01 octobre 2022

LES ROUFLAQUETTES ? POUR CE QUE CA VAUT (A BARBE) !

DDS 735 Louis-PhilippeD’aucuns trouveront ce sujet des rouflaquettes assez barbant. C’est mon cas. D’aucunes apprécieront et le trouveront au poil.

J’ai failli me faire des cheveux toute la semaine en songeant à ce que je pourrais bien écrire sur ce type de pilosité qui ne m’inspire rien du tout, pour ne pas dire qu’il me rase.

J’en étais même à me demander ce matin si les mots que nous suggère semaine après semaine le tenancier de ce salon de coiffure qu’est le Défi du samedi n’étaient pas un brin sexistes. Mais aujourd’hui, hélas, tout l’est !

On ne peut pas proposer bigoudi, choucroute, Wonderbra, oeillade sans recevoir un coup de klaxon et se faire taxer de misogynie de tous les côtés ! Il y a trop de flou dans la raquette !

Bref ! Étant peu inspiré par la façon dont mes congénères gèrent ces poils hirsutes ou pas qui nous jaillissent ici et là et donc sur la tête, sous le menton et sur les joues, j’ai refilé le bébé à mon pote Jean-Emile Rabatjoie qui, un peu fainéant lui aussi sur les bords mais toujours bien féru d’histoire et dégagé sur les oreilles, a bien voulu étudier l’influence du roi Louis Philippe et de son look de roi bonne poire sur nos monarques républicains récents et même sur Mona Lisa.

DDS 735 Présidents à rouflaquettes

Vous remarquerez que dans ce texte même pas oulipien, je n’ai pas fait de jeux de mots capillotractés, sauf dans le titre, ni utilisé le mot « blaireau » de peur de susciter des frictions. J'espère juste ne pas avoir été trop rasoir !

Et donc, n’ayant pas fait d’effort particulier cette semaine, et n'étant pas déprimé par le chauve-qui-peut général, même pas victime d’un quelconque vague à lame, je ne m’accorde pas le droit de boire une petite mousse harassé.

Mais ne prends pas ombrage de cette non-participation, cher oncle W. ! Tu restes toujours mon animateur d’atelier d’écriture… favori ! 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 735 d'après cette consigne : rouflaquette(s)


28 septembre 2022

POINT D'INTERROGATION ?

Est-ce qu'on sait à partir de quand on arrête de se poser des questions? Ou de poser des questions ? Est-ce que c'est quand on est devenu un vieux con, qu'on est pétri de certitudes, qu'on a tout vu, tout lu, tout bu et qu'on sait... qu'on ne sait jamais ?

Dixit O 13

Pourquoi sait-on d'avance que la page ne restera pas blanche ce mardi soir ? Et surtout, comment formuler ses interrogations si on en a encore ? Vous avez vu la gueule du clavier, ces touches toutes marquées de ce symbole commun à tous les alphabets ou presque, le point d’interrogation ?

Et c'est là où le projet d'écrire un texte dont toutes les phrases seraient des questions se casse la figure ! On le constate avec l'air penaud du gars qui n'a jamais pensé à ça avant aujourd'hui : le point-virgule, la virgule, les deux points, d'où ça nous vient, tout ça ? Est-ce ça existait déjà dans le latin de Cicéron ou dans le grec de Vatfèrvwar Chélé ?

Le point d'interrogation, le point d’exclamation, les trois points, y en avait-il dans les hiéroglyphes égyptiens ?

Y a-t-il des idéogrammes idoines en japonais ou en chinois pour signifier qu'on est dans le département du doute,25, ou dans un état proche de l'éclat de rire ou de la vivacité ?

Ça racontait quoi l'écriture cunéiforme? S'interrogeaient-ils sur l'avenir, les gens à l'oreille en coin?

À vrai dire, la page blanche sur l'image va peut-être rester vierge. Appuyer sur une touche de la machine déclenche peut-être tout à fait autre chose que l'impression d'un signe !
Peut-être même une réponse du style « Longtemps je me suis couché de bonne heure » ? Un appel téléphonique à l'émission de Noëlle Bréham « Les Petits bateaux « sur France-Inter ? La création d'une page Wikipédia intitulé « L’arrobase à travers les âges ? L'explosion d'une centrale nucléaire quelque part sur le globe terrestre ?

Alors c'est bien beau de poser des questions ; il reste toujours celle-ci à la fin du compte : où conduisent tous ces tuyaux ?En quoi ça intéresse qui, nos données métaphysiques personnelles ? S'il y a un maître des horloges, qui est le maître de la machine ?

Allez, je veux savoir : je tape les touches qui correspondent à AZERTY.

Rien ne s'imprime. Une voix venue des profondeurs retentit alors et m’aboie dessus : « Votre mot de passe est invalide ! »


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 27 septembre 2022

d'après la consigne 2223-03 ci-dessous

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LES VOISINS D’ISAURE

Isaure 1024 2022 11 22 Voie lactée

- Mais qu'est-ce qu'elle a de plus que nous ? Elle est plate ! Plate de partout ! Sans aspérités, sans relief. Elle pose devant ce fond gris vert, à côté de son rideau, comme si elle était déjà sûre de terminer sa vie dans un musée !

- En même temps, dit le perroquet, elle n'a pas grand chose pour elle ! Une robe rose des jours de fête, des fleurs dans les cheveux ,un petit air godiche comme on n’en fait plus ! Il n'y a pas grand monde à flasher sur elle ni même à s'arrêter plus de trois 3 minutes devant son selfie de première de la classe qui ne fera jamais ni de bêtises ni de grimaces. Isaure Chassériau ! Quel blase elle porte en plus !

- Remarque, nous non plus on n'attire pas la foule. Pourtant un tableau en relief, avec la communication possible entre les deux mondes, le réel et l'imaginaire, le possible et l'impossible, ça devrait bousculer un peu, non ?

Dixit O 12

- Tu penses que trop de surréalisme tue le surréalisme ?

- Non je pense que ce serait mieux s'il y avait un asticot au bout de l’hameçon !

- Et un poisson qui tourne autour dans le verre ?


- Ah non je suis contre la maltraitance envers les animaux !


- Ah bon ? Et l'asticot, transpercé de part en part, c'est quoi. Juste un concept ?


- Un point pour toi, l’ara !


- À causer de la voisine, des autres tordus qui essayent d'épater la galerie et, en général, de l'art contemporain ou pas, on ne voit pas le temps passer ! C'est déjà l'heure de la fermeture du musée. Tu vas pouvoir poser ta canne et aller t'allonger, le pirate !


- Pas trop tôt ! Je commençais à avoir des fourmis dans ma jambe de bois !


- Et puis tu sais on va vers le mieux ! Parait qu'avec la crise de l'énergie ils vont fermer les musées plus tôt ou un jour de plus par semaine.


- Je suis assez preneur, je dois dire !


- Par contre pour ce qui est de prendre ta retraite, faudra attendre un peu plus. Ils vont reculer l'âge de départ possible pour cela.


- Ça m'arrange aussi ! Je ne suis pas pressé d'aller me faire remiser à la cave, d'être mis en réserve de l'arrêt du public !

- En tout cas ne t'inquiète pas, Papy Rackham! S'il y en a qui veulent vraiment t’embêter je te défendrai du mieux que je peux ! Je leur volerai dans les plumes à ces australopinacothèques !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 27 septembre 2022

d'après la consigne 2223-03 ci-dessous

24 septembre 2022

KIKO NIMPORTEKWA

DDS 734 Status quo

Il ne faut pas prendre Kissinger pour Kossyguine. C’est qui, ces deux cocos-là ?

Ne confondons pas Jean-Pierre Mocky et Josiane Balasko, Kiloutou et Koh-Lanta, Kiri le clown et Corot le peintre, la consultation de volumes encyclopédiques avec la rôtisserie de la reine Pédauque.

Faut pas prendre la Queen consort pour une conne qu'on rentre.

César Cui ne fait pas la même musique que Status quo.

Faut pas prendre Jean-Claude Killy pour un moniteur de colo : son téléski ne peut pas monter chez Manon Lescaut.

On ne trouve pas plus de kibboutz à Quiberon que de kolkhoze à Cambrai ou même à Combray si on préfère lire des bêtises.

Il ne faut pas mélanger les quiches lorraines de tante Marie avec les cochonneries d’Honorine Tintamarre, sa marraine.

- Les quizz débiles du prof de maths ne sont pas forcément la cause pour laquelle tu déballes ton paf devant les mottes ! » dit le psychanalyste à l'exhibitionniste.

Faut pas prendre « Qui l'habille ? » pour un quolibet. Quoique !

« Kim Basinger écoute Come together des Beatles habillée en Elizabeth Arden », ce n'est pas pareil que « Qui wassingue les cours des corons écoute plutôt Stone et Charden ».

Ne mélangeons pas Yoko Ono, Wikipédia, Marco Polo, marquis de Sade, le sirtaki, un vieux tacot, un baraki ,un bourricot, ne me quitte pas, cot cot cot Kodak, un kil de vin rouge, un alcool de riz, un kimono noir sans ceinture et des façons comminatoires, Valérie Kaprisky et Elvire Popesco, Eleska c'est exquis et Eugène Ionesco, riquiqui et rococo, Rocky Balboa et Rocco Siffredi !

DDS 734 MoussorgskySapristi! C'est presto qu'il faut jouer Moussorgski et c'est moderato qu'on interprète Enesco, pas l'inverse !

Ne mélangeons pas « Bien mal acquis » et « Paye pas ton écot ! » même si ça revient au même.

Qui cocoone tout l'été s’enquiquine tout l'hiver.

Défense de cogner sa coquine même si elle vous enquiquine, surtout place de la Concorde !

A trop kiffer les coffres forts de Fort Knox on risque de se faire coffrer et d'enquiller les années au trou en Alkatraz ou à Sing-Sing.

DDS 734 Kara-koNe confondons pas Takeshi et Kitano, la Guinée et Conakry, la Tchéquie et le shako, l'expédition du Kon-Tiki et l'étrange odyssée du Kara-Ko.

Fin de l'abondance : Qui kiffe l'enfilade et le Kâma-sûtra copulera en pull cet hiver plus que jamais !

Faut pas prendre Yom kippour pour Raymond Kopa ni François Coppée pour un fromage qui pue.

Ce blé du kilimandjaro colle aux dents : manger horrible

Kilt à l'envers, costard austère, Colt à l’holster : un killer en colère !

Qui torée aux arènes parmi les cotillons sait aussi marier l'art de la critique ciné de Marion Cotillard.

Faut pas confondre l’aura qui limbe Christophe Colomb sur son esquif avec le renom de la coke des nuits festives de Kiki à Montparnasse.

DDS 734 AstérixSi sur le Quirinal Rémus et Romulus burent de la Corona - et pas qu'un doigt ! - ce n'est pas à la louve qu'on le doit.

Ne pas confondre kitchenette et kot chelou !

Laisser filer Kylian M’mbappé vers les filets des buts adverses est moins grave que choper le scorbut sous l’averse ou filer un collant... au capitaine Haddock addict du sparadrap.

A part ça vous avez tout à fait le droit de prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages mais pas de tirer dessus !

Et même aussi celui de prendre l’Helvétie pour une lanterne ! Mais attention de ne pas vous brûler !


Ecrit pour le Défi du samedi N° 734 à partir de cette consigne : quiproquo

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23 septembre 2022

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : BANANE

2223-02 JK vive-les-bananes

J'aime les bananes parce qu' y a pas d'os dedans. Ceci est le refrain d'une chanson de Ray Ventura dont je connais le début par cœur et qui s'intitule « Vivent les bananes ! ».

La banane est un fruit à peau jaune et cette peau est génératrice de bonne humeur quand elle est posée sur le sol, sauf pour celui qui glisse dessus et se retrouve les fesses par terre à l'issue de cette pantalonnade.

2223-02 JK donald peau de bananeÀ la lettre B j'aurais pu choisir aussi « bande dessinée » à cause de ce gag récurrent qu'on retrouve dans toutes les images comiques d'autrefois et d'aujourd'hui.

2223-02 JK colin-paul-le-tumulte-noir-josephine-bakerQuand on est de bonne humeur et très en forme, on dit qu’on a la pêche ou qu’on a la banane. Quand on a photographié la ceinture de bananes de Joséphine Baker au château des Milandes alors que c’est interdit et que personne ne vous a surpris ni demandé de faire ceinture sur votre nouveau trésor photographique, on ressort avec la banane.

Quand on a la banane et qu'on se prend un râteau la bonne humeur s'en va. Le gag du râteau est lui aussi très connu des bédéphiles : on marche sur les dents de l’outil, ça fait levier et on se prend le manche dans le nez.

Quelquefois on utilise une banane en se la mettant autour du ventre. C'est alors un sac, greffé sur un élastique qui entouré la taille, et cela vous donne l'air ridicule, surtout si, dans le même temps, vous portez un melon sur la tête. Comme quoi « cinq fruits et légumes par jour » ça se discute.

Une banane scotchée sur un tableau blanc n'est plus une banane : c'est une œuvre d'art. Si un visiteur du musée la prend et la mange ça crée un scandale chez les conservateurs et les amateurs d'art mais moi ça me met de bonne humeur.

2223-02 JK Kevin Ayers 2Pour terminer en musique cette entrée de notre dictionnaire, comme elle a commencé, il faut citer ce drôle de chanteur anglais, Kevin Ayers, qui a publié un album intitulé « Bananamour » et qui parsème la fin de ses chansonnettes de « Vive la banane » en français dans le texte. Sur la pochette intérieure de Bananamour on le voit qui joue aux échecs dans un salon anglais select mais les pièces sur l'échiquier sont des morceaux de banane découpés. 

2223-02 JK Kevin Ayers 3

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 septembre 2022 d'après la consigne 2223-02 ci-dessous.


DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : APÉRITIF ou APÉRO

2223-02 JK Porto

C'est la rareté qui donne son prix aux choses. Bien qu'on se nourrisse trois fois par jour (« Bien qu'on s’ nourriss’ trois fois par jour, bien qu'on s’nourriss’ trois fois par jour » comme chanterait Brassens sur l'air de la « Complainte des filles de joie ») et que la semaine comporte sept jours, chez nous on ne boit l'apéritif que le samedi et le dimanche à midi.

C'est essentiellement par sagesse que nous fréquentons Madame Modération mais aussi pour tenir compte de l'avis des médecins, ces empêcheurs de se saouler en rond ou au point de devenir rond, qui nous mettent en garde contre la cirrhose du foie qui arrive des fois, surtout aux gogos qui descendent du whisky à gogo.

Chez nous le samedi c'est plutôt Porto rosé. J'ai oublié la date à partir de laquelle on s'est abonnés à ce breuvage mais c'est normal : il paraît qu'on boit pour oublier et pourtant on n'oublie jamais d'écouter le grand face-à-face entre Natacha Polony et Gilles Finkelstein sur France-Inter à l'apéro du samedi.

Le dimanche, pour varier les plaisirs, je bois quelquefois de la vodka mais uniquement de la polonaise : je ne veux rien devoir à Poutine ! Et je la bois parfois à la polonaise avec un cornichon et un verre d'eau gazeuse à côté.

Pour accompagner l'apéritif maintenant les amuse-gueules sont fournis, moyennant finances évidemment, par Madame Biocoop. Je me demande si cela embête vraiment le gouvernement chinois qu'on ait pris un abonnement aux noix de goji du mélange tibétain. On a des scrupules aussi de filer du fric aux Américains et aux Iraniens mais ce n'est pas de notre faute s'ils sont les seuls à fabriquer des pistaches.

2223-02 JK Kevin Ayers 1Au resto si on prend l'apéro c'est bien souvent kir à la mûre, jamais à la pêche ou à la banane ni même au cassis même si on n'a rien contre les habitants de cette ville, Cassis ni contre ceux de Menton. Comment s'appelle-t-ils d'ailleurs les habitants de Menton ? Et pourquoi n'existe t il pas de kir au menton ?

Si nous recevons des ami·e·s, l'apéritif que nous servons s'appelle « champagne ». C'est une boisson gazeuse à base de vin blanc dont la réputation commence à grandir, peut-être parce que Kevin Ayers lui a consacré une ou deux chansons et qu'on entend au début de « Oh my ! » un bouchon de champagne qui saute de sa bouteille avec un petit pop sympathique.

J’adore le pop sympathique du bouchon et la pop sympathique de Kevin Ayers.

 



Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 septembre 2022 d'après la consigne 2223-02 ci-dessous.

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : INCIPIT

2223-02 JK AragonA la fin de l'été j'ai raconté sur mon blog des épisodes de nos vacances en commençant tous mes textes par « Je suis snob » ou par « Mon épouse, sa bonté d'âme la perdra ».

Cet automne j'ai l'impression que je pourrais utiliser « Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais... »

Exemple : Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais de prendre l'apéro ça me donne la banane et l'envie de créer le jeu des incipit : je donne le début d'un verre (Oh le dictaphone d’Office, t’as bu trop d’apéro ou quoi ?) d’un vers et vous devez trouver le mot de la fin :

 

Oh combien de marins combien de...

Comme un vol de gerfauts hors du charnier...

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse...

La digue la digue en revenant de...

La Cigale ayant chanté...

Maître Renard sur un arbre…


(Si vous avez répondu « perché » au dernier sans avoir percuté que c’est le corbeau qui est sur l’arbre dans la fable, vous ne marquez qu’un demi-point.)


Les réponses : capitaines - natal - ennemie - Nantes - tout l'été - perché
 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 septembre 2022 d'après la consigne 2223-02 ci-dessous.

21 septembre 2022

LIVRET DE FAMILLE

Filigrane jeu 80 vintage-funny-photos-by-rene-maltete-29

C'est peut-être parce qu'on s'appelle Bb… Bbo… Bonney qu'on a la tête près du... du bo… du bon… du bonnet.

Mon père qui s'appelle Bb… Bbo… Bob est raide comme un piquet ou comme un type qui a étudié le droit. Mais c’est une ill… une illusion. Il a même passé quelques temps derrière les bba… les bars… les barreaux. Il en a gardé l’habitude d’ancien bba… baba... bagnard de porter des tenues bibi… biki… bbicolores.

(Pour une meilleure lisibilité nous avons supprimé dans la suite du texte le bb… bébé… bégaiement du bb... bamba… bambin).

Ma mère, née Mary Mc Carthy, mais surnommée Calamity, en a allongé plus d'un. Fallait pas là traiter d'horizontale sous peine de s'y retrouver. Le nombre de lignes verticales de sa robe indique le nombre de malotrus et de mecs barrés qu’elle a rayés de la carte.

Vaut mieux pas pour vous vous mettre en travers de leur chemin : un coup de barre ici est vite arrivé. Respectez le code sur les planches sinon vous risquez de vous retrouver entre quatre. Entre quatre z’yeux d’abord puis entre quatre planches, même s’il en faut six pour clore un cercueil.

Filigrane jeu 80 PLC 53 01Moi, leur fils, je m'appelle William mais on dit Billy.

- Billy, cesse de voler des bonbons et des livres anciens ! Billy cesse de traîner les cafés ! Billy, lis autre chose que les annuaires téléphoniques ! Billy tiens-toi à carreau sinon on va t'envoyer en pension du côté d'Annecy !

J'irai pas en pension ou si j'y vais je fuguerai.

Je fuguerai tellement que je deviendrai le roi de l'évasion et peut-être même qu'un jour, à force de raconter leurs coups tordus et mes mille et une façons d’échapper à la police, on me donnera le prix “Nos belles” !


Ecrit pour le jeu n° 80 de Filigrane (La Licorne) d'après cette consigne

 

 

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17 septembre 2022

ODE AU SCANNER

Alors que le pantographe du dessinateur sert à augmenter la distance entre les points les plus opposés d'un dessin, celui de la locomotive sert à la raccourcir. À vrai dire pour le train, la distance ne change pas : c’est le temps qu'on met à la parcourir qui diminue.

Augmenter ? Diminuer ? Passer de la prospérité à l’austérité ? De l'ébriété à la sobriété ? Ou l'inverse ? Faut-il choisir son camp, camarades ?

Plus notre espérance de vie diminue, plus notre sagesse augmente. Il en est de même de notre folie ! Mais peut-on remédier à cet état de fait en décidant, comme Georges Brassens et la reine d'Angleterre, d’« à la rigueur de ne pas mourir du tout » ? Les vœux pieux - désolé pour la Queen - ça ne marche pas toujours !

Quoi qu'il en soit, je passe beaucoup de temps ces temps-ci à jouer au pantographe inversé. J'ai accumulé comme tout le monde au fil des ans un certain volume de volumes : des livres, des disques, des cassettes, des photographies, des diapositives, des partitions, des cahiers pleins d'écriture. Car on nous avait fait croire que le bonheur c'était d'avoir, comme dit Souchon, des trésors plein nos « armuars » comme dit Andréa Camilleri.

La fée Électricité et la fée Informatique, bien qu'elles soient menacées par une fin de l'abondance, - T’étais riche et tu ne le savais pas cet été ? Ah bon ? Danse dans le froid de cet hiver, maintenant ! - m’offrent encore, chaque jour que les fées font, la possibilité de transformer mes disques vinyles et mes cassettes en fichiers MP3, mes partitions en PDF et mes photos en JPG. Tout ce qu'on entend à la radio actuellement va dans le même sens de la réduction :

« L'euthanasie libre permettrait de faire disparaître ces « boomers » inutiles dont la retraite coûte un pognon de dingue ! Ou sinon remettons les au travail jusqu'à l'âge de 97 ans ! »

J'y suis, au boulot ! Ce qu'il nous faudrait, c'est une bonne guerre c'est ça ? On l'a déjà !

Mais je m'égare, sans doute à cause du train, de son train-train quotidien et de son pantographe.

Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais je ne voudrais pas terminer cette ode au scanner sans mentionner une pensée qui m'est venue. J'ai retrouvé récemment la collection de timbres que j'avais commencée lorsque j'étais enfant et que j'avais léguée par la suite à mon fiston. Il y avait là également des enveloppes timbrées reçues par ses grands-parents et qu'ils lui avaient offertes. Je les ai mises à tremper dans l'eau chaude, comme la souris verte qui courait dans l’herbe, puis, une fois les timbres décollés et séchés, je les ai mis à aplatir dans un dictionnaire.

Maintenant il faut que je choisisse : soit j'achète un album de timbres pour les « coller » dedans afin qu'on puisse les admirer mais ça ferait un volume supplémentaire dans mon grenier déjà bien plein ; soit je les numérise et les balance ensuite à 3615 qui n’en veut.

« Mais pourquoi tu numérises tout ? » me demanderez-vous. Eh bien, c'est parce qu'ils sont jolis, ces timbres et qu'ils peuvent très bien servir à un atelier d'écriture que j'anime en vrai ou pour participer à d'autres que l'oncle Walrus organise en virtuel. Suffit d’utiliser un pantographe moderne pour cela !

C'est donc ce que j'ai fait, utilisant à nouveau mon ami le Canon - « Puisque je vous le dis que nous sommes en guerre ! » - à cet effet. Je ne serais pas moi même si mon texte ne se mordait pas la queue au moment de la chute.

Le premier timbre que j'ai agrandi représente... un pantographe !

DDS 733 timbre russe pantographe

Et surtout, une fois que je les aurai tous numérisés, ces timbres, je crois que j'irai quand même acheter un album pour les conserver !

C'est vrai quoi ? Pourquoi jeter ces trésors physiques et les remplacer par du fichier numérique ? Bientôt il n'y aura plus d'électricité pour lire nos disques durs externes et on ne pourra plus écouter que le son de son ukulélé rose !

2022-08-15 - 285 16

Ecrit pour le Défi du samedi n° 733 d'après cette consigne : pantographe.

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14 septembre 2022

LA CRÊPERIE DES PETITS MIRACLES

2022-09-11 - Nikon 16

La Ballade avec Brassens, c'est la crêperie des petits miracles bretons ! Elle est ouverte tous les deux ans à Rennes, derrière l'église Saint-Hélier, et les jours où je m'y rends tout le bleu du ciel m'accompagne, comme si Rennes était devenue Sète, comme si Georges Brassens n'avait jamais chanté « L'orage », « Le Parapluie » et « Le Petit cheval dans le mauvais temps ».

Ce jour-là on lui pardonne, au plus célèbre des Sétois, sa soupe à la grenade anarchiste, ses formules misanthropes : « Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on est plus de quatre on est une bande de cons ». On passe sur ses gros mots, sa ronde des jurons, ses grivoiseries et sa soit-disant misogynie.

On peut se le dire enfin cet adage par lui pondu selon lequel « Tous les morts sont des braves types ». Effectivement on oublie très vite qu'ils ont mangé de la vache enragée, les poètes, qu'ils se sont peut-être trompés en allant mourir pour des idées, les hommes, et on souhaite que ne durent, pour toutes et tous, que les moments doux de leur existence. Il les a bien chantés, ceux-là, l’oncle Georges : sa reconnaissance envers la Jeanne et l'Auvergnat, ses amours d’antan et de maintenant comme celui de cette petite poupée, Püppchen, devant laquelle il s'est fait si petit qu'il lui a écrit une presque LewisCarrollienne non-demande en mariage. Joyeux non-anniversaire monsieur Georges ! Vous auriez eu cent-un ans le mois prochain si la camarde, qui n’a jamais rien pardonné à personne, ne vous avait emmené retrouver l’oncle Archibald et le vieux Léon au pays des fantômes tremblants et troublants. Comme cadeau pour commémorer cela, la promenade qui porte votre nom à Rennes a pris ce dimanche des allures de pays des merveilles.

Toutes les dames qui sont montées sur la scène pour vous chanter avaient le sourire des fées sur les lèvres, ravies qu'elles étaient de se mettre en bouche les mots crus du gorille de l'impasse Florimont.

***

2022-09-11 - Nikon 52

Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais, sachez-le, vous qui me lisez, je suis tombé amoureux de l'une d'entre elles hier ! Amoureux de sa voix, de sa diction et quand nous nous sommes trouvés côte à côte à chanter ensemble les paroles d'une autre chansonnette devant un groupe nommé Les Modestes, ce fut comme une communion, un moment de grâce ; nous nous sommes jetés un regard en douce et peut-être a-t-elle pensé comme moi « Va où le vent te berce ! Propose à ce frère - cette sœur – en Brassenssitude de passer le premier jour du reste de ta vie a te gratter le ventre en chantant des chansons ou, à tout le moins, demande lui si ça l'intéresserait de former un duo musical !".

Elle n'a pas osé. Je n'ai pas osé non plus, de peur qu'elle ne me réponde : « Désolé, je suis attendue ! » et c'est ainsi que j'ai pu vérifier la justesse des observations d'Antoine Pol sur les instants secrets pendant lesquels on aime ces belles passantes.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 13 septembre 2022

d'après la consigne AEV 2223-01 ci-dessous