17 novembre 2018

MILLE FANFRELUCHES !


 - OK, je ne suis pas un orfèvre, comme disait Henri-Georges Clouzot, mais pour pouvoir porter pareilles fanfreluches il faut appartenir à un certain genre de greluche : une nature un peu riche, pas moche, avec un tralala de derrière les fagots, genre Suzy Delair. Jolie paire de loches et de miches, bouche en cul de poule et elle-même poule de luxe à vous en boucher plus d’un coin tant elle est fraîche et franche quand elle guinche ou aguiche. Elevée par des Apaches à soulever l’artiche d’un vieil aristoloche à brioche et postiches. Le contraire d’une godiche, une pouliche qui s’affiche et dit « chiche » et se pourlèche dès qu’il s’agit de bamboche et de vous faire les poches. Le genre de Miss Fischer, chapeau cloche et belle broche qui flaire les anicroches avec sa tête de pioche, qu’en a dans la caboche, qui jamais ne trébuche et approche sans embûche de l’anguille sous la roche. Le genre pas pressé d’avoir une belle-doche ou d’élever des mioches. Guêpière et longs jupons, patchouli Chinchilla, bas résilles et boa, truc en plumes à la Zizi Jeanmaire. Qui pourrait correspondre à ça dans l’agenda du notaire à cravate qu’on a retrouvé noyé dans le Rhône ?

- Il se rendait tous les mercredis place Bellecour à Lyon, commissaire ! Chez une horizontale pour une heure de débauche. Genre « taloches, cravache, tu m’attaches pour que je m’amourache. S.M. moi non plus ! Sacher Masoch plein la sacoche ! »

- Le nom de la pimbêche, inspecteur Coluche ?

- Une nommée Amélie Méluche.

- Allez on se dépêche ! Avec un peu de chance on la pêche dans sa crèche. Mandat de perquisition, menottes et tout le toutime. Gyrophare et fourgon. Direction Lugdunum, nom d’un petit bonhomme !

Après tout va très vite. La bignole, une vieille chouette chevêche (pie grièche ?) qui pitanche, est revêche et nous fait la tronche. Elle ouvre l’appartement car on a carte blanche et surtout bleu blanc rouge. Amélie Méluche a fait ses valoches. Dans le tiroir du bas on trouve le bas résille, frère jumeau de celui avec lequel, tout étranglé, le notaire passa l’arme à gauche. Mandat d’arrêt, portrait-robot de la petite biche, police des gares et des frontières. De plumes d’autruche à billet pour l’Autriche, il y si peu de lettres à changer ! Ca s’agite comme dans une ruche, de Perrache jusqu’à Pantruche

- Trop fastoche, cette affaire ! se dit le commissaire. Pourquoi ai-je l’impression, mille fanfreluches, nom d’un Caldoche, qu’on me prend pour un fantoche ? Qu’on me fait des niches ? Que l’on m’emmanche ?

La réponse est ici (et ce depuis dimanche !).


Ecrit pour le Défi du samedi n° 533 d'après cette consigne : Fanfreluche

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16 novembre 2018

HENRI L’ENCHANTEUR

- Quel chantier ! Mais quel chantier ! On ne vous apprend donc pas à ranger vos établis à l’école d’archi ?

- Mais enfin, Papa ! Nous ne sommes que deux sur le marché et je suis ton apprenti ! Mon école d’architecture, c’est toi !

C’est vrai. Il a raison, Augustin, mais son projet de fabriquer un homme d’un seul coup d’un seul en assemblant des viscères, des poils, des cartilages, des os, des ongles, des fils, des tuyaux et en y mettant de la flotte partout ça fiche un de ces souks dans notre atelier que je n’ai jamais vu ça auparavant !

IL 2018 05 12 Xenakis Freud

Bon, avec tout ça, vous ne savez même pas qui je suis ! Je me présente : je m’appelle Henri. Henri Dieu. Je suis le grand-père.

Dans la famille Dieu vous connaissez Dieu le père et Dieu le fils. Le grand-père c’est comme Madame Freud chez Françoise Xénakis, on l’oublie toujours !

C’est vrai aussi que je suis un vieux râleur et que je ne comprends rien à son « nouveau monde » dont Il se gargarise à longueur de journées. J’en ai créé autant que Lui des univers et je ne la ramène pas à tout bout de champ – ou de chant ! Je ne vois pas pourquoi Il attache autant d’importance à celui-là ni pourquoi Il est si pressé de donner naissance à l’Homme – avec un grand H, s’il vous plaît ! Mais pour qui ils se prennent, tous ces jeunots !

- Tu jetterais une poignée de pifises dans une bassine de flotte, ça irait tout aussi vite !

- Mais ça prendrait des millions d’années avant d’aboutir, Papa ! 

IL 2018 05 12 Pifises

- Et alors on a l’éternité devant nous, non ? La bonne vieille cellule toute simple avec son noyau, le hasard, la nécessité, la scissiparité, les précipités, les interactions, le secouage d’éprouvette et l’agitation des cristaux du kaléidoscope, le lancer de dés, je ne connais que ça. Faut pas sortir de Saint-Cyr, non plus, pour manier l’atome at home ! Regarde-moi le chantier que t’as étalé dans l’atelier pour assembler ton puzzle. L’Homme, avec un grand H ! A quoi ça rime, j’te d’mande un peu ! Et il va carburer à quoi ton bonhomme ? Au diesel ? A l’électrique ? Quoi ? Qu’est-ce que t’as dit ? Manger les fruits des arbres et chier des crottes par-derrière lui ? Mais c’est n’importe quoi, ce système ! Un truc de ouf ! Je te laisse sept jours pour finir cet univers-là et après du balai, fiston ! Si t’as pas terminé tu prends le statut d’autoentrepreneur ! Je sais qu’il faut bien que genèse se passe mais quand même, tu charries. Et d’abord qu’est-ce que t’as prévu pour la reproduction de ton modèle ?

- Rien. C’est immortel pour l’instant. Aucune obsolescence programmée.

- Rien ? Immortel ? Mais t’es fou, toi ! Attends j’ai un truc sympa qui traîne dans un de mes tiroirs. C’est pas compliqué, je vais t’expliquer !

Mais le temps que je cherche mon petit zinzin Il était déjà reparti assembler ses humérus, radius, et cubitus et autres gros mots en us.

***

Finalement Il a réussi à tenir les délais, l’enfoiré ! Il me l’a présenté son robonobo en meccano : un singe qui aurait aimé les livres s’Il avait pensé aussi à inventer l’imprimerie mais ce n’était pas encore l’heure et Augustin lui avait interdit d’en apprendre trop à son proto-type. Adam, qu’Il l’avait appelé, son bébé ! Tu parles d’un blase !

- T’as droit au Paradis sur Terre, aux RTT et à Koh Lanta sur toute la planète mais tu ne ramènes pas ta science toutes les cinq minutes, OK ? » qu’il a dit à son joujou. Le mec a pas moufté

Là-dessus Augustin a nettoyé l’atelier de fond en comble. Terminé le chantier ! Tout resplendit à nouveau. Je peux tirer des plans sur la comète en bricolant à l’ancienne. J’ai juste retrouvé une côte surnuméraire dans un coin. Comme je trouve toujours dommage de gâcher la marchandise je l’ai mise à tremper dans une bassine de pifises.

Et là d’un seul coup d’un seul, il s’est passé un truc miraculeux. Ca a moussé, moussé, moussé et le pendant féminin d’Adam est sorti de la flotte.

- Bonjour ! Je m’appelle Eve. Je suis la Femme ! a-t-elle dit, pas intimidée pour deux ronds.

Elle était très sympa. J’ai discuté le coup avec elle et je n’ai pas résisté au plaisir de faire une farce à Augustin. J’ai expliqué à la jeune femme le truc de la reproduction et le tabou de l’arbre de la connaissance. Ça l’a bien branchée. Je l’ai déposée sur la Terre, dans le nouveau monde, pas très loin de l’endroit où Adam traversait une rue pour aller tailler un bouleau et se fabriquer un hamac.

Je crois que je vais bien rigoler ! Normal ! Je suis Dieu le grand-père, Henri, le rigolo de la famille et, finalement, moi aussi j’aime bien foutre le chantier ! Surtout chez les autres !

 
Ecrit pour les Impromptus littéraires du 12 novembre 2018 d'après cette consigne

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14 novembre 2018

LE CALENDRIER PERPÉTUEL : DÉCEMBRE

1er décembre : Sainte Florence

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Sainte Florence a vécu à Firenze en Italie de 163 à 200 après Jésus-Christ.
Elle vendait aux touristes de passage sur le vieux pont au-dessus de l’Arno des reproductions en plâtre réalisées par elle-même du vieux pont au-dessus de l’Arno.

Le vieux pont au-dessus de l’Arno était déjà à l’époque couvert d’échoppes pittoresques et les vieux ponts de Firenze sculptés par Florence étaient sculptés de manière si minutieuse que l’acheteur trouvait parfois sa reproduction en miniature sous forme d’un acheteur achetant un souvenir devant l’éventaire sculpté de Dame Florence sur le vieux pont de Firenze.

Cette mise en abyme déplut fortement au potentat local qui détestait qu’on lui parlât avec des mots dont il ignorait l’orthographe. Pour la peine il fit couper les doigts de la main droite de la petite artiste.

De ce fait Sainte-Florence est devenue la patronne des donneuses de leçons de piano, ce dont Jane Campion s’est souvenue pour obtenir la Palme d’or au Festival de Cannes il y a longtemps déjà (1993).

Sainte Florence a été canonisée à Navarone en 1943.

Le dicton du jour : «A la sainte-Florence, si tu n’as pas de frigo et si ton beurre n’est pas rance, c’est que l’hiver est en avance».


4 décembre : Sainte-Barbara

Sainte-Barbara a vécu à Nantes de 163 à 200 après Jésus-Christ.

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Elle vendait aux touristes de passage et aux autochtones du coin, dont Jean-Louis Jossic, un des chanteurs des Tri Yann, des parapluies téléscopiques. Elle avait son échoppe dans cette rue de Nantes où il y avait déjà le restaurant « Un amour de pomme de terre » et où je ne vais plus depuis qu’ils ont retiré du menu la planche ch’ti avec le Maroilles fondu par-dessus des patates.

Si elle vendait des parapluies, c’est qu’il pleuvait déjà beaucoup sur Nantes à l’époque. La jeune et jolie Barbara attirait d’ailleurs l’attention du chaland qui passait en lançant à tout venant de sa jolie voix « Il pleut sur Nantes ».

Elle eut maille à partir un jour avec un marin qui prétendait l’avoir connue rue de Siam à Brest. C’était aussi un jour de pluie – Mais si, rappelle-toi, Barbara ! – et le marin lui avait acheté, pour son capitaine, un parapluie auquel il s’avéra qu’il manquait une baleine. Le lendemain l’équipage était parti en mer pour aller en pêcher une. A cause de ce parapluie défectueux, le capitaine, un dénommé Achab, avait eu un gros pépin, il y avait laissé une canne et n’avait pu décrocher la palme d’or au festival de cinéma de l’île de Groix. On lui avait juste décerné le raton laveur d’honneur, ce qui lui avait fait une belle jambe.

Lassée d’avoir affaire à de tels scaphandriers d’eau de vaisselle, Barbara se reconvertit dans la fabrication et la vente de lingerie féminine.

Sainte-Barbara a été canonisée dans l’île de Beauté en 1962.

Le dicton du jour : « A la Sainte-Barbara, si tu ne te rappelles pas, c’est que tu as oublié. »


26 décembre : Saint-Etienne

Saint-Etienne a vécu dans la patrie de Bernard Lavilliers de 163 à 200 après Jésus-Christ.

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Il vendait des chaudrons et des boucliers arvernes aux touristes de passage, surtout à un petit Gaulois blond et irascible et à son copain juste un peu enveloppé.

C’est dans un de ces chaudrons que le peintre italien Véronèse a confectionné la couleur verte qui a fait sa célébrité. « Allez ! Lé vert ! Allez ! Lé vert !! » hurlait-il en brandissant son pinceau et son enthousiasme au-dessus de sa tête, les deux bras levés.

Photo de Dominique Rocheteau empruntée à L'Equipe

Avant d’être canonisé lors d’un pénalty au parc des Princes en 1976, Etienne a terminé sa vie en se prenant un coup de boule de Bernard Lavilliers lors d’une baston à la sortie du bal des Hauts-fourneaux en 200 après Jésus-Christ.

Le dicton du jour : « A la saint-Etienne, Etienne, Etienne, tiens le bien sinon Guesch pâtit !

Etienne est le saint patron des alcooliques misogynes qui ne manquent jamais d’entonner « A la tienne Etienne, à la tienne mon vieux » lorsqu’ils trinquent.


15 décembre : Sainte Ninon

Le dicton du jour : « A la Sainte Ninon tu ne dois dire ni « kiwi » ni « Ninon » sinon t’as perdu ! »

 

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Sainte-Ninon a vécu à Domrémy de 163 à 1431 après Jésus-Christ qui lui a vécu ailleurs à partir de 33 ou 34 avant Jésus-Christ, c’est compliqué.

La jeune et jolie Ninon gardait ses moutons dans l’enclos à eux réservé de la ferme parentale.

Le 12 mai 1431, lorsqu’elle vint s’asseoir à table pour le repas du soir, elle annonça à ses vieux qu’elle avait entendu des voix célestes et qu’elle allait s’engager dans l’armée pour bouter les Anglois hors de France.

Les parents comprirent qu’elle était tombée victime de la maladie de la brebis folle et qu’il allait falloir l’abattre avec tout le troupeau. Ce qui fut dit fut fait.

Elle fut canonisée par erreur et par Saint-Etienne qui, encore une fois ivre ce jour-là, l’avait confondue avec Sainte Jeanne d’Arc.

Sainte-Ninon est la patronne des gens dont l’Histoire oublie toujours le nom : le soldat inconnu, le coureur de Marathon, le fier Sicambre qui courbe la tête à Soissons pour se retrouver dans la vase une fois que Clovis lui a assené un coup de sa francisque, toi, moi, vous, nous.

Sauf que nous on n’en meurt pas de ne pas être aussi célèbre que le kiwi qui rapporte vingt deux points minimum au scrabble.

Ah zut ! J’ai écrit « kiwi » j’ai donc perdu !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 13 novembre 2018
à partir de la consigne ci-dessous

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11 novembre 2018

MISS FANFRELUCHE EST DE RETOUR

Lakévio 129

Elle ne va pas le prendre longtemps, le soleil, la poule de luxe en rouge du quatrième, sur son balcon de la place Bellecour, dans cet immeuble où je ne suis que la concierge. Peut-être bien même que d’ici peu elle va se retrouver à l’ombre ! En tout cas, pas la peine qu’elle attende son amant du mercredi, le notaire à cravate de Grenoble. Il ne viendra plus.

Moi aussi j’ai eu mon heure de gloire et tous les regards se tournaient vers moi dans ma jeunesse ; avec mon tralala, mon truc en plumes, ma guêpière et mes longs jupons, en casquette et boutons dorés, j’étais une étoile des Folies-Bergères. Je caracolais comme un cheval sauvage, j’affolais tous les Vénitiens du Lido. On m’avait nommée Miss Fanfreluche à cause de mes tenues de scène affriolantes et de mes cavalcades effrénées.

Et puis, hélas pour moi, j’ai rencontré mon Julot. Il se prétendait étudiant en droit mais c’était surtout à l’époque un dévoyé, un voyou. L’ai-je bien descendu le grand escalier ? Oui, jusqu’au trottoir où il m’a mise avant de disparaître dans la nature, fortune faite grâce à mes charmes.

Moi j’y suis restée sur le trottoir. Je le balaie tous les jours et l’escalier, si je le remonte c’est pour le nettoyer. Mais demain, cette vie-là sera terminée. En rentrant de chez le notaire j’ai mis le feu à tous ces souvenirs d’autrefois que j’avais conservés dans une malle au grenier. Je n’ai conservé qu’un bas résille. Je suis allé le déposer, en son absence, dans le tiroir d’une commode chez la poule de luxe du quatrième. C'est bien pratique parfois d'avoir les clés des appartements de tout l'immeuble !

Je laisserai l’affaire se tasser puis avec le magot que j’ai amassé chez Jules après lui avoir fait payer chèrement son inconduite d’autrefois, je partirai. Personne ne pourra jamais soupçonner la bignole lyonnaise disgracieuse que je suis devenue de porter ou d’avoir porté ces érotiques fanfreluches, ces colifichets de luxe.

Ce sera à nouveau la belle vie. Je pourrai afficher – symboliquement bien sûr – sur ma nouvelle loge virtuelle : la concierge est dans l’escapade !

lakévio 129 dauphiné adapté

Ecrit pour le jeu de Lakévio n° 129 d'après cette consigne.

Notons que ce texte répond aussi à la consigne des Impromptus littéraires du 22 octobre 2018

et pourrait très bien servir aussi au Défi du samedi n° 533 dont la consigne est Fanfreluche !!

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10 novembre 2018

J'ENTENDS DES VOIX !

Lakévio 128 Norman Rockwell 121717782- Mon anacoluthe !

- Mon bachi-bouzouk !

- Ma bayadère de carnaval !

- Mon amiral de bateau-lavoir !

- Mon anthracite !

- Mon anthropopithèque !

- Ma bombe atomique  !

- Mon brontosaure !

- Ma bougresse de Papoue des Carpathes !

- Mon bulldozer à réaction !

- Ma calembredaine !

- Mon cigare volant !

- Ma cannibale emplumée !

- Mon cataplasme !

- Ma catachrèse !

- Mon clysopompe !

- Ma coloquinte à la graisse de hérisson ! 

- Mon concentré de moule à gaufre !

- Ma cornemuse !

- Mon coupe-jarret !

- Mon cyclone ambulant !

- Mon Cyrano à quatre pattes !

- Ma diablesse !

- Mon doryphore !

- Mon ectoplasme à roulettes !

- Mon écornifleur !

- Ma fatma de Prisunic !

- Mon forban !

- Ma grenouille !

- Mon gyroscope !

- Mon hérétique !

- Mon hydrocarbure !

- Mon logarithme !

- Mon loup-garou à la graisse de renoncule de mille tonnerres de Brest !

- Ma marmotte mal réveillée !

- Mon mérinos mal peigné !

- Mon moussaillon de malheur !

- Mon marin d’eau douce !

- Ma nyctalope !

- Mon ophicléide !

- Ma péronnelle !

- Mon phlébotome !

- Ma petite tigresse !

- Mon Polichinelle !

- Ma polygraphe à chapeau branque !

- Mon porc-épic mal embouché !

- Ma pyromane !

- Mon Ravachol !

- Mon sapajou d’amour !

- Mon simili-Martien à la graisse de cabestan !

- Mon vampire !

- Ma vieille baderne !

- Ma vieille perruche bavarde !

- Mon vivisectionniste !

- Ma Zapotèque ! 

- Mon zouave à la noix de coco ! Si tu savais comme je t’aime !

- Et moi donc !

- Quel dommage que nous n’existions pas…

-… et que nous ne soyons qu’une émanation de Norman Rockwell, médium en transe…

- …napolitaine !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 532 d'après cette consigne : ectolasme

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09 novembre 2018

LA VIE EST UNE JUNGLE !

 

Il 2018 11 05 le singe qui aimait les livres

- Un singe qui lit ? Pourquoi pas un Jean-Claude qui lit, pendant que tu y es ? Je n’y crois pas une minute à tes faribonoboles, Jane ! Voilà encore un beau bonobobard de bonobobo d’aujourd’hui ! De la défèque news à tous les étages ! Et qu’est-ce qu’il lirait, ton singe qui aime les livres ? Du Pierre Macaque-Orlan ? Du Romain Gorille ? Le Livre de la jungle de Kipling ? Un singe en hiver ? Ouistitikend à Zuydcotte ? Le sapajournal de Jules Renard ?Les Chimpanzés de Pascal ? Parole de Tarzan, tu lis trop l’Echo des savanes, Jane !

- Ils lisent le code de la route de Jean-Jacques Rousseau !


- Le code de la route de Jean-Jacques Rousseau ! Mais c’est la fin de tout, Jane ! C’est l’apocalysse, Carpentier !


- Tiens regarde toi-même, il y a des extraits :

Code de la jungle complet


- Grotesque ! Simiesque ! Un code de la route ! Pourquoi pas une constitution et un code civil pendant qu’on y est ?! Pourquoi pas une planète rien que pour eux ?! Partis comme ils sont tu vas voir qu’ils vont nous inventer des taxes sur le gazole et des impôts sur les gazelles ! Tiens je préfère aller bosser du dos que d’en entendre davantage !

Tarzan descendit de l’arbre, monta dans sa Jaguar qu’il avait garée le long du trottoir. Il vérifia qu’il avait bien son coutelas attaché à son pagne. Il était d’humeur à descendre du singe mais il se retint. Il fit vrombir le moteur et partit en trombe car il ne fallait pas qu’il rate la liane de 8 h 47 à la gare.


Au loin les pumas piaillaient dans ses betteraves *.


* Merci à Edgar Rice Burroughs et à Pierre Vassiliu pour les personnages.


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 5 novembre 2018
à partir de cette consigne

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07 novembre 2018

INJURES AD HOC POUR INCIVILITÉS STYLÉES

Ce serait faire injure à la Modération, celle avec qui l’on boit volontiers des coups ici et là, que d’accorder trop d’importance à la recrudescence des sacs à main qui volent dans les salles de cinéma. Il n’y a pas plus d’incivilités à Villejean qu’ailleurs. Certains itinérants mémoriels parisiens bien en cour ne laissent pas de traiter, par exemple, des gens honorables  d’"illettrés", de "Gaulois réfractaires" ou les invitent à traverser la rue pour venir les chercher.

La seule plaie notable par ici est la pauvreté du vocabulaire utilisé par les jeunes générations au moment d’insulter qui de droit et qui de gauche. Comme nous sommes des citoyen.ne.s résolument positi.fs.ves nous avons inventé à l’intention de nos jeunes invectiveurs, déscolarisés ou pas, le jeu des injures ad hoc. Grâce à la petite liste de recommandations du billet suivant, chacun.e peut se constituer son dictionnaire d’insultes personnelles et surtout puiser dans le nôtre !

AEV 1819-07 Haddock rempli JK

05 novembre 2018

IL N’Y A PAS D’AMOUR HEUREUX MAIS C’EST NOTRE AMOUR À TOUS DEUX

Lakévio 128 Norman Rockwell 121717782

- Mon grand chêne ! Mon bel amandier !

- Ma petite marguerite ! Mon myosotis ! Mon petit cheval dans le mauvais temps !

- Mon petit joueur de flûteau ! Mon croque-notes !

- Ma brave Margot ! Ma princesse !

- Mon mécréant d’amour ! Mon roi boiteux !

- Ma religieuse au chocolat ! Ma tempête dans un bénitier !

- Mon amoureux des bancs publics !

- Mon Hélène aux sabots crottés ! Ma nymphomane !

- Mon philistin ! Mon épicier ! Mon pornographe !

- Ma Lanturlurette !

- Mon Lanturlu !

- Rien à jeter chez toi, ma Pénélope chérie !

- Je bivouaque au pays de cocagne avec toi, mon Dom Juan fougueux !

- Ma Bécassine aux yeux pervenche !

- Mon Auvergnat ! Mon bricoleur ! Mon Trompe-la-mort !

- Mon revenant ! Mon fantôme !

- Mon vieux fossile ! Mon Moyenâgeux !

- Ma douce ancêtre ! Mon amour d’antan ! Ma grisette !

- Mon sale petit bonhomme ! Mon épave !

- Ma traîtresse ! Mon cauchemar ! Ma maîtresse d’école donneuse de fessée !

- Mon cocu préféré !

- Ma corne d’aurochs ! Ma dame du temps jadis en balade !

- Mon rat de cave ! Mon fossoyeur !

- Je sais, je sais, je suis un voyou mais… que je t’aime, que je t’aime, que je t’aime, Gabrielle, quand tu brosses mon épaule !

- M’enfin ?! Edmond ! Tu confonds !

- Quoi ? Ce n’est pas de Brassens, ça ?

- Ce n’est pas ça ! C’est que je ne m’appelle pas Gabrielle ou Charlotte ou Sarah ! Je suis Anna !

- C’est vrai, j’oubliais ! J’ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens plus très bien ! Bon, allons quand même la faire auprès de nos enfants, notre non-demande en mariage !

Ecrit pour le jeu de Lakévio n° 128 d'après cette consigne

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03 novembre 2018

VITE EXPÉDIÉ !

Le daguerréotype est un peu l’ancêtre du selfie. C’est un procédé primitif de capture d' images de vieilles badernes alors que le selfie est un procédé moderne de capture d’images de primitifs par eux-mêmes.

Le stéréotype n’a rien à voir avec la capture du son par les oreilles gauche et droite ni avec la monogamie. Celle-ci n’engendre pas forcément la monotonie - voyez donc Vegas et Germaine ! - alors que la polygamie provoque très souvent la polyphonie surtout en Corse. Pour monter gaiement au septième ciel, le meilleur moyen reste bien sûrle funnyculaire. Pour dormir sur vos deux oreilles, éloignez les coucous, surtout les Suisses. Ils ont tendance à sonner toutes les heures et à pondre en stéréo faux-nids chez les autres.

Quant à la linotype elle n’a pas de rapport avec le linoléum ni avec Lino Ventura. Elle aussi est assez âgée et n’imprime plus guère.

Il faudrait parler aussi du préfet Poubelle qui laissa son nom à une boîte à ordures alors qu’il était toujours propre sur lui et moralement irréprochable.

Donc ce monsieur Daguerre est l’inventeur d’un procédé photographique grâce auquel une image était captée sur une plaque d’argent polie. Aujourd'hui, l'argent, sonnant et trébuchant, jure pis qu'un charretier.

Janis et Daguerre ne sont pas des adverbes de temps. On ne peut pas écrire : « Janis, j’écoutais des 78 tours de Scott Joplin » ni « Daguerre on disait « oncques » pour parler de l’ancien temps ou pour saluer le frère de sa mère ou de son père ».

Par contre « Jadis et naguère » est le titre d’un recueil de poèmes de Paul Verlaine datant de 1884.

Mais même s’il s’intéressa à la photographie, je ne vais pas vous reparler de Rimbaud. Fabrice Luchini fait ça mieux que moi ! 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 531 à partir de cette consigne : daguerréotype

02 novembre 2018

DUCROS QU’ENJAMBENT DES QUESTIONS DANS SA QUÊTE DE PETITES HERBES

A quoi sert qu’on se décarcasse ?
Y’en a qui en fichent pas une secousse
Et qui sont quand même pleins aux as !
Qui viendra à notre rescousse ?

A quoi sert qu’on se décarcasse
En allant pêcher la rascasse
Jusque dans la mer des Sargasses
Où elles sont tout sauf maousses ?
Faut voir ce que le mousse amasse
En faisant commerce de gousses
De vanille et de pataugas !

A quoi sert qu’on se décarcasse ?
Pas la peine d’en faire des caisses
Car à la fin tout déliquesce :
Isidore va à la ducasse,
Paulette Merval à la kermesse,
Le monde pédale dans le couscous
Sans se soucier vraiment des masses
Qu’on n’pige rien au pataquès
Et qu’on ne trouve plus rien cocasse !

Il 2018 10 29 Merkès Merval

 

A quoi sert qu’on se décarcasse
Si, laissant Rhodes en rade,
Le colosse, de guerre lasse,
Las des liesses de la place des Lices,
Lui aussi s’casse
Et si Picasso laisse
Non signées ses esquisses
Chez le fourreur de coups foireux
Qui vend des kilts d’Ecosse
Et des chapkas en sconse ?

A quoi sert qu’on se décarcasse
Puisqu’à la fin tout le monde oublie
Marcel Merkès,
Le groupe Kiss,
Raymond Cousse,
Le commandant Marcos,
Et même Patricia Kaas ?

Il 2018 10 29 Raymond Cousse

A quoi sert qu’on se décarcassonne
Si l’on n’a même plus Perpignan sur rue ?

A quoi sert qu’on se décarcassonade
S’il n’y a plus que crêpes de deuil
Pour mettre dessous ?

A quoi sert qu’on se décarcassonade
Si elle fond dans le yaourt où tu pédales ?


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 29 octobre 2018

d'après cette consigne

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