27 mars 2019

LES MÉMOIRES DU BIBENDUM

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1819-23 JP6 PinakothekCe roman-ci va vous emmener loin, très loin, bien plus loin que tous les lieux ou situations que vous avez pu voir ou imaginer jusqu’à présent. Et pour cause : vous êtes le personnage principal de cette épopée, vous êtes le héros de l'histoire et désormais tout est possible pour vous.

Nous allons tout vous révéler de votre avenir, de vos questions, de vos désirs et réaliser toutes vos potentialités.

Ce sera à vous de choisir, au fil des chapitres, votre destination, votre parcours. A partir d’aujourd’hui le voyage perpétuel commence. Vous allez vous retrouver désespérément ailleurs.

Comment ça, « Même pas peur ! » ?

Alors si c’est comme ça, c’est parti !

  

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1819-23 JP 1 corsageAujourd’hui vous êtes ce barbu au visage longiligne qui marche, un bâton de pèlerin à la main, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle. Le chemin est à peine balisé, le voyage est long, le ciel menaçant. Vous butez sur les cailloux pointus et vos sandales usées soulèvent la poussière du Périgord noir à la veille de l’orage.

Vous accomplissez ce pénible périple pour obtenir votre rédemption. Vous avez une vie à recommencer. Dans la dernière hostellerie où vous avez passé la nuit, lorsque vous avez délacé le joli corsage bleu de la servante, quand le corps charnu de la jeune fille trop facile est sorti de son jupon blanc, elle ne s’est pas posé de questions sur votre identité, sur votre passé d’homme dangereux.

1819-23 JP 5 pagodeElle a juste compté les écus dont vous l’aviez gratifiée avant de s’allonger sur l’humble paillasse et de s’offrir à vous sans y mettre d’ardeur. La chair est triste hélas et vous avez lu tous les livres.

Ailleurs pourtant la princesse Theodora von Klenze vous promet des nuits de Chine dans le pavillon bleu du château de Nymphenburg mais vous la fuyez. Vous savez que Munich serait votre perte. Tout redeviendra citrouille un jour ou l’autre, aussi bien les carrosses des rois de Bavière que la royauté française endormie dont vous traversez les territoires fiévreux.

1819-23 JP 4 carrosse
Vous avez entendu le peuple qui grondait dans les campagnes, vous avez vu les injustices terribles dont tous demandent qu’on y mette fin. Mais vous avez toujours eu maille à ne pas partir jusqu’au jour où 

 

 

 

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1819-23 JP 2 Blaue Reiter (Franz Marc)Vous préférez peut-être être peintre en 1911 ? On vous appelle alors Franz Marc et vous peignez des chevaux bleus. Votre ami Kandinsky souhaite que vous publiiez ensemble le livre de tous les livres de la peinture. Mais son idée d’exposer vos toiles dans l’Englischer Garten de Munich ne vous emballe pas. Vous n’êtes jamais entré dans un monoptéros et ce temple en rotonde avec ses colonnades ouvertes aux quatre vents… Pour un peu vous l’enverriez se faire voir chez les Grecs, le Vassily.



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1819-23 JP 3 Château de Ludwig II

On vous a doté de tout l’armement nécessaire : cutter, couteaux de boucher, capsule de cyanure, revolver de poche. On vous a fourni les faux papiers et le contrat d’engagement qui vous permettront d’entrer à la Kansas City Film Ad Company. Vous allez approcher ce débutant qui, tel une montagne de celluloïd à venir, va finir par accoucher d’une souris dérangeante.
Et justement, en ce jour de l’an de grâce 3202 la Bibendum SA, un consortium d’exploration des univers possibles qui ne manque absolument pas d’air, vient de vous payer pour que ce rat quitte le navire. C’est à vous qu’il appartient de changer l’histoire du monde.

A bord de la capsule spatio-temporelle vous prenez la direction des Etats-Unis au XXe siècle. Quel bond dans la préhistoire du monde !

Vous vous sentez indestructible dans ce costume de citoyen américain de 1923. Vous ressemblez à Clark Kent, l’acteur qui jouera Superman dix ans plus tard : lunettes à monture d’écaille, costume cravate, pantalon trop court, chapeau mou.

Vous êtes sûr et certain que vous allez réussir la mission que le Bibendum vous a confiée de sa voix métallique :

- Ramenez-moi la tête de Walt Disney !

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Reposez en paix. Vous avez désormais toute l’éternité devant vous. Une éternité pour écrire la suite.

1819-23 JP 7 Monopteros

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le  mardi 26 mardi 2019
d'après la consigne ci-dessous.

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15 octobre 2017

COMMENT SE CENTON LORSQUE GOGOL RIT ?

Après avoir longtemps erré dans la campagne,
Bien tard, quand il se sent l'estomac écœuré,
Fantasque, un nez poursuit Vénus au ciel profond
Et dit : "Je suis la ligne indécise des arbres
Que dorait un rayon de soleil arriéré.

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Des lichens de soleil et des morves d'azur.
J'ai vu des archipels sidéraux et des îles,
Un bateau frêle comme un papillon de mai
Qui dans le bercement des hosannah s'endort ». 

170710 Nikon 094

 La Meuse à Charleville-Mézières le 10 juillet 2017 

Après avoir longtemps erré dans la campagne,
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer.
Dans la campagne en rut qui frémit solennelle
L'air s'emplit du lointain nasillement des danses.

171013 Gogol

Nous faisons quelquefois ce grand rêve émouvant :
Telle un fil de glaïeuls au vol des libellules 
La nature s'éveille et de rayons s'enivre. 
La terre, demi-nue, heureuse de revivre, 
A des frissons de joie aux baisers du soleil.

On sent, dans tout cela, qu'il manque quelque chose
Du grand désert où luit la Liberté ravie
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits :
Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées ?
Cette bête qui sue du sang à chaque pierre ?

Quand, des nefs où périt le soleil, pli de soie,
La Nuit vient, noir pirate aux cieux d'or débarquant,
Et, dans ce lourd sommeil, met un rêve joyeux ;
Lorsque tout s'engourdit sous le ton gris des cieux
Nous avons quelque chose au coeur comme l'amour !

Où lire Arthur Rimbaud

Ecrit, ou plutôt composé-collé, pour les Impromptus littéraires
du 9 octobre 2017 d'après cette consigne.

11 mai 2014

TRAVAIL DE MISE AU POINT

MIC 2014 05 05 machinery


En tirant les manettes

J’ai stoppé la machine.
Sur un bout de moquette
J’ai posé, délicat, 
Ses vis, ses engrenages,
Ses boulons, ses rouages,

Ses tiges, ses courroies ;
Et puis j’ai remonté,
En assemblant de tête,
Le monument d’amour
Que l’on pouvait tirer
De ce monstre-assemblage.

MIC 2014 05 05 Cri d'amour 2

De la réalité
Je tire en vérité
Des bijoux singuliers.
Ils n’ont qu’un seul défaut :
Ils ne sont pas réels.
Nous en sommes d’accord.

Et puis de la chanson
Que chantait Jakie Quartz,
Pour les fous que nous sommes,
J’ai repris tous les mots
Et les ai recollés
Pour qu’autrement ils sonnent :

En rêve toutes les nuits
Les plus belles images
D'un superbe voilier
Ramènent le couplet
Des soucis à se faire :
Je le connais par cœur.

C'est une histoire sans fin
Pour toutes les victimes
D'une love-story :
Juste au mauvais moment
L'heure se met en grève
Sur un air de romance.

Le blues pour s'installer
Se repasse le film.
On revoit les débuts
Et on connaît la fin,
Le manque de façons
Sur les clichés trop pâles.

D’un amour à un autre
Nos lits improvisés
Ne font rire que nous.
Gros plan sur l'état d'âme
Du trop de romantisme,
Sur l'amour immortel !

Juste quand le sommeil
Laisse les yeux fermés
Malades de l'amour,
Quelques verres de vin
Fatiguent tout le monde
Dans un night-club désert.

Juste une mise au point :
Pour tous les souvenirs
Que vous donne la vie,
La beauté de la mer ;

Juste un petit clin d'œil :
Au soleil de survie
Qui se tire en râlant
Tes yeux disent : « je t'aime !».


De la réalité
Je tire en vérité
Des bijoux singuliers ;
Ils ont pour qualité
De n’être pas très vrais.
Nous en sommes d’accord !



Ecrit pour Un mot, une image, une citation d'après cette consigne :

Un mot : quartz
Une image :
 
Machinery (Abstract #2) par Paul Kelpe

Une citation : Vérité et réalité ne sont jamais d'accord. Vérité ne gagne pas souvent. - Félix Leclerc

Posté par Joe Krapov à 00:12 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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