais parvint à s’enfuir et à regagner Fontainebleau.

Une demi-heure plus tard, Laure Manaudou exultait encore. C’est qu’on n’arrête pas aussi facilement qu’on ne le croit un orgasme familial et olympique.

Une demi-heure plus tard, le canard était toujours vivant.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 381 à partir de cette consigne

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13 décembre 2015

EXPERIENCE

Il a suffi d’un seul regard pour qu’il comprenne et qu’il se dise :
« Cette souris est pour moi ! ».

Il a lissé ses moustaches, s’est approché de la table où elle trônait, traversant le halo des projecteurs dirigés vers l’orchestre.

Tout le monde a remarqué son complet gris bien coupé, son élégance naturelle, même elle, surtout elle, mais elle n’a pas laissé paraître le moindre signe d’émotion.

Elle était vêtue de fourrure blanche et cependant, il n’y avait rien d’affriolant ni de trop ostensiblement luxueux dans sa parure.
Personne n’aurait pu penser, en l’observant, que ce regard échangé entre eux avait fait naître chez elle, en écho, cette réflexion un poil scélérate : « Toi, toi, mon toi ! Si je te prends dans les mailles de mon filet, tu seras mon lion superbe et généreux mais tu ne m’échapperas pas ! »

Quand l’orchestre a entamé un tango, aucun des deux n’a pu ronger son frein plus longtemps. Il s’est approché encore plus, elle s’est levée, ils sont tombés dans les bras l’un de l’autre, ils ont dansé, presque immobiles, et dans le laboratoire silencieux, les chercheurs ébahis n’en sont pas revenus : l’expérience avait réussi !  

Ecrit pour le Défi du samedi n° 380 à partir de cette consigne

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28 novembre 2015

MAUVAIS APÔTRE (1)

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Ô, ne laissez jamais aux autres
Le soin de conter le voyage !

Ils sont restés, mauvais apôtres,
Jaloux, pâles, sur le rivage.

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A vous d’écrire tous ces riens,
Ces aventures d’aujourd’hui,
La prose du Transsibérien…
Ce train, sait-on qui le conduit ?

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Où croiser l’âme de Pouchkine ?
Où a disparu Leningrad ?

On est au pays de Poutine,
On va en prendre plein son grade :

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Tintin au pays des soviets !
Où chercher sans trouver d’écho,
Photo sortie de sa serviette,
Nathalie qu’a chantée Bécaud ?

MAUVAIS APÔTRE (2)

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On a beau lire cyrillique
C’est le pays des étrangères.

Avant de croire à l’idyllique
Il faut déblayer les congères : 

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 Tout est blanc de neige et d’oubli
Du voile jeté par-dessus.

L’ordre est à peine rétabli
Qu’on te vole ton pardessus !

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Sur les anneaux d’or d’une chaîne 
Le chat – kochka – marche en dormant.

Il fait trois fois le tour du chêne,
Dédaigneux de tous les amants.


MAUVAIS APÔTRE (3)

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Il conte l’ondine, la plaine,
Il chante les mille chemins
Qu’éclairera la lune pleine,
Où danseront tous les sylvains.

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Avant d’attraper la migraine
On cessera son odyssée.
Qu’irions-nous chercher en Ukraine ?
Toutes les nations sont blessées.

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On a couru la prétentaine,
On a cueilli des catastrophes,
Rencontré le croquemitaine,
Rédigé mille et une strophes…

MAUVAIS APÔTRE (4)

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Ô ne laisse jamais aux autres
Le soin de juger ton voyage :
Ces aventures sont les nôtres
Et tant pis si c’est un naufrage,

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Nul n’est obligé d’être Ulysse,
Nul à la perfection tenu.

S’il faut un rapport de police
Disons que tout est advenu ;

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Les uns ont salué l’Oural,
Les autres ont fait l’imagerie,
Il n’y a plus de mer d’Aral,
Il y eut bien des saloperies.

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Mais je ne dirai pas aux autres
La route aux milliers de virages :

Je suis resté, mauvais apôtre,
A versifier sur le rivage.

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 10 novembre 2015 d'après la consigne suivante :

- Ecoutez ce reportage  d'Antoine Lalanne Desmet : portrait nocturne ;
- Lisez un ou deux poèmes de Pouchkine :

  - Prologue de Rouslan et Loudmila 
  - Je vous aimais...

- Ecrivez à partir ou dans l'ambiance de cela un texte qui parle de voyage à l'étranger, de rapport avec une langue étrangère.

P.S. Le poème qu'on entend dans le reportage est ici :
http://milema.canalblog.com/archives/2012/02/07/23462349.html

On l'entend, en russe, complet, ici :
https://www.youtube.com/watch?v=Nh9kDp4arh4

22 novembre 2015

LE DERNIER BOTTETRAIN DE PARIS

C’est une idée qui nous bottait depuis longtemps : aller à la rencontre des petits commerces du temps jadis, entrer dans les bistrots qui affichaient autrefois sur leur devanture « Ici on peut apporter son manger », visiter l’échoppe d’un réparateur de machine à écrire à boule, etc.

Le hasard a fait que, ayant à faire rue de la Pompe, nous sommes passés devant le magasin de M . Jeannot. Les volets de la boutique ont déjà de quoi vous attirer l’œil : semblables à un tableau du peintre belge René Magritte, ils représentent les sabots d’Hélène, les bottes de sept lieues du petit Poucet, la pantoufle de vair de Cendrillon, les souliers de satin de Paul Claudel, le dernier des mocassins Mohicans, la godasse de Samuel en attendant Bécaud, les escarpins d’Iznogoud le fourbe qui rit, les chaussons d’Ernest, les Tatanes que Titine cherche après et d’autres chaussures d’elles-mêmes comme les mules du pape qui signifient qu’on vous attend de pied ferme ici.

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, M. Jeannot ne s’occupe pas de chausser les petits petons de Valentine, d’habiller le talon d’Achille ou de soigner les chevilles des personnalités qui enflent. Il faut entrer dans sa boutique et admirer son impressionnante collection de… fessiers princiers !

Car avant que la jet-set ne se délocalise au Pôle Sud, M. Jeannot a tiré le portrait de ces fesses de faces de cul-pincé. Moulés dans une résine synthétique souple, ils sont offerts, moyennant un léger financement, à votre roturière et pédestre vindicte. Comment ça marche, le bottetrain ? C’est simple ! Vous choisissez le séant de la personnalité que vous détestez le plus, vous chaussez le bottetrain – une ranger de pointure 78 – et vous vous défoulez en défonçant le postérieur de l’empaffé(e) notoire que vous avez choisi(e). Une variante consiste à envoyer votre pied dans le derrière en fichant le projectile dans une carabine Lebel de Cadix rebaptisée "fusil à pompe Mariano".

Nous avons testé la chose : cela fait beaucoup de bien. Avant de vous inviter à faire de même, nous laisserons le mot de la fin à M. Jeannot que nous avons interviewé :

- C’est, forcément, logiquement, une affaire qui marche, qui a marché et marchera toujours. Sans cette industrie qui est la mienne, la société ne peut pas avancer. Nous exerçons un rôle tout à fait positif, prépondérant et j’oserai l’affirmer, fondamental dans la marche en avant du progrès. C’est d’ailleurs ce que dit depuis des siècles la devise de notre famille : « Il ya des coups de pieds au cul qui se perdent ? Venez chez nous les retrouver ! ».

Pour prendre votre panard, une seule adresse : « Au coup de pied dans le cul », rue de la Pompe à Paris.

Plonk 01 Bottetrain

 Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 novembre 2015 à partir de cette consigne :

Vous êtes correspondant du journal Ouest-France, grand reporter au Monde, journaliste à FR3… On vous a chargé d’assurer les reportages suivants pour la prochaine édition du journal :

  • Le premier congrès de l’association française d’apiculture à Nantes. Mme Adèle Petitpot est élue reine danseuse présidente à v
  • Les petits commerces du temps jadis : la boutique de monsieur Jeannot, le dernier bottetrain de Paris

Ils seront illustrés par une image de Plonk et Replonk.

LE CONGRES DE LA SOCIETE FRANÇAISE D’APICULTURE


Ce week-end, la ville de Nantes était en effervescence. Une foule vibrionnante se pressait dans la cour du musée-château. C’est là en effet qu’avait lieu le premier congrès de l’Association française d’apiculture. Rappelons à nos lecteurs des villes et à Najat Vallaud-Belkacem que le mot « apiculture » vient du latin « apis » qui signifie « abeille ».

C’est M. Jean-Louis Bourdon, le président sortant qui a présenté le rapport moral : « Notre association a-t-il déclaré, se porte bien, surtout depuis que l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours a trouvé le moyen d’expulser en dehors de nos frontières le plus volumineux et le plus gourmand de nos prédateurs. Grâce à l’invention de M . Jeannot, le dernier bottetrain de Paris, tout ce qui ressemble à un plantigrade à oreilles rondes s’enfuit devant la chaussure de pointure 78 qui lui est balancée depuis un fusil Chassepot modèle 1866 amélioré.

M. Pierre Dumaya, le trésorier de l’association s’est réjoui quant à lui d’un exercice comptable particulièrement fructueux cette année. L’association a fait son miel d’un été à pluviométrie faible et à fleurissement maximum de la tombe de Jean-Louis Foulquier, membre honoraire, ancien animateur de l’émission « Pollen » sur France Inter.

Les rapports et le montant de l’adhésion ayant été adoptés à l’unanimité, on a procédé ensuite à l’élection du bureau et à celle du président. La compétition a été rude. Cela bourdonnait comme dans une ruche autour des urnes. On comprendra vite pourquoi quand on aura dit que le mandat de président est désormais décerné à vie

Mme Bee Bee Dridgewater, Mme Célimène Hoptère, Mme Christine Butine et Mme Zaza Lalvéole ont été largement battues par Madame Adèle Petitpot qui les a écrasées de sa superbe, de sa pot-pularité et de sa royale corpulence. C’est en effet elle qui a été confortablement élue reine danseuse présidente à vie de l’association.

Après l’allocution de remerciements de la lauréate le congrès a clos ses travaux en réaffirmant haut et fort la devise de l’association « You know what ? I’am Apiculteur » et l’on s’est séparé en chantant « Les abeilles » de Bourvil, une chanson pas piquée des hannetons.

Nous avons demandé à la statue de la duchesse Anne de Bretagne de nous donner son avis sur ce congrès qui avait lieu dans son ancienne demeure. La jeune femme, devenue SDF sur la petite place devant le pont-levis ne manque jamais de répondre à un micro-trottoir.

- Qu’est-c e qu’ils ont, où est-ce qu’ils vont, ces mectons ? Complètement zonzons ! Il y en a qui voulaient rentrer chez eux à dos d’éléphant, d’autres qui ont demandé à visiter la galerie des machines et ceux qui étaient venus de loin sont allés prendre dard-dard l’avion à Notre dame des landes alors qu’il n’y a et n’y aura jamais d’aéroport là-bas ! Mais je n’ai pas tout perdu dans l’histoire : la reine-danseuse présidente, dans l’émotion de sa victoire en a laissé tomber son baladeur MP3. Depuis j’écoute en boucle son album préféré.
- C’est quoi ?
- Abeille road, des Bee-tles.

Plonk 02 Adèle Petitpot

LES DIAMANTS SONT ETERNELS

Si j’eusse été moins pudibonde
Je serais devenue James Bond
Girl.

C’est que je suis pas mal gironde !
J’aurais pu le séduire, James Bond,
Man !

Je n' suis pas de cell's qu’on lutine
A l’arrière de l’Aston Martin,
Stop !

Même si j’ai, là où il le faut,
Toutes les rotond
Ités qu’il faut
(J’ai même, peu de gens le savent
Une voix délicieus’ment suave
Et des fesses bien rebond
Ies)
Je me méfie des arnaqueurs
Et je ne joue pas au docteur,
No !

Et pourtant j’aime le danger,
Le mensonge, la comédie,
La cruauté, la perfidie
Et lorsque je suis investie
Je peux jouer les travesti(e)s.

Si je n’étais pas obligée
D’amuser autant la galerie,
De l’Ob ou de l’Iénisséi
J’aurais envoyé moi aussi
Quelques bons baisers de Russie
A ce vieux zéro zéro sept
Dont les actions s’barrent en sucette
A l’anis
Depuis que le mur est tombé.

Je suis royale au casino,
Je fais craquer la Lune à Brno
Je suis adorée de tout le monde !

Il peut venir le gars james Bond
Se mesurer à ma faconde
Car si cet homme est un fortiche
Il est avant tout un British :
Il est rare que je m’entiche
De tels bravaches
Vache-
Ment mach
os
Je les fais cuire en gaspacho !

Je préfère l’homme aux doigts d’or
Qui m’a peinte brune quand j’étais blonde,
Qui m’a transformée en trésor
Qu’on admire partout à la ronde
"Dans tous les coins de la mappemonde"

Aussi j’envoie paître James Bond !
Qu’il s’en aille aux îles de la Sonde
Aux Seychelles ou à Ibiza !

Ma gloire n’est pas moribonde
Je suis plus célèbre que lui :
La meilleure espionne d’Italie !

Mon nom de code ?
"Mona Lisa"
On m’appelle aussi "La Joconde" !

2015 11 21 Bons_baisers_de_Russie de l'agent Mona Lisa


Ecrit hors délais pour le Défi du samedi n° 377 d'après cette consigne

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