26 mars 2017

FORCE-TOI CAR TU ES BONNE PÂTE !

N     ous les regardons, sidérés, avec l’appétit qui retombe :

O     n dirait un plâtras épais de gélatine anglaise molle,

U     n enchevêtrement pervers d’asticots qui feraient la bombe,

I      gnorant qu’au dos des affiches est destiné le pot de colle.

  es mollassonnes, les nigaudes ne vont pas pointer chez Engie ;

L     es niaises ont leur blancheur de dindes de Bressuire !

E     lles sont le maître étalon, par plats, du manque d’énergie

S     urtout lorsque le maître-queux, distrait, les a laissé trop cuire.

DDS 447 Pauvre-bitos-ou-Le-diner-de-tetes

Ecrit pour le Défi du samedi n° 447 à partir de cette consigne

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24 mars 2017

CHOISIE ENTRE TOUTES. Chapitre 1, SEPT TEMPS DE REFLEXIONS.

« La station Anatole France, ils l’ont creusée si profonde, à cause de la rivière Ille qui coule pas loin, - ce n’est donc pas sans retour ! – qu’on imaginerait bien une baleine passer là-dessous. On ne serait dès lors qu’une petite balle bleue flottant sur son jet d’eau !

Il y a de petites étoiles sur le quai de la station Charles de Gaulle. Pour évoquer le képi du général ? Ou le métro parisien ? Moi, ce que je voudrais, c’est devenir une grande star, pas une petite étoile filante ! Montrer que j’ai les plus belles jambes du monde !

La station Triangle n’est pas très profonde. Mais la bouche d’aération a dû disparaître dans celui des Bermudes. Je ne l’ai pas trouvée.

Il y en a bien une sur la place Hoche mais c’est celle du parking souterrain. Sentir les hydrocarbures, non merci. Je préfère le Channel. Je veux dire le Chanel n° 5.

Pareil pour la station Poterie. Elle est aérienne et située au milieu d’un rond-point ! Tourner en rond à Rennes, je ne fais que ça depuis dix-neuf ans. Tourner c’est sur un plateau ! « Moteur », pas « moteurs » !

A la station Sainte-Anne toutes les lignes de la déco sont de traviole. Et maintenant A et B vont s’y croiser. Moi ce que je veux savoir c’est comment épouser un milliardaire, pas comment faire la manche sans voir le bout du tunnel avec un punk à chiens. Et pis… pareil qu’Anatole France profonde.


A Villejean-Université j’ai cru que ça ferait l’affaire. Il y a là, pour servir de puits de lumière à la station, un parquet de vitres vertes en verre dépoli. L’été, lorsqu’on est sur le quai et qu’on lève le nez on voit les pieds des gens au-dessus. Rien n’interdit à un président de passage d’imaginer, sous des robes bouffantes comme celle que je porte aujourd’hui la joyeuse parade des dessous affriolants, la pêche aux trésors du septième ciel, le petit nid d’amour de la nouvelle Eve… Ensuite, quand la ville dort, le prince et la danseuse deviennent les rois de la piste, car le démon s’éveille la nuit… »

Lakévio 52 Sally Storch


- Hey Maryline ! Pourquoi une valise pour aller en boîte ?

- Je ne viens pas danser, les filles. Je suis venue vous dire que je m’en vais !


- Ho ? Où ça ?


- A Paris. Là-bas il y en a, des bouches d’aération. Je veux leur montrer que j’ai les plus belles jambes du monde !


- Tu nous écriras, quand même ?


- Ben oui, évidemment. Vous savez que j'adore ça, écrire. Et puis si ça rate, je reviendrai bosser au Banana Club !


- Ben salut alors, Maryline !

Elles échangent des bises et la graphomane en bleu s’éloigne de l’arrêt de bus en direction de la gare avec sa valisette à la main.

- Celle-là, confie Gina à Judy, elle a toujours fait du cinéma !

- Si elle veut montrer ses jambes, elle n’a qu’à faire comme nous et porter un short ! Toutes les filles s‘habillent comme ça aujourd’hui ! Quelle idée vintage de se faire soulever ses jupes par le passage d’un métro !


- Pourquoi pas par une locomotive à vapeur ?!


- On l’appellerait alors une évaporée !


Elles éclatent de rire.


- Allez, tant pis pour elle, on y va ! Arrivée d’air chaud, Maryline !


Elles rient de plus belle en montant dans leur voiture pour aller danser au Loup-Garou, la discothèque de Chavagne.

Ne manquez pas de lire le chapitre 2 de notre grande success story :
« Choisie entre toutes».

Il s’intitule « Montparnasse, bienvenue ! ».


Ecrit pour le jeu n° 52 de Lakévio à partir du tableau de Sally Storch 

22 mars 2017

SUITE ALLITÉRATIVE EN CAR (ET EN ENCART)

Dans mon quartier, il n’y a rien que des toquards. Ils sont tous encartés au cartel des adorateurs de la Lune des Caraïbes et du coup ils ne racontent que des carabistouilles.

Leur grand jeu c’est d’inventer des devinettes stupides et des questions idiotes. En voici une cargaison :

- Quand on pousse Paulette sur l’escarpolette, qu’est-ce que Fragonard peint ? Ses jambes écartées, ses jarretelles carmin ou ses blancs escarpins ? Son carpaccio de dentelles ou son cari de paupiettes ?

- Si Carla Bruni fait cadeau d’un costume Cardin ou d’un cardigan de luxe à François Fillon, qui faut-il passer au Kärcher ?

- Quand on trouve un sceptre dans un autocar, doit-on l’offrir à Emmanuel Macron ou lui dire «Tintin ! C’est pas bon pour ton karma !» ?

- Faut-il s’étonner de finir sur un brancard avec un trocard quelque part quand on a avalé quinze quatre-quarts, quarante kilos de carambars, une crème caramel et quatre caramboles par-dessus sa ration de pâtes carbonara et que le bicarbonate n’a fait aucun effet ?

- Comment faire pour aller au carnaval de Carvin déguisé en infarctus du myocarde ?

- Pourquoi ne voit-on jamais de caribou sur les carrousels de Khartoum ? Cet animal est pourtant assez orignal !

- Quand on loge dans une suite au Carlton ou dans une chambre au Sofitel de New-York, peut-on demander à la femme de chambre d’arborer une cocarde et de danser la carmagnole sous prétexte qu’on est soi-même sans culotte dans la salle de bains ?

- La tortue Caroline se carapaterait-elle plus vite si sa carapace était en carton ?

- Monsieur l’instituteur, pourriez-vous dispenser ce jour notre fils René Descartes de géographie ? Ca le et vous changerait des dispenses d’EPS.

- Si Carthage doit être détruite, si l’épanouissement du monde est en carafe, n’est-il pas l’heure de prescrire ou souhaiter l’équarrissage pour tous ?

- Si Ricardo boit trop de Ricard avant de reprendre le volant de son camping-car, arrivera-t-il à l’heure de l’apéro du soir à l’opéra de Carpentras ou, paraît-il, Carmen cartonne ?

- Peut-on utiliser le carbone 14 pour dater les titres de noblesses de Valéry Giscard d’Estaing ou les parties d’échecs d’Anatoly Karpov ?

- Qu’un cardinal caresse l’espoir d’un rencard érotique avec une carmélite, c’est dans l’ordre religieux des choses. Qu’il glisse des cartes postales représentant Carcassonne ou des images pieuses dans le cartable du lascar Babacar, il est normal dès lors qu’on le brocarde.

- Pour aller à Caracas vénérer la zarzuela et la danser vaut-il mieux emprunter un cargo, une caravelle, un drakkar ou les ballerines écarlates de Carolyn Carlson ?

- Si le cardiologue te dit que ta tuyauterie est carrément carbonisée, appelle un plombier, pas un carreleur !

- Est-ce que j’te d’mande si les vampires des Carpathes passent leurs vacances en Picardie ?

- Qui vole un œuf vole un bœuf. Qui carotte un carrosse peut se voir transformer en citrouille par la fée Carabosse. Si les carlins qui aboient cassent trop les pieds des fidèles est-ce que la caravane passera carillonner à Cuba ?

 

Dans mon quartier, il n’y a rien que des toquards. Moi je les boude ! Quand je croise un de ces bouffons ou un marabout en boubou sur le boulevard Edmont About, je mets les bouts !

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Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 21 mars 2017 d'après la consigne ci-dessus

19 mars 2017

UNE AVENTURE D'ALOIS ET PÉTULA

- Pétula chérie, n’aurais-tu pas vu mon bazillac ? Je le cherche partout !

- Ca commence à devenir énervant, Alois, ta manie de tout oublier tout le temps ! Un jour tu égares khangelsk, le lendemain tu perds nambouc… As-tu regardé sous ton bouctou ?

- Oui mais il n’y est pas.


- Et dans ta nanarive ?


- Non plus.


- Je ne sais pas, moi ! Où tu le ranges, d’habitude, ton bazillac ?


- Entre mes rignacs et mon télimar. A moins que ce soit entre ma zamet et mon talembert ?


- Ecoute, Alois, c’est à chacun de gérer sa marcande et son derborg, tu ne crois pas ?


- En même temps, si tu ne laissais pas traîner partout tes saloniques, ta rascon et tes gucigalpas, on s’y retrouverait un peu plus, tu ne crois pas ?


- Je t’en prie, ne te mêle pas de ma lakoff, de mes roberts ou de mes idoncanons ! Parce que ton quédec à toi, il faut voir !


- Voyons, Pétula, calmons-nous et réfléchissons posément. Je suis sûr de l’avoir laissé ici hier soir. Est-ce que… Est-ce que tu pourrais te lever un instant ?


(Elle se lève de son siège)


- Mais enfin Pétula ! Tu es assise sur Mon cuq en quercy blanc ! Ca faisait trois jours que je le cherchais !


- Désolé, Aloys, je ne l’avais pas vu. J’espère qu’il n’est pas trop froissé ?


- Lui pas, mais moi si !


(Il sort en claquant la porte)


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***

Un peu plus tard.

- Dis donc, Alois, ton bazillac… C’était bien ce liquide jaune extrait de la pourriture noble du raisin et il se trouvait bien dans une jolie bouteille ?


- Ben… Oui, évidemment !


- Alors je l’ai retrouvé ! Enfin, je sais où il est ! Ou plutôt, où il n’est plus ! On a sifflé le litre hier soir avec ma lataverne et ma licorne pendant que tu étais à ta manrasette !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 446 d'après cette consigne

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16 mars 2017

J’IRAI VOTER QUAND MÊME !

Mais que font les ligues de vertu ?

Nous sommes là pour voir sortir de nos rangs le meilleur d’entre nous.

Nous lui accorderons, afin qu’il crée du lien, le grand sisal de la confiance qui tisse l’harmonie entre les citoyens et ouvre le chemin d’un avenir meilleur.

Nous lui signerons un visa de cinq ans pour qu’il gouverne le bateau et nous sorte des eaux troubles de la crise. Nous sommes sympathiques, nous. Et que se passe-t-il ?

Au fur et à mesure que nous écoutons les médias nous découvrons que dans l’arène où plus d’un homme d’honneur jadis boxa, là-même où l’on condamnait unanimement les retournements de veste, nous avons droit désormais à de la distribution de costumes, au remboursement, à l’aide de la cagnotte de l’Etat, de l’argent de poche des enfants de députés et nous sommes confrontés à une complexité quasi nodale en guise de manquement à la parole : un gordien vaut mieux que deux tu l’auras ! Bref, sous cette avalanche de nouvelles incroyables, devant ce spécialiste du ski hors-piste, nous restons cois. Sans doute parce que trop, c’est trop, Cadéro !

On voudrait nous soûler au punch qu’on ne parviendrait pas au dixième de ce résultat-là. Le punch de l’actualité nous envoie valser au pied de la haie, groggys, désemparés, ne sachant plus où nous créchons.

Car de l’autre côté, la situation n’est pas plus gaie. Il va falloir que je relise le règlement de la primaire afin de comprendre pourquoi personne ne se tient à ce qu’il a promis. Tous ces partis qui explosent, ces girouettes qui volent dans tous les sens et tou(te)s les pata-quès, je suis désolé de l’écrire mais… les couilles m’en tombent !

Bien sûr je les ramasse, parce que je sais qu’en Bretagne tout peut toujours resservir.

Qu’en penses-tu, toi, Louisa ? Et que prépares-tu dans le fond du garage ? Comment ? Mais c’est mon matériel pour pêcher à la ligne ?

Non, non, soyons sérieux ! Disons que je n’ai rien dit. Laissons les poissons tranquilles. Le gars à qui on offre des costumes, ce sera bien quand même s’il se ramasse une veste… gratos !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 14 mars 2017
d'après la consigne ci-dessus

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LECTURES COQUINES ?

Que les ligues de vertu n’en prennent pas ombrage !
J’ai posé mon transat entre l’arbre et la haie,
J’y lis les aventures extravagantes et gaies
De Louisa, Brigitte, Emmanuelle et Paulette
Qui, soûlées de désir, se sont mises en ménage
A quatre.

L’auteur, M. Earl Grey, n’a pas fait dans la nuance !
Ici on n’y va pas par cinquante chemins,
Même pas par quatre.

Tu as donc un visa valide pour Erosland
Et tu es installé tout juste au premier rang.
C’est grimpette à tous les étages et partouze à toutes les pages.
Toi, tu es juste dans la marge, en eau, en nage,
Plongé dans cette histoire comme dans une arène.
Ces ébats de sirènes, ces coïts d’amazones te laissent tout sauf coi…

Tu tournes les pages quatre à quatre…

***

Mais non, Mesdames, je plaisante !
Je n’ai rien dit, ne croyez rien de cet écrit !
Je suis tranquillement assis dans mon fauteuil
Et je lis dans « Ouest-France » les résultats du ski !

Et il faudra me payer cher
Pour que je relise Miller !

Non, pas Gérard, Henry !

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Photo prise au carnaval de Granville 2017

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 14 mars 2017
d'après la consigne ci-dessus

14 mars 2017

CONFUSION DES VOYELLES INITIALES CHEZ L’IMPATIENT ÂGÉ

Lakévio 51 Chris-Aggs -Echo & Narcissus 114596876
Chris Aggs - Echo & Narcissus

- Que nous dit en ce jour
Cacochyme, l’ingambe vieillard ?

- Jonquille ! Jonquille ! Jonquille !
Comme tout un chacun j’onquille les années,
J’éccumule les berges,
J’émasse les printemps,
Je vois réglissonner le rouleau de mes zans !

Une fois dans l’année, quand iclôt la fleur jaune,
Un vent de renouveau onvahit mon logis.

J’ivre grand la fenêtre
A ces couleurs nouvelles,
A ces oudeurs douceâtres.

Il fait un temps à faire « égité du bocal »,
Un temps à ressortir tous les tours de son sac,
Un temps à pétiller de malice nouvelle
Dans la soie jaune du tapis au pied des arbres
Ou devant ce ciel de promesses ;

Un temps à pétiller plus haut que son QI,
Fût-il bien cuit ou jaune écru !

Ah ! Quel bouleau, partout !
Que de taches m’attendent,
Iblouissantes aux yeux !

Il va falloir retondre
Il va falloir itendre
Le linge sur la corde :
La nature a reçu, cadeau de renaissance,
- Fort aimable coutume ! -
Un bien joli costume.
Ôu, Dieux, quelle ilégance !

Il va falloir semer l’émour autour de soi,
La pétulance, le pétunia,
La coquecigrue, le coquelicot,
La gentillesse, la gentiane,
La joie simple et la jacinthe.

Il faudra badiner, jardiner,
Lutiner, lupiner,
Crocusser la vie à pleines dents,
Casser la graine avec Marjolaine,
Affeuiller Marguerite,
Vivre d’amour, d’eau fraîche,
D’ouxygène et de plaisir,
De bon grain et d’ovresse
Dans tout ce beau de l’air !

Et je me sens d’haimeur
A cueillir l’idelweiss
Et fleurir d’ommortelles
Mon rebord de fenêtre !

Il fait un temps à se sentir
Dans la fleur de son êge !

Pistil, ce sentiment,
Durer jusque toujours ! »

- Puisses-tu dire vrai, fort imable vieillard !

- ???

- Zut ! J'ai chopé son effection !

Ecrit pour l'atelier 51 de Lakévio d'après le tableau
de Chris Aggs - Echo and Narcissus

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11 mars 2017

UNE SOIREE AU HAVANA CLUB

La lambada, pour danser ça, 
Il faut porter un panama
Et un costume en alpaga

Pas besoin de savoir lire le cyrillique ;
Pas besoin de cacher son look de bonobo.
On se trémousse juste au son de la musique
En compagnie d’une bimbo.

DDS 445 Roudoudou 7,5 x 10 - attention l'encre tache

« Roudoudou », « Riquiqui », si tu n’as que cela
Dans ta bibliothèque, tu peux danser quand même.
Elle n’est pas difficile cette contorsion-là :
L’individu lambda danse la lambada.

« Au jeu du mistigri, faut tirer la plus belle
Des cartes ! » disait René.
La lambada se danse avec des jouvencelles
Qui ont des ananas en guise de roploplos
Et des éconocroques assez bien rebondies
Qu’on appelle fessier. Elles cachent cela
Avec un peu de peine comme un petit pactole
Dans un peu de tissu qu’on nomme bikini.

DDS 445 lambada


D’où nous vient la lambada ?

Bien sûr, pas du Sahara !
Du Kamtchatka ? De Tbilissi ?
Du Togo ? Ou de l’Iowa ?
Des Bahamas ? De Virginie ?
Madagascar ? Pleumeur-Bodou ?

Sur les bords du Mississippi la danse-t-on ?
Sur la neige du Canada se secoue-ton
Sur son rythme si répandu (quel matraquage !) ?
Rimbaud la dansait-il déjà
Sur les dance-floors d’Abyssinie ?

On sort de la piste hébété,
Ensorcelé par Barbara,
Son mascara, ses mascarades,
Ses manières de bonne camarade,
De reine du bal de l’ambassade
Qui vous enivre d’embrassades.

Un petit coup de ratafia
Pimenté de pili-pili
Et la danseuse vous embarque
Pour une nuit dans l’infini
Et plus si pas d’inimitié
(Visite de son intimité,
Chute de la timidité,
Ecart de la frigidité,
Interdiction d’être inhibé
Car elle va tout exhiber…
Bref, une invite au radada !)

***

Au petit matin, raplapla,
Vous vous réveillez seul au lit,
Ronchonchon sur le polochon,
Le cabochon endolori.

La Mata-Hari est partie
Emportant vos liquidités
Vers le pays d’Iphigénie :
Aulide ou Tauride en bolide
Car vous ne trouvez plus non plus
Les clés de la Lamborghini !

Comment ? Cet été, vous dansiez ?
Eh bien, déchantez, maintenant !

***

La lambada, on n’aime pas ça !
Nous on préfère la java !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 445 à partir de cette consigne

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07 mars 2017

EDMOND ROSTAND, C'EST DE LA POULARDE ?

A Cyrano moutard sa maman disait souvent : « Tes rodomontades me montent au nez ! ».

C’est que dès potron-minet il foutait la frousse au chat. Au lieu de lui filer du mou, il lui faisait moult agaceries. Le jeune gougnafier au visage chafouin avait bien repéré que le chat était pleutre. C’était un matou pusillanime comme on dit dans le Gard. Après ses ablutions matutinales le Mistigri subodorait que le jeune primesautier sortirait de sa besace quelque sottise ou cruauté à son endroit bien destinée. Quelquefois, à brûle-pourpoint, le garnement approchait une bougie de son pelage. « Ca sent le roussi ! » miaulait-il en son for intérieur et en se carapatant. Il traînait son gros ventre au-dehors de la maison, il fuyait les calembredaines du gamin pour aller s’en plaindre au coq Chantecler qui était du genre mère-poule avec lui.

La maman de Cyrano fustigeait fréquemment son marmouset : « N’as-tu donc dans ton escarcelle que des fariboles et des galéjades ? N’es-tu donc point en âge d’aller courir la prétentaine, de lever quelque jouvencelle callipyge, de trousser quelque domestique, à tout le moins de jouer au docteur avec une péronnelle des alentours ? Je finirai par t’emmener chez la sorcière Bardot si tu continues ainsi à faire dans la zoophilie ! ».

Que vous dire d’autre de Cyrano ? De par Dieu, pas grand-chose ! Je n’ai jamais constaté que l’on eût consacré à un paltoquet pareil une pièce de théâtre, un roman ou un biopic ! L’homme n’avait rien pour lui et mentait à tel point que son nez s’allongeait dès qu’il ouvrait la bouche ! C’est la seule chose qui lui valut de rester, dans des manuels d’histoires littéraires pertinents mais obsolètes, comme celui qui servit de modèle à Carlo Collodi pour son histoire de pantin de bois explorateur de baleines. Si n’était sa patrie périgourdine qui lui dresse statue, on l’aurait totalement oublié, ce matamore de rire !

Car, et bien qu’ayant goût pour le Layon aux côteaux mirifiques, je trouve le Bergerac aussi bien gouleyant ! Et donc, subrepticement, je m’en verse un godet et lève mon hanap bien haut ! Certes pas à sa gloire mais à votre santé à toutes et à tous !

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Ecrit pour le jeu n° 24 de Filigrane d'après cette consigne

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FOLIES MURALES

Si j'écris "acrobate" dessus, est-ce que ça lui fait les pieds, au mur ?

Si j'y lis tant de fautes d'orthographe, est-ce de sa faute, au mur ?

Pour passer de Berlin la sinistre à la Grèce fantaisiste d'Offenbach, grand mur, mue donc !

Aucun de nos murmures jamais ne franchira le mur du son !

Défense d’uriner, défense d’afficher ! Ce n’est plus un mur, c’est un éléphant !

Que serais-je sans toit ? demandait Aragon. Sans porte et sans fenêtres vous seriez, murs, s’il pleuvait, une jolie piscine !

Le mur me pose toujours, à moi, la même question qu’un carnaval : un confetto, des confetti, des confettis ? Un graffito, des graffiti, des graffitis ?

Tous ces mots sur les murs : l’imbécile écrit sur la ville genre « je vous salis, ma rue » ;
Moi j’écris sur la ville mais c’est dans mon cahier genre « je vous rends belle, ma Rennes ».

- Docteur, s’inquiète le mur, j’ai de vilaines plaques sur le ventre…
- C’est pas graff, répond le docteur très af-Léo-fairé. Avec le temps, va, tout s’en va !

C’est comme l’homme politique. C’est pas graff ciment. C’est son job, mon pauvre ! Faut juste pas croire aux pro-messe ni aux contre-vérité.

Dans le mur du théâtre classique Bertolt a ouvert la Brecht de la distanciation.

Construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, ça coûte combien de briques ?

- Le prisonnier qui fait le mur s’en éloigne très vite alors que nous qui faisons notre boulot nous y retournons tous les jours. Le lundi au soleil, c’est une chose qu’on n’aura jamais.
- Une seule solution, devenez maçon ! Ca n’est jamais au même endroit !
- Ou alors allez en prison, allez directement en prison. Ne passez pas par la case « départ ». Ne touchez pas frs 20 000 ni la petite cuillère pour creuser.

- Pourquoi le poète serait-il inspiré par cette image ? Qu’est-ce qui le stimulerait ici au point de pondre des vers bien à soi ?
- C’est que le bombyx du mur y est.

- On introduit l’anglais dans la langue française parce que les mots sont plus courts !
- Ah oui, monsieur Pink Floyd ? "Wall" est plus court que "mur" ?

Sauf accident, les murs d’enceinte ne mettent jamais bas.

Quand on pose la première pierre de la maison du maréchal et que c’est juste un tas de bois, c’est qu’on on ne fait pas dans le solide. Ceci n’est pas qu’une La-palissade, comme aurait dit Magritte.

Celui qui va droit dans le mur, qu’il ne s’étonne pas de prendre un par-paing dans la gueule !

En Chine, c’est duraille d’escalader la grande muraille. Il faut faire preuve de bravitude mais là je ne déraille plus, je raille !

Ecrit pour l'Atelier n° 50 de Lakévio à partir de cette image

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