02 février 2018

PALAIS-PROMONTOIRE (4)

170731 Nikon 027

Du brick nous l’entendons, la fête de Gatsby.
C’est tout un art d’âge du jazz, de ritournelles
Et dans le petit jour la façade vernie
Du palais-promontoire où il cherche Daisy
Sera illuminée d’étranges tarentelles

Mais la diva toujours sera inaccessible
Et notre brick s’en ira vers d’autres ailleurs.

Sur le sommet des arts alors tout s’éteindra
Puis verdira pour n’être plus qu’un point d’hier.

170731 265 001


Ce poème a été composé d’après «Promontoire» in « Les Illuminations » d’Arthur Rimbaud.

On peut voir le manuscrit autographe ci-dessous et ici.

On peut lire une étude très intéressante là.
On découvre dans celle-ci que le Grand hôtel de "Scarbro" a été bâti sur le thème du temps. Je trouve très drôle qu'il en soit de même du phare de Gatteville. Madame Wikipe nous dit : "
Le phare comporte autant de marches que de jours dans l'année, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux (représentés par le nombre de fenêtres en façade que de mois".

Rimbaud autographe promontoire vu du mont

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25 novembre 2017

VIDE-GRENIER

Dans le grenier aux mille frusques,
Encadrée par la soldatesque,
S’agite l’odalisque brusque,
Pour une braderie dantesque.

DDS 482 Sophie Anderson sheherazade


Telle, au désert, une bourrasque
Elle remue tapis et vasques 
Et statuaire éléphantesque,
Confisque tout le pittoresque
Du harem devenu burlesque.

Sa danse est une bergamasque !
Shéhérazade s’en inspire
Et s’en redescend pour écrire
Ceci :

L’obélisque est gigantesque,
L’odalisque est fantasque,
Moi je rêve de Manosque.
Qu’y boirai-je ? Une mauresque !

Jouer des musiques sous le kiosque
A la Daft Punk, dessous un casque,
Peindre mille et mille arabesque
Orner des boucliers étrusques…

Dois-je citer toutes mes frasques
Ityphalliques et pioupiesques ?

Prescription pour le pays basque ?
Je n’ai pas dégradé de fresque
Mais Omar a « manger » la bisque !
Pourquoi changerais-je de disque ?

Pourquoi tomberais-je le masque ?
L’exercice n’est pas sans risques :
Un jour nous aurons les joues flasques,
Nous serons des vieillards grotesques
Car toute existence est farcesque.

Sarcey se prénommait Francisque,
L’obélisque sera clownesque
On n’était pas chevaleresques
Mais juste… abracadabrantesques » *
 

DDS 482 Anna Karina Sheherazade

 
Ce que la conteuse nous chante
Finira-t-il à la brocante ?

Se pourrait-il, par aventure,
Que ses mille nuits d’écriture
Disparaissent dans la nature ?
Qu’un heureux acheteur du souk
Les emmène dans sa felouque ?

Se peut-il qu’un jour sur E-bay
Parmi d’autres trésors livresques
Un libraire ému les débusque ?

Ou suis-je par trop romanesque ?


* Oui, j’ai oublié de citer nommément l’astérisque.
C’est pour ça que j’en ai mis un quand même sous cette forme-là.
Tant pis s'il ne sert à rien !
Revendez-le au prochain vide-grenier près de chez vous !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 482 d'après cette consigne :
obélisque et/ou odalisque

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03 novembre 2017

FAINÉ-HANTISE

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux séduire Martine Carol,
Faire la bombe avec Ravachol
Ou mêm’ dev’nir l’amant d’Andréa Ferréol !

Il serait temps que je m’affole
Si je veux être au pont d’Arcole
Avec Napo qui caracole
Ou bien à Waterloo où ça sera moins drôle !

Il serait temps que je m’affole
Si je veux sortir de l’école
Où on m’a mis trente ans de colle
Au prétexte que j’y faisais trop le mariole !

Il serait temps que je m’affole,
Que je chante « La petite gayole »
Si je veux dev’nir une idole,
Coqueluche des groupies sorties de rubéole !

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux dev’nir roi des guignols :
Aucun programme branquignol
Et pas même le début d’une queue de casserole !

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux qu’on m’coiffe d’une auréole,
Si j’veux finir sous la coupole
Ou statufié à poil dans l’rôle du discobole !

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux être en tête de gondole :
Faut qu’j’écrive plus de fariboles
Ou que je danse la Carmagnole sous des banderoles !

IL 171030 sieste 2

 Avant que Dieu n’me patafiole,
Qu’on ne me passe la camisole
Et qu’à l’asile on ne m’isole
Au prétexte que j’ai égaré ma boussole

Il serait plus que temps, oui, que je m’affolasse !
Mais, comme disent les Suissesses
- Six « s » et tout autant de grâces – :
« S’il s’agit d’se bouger les fesses
Et d’se casser le cul en tombant du hamac
Y’a vraiment pas le feu au lac ! ».

Ecrit pour les Impromtus littéraires du 30 octobre 2017 d'après cette consigne

07 septembre 2017

SIX POÈMES SUR RIMBAUD ÉCRITS A CHARLEVILLE-MÉZIÈRES LE 9 JUILLET 2017

170710 265 066Si la main à charrue vaut bien la main à plume
Alors soc ferme
Et trace ton sillon
Dans l’ampleur des paysages !

Tant pis si le vent des semelles
En efface
A jamais
Toute trace !

170710 Nikon 093


******************************************************************

170710 Nikon 033Ce n’est pas le sable du désert
Qui marque le temps.

Pour que cela se puisse faire
Il faut l’enfermer dans un vers
A l’infini

Et retourner, et retourner, et retourner
Le désertique sablier

Jusqu’à se retrouver
Amputé de son âge
Sur son lieu de naissance


******************************************************************


170710 265 013

 

 

  Y aura-t-il d’accortes servantes
Au Cabaret vert de 2017 ?

Botte de foin des bocks et de la limonade
Puis-je leur réclamer qu’on m’ajoute une paille ?

Quel en sera le prix ?
Voisin du Brahmapoutre ? 

 

 

 

******************************************************************

170709 Nikon 101

Place du cal aux mains des pousseurs de charrues.

Place du poids des mots pour les pousseurs de plume.

Dans le duché de Rimbaldie
Les bateaux sont ivres d’immobilité,
Le vent balaie la place à peine illuminée,
Il fait un temps d’enfer sur la saison d’été
Et le noble portrait orne, outre le manège
La mosaïque boulangère et la boutique du vapoteur.

Méfions-nous des cracheurs de fumée :
Les voici allumés du feu de la colère.

170709 Nikon 104

******************************************************************

170712 265 129

 

 

 

 Un beau soir, foin des Boches et de la canonnade
On quitte les tilleuls verts de la promenade.

On n’est pas sérieux quand on est Jean-Arthur
Et qu’on a très envie d’aller brûler le dur.

« Les Messieurs de Paris aiment ce que j’écris !
La chose est peu commune ! Ici c’est vert de gris ! »

 

 

******************************************************************

Le carillon de Charleville dispense à longueur de quarts d’heures des bribes du «Chant du départ». Comment eussiez-vous voulu, dans ces conditions, que le fils Rimbaud y restât ?

J’aime Charleville mais hier quand il ne pleuvait pas.

170710 265 065

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24 juin 2017

QUATRE AUTEUR(E)S SUR LA HAUTEUR

1

DDS 460 Vargas

Forcément
Retors
Et
Décalé

Voici
Adamsberg de
Retour.
Gare à l’
Araignée
Sournoise !


2

DDS 460 madeleine-proust

Mortifèrement
Affalé,
Reclus,
Cherchant l’
Endormissement
Libérateur, ce

Plumitif
Refile à notre
Oncle
Une allergie au
Snobisme
Terrifiante !


3

DDS 460 molièreJoie 
Baroque !

Médecin
Origénial !
L’
Ironie
Est
Royalement
Envoyée !

 

4

C’est
Hebdomadaire,
Eblouissant,
Roboratif,
Eclatant !

DDS 460 IowaJ’
Ouïs son
Yoddle
Enthousiasmant,

Drôlissime,

Issu
Orgasthmatiquement du Middle-
West
Américain.


Ecrit pour le Défi du samedi n° 460 d'après cette consigne : Acrostiche

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18 mai 2017

LE HASARD ET LA… ?

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on trouve un trésor au désert :
Un cadeau de Rosette à Pierre,
Un chameau qui joue du Mozart,
Les Mémoires de Caspar Hauser…

C’est toujours par un pur hasard
Que Melchior aima Balthazar
Mais on enterra cette histoire
Aux oubliettes du Mystère,
Dans les cachots du ministère.

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on échappe aux voies de misère
Ou pas.

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on choit dans le fond du puisard.
« Ca c’est au jeu de l’oie, ma mère,
Au 31 » dit ma mémoire.
L’oie se fout bien de l’Alzheimer :
Elle a chopé la grippe aviaire
Hier au soir. Un pur hasard !


IL 170515

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on fait un accroc au blazer,
Qu’on se déchire le falzar,
Qu’on marche où déféqua l’Azor
Et rate la première marche au bas d’l’escalator.

C’est toujours par un pur hasard
Que le prince épouse la bergère,
Que Blanche-Neige écoute la sorcière,
Que Cendrillon rentre trop tard
Perdant sa pantoufle de vair.

C’est toujours par un pur hasard
Qu’au jeu d’échecs on gagne ou perd :
Tu as tes chances contre Richard ;
Que faire face à Bobby Fischer ?

IL 170515 Bobby

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on fiche à Smyrne le bazar,
Qu’on trouve l’issue du labyrinthe
Sans raison ni raisins ni sans isthme à Corinthe.

C’est toujours par un pur hasard…

Puisque tout est allé à Thouars
Ou à vau-l’eau sur la Vézère
C’est que les Parques se font vieilles,
C’est qu’elles ne font plus de merveilles :

Elles t’insultent – « Micheton ! » -,
Secouent leurs jupes, dansent des claquettes,
Moquent ta singularité.

Elles dévalent et rient de ton
Destin à l’écart des gisquettes,
De ta destinée-cécité.

IL 170515Giscard hmxZRW8mhs4ak

Elles te contre-pètent au nez,
Ces insolentes !

C’est toujours par un pur hasard
Que l’on est muté en Lozère,
Que le révérend dit « Bizarre »,
Que nul n’obtient ce qu’il désire,
A part un vieux méchant tracsir
Aux portes de son avenir.

Ce n’est jamais un pur hasard !

Non, c’est toujours très volontaire
Quand ma poésie dégénère
Et dégouline, délétère,
En joyeux vers de mirliton !
Ce sont des vers « à ma façon »,
Un poil diserts, un poil barbares,
Pondus derrière le zinc du bar
Dont je suis l’aimable patron.

Mon bistrot ? C’est « Le Pur hasard »
Tout près de la gare Saint-Lazare.
Sur la vitre on lit au-dehors
De quoi faire rire tous les morts :
« On accueille les fantômes at home. ».

Bienvenue dans Le Pur hasard !
Bienvenue aux ressuscité(e)s !

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 15 mai 2017
d'après la consigne "Un pur hasard"

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05 avril 2017

LA MAMAN DES POISSONS : REVISITE

Ma très chère Lolotte, il me faut, je l’avoue
Battre ma vieille coulpe et tendre gauche joue.

Vous m’avez engueulé comme poisson pourri :
Je suis allé trop loin. Vous m’en voyez marri.

Oui j’ai bien employé le vocable « morue »
Afin de mettre un terme à une aigre querelle

Avec votre mother, cette infâme barbue
Que j’aurais pu traiter aussi de maquerelle !

James Christensen Fish 115351483_o
James Christiansen - Fish (1998)

 Mais, sans vouloir noyer le poisson dans l’étang,
C’est ell' qui a commencé en me traitant d’ « hareng »,

Au prétexte que j’ai, sur les bords d’la Baltique,
Suivi un dur régim’ de maqu’reau-biotique !

Fariboles ! Fadaises ! Mots d’affabulateurs !
Je ne relève pas ce que jazzent les conteurs !

Si je veux vivre heureux comme un poisson dans l’eau
Il faut que je maigrisse et donc, j’y vais mollo,

Moi, je ne râcle pas le fond des casseroles !
Je le surveill', vois-tu, mon taux d’cholestérol !

Mais s’il s’agit d’amour, Lolotte, ou de passion
Je boirais bien la mer avec tous ses poissons !

Je veux que notre amour grossisse avec le temps,
Que ce petit poisson un jour devienne grand

Amadoue ta maman ! Présent'-lui mes excuses :
C’était poisson d’avril ! Le premier on s’amuse,

On se fiche du sérieux comme de Colin-tampon !
Il n’y avait pas lieu que l’on haussât le thon !

Excepté en avril où tous sont polissons
Rien ne doit se finir comme queue de poisson !

Je regrette, Lolotte, cette exaspération :
Je suis un poissonnier, je n’suis pas un barbeau !

Reprenons sur l’étal, demain, notre passion !
Je te promets, Chérie : je mettrai le turbot ! 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 4 avril 2017 
d'après la consigne n° 331 de Pascal Perrat

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14 mars 2017

CONFUSION DES VOYELLES INITIALES CHEZ L’IMPATIENT ÂGÉ

Lakévio 51 Chris-Aggs -Echo & Narcissus 114596876
Chris Aggs - Echo & Narcissus

- Que nous dit en ce jour
Cacochyme, l’ingambe vieillard ?

- Jonquille ! Jonquille ! Jonquille !
Comme tout un chacun j’onquille les années,
J’éccumule les berges,
J’émasse les printemps,
Je vois réglissonner le rouleau de mes zans !

Une fois dans l’année, quand iclôt la fleur jaune,
Un vent de renouveau onvahit mon logis.

J’ivre grand la fenêtre
A ces couleurs nouvelles,
A ces oudeurs douceâtres.

Il fait un temps à faire « égité du bocal »,
Un temps à ressortir tous les tours de son sac,
Un temps à pétiller de malice nouvelle
Dans la soie jaune du tapis au pied des arbres
Ou devant ce ciel de promesses ;

Un temps à pétiller plus haut que son QI,
Fût-il bien cuit ou jaune écru !

Ah ! Quel bouleau, partout !
Que de taches m’attendent,
Iblouissantes aux yeux !

Il va falloir retondre
Il va falloir itendre
Le linge sur la corde :
La nature a reçu, cadeau de renaissance,
- Fort aimable coutume ! -
Un bien joli costume.
Ôu, Dieux, quelle ilégance !

Il va falloir semer l’émour autour de soi,
La pétulance, le pétunia,
La coquecigrue, le coquelicot,
La gentillesse, la gentiane,
La joie simple et la jacinthe.

Il faudra badiner, jardiner,
Lutiner, lupiner,
Crocusser la vie à pleines dents,
Casser la graine avec Marjolaine,
Affeuiller Marguerite,
Vivre d’amour, d’eau fraîche,
D’ouxygène et de plaisir,
De bon grain et d’ovresse
Dans tout ce beau de l’air !

Et je me sens d’haimeur
A cueillir l’idelweiss
Et fleurir d’ommortelles
Mon rebord de fenêtre !

Il fait un temps à se sentir
Dans la fleur de son êge !

Pistil, ce sentiment,
Durer jusque toujours ! »

- Puisses-tu dire vrai, fort imable vieillard !

- ???

- Zut ! J'ai chopé son effection !

Ecrit pour l'atelier 51 de Lakévio d'après le tableau
de Chris Aggs - Echo and Narcissus

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05 mars 2017

UN KYRIE, DES KYRIELLES !

De la poche du kangourou
J’extrais 
Un kamikaze kaléïdoscopique,
Trois kilos de kaolin,
Un kakémono à suspendre,
Un kilomètre de dilemmes kafkaïens
Et un képi kaki du Kaiser
(Franz Beckenbauer ?)

 

DDS 444 gotlib_kangourou10

 

De la poche du kangourou
Je sors
Une ceinture noire de karaté
Sa vocation de serre-kiki,
Un manuel de karting,
Un kilo de viande kascher,
Un kayak palindromique,
Un lot de pochettes surprises
Destinées au stand de pêche à la ligne de la kermesse d’Irkoutsk 
Ou de la ducasse de Dunkerque, 
C’est kif-kif la même chose et du pareil au même.

DDS 444 gotlib_kangourou12

De la poche du kangourou
J’extirpe
Un kil de rouge,
Du kif,
Du khôl,
Un kyste,
Un kinésithérapeute en kilt.

DDS 444 gotlib_kangourou13

De la poche du kangourou
Je ramène
Une bouteille de kirsch,
Un vieux klaxon de Buick
Qu’une Kabyle kleptomane,
Vétue d’un kimono,
A volé à Kharkov
A un koulak insigne
Et vendu trois kopecks
Au Kazakhstan à la sauvette.

 

DDS 444 gotlib_kangourou4

 

De la poche du kangourou
Je tire
Un kouign-amann fourré au korrigan velu.
Beark !

DDS 444 gotlib_kangourou5

Du kangourou K.O.,

Vaincu par un kouglof
Fabriqué en série dans un kolkhose de Kiev
Dans une kitchenette kitsch,
Je sors un…

Mais c’est quoi, là ?
Un koala ?!

DDS 444 gotlib_kangourou18

Manquant de kérozène
Pour aller plus avant
Je me soûle au kummel,
J’emmène mon Kodak
Au kiosque du Thabor.

Et j'y rencontre le général Koutouzov
Qui me dit : "Cher Krapov !
Dans la poche de mon slip kangourou
Il y a un drôle d’oiseau ;
Je crois que c’est un kiwi.
Je l’empêche de sauter sur le monde qui bouge !
Mais comme on s’entend bien,
Lui et moi dans mon Parnasse
Je l’ai appelé Kiki ;
Et comme il a frite
On ne se kikitte plus !".

N.B. Les illustrations de Marcel Gotlib ont été empruntées ici

 

Ecrit hors délais pour le Défi du samedi n° 444 d'après cette consigne

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18 février 2017

LES PAYS QUE PARCOURT LE VENT (renku du pays de Lannion)

Dans le forum Télérama Lartigue de fin 1998, les choses sont un peu plus compliquées : il faut partir d'une première photo de Jacques-Henri Lartigue et arriver dans la deuxième ou, plus largement, passer de l'une à l'autre.
Dans le petit recueil que j'avais tiré de mes contributions j'avais fait l'exercice trois ou quatre fois à partir de deux couples de photos. Mais j'ai retrouvé hier les séries 3, 4 et 5 que je n'avais pas imprimées et que j'avais quasiment oubliées. Ce texte-ci est ma contribution à la troisième série.

N.B. En poésie japonaise un renku est une suite de tankas, le tanka étant lui même un haïku suivi de deux vers de sept syllabes.

 

Scan réduit 99-01-06 1 Guitty (Marguerite Bourcart) à Biarritz 1905 Lartigue

Sur la grande plage,
Beg Leger, près de Lannion,
Nous allions, enfants.

Papa nous photographiait :
C'est un homme de mémoire.

Nous écrivait-il
Déjà ses poèmes fous
Qui nous font tant rire ?

Nous y allions en hiver,
A Toussaint ou bien à Pâques.

A la Sabotière,
Une bonne crêperie,
Nous nous endormions !

Il avait beau mitrailler,
Je fuyais son objectif

Fort distraitement
J'écoutai plus tard ses oeuvres
Franco-japonaises

J'étais la fille de l'air,
Lui l'amoureux de la mer

"Le vent entre dans
Le détroit de Gibraltar
Toujours par la gauche"

Il n'aimait pas les avions :
Il avait trop le vertige !

"Le vent examine
La rue des amours perdues
Sans rien y chercher"

J'étais faite pour les airs
Lui, amoureux de ma mère

"Le vent s'emplafonne
La nuit contre ce pilier
Où le zouave attend"

C'était quand l'inondation ?
Mil' neuf cent six ? ou bien dix ?

"Le vent parcourra-
-t-il, sous les jupes des filles
Un pays interdit ?"

Plus tard j'ai quitté le nid
J'ai pris un splendide envol

"Le vent fait frémir
La surface des rizières
Mais le grain germera"


L'aviatrice a fui au loin

Ils sont restés seuls sur terre

Scan réduit 99-01-06 2 Lartigue"Le vent qui parcourt
Mes souvenirs en tous sens
Ne m'y trouve pas !"

Retiens ton chapeau, mon père !
J'ai pris la fille de l'air !

"Crayon et papier
Pour écrire aux enfants, loin,
Des mots de tendresse

Quand nous serons vieux, penchés,
Saules pleureurs, éplorés"

6-01-1999