22 novembre 2017

O COMME ODALISQUE

171122 jeringres17C’est dingue, quand même, l’évolution des moeurs, des hashtags et de l’art occidental ! Prenez les odalisques par exemple. Madame Wikipe, la pédiatre, nous apprend plein de choses à leur sujet.

On en a peint des tonnes au XIXe siècle. Des tas de dames toutes nues qu’on exposait au salon. Par exemple « La grande odalisque » d’Ingres, un peintre qui était tellement miraud qu’il a cru toute sa vie qu’il jouait du violon alors qu’il faisait de la peinture !

171122 jeringres16«L’Olympia» de Manet c’est une odalisque. Ce n’est pas, comme certains le croient, Rika Zaraï qui se repose dans sa loge avant son tour de chant dans le music-hall de Bruno Coquatrix. Et il y a «le bain turc», d’Ingres encore, plus fort de café que le café du même endroit.

Tous ces tableaux représentent en fait l’intérieur d’un harem. Vous vous rendez compte ? Voilà un mec, appelons-le le sultan, il ne nous répondra pas, il a droit à une favorite différente chaque soir dans son lit. Et ce n’est même pas une odalisque : les odalisques sont les femmes de chambre des concubines.

OK pour la polygamie ! Les Japonais plient leurs feuilles de papier comme ils veulent mais toutes ces dames au salon sont en fait des esclaves. Des esclaves sexuelles ! Bonjour les mœurs des étrangers et celles, sous couvert d’orientalisme, de la bonne bourgeoisie française !

Aussi m’étonné-je, en cette période de décochage de flèches féministes sur la toile et ailleurs : pas un seul décrochage de toile au musée, pas une dénonciation, pas un mot de repentance, pas un seul hashtag #balancetonpeintredodalisque !

Mieux que ça, des provocateurs belges – j’ai les noms ! – nous lancent le défi d’écrire à la fois sur les odalisques et sur les obélisques à partir d’une photo de celui de la Concorde recouvert d’un préservatif géant !

De deux choses l’une : soit je ne comprends rien à l’art, soit je comprends tout à la Belgique !

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Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean
le mardi 21 novembre 2017 d'après la consigne ci-dessus.


12 novembre 2017

Deux nouveaux collages de Jean-Emile Rabatjoie

2017 10 31 Préfiguration d'E

Préfiguration de E.T. (31 octobre 2017)

2017 11 12 Pour dérider Nicolas

Pour dérider Nicolas (12 novembre 2017)

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08 octobre 2017

DE RIMBAINE À VERLAUD. 2, ENGUIRLANDER

M. Arthur Rimbaine
Agence d’exploration de villes extraordinaires
et d’us et coutumes à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais

Charleville, le 5 octobre 2017

 

                                  Mon cher Paul

C’est incroyable comme je me suis fait enguirlander en arrivant dans le petit village de Ténadoque-sur-Couesnon ! Il faut dire cependant que le nom d’oiseau, le langage fleuri et l’invective généreuse constituent l’industrie principale de cette commune de la Manche très inventive et sympathique au demeurant comme à celui qui n’y reste pas.

A la descente du bus de charmantes autochtones en pagnes bariolés – des motifs de voyelles colorées, si je me souviens bien – la poitrine presque dénudée – on dit aussi «topless» mais ce mot est tabou ici – et des fleurs sur l’oreille vous mettent autour du cou, en guise de guirlande et de bienvenue, des chapelets d’injures. Il s’agit de petites lettres de plastique rattachées perpendiculairement à un grand cordon de l’Ordre de Stone et Charden, «made in» Normandie lui aussi.

 

IL 171002 Ténadoque

Cela vous est offert de bon cœur, sans arrière-pensée, sans animosité et sort tout droit de la recyclerie locale, «La Ténadoquerie du cœur» où l’on peut s’en procurer d’autres bien plus fournis ainsi que des tombereaux entiers mais, bien évidemment, il faut y mettre le prix.

A titre d’exemple de leur imagination sans limites, voici les mots qui figurent sur celle que j’ai achetée à votre intention :

«Hygiaphone ! Croquemoufle ! Hobereau ! Habitant d’Ubac ! Jobastre Sartrien ! Hypocondriaque ! Goinfre de Padirac ! Gramophone du bide ! Xylophage ! Rubicond mal affranchi ! Serpolet ! Serre-Paulette ! Mellotron ! Balladurien ! Krasuckiste ! Yaka Yakapa ! Zarzueliste ! Doryphore de café ! Fripouille des Pouilles ! Draisienne ! Roubaisienne ! Castor vénitien ! Loutre qui danse ! Va comme je te pousse ! Dupois l’ajonc ! Phonographe ! Bistouri à moquette ! Bouillon de Rubik’s cube ! Sarrasin zinzin ! Semoule de blé dur ! Castafiore bazooka ! Thermomètre anal ! Pousse-mes-gueux ! nez de beau ! Abyssynique ! Fait de néant ! Sexe-traîne ! Peine à fouir ! Fourragère ! Rodomont ! Cambouis de cambuse ! Cancrelat de vivre ! Saltimbanque !»

J’ai interrogé pour vous le directeur de cette usine à gros mots :

- En ces temps de globishalisation bisounoursienne où les seuls écarts de langage sont du style «What the fuck ?», «triple buzz» et «jokes» en bande organisée sur ou devant un plateau de télé, je trouve qu’il est bon de recourir au vocabulaire toujours surprenant de notre bonne vieille langue française. Cela nous permet à nouveau de tirer la langue dans tous les sens, d’enguirlander sévère les animateurs de bavasseries télévisuelles ou radiophoniques (talk-shows), les monomaniaques bouffeurs de séries (addicts), les américanophiles par principe, les perfidalbionistes, les Rastapopulistes, les City Schön Ken, les néo-Thatchériens de l’anti-Jeanned’arquerie primaire, les Rossini-ni du tourne-dos, les pisseurs à l’arrêt, les faux Monzami, les petits fats, les harengs soles, les missi dominici, bref toute la gamme des brouilleurs d’écoute que vous savez ! J’en passe et des Shakespires !

M. Archibald O’Florine qui a des ascendances mi-écossaises, mi-scandinaves a tenu à préciser, en montrant ma guirlande :

- Nous autres, Normands, nous sommes francs du collier ! Nos équipes utilisent pour fabriquer les insultes nouvelles des termes pas si anciens que ça mais tombés en désuétude à cause de la modernité galopante et de son lot dément et démultiplicateur d’obsolescence programmée de nos vies, de nos langues et de nos us et coutumes. La civilisation moderne est un étouffoir d’empoigne. Si on ne s’enguirlande plus, si on ne se coltine pas la réalité de l’autre, si on n’échange plus, si on ne se parle plus, si on ne s’affronte plus sur l’échiquier des mots que bien à l’abri derrière un écran, on finit par se tirer dessus dans la rue. Il vaut mieux vider sa maquerelle avant de la faire cuire sinon ça va sentir l’étripage au salon !

- C’est vrai, lui ai-je répondu. Le jeunisme, ça va bien cinq minutes, après il faut rentrer dans le rang et dans le chou sinon on n’existe plus ! Merci aux Ténadoquiens d’avoir réveillé en nous l’insultanat dormant !

Je vous joins, mon cher Paul, la facture de cette exploration. J’espère que vous ne vous fâcherez pas, cher vieux coquin à jambe de bois, si je vous traite, «ténadoctement» mais gentiment, d’Unijambiste du Zambèze !

Si vous avez une autre mission d’exploration à me confier, n’hésitez pas à me joindre où vous savez.

Bien amicalement

Arthur R.

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 2 octobre 2017 d'après cette consigne

07 octobre 2017

DE RIMBAINE À VERLAUD. 1, HYPOCONDRIAQUE

M. Arthur Rimbaine
Agence d'exploration de voies intraveineuses
et de traditions orales ou à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais


Charleville, le 4 octobre 2017

Mon cher Paul

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Voici mon premier rapport sur l’île de Tamalou, anciennement dénommée Hypocondrie, où je me suis rendu à votre demande afin de vérifier et compléter les informations dont vous disposiez ou pas.

La capitale de cette petite île s’appelle bien Gébobola comme vous le supputiez. L’île est traversée d’Est en Ouest par une rivière que les autochtones appellent la Fièvre diffuse. Un genre de Sèvre niortaise mais en moins long que cette rivière charentaise qui pantoufle aussi en Vendée et dans les Deux-Sèvres. C’est un fleuve relativement impassible qui prend sa source sur le plateau de Maloku et s’épand en de nombreux méandres une fois qu’il est rendu dans la plaine de Malokrane. Ses principaux affluents sont la Migrène, l’Hémorroide, la Savouchatouïe et la Savougratouïe.

Au Sud de l’île se trouve une chaîne de montagnes assez bien élevées qui tutoient les cieux mais avec respect et que l’on nomme les Pyravenirs. L’été les Tamaloussas y organisent des courses de vélo très disputées. Ils essaient de franchir le plus rapidement possible le Col du Fémur, celui du Tournemalet puis escaladent l’Aubisquerage, sinuent sur les lacets du mont Eiffel-Argan, grimpent au sommet du Savapété, un volcan qui n’est du reste pas encore tout à fait éteint. « Avec le temps va tout volcan mais c’est comme le cul du fanon, ça met un certain temps » dit un proverbe local qui les fait rire comme des baleines, car, vous le verrez tout à l’heure, mon cher Paul, ils sont très joueurs, les Tamaloussas.

Le tour de Tamalou se poursuit dans la plaine avec des étapes de plat disputées entre Enséfalogram et Toutanémié. L’épreuve contre la montre a lieu sur le circuit de Poukibavitalarivé. Le dopage est autorisé. Une des curiosités de l’ile est d’ailleurs l’usine pharmaceutique de Kilébon-Monmédoc où l’on produit le sirop Typhon, la capsule Gémini et la gélule Dernier-Vargas qui soignent toutes les maladies mais uniquement sur place.

Les autres industries locales sont la confection de blagues Carambar et l’invention de maladies asymptomatiques, les bobobénins, destinés à rassurer les gens sur leur bonheur présent, à prendre en vaccin sous forme de doses homéopathiques de caramel mou et huit jours. Un autre proverbe tamaloussa dit d’ailleurs « Si t’as que ça, reste chez toi, va pas creuser Troudlaséku ni enrichir les charlatans !».

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Si cela vous intéresse, j’ai ramené des échantillons des troubles psychosomatiques suivants, qui m’ont semblé intéressants :

- La Rimbaldite aiguë : peur de n’avoir pas été très sérieux à l’âge de dix-sept ans ;

- Le Tintinoreleczéma : maladie de peau qui se déclenche quand on pense qu’on aura un jour soixante-dix-sept ans et que l’on n’aura pas, à relire les aventures de Tintin et Milou, un plaisir égal à celui qu’on éprouva à les découvrir à sept ans ;

- La dissentryphonite : peur de chier un pendule ayant appartenu à un savant sourd ;

- L’épanchement de cuisine novice : trouble obsessionnel compulsif qui consiste à craindre de mourir en ayant oublié de fermer le gaz sous la cocotte alors qu’on concoctait une recette nouvelle.

Je vous l’avais dit, mon cher Paul, les Tamaloussas ou Hypocondriaques sont de drôles de zigs, un petit peu malades dans leur tête, mais bon, qui ne l’est pas de nos jours ?

Pour vous rendre dans leur île il faut partir de Kuala Lumpur en Malaisie. Il y a un vol régulier qui dure une demi-heure et vous dépose sur l’aérosyndrome de Münchhausen puis on prend ensuite une navette automobile, un bus en fait, qui vous amène au centre-ville de Gébobola, terme-omettre de votre « voillage » comme nous disions jadis, vous et moi, quand nous bourlinguions de concert.

DDS 475 malaisie_2


Je joins ma facture à cette missive. Vous constaterez que je n’ai pas pratiqué le coup de fusil comme on le fait ces temps-ci dans le secteur non-conventionné.

Si vous avez une autre mission d’exploration à me confier, n’hésitez pas à me joindre où vous savez.

Bien amicalement

Arthur R.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 475 à partir de cette consigne : hypocondriaque

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28 juin 2017

Choses vues à Rennes le 24 juin 2017 (2)

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Une oeuvre de toute beauté. Signée Alessio B. D'autres oeuvres de lui sont visibles ici

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22 mai 2017

Pendant ce temps à Rennes le samedi 20 mai 2017 (4)

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Un temps d'été à Rennes ce samedi : de quoi trouver le sumo torride !

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Pizza cuite au feu de bois ?

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A quoi repère-t-on un vrai Jules ?
A ce qu'il a une idée très approximative de l'orthographe du mot "repaire" ?

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 De retour du marché, croisé Ar Furlukin en train d'accrocher ce radis juste à l'endroit où il fallait ! Pas voulu le déranger dans sa tâche complexe.

Mais salutations d'après marché, l'ami, et bises à M'ââme Fabiche !

12 mai 2017

Retour à Saint-Martin-de-Ré le 18 avril 2017 (4)

 

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Cette forme ne vous rappelle rien ?

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A moi, si ! ;-)

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Où sont partis les trois autres ? Rendre visite à leur copain du pont de l'Alma ?

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04 mai 2017

Ce que l'on pouvait lire à La Rochelle le 15 avril 2017(4)

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Si vous vous prénommez Elsa, l'entrée est gratuite !

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Si vous vous prénommez Louis il faudra sortir quelques Louis.

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Dans les deux cas il faudra présenter une pièce... d'identité !

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Et un raton-laveur
qui joue d'un accordéon qui pèse 400 kilos
Ca n'existe pas
A'xiste pas !

Et pourquoi pas ?

(ou comment rendre hommage à trois poètes et une poétesse en cinq lignes !)

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27 avril 2017

Les coquillacollages de Jean-Emile Rabatjoie du 26 avril 2017 (1)

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A quoi est-il bon, le Pr Tournesol blanchi sous le harnais ?
Au cimetière des éléphants !

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Les coquillacollages de Jean-Emile Rabatjoie du 26 avril 2017 (2)

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Se retrouver au fond d'un aquarium, pour un coquillage,
c'est être mis en en prison ou c'est reprendre vie ?

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