17 août 2019

JUSTE HISTOIRE D’ÊTRE LÀ !

DDS 572 124380158

Voyez comme il va l’ancien
Du côté de Valenciennes
Comme il promène son chien
D’Outre-Quiévrain à Marchiennes !

Non !

Pour notre pain quotidien
Il nous offre une méridienne,
Cadeau d’une immense main
Qui nous occupera la semaine !

Non !

Est-ce que tu y étais, Titien
Au raout d’l’esthéticienne ?
Je n' sais pas si tu t' souviens,
C’était avant que survienne
Ce philosophe kantien
Qui nous sortit son antienne
Et nous avoua combien
Il était fou de Fabienne.

Non plus !

Coiffé d’un bonnet phrygien
Il réclamait de l’hygiène
Jusqu’aux sommets himalayens
Où règne Cosima la hyène.

Non. Je vais peut-être reprendre le début finalement.

Voyez donc comme il va l’ancien,
Un peu plus haut que Valencienne :
Il nous fait cogiter sur du Saint-Sulpicien
Tandis que d’un œil assassin supplie sa chienne
Qu’il l’emmène trotter pour son tour quotidien
Tout le long de la méridienne.

Mouais. Mais je ne peux pas en faire une chanson. En même temps je sens que je tiens quelque chose avec la chienne.

***

Finalement, quelques heures plus tard, René Rivedoux finit par pondre son poème qu’il intitula "Idylle philoménale". Il le mit en musique et entreprit la tournée des interprètes en vogue du moment.

La chanson fut immortalisée par Yves Montand et, après ce petit succès vite effacé des mémoires, l’auteur redisparut dans les limbes de l’oubli. 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 572 d'après cette consigne

(la photo du haut)

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14 août 2019

VIVE LA FAMILLE !

DDS 570

Je m’appelle Albert Camus, comme l’autre, mais je n’ai jamais écrit de roman ou de pièce sur Caligula et je ne suis pas philosophe pour un sou. Je suis inventeur de jeux de société.

C’est moi qui ai pris cette photo et je me souviens très bien de cette soirée chez mon oncle Jean-Claude et ma tante Adrienne. Ils habitaient alors avenue Louise à Bruxelles et j’étais de passage par-là pour aller vendre nos derniers jeux sortis au «Brussels game festival» comme on dit en flamand (ou en wallon, je n’ai jamais été doué pour les langues).

Je ne sais plus de laquelle de leur petite fille on fêtait l’anniversaire, justement le soir où ils m’avaient invité. Coumarine ? Pivoine ? Ou Emilie qui est devenue célèbre plus tard en étant la première actrice capable d’interpréter au théâtre le rôle de Madame Chapeau sans que le public ne voie qu’il ne s’agissait pas d’un homme travesti.

Peu importe. La soirée a été très gaie parce qu’après l’indigestion de gâteau au chocolat on a joué au jeu des sept familles modernes dont j‘avais amené un prototype. Qu’est-ce qu’on a pu rire avec ces tirades improbables :

- Papy, dans la famille Minquien, je voudrais le promeneur.
- Pioche !
- Dans la famille Toutélectrique, Coumarine, je te demande « ton kéké en segway ».
- Tiens !
- Dans la même famille je voudrais « ta mère en trottinette »
- Tiens !
- Dans la même famille je voudrais « ton papy en hybride »
- Pioche ! A mon tour. Albert, dans la famille Gravuredemode je voudrais « la pineupe décolletée mais pas touche !»
- Tiens !
- Je voudrais maintenant « Grand-mère Brigitte cougar en string » !
- Tiens ! La peste soit de cette gamine elle va me piquer toutes mes cartes !
- Je voudrais aussi « La mère s’habille en Prada » !
- Alors non, ça ce n’est pas possible ! Aujourd’hui maman est morte ! Pioche ! A mon tour !

A la fin de la partie on est allé coucher les gamines et j’ai terminé la soirée avec tante Adrienne et oncle Jean-Claude à boire de leur excellent vin de Porto et à disserter sur les qualités littéraires inégalables selon eux de Marcel Proust, d’Amélie Nothomb et de Fred Vargas.

***

A la relecture de cette note manuscrite jointe à cette photo dans l’enveloppe quelque chose me semble clocher. C’est pourtant bien mon écriture mais… je suis sûr et certain que je n’ai jamais eu de famille en Belgique.

DDS 569 124220413Qui plus est je ne m’appelle ni Albert ni Camus. Mon prénom est Georges, mon nom est Lesaint et avant de venir dans cet endroit j’étais sous-lieutenant au 99e régiment de dragons à Mourmelon-le-Grand.

- Qu’est-ce que je dois faire, maintenant, Madame ?


- Ouvrez une autre enveloppe, monsieur Krapov ! me répond l’animatrice de l’EHPAD. Et laissez-vous aller pour écrire ce que vous inspire cette photo-ci.

Devant l'image des deux filles avec un gant de vaisselle jaune sur la tête j’ai commencé :

- Je m’appelle Célestine Bongopinot et j’habite Edimbourg. C'est moi qui ai pris cette photo et je me souviens très bien de...

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 570 d'après cette consigne

(illustration de la photo du haut) 

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06 juillet 2019

LA RONDE DES JURONS

Commencer ses vacances en ajoutant une chanson de Georges Brassens dans sa guitare...
Morbleu, il y a pire comme situation !

Enregistré pour le Défi du samedi n° 566 à partir de cette consigne : Morbleu !

29 juin 2019

CONSEIL D'AMIE

L’amiral ou l’adjoint au maire
Si jamais tu voulais leur plaire… ;

Si tu rêves de les emplir,
L’un ou l’autre de ces malades,
L’un aride et l’autre impala,
Du désir d’être ton mari ;

Si tu souhaites qu’on t’admire,
Si tu désires te faire aimer
Si tu veux te pâmer en prime
- Pardi, c’est humain après tout
Et tout le monde est bien pareil ! -
Change d’allure sans délai !

2019 06 28 - Isaure en robe à damier pour DDS 565

Quitte l’ample robe à damier,
Ton plaid à l’allure mariale
De paria de la séduction
Et cette armada de bijoux,
- Palme d’or, violettes de Parme -
Sous lesquels, oiseau de parade,
Prima donna de mardi gras,
Tu sembles un palmier du Mali
Atteint d’une maladie rare !

De ce look « trop » on médira,
Sois en sûre, et rira aux larmes
Et toi cela te déplaira
Tu t’en feras un nouveau drame.

Ton naturel parle pour toi.
Nul besoin d’un cœur en alarme.
Sans ces drapés tu n’es pas laide
Et si tu permets que je t’aide
L’idéal serait que tu sois
Simplement nue sous un imper !

Madre mia ! Qu’on t’aimera !
Comme ton corps seul plaidera
Pour que sur le dernier palier,
Je le parie, rapide raide,
L’élu de ton cœur, en péril,
Accroché la main à la rampe,
Derrière ton look à pâlir
Soit proche de l’apoplexie !

Sûr, la simplicité paiera
Ta beauté seule gagnera
Pour ton triomphe sans péril
En toute gloire.

Et surtout, surtout, c’est plié,
Pas de maquillage outrancier !
C’est la plaie : ça t’ fait ressembler
A un lampadaire de Noël !

 


Ecrit pour le Défi du samedi n° 565 d'apès cette consigne : lampadaire

N.B. Et une surconsigne consistant à inclure dans le texte une cinquantaine de mots
composés avec les lettres du mot "lampadaire". Genre "logogriphe", comme on dit maintenant !

20 juin 2019

LE LIVRE DES JAMAIS CONTENTS (1)

2019 06 20 lapin blanc

Ce lapin ne voulait pas être un lapin. Et surtout pas un lapin blanc. Et surtout pas un lapin blanc qui s’appelle Jean-Jean.

Et surtout pas un lapin blanc toujours à la bourre qui court, qui court comme un balourd vers son terrier en hurlant « Je suis en retard ! Je suis en retard » comme s’il avait raté le début de Télé-foot.

Surtout que tous les jours, pour lui, c’est le même cauchemar. Il y a une fille aux cheveux blonds qui lui court derrière et quand il plonge dans son terrier cette grosse bêtasse fonce à sa suite et tombe dans un trou profond.

Vous croyez que les journaux s’intéresseraient à lui ? Ce n’est quand même pas tous les jours qu’on rencontre un lapin qui sait lire l’heure sur une montre à gousset, non ? Eh bien pas du tout ! L’histoire qui intéresse les gens c’est celle de la fille au fond du trou qui cherche des clés pour son avenir et boit de la gnôle pour grandir !

Ce lapin blanc, ce qu’il aurait voulu, lui, c’est être une reine rouge ! Une reine rouge ça ne court pas comme un dératé, ça trône sous un troène sur un trône royal et ça ordonne « Qu’on lui coupe la tête ! Qu’on lui coupe la tête ! ».

S’il avait été une reine rouge il aurait pu figurer dans le livre des pas très gentils ! Il aurait fait couper la tête d’Alice parce qu’à la fin du livre celle-ci se réveille et il s’aperçoit qu’il n’est même pas un lapin blanc mais juste une petite partie d’un rêve d’un pédophile anglais en Levi’s qui raconte des scaroles, enfin des salades, à des petites filles modèles dont l’une se prénomme Alice.


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 18 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous.


LE LIVRE DES JAMAIS CONTENTS (2)

Cette grenouille ne voulait pas être une grenouille.

Parce que sauter sur les feuilles de nénuphar, élever des têtards, faire plouf dans les marécages et des concours de bulles de malabars avec Crâne d’œuf le bœuf, ça va bien cinq minutes ! A l’heure de #metoo et de#balancetonplouf les grenouilles savent bien toutes que ce qui intéresse les hommes c’est leurs cuisses !

Cette grenouille était savante. Elle connaissait La Fontaine comme sa poche. Elle ne réclamait pas un roi et se contentait du soliveau sur lequel ses copines et elle se perchent. Elle savait aussi de la fontaine que dans son eau claire une jeune femme venait s’y baigner toute nue.

Cette grenouille aurait voulu être un prince charmant. Un jour, pleine d’audace, elle s’en ouvrit à la baigneuse. C’était un jour où le vent soufflait fort et emportait au loin les habits de celle-ci.

- Devenir un prince charmant ? Mais c’est très facile ! dit la naïade et elle prit la petite grenouille au creux de ses deux mains puis elle l’embrassa sur la bouche.

Alors celle-ci devint d’un coup une espèce de gorille fumeur de pipe qui s’en alla chercher des pétales de roses et du pampre de la vigne pour faire à la belle dénudée un corsage et un cotillon.

Puis il prit sa guitare et en fit une chanson. 

05 juin 2019

L’ACCORDEUR DE CIGALES

Tout a sans doute commencé à cause de l’accordéoniste. Il s’est incrusté dans une discussion entre Nathalie et Monique dans la salle des périodiques de la Bibliothèque universitaire où je venais d’atterrir. Dans toute la joyeuse bande de mes collègues d’alors j’avais réussi à en embarquer trois dans ce projet musical totalement au diapason du Jack Lang de 1981 : descendre dans la rue le jour de la Fête de la musique et donner à entendre et à voir son savoir-faire de tapeur de casseroles, de frotteur de violon ou d’élytres, de joueur de piano debout ou de chanteur de salle de bains.

Ce n’est pas pour embêter la fourmi mais moi je suis du signe de la cigale et mon instrument c’est la gratte, la guitare. Je souffle également dans des harmonicas et mon inspiration pour ce jeu de souffler-aspirer dans un « ruine-babines » vient de Neil Young plus que de Bob Dylan. Encore que les modèles français que j’ai eus dans l’enfance s’appelaient plutôt Albert Raisner ou Antoine. Ce dernier, dans ses « Elucubrations » de 1965 ou 66 nous gratifiait de deux petites notes par-dessus ses chemises à fleurs à la fin desquelles il proclamait : « Oh ! Yeah ! ». 

A l’époque Sheila chantait « Le kilt », « Petite fille de Français moyen » et « Le Folklore américain ». Il y avait plein de joyeux loustics qui avaient débarqué avec des guitares électriques et il fallait choisir son camp entre Beatles et Rolling Stones. Mais on pouvait aussi préférer la guitare sèche du moustachu de Sète, l’oncle Georges B. avec son « plonk plonk » régulier qu’on appelle la pompe.

Mais je m’égare. Tout ça c’était bien avant qu’on fasse la connaissance de ce pharmacien à thèse tardive – il ne l’a toujours pas soutenue - qui jouait de l’accordéon. Il m’est arrivé plus tard de chanter avec lui du Bruce Springsteen (« Pay me my money down ») mais jamais de morceaux de Neil Young.

Donc l’accordéoniste, Hervé, s’est joint à nous, a tenté de se mettre en osmose avec notre répertoire de javas folles et de tangos stupéfiants pour que finalement, sur la petite place derrière chez nous, nous produisions sans recevoir top de quolibets la première prestation des « Rats déridés » ce 21 juin 1998 dans la bonne ville de Rennes.

Vingt ans ont passé depuis, la chorale a grossi puis s’est éteinte, puis s’est transformée en Club des 5 et j’en ai à nouveau deux autres sur les bras. Grâce à l’informatique et à cause de la nécessité de transposer la tonalité des partitions pour les joueurs de piano à bretelles sans capodastre, j’ai fait d’énormes progrès en solfège. Mais franchement, être accordeur de cigales, quel turbin ! Que devrait dire vrai un chef de chœur, quel enfer vit-il, le roi de la polyphonie ? Parce que moi, mes cigales chantent à l’unisson. Une fois sur deux j’oublie de leur faire faire des vocalises mais il me semble bien que le quart d’heure qu’elles passent à bavasser entre elles avant de pousser la moindre note est un exercice de mise en voix bien plus efficace que les « Rheu Keuh Tseuh Keuh », le « Chênehutte-les-Tuffaut » ou le « La belle eau, la belle eau, la belle eau » que j’ai pratiqué en tant que choriste de 2008 à 2018 au sein de la Chorale Héloïse, le lundi soir, rue de Redon.

Quand je jette un œil sur cette activité musicale continue je me questionne cependant. Ne serais-je pas plutôt une très patiente et très utopique fourmi rêvant que de ces gosiers de bavardes sortent des watts Castafioriens, des habaneras de Carmen bien en place, des « Eaux vives » habitées ou des « Emmène-moi » chavirants ?

AEV 1819-03 la-cigale-et-la-fourmi B

Je réussis désormais à accompagner deux accordéonistes tatillons, un violoniste souple et des joueurs de ukulélé de rencontre. Personne ne joue du xylophone avec moi et Jean-Luc Godard a encore oublié son ocarina – pardon, son Anna Karina – dans les limbes des années soixante évoquées plus haut.

Mais toutes ces prestations déjantées, du « Meuh Meuh Meuh font les vaches » donné sur la place de la Mairie de Rennes au « Yoga de la narine » balancé sur la scène du « Diapason », du « Galette saucisse je t’aime » envoyé à l’A.G. de la Maison de quartier de Villejean à cet « Homme debout » qui ne doit rien évoquer du tout aux pensionnaires des deux EHPADS où l’on me traîne, tout ce travail d’accordeur improbable n’a-t-il pas pour objectif de réconcilier les cigales et les fourmis dans un même éclatement jovial des muscles zygomatiques ?

Faut-il que j’ajoute « J’ai usé cinq culottes » à la liste de ces gentilles provocations pour me persuader que « Tant que je chanterai, nous serons en été et la vie sera belle » ?

Parce que de toute façon, si on me demande à l’hiver de « danser maintenant », La Fontaine ne sera pas déçu du voyage : la danse et moi, ça fait deux ! Plus que deux, même !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 4 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous

Mots insérés : accordéoniste, bande, collègues, diapason, elytres, fourmi, guitare, harmonica, inspirateur, jeu, kilt, loustic, moustachu, Neil Young, osmose, place, quolibet, Rats déridés, solfège, turbin, unisson, vocalises, watt, xylophone, yoga, zygomatique.

 

N.B. La caricature de Joe Krapov en cigale La Fontainienne est toujours due au talentueux Michel Hivert.

25 mai 2019

J’AI PÔ EU L’TEMPS D’L’INTERPRÉTER MOI-MÊME !

DDS 560 Goualante du pauvre jean

Dans la goualante du pauvre Jean, l’eusses-tu cru, il n’est pas question du chat de la mère Michel. On soupçonne d’ailleurs le matou d’être allé chercher fortune ailleurs que chez cette maritorne, autour du Chat noir très précisément. C’est Pierrot, écrivant au clair de la Lune, qui aurait été le dernier à le voir passer sous sa fenêtre.

Pendant ce temps le meunier dort, son moulin va trop vite, il va s’envoler. Frère Jacques lui aussi roupille déjà : il rêve qu’il se trouve dans le palais de dame Tartine ou qu’il est étendu auprès de sa blonde dans un champ de gentils coquelicots.

Tout un folklore de beautés archaïques se baigne à la claire fontaine, file la laine, danse sur le pont d’Avignon ou sur celui du Nord, trouve son mari trop petit tandis que Malbrough s’en va-t-en guerre, que trois jeunes tambours en reviennent en chantant « Le déserteur » de Boris Vian et que Monsieur Dumollet fait de beaux voyages en passant par la Lorraine.

Aux marches du palais on prétend que le roi Dagobert met sa culotte à l’envers et ne sait pas planter les choux à la mode de chez nous.

Finalement c’est Margoton la jeune bergère qui a trouvé le chat de la mère Michel : elle l’a adopté et lui donne la tétée.

Mais tout ça n’est que chansonnette. Si la goualante est une complainte plus ou moins populaire il nous faut entonner le répertoire piaffant de la môme Edith et évoquer quelques épisodes moins glorieux de la misère humaine. Ici on essuie les verres au fond du café, on essaie de voir la vie en rose avec un légionnaire de passage, un accordéoniste au coin de la rue là-bas, un pauvre clown, un Milord abandonné. Chez Cora Vaucaire on trouve des mendigotes sur la butte et chez Mouloudji les amants sont infidèles. Surtout ceux de Saint-Jean.

Dans la belle province on plume l’alouette et on fait raconter leur vie aux phoques d’Alaska. C’est vraiment n’importe quoi, la chanson francophone !


C’est pourquoi, par solidarité avec Dieu, dont je me souviens qu’il est mélophobe, je n’entamerai pas de goualante aujourd’hui !


Ca vous fera des vacances à vous aussi !
 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 560 à partir de cette consigne : goualante.

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18 mai 2019

TEXTICULE RIDICULE

DDS 559 nightmaster

Serge avait baptisé sa verge du beau nom de Flamberge bien qu’elle ne fût qu’une triste asperge.

Arthur avait nommé la sienne Excalibur ! Dur ! Dur ! (Pas de bol, elle était molle !)

Elvis avait appelé son tout petit pénis « the real king of Memphis ».

Pascal, son popol pâle se rêvait Durandal.

Balthazar arborait un braquemart prétentieux nommé Dhu al-faqar

Le thermomètre à moustaches d’Eustache s’appelait Fragarach.

Patrick avait une trique dénommée Hal'Gebrik et la biroute d’Helmut s’appelait Ladéroute.

La limace de Wallace s’appelait Marmiadoise.

Le robinet d’Hector s’appelait Occimaure.

Et ça ferraillait dur, toutes ces têtes chercheuses au-dessus des joyeuses, Précieuse, Merveilleuse ! Toutes ces aubergines, Sauvagine, Galatyn ! Tous ces services trois pièces, Murgleis ou Damoclès. Toutes ces opine-du-chef, d’Ascalon à Dainsleif !

Et puis un jour tout s’arrêta. Le zob caleta à l’aube, la quéquette se trouva bête, le petit zozio s’envola, l’organe central partit dru comme Ulysse, le baigneur se rhabilla, le zizi redevint anonyme : un nommé Arturo avait inventé le fourreau ! Tout le monde y rangea son oiseau et l’on porta un slip, même le petit Jésus, si j’en crois Hégésippe *.

 

*Hégésippe de Mécyberne, historien si taciturne que son descendant Stéphane l’avait en berne dans sa turne. Le drapeau royaliste, hein, pas autre chose !

P.S. Pour vous instruire sur les noms des épées, c’est ici.


Ecrit pour le Défi du samedi n° 559
d'après cette consigne : Flamberge

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15 mai 2019

JE VAIS PASSER POUR UN VIEUX CON

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 - Je vais passer pour un vieux con mais je n’ai vraiment pas envie d’y aller dans votre EHPAD !

On croit rêver. Il ne s’est pas rasé ce matin, il traîne encore dans son vieux survêtement informe. Pourtant on vient de lui livrer son repas, commandé chez un traiteur très sélect. Il ne sort plus de chez lui à cause du bracelet électronique et il s’est accommodé fort bien avec le temps de ce studio sans confort. On n’y voit ni télé, ni ordinateur, ni téléphone, ni livres ni rien.

Son statut lui interdit toute communication avec l’extérieur. Ca fait des années qu’il crèche là, tout seul, et, pour un peu, on l’aurait presque oublié. Mais l’année dernière un gouvernement gauchisto-écologique a été porté au pouvoir. Une loi a été votée pour que les prisonniers âgés puissent bénéficier d’un placement-déplacement en établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes. Mais lui ne veut pas.

- Enfin, Monsieur Ghosn, lui explique-t-on, ce sera un peu comme si vous recouvriez la liberté !

- Pas dans ces conditions-là. Si c’est pour devoir se farcir des après-midi karaoké et des visites de chorales approximatives ou d’accordéonistes….

- Vous n’aimez pas l’accordéon ?

- Pas quand l’accordéoniste chante faux !
 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 14 mai 2019
d'après la consigne ci-dessous

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