12 mai 2021

LES RETROUVAILLES

AEV 2021-30 Jean-Paul - Tampons

Je vais me faire ce jour le porte-parole des animateurs d’ateliers d’écriture en vrai pour avouer que c’est assez casse-gueule de vouloir trier dans le bric-à-brac des propos échangés avant la distribution de la consigne et utiliser ces ouï-dire pour en faire sa contribution.

Surtout qu’aujourd’hui l’ambiance était bon enfant et même plus du fait des affinités : les ci-devant membres de l’atelier d’écriture de Villejean ne s’étaient pas revus depuis septembre de l’année dernière.

Alors autour du thé et des biscuits on a fait des aller-retour entre les bonnes sœurs sadiques de Dol-de-Bretagne, les comparaisons de centres de vaccination anti-covid, les wagons fumeurs remplis de volutes, les betteraves coloriées en bleu puis corrigées au doigt mouillé, les petites culottes souillées de pipi offertes en ex voto au vieux poêle à charbon qui chauffait la classe au temps du vintage, les enfermements dans la cave pour apprendre à dessiner une feuille d’arbre dans le noir. De quel obscurantisme ne sortons nous pas, les un·e·s et les autres ?

Il faudrait que je sois un sacré jean-foutre pour opérer un fric-frac aussi impudique dans les curriculum vitae de ces dames. Et même un sacré fortiche du coq-à-l’âne pour évoquer à la suite la découverte tardive du boogie-woogie par une jeune retraitée qui en était restée à la pratique du fox-trot avec nu-pieds en compagnie de demi-sel prudents puisque pourvus de gilets pare-balles.

Mais j’ai suffisamment de Paris-Brest dans mon garde-manger pour vous raconter, au lieu de cela, l’histoire de mon clic clac parisien, vous dire lequel des deux dans notre couple est le chauffe-la-couche et aussi…

Ah non ! Finalement vous n’aurez rien ! Un faire-part en provenance directe du bureau de Marina Bourgeoizovna m’avertit que mon projet est knock-out par avance, qu’on ne parle pas de nos dessous-de-table, de nos dessus-de-lit et encore moins de l’inverse, même si on livre au compte-gouttes. Pas de hold-up sur notre vie privée, c’est interdit !

Bon, tant pis, comme on disait chez les fabricants d’orgues des années 60, je jouerai les boute-en-train un autre jour !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean "at home" le mardi 11 mai 2021

d'après la consigne 2021-30 ci-dessous


11 mai 2021

UN DRÔLE DE RÊVE

John Salminen17S’il y a bien un endroit où il est interdit de fumer et de jouer à la petite marchande d’allumettes, c’est ici, dans ce bâtiment d’allure classique. C’est un grand quadrilatère qui a son entrée au 58 de la rue de Richelieu à Paris. Y était conservé, jusqu’à il y a peu, tout le patrimoine écrit imprimé sur le territoire français et ce depuis 1539. Voilà pourquoi il n’était pas rare de voir sur le trottoir, entre 1975 et 1980, Mlle Lhéritier ou M. Peyraube clopant "comme clopains" à gauche de la porte principale de la Bibliothèque Nationale qui n’était pas encore « de France ».

J’y allais avec mes collègues et ma chef de service, peut-être le mardi et le jeudi, je ne sais plus trop, visiter leur antre souterrain, la salle des catalogues. On y effectuait des recherches bibliographiques dans le National Union Catalog et d’autres monuments du genre encyclopédique en plusieurs volumes pour repérer ce qu’on n’avait pas trouvé dans le Cumulative book index ou le Books in print.

AEV 2021-29 JK - salle des catalogues BN 2

J’y étais encore cette nuit, à la B.N. Si, si, je vous le jure : bien que je n’y sois plus obligé je retourne bosser la nuit. Je ne maîtrise pas tout dans la vie et surtout pas mes rêves.

Si quelqu’un peut m’expliquer d’ailleurs ce que le président de la Maison de Quartier de Villejean de Rennes, Monsieur Deuxpoints Jacky, y faisait ! Il devait encore être en train de blablater en français mâtiné de gallo avec d’autres gens autour d’une table basse ronde et quand il m’a vu passer, il m’a interpellé pour me vendre un billet de tombola. Ça c’est sans doute parce que j’ai fait le pari pascalien de me faire vacciner samedi dernier !

AEV 2021-29 Jean-Paul - Escher

J’ai repris mon chemin et je me suis perdu. Dans mes rêves la Bibliothèque nationale est un compromis entre une maison de M.C. Escher et un labyrinthe pour rats de laboratoire… ou de bibliothèque. Il y a des passerelles, des escaliers, des couloirs, c’est tortueux, périlleux et parfois lorsque je n’ose pas avancer sur un pont de singe ou me suspendre aux bords d’une trappe, je déchausse et je me réveille.

Pas cette nuit. Parce que cette fois j’étais parvenu dans une partie inconnue, luxueuse, avec portes matelassées et meubles anciens. Un véritable home sweet home dans lequel on entendait une musique de clavecin qui s’arrêta au moment où j’allais sortir. Apparut alors à la rembarde de la mezzanine au-dessus de moi un vieil homme élégant. Il avait une allure de Michel Bouquet mais ressemblait en fait à cet acteur au regard noir, au masque froid que l’on voit encore dans les rôles secondaires de certains films mais dont on oublie forcément le nom. Alors que je m’excusais platement de ma présence en ces lieux privés, le directeur de la BN, car c’était lui, s’adressa à moi.

- Monsieur Krapov ! Vous vous y connaissez, en solfège, vous ?

AEV 2021-29 JK- Mademoiselle-Therese-Kleindienst1- Un peu seulement, répondis-je étonné de ce qu’il connût les noms de tous ses employés et les reconnût – sans que j’aie le souvenir de l’avoir jamais rencontré puisque la BN avait en 1974 une directrice du genre petite souris grise, native de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, qui s’appelait Thérèse Kleindienst et qu’on appelait T.K.

- Parce que, voyez-vous, ajouta l’homme à l’allure de lord anglais, je suis en train de composer un opéra.

- Intéressant ! De quoi s’agit-il ?

- C’est l’histoire d’un vieil homme qui aime deux femmes. Il vit alternativement avec l’une et avec l’autre mais aucune des deux ne sait que l’autre existe. Il hésite à choisir entre les deux à cause de sa bibliothèque. Il a conservé tous les livres que l’une et l’autre lui ont conseillé d’acheter ou qu’ils ont lu ensemble ou qui évoquent des moments de leur vie. S’il choisit de vivre avec l’une, comment lui expliquera-t-il ces traces d’une autre. ?

Le reste de l’argument se perd dans les limbes du sommeil et dans un éclat de rire nocturne. Un opéra à un seul personnage !

***

Au réveil, une fois redescendu de l’escalier aux esprits, j’ai eu la répartie qu’il fallait, d’autant plus irrespectueuse qu’elle s’adressait à un fantôme :

- Si t’es embêté avec tes deux vieilles, t’as qu’à tomber amoureux d’une gamine de seize ans ! Les Lolita s’en foutent des livres, elles préfèrent leur smartphone !

Je lui ai même trouvé un titre, au dirlo, pour son opéra : Docteur Folamour !

Quand je rêve la nuit, je suis encore plus con que quand j’écris le jour !

P.S. Oui, je sais, sur l’image, ce sont les guichets du Louvre et pas la B.N. ! Si vous êtes sages je vous parlerai de Belphégor une autre fois ! Et puis on ne disait pas "directeur" mais "secrétaire général" dans cet établissement.


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du 4 mai 2021

d'après la consigne AEV 2021-29 ci-dessous

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08 mai 2021

SOUVENIRS PAS ASSEZ NÉBULEUX A SON GRÉ D'UN HYPERMNÉSIQUE DÉBORDÉ

Jean-Paul et Jean-Pierre à Bonneuil (retouchée)

Je suis assez âgé maintenant pour pouvoir dire que j’ai vécu à l’époque du dieu Vintage.

La vie y était résolument en noir et blanc comme sur cette-photo-ci où l’on me voit avec mon frère William. Mes trois frères et moi portons les mêmes prénoms que les frères Dalton mais ça m’importe aussi beaucoup, à moi l'affreux Joe-Joe, de savoir quand est-ce qu’on mange et quand est-ce que les restaurants rouvriront.

Ça date d’entre 1960 et 1970. La maison se trouvait dans une rue tranquille de Bonneuil-sur-Marne. C’était le pied-à-terre que mes grands-parents occupaient quand mon grand-père montait à Paris pour travailler à la « Fédé ».

La voisine s’appelait Madame Bidart ou Bidard mais ça ne m’a pas permis de retrouver l’adresse du lieu sur Google maps. A quoi bon du reste ? A quoi bon mémoriser une adresse de plus qui ne servira à rien ni à personne ? Reste juste une photo du genre « jours heureux de l’enfance ».

C’est comme les PILI dont j’ignorais qu’on les désignât sous ce vocable ! Je me souviens très bien que ça les amusait beaucoup, les grands-parents, de faire découvrir à ces innocents du village que nous étions l’univers encore très Jacques Tatiesque de la capitale. Notre premier escalier roulant à la station de métro Ourcq ! Le panneau indicateur lumineux d’itinéraires, le Pili donc, avec tous ses boutons et ses voyants colorés qui affichaient le trajet à effectuer pour aller de «Vous êtes ici» à «vous voulez aller là-bas». Oui, un genre de GPS avant l'heure si vous voulez, «Pour Invalides, changez à Opéra» comme chantait le poète poinçonneur. Le PILI, une invention qui met du piment dans votre vie !

DDS 662 213 rue LafayetteParce que plus tard le pied à terre s’est trouvé au 4e étage d’un immeuble de la rue de Lunéville à Paris. Grand-mère nous emmenait parfois à pied jusqu’au 213 de la rue Lafayette retrouver Grand-père à l’heure de sortie du bureau. C’était tout droit dans le prolongement de l’avenue Jean Jaurès et on s’arrêtait pour regarder les bateaux dans l’écluse du canal Saint-Martin.

Je me souviens encore du hall d’entrée et du grand ascenseur qui nous emmenait au 2e étage où se trouvait la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol. Je me rappelle les noms des collègues de «l’homme fort du Pas-de-Calais», je revois des visages : Henri Martel, Achille Blondeaux, Stanis Walczak, Charles Diet, Lucien Labrune, Augustin Dufresne, Victorin Duguet qui m’avait surnommé «L’avocat sans cause». J'étais sans doute assez bavard et "rameneur" à l'époque !

DDS 662 La Nébuleuse d'Andromède

Ca vous fait des bosses à vous, hein, tous ces estimables fantômes, ces braves types qui n’ont pas vécu centenaires. Vous, vous attendez juste la nébuleuse ! Eh bien c’est là qu’elle était, au 213, venue directement d’URSS, installée sur une petite étagère parmi quelques livres du même acabit : «La Nébuleuse d’Andromède» un roman d’Ivan Efremov publié aux Editions de Moscou en 1959.

Pourquoi je me souviens encore de cela ? Je ne vais pas partir en chasse de ce vieux nanar puisque je ne lis plus rien désormais que des blogs ici et là avec leurs récits de frottements qui durent depuis vingt ans, le Canard enchaîné, des bandes dessinées de cette même époque vintage récupérées grâce à des camarades roumains et des revues de jeu d’échecs qui m’apprennent qu’un joueur russe nommé Nepomniachtchi a gagné le tournoi des candidat ?

Nepomniachtchi ! A peu de chose près, en russe, c’est "nié pomniat’" : Ne te souviens pas !

Ultime gag, l’image du PILI qui clôt ce billet a été capturée sur un site qui parle de Patrick Modiano, grand nostalgique d’un Paris qui n’existe plus, et le site s’appelle… Spacefiction ! Ca ne s’invente pas !

DDS 662 PILI

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07 mai 2021

ENSEMBLE C’EST TOUT

Jeu 64 de La Licorne

« J’vous écris une petite bafouille
Pour pas qu’vous vous fassiez d’ mouron
Ici on est aux p’tits oignons
J’ai que huit ans mais je m’débrouille »

Pierre Perret - Les Jolies colonies de vacances

 

Tous ensemble nous nous agglomérons
Comme des queues de pelles

Tous ensemble nous nous assemblons
Comme les blés

Tous ensemble nous convainquons
Comme la lune

Tous ensemble nous dévalons
Comme un jour sans pain

Et quand nous serons là
Juste-au-dessus de vous
Nous nous éclaterons
En orage et en pluie

Tous ensemble prenez
Vos jambes à vos cous

Tous ensemble prenez
La poudre d’escampette

Tous ensemble courez,
Baskets et sandalettes
Vous abriter
De la tempête

Les moniteurs après goûter
Vous assembleront pour un temps
Vous dévaleront du papier
Vous aggloméreront autour de l’encrier
Vous convaincront qu’à vos parents
Il vous faut raconter comment

Une colonie de nuages
A gâché vos vacances

Ecrit pour le jeu 64 de Filigrane (L'Atelier de La Licorne)

à partir de cette consigne.

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03 mai 2021

RÉFLÈKSIONS SUR LA RÉFORM DE L’ORTOGRAF

AEV 2021-28 Jean-Paul - bonnet d'âne

Réflexions sur la réforme de l’orthographe

Ce qui est bien, dans cette réforme de l’orthographe, c’est qu’elle est on ne peut plus républicaine, même si la fantaisie y semble reine.

En effet on y gagne ceci qu’on a toute liberté de faire des fautes d’orthographe. Celles-ci ne seront plus comptabilisées un point en moins et tous les élèves, quoi qu’ils aient écrit, se retrouveront avec un vingt sur vingt, au moins en dictée ! Ce qui ne nuira pas à l’égalité et développera peut-être la fraternité.


Règle du "m" devant "b" et "p"

On ne met plus de "m" devant "b" et "p". On écrira donc :

Les inbécil inbus d’e même ki nous on t'enpéché de sortir o téatr et o muzé pandan un an on pri de l’enbonpoin kom tou le monde. Byin fé ! Ankore ne s’inbibe t’ils san doute pa de Kronenbour en avalan leur purée-janbon !


Le pluriel des mots et adjectifs

- On n’a plus besoin de mettre un "s" aux mots et adjectifs quand ils sont introduits par l’article défini lé ou l’article indéfini dé.

Exemples :

Le Prézidan a suprimé l’ENA parske, a t’il déklaré, il n’en sortè que des krétin.

 Lé jour z’ere vont revyindr  en mèm tan que le pas vaksinal

- On peut, mais c’est facultatif, conserver un "s" au bout des mots commençant par "de" ou "d’"

La Bretagne est régulièrman anvaie de Pariziens ki fui la kapitale ou il y a, dize t’ils, trop d’étrangés.

- Sire, la rue est plène de pékins qui porte tous un jilé jone !

- Ke se pase t’il ? Sé un aksidan ? Dé Chinwa ?

- Non Majèsté, sé une révolusion !

AEV 2021-28 JK Petiti pied chevals
Le pluriel des mots en "al"

- Il redevient «al» ou «als» et plus jamais «aux»

Exemples : 

L’ipodrom est un andrwa ou on fé dé kours de chevals, ou lé parieur porte de bo futals et lé bèle dame dé chapo de carnaval trè z’original.

- Si, par tolérance, on conserve le pluriel en "aux", on prendra soin alors de prononcer le "x" final :

Exemples :

Veniz è t’une vile plène de canoks sur lékèl navig dé cano nwars k’on apèl dé gondol 

La premièr vwatur de mé paran a été une dedeuch pui il z’ont acheté une katre chevals et mintenan k’ils on de gro kapitoks il roul à vélo pour entretenir leurs biskoto et leur louk de bobos. Oui, bien sur, avek asistanse élèktrik !

AEV 2021-28 Jean-Paul - des binious
Le pluriel des mots en "ou"

Il redevient "ou" ou "ous" mais plus jamais "oux".

Exemples :

« J’é caché les bijous de la Castafiore dan z’un buison de ou, là ou trènè la ou du jardinié chelou » a avoué la pie o policiés ripou ki se gratè lé genous et le somé du kayou parsk’ ils z’avè dé pous

Un binyou c'est tèribl ! Pluzieur binyou sé insuportabl ! É si le pluriel d'un binyou étè dé kornemuz, sa n'i chanjerè rien !


Le cas du "e" final pour marquer le féminin

L’article défini «la» et l’article indéfini «une» indiquent la présence d’un nom féminin. S’il y a en plus un "e" muet au bout du mot le féminin est marqué doublement. On ale choix de conserver cette terminaison "e" ou de ne pas l’écrire

Exemples

La verj, la baniole, la bibine, la chase, la gloriole, la fanfaronade, la mufleri, la misogyni, la crétinitude sont tous des noms féminins. Etonan, non ? 

Alon z’enfans de la patrie
Le jour de glwar è ‘arivé
Kontre nous de la titani
L’étandar sanglan é levé

AEV 2021-28 Jean-Paul - O ouvert et fermé
O ouvert et O fermé

Bien qu’il n’existe plus de fautes d’orthographe, le premier jet de la réforme ne dit rien sur les différentes graphies possibles du son "o". Or on ne prononce pas de la même façon «une cotte de maille» et «une côte d’agneau». D’ailleurs ni l’une ni l’autre n’ont le même goût ni la même consistance.

Les uns ont suggéré que le o fermé soit signalé par un accent circonflexe.

Exemples :

Un côboy qui vient vèr twa avec un gran koutô, sa fou lé chôkot ! Pous vit un cri de côyote et bar toi ô gran galô ! 

Léon Zitrone s’é t’asi sur le trône. Napoléon ôte sa couronne et la pôse sur la tète de sa bôbone.

Il falè ôzé Jôzéfine, a grômelé le maréchal Bashung

 Il semble qu’il y ait plus de "o" fermés –chocolat, bonobo, héros, métro, boulot, dodo que de "o" ouverts : crotte, motte, escalope, robe, méforme

Certains linguistes de notre équipe ont suggéré qu’on laissât la graphie aussi libre que la prononciation et qu’on écrive simplement "o" pour les deux cas.

D’autres proposent qu’on garde la consonne redoublée qui suit le o ouvert.

Moto-krotte et non moto-krote

Exemple :

Voyèle... Voyèle... Konsonn... Konsonn... le kont é bon !

Bref vous faites comme vous voulez, ça reste ouvert


Les lettres de liaisons bien ou mal-t-à propos

On l’a vu dans nos exemples ci-dessus. Il est permis d’utiliser des lettres isolées suivies d’une apostrophe en début de certains mots commençant par une voyelle afin de respecter les liaisons pratiquées dans l’orthographe ancienne et qu’on entend dans le langage parlé.

Exemple :

Sé t’asé pour ojourdui ! 

Salu lé z’ami·e·s, mé z’élucubrasion son tèrminé je m’en vé z’o dodo !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du 27 avril 2021

d'après la consigne ci-dessous.

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01 mai 2021

LA DURE VIE DES ACTEURS

Si tu t’imagines – Juliette Gréco
(Raymond Queneau ; Joseph Kosma) 

1 Pont
Si tu t'imajine Fiyète fiyète
Si tu t'imajine Se ke tu te goure
Fiyète fiyète  
Si tu t'imajine Lé bo jour s'en von
  Lé bo jour de fète
K’ sa va k’sa va k’sa Soley z’et planète
Va duré toujour Tourne tous en ron
La sézon dé z’a  
La sézon dé z’a Mais twa ma petite
  Tu marche tou drwa
Sézon dé z’amour Vèr s’ ke tu n’vwa pas
Se ke tu te goure  
Fiyète fiyète Trè
Se ke tu te goure Sournwa s'aproche
  La ride vélose
2 La pezante grèsee
Si tu krwa petite Le menton triplé
Si tu krwa a a Le muskl avachi
Ke ton tin de rose  
Ta taye de guèpe 3
  Alon keuye keuy
Té minyon bisèps Lé roze lé roze
Tes ongle d'émay Roze de la vie
Ta kuise de ninfe Roze de la vie
Et ton pié léjé  
  Et que leurs pétals
Si tu krwa petite Soi la mer étale
K’ sa va k’sa va k’sa De tou les boneurs
Va duré toujour De tou les boneurs
Se ke tu te goure  
  Alon keuye keuy
  Si tu le fè pa
  Se ke tu te goure
  Fiyète fiyète
  Se ke tu te goure

- Mais qu'est-ce qu'elle t'a fait, Joe Krapov, l'orthographe, pour que tu la maltraites comme ça aujourd'hui ? T'es devenu misogyne ou quoi ?

- A moi rien ! Je la maîtrise très bien, je suis très correct avec elle, je respecte ses règles, je pense avec Aragon que la femme est l'avenir de l'homme et avec Renaud que l'homme n'est l'avenir de rien.

- Alors ?

- Alors les temps sont durs ! Avec le confinement ça fait un an que je n'ai pas tourné alors j'ai accepté le premier scénario qu'on m'a proposé, même si c'est un rôle de composition et que je suis, c'est vrai, à contre-emploi.


- C'est qui le producteur de ce film ?


- Harvey W. !


- Ho ? Ils l'ont libéré ?


- Non, celui-là c'est Harvey Walrus ! Lui il court toujours ! Plus vaillant et provocateur que jamais !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 661 d'après cette consigne : Misogyne.

26 avril 2021

A LA FIN DE l'ENVOL QUI TOUCHE LE PACTOLE ?

Quand les poules auront des dents
Je cesserai d’avoir l’air de regarder le monde comme un couteau trouvé

Quand passeront les cigognes
J’arrêterai de penser à la matriochka qui porte dans son ventre son bébé tout pareil

Quand nous chanterons le temps des cerises
Je me souviendrai de la Commune de Paris plutôt que de Napoléon

Quand refleuriront les lilas blancs
J’irai admirer les glycines mauves ici et là dans Rennes

Quand tous les soldats reviendront de guerre
Je n’en reviendrai pas si ça arrive un jour

Quand ils seront morts les poètes
Leurs chansons  continueront de courir les rues

Quand s’en reviendra l’homme qu’attendait Barbara
Je n’en saurai pas plus sur son compte si ce n’est qu’il arrivera trop tard

Quand on n’aura plus que l’amour
Quand les hommes vivront d’amour
Quand la musique sera bonne
Quand on arrivera en ville
La Madelon viendra pour nous servir à boire

Quand trois poules iront aux champs
Qu’elles se méfient du renard :
Lui ne vit d’amour que de la bonne chère

Quand on se promènera au bord de l’eau
Quel renouveau ! Tout sera beau !

Quand la mer montera
Pas question d’avoir honte de penser à Fernande

Quand les andouilles voleront
Je chausserai mes espadrilles
Et j’attendrai tranquille sur le plancher des vaches
Le coup de cloche et la chute de midi Icare

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Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 20 avril 2021

d'après la consigne ci-dessous

PUISQU' A DAME NATURE A MANQUÉ DE RESPECT TOUTE L'HUMANITÉ...

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Puisque Adam et puisque Eve
Ont été chassés du jardin d’Eden
Puisque nous saccageons les forêts et les rêves
D’y retourner jamais nous sommes bien punis.

Puisqu’avion et puisque voiture
Usines au bout du monde import-export trafic
Puisque désordre et aventure
Nous vivons des vies de fourmis

Puisque 5G ou lampe à huile
Aucun Napoléon ne trouve la marche arrière
Puisqu’on élit le plus débile
Nous avons un monde en folie

Puisque réchauffement de planète
Effet de serre plafond de verre et tout en vert
Puisqu’on est plus de cinq à Sète
Nous sommes une bandes de cons

Puisque chauve-souris pangolin
Nuit de Chine virus à couronne
Puisque c’est l’automne à Pékin
Nous voici confinés

Puisque, perspective d’Afrique,
Nous ne la verrons plus, la neige,
Cela me rend mélancolique
Nous randonnons périphériques

Puisqu’on ne dame pas le pion et même en vérité
Que nos pions n’iront pas à dame
Puisque Sisyphe et Prométhée
Nous sommes bel et bien condamnés

Puisque quelque chose a mal tourné
Puisque monde au bout du rouleau
Puisque système sur le sable 


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 20 avril 2021

d'après la consigne ci-dessous

TANT DE FOLIE HUMAINE

image003 (1)

Tant et tant de marins, autant de capitaines
Tant d’ordres et de contr’ordres, de « Garde-à vous ! », « Rompez ! »
Tant de vielles badernes, de casernes, de balivernes et billevesées
Tant de lignes Maginot et de calembredaines
Tant de guerres puniques et des pichrocholines, des Napoléoniennes
Tant de guerres de trente ans, de cent ans qui ont trop épuré, torturé et duré,
Tant d’énergie gâchée à recuire les haines
Tant de trous de verdures à soldats allongés
Tant d’horreurs et tant de charniers
Tant de chevaux crevés, éventrés, achevés
Qui pas plus que les hommes n’avaient rien demandé…

Tant de fois, tant de fois cette question posée :
Est-ce si compliqué que ça de vivre en paix,
D’oublier son cheval pour aller visiter
Un appareil photo posé sur la bedaine
Waterloo morne plaine ou l’ile de Sainte-Hélène
Ou Domremy où Jeanne eût mieux fait de rester
- Tant et tant de marins et tant de capitaines ! -
Filer la laine plutôt que de
Partir joyeuse et conne vers des courses lointaines ?

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 20 avril 2021

d'après la consigne ci-dessous

24 avril 2021

BOMBINETTE OU CHANSONNETTE ?

Oui, je sais, je ne me renouvelle pas !

Dans mon laboratoire rennais, vous ne voudriez tout de même pas que j'y fabrique des bombes atomiques, tout de même ? 
Ne vous inquiétez pas, d'autres s'en chargent ailleurs.

Non. Moi, je préfère pousser la chansonnette que de moccuper de l'élevage de champignons nucléaires !

Et donc, en compagnie de Boris Vian, celle-ci est en guise de remerciements  à ce cher oncle Walrus, notre tenancier  de boutique préféré !

 



Réalisé pour le Défi du samedi n° 660 d'après cette consigne : Laboratoire.