24 février 2018

ET PAS QU'UN PEU !

DDS 495kaleid11Chaque fois qu’elle revient à Rennes-en-Délires, la toujours pétulante Isaure Chassériau va saluer rue de Dinan son oncle Camille Cinq-Sens. L’oncle Camille tient, en face de l’église du vieux Saint-Etienne transformée en théâtre, un bistrot à l’ancienne baptisé « Au Vieux Saint-Etienne ».

Autrefois, en des temps hélas révolus, on pouvait lire sur la vitrine quelque chose comme « Ici on peut apporter son manger » mais les temps sont devenus durs et depuis que l’oncle a épousé la belle Agata aux talents culinaires si incontestables qu’ils sont mesurables à l’embonpoint du patron, le bistrot fait restaurant et on ne peut plus apporter que son franc-parler, son goût de la rigolade et ses cris du cœur.

Le cœur n’apparaît pas que dans les cartes des joueurs de belote qui viennent là taper le carton l’après-midi. Lorsque la nuit est tombée ou le matin, avant que le café n’ouvre, quand les volets sont fermés, on en voit quatre qui sont percés en haut des panneaux de bois.

DDS 495 96706808Même si la rue semble déserte il vient beaucoup de monde dans ce café : le public et les artistes du théâtre situé en face, les gens du quartier, les Rennais qui font leur marché sur la place des Lices le samedi. Car la rue de Dinan prend naissance au bas de celle-ci, dans le prolongement de la rue de Juillet. Le mardi après-midi, maintenant, il y a Joe Krapov et ses potes qui viennent pousser du bois sur leurs jeux d’échecs Kasparov sans lettres ni chiffres sur le côté ! On ne sait pas comment ils font mais ils ont beau être huit inscrits ils sont toujours en nombre impair pour jouer et le dernier arrivé est obligé de kib(b)itzer. Ce jour-là, ça carbure en silence, chez Camille. Et pas qu’un peu.

Parfois l’après-midi, aux heures creuses, Camille vient s’asseoir avec ses vieux potes Jacques-Henri Casanova et Jean-Emile Rabatjoie. Ils ont tous les trois des ciseaux et découpent des vieux numéros de Télérama « le journal qui ne jure plus que par Harvey Weinstein pour pouvoir parler de sexe à tous les étages et même sur la couverture». De ces découpages collectifs, Jean-Emile réalisera ensuite des collages surréalistes qui n’ont rien à envier à ceux de Jacques Prévert qui est leur maître à panser les plaies de l’existence. Encore que ces trois-là n’ont rien de grand blessés : ils se marrent tout le temps. Et pas qu’un peu !

Sauf aujourd’hui où, après avoir embrassé Isaure, Camille est obligé de répondre à la question « Et à part ça, la santé ? ».

- Ah ! Ne m’en parle pas ! Les médecins me font chier ! Et pas qu’un peu ! Tu veux que je te raconte la dernière ?

- Peut-être pas, Camille, intervient tante Agathe, on va bientôt passer à table ! 

DDS 495 109134359_o- Si, si  ! Raconte, Camille ! protestent Petitprince et Lemouton, les techniciens régie de l’église-théâtre d’en face. Tu es inénarrable quand tu narres !

- Rigolez, rigolez, les jeunes ! Un jour ça vous arrivera aussi, même si vous n’êtes pas malades ! Et d’ailleurs, pour répondre à Isaure, je suis en parfaite santé ! Simplement, comme tout le monde, j’ai l’ADECI au cul !

- C’est quoi ? Un genre d’hémorroïdes ?

- Pire que ça ! Une secte de dingues du principe de précaution ! Dès que tu as cinquante piges ils te sautent dessus ! Ils t’emmerdent tous les deux ans en t’envoyant un courrier pour que tu participes à leur jeu-concours de merde !

- Sois moins grossier, mon oncle ! Tu sembles bien énervé aujourd’hui ! Et pas qu’un peu !

- Il y a de quoi ! Non seulement je perds toujours à leur jeu à la con mais en plus cette année j’ai été disqualifié ! Et c’était même pas de ma faute !

- Tu ne m’as toujours pas dit ce que c’était que ton… « indécis » ?

- ADECI ! abrège Agata. C’est pour pister le cancer du colon !

- Et ça marche aussi pour le lieutenant et le sergent-chef ! plaisante Lemouton.

DDS 495 mode d'emploi- C’est simple, explique Camille. Enfin non, c’est hyper compliqué. Il faut tu ailles aux toilettes et que tu colles une espèce d’origami sur la lunette. Ensuite tu fais ta grosse commission mais tu ne dois pas mélanger ton pipi et ton caca ni déchirer le papier ni faire tomber ta crotte dans le trou. Quand tu as terminé tu prends la pince à tiercé qui est dans le tube du kit.

- ???

- Tu prélèves dans ton étron, à trois endroits différents, à l’aide de la tige verte, de quoi recouvrir la partie striée. Puis tu remets la tige dans le tube que tu secoues énergiquement.

- Aller aux toilettes pour se secouer la tige, ça n’a rien de l’amour sorcier, en même temps ! commente Agata qui, de temps en temps, – elle est native de Bogota - a des saillies involontaires du fait de sa maîtrise plus ou moins colorée de notre langue. Après reste plus qu’à coller les étiquettes et renvoyer.

- Sans oublier de décoller l’origami et de le vider sans s’en mettre plein les doigts !

- On dirait un rituel de l’église scatologique, ton truc, ajoute Petitprince. C’est qu’un mauvais moment à passer, pourquoi ça te rend vert ?

- Avant ils t’envoyaient le matos pour jouer. Maintenant tu dois aller le chercher chez ton médecin maltraitant. Et regarde le résultat !

L’oncle se retourne et prend parmi les cartes postales accrochées derrière son bar un courrier d’un laboratoire de biologie.

DDS 495 courrier labo


- J’ai été éliminé à cause d’un problème de gestion de stock ! Les touillettes du toubib étaient périmées ! Et pas qu’un peu !

Tout le monde, à l’exception du taulier, est hilare dans le bistrot.

- Alors t’as dû recommencer ?

- Oui mais cette fois je n’avais plus les étiquettes autocollantes du courrier d’invitation. J’ai dû réécrire tous les renseignements à la main sur leur fiche à la con et même sur le tube. Est-ce que je le connais, moi l’organisme de rattachement du médecin traitant ? J’ai laissé la case vide. Si ça se trouve ils vont me disqualifier encore une fois à cause de ça. Le pire c’est que j’ai retrouvé la feuille avec les codes à barre après avoir renvoyé le tout.

- Des codes à bar pour un patron de bistrot, c’est indiqué, non ? en remet une couche Lemouton.

- Je ne sais vraiment pas pourquoi j’y joue encore à leur jeu, je ne gagne jamais ! Ca fait dix ans qu’ils me répondent «résultats négatif» d'un air désolé !

- Oncle Camille, réfléchis ! Il vaut mieux qu’ils ne trouvent rien, tu ne crois pas ? Avoir un cancer, ce n’est pas très drôle !

- En attendant c’est chiant, leur truc. Et pas qu’un peu !

- En même temps, comme on dit maintenant, tu m’as bien cassé mon coup ! ajoute Isaure. Je vous avais amené des cadeaux à la tante et à toi, mais je ne vais pas pouvoir vous les offrir.

- C’est gentil, chère Isaure, remercie Agata. Je suis prendeuse quand même. Ne tiens pas compte des bêtises de ton oncle. On les a déjà oubliées.

Isaure sort alors deux paquets de son grand sac à main rose. Le premier, plus petit, est pour l’oncle. Camille déchire le papier cadeau et découvre le DVD de la saison 3 de « La minute vieille ».

- Trop bien ! apprécie-t-il. Trop bien vu, ça va me plaire ! C’est la seule émission que je trouve regardable sur Arte !

Lorsque Agata déchire le sien tout le monde éclate de rire et pas qu’un peu dans le bistrot : ce sont des crottes en chocolat !



Ecrit pour le Défi du samedi n° 495 d'après cette consigne : bistrot


05 janvier 2018

En balade à Nantes (Loire-Atlantique) le 26 décembre 2017 (2)

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Chouette illustration pour "A la Saint-Médard" des Frères Jacques !

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Et ici pour "Mon beau sapin" !

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11 mai 2017

Ars-en-Ré (Charente-Maritime) : pause café du 18 avril 2017 (3)

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Excellent, l'humour ! ;-)

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Suivez le poisson plutôt que le boeuf !

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Remise tes croyances, Joe Krapov : le curé d'Ars, ce n'est pas ici.
Par contre un beau clocher noir et blanc comme celui-ci,
tu n'en avais jamais vu auparavant 

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 Suivez le poisson plutôt que les gens de Sens commun !

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29 avril 2017

Chez les demoiselles ! Rochefort (Charente-Maritime) le 17 avril 2017 (1)

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Après vous avoir enquiquiné(e)s pendant une semaine avec les parapluies de Cherbourg, je vous envoie dans les pattes les demoiselles de Rochefort, plus ensoleillées et plus gaies sans doute !
(Je ne l'ai pas vu, le dévédé des "Parapluies").

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Thomas Fersen ? Vous ici ?

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Athéna ? Chouette ! 


Chez les demoiselles ! Rochefort (Charente-Maritime) le 17 avril 2017 (2)

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C'est terrible, de "faire" l'actualité pendant deux mois
et puis, un dimanche soir, de passer aux oubliettes.

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 La fameuse place Colbert. J'ai été très content de me trouver là.
Pourtant, "Jacques Demy, je n'aime qu'à moitié ce qu'il fait !". ;-)

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15 mars 2017

En allant au café Le Lavoir, à Rennes, le 12 mars 2017 (2)

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Ah, tiens, il a déménagé, lui ?
A l'époque où je jouais les "P'tit Louis" pour le compte d'Isaure Chassériau, j'avais photographié l'enseigne de ce Banana Club. Il était alors rue de Léon. J'ai retrouvé l'image :

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Maintenant elles sont deux mais... où est passée la banane ?

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Enfin un lieu calme et bien éclairé pour photographier des conteuses et un conteur !

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Au café Le Lavoir, à Rennes, le 12 mars 2017 (1)

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Le kamishibai acheté à Botmeur, à partir duquel Marina B. a conté "L'étoffe d'un roi"

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Joe Crapauv lit sur une chaise de bar ?

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 Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille... et à Boris Vian !

J'ai plongé le nez récemment dans ma pile à lire. J'y ai trouvé "Les fourmis" de Boris Vian et j'ai été un chouïa désappointé par la désinvolture avec laquelle l'ami Boris traite ses personnages. Il les fait tous mourir sans états d'âme après les avoir baladés dans quelques aventures quotidiennes sans grand intérêt. J'avais emmené dans mon sac "Trouble dans les Andains" que j'ai commencé à la suite. Pour l'instant je n'ai sauvé que "Popotepec Atlazotl était Inca exceptionnel" de ce roman ! 

J'ai maintenant une autre raison de me débarrasser de ce 10-18 : j'ai rangé mon parapluie dans mon sac et la cohabitation n'a pas vraiment plu au bouquin qui s'est gondolé (il est bien le seul !). Je dois être devenu Breton : je ne me suis pas rendu compte à quel point il pleuvait ce dimanche !

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Plus ça va et plus j'aime les "réclames" d'autrefois !

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Au café Le Lavoir, à Rennes, le 12 mars 2017 (2)

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- Très chouette, la déco de ce café, non ?
- Ce n'est pas une déco, Joe Krapov !
C'est une exposition d'encres sur papier de Catherine Laborde !

Pour en savoir plus sur ce lieu et ses activités, c'est ici.

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13 décembre 2016

Aux abords du stade de Rennes le 25 mars 2016 (1)

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- Ah vous habitez à côté du stade ? C'est pas trop le souk les soirs de match ?
- Si, mais on supporte !
- Ca doit sentir la galette-saucisse ?
- Oui, mais on supporte !
- Supporters, alors ?
- On n'ira pas jusqu'à dire ça !

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