24 juin 2018

REVOIR EN REPLET !

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Si vous avez raté un épisode de votre série préférée (ou sauté un Défi du samedi !) remerciez le Schtroumpf bricoleur ! En s’inspirant du ventre rebondi du Schtroumpf gourmand, il vient d’inventer le mode replet !

Ca donne des choses comme cela :

LE SCHTROUMPF DU SCHTROUMPF

Couplet 1
Ça c'est le schtroumpf
Oui c'est le schtroumpf du schtroumpf

Un schtroumpf de schtroumpf pas trop schtroumpf
Avec un schtroumpf au bout

Fais un schtroumpf et mets du schtroumpf par-dessus le schtroumpf
Et schtroumpfe dans ton schtroumpf un bon coup

Refrain
Puis on va se schtroumpfer en schtroumpf
Même en Schtroumpf patois je m'en schtroumpfe

Je schtroumpferais même un Schtroumpf
Je schtroumpferais un Schtroumpf
Je schtroumpferais même un Schtroumpf en schtroumpf

Je schtroumpferais même un p'tit Schtroumpf
Je schtroumpferais même un vieux Schtroumpf
Je schtroumpferais même un grand schtroumpf en schtroumpf

Bien sûr, pour l’instant la chaîne est cryptée mais le décodeur, ci-dessous, est gratuit !
 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 512 d'après cette consigne : Schtroumpf


26 mai 2018

TU AS BEAUCOUP D’ORIBLOGAMIS COMME ÇA DANS TES PETITS PAPIERS ?

Je trouve que l’on devrait aimer davantage le Japon et les Japonais(e)s !

C’est miracle que soient sortis, d’une si petite île, autant de concepts, d’inventions et de merveilles qui donnent à réfléchir à l’humanité toute entière. Citons par exemple :

 

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- L’origami : là où nous autres occidentaux, dès lors qu’on nous donne une feuille de papier, nous nous obstinons à tartiner des phrases qui n’en finissent pas pour fabriquer des livres qui n’en finissent pas de remplir les rayons des bibliothèques, le Japonais plie savamment sa feuille et en fait sortir fleurs, personnages ou animaux qui enchantent le regard et l’âme alors que Marcel Proust par exemple, avec son papier noirci, ne fait rien qu’à énerver les nerfs de notre oncle Walrus. En même temps, c’est vrai, dans « écrivain », il y a « vain » alors que dans « origami » il y a « ami » ;

 

- Le judo : là où le Gaulois Obélix file un méchant coup de menhir sur la tronche du touriste romain qui suivait son petibonum de chemin pour visiter ce pays étranger où il ne pleut jamais – que des coups ! -, la Bretagne, le Japonais enfile son pyjama de cérémonie (kimono), déroule un tapis rouge pas rouge (tatami) et se lance dans une série de salamalecs gracieux mais compliqués pour exprimer à son hôte (judoka) l’idée « Après vous, je vous en prie, je n’en ferai rien » ;

 

DDS 508 Yoko Ono

- Yoko Ono : Il n’y a pas mieux que ce produit japonais pour semer la zizanie dans une bande de mecs qui font de la belle musique ensemble (oltouguézerno). Même quand on la cache sous un drap – le live à Toronto de 1969 – on ne voit et n’entend qu’elle. Yoko Ono, la reine de la caYokophonie !

 

- Fukushima : cette fabrique de « feux de bengale pour égayer le nouveau monde cher à notre Président » n’est pas sans nous rappeler que nous dansons tous sur un volcan. Bien involontairement, les Japonais nous l’ont déjà signalé par le passé. Ca s’appelait Hiroshima, mon amour, et Nagazaki ne profite jamais (Sttellla) ;

- L’ikebana : dîtes-le avec des fleurs ;

- Le bonzaï : dîtes-le avec des arbres ;

- Le Fujiyama : dîtes-le avec un disque de Léo Ferré qu’ « avec le temps va tout volcan » !

 

Je m’arrête là. Je pourrais vous parler du manga, du sudoku, du saké, du haïku, du mikado, du pays du soleil levant, de Mishima mais je suis sous l’empire de la décence : je me souviens que l’oncle Walrus est encore à Colmar (en cure d’intoxication au Gewürztraminer) et je ne voudrais pas lui envoyer ma copie ce soir entre 23 et 24 heures. D’autant que mon intention première était juste de vous refourguer cette histoire de judoka français qui fabrique des origamis avec ses adversaires aux abattis aplatis. J’avais livré la version studio en avril. Voici une version enregistrée « en public » dans un café rennais.

N’est-il pas exquis, mon sabir japonais ? 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 507 à partir de cette consigne : origami

14 avril 2018

COMME L’ITALIE ME BOTTE !

Il n’y a rien de tel qu’un atelier d’écriture pour conjuguer le verbe « improviser ». L’animateur arrive avec un thème principal et chacun dans son coin écrit son contrechant par-dessus puis le livre aux oreilles – ou aux yeux - des autres.

Improviser sur le verbe « improviser » est une belle mise en abyme ! J’imagine que beaucoup d’entre vous, devant un champ aussi libre, auront été bien inspiré(e) s. Pour ma part j’ai choisi de vous livrer une improvisation d’il y a quinze jours sur un motif plus astreignant : l’écriture d’une suite de tankas à partir d’une photo !

COMME L’ITALIE ME BOTTE !

Au caillebotis
Bottes vertes, blanches, rouges
Sèchent sur le seuil.

Moi je joue au chat botté
Et je rêve d’Italie.

171823 cochon bottes


Je sais qu’au musée,
Signé par Botticelli,
Le printemps est beau.

C’est incroyable vraiment
Comme l’Italie me botte !

Sur un ferry-boat
J’embarquerais volontiers
Comme Cyrano.

C’est fou – péninsule ou cap –
Comme l’Italie me botte !

Du pauvre goret
Ecoutez la litanie
Quasi-rimbaldienne :

En marche ! Allons de l’avant
Vers l’Italie qui nous botte !

Sur quel paquebot
Embarquer au débotté
Jusqu’à la lagune

De Venise, vers Bologne
Ou vers Naples ou Pompéi ?

D’une périssoire
Peinte hier par Caillebotte
Je ferais navire

Si quelqu’un voulait m’aider
A ramer vers l’Italie.

Dans un port celé
De la mer Adriatique
Nous ferions escale.

Générosité d’autrui
Nous aurions des confitures

Et des marguerites
Sur des pizzas gigantesques
Aux quatre saisons.

Pays de magnificence
Vraiment, l’Italie me botte !

Pour Corto Maltese
Venise serait sa fin.
Moi, pauvre cochon,

Finir en jambon d’Aoste
Je n’y peux rien : ça me botte !


Et si vous voulez de l'improvisation musicale, en voici de la vraie :

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 3 avril 2018

et adapté pour le Défi du samedi n° 502

d'après cette consigne : Improviser

07 avril 2018

ÉCRIRE A RIMBAUD. 15, Hystérique

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

 

"Ecoutez la chanson bien douce…" Paul Verlaine / Léo Ferré

Je ne suis pas le mieux placé pour te parler des hystériques. Quoique…

Le hasard fait que je dois aborder ce thème la semaine et le jour-même où Jacques Higelin disparaît du circuit, nous laissant esseulés avec son âme de poète qui court les rues et le souvenir de ses concerts-marathons dont certains relevaient de la folie douce voire furieuse – j’y assistai quelques fois au siècle dernier -. Je présente donc mes sincères condoléances à Dame Poupoune qui nous a réjoui(e)s ici il y a quelques années. Elle n’a rien à voir avec l’hystérie mais elle était La fan n° 1 du grand Jacques français.

En tant que iatrophobe pratiquant, je ne m’intéresse ni à la classification DSM IV ou 5 ni à la psychiatrie et encore moins à la psychanalyse. Il faut bien que tout le monde vive, y compris les émules du docteur Knock – on heaven’s door ! - qui sont toujours prêts à vous déclarer grands malades du moment que vous avez les moyens  de vous allonger et de les allonger. Mais je ne comprends rien à leur charabia, à leur manie d’épingler les papillons que nous sommes et à rédiger des étiquettes avec des noms abscons pour mettre dessous.

Si «l'hystérie décrit un ou plusieurs excès émotionnels incontrôlables», comme l’écrit Madame Wikipe, alors nous sommes tous hystériques.

Verlaine qui tenta d’étrangler sa mère pour lui soutirer du pognon et te tira dessus pour que tu ne te tirasses pas l’était quelque peu.

La houle qui assaille les récifs dans le Bateau ivre l’est aussi !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

L'étais-tu, toi ? Il faudrait que je lise cette thèse de Renaud Lejosne-Guigon pour le savoir.

Les jeunes filles qui se pâmaient à la vue des Beatles en concert étaient un bel exemple qui nous fait bien rire aujourd’hui où plus personne ne s’emballe pour la musique devenue gratuite sinon obligatoire. 

Higelin dérange mon plan. Je voulais poser la question « Où donc a disparu l’hystérie ?".  Hier on était Beatles contre Stones, Ricains contre Russkofs, cocos contre fachos, gauchos, trotzkos, socialos et de l’autre côté il y avait "les istes contre les iens » : chiraquiens, sarkozystes, balladuriens, giscardiens, fillonistes…

Maintenant il n’y a plus ni droite ni gauche mais « en même temps »… tout et son contraire, c'est à dire plus rien.

On ne retrouve l’hystérie finalement que dans le domaine du sport. Quel sport pratiquais-tu, cher Arthur, à part le lancer d’anathèmes et de sarcasmes et la marche à béquilles sur ta fin ?

La natation ?

Le judo ?

 Les plus curieux-ses de nos lecteurs-lectrices iront se documenter chez "les Papous dans la tête" qui posaient parfois cette question dans leur émission dominicale !

Moi je n’ai pas le temps. Je suis actuellement un stage d’adaptation au nouveau monde ! C’est vrai, c’est toi qui l’as dit, Arthur : "Il faut être résolument moderne". Je soigne donc mon hystérie en essayant de limiter «mes excès émotionnels incontrôlables». Crois-moi, c’est très dur !

Heureusement il y a « Léo Ferré chante Verlaine et Rimbaud » qui m’aide beaucoup ! Ou pas !

Bon repos à toi – et à moi ! – jusqu’à la prochaine fois !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 501 à partir de cette consigne : Hystérique

24 mars 2018

RÉÉCRITURE CIRCASSIENNE D'UN CHEF-D'OEUVRE PISCÉNOIS

DDS 499 funambule supertramp

- J’ai beau être sous ta férule,
Ma chère maman que j’adule, 
Je ne veux pas faire funambule !
Très peu pour moi !

Depuis cet étroit monticule,
Sur le fil d’une tarentule
Avancer comme un somnambule ?
Très peu pour moi !

Ca fait frissonner les globules
D’une populace incrédule ?
Ca relève des travaux d’Hercule ?
Très peu pour moi !

Il y a parmi ces minuscules
Un détestable groupuscule
Qui attend juste que tu bascules !
Très peu pour moi !

S’écraser en tas de fécule,
S’accidenter au crépuscule,
S’éparpiller en particules ?
Très peu pour moi !

Je ne connais pas la formule
Pour se changer en libellule !
Et casser mes jolies rotules,
Très peu pour moi !

- Arrête ce conciliabule
Qui nous brise les testicules !
On a compris ton préambule,
Vieille tête de mule !

N’empêche, pour gagner ton pécule
Et faire claper tes mandibules
Faut autr’ chose que tes opuscules
De poésie, vieux ridicule !

Arrête de nous faire une pendule,
T’impressionnes pas la pellicule !
T’es jamais qu’un ancien ovule !
Numérote ton matricule !

Tu vas pas t’dorer la pilule
Jusqu’à ce que vienne la sainte-Ursule !
Dis-moi donc, triste noctambule,
Espèce de crapule à pustules

Qui bulles sans aucun scrupule, 
Ce que tu veux faire comme boulot,
A part fainéant majuscule,
Dans notr’ petit cirque ambulant ?

- Moi, je veux jouer de l’hélicon !
Pon pon pon pon !
 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 499 à partir de cette consigne : funambule


03 mars 2018

ECRIRE À RIMBAUD ? 14, Carrousel

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

« J’avais rendez-vous, j’avais rendez-vous…
Dis-moi… Après quoi on court ? »

Carrousel 

 

DDS 496 Mary Poppins

Si comme le chantait jadis Nicoletta « ma vie est un manège » et que « ce manège tourne bien », c’est qu’il tourne en rond ! Pas question pour moi de jouer ces temps-ci les Mary Poppins et d’emmener galoper dans la nature les chevaux de bois du carrousel. Pas question de me trouver mêlé à quelque chasse à courre, j’ai trop peur de devenir le gibier dans ce monde où le trafiquant d’armes et le maffioso de tout poil mènent leur manège au grand jour, ont pignon sur rue.

D’ailleurs mon destin est semblable au tien ! Malgré ton désir de fuite tu t’es finalement retrouvé planté à Charleville-Mais-Hier où tu fais désormais office de chapiteau de cirque, où tu trônes en effigie sur la caisse du carrousel local. De mon côté, en tant que musicien épisodique, pas question de décoller, côté tournées ! A part celles qu’on s’envoie aux bars, bien sûr ! Les dates de concerts ne se bousculent pas au portillon du train fantôme. J’irai juste faire un tour à Tours en juin et sinon je suis condamné à enfourcher un renne à Rennes. A preuve l’excellent gag de l’autre jour. 

170709 Nikon 116

- Assieds-toi, j’ai reçu un coup de fil pour toi, me dit Marina B., ma préposée au téléphone fixe quand je suis le mardi au club d’échecs ou à l’atelier d’écriture. Une chorale de quinze personnes s’est montée à la Maison de quartier de Villejean. Elle s’appelle la Ritournelle et elle cherche… un guitariste !

Bon, d’accord ! Il faut savoir que j’ai déjà fait le clown là-bas de 1998 à 2008 à faire chanter « La java bleue » et « la Valse brune » à des dames aux cheveux argentés ! Recommencer ? Alors que je me suis remis à jouer aux échecs le mardi après-midi et que ces dames de « La Ritournelle » ont choisi cet horaire-là pour chanter. Choix cornélien ! Sur quel dada vais-je monter ? Dois-je refaire ce que j’ai déjà fait ?

C’est que tu ne connais pas mon bon cœur, mon cher Arthur ! Il sait quand il le veut faire se faire plus sirupeux qu’une musique de limonaire ! Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour aller fredonner « Les Roses blanches » « Mon amant de Saint-Jean » ou « Le Tango corse » ! Mais bon, tel qu’il est, il me plaît ! Moi en général, les gens de mon voisinage, « tels qu’ils sont ils me plont », comme disent Annie Cordy et Renaud Séchan quand ils chantent ensemble.

Donc le mardi suivant je préviens mes potes d’échiquier que je ne pousserai pas le bois avec eux cet après-midi-là. C’est drôle, là où on joue, ça s’appelle « le Diapason » ! La musique me poursuit partout ! Et je me retrouve comme prévu avec des retraitées en goguette dans la salle Mandoline - ça ne s’invente pas non plus ! -. Après un rapide tour de table et une présentation du musicien à deux balles et de sa guitare à douze cordes on entame la répétition dans un désordre digne de la Yougoslavie autogestionnaire de jadis. Chacune y va de sa suggestion et la cheffe du groupe, c’est-à-dire la personne la plus malléable de la bande, accepte de commencer par « la chanson sur la Vilaine qui est si drôle ».

Chouette, me dis-je in petto. Man, tu vas mettre une nouvelle chanson drôle dans ta guitare !

- Vous la connaissez ? me demande-t-elle en me mettant sous le nez une chanson timbrée qui se chante sur l’air de « En passant par la Lorraine ».

- Si je la connais ? Et comment ! C’est moi qui l’ai écrite !

Et voilà comment on se retrouve embauché pour une autre répète le 13 mars et un concert-karaoké à la maison de retraite voisine le 14 !

- C’est pour quand, l’Olympia ?
- Tais-toi et rame, Joe Krapov !
- Mais ce n’est pas un bateau, c’est un avion dans lequel je suis monté !

A part-ça j’ai continué à lire ici et là des bouquins qui parlent de toi.

Rien à redire sur le "Rimbaud le fils" de Pierre Michon. Il est bien écrit, comme du Proust, avec l’avantage que si les phrases sont longues, le bouquin et les chapitres sont courts ! Au bout du conte on n’apprend pas grand-chose de plus.

J’ai laissé tomber les « Quatre saisons à l’hôtel de l’Univers » de Philippe Videlier. Très bien écrit, passionnant même mais c'est en fait un livre-roman-étude historique sur la ville d’Aden. On y narre, au début, quelques horreurs sur ton compte. Que tu envoyas proprement promener ta compagne-concubine-servante abyssine Mariam et surtout que tu empoisonnas un temps les chiens du voisinage qui venaient uriner sur tes sacs de café !

Désolé, mais pour moi tu n’avais pas mérité que l’on te mît au mitard pour cela ! Le café ça doit se boire très fort et ne pas être du pipi de chat. Encore moins de chien. Dans mon Pas-de-Calais natal on appelait la lavasse « chirloute » et le café de ma grand-mère dans lequel la cuillère se tenait droite toute seule tant il était costaud était baptisé « Tortosa ». Si le premier terme est avéré, je n’ai pas trouvé trace du second sur Internet.

Et donc, pour en revenir aux chiens, ce n’était que légitime défense ! Parce qu’il y en a certains, des clebs, dans le genre empoisonneurs d’existence, ils se posent un peu là, non ? Je vais encore me faire des copines avec cette phrase, tiens ! Le fan-club de Jackie Russell , par exemple !

Et enfin, à propos de Charleville et Monthermé, sache que j’ai un mal fou à trouver du temps pour enregistrer « Un clair de lune à Maubeuge » en vue de coller ce morceau sur mes photos de « ma croisière sur la Meuse » ! Peut-être vais-je confier cette ritournelle à la Ritournelle – quand ces dames auront fini de me réclamer du Michel Sardou, du Chimène Badi et du  Florent Pagny - ! Ah la la ! Savoir aimer, c’est dur ! Mais je prêche un convaincu !

En attendant comme elles m’ont un peu massacré « Je ne regrette rien », je n’ai plus aucun scrupule à faire un mauvais sort à « Mon manège à moi » pour aligner mes photos de carrousels !

Dors en paix, camarade Arthur, empereur posthume du pays de Poésie ! Sans le savoir, tu as décroché le pompon et tu continues à jamais, à cause de fous dans mon genre, à faire des tours gratuits dans la nuit pleine de ducasses de l’Internet en folie ! 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 496 d'après cette consigne : carrousel

17 février 2018

LÉON, LUCETTE, SAM ET YVETTE : ATRABILOUTE ?

sucettes 45

Je ne suis pas de caractère
Atrabilaire.

Un jour sur deux je suis jovial,
L’autre d’humeur primesautière.

J’aime les guinguettes printanières ;
J’y garde le sac de ma copine
Car je danse vraiment trop mal.

Je reste derrière ma chopine,
J’observe le cérémonial
Du fest-noz, de la boîte, du bal
Populaire.

Et comme j’ai aussi la guitare amicale
Je chante des javas pour plaire
Aux défiantes septentrionales
Qui aiment quand ça part en sucette ! 



Spécial dédicace à Maryline18 qui a pondu   ici  ces  paroles immortelles !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 494 d'après cette consigne : atrabilaire

19 janvier 2018

L’EXPÉDITION DU KING TOU KON

8 mai

Nous en sommes déjà à quarante jours de navigation à bord du King Tou Kon.

- On a enfoncé Thomas Coville ! me dit ma coéquipière. C’est quand même une sacrée bonne idée que d’avoir changé les règles du tour du monde à la voile en solitaire pour ramener la durée du voyage aux quatre-vingts jours de Jules Verne !

Là-dessus ma coéquipière a déposé une grosse bouse. J’ai nettoyé le pont avec un paquet de mer aux enzymes gloutons.

- Retiens-toi un peu, Schilda ! Je n’ai pas que ça à faire !


9 mai

Ce tour du monde à la voile avec handicap, c’est vraiment une idée pourrie. Cohabiter avec une vache sur un trimaran, ça n’est finalement pas très marrant. Mais je ne me plains pas de ça. Les organisateurs auraient pu m’imposer un éléphant. Ce qui m’ennuie le plus c’est que Schilda parle.
Et qu’elle chante aussi.

- Hisse le grand phoque, tout est payé ! On demande Elvire au cabestan ! Qui les trois caps a passé dans l’eau a le droit d’bouser !


10 mai

- C’est le mois des catastrophes, le mois de mai ! Le Front populaire en 36, mai 68, le 10 mai 1981. Ce n’était peut-être pas une bonne idée non plus, dans le nouveau règlement, de confier le gouvernail à un novice en navigation !

Schilda, une vache de droite ! Et qui sait trouver les mots de consolation pour vous remonter le moral une fois que vous avez fait naufrage et que vous barbotez en plein océan parmi des vagues de trois mètres de haut et des requins d’autant tandis que vous emporte le vent vers un improbable destin.


11 mai

Dans une vie antérieure – j’en suis rendu à ma troisième – je faisais partie d’un club de ukulélistes. On se réunissait dans un café associatif et on jouait ensemble des morceaux américains. On faisait un bœuf, quoi. A croire que j’étais prédestiné à ma cohabitation avec Schilda !

Maintenant qu’on est échoués sur cette île je me souviens des paroles d’une des chansons, je crois qu’elle a été chantée par Louis Armstrong : «On a coconut island I'd like to be a castaway with you».

Voilà, c’est tout à fait ça : naufragé sur une île déserte avec ma vache !


12 mai

Moi aussi je pourrais chanter, sur l’air de «Rockcollection» de Laurent Voulzy : «Et Schilda ruminait» !

- Je ne comprends pas pourquoi vous appelez ça un abri de fortune ! Vous plantez une tente dans la jungle, un carton dans la rue, trois bouts de bois sur une plage et des branchages dessus et vous appelez ça un abri de fortune. Vous êtes vraiment a-tipi-ques, vous les hommes ! La fortune pour moi c’est autre chose. La corne d’abondance, la Voie lactée, la Riviera, un diamant gros comme le Ritz, le casino de Saint-Nectaire ou le gazon de Wimbledon !


19 mai

L’épave du King Tou Kon s’est échouée sur l’île. J’ai récupéré des provisions, de l’eau minérale et le bouquin que j’avais emmené au cas où. C’est «Robinson Crusoé» de Daniel Defoe.

IL 2018 01 15 Kastner-Erich-Les-Gens-De-Schilda- Qu’est-ce que ça dit ? demande Schilda agacée de ne pas savoir lire autrement que sur un écran – ben oui, un livre, faut le tenir et les vaches n’ont pas quatre mains ! -.

- Ca dit qu’il faut attendre Vendredi.

- Et on est ?

- Lundi !

- Merde ! Tu vas encore bouffer ces saloperies de raviolis ! Je déteste leur odeur !

Comble de malheur pour ma pomme, voilà que Schilda a chopé le vocabulaire de Stouf !

20 mai

Naufragés ou pas, il paraît qu’on va tous être obligés d’y passer : il y aura bientôt des sauterelles dans nos assiettes. Pinocchio a commencé à donner l’exemple. Il a enfin compris que pour avoir vraiment bonne conscience il faut se couler dans le moule et il a avalé ce Jimini Cricket. Avec la batte et la balle.

Moi je n’ai pas eu la patience d’attendre Vendredi. J’ai fait pareil. Autant Schilda était abondante et parfois bonne en commentaires, autant je la trouve succulente en steaks.

Je n’allais quand même pas crever la Heyerdahl et la laisser me brouter pendant cent sept ans, non plus !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 15 janvier 2018

à partir de cette consigne

13 janvier 2018

ECRIRE A RIMBAUD ? 13, Vilebrequin

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

"Et souvent, la nuit, je m'éveille
En rêvant aux monts et merveilles
Qu'annonce un frôlement coquin
Mais ce n'est qu'un vilebrequin !"

Georges Brassens – Le Bricoleur


Les lectrices-commentatrices de mon blog et mon cher oncle du Défi du samedi semblent décidément de mèche. Il et elles semblent désirer encore et encore me faire tourner en bourrique autour du cas Rimbaud. Vas-y, Joe Krapov ! Fais tourner ton vilebrequin ! Creuse nous un joli trou ! Voici de quoi le remplir !

Et dame Adrienne de me confier l’adresse du blog des libraires associés où l’on disserte de LA photo retrouvée.

J’en ai encore appris de bien bonnes sur ton compte et surtout sur le potentiel comique de mes contemporains les plus sérieux !

Rimbaud à l'hôtel de l'Univers

Je résume, pour toi et pour ceux qui ne le sauraient pas encore. En 2010 Alban Caussé et Jacques Desse, libraires parisiens, publient une photo de toi au milieu d’un groupe de personnes assises sur le perron de l’hôtel de l’Univers à Aden.

Là-dessus un certain nombre de « refuzniks » décrète que « ça ne peut pas être Rimbaud parce que ci et parce que ça, il n’a pas une tête de poète, ce jour-là il tournait en rond pour garer sa chignole, etc. Il y a de quoi perdre une infinité de temps à la simple lecture des pièces de ce procès où les libraires se font avocats de la défense de leur bout de papier jauni et de toute l’imagerie qui te représente. Autant dire que j’enfonce mon foret dans la Forêt-Noire ! Bonjour les éclaboussures de Chantilly par-delà le bien et l’Aumale, comme dirait mon oncle Friedrich Nichts.

Mireille Mathieu

Sauf que je me suis bien amusé quand même lorsque je suis tombé, dans cette guéguerre entre historiens, thésards et autres rimbaldolâtres super-sérieux sur le portrait de Mireille Mathieu. Pourquoi est-ce qu’on ramenait sa fraise dans ce bordel à la demoiselle d’Avignon ? Je n’aurais jamais fait le lien entre celle qui a perdu l’accent qu’on attrape en naissant du côté de Marseille et celui qui avait son portrait au-dessus du berceau de la fille de Renaud.



Tu vas voir que c’est on ne peut plus capilloctracté – et c’est le cas de le dire ! - car, vois-tu, il y a un certain Gabriel Ferrand qui t’aurait connu en Afrique. Tout est ici, défendu et descendu par le libraire ! Attention, ça va Bardey !

Ce Gabriel qui brûle l’épaule de M. Desse aurait été diplomate et employé dans la même firme que toi à Aden. Il aurait raconté à Paul Claudel les carabistouilles suivantes à ton propos :

[Rimbaud] était très doux, coiffé aux enfants d’Edouard, sortant nu-tête à ce terrible soleil. Accroupi, les pieds et les mains nus et teints au henné. Il riait sans bruit et la main devant sa bouche avec une espèce de petit gloussement. Sa conversation était totalement insignifiante, des queues de poires…

"Etre coiffé aux enfants d’Edouard cela signifie avoir les cheveux longs autour de la tête et coupés court en frange droite sur le front, comme un page florentin" nous explique M. Desse.

 

Rimbaud vu par Gabriel Ferrand 06

Est-ce que c’est bien raisonnable pour moi d’aller me perdre dans ce labyrinthe où M. Desse - Quand est-ce qu’il trouve le temps de vendre des livres ? - semble vouloir polémiquer à tout prix avec messieurs Ducoffre et Bienvenu ? Finalement, oui, c’est raisonnable : dans cette phrase, il y a deux personnes et un mot qui me ramènent à ce vilebrequin dont j’ai obligation de parler cette semaine :

- Le labyrinthe est une invention du sieur Dédale or, nous dit Madame Wikipe, la joyeuse drille qui fait office de Madame Jesaistout dans nos existences larguées, «Le vilebrequin passe pour être une invention de l'Athénien Dédale".

- Monsieur Ducoffre a-t-il quelque chose à voir avec le «Tango interminable des perceurs de coffres-forts» des Frères Jacques et surtout de Boris Vian ? «Arthur, où t’as mis le corps ? A l’hôtel de l’Univers ?».

- Et Monsieur Bienvenu quelque rapport avec la station de métro Montparnasse-Bienvenuë ? Ce cher Fulgence à qui nous devons, par ricochet, la ritournelle du « Poinçonneur des Lilas », de « La jeune fille du métro » ou celle du « Trou de mon quai » ?

Comme quoi j’avais l’embarras du choix et le choix de l’embarras pour terminer en chanson cette lettre sur les mandrins, les malandrins, les requins, les vilebrequins, les bave-à-la-poupe et les vent-tarières qui te suivent à la trace avec plus de componction que je n’en ai pour ma part.

Place donc au « Bricoleur » de Georges Brassens, immortalisé par Patachou. Je lui ressemble de plus en plus, sauf que chez nous, c’est Madame qui s’occupe de la caisse à outils !

Mes amitiés à Madame Vitalie !

P.S. A propos de LA photo retrouvée, il me faudrait lire aussi le roman «Rimbaldo» de Serge Filippini qui décrit les différents personnages pendant les deux heures avant qu’elle ne soit prise. Sur Aden «Quatre saisons à l’hôtel de l’Univers» de Philippe Videlier. Alors que, dans le fond, j’ai plutôt envie de me réenvoyer «Le Club des cinq contre-attaque au vilebrequin» d’Enid Blyton ou d’attaquer «Guerre et paix» de Tolstoï !

P.S. Un jour on nous dira que les Américains n'ont jamais marché sur la Lune, que Paul MacCartney est mort en 1966 et que ce n’était pas Rimbaud sur la photo d’Aden !
- Un commentaire là-dessus, Joe Krapov ?
- Oui : Boîte à outils ! Boîte à outils !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 489 d'après cette consigne : Vilebrequin.

16 décembre 2017

Y ALLER A LA ACHE

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Plus je regarde cette plante, plus j’examine le mot qui la désigne et plus je me dis que la lettre «h» ne sert absolument à rien.

Qui est-ce que ça gênerait, qu’on écrive son nom "rododendron" ?

C’est comme la route du rum. On se doute bien qu’elle ne croise pas la route du Rom et si Rome ne s’est pas faite en un jour, ce n’est pas la hache de Clovis qui va y changer quelque chose. Au vase de Soissons peut-être mais à l’omophonie, que dalle !

Le facteur résus, les bords du Rin, la rapsodie de Liszt, la rétorique, le rinocéros, l’oto-rino, la rubarbe, le rume. Tout le monde me comprend, non ?

Gardons le rytme. Allons voir du côté du T. Le tym et la farigoulette, la talasso, le taumaturge, le téâtre, la téologie, le téorème, la téorie. Vous me suivez toujours ?

Il y aurait bien le thé et le té, le therme et le terme, le thon et le ton. Aurais-je tort, par Tor ?

Même là où on l’entend, là où il change le son de la lettre, comme dans "shérif", "show" ou "shopping" qu’est-ce qui nous empêche d’avoir une seule graphie ? "Chérif", "chow", "chopping" comme "chat" et "chien".

Et le ph ? » vont demander les chimistes. Le ph c’est f, un point c’est tout. Philippe, Felipe, pharmacie, farmacie, je t’écrirais tout ça en fonétique, moi, tiens ! C’est ma nouvelle filosofie !

Je te la donnerais à bouffer aux piranas, la lettre « h », je l’enverrais se balader au Gana. Jamais je n’aspirerais le aricot, c’est des coups à périr étouffé.

Suffit avec Jean Anouilh ! Plus personne ne sait qui c’est ! Finissons-en avec Jonny Allyday !

La réforme de l’ortografe, finalement, ce n’est pas grand-chose à mettre en place. On déplace juste Aïti et le Onduras dans le dictionnaire et on se retrouve avec un alphabet de 25 lettres. Tout le papier qu’on économiserait ! La place qu’on gagnerait pour écrire sur Twitter ! Les jeunes feraient moins de fôtes !

Elle n’est pas plus belle comme ça, la vie, avec l’ortografe simplifiée ? C’est-y pas le boneur de marcher sur les trasses d’Alfonse Allais, natif d’Onfleur ?

Merci, les rododendrons !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 485 d'après cette consigne : rhododendron

Posté par Joe Krapov à 09:09 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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