14 octobre 2018

LE PURITANISME VOUS (P) HÉRISSE-T-IL LE POIL ?

Lakévio 125 121235847

Tableau de Coby Whitmore

- Non mais tu te rends compte, Kiki  ? Tu l'as reconnue ? C'est une de ces horribles bonnes femmes qui font de la réclame pour Dépil Tech ! Ca me fait penser qu'il faut que je t'emmène chez le toiletteur !

- Wharf ! Wharf ! [Traduction : Toutes les excuses sont bonnes pour me chercher des ca-niches !]

Lakévio 125 Dépil Tech 1

Lakévio 125 Dépil Tech 2


Ecrit pour le jeu n° 125 de Lakévio d'après cette consigne

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13 octobre 2018

EN BATEAU, CHASSÉRIAU !

Lecteurs et lectrices du Défi du samedi, vous voulez vraiment
que je vous arnaque en vous parlant d’arnaque ? Pas de problème !

Lakévio 125 121235847

- Non mais tu te rends compte, Kiki ? Ce type qui monte dans la voiture, c’est le présentateur de la météo à la télé ! Il nous a prévu un temps superbe pour toute la semaine et lui il se balade avec un imper et un parapluie ! Quelle arnaque !

- Wharf ! Wharf ! [Traduction : Pauvre Isaure Chassériau ! Qu’est-ce que tu peux être crédule !]


Ecrit pour le Défi du samedi n° 528 à partir de cette consigne : Arnaque

... et de celle du jeu de "En bateau Lakévio !" n° 125

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10 octobre 2018

HIER ENCORE

AEV 1819-05 Aznavour

Hier encore Charles Aznavour était vivant. Plus trop en état de jouer au jeu de trousse-chemise avec une quelconque gaudeluronne bien sûr, vu qu’il n’existe pas de féminin à «godelureau» à part ce néologisme-ci, mais assez jeune encore pour avoir des projets stupides : faire un selfie avec Macron en Arménie, mourir sur scène comme Molière, se faire souhaiter, à cent ans, un bon anniversaire par le Carnegie Hall bondé jusqu’à la gueule, réenregistrer ses titres en rap «qu’est le dernier refuge de la poésie vraie» et tout ça et tout ça. «For me formidable !» le félicitait-on à la façon de Valentine qui les avait jolis d’après ce que disait Maurice Chevalier.

Hier encore Charles Aznavour était vivant. Et pourtant, quand il s’est allongé dans sa baignoire une petite voix intérieure lui a dit :

- Ne résiste pas, Charlie ! Ceci est un hold-up ! A partir de maint’nant tu m’obéis, tu t’laisses aller ! Je suis l’Ankou du lapin, celui contre lequel on ne peut rien. Je te le jure, sur ma vie et sur celle de Sainte-Anne, la patronne des Bretons, je ne suis qu’un exécutant. C’est Sainte-Maryvonne, ma patronne, qui a décidé pérempétoirement que t’as dépassé la date de péremption. Il faut savoir faire une fin. Vous les vieux vous coûtez un pognon de dingue à soigner, comme ils disent dans le nouveau monde, vous polluez l’air avec vos déplacements en avion et les plaisirs démodés qui sont les vôtres sont désormais insupportables aux oreilles de la jeunesse. Franchement, t’arrives à les réécouter, toi, les orchestrations de tes chansonnettes ? Allez zou, Papy, c’est l’heure de faire un œdème pulmonaire !

- OK, je ne discute pas, a répondu Charles, philosophe. Emmenez-moi voir la Mamma, Edith Piaf et les comédiens qui m’ont précédé au paradis des artistes. Je dois avouer qu’à certains moments de fatigue, je m’y voyais déjà.

- Le paradis ? Tu n’y penses pas ! a dit l’Ankou en partant d’un grand éclat de rire. Tu n’y penses pas sérieusement tout de même ? Ah le naïf, lui eh !

Hier encore Charles Aznavour était vivant et tout de suite après les deux guitares sur lesquelles il avait composé «Que c’est triste Venise» et ses mille autres titres ont fait «Plonk» et «Replonk» ! Elles se sont désaccordées d’un seul coup, elles ont sonné le glas, Aglagla, il y a eu un grand froid et Charles fut mouru.

***

Comme annoncé par l’Ankou il s’est retrouvé d’un seul coup dans cet univers-ci :

Plonk et Replonk - Le plumage des anges fermiers (réduite)

illustration de Plonk et Replonk

Ca pourrait être une ferme dans la Bohème des années 1900 ou dans son Arménie natale avant que la Turquie ne montre qu’elle peut être aussi forte et sinistre que son café amer.

En fait c’est la ferme de la Harpe à Rennes-Villejean en 1946.

Les damnés sont tout juste sortis de l’occupation, de la guerre et de ses horreurs. Ils sont condamnés à plumer les anges fermiers. Ils ont le regard triste des migrants de la jugeote qui rêvaient de mondes meilleurs, de paradis sur Terre, d’Amérique, de lendemains qui chantent. Ce sont les premières victimes du plan Marshall de Lucifer.

Remballée la marche des anges ! On les attrape, on les zigouille, on les plume et on les fait griller comme des poulets ! Les plumes sont envoyées à Hollywood où elles agrémentent les costumes et les postérieurs des danseuses de Busby Berkeley. Les girls du Lido et Zizi Jeanmaire adopteront elles aussi ce truc en plumes.

- Et les auréoles ? demande Charles, toujours curieux.
- On en fait des hula hoops pour les poupées Barbie !

Pauvre Charles ! Quel enfer ! Comme si sa simple mort n’était pas déjà une punition suffisante : il voulait mourir sur scène comme Molière et il meurt dans sa baignoire comme Charlotte Corday ! *


* Ou Jean-Paul Marat ? Ou Claude François ? Je ne me souviens plus des noms du coupable et de la victime dans cet épisode-là des « Petits meurtres d’Agatha Christie » !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 octobre 2018


à partir de la consigne des Impromptus littéraires du 8-10-2018

07 octobre 2018

MÉMOIRES D'ENFLURE

Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup et je le lui rendais bien : je l’avais baptisée Vahiné ; elle me soignait quand je me traînais tout flapi, me caressait longuement, me regonflait pour que je prenne du volume et sois en mesure de l’honorer, le contrat que nous avions signé afin de nous envoyer en l’air ensemble : ça gazait bien entre nous. 

Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans ce que j’appelais mon écurie ; elle m'apportait du pain d’épices pour la route, de l'herbe fraîche car j’adorais me vautrer dans la beuh à l’époque, des récits de ce qu’elle éprouvait au septième ciel que j’écoutais passionnément de mes oreilles largement ouvertes comme des feuilles de salade et me promettait, l’automne arrivant, de m’envoyer planer bien au-dessus des arbres aux couleurs de poil-de-carotte ; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps ; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas, m’appelait son Mongol fier, son Ballon d’or et se blottissait dans la nacelle de mes bras ; elle me contait ses petits chagrins, me disait combien je l’aidais à jeter du lest dans sa vie bien chargée et bien souvent, comblée des joies renouvelées que nos exercices physiques lui procuraient, quelquefois elle pleurait de bonheur.

Extrait de : "Mémoires de Bienmonté, aérostat sarthois" par Jean-Claude Raggamuffin.

 

Lakévio 124 Mémoires de Bienmonté

Ecrit pour le jeu n° 124 de Lakévio d'après cette consigne.

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06 octobre 2018

QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE VIRELANGUE RUSSKOFF ?

1

A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Qu’en pense Madame Hanska
Qui emmène tous les ans
Jak et Balzac au ski ?

Que nous en dit Vénus
Qui toujours s’évertue
A faire cascader la vertu ?

DDS 528 ska-listen-to-ska-i7808

2


A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Du couscous dans un casque ?
Des secousses sous un kiosque ?
Moscou pas comme un prunier !

Un aller simple pour Irkoutsk ?
Un Michel Strogoff qui s’casse ?
Une scansion dans un gueuloir ?

DDS 527 121455146

3

A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Ils sont la crème du casse-croûte
Et ils enfoncent même la choucroute
Que l’on ne réserve qu’aux scouts !

Il n’y a que le whisky d’Ecosse qui puisse
Leur arriver au bas de la cuisse
Et ce qu’esquisse Kokoschka !

DDS 528 ska-listen-to-ska-i7808

4

A part aller danser le ska
Est-il rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski ?

Liquidons les questions casse-couilles,
Le cavalier bleu de Kandinsky
Et les causses calcaires du Larzac !

A part la vieille vodka qui secoue
Il n’y a rien de plus exquis
Que de s’empiffrer de zakouski !

DDS 527 121455146


Ecrit pour le Défi du samedi n° 527 d'après cette consigne : zakouski

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01 octobre 2018

STUPEUR ET TREMBLEMENT DANS LE ROSIER DE MADAME HUDSON

Lakévio 123 Holmes_playing_violin- Je m’excuse de vous interrompre pendant vos exercices de violon, Holmes, mais les journaux du soir annoncent que le tueur aux boutons de culotte vient de faire une septième victime !

- Scotland Yard a enfin admis qu’il ne s’agissait pas d’une épidémie de hara-kiri, Watson ?

- Ca ne tenait pas la route : aucune des victimes n’était japonaise et aucun de ces hommes n’était samouraï. Comment expliquer qu’on ne retrouvait jamais l’arme du suicide dans le ventre des gars ? Ils penchent désormais pour un tueur en série. Comme toutes les victimes sont retrouvées éventrées avec un bouton de culotte glissé sous leur langue, ils ont posté un agent de police devant toutes les merceries de la ville.


- Grand bien leur fasse ! Ca ne donnera rien, Watson !


- Pourquoi donc ? Ne me dites pas que vous vous êtes penché sur cette affaire et que vous avez découvert le coupable ? Vous me stupéfieriez, Holmes !


- Stupeur et tremblement sont les deux mamelles des gens qui manquent de logique. J’imagine que le bouton retrouvé cette nuit est lui aussi d’un modèle différent des précédents ?


- Le journal du soir n’en parle pas. La victime a été frappée à minuit pile et à l’arrière de la tête par un objet contondant.


- Il s’agit d’une lampe de poche.


- L’homme a ensuite été retourné, sa chemise déboutonnée et la peau de son ventre proprement entaillée sur une belle longueur. La coupure est rectiligne, nette, propre et sans bavure.


- Je déduis de cela que le coupable est un ancien médecin légiste.


- Mais quel est le mobile de ces exécutions ?


- La vengeance, Watson. La vengeance sociale. On n’humilie pas ainsi les femmes au Japon.


- Parce qu’il s’agirait d’une femme ? D’une Japonaise ? Ce serait… une éventreuse ?


Lakévio 123 Edward Hopper - New York movie 1939- Je pense qu’elle se prénomme Chiaki et qu’on la surnomme Jackie. Voulez-vous le vérifier vous-même, Watson ? Allez donc voir le film qui passe à 22 heures au Paradiso cinema sur New inn yard. Surtout ne soyez pas radin comme à votre habitude. Quand elle vous aura trouvé une place dans l’obscurité, glissez-lui une vraie pièce de monnaie ayant véritablement cours.


- Qu’insinuez-vous-là, Holmes ?



- Rien, je vous mets en garde, c’est tout. Si vous avez envie d’être le huitième sur la liste, ça vous regarde. Je vous ai bien observé l’autre jour à l’office au moment de la quête. Vous vous êtes défaussé d’un des boutons de culotte que vous avez ramenés de chez Mme Hudson !


- Holmes, je ne vous permets pas ! Ce que je fais chez Mme Hudson ne vous regarde pas ! Et puis d’abord qui est-ce qui va me trouver une place dans l’obscurité ?


- Pas votre clairvoyance, bien sûr. L’ouvreuse ! Moi ce que j’en dis, hein ! Cette affaire ne m’intéresse pas. Trop simple. Laissez-moi donner un dernier coup d’archet après quoi j’irai me shooter un bon coup avant d’aller au dodo.

 

***


Le lendemain matin, quand Holmes rejoignit son co-locataire au breakfast, celui-ci l’agonit d’injures au motif que le Paradiso n’était rien d’autre qu’un cinéma porno.


- Et l’ouvreuse ?


- Pas de sushi à vous faire, vous avez mis dans le mille. Elle a les yeux bridés et est bâtie comme un karatéka. La caissière m’a d'ailleurs confirmé qu’elle pratiquait ce sport. Quelle que soit sa carrure, aucun gars ne peut résister à un tel mastodonte si elle lui tombe sur le râble et lui fait le coup du lapin. Maintenant vous allez me payer cette mauvaise farce et me rembourser le prix de cette séance de cinéma abject.


- Si vous voulez Watson, mais je vous préviens, je n’ai que de la petite monnaie.


- Je l’accepte volontiers et nous ferons la paix après cela.


- Faites voir le ticket, que je voie combien cela vous a coûté ?


Holmes compte ses pièces et rembourse Watson.


- Holmes ! Qu’est-ce que c’est que ce bouton de culotte ?


- Damned ! On a dû me le rendre parmi ma monnaie à la boulangerie. C’est la dernière fois que je fais des courses pour Madame Hudson !


Ecrit pour le jeu 123 de Lakévio d'après cette consigne.


Le tableau, intitulé "New York movie 1939", est de Edward Hopper.

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29 septembre 2018

LE YOGA DE LA NARINE

 Se chante sur l'air de "Les Gars de la marine" de Werner-Richard Heymann

 

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1
Quand on est retraité
C’est fou la quantité
De sports et de loisirs
Que l’on vous donne à choisir

De la marche nordique
Aux cours d’informatique
De la danse de salon
Aux visites d’expositions

Comme il est doux de ne rien fai-aire
Voici ce que moi je préfè-è-ère

 

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Refrain 1
Je fais l’yoga de la narine
J’inspire l’oxygène à fond
Je r’tiens ma respiration

Je fais l’yoga de la narine
Je r’jette le gaz carbonique
En f’sant du chant diphonique

Ca se pratiqu’ les fingers in the nose
Ca permet d’voir la vie en ro-o-ose

C’est fou l’yoga de la narine
Le monde entier s’illumine
On n’a plus b’soin d’aspirine !

 

 

seccotine

2
Y’a de drôles de cocos
Qui s’fourrent dans les naseaux
Des boules de naphtaline
Et tout’s sortes de farines

Je n’suis pas de ces oufs
Qui marchent à la schnouf
Qui sniffent la Seccotine
Ou qui kiffent l’amphétamine

Pour m’envoyer au dix-septième ciel
J’utilise une méthod’ très naturelle


Refrain 2
Je fais l’yoga de la narine
Je fais prendre à mes sinus
La position du lotus

Je fais l’yoga de la narine
Ca m’fait frissonner l’échine
Ca stimule mes endorphines

D’une respiration profon-onde
Je m’transcend’ dans un autre mon-on-onde

Je fais l’yoga de la narine
Les ailes de mon nez palpitent
Je n’sais plus où est-ce que j’habite !

 

longtarin80

3
Les agents de police
Ont un bel appendice
Regardez Longtarin
Et vous me comprendrez bien

Un rien les ébouriffe
C’est les rois du bourr’-pif
La seule vue d’une manif
Les rend super-agressifs

 

Pour calmer Benalla et ses consorts
Je leur conseille de pratiquer ce sport

 

s-l300

Refrain 3
Fait’s le yoga de la narine
Prom’nez vous dans la nature
Et prenez un bol d’air pur

Faites le yoga de la narine
Respirez l’odeur des fleurs
Et les parfums enchanteurs

Je suis sûr que cette prati-ique
Vous rendra bien plus sympathi-i-iques

Faites le yoga de la narine
La cuisine aux p’tits oignons
C’est bien meilleur que les gnons !

 


4 scandé façon slogan de manif

Crénom de nom !
Les crottes de nez
En vérité
Ne sont que des
Gadgets de Pif !

Salut les yofilles !
Salut les yogas !
 

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26 septembre 2018

LES DÉLACEMENTS DE GEORGE

180925 265 006

Il y a des gens comme ça qui ont trop lu Lagarde et Michard quand ils étaient petits. Rappelons aux amnésiques préséniles et aux aculturés post-Nintendo que Messieurs Lagarde et Michard ont publié des anthologies, classées par siècle, dans lesquelles ils évoquent tout ce qui se fait de bon et de recommandable en matière de littérature française.

Ces gens dont je parle, ceux qui ont trop lu les manuels scolaires de ces deux zigues, si vous leur montrez les deux sculptures de chaussures géantes qu’on rencontre dans le parc du Berry à Villejean , vous parlent tout de suite de George Sand !

Ils n’ont lu ni « La Mare au diable » ni « La Petite Fadette » mais ils savent que la dame de Nohant est la plus célèbre des écrivains berrichons. Et donc pour eux ces baskets-là sont celles d’Aurore Dupin, ci-devant baronne Dudevant, auteure prolifique de romans féministes, régionalistes et anticonformistes.

La dame vaut certainement le détour et finalement l’hypothèse de statues-hommages – ou plutôt femmages – tient finalement la route. La lecture d’une biographie empruntée à la Bibliothèque des Champs libres nous le confirme. On y apprend plein de choses plaisantes sur ce personnage pittoresque. George faisait de l’équitation habillée en homme, elle fumait le cigare, se couchait à cinq heures du matin, se levait à midi, écrivait, tenait salon, voyageait, écoutait Chopin qui jouait du piano sauvagement, chevauchait Liszt avec délicatesse, ou l’inverse.

1819-03 Sand_portrait

 

Elle fut aussi la maîtresse d’Alfred de Musset (voir le chapitre à lui consacré dans le Lagarde et Michard du XIXe siècle), le gars qui prétendait qu’il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée avent de se trouver bien pincé pour la donzelle. La petite histoire raconte qu’elle trompa honteusement à l’hôtel Danieli de Venise l’Alfred qui était tombé malade. C’était avec le docteur Pagello. Pas joli, tout ça, car si Alfred était malade, c’est qu’il avait trop été dans les salons et s’était par trop dessalé dans les bordels de Vénétie.


Finalement, deux chaussures géantes (taille 1828 ?) pour symboliser une femme qui a pris son pied toute sa vie avec une telle intensité, c’est très logique.

Peut-être faudrait-il en parler à la mairie de Rennes où l’on mène une intéressante politique de féminisation des noms de lieux rennais.

En même temps, un parc George Sand… Combien d’amnésiques préséniles et d’aculturés post-Playstation sauront qu’il s’agit d’une femme ?

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Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 25 septembre 2018

à partir de la consigne ci-dessous

JEANNE D’ARC N’APPARTIENT A PERSONNE !

1819-03 440px-Albert_Lynch_-_Jeanne_d'Arc

Il y a des gens comme ça qui ont trop lu Malet et Isaac quand ils étaient petits !

Rappelons à ceux de nos aînés qui ont déjà oublié le prénom d’Alzheimer et à ceux de nos cadets qui ne se soucient guère de ce qu’était le monde avant l’invention du smartphone, de Facebook et des Applestores qu’Albert Malet et Jules Isaac écrivirent en leur temps des manuels d’histoire de France fort honorables et fort honorés.

On y apprenait qu’une jeune bergère à peine pubère et complètement lorraine qui se prénommait Jeanne et gardait ses moutons du côté de Domrémy – le premier qui ajoute « fa sol la si do » a un gage ! – avait cru bon de décrocher son portable pourtant mis sur mode vibreur pendant qu’elle exerçait ses fonctions. Un méchant plaisantin, à l’autre bout du fil, intima l’ordre à la jeune allumée – enfin, pas encore ! - d’aller bouter les Anglois hors de France. Une sorte de Brexit avant l’heure.

Jeanne d’Arc, car c’était elle, commanda une armure en kit chez Ikéa. Elle la monta en 13 minutes 19 chrono, entra dedans et s’en alla trouver le roi Charles VII dans la ville de Chinon.

Ses exploits guerriers lui valurent d’être brûlée vive à Rouen en 1431 après condamnation à cette peine par un évêque nommé Cauchon (Une sorte de #balancetonporc avant l’heure eût été bienvenue ici).

1819-03 Brûlerie jeanne d'ArcEn termes de récupération d’image, ce qui lui arriva après son évaporation en fumée est aussi assez fort de café.

L’Eglise catholique en fit une sainte. Toute la droite politique française emboîta les pas de Jules Michelet qui vibra mieux encore qu’un téléphone moderne pour la jeune héroïne nationale. Aujourd’hui encore, chaque 1er mai, les copains de Marine Le Pen vont faire la fête à Jeanne grâce à l’argent qu’ils touchent de l’Europe alors qu’ils sont contre. Contre, tout contre surtout quand ça rapporte !

Il était donc temps de l’affirmer haut et fort : « JEANNE D’ARC N’APPARTIENT A PERSONNE ! ». Et nous ne pouvons qu’applaudir l’initiative heureuse de la municipalité de Rennes qui, dans le cadre de sa politique de féminisation des noms de lieux rennais, vient de rebaptiser l’usine d’incinération de Villejean « Brûlerie Jeanne d’Arc ». Alleluia, les ami.e.s !

 

Pondu à l'atelier de Villejean le 25 septembre 2018

à partir de la consigne ci-dessous

 

22 septembre 2018

JULIETTE GRÉCO-LATINE !

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Evidemment, cette phrase-là ne parle qu'aux Breton.ne.s et aux Normand.e.s :
"Le xoanon en sa folie a mis le mont en Normandie".

C'est une référence vaseuse - c'est le cas de le dire - au Couesnon, le fleuve qui marque la séparation entre les deux régions. Donc je bois Vichy Saint-Yorre - ça change du whisky - et j'élimine.

Xoanon, xoanon, xoanon... En même temps, pourquoi devrais-je entendre quelque chose au grec ? Je ne suis qu'un pauvre latiniste, moi !

J'apprends donc ce jour qu'on dit un xoanon et des xoana. C'est un peu comme en français «Un fût du canon, des noces de Cana», «Un ana pour Ninon, des Annapurna», «Un petit cabanon, des François Cavanna». Ca ne nous mène pas bien loin non plus.

Si ça se trouve d'ailleurs on prononce peut-être "xoanonne" et je me retrouverais à pédaler dans le yaourt avec les fous de la tribu de Dana !

Ca devient vraiment très compliqué d'écrire pour le Défi du samedi. Franchement, est-ce qu'on ne ferait pas mieux d'oublier ces religions que plus personne ne pratique, leurs statuettes divinatoires, le fait qu'elles soient aniconiques...

N'y a-t-il pas derrière le choix de ce mot-là le désir, inconscient ou pas, du Jupiter ou Zeus local, de nous envoyer nous faire voir chez les Grecs ?

Nana Mouskouri, au secours ! Dalida, reviens !

Si c'est ça, je crois que le Pirée t’avenir !



Ecrit pour le Défi du samedi n° 525 à partir de cette consigne : xoanon.

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