21 juin 2022

Travaux de l'Espace numérique à la Maison de quartier de Villejean vus le 18 juin 2022

C'était l'Assemblée générale de la maison de quartier de Villejean ce samedi. Dans le hall trônait encore l'exposition des travaux de l'Espace numérique local. Dommage qu'il y ait eu tant de lumière caniculaire dehors et tant de reflets sur les vitres parce que certains "tableaux" réalisés à la tablette (palette ?) graphique étaient de toute beauté.

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Deux visions de l'entrée de ce bâtiment dans lequel je viens faire le clown chaque semaine depuis plus de 20 ans maintenant.

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Il me semble reconnaître ici Maître Claude qui me donne les clés de la salle Mandoline tous les mardis. Attention, c'est comme dans le dernier "99 dragons" : ne lui cherchez pas des crosses, il est professeur de boxe thaïe ! ;-)

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23 mai 2022

Exposition sur le verre au Musée des Beaux arts de Nancy le 13 avril 2022 (2)

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Devant la beauté de toute ces verreries, on reste... soufflés !

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07 janvier 2022

En un mot comme en cent. 30 décembre 2021, Aujourd'hui une phrase que j'ai dite

Une phrase que j’ai dite et notée le 18 décembre pour inscription dans un éventuel « Dictionnaire infernal » ou « Dictionnaire vulgarissime » :

Virilité : un bien grand mot pour, parfois, désigner juste une petite bite.


P.S. Je sais, oui, il y a des jours où je ne suis pas sortable, mais je ne vais pas OKsortir ici vu que je suis chez moi et qu'il fait froid dehors ! ;-)

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Illustration empruntée ici. On en reparle tout de suite !

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Des nouvelles d'Isaure Chassériau (2)

C'est en poursuivant mes recherches sur Isaure que je suis tombé sur l'illustration du billet juste au-dessus. J'ai ainsi découvert que notre idole rennaise était allée se montrer à Paris en 2019 au sein d'une exposition intitulée "Paris romantique" présentée au Petit palais.

En voici une présentation par le directeur de l'établissement. Je dispose à la suite quelques avis de visiteurs·ses à propos de Dame Isaure C. ainsi que d'autres propos tenus sur la toile à son sujet.

Le cartel explique que cette demoiselle est la nièce du peintre et qu’elle est une cousine du peintre Théodore Chassériau.
Elle se tient de face, raide et figée. Elle ne sourit pas. On dirait qu’elle passe un examen, qu’elle doit se justifier de quelque chose.
Elle est pourtant élégante avec ses fleurs roses dans les cheveux et sur son corsage assorties à la couleur de sa robe. Les visiteurs du Salon de 1839 ne l’ont, paraît-il, pas aimée.

http://protestantsdanslaville.org/spiritualite-et-image/im372.htm

***

Mais on se contente de sourire, mis de belle humeur par la qualité des portraits (l’Isaure Chassériau d’Amaury-Duval, presque inquiétante à force de frontalité).  Alain Rauwel

https://www.art-critique.com/2019/06/1815-1848-paris-entre-effervescence-historicisme/

***

Asseel Al-Ragam
@a_alragam
Eugène Amaury-Duval’s painting of his niece Isaure Chassériau. The painting was criticised at the 1839 Salon Carré of the Louvre because of its fixed pose and vivid tones that “disturbed” and “provoked.”

https://twitter.com/a_alragam/status/1163073870615797761?lang=fr

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The annual salon des Beaux Arts at Musée du Louvre is wonderfully reproduced in a large room with paintings by Chassériau, Delacroix, Girodet and Ingres, hanging from floor to ceiling. And a ravishing portrait of Isaure Chassériau (cousin of the painter) by her uncle  Eugène Amaury-Duval brings lightness to the room. This reminded me very much of the Grande Galerie in Château de Chantilly where Duc d’Aumale hung his collection.

https://parisdiarybylaure.com/two-exceptional-shows-bring-romanticism-to-petit-palais/

***

Au départ, je voulais faire La Chasse au loup, de François Desportes. Mais la copie avait déjà été faite hier. Trop tard.

Alors changement d'ambiance, avec cette jeune fille. Ce "Portrait de Mademoiselle Isaure Chassériau", par Eugène Amaury-Duval (1838). Sa pause, son regard m'ont touché. Elle n'avait pas l'air d'être heureuse, cette jeune femme. Ce devait être une princesse... J'ai eu envie de lui rendre hommage.

Il faut de la patience... J'y suis depuis ce matin. Et on rendra la copie à 18 h. D'autres personnes, ici, en sont déjà à leur deuxième copie.

Le plus difficile dans ce tableau, c'est le visage. Et ce regard. Il faut lui redonner cette espèce de douceur et de tristesse. Oh non, c'est pas si ressemblant que ça... Maintenant, en ce milieu d'après-midi, il va falloir que je mette le turbo. À mon avis, le bas de la robe sera fait vite fait, bien fait.

Ce Musée recopié, c'est une superbe initiative. Je ne prenais plus le temps d'aller dans un musée. Moi, j'aime le dessin. Je suis toujours en train de dessiner. C'est un exutoire pour ne pas péter un câble. Mademoiselle Isaure Chassériau savait-elle dessiner ? »

Greg 1-02-2016 Le Musée recopié

« J'ai voulu rendre hommage à cette jeune fille triste »

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Adrien Goetz
@adriengoetz
Le plus fascinant visage du musée de #Rennes : Isaure #Chassériau par #AmauryDuval, le premier des élèves d’#Ingres

https://twitter.com/adriengoetz/status/939309435188580352

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15 décembre 2021

SOUS LA PLUIE

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Ils me plaisent bien, ces deux-là ; je leur adresse mes vœux muets de bonheur tandis qu’ils tournent dans la rue Dupuis, pressent le pas sous l’averse qui éclate.

Et puis non, tiens ! Je vais aller leur dire tout de go qu’ils ont raison de s’aimer malgré les bonnes sœurs qui vous confisquent « Madame Bovary », malgré les curés qui mettent Emile Zola à l’index et l’index où il ne faut pas, malgré les talibans et les pétainistes.

Alors moi aussi je tourne dans la rue Dupuis et là j’ai la surprise de ma vie ! Je ne suis plus à Paris, je suis au Japon ! Les enseignes pleines d’idéogrammes clignotent, se reflètent dans les flaques. La pluie a constellé mes lunettes de gouttes qui me donnent une perception hamiltonienne du dépaysement soudain. Et malgré cela, le couple de jeunes gens, je l’identifie : c’est Pierre et Manon !

Qu’est-ce qui est arrivé à la rue Dupuis ? Suis-je tombé avec elle dans une faille spatio-temporelle ? Est-ce parce que j’ai mentionné David Hamilton, photographe des années 70 assez flou en son centre et peut-être pédophile sur les bords que je me retrouve entouré de Renault 16, de DS 19 et de Simca 1000 dans un Japon de pacotille ?

Et si Pierre et Manon ont vingt ans, est-ce que j’ai moi aussi retrouvé cet âge-là ? Pierre est né juste un jour avant moi. Un coup d’oeil dans une boutique de miroiterie me le confirme. J’ai sur mon nez mes premières lunettes à monture d’écaille, je suis coiffé avec cette raie à gauche dans les cheveux et cette mèche qui tombe sur l’oeil droit, je porte encore un pull à bandes horizontales et un K-Way vert franc sur un jean en velours. Il manque juste le sous-pull à col roulé mais c’est parce que le pull l’est déjà, à col roulé.

Par contre, dans la tête, je le sens bien, je suis toujours le même vieux crabe qu’en 2021 ! Est-ce que j’ai le droit, du coup, de m’approcher de mes anciens amis et de leur dire ce que je sais de leur avenir ?

Me croiront-ils seulement ? Sous le parapluie, le couple arrêté échange des baisers quasi-clandestins. Si je les préviens de ce qui les attend, je me demande si Pierre et Manon iront sur leur île grecque, s’ils y vivront un jour d’amour et d’eau fraîche et puis, à force d’y retourner tous les ans, d’autres jours de reproches et d’engueulades jusqu’à leur rupture définitve avec des mots cruels et aucun retour en arrière possible pour eux.

Ils ont repris leur marche à pas rapides. La fatigue commence à alourdir les miens. Je m’élance derrière eux, les rejoins, dégoulinant de pluie. Je tape sur l’épaule de Pierre.

Ce n’est pas Pierre, ce n’est pas Manon. Ce sont deux Japonais ! Je m’excuse en agitant stupidement les mains et en répétant plusieurs fois « Sorry ! Sorry ! ».Visiblement ils ne comprennent rien à la situation puis ils sourient et vont s’abriter sous le dais trempé d’un hôtel de luxe.

Que faire ? Que faire d’autre pour ne pas avoir l’air d’un con « lost in translation » sans aucune Scarlett qui me réconforte d’une présence et me nourrisse d’espoirs inavouables ?

Oui, c’est ça, disparaître, poursuivre mon chemin et tourner à droite pour me trouver hors de leur vue. Et la première à droite, justement, c’est encore autre chose.

La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller. Elle aussi, je la connais. C’est la marquise de B***, elle a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs. Elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets.

210722 Nikon 049 recadréeIl n’y a plus d’enseignes japonaises ici mais des maisons à colombage, une atmosphère de ville de province. Au bout de la rue on aperçoit la mer. En bordure de plage une oriflamme arbore au vent les deux lions jaunes sur fond rouge qui symbolisent la Normandie. Trouville ! C’est parfait, ça va me rafraîchir ou plutôt me sécher. Déjà il ne pleut plus et la rue Dupuis n’est plus qu’un lointain souvenir. Je rejoins ma jeune épouse. Nous sommes mariés depuis une semaine. Tout va très bien avec Madame la marquise ! La voilà, mon île grecque à moi !

Si je veux perpétuer cet état de bonheur, je sais ce qui me reste à faire : oublier l’avenir et ne plus jamais tourner dans une rue à droite !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 14 décembre 2021
d'après la consigne 2122-13 ci-dessous

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09 décembre 2021

PARIS-PROVINCE

Bien entendu, six mois après, je mélange un peu les randonnées. Celles, normandes, d’Annoville et celles, bretonnes, de Poulennou. Ce que c’est que d’aller dans les bouts du monde dont le nom comporte deux « n » ! Me souviendrais-je mieux d’une ascension de l’Annapurna ou de la randonnée périphérique autour d’Annapes ou de Vincennes ? Pas sûr !

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Ma mémoire a jeté le nom de ce manoir aux orties. Peut-être est-ce Kérizy ? Il se situe sur le chemin qui va, dans l’intérieur des terres, de Poulennou à Cléder et sur lequel à un moment, j’ai cru m’être perdu et avoir pénétré dans une grand propriété privée. Heureusement les garde-chasse du coin ne me sont pas tombés dessus avec leur tromblon ; je n’ai pas dû subir, même par le verbe, ces violences que des flics imbus de leur force et de leur pouvoir infligent à des gilets jaunes en vadrouille. On est plus civilisé qu’à Paris dans le Finistère !

Pour vérifier ce Kérisy, il suffirait que j’aille consulter mon avant-dernier cahier d’écriture nomade. Ou, sur l’ordinateur, le répertoire des photos de juillet 2021. Ces deux instruments-là me servent de dateurs et j’ai aussi la ressource de ressortir la carte IGN bleue sur laquelle j’ai repéré ce circuit accompli en solitaire, au milieu des champs et du petit bois sous un cagnard exceptionnel cet été-là. C’est l’année où nous sommes partis en vacances les deux seules semaine où il a fait beau sans discontinuer, les autres semaines ayant été du genre à vous filer une angine en juillet et le coryza en août !

210722 Nikon 049 recadréeJ’étais donc là, au bout de ma course, à battre tout seul le pavé de Cléder quasi déserte, à photographier les mosaïques de la grand’place quand un gars est sorti de la salle municipale et m’a dit :

- Si vous aimez les belles choses, entrez donc ! Il y a de quoi vous satisfaire à l’intérieur !

C’est comme ça que j’ai eu le droit de photographier, en avant-première ces tableaux d’avant vernissage. Je me suis bien gardé de dire aux charmantes personnes qui peaufinaient l’accrochage des toiles et photographies que j’afficherais un jour futur des fragments de cette exposition sur Internet. Il y a toujours des gens rétifs à cet outil, des rebelles à la diffusion voire à la captation des images.

Mais quoi ! Si, comme ici ce jour, on ne glorifie pas les talents des peintres locaux, la beauté des paysages maritimes sur le sentier des douaniers entre Moguériec et Kerfissien, que trouvera-t-on sur nos écrans, dans nos radios ou nos journaux ?

Des tronches d’ambitieux qui veulent devenir calife à la place du calife? Des émissions de variété qui ressortent Chantal Goya de la « et j’ai crié Naphtaline pour qu’elle revienne » ? Chantal Goya qui était si Bécassine’s cousine à la fin de sa vie qu’elle croyait qu’elle faisait de la peinture !

Non, vraiment, si l’heure est au retour des valeurs du passé, de « Maréchal nous voilà », de « Sens commeun », de la francisque et des nervis à battes de base-ball, alors laissez-moi rêver dans mon coin devant le frais minois des dames de Cléder, devant l’image naïve et délicieusement enfantine de cette Bretagne blanche et bleue où le touriste que je suis trouve toujours à s’émerveiller. S’il n’est bon (monde à la Houelle)becq que de Paris, je vous le laisse !

Merci à vous, gens de Cléder !

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P.S. Et désolé pour ma mémoire déjà défaillante : c’est le manoir de Tronjoly qu’on voit sur la première aquarelle !


Pondu à l'Atelier de Villejean le mardi 7 décembre 2021 à partir de la consigne 2122-12 ci-dessous

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-12 DU 7 DÉCEMBRE 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Scrabble à Cléder !



Voici quinze tableaux photographiés à Cléder (Finistère) à l’été 2021.

L’animateur y joint dix mots issus de dix tirages différents de sept lettres d’un jeu de Scrabble.

Imbus - dateur - ortie - verbe - kasoar - angine - gilets - pavé - crolle - minois

Laissez-vous inspirer par un ou plusieurs des tableaux et insérez deux mots au moins de la liste dans votre texte.

 

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08 octobre 2021

En un mot comme en cent. 4 octobre 2021, Aujourd'hui une seule question

Pourquoi est-ce que je continue à jouer à ton jeu idiot, Raymond, alors que tu commences à m’ennuyer et que je n’ai même plus le temps de publier mes photos sur mon blog à cause de toi ?

***

Le vendredi 1er octobre 2021 nous sommes allés visiter les expositions de "Grand Nord", le festival de photographie de La Gacilly. Entre autres splendeurs exposées, il y avait les photographies étonnantes de  dame Héléna Blomqvist qui nous ont beaucoup plu.

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Plus d'images de cette artiste-photographe ici

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04 septembre 2021

A LA RECHERCHE DU TEMPS PAS TROP MAL PERDU. 1, Les Vide-poches

Malgré l’absence de signalement adéquat, j’ai fini par les retrouver, les photos des vide-poches.

DDS 679 Vide-poches 1On a beau exercer la profession de bibliothécaire, on ne peut tout de même pas, une fois sorti du boulot, continuer à faire du catalogage, de l’étiquetage, du rondage, du marquage et du repérage de tous ses documents personnels : il faut bien respirer un peu, s’occuper de sa petite famille, cuisiner, faire faire les devoirs, emmener les queniaux à la bibliothèque, souffler en jouant aux échecs le mercredi et le samedi avec le docteur Gobé, André Simon , Daniel Tailpied, Luc Rivard et ce vieux descendant d’Ecossais rafistolé de tous les côtés mais aussi prompt à vous raconter des grivoiseries qu’à se laisser planter un échec et mat rapide, le sieur MacLeod, descendant d’un ministre de Louis XV ; il faut remettre remettre le couvert échiquéen le dimanche dans le championnat départemental en affrontant les clubs du Mans, de Champagné, La Suze ou Château-du-Loir et aussi croiser le fer amoureux avec l’escrimeuse et experte en tir au pistolet qui me servait alors d’épouse-en-attente-d’un-retour-en-Bretagne.

Mais vous en avez marre des longues phrases proustiennes et vous n’avez pas compris le mot «queniaux» : c’est ainsi qu’on désigne les enfants en parler sarthois. Pensez à bien rouler les "r", ce faisant.

Parce que c’était en 1997, les vide-poches, et c’était à Sablé-sur Sarthe, une charmante cité que nous nous apprêtions à quitter alors pour la bonne ville de Rennes. Si vous avez besoin d’un repère temporel plus pop-culturel, souvenez-vous que c’est à cette époque-là que la Mercédès de Lady Di a joué au zouave dans le tunnel du pont de l’Alma.

DDS 679 Vide-poches 2Les trois photos sur papier étaient dans une pochette marquée «Pot de départ au château». Oui, la bibliothèque dans laquelle je travaillais était logée dans le château de Sablé qui avait appartenu jadis à Monsieur le marquis Jean-Baptiste Colbert de Torcy, secrétaire d'Etat puis ministre de Louis XIV. Elle doit toujours se trouver là d’ailleurs. Ce n’était pas, à vrai dire, une bibliothèque mais un centre technique de la Bibliothèque nationale de France. Il avait été installé dans ces lieux en 1981 et s’appelait le Centre de conservation du livre imprimé et manuscrit (CCLIM). Je me souviens encore avoir pondu un jour cette krapoverie-ci : «Le CCLIM ne paie pas !».

Je suis arrivé là en janvier 1985. Je suis donc resté douze ans Sabolien ! Rétrospectivement, c’est peut-être un exploit !

Les diapositives se trouvaient dans une boîte dénommée «D 97/11 Festival interceltique de Lorient", mises à la suite de photographies du groupe musical «Mes souliers sont rouges». J’ai donc ajouté sur l’étiquette et dans le listing de mes collections d’images «+ Exposition de vide-poches». Il y met parfois du temps mais le bibliothécaire retrouve toujours tout !

Les deux dernières années à Sablé, j’ai passé la surmultipliée. Je suis devenu, de façon tout-à-fait officieuse et parfois à moitié scandaleuse, animateur-agitateur culturel. J’ai publié des choses diverses, poésies, écrits satiriques, exposé des photographies, entraîné des collègues dans des animations autour du «Temps des livres» puis me suis acoquiné avec un comédien local, Lionel Épaillard, pour organiser des soirées de lecture publique baptisées Hydraulire. Tous les ans je sortais ma guitare le 21 juin pour interpréter sur la place Dom Guéranger des chefs d’œuvres de l’antiquité tels que «Le Lycée Papillon» de Georgius dont j’avais modifié les paroles ainsi :

«C’est en Normandie que coule la Moselle
Capitale Béziers et chef-lieu Toulon
On y fait l’caviar et la mortadelle
Et le député c’est François Fillon»

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L’exposition de vide-poches relève du même esprit de partage avec tous de ces richesses anciennes que nous voyions passer journellement au travail en vue de les photographier et de les restaurer. Ces objets pratiques ont été la dernière surprenante découverte faite au château, faisant suite aux œuvres du chanoine Schmid, à la collection Smith-Lesouëf, au fonds indochinois et aux brochures Lb39 datant de la Révolution française. Et c’est sans parler de Charles Cros qui vint ici faire des expériences de photographie en couleur et de mes pittoresques et fabuleux collègues, aussi bien les locaux que les immigrés, que je salue au passage.

Je me souviens que ces objets domestiques kitschissimes nous avaient été envoyés par le département des Estampes non pour un traitement quelconque - microfilmage, désacidification et reliure étaient les trois mamelles de ma mère nourricière, la B.N.F qu’à l’occasion j’appelais aussi «l’Abbé Héneffe» - mais juste pour stockage sur la plateforme au-dessus de l’entrée de service, là où avait dû se situer jadis l’usine de chicorée des frères Williot qui nous avait précédés ici de 1920 à 1968.

A l’occasion de la journée portes ouvertes, j’en avais exposé une sélection dans le salon Louis XIII, sous le plafond à caissons, par-dessus le parquet à la Versailles, face au portrait du duc d’Albert de Luynes, ancêtre du duc de Chaulnes qui patati et patata… Comment avez-vous deviné que j’étais aussi responsable des visites du château ? N’oubliez pas le guide, s’il vous plaît !

Voyez comme le monde est fait : cela va faire 25 ans que j’ai quitté la B.N.F. et je reste toujours aussi épaté voire intrigué par l’étrangeté des trésors qu’elle possède. L’instauration du dépôt légal par François 1er en 1539 lui fait obligation de conserver un exemplaire de tout ce qui est imprimé sur le territoire français depuis cette date, y compris ces objets aux couleurs fluorescentes dont le tampon, sur leur verso voire carément sur le visage de ces dames, indique la date de 1929.

C’est fou ! Vous imaginez un de ces trucs-là accroché au mur, chez vous ?

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Peut-être y en avait-il dans les chambres de l’hôtel Alsace Lorraine que tenaient Odilon et Céleste Albaret au 14 de la rue des Canettes à Paris 6e après avoir cessé leur service auprès du très maniaque Marcel Proust ? Allez savoir !

N.B. Les trois photos sur papier qui illustrent le texte sont certainement l'oeuvre de Philippe Masseau.


Ecrit pour le Défi du samedi N° 679 d'après cette consigne : Vide-poches