07 février 2018

PORTRAIT CHINOIS MYSTERE. 1, Une femme

Si j’étais une couleur je serais le rose. Mais pas le rose tyrien, un rose pâle, un peu effacé.

Si j’étais un animal je serais une petite souris, discrète, honnête, secrète.

Si j’étais un parfum je serais celui de l’aubépine ou mieux encore celui de l’églantier.

Si j’étais une langue je serais la langue des signes mais sans les mains.

Si j’étais un fruit je serais un coing ou plusieurs coings transformés en gelée rosâtre.

Si j’étais une invention je ne remporterais pas de prix au concours Lépine parce que je serais déjà un peu inutile. Du genre un épluche-mammouth ou un coupe-file pour boucherie-charcuterie végétarienne.

Si j’étais un oiseau je serais un étourneau anonyme, noyé dans un nuage tourbillonnant au-dessus des grues de Rennes-en-Chantier.

Si j’étais une boisson je serais un lait fraise.

Si j’étais des chaussures je serais des ballerines pour danser les jours où il n’y a pas de public dans la salle.

Si j’étais un moyen de locomotion je serais un petit train de ceinture.

Si j’étais un bijou je serais un simple bracelet doré sans ornementation comme celui que je porte au poignet gauche sur le portrait peint par mon oncle.

Si j’étais un outil je serais une lime. J’en ai la rigidité et je suis déjà sans manches.

Si j’étais un élément je serais l’eau. Je suis du signe des poissons et les rares fois où l’on m’a vue dans la lumière j’avais un air à gober les mouches.

Si j’étais un légume je serais un radis ou une feuille d’endive.

Si j’étais un gâteau je serais une religieuse.

Si j’étais une heure du jour je serais seize heures dix, l’heure à laquelle débute l’émission « Des chiffres et des lettres ».

Si j’étais un poisson je serais un mérou.

Si j’étais un objet de toilette, je serais une serviette éponge rose.

Si j’étais un meuble je serais une petite table de chevet.

Si j’étais un écrivain je serais Arvers, le gars qui a écrit un sonnet si célèbre que tout le monde a oublié le nom du poète et ne se souvient d’aucun des vers du poème.

Si j’étais un monument de Paris je serais une tombe du cimetière du Père Lachaise. Vous m’y chercheriez longtemps parce que je n’y suis pas enterrée.

Si j’étais une superstition je serais le pot de peinture mal accroché à l’échelle sous laquelle vous passez.

Si j’étais une religion ce serait une religion avec réincarnation : j’ai toujours rêvé, sans en avoir jamais rien montré, d’avoir une seconde vie bien meilleure et bien plus drôle que la mienne.

Si j’étais une épice je serais de celles qu’on laisse plus souvent qu’à leur tour sur l’étagère : l’anis étoilé, le fenugrec, la baie de genièvre.

Si j’étais une caresse je serais une légère tape sur l’épaule. Après ça deviendrait vraiment trop osé.

Si j’étais un animal domestique je serais une tortue. Oubliez-moi dans un coin du jardin, s’il vous plaît ! Je saurai bien m’enfouir toute seule pour hiberner au calme.

Si j’étais une civilisation disparue je serais la ville d’Ys. Pas très sûre vraiment d’avoir existé.

Solution et consigne d'écriture ci-dessous

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PORTRAIT CHINOIS MYSTERE. 2, Un homme

Si j’étais une couleur je serais celles de l’arc-en-ciel et je viderais tous mes pots sur les lettres de l’alphabet. Je garderais le pot-rouge pour en badigeonner des navigateurs imprudents que j’aurais pris pour cible et le pot de violet pour peindre des œillets et les offrir en riant à certains trous du cul !

Si j’étais un animal je serais un sanglier à l’œil bleu.

Si j’étais un parfum je sentirais le coyote. Une odeur très pratique pour se fondre dans le désert et très déplaisante aux bourgeois.

Si j’étais une langue je serais le charabia, le volapük et la novlangue mêlés puis le morse. Je vous chanterais « I’m the walrus » !

Si j’étais un fruit je serais la châtaigne. Vous vous piqueriez à ma bogue, à mon bug et vous sentiriez une décharge électrique dès que vous croiriez me toucher.

Si j’étais une invention je serais un bâton de dynamite géant enduit de colle, histoire que je ne sois pas tout seul à exploser ! Que le monde explose avec moi !

Si j’étais un oiseau je serais un serpent à plumes, un Quetzalcóatl.

Si j’étais une boisson je serais un bock de bière, une absinthe mais pas une limonade et surtout pas du tilleul.

Si j’étais des chaussures je serais des godasses de randonnée qui ont beaucoup servi..

Si j’étais un moyen de locomotion je serais un bateau sans gouvernail puis une paire de béquilles.

Si j’étais un bijou je serais un diamant brut rêvant toujours de se tailler ailleurs..

Si j’étais un outil je serais un tourne-vice.

Si j’étais un élément je serais l’air en mouvement, le vent qui se mêle au sable et tempête dans le désert.

Si j’étais un légume je serais la macédoine d’Alexandre.

Si j’étais un gâteau je serais un vol-au-vent. Oui, je sais, ce n’est pas du gâteau mais moi non plus..

Si j’étais une heure du jour je serais midi ou minuit. L’heure d’être toujours au zénith et jamais au rendez-vous.

Si j’étais un poisson je serais l’exocet. Si j’étais un missile aussi.

Si j’étais un objet de toilette, je serais un rasoir de barbier et je vous tailladerais le cuir.

Si j’étais un meuble je serais un buffet sculpté de chêne sombre empli de vieux secrets indéchiffrables.

Si j’étais un écrivain je serais qui vous voulez mais surtout pas cet Arthur Rimbaud dont j’espère bien que tout le monde aura brûlé les rinçures qu’il a produites..

Si j’étais un monument de Paris je serais le moulin de la Galette.

Si j’étais une superstition je serais un oiseau de mauvais augure.

Si j’étais une religion je serais une croyance avec un enfer pour chaque saison, des illuminations derrière les piliers de mes cathédrales et aucune promesse de paradis ou de quoi que ce soit.

Si j’étais une épice je serais le pavupapri (le pavot-paprika).

Si j’étais une caresse ce serait à mettre dans les annales, comme disent les proctologues à la fin de leurs banquets.

Si j’étais un animal domestique je serais un mille-pattes avec une jambe de bois. 999 tics et un TOC.

Si j’étais une civilisation disparue je serais la poésie française des origines à la fin du XXe siècle. Rappelons que ce monument s’est effondré au XXe siècle, ravagé par l’invention démoniaque d’un serpent à plume qui se prenait pour un missile exocet.


Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le mardi 6 février 2018

d'après la consigne ci-dessous

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PORTRAIT CHINOIS MYSTERE. 3, Solution

1718-18 portrait chinois d'Isaure et d'Arthur chinois

Ces deux portraits chinois étaient ceux d'Isaure Chassériau et d'Arthur Rimbaud.

Etonnant, non ? ;-)

23 janvier 2018

Aux Tombées de la nuit à Rennes le 3 juillet 2001 (3)

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Oh toi, en dix-sept ans, tu as dû grandir, non ?

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10 novembre 2017

Une fête de mariage à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne) le 8 juillet 2017 (1)

Les mariages de demain, et ceux d'aujourd'hui,
seront numériques ou ne seront pas ! On va le voir ici sous toutes les coutures !

Je serai le dernier à me plaindre de la démocratisation de la photographie.
Mais bon, il paraît que "le pape a dit : pas de prise de selfie avant la prière du soir !".

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 Dis donc, Céleste nièce ! Y'a la petite Clochette qui te fée concurrence !

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30 août 2017

Faire le kibbitz à Dieppe (Seine-Maritime) du 20 au 25 août 2017 (1)

Quelquefois, dans la vie, il y a un autre cadeau à l’intérieur du cadeau.

Ce n’est pas moi qui ai choisi d’aller passer une autre semaine de vacances improbables à Dieppe, Seine-Maritime. C’est Marina Bourgeoizovna. Elle s’est inscrite à un stage de chant de l’Académie Bach, histoire de tâter du quatuor vocal. Tous les jours de la semaine dernière, avec sa formidable copine Gisèle, elles sont allées suer sang et eau sur un répertoire de musique ancienne dont, pour ma part et histoire de rester poli, je dirai juste que « ce n’est pas ma tasse de thé ».

Pendant ce temps, mes chaussures de marche et moi, nous avions quartier libre toute la journée. Ce n’était déjà pas mal en soi. J’avais même aussi la voiture mais je ne l’ai utilisée qu’une seule fois. On est sportif, randonneur en l’occurrence, ou on ne l’est pas.

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J’ai donc exploré Dieppe en long et en large ainsi que la Côte d’albâtre entre Pourville et Varengeville, suivant sans le savoir les traces de Monet. M. Smith, pour celles et ceux qui suivent ce blog, a donc continué tout seul l’épreuve de marche jusqu’au-boutiste et rimbaldienne qui blesse les souliers et provoque des lumbagos au moment de l’apothéose. Si pas plus pour Arthur ! Plus de cent kilomètres au podomètre de M. Smith en bout de semaine.

Mais passons et revenons au cadeau inattendu. J’ai passé en effet, avec un plaisir immense, quelques heures intenses au gymnase du lycée Jehan Ango de Dieppe à faire le kibbitz.

C’est quoi un kibbitz, Joe Krapov ? C’est un « spectateur, en principe muet, d’une partie de jeu d’échecs ».

Avant de partir, j’avais consulté le programme des festivités dieppoises et découvert qu’il y aurait, pendant notre séjour, un tournoi international open de ce jeu auquel je me suis remis il y a un an.

J’ai assisté là-bas, allant d’un échiquier à l’autre, suivant trois ou quatre parties à la fois, à des empoignades tragi-comiques sur lesquelles je ne m’étendrai pas. Comme dit Marina B. pour qui le jeu d’échecs n’est pas « sa tasse de thé » : « Quand tu me parles d’échecs, c’est du chinois ».

Je me bornerai donc à vous montrer quelques photos de joueurs et joueuses car on ne m’a pas interdit de photographier ce spectacle envoûtant.

P.S. En anglais "to kibbitz" semble exister comme verbe et signifier : « make unwanted and intrusive comments ». C’est là tout à fait ce que je fais quand je viens chez vous ! LOL !

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Faire le kibbitz à Dieppe (Seine-Maritime) du 20 au 25 août 2017 (2)

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 Ca m'aurait peut-être bien plu d'affronter ces papys pendant toute une semaine mais cet open était réservé aux plus de 40 ans et je n'en ai que 28, comme chacun(e) sait.

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 Si si, les échecs sont un sport. Ils se disputent même sur un terrain de basket croisé handball ou Kandinsky nautique, je ne sais plus trop..

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 - Tu pourras écrire ton nom sur ma feuille de match ? Ou l'épeler ? Je n'ai pas bien entendu quand tu t'es présenté ?

- Mats Van Droogenbroeck ! C'est pourtant pas compliqué ?!

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Hé oui, les Belges sont partout !
Vérification faite a postériori ceux-ci venaient de Kapelle-op-den-Bos.

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Faire le kibbitz à Dieppe (Seine-Maritime) du 20 au 25 août 2017 (3)

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Un peu de chinois, amies lectrices ? Une miniature que j'ai retenue :

1. e4 e5 2. Cfd3 Cc6 3. d4 exd4 4. Cxd4 Cxd4 ? 5. Dxd4 Cf6 6. e5 ! De7 7. Fe3 Cg8 8. Cc3 g6 ç. Cd5 Dd8 10. e6 abandon

On pouvait encore résister en jouant 10. ... f6 mais après le recul du cavalier et de la dame, la partie semblait difficilement gagnable.

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C'est déjà l'heure de la prise de tête !

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Pour sembler être à la hauteur face à un plus grand, une seule solution : jouer debout !

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Houlala !

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Faire le kibbitz à Dieppe (Seine-Maritime) du 20 au 25 août 2017 (4)

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Agnan, sors de ce corps !
Ce petit joueur en vert à tête de premier de la classe, ne vous y fiez pas ! C'est lui qui a remporté l'open C ! Bravo Paulo !

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Tout ce silence inattendu, cette concentration totale, ça endort ! 

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La guerre psychologique a commencé : la casquette à l'envers, ça fait déjà plus jeune et plus plein de mordant que le front dégarni ! 

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