13 juin 2018

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 42, Onomatopées

Miam Miam
Vraoum Kaï Kaï Kaï

Bêê Bêê Bêê Bêê Toc   Boum 
Couic  Crac 

Scratch  Shazam 
Zap  no zip 

Gloup 

Slurp  Hic Burp  Mmmh  
Ronron Rrr Zzz Zzz Zzz

 

Le dragon, affamé, s’approche du troupeau, envoie d’un coup de patte valser à cinquante pas le chien du paysan.

Les brebis affolées se jettent sur l’enclos mais le monstre a tôt fait de tordre le cou à l’une.

Sans même prendre le temps de la faire cuire – quel besoin d’un barbecue quand on crache soi-même des flammes ? – il l’engloutit

Puis il va se désaltérer dans le courant d’une onde pure, émet un rot sonore et se pose sous un arbre pour digérer tranquille en se tapant une petite sieste

Pouah  Aaargh  Aïe aïe aïe 
Bouh hou hou  Snif 

Tap  Tap  Tap  Drelin Drelin 
Smack  Smack  Groin  Groin
"Tagada Tagada  Toc Toc  Vlan
Patatras Sob"

 

Un peu plus tard le paysan découvre le carnage et se lamente en comprenant sa douleur.

Aussitôt il se rend chez Dame Christiane, la responsable locale de la FNSEA, lui claque deux bises car ils sont copains comme cochons et il l’enjoint de partir à cheval pour aller au château du roi Vlan lui dire le malheur qui leur tombe sur la gueule

Frou frou 
Fft Fft Pschitt pschitt
Vlan Whao 
Ah Ah Ah
Hou Beurk

Hue  Hiiiii  Tagada Tagada Cataclop Cataclop Toc toc Drelin drelin
Frou frou
Coucou Bla bla bla bla bla bla Vlan Bing Bling-Bling Oups Vlan Taratata Pouët Pouët Taïaut Taïaut
Smack Smack
Frou Frou

Dame Christiane va mettre la plus belle de ses robes de voyage, elle s’apprête, se parfume puis redescend. C’est que ce n’est pas rien de rendre visite au roi Vlan ! Autant ne pas se présenter devant lui avec des sabots de paysanne : les capitaines auraient vite fait de l’appeler « Vilaine »

Elle enfourche son cheval qui file au galop jusqu’aux portes du palais. Elle toque à la porte, tire la sonnette et après qu’on l’a introduite elle fait frissonner sa belle robe à traîne sur le carrelage de la salle du trône. Elle se présente, expose la situation et le roi ainsi que les courtisans sont assommés par la nouvelle. Le monarque lui annonce qu’il va battre le rappel des ses troupes et faire donner la cavalerie afin de chasser le monstre. Il lui claque deux bises sur les joues en signe de compassion et la syndicaliste prend congé en faisant froufrouter sa robe d’apparat.

 

Rantanplan Rantanplan Taratata Trutt Trutt Banzaï Youhou Rintintin
Floutch Coa Coa
Fissa fissa Ouste Pschitt Pschitt Piou Piou cataclop Cataclop
RTL Zou
Chpong 
Bzz Bzz Bzz

Zonzon

La roi a fait battre tambour et lancé le rappel de ses preux chevaliers. Il les exhorte à débarrasser le royaume de ce qui n’est au fond qu’un gros lézard à injection, un allume-gaz monté sur des cuisses de grenouilles. Mais ses seigneurs s’avèrent des lâches et vite fait bien fait ils replient leurs gaules, montent sur leurs grands chevaux et retournent de calfeutrer dans leur duché par amour du luxe en bourg. Le roi reste tout seul dans son palais. Dans le grand silence attristé on entendrait voler une mouche mais en fait ce n’est qu’un moustique.

Cui Cui Cui Cot Cot Kodak
Miam Slurp Mmmh
Ding Dong Ding Dong
Chabadabada Allô  Bla Bla Bla Vlan Snif
Boum Boum Cocorico
Heula !

Dans les tréfonds de la campagne sarthoise, pas très loin de l’endroit ou Dame Pénélope Fillon fabrique des confitures, Saint-Georges fait une retraite à l’abbaye de Solesmes. Quand soudain son téléphone portable sonne. C’est le roi Vlan, embarrassé, qui pleurniche au bout du fil pour bénéficier de ses services de décapiteur en chef de poulets aux usines agro-alimentaires LDC de Sablé-sur-Sarthe

Youpi Youp Olé Olé Vlan
Alleluia

Le roi Vlan est content (il faut bien que le corps exulte) : le justicier sarthois a accepté de lui venir en aide

Tic Tac 
Shazam 

Teuf teuf Tut Tut
Pouët Pouët Atchoum

Bing Bling Boing Boum Chtac Couic Crac Flac Flatch Floc Pan Pif Ploc Plop Pof Pouf Poum Schlac Scrotch Tac Toc Vlan Atchoum

Flac Floc Glou Ploc Pouf Pout Tip Vlouf Houla Aïe Aïe Aïe Badaboum Baoum Boum Pan Pataras Atchoum

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire Saint-Georges est là.

Il a fait la route sur son tracteur Massey-Ferguson et le voilà qui corne à la porte du dragon.

 Après moult estocades portées à la bête il sort victorieux de ce combat malgré un rhume des foins sérieux ramené de Solesmes ou l’été est parfois très sec



(Bon, c'est vrai, l'agonie du dragon dure une petit peu trop mais parfois j'aime bien tirer à la ligne  plutôt que de pointer à l'Agence Nationale de la Panne d'Ecriture !)

Smack Smack smack guili guili
Hi Hi Hi Ha Ho Hé Hmmm Miam Miam Youf Schlika Schlika Wham Wham Aaaarg Maman  Olé Olé Rhaa lovely Hmmm
Prout

Dans cette version-ci Saint Georges, en récompense, fricote grave avec la fille du roi. Je vous signale que ça fait quand même quarante et une fois qu’elle reste assise sur le banc des remplaçants à compter les points ! Et ce Saint-Georges, il a beau être dévot, il n’en est pas moins homme : il faut bien que le corps exulte. Et puis tant pis si ça ne vous plaît pas : j’écris tout qu’est-ce que je veux, d’abord, ici ! Na !

1718-32 Saint-Georges et le dragon (Münich) ouille

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 12 juin 2018
d'après la consigne ci-dessous


11 juin 2018

LE GENRE DE GARS AVEC LESQUELS IL FAUT COMPOSER, PARFOIS, J’TE JURE !

Lakévio 111 Harold Harvey - Lettre à Elise

Ma chère Elise

J’ai tellement tapé comme un sourd sur mon piano toute cette journée que je n’ai plus aucune énergie pour ce qui est de te proposer la bagatelle.

Elle est en la mineur, elle n’a pas de numéro d’opus et c’est la 59e de mes œuvres sans numéro. Woo ! Il y a de quoi perdre le Nord, n’est-il pas, si les œuvres sans numéro en ont quand même un !

J’aurais bien aimé que tu la lises, que tu la déchiffres, la joues, l’apprécies et que tu m’offres en remerciement une bise.

Mais le début pour toi n’est pas assez balèze aussi vais-je l’offrir à Thérèse.

Je ne pense pas que l’Histoire retiendra cette oeuvrette !

Ludwig Van B., peintre naïf.
 



Ecrit pour le jeu de Lakévio n° 111 à partir de cette consigne.

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09 juin 2018

TÊTE DE SÉRIE MYSTÉRIEUSEMENT ÉLIMINÉE A MELBOURNE !

A quatre pattes sur la moquette, je m’étais mis en quête de ma paire de chaussettes.

Houla le mal de tête ! Quelle tempête sur le faîte de mon crâne ! Mes aïeux, quelle casquette ! Tout tournoie ! Faut que j’arrête la piquette ! Pourtant je n’avais rien bu la veille. Juste un peu d’anisette. Et aussi plus bas, quel besoin de balles neuves, quelque part !

Quand je soulevai la couette tombée dans nos ébats de cette nuit de fête, je trouvai ma conquête dans une posture fort peu coquette. Sûr qu’elle avait une drôle de binette, toute violacée sur la moquette, étranglée qu’elle était avec les cordes d’une raquette. Finies les galipettes, ma minette !

Pas de doute, comme disait le maître de requêtes Samuel Beckett, il allait bien falloir que j’échappe à l’enquête.

Et tant pis si j’étais le principal suspect.

Ah non : y avait aussi cet aviateur français, Roland Garros, à qui Phryne balançait sans cesse «Roland, arrête, t’es bête ! ».

Et l’écrivain également, un nommé Dashiell Hammett, qui ne m’avait pas semblé très honnête quand il jouait à la roulette.

Tout partait en sucette ! Mauvaise pêche ! En levant Miss Fisher, cette drôle de midinette, j’avais fait une boulette et perdu le premier set !

Je remis mes baskets, ma liquette, ajustai le toutime et je pris la poudre d’escampette. Par la sortie de service, bien entendu ! Pas question que je tombe dans les filets du brigadier Collins et de l’inspecteur Robinson, ces enquêteurs à la noah !
 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 510 d'après cette consigne : Quête

N.B. : Si vous aimez ce genre de jazz, vous pouvez écouter la B.O. de ce feuilleton ici.
Autre chose : l'interprète de Miss Fisher s'appelle Essie Davis. ca vous la coupe non ?

07 juin 2018

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 41, STYLE EXPRESSÉMENT COQUIN

180521 Nikon 009

Il s’appelait Paul Ledragon mais on le surnommait Popaul. C’était un chemineau qui se faisait employer comme journalier ici ou là. Il n’était jamais le dernier à aller cueillir la pâquerette derrière un talus, à demander becquée à Vénus ou à s’enivrer de sa bouteille mais quand il allait en pantoufles par le chemin sec il se calmait, il regagnait les villes où ça sentait l’avoine, prêt à accepter tous les boulots comme on prend ce qui tombe de l’étagère.

Ce jour-là, le 20 octobre 1854, Popaul Ledragon était venu boire du ratafia au Pont de Neuilly. C’était une gargote qui s’appelait ainsi parce qu’elle était sise près du pont de Neuilly-sur-Marne. Dans la période précédente, Popaul avait vécu au clair de lune et il en était réduit, comme souvent, à se contenter du café du pauvre.

Il avait demandé à la patronne s’il y avait de l’embauche dans la région.

- Nous on cherche un plongeur, déjà !

- Un plongeur ? Dans la Marne ? Avec un scaphandre de poche ? Pour aller récupérer les noyés ?

- Non, mon gars ! Nous, c’est Albert Leroy et moi ! Et le plongeur c’est pour faire la vaisselle du restaurant !

Ledragon avait dit banco et il était devenu l’homme à tout faire du « Pont de Neuilly ». On ne le reconnaissait plus. Il faisait les cuivres façon grand hôtel ; en cuisine il décortiquait la crevette comme pas un ; il faisait la lessive d’Albert et mettait ses chaussettes à la fenêtre ; bref il sculptait l’atmosphère de manière telle que personne n’eût voulu en changer. Ainsi il donnait toute satisfaction et même plus vu qu’affinités avec la Zézette qui tortillait de la crinoline devant lui.

P 94 04 Sablé - Fête des écoles (26-06-94) + Montgolfières au Comice agricole 20 réduite

Comme il avait le nez tourné à la friandise il avait très vite senti que la patronne avait un frelon dans le module, qu’il existait en elle un trésor à faire étinceler. Il avait deviné qu’Albert, de ce côté-là, s’était endormi sur le rôti. Pour ce qui est de s’expédier chez Montgolfier, il y a des gens comme ça qui, avec un scoubidou de sous-officier de réserve, sont capables de devenir très rapidement des académiciens de la flanelle. Albert Leroy en était : sa petite musique de nuit était passée du B-dur au bémol et les seins de Zézette mouraient comme des melons.

A la façon dont elle faisait des yeux de carpe pâmée en le regardant travailler, il avait compris qu’elle en était réduite, pour chanter Ramona, à faire résonner sa petite guitare cachée.

Un jour qu’Albert était parti au ravitaillement à l’autre bout de Paris chez son neveu Georges qui était grossiste près de l’abbaye de Longchamp, Popaul avait aisément réussi à faire cascader la vertu de l’aubergiste. Il lui avait déballé le Mon chéri et elle n’avait pas tardé à crier Maman. Bref il avait mangé en hachis les restes du gigot et les deux s’en étaient trouvés bien.

Cela faisait six mois que ce manège durait. On était maintenant au signe des gémeaux, fin mai, début juin. Zézette n’avait jamais été aussi resplendissante ni Albert aussi suspicieux. Il la regardait qui tournait et retournait son éventail et il lui trouver un petit air à faire voler son dragon comme elle en avait à l’époque de leurs fiançailles. Son dragon ou son Ledragon ? Très vite cette association d’idées fit tic tac dans ce qui lui restait de cervelle et il comprit ce soir-là ce qui devait se tramer ici les jours où il allait chercher boustifaille et tonneaux à Longchamp.

Albert Leroy ne vécut plus dès lors qu’avec cette question : Comment se débarrasser de ce chaud de la couche ? Comment mettre les bagatelles à la porte ? Bien entendu, sans agacer le sous-préfet, sans rendre publique la paire de cornes que sa sauterelle d’édredon lui faisait porter. A-t-on idée aussi, ô femme folle, d’avoir le bonbon qui fait robe à queue ?

Il s’ouvrit de son dilemme à son neveu Georges. Le neveu était un drôle à la fesse tondue ! Il était sexy comme un curé dans un prunier mais à part ça c’était un homme de bon conseil, très inventif et l’on disait de lui qu’il avait toujours du boudin à apporter à sa cousine.

- Ta tante Zézette s’applique un homme sur l’estomac. Mais c’est à moi que le cataplasme pèse.

- Y’a pas de quoi se mettre en capilotade à cause d’un dénicheur de fauvettes qui a emprunté un pain sur la fournée, Tonton ! Mais ton gars Popaul, on va le faire cheminer autrement que des pieds. Je sais comment le faire cesser de grimper aux rideaux !

180428 Nikon 083

On ne sait pas comment Georges s’y prit mais trois semaines après, sur l’esplanade au pied du pont de Neuilly-sur-Marne un chapiteau immense était dressé. Des clowns, des acrobates, des trapézistes, des singes et même un éléphant traversèrent toute la ville dans une parade folle pour annoncer la représentation du cirque Carelli.

On ferma l’auberge ce soir-là et, à la demande insistante d’Albert, Ledragon accompagna les tauliers du pont de Neuilly à la fête. Tout se passa bien pour tout le monde jusqu’au moment où le dompteur hypnotiseur, Zorbak le Grec, demanda à Popaul de descendre sur la piste pour ce qui allait être, selon lui, le clou du spectacle.

Le lion ouvrit grand sa gueule, le dompteur mit la tête du factotum dedans. Il y eut un roulement de tambour, le canon tira sa poudre aux moineaux et… le lion ferma sa gueule !

Ben oui, parfois ça accidente sur la piste. On laisse les chats aller au fromage et finalement les fauves mangent les papiers des petits fours ! Quand on prend les chemins de Fatima, il y a des risques ! Quand on mène Popaul au cirque aussi !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 6 juin 2018
d'après la consigne ci-dessous.



02 juin 2018

SORTIR DE SA BULLE

vaillant_387_1

En aurai-je vu défiler, des phylactères !

Et qu’est-ce que je pourrais vous soûler avec cet itinéraire qui va de Placid et Muzo à Fabcaro en passant par les héros de Vaillant, Pif-Gadget, Tintin, Spirou, Pilote, Charlie Mensuel, A suivre, Fluide glacial…

Comme j’ai décidé de faire court je vous livre juste un petit jeu très facile. Saurez-vous trouver quel personnage de bande dessinée a prononcé ces paroles dans un phylactère si mémorable que je m’en souviens encore ?

1 Bretzel liquide !
2 Je suis mon cher ami très heureux de te voir !
3 C’est un Alexandrin !
4 Je veux être calife à la place du calife !
5 I’m a poor lonesome cow-boy far away from home
6 Et combien de sucres dans thé à toi, subséquemment mille tonnerres ?
7 Ne négligeons pas le fait que je suis peut-être génial !
8 Pas glop ! Pas glop !
9 Ils sont fous ces Romains !
10 Je ris de me voir si belle en ce miroir
11 Venise sera ma fin
12 Je dirais même plus
13 M’enfin ?!

A Bianca Castafiore
B Corto Maltese
C Dupond (ou Dupont ?)
D Iznogoud
E Le Concombre masqué
F Lucky Luke
G Numérobis
H Obélix
I Panoramix
J Pifou
K Snoopy
L Tempête rose (dans un album de Chick Bill)
M Gaston Lagaffe

Finalement, je suis bien content ! Mon intention première sur ce défi était de coincer la bulle !
Comme quoi je peux encore en sortir, de ma bulle !

N.B. Pour avoir la solution des devinettes, retournez l'écran de votre ordinateur ! ;-)

sOLUTION DU JEU 509

 

 


Ecrit pour le Défi du samedi n° 509 à partir de cette consigne : phylactère

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30 mai 2018

PORTE SOMMEIL MUSIQUE VOYAGER

 Est-ce le sommeil qui nous porte
A voyager en musique ?

Est-ce la musique du voyager
Qui nous mène aux portes du sommeil ?

Celui qui porte la musique
Fait-il voyager le sommeil ?

Et ce que la musique porte
Fait-il sommeiller le voyageur ?

Quand la musique m’ensommeille,
Le voyage est-il à ma porte ?

Ou le sommeil a-t-il une musique
Dont la douceur porte au voyage ?

 
180504 Nikon 061N.B. Ces deux médaillons, "la Nuit" et "le Jour",
ont été photographiés 
à la Neue Pinakothek
de Münich le 30 avril 2018


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 29  mai 2018

d'après cette consigne

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RETARD TOURNER LAPIN TAMBOUR

 

Quand le lapin est en retard
Le monde tourne comme un tambour !

Quand le lapin tourne en bourrique
Le tambour se met en retard !

Mais qui retarde ainsi le lapin ce matin ?
Quel tambour tourne dans sa tête ?

Dans le tambour de la machine
Alice a posé un lapin :
Plus rien ne tourne rond dans la tête à Lewis
Où le pétard retarde :

Plus il fait tourner le lapin sur la broche
Plus ça retarde le tambour

Aussi, sans retard, retournez tourner
Le lapin qui joue du tambour au fond du four

Faute de quoi
Il vous en cuira !

 AEV 1718-30 lapin en retard Tim Burton

Illustration de Tim Burton


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 29  mai 2018

d'après cette consigne

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REVE LIGNE AVION NAVIGUER

 

 Je naviguais en rêve
Sur un avion de ligne

C’était un avion de rêve
Dont la ligne naviguait au plus près de la beauté.

Toutes les hôtesses à bord avaient une ligne de rêve.
Quel bonheur de naviguer dans cet avion !

J’avais tant rêvé d’un avion
Qui naviguât (de la marine) sur toute la ligne de flottaison !

J’avais tant rêvé d’une ligne (de coke en stock)
Qui fît qu’un avion naviguât !

Sur la ligne d’un avion
C’est mon rêve qui navigue

Et quand je me réveille
J’ai les pieds sur la terre
Et j’en suis très heureux.

 180506 Nikon B 034






 N.B. La photo a été prise dans un hôtel de Strasbourg le 6 mai 2018


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 29  mai 2018

d'après cette consigne

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LANGUE QUATRE VENTS RITOURNELLE HARPE

 

AEV 1718-30 Morgan Le Cuff histoires des quatre vents

La langue d’Eole est bien pendue.
Le dieu s’accompagne à la harpe
Et chante à qui veut l’écouter
La ritournelle des quatre vents

La harpe du souffleur connaît la ritournelle.
Elle peut la jouer dans quantités de langues
En latin, en grec, en rap ou en slang,
La mélodie des quatre vents.

Quand les quatre vents ont pris langue
Avec les axes de la terre
La ritournelle aux doigts d’Eole
Est venue chatouiller la harpe.

La langue a frappé sur les dents
Pour envoyer la ritournelle ;
Les doigts ont caressé la harpe
Et raconté les quatre vents

Harpe de Mistral et d’Autan,
Langue de Zéphyr, Sirocco…
Quatre vents sont sortis d’une bouche divine
Et puis la Tramontane a volé la chanson ! Partie, la ritournelle !

Ma langue est empesée, les dieux ont disparu :
Pas de magnétophone pour cette ritournelle.
Tout ce folklore est dispersé aux quatre vents
La harpe est démontée tout autant que la mer

Il pleut des cordes de misère
Par-dessus la flûte de Pan.
Effet du glyphosate ?
Plus de mite au logis !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 29  mai 2018
d'après cette consigne

 

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26 mai 2018

TU AS BEAUCOUP D’ORIBLOGAMIS COMME ÇA DANS TES PETITS PAPIERS ?

Je trouve que l’on devrait aimer davantage le Japon et les Japonais(e)s !

C’est miracle que soient sortis, d’une si petite île, autant de concepts, d’inventions et de merveilles qui donnent à réfléchir à l’humanité toute entière. Citons par exemple :

 

DDS 508 origami10597841

- L’origami : là où nous autres occidentaux, dès lors qu’on nous donne une feuille de papier, nous nous obstinons à tartiner des phrases qui n’en finissent pas pour fabriquer des livres qui n’en finissent pas de remplir les rayons des bibliothèques, le Japonais plie savamment sa feuille et en fait sortir fleurs, personnages ou animaux qui enchantent le regard et l’âme alors que Marcel Proust par exemple, avec son papier noirci, ne fait rien qu’à énerver les nerfs de notre oncle Walrus. En même temps, c’est vrai, dans « écrivain », il y a « vain » alors que dans « origami » il y a « ami » ;

 

- Le judo : là où le Gaulois Obélix file un méchant coup de menhir sur la tronche du touriste romain qui suivait son petibonum de chemin pour visiter ce pays étranger où il ne pleut jamais – que des coups ! -, la Bretagne, le Japonais enfile son pyjama de cérémonie (kimono), déroule un tapis rouge pas rouge (tatami) et se lance dans une série de salamalecs gracieux mais compliqués pour exprimer à son hôte (judoka) l’idée « Après vous, je vous en prie, je n’en ferai rien » ;

 

DDS 508 Yoko Ono

- Yoko Ono : Il n’y a pas mieux que ce produit japonais pour semer la zizanie dans une bande de mecs qui font de la belle musique ensemble (oltouguézerno). Même quand on la cache sous un drap – le live à Toronto de 1969 – on ne voit et n’entend qu’elle. Yoko Ono, la reine de la caYokophonie !

 

- Fukushima : cette fabrique de « feux de bengale pour égayer le nouveau monde cher à notre Président » n’est pas sans nous rappeler que nous dansons tous sur un volcan. Bien involontairement, les Japonais nous l’ont déjà signalé par le passé. Ca s’appelait Hiroshima, mon amour, et Nagazaki ne profite jamais (Sttellla) ;

- L’ikebana : dîtes-le avec des fleurs ;

- Le bonzaï : dîtes-le avec des arbres ;

- Le Fujiyama : dîtes-le avec un disque de Léo Ferré qu’ « avec le temps va tout volcan » !

 

Je m’arrête là. Je pourrais vous parler du manga, du sudoku, du saké, du haïku, du mikado, du pays du soleil levant, de Mishima mais je suis sous l’empire de la décence : je me souviens que l’oncle Walrus est encore à Colmar (en cure d’intoxication au Gewürztraminer) et je ne voudrais pas lui envoyer ma copie ce soir entre 23 et 24 heures. D’autant que mon intention première était juste de vous refourguer cette histoire de judoka français qui fabrique des origamis avec ses adversaires aux abattis aplatis. J’avais livré la version studio en avril. Voici une version enregistrée « en public » dans un café rennais.

N’est-il pas exquis, mon sabir japonais ? 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 507 à partir de cette consigne : origami