28 septembre 2020

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 01

N.B. Cette version est composée de dix chapitres plus ou moins longs,
l'ensemble représentant une longueur de six pages et demie au format A4.

01 Ne mangez pas la consigne

1. Ne mangez pas la consigne !

Quand des gens passablement évolués te donnent pour vérité des abracadabrances, c’est que ces abracadabrances se sont bel et bien produites. Et je ne fermente pas de la calbombe, les potes !

Ce à quoi j’allusionne est une vieille histoire mais vieilles marmites, vieux pétomanes, vieux chanteurs, tout vaut toujours mieux que les nouveaux cons, quoi qu’il advalsedevienne ! Même si, comme disait Kermit la grenouille, « Autre étang, autre nurse ».

Bref nous voilà réunis pour un nouvel épisode de « Georges Dalida contre Lubrizolle la bestiole». Un de ces jours, ce polar, je le téléviserai, c’est sûr. Force m’est, en attendant, de balzacer pour vous permettre de comprendre que si on remet le couvert c’est parce qu’il ne faut jamais perdre une occasion de nous fendre le pébroque quand l’occasion se présente. Alors je vous raconte tout ce blaud pour bien vous camper le paysage où je te vais dérouler une action pas dégueu, tu te doutes bien !

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 02

2. Les cochons sont lâchés

02 Les-cochons-sont-laches

Lubrizolle le Dragon vient de franchir le seuil de la caverne alibabesque et s’en vient attiliser ce petit paradis sur terre qu’est la Libye. En boulottant sa première brebis du jour, il lui explique :

- Je sais ! Je sais ! Je franchis des Himalaya de réprobation, j’annapurnise dans le désenchantement à chaque fois que je pointe mon museau quelque part mais il faut bien que j’assure ma becquetance, mon ami Shaun ! C’est vraiment con, c’est sur toi que ça tombe mais vois-tu j’aime pas toucher la viandasse de mes temporains. Surtout la bidoche de bonhomme, surtout lorsqu’elle a cette apparence dégodante de tes propriétaires loqueteux. Seulement sous toutes les latitudes, la bouffe c’est sacré, non ? L’heure du combustible, qu’on soit en Gaule, en Libye, en Chine ou chez Plumeau, elle régit le temps. C’est pas que j’aie le culte de la tortore mais j’ai horreur de rester longtemps sans morganer car après on a le prosper qui s’exclame or le borborygme, ça fait négligé ! C’est qu’il réclame, Prosper ! Faut le calorifuger au moins deux fois par jour sinon la boyasse fait des nœuds ! ».

Que voulez-vous que lui répondent les moutons à ce pas tibulaire mais presque et à son argumentaire à la con ? Lubrizolle crache de la fumée, il empuantit l’atmosphère et, qui plus est, il a vraiment une sale gueule. Un qui souhaiterait malgré tout l’embrasser aurait du mal à trouver un emplacement disponible tellement que ça bubonne sur sa frime.

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 03

3. La fin des haricots

03 La-fin-des-haricots

Mais voilà que ça se met à brouhahater ferme : normal c’est une troupe de pagants qui ramène sa fraise pour émettre de la protestance. Ca hulule dans la broussecaille, on dirait !

- Eh dis donc l’incendiaire ! Les temps sont difficiles pour les petzouilles ; chacun écrème son lait comme il peut, non ? Nous si on élève des moutons, c’est pas pour que tu nous les boulottes, vois-tu ! Alors tu vas arrêter tes façons d’agir à la mords-mon-paf ! On calamite dans la patouille, nous, on morfle avec ta goinfrerie ! Sans compter que ta gueule ressemble à ton foie ! Tu fouettes du couloir pire qu’un scatophage T’es maousse comme polluance, gars ! Faudrait quoi pour t’calmer, saleté ? Qu’on t’enfourne un tomb’reau d’betteraves sucrières dans l’fion ? On te prévient : Bien que n’ayant pas une adoration pour les poulets on va les appeler bel et bien si tu ne décanilles pas vite fait bien fait, compris !

- Soit dix ans passants, vous commencez à me bassiner avec vos jérémiades ! Mais je comprends votre nervouze alors causez, mes drôles et quérez donc votre maréchaussée, convoquez vos chaussettes à clous, prévenez votre pote en tas, je ne vous écoute plus, tant il Eve raie que ventre affamé n’a pas de portugaises !

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 04

4. Réglez-lui son compte !

Ce qui réconforte avec les pagants, c’est qu’ils ont le culte de l’oseille. Bientôt le barouf se déplace jusqu’à la porte du château. Ca gueule à gorge d’employé si bien que le grand chambellan, le sire Akachté, est obligé de descendre s’entretenir avec les agités.

- Cette fois tu ne nous enverras pas nous faire beurrer la prostate, Akachté ! Imagine une grosse bête de trois mètres cinquante de haut, large comme deux vaisseliers, ventrue, maffue, bouddhique ! Ce monstre-là vient de débarquer dans la zone ! Il boulotte tout ! C’est la confusion, la grande pagaille, le toutim des toutims, le chabanais du diable, le grand bidule. Il est un peu gonflaga, l’autre brindzingue de venir prendre son brique-feust chez nous gratos, tu trouves pas ?

- Je ne demande qu’à vous tirer du bousin, les bouseux mais arrêtez de bragueuler d’abord ! C’est quoi le problème ?

- Qu’on briffe du caviar, du foie gras ou du riz à l’eau, la pause bouftance est inévitable. Seulement si vous ne flinguez pas l’autre tartignole qui boulote nos troupeaux, vous allez faire balpeau autant que nous, côté tortore !

- Alors là mes gueux on vadrouille en plein cibroque. Je doute de tout !

- Mais y sont devenus dingues dans cette branche de la famille ! Complètement carbonisés de la coiffe ! Vas-tu comprendre qu’il y a péristyle en la demeure même pour tézigue ? Le maintien de l’ordre c’est pas nos oignes ! Aux roycos d’ici de se casser le chou. D’habitude ça nous reste sur la patate, la façon qu’on nous traite au château. Mais là c’est carrément de l’agri-bashing. Alors là vous allez vous secouer sinon vous allez tâter de la fourche dans vos dargifs d’aristograttes de mes deux en plus du chalumeau de l’autre guignol !

Akachté calte penaud faire son rapport à qui de droit.

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 05

5. Du mouron à se faire

05 Du mouron à se faire 51KxF5oCJpL

- Majesté ! Majesté ! Y’a les paysans qui bélochent à la porte comme quoi y’a un gazier loufdingue qui barbote leurs brebis !

- Faites pas l’oiseau d’mauvais Auguste, je vous en prie, Akachté ! Un dragon chez nos pégreleux ? Vous pédalez dans le pop-corn, chambellan ?

Le vieux avait la tête de l’emploi royal avec sa casquette en peau de fesse luisante comme une engelure et sa p’tite couronne posée dessus. Sans parler de sa bouille de casse-noisette man !

- Il s’agit de Lubrizolle la Défouraille, un loustic pas fréquentable, condamné à mort par accoutumance je crois bien, et qu’on m’avait dit espadrillé en Amérique latoche. Je ne voudrais pas infecter votre beau moral, Sire, mais j’ai idée qu’on tient une période de cerise tout ce qu’il y a de piqué des vers !

- Quelle avanille ! s’exclama le Roi. Mes forces ont mis les adjas. J’ai du carat et mes muscles ressemblent à des souvenirs !

C’est vrai qu’il semble s’affaisser des méninges, le birbe. Se débattre dans le yaourt, amertumer, anxieuser.

- Je me livre à une étude rigide de notre situation, Majesté : elle ne vaut pas un pellos !

- C’est sûr qu’il y a de quoi pessimister vilain mais avant de furaxer ou de déprimer grave vous allez me convoquer nos officiers de la garde.

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 06

6. Messieurs les hommes

06 Messieurs les hommes 41UnLlxJ5WL

- Vous êtes toujours là à vous branler les cloches en pleurant sur vos canassons fourbus ! C’est le moment de caracoler des meules, de vous cloquer un Clémenceau dans le moteur ! C’est l’heure d’homicider, de cocoriquer, de dessouder, de désastriser, d’en avoir ou pas comme que disait l’Ernest aux mines gaies !

Ils s’étalaient sur leur trente et un, bioutifoules comme des pissotières repeintes. On ne leur avait pas astiqué les tympans au sirop d’chef depuis longtemps à la fine équipe ! Tirer des coups de pétard dans les glaces, briser les boutanches du bar, bref déclencher un western de bistrot corse un soir d’autonomisation, ça ils savaient faire, ces clowns ! Mais dès que ça devenait dangereux, ils fermaient les yeux, ils autruchisaient à outrance comme s’ils entravaient ballepeau à l’injonction « Au turf ! ». C’est sûr qu’il fait meilleur barbecuter le soir au photophore tandis que le rosé de Provence froidit dans le bac à glaçons plutôt que d’aller tailler des rumsteacks dans la barbaque de Casimir le dinosaure !

Alors oui, les implacables, les décideurs d’exécutions, ceux qui ont fait périr tant et tant de gens… ils ont les flubes, les jetons, les copeaux, les foies, la chiasse noire, les grelots, le traczir, les boules à zéro, les chaleurs, le taf, la mouillette, les chocottes ! Moi ça me foutrait le bourdiche de mater ces illustres messieurs blêmes et pétrifiés.

- Ca vous défrise, ce dragon, Majesté ? Nous, les problèmes de décolorants des perruquiers on n’en a rien à cirer. Les croquants…

- Nous on belliqueuse pas ! On vient ici en touristes !

- Je me sens fichtralement marri (et même Joseph) de ce coup du sort !

- Vous avez remarqué comme il fait un temps à se barrer à la cambrousse, manière d’aller se traîner le dargiflard sur les belles fourmilières ?

- Il n’est pas question de se pieuter dans l’immédiat. C’est un conseil de guerre ici, s’énerve le chamballan.

- Ah mais c’est qu’on est des bonshommes à solde, nous autres : la pagouze en fin de mois, les primes, les notes de frais. Du surnaturel mythologique genre cracheurs de feu à écailles, c’est pas inscrit dans les statuts du fonctionnaire médiéval qu’on doive frayer avec ! C’est effrayant, votre truc !

- Ca vous paraît pas un peu louftingue a vous autres, une branquignolade pareille ?

- Heureusement que l’honneur est en voie de disparition sinon avec la pléthore d’individus en grouillance sur le globe ça serait la bigorne permanente

- Vot’ conduite est inqualifiable, vitupère le monarque. J’devrais dores et n’avant en informer l’bâtonneux, l’garde des sottes, le suce-titube, le pauv’ cureur d’la République mais vu qu’on est encore un royaume je n’en f’rai rien et je vous mets juste au coin avec le bonnet d’âne sur la tête. Sans compter que vous êtes tous dégradés et priés, messieurs les anciens combattants d’enlever la batterie de cuisine en vitrine sur vos poitraux d’Hercules de foire. Oui, j’ai bien dit un poitrail, des poitreaux. Bande de beaufs ! Addicts au beaujolpif ! Bons qu’à becter la paillasse jusqu’à midi !

- Vous permettez , nous on déclare forfaiture : une rixe dans laquelle y a des coups à prendre, c’est du suicide ! Si vous décrétez le branle-con de baba ne vous étonnez pas de voir les œufs-nuques pétocher !

- C’est vrai, Il commence à nous cavaler sur le haricot le seul métrabord-à-prédieu !

- C’est ça, caltez si vous voudriez pas que je fisse un malheur ! Blêmit le roi.

- Mais, nom de fichtre ! Qu’est-ce qu’il débloque ce vieux schnock ? Y se prend pour le grand chandelier du Rèche ou quoi ?

Et là-dessus les empaffés se cassent !

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 07

7. Mon culte sur la commode

07 Mon culte sur la commode 51MGBJRMAPL

- Oh cette panade ! Cette soupe de merde ! Un schprountz pareil, y’avait lurette, non ?! se lamente le chambellan une fois qu’ils ne sont plus que deux dans la pièce.

- Vous voyez, Akachté, à force de rien glander, ils se sont mis à arpenter dans le goudron. C’est cache-cache jambonneau pour les faire bosser, ces gluants du bulbe ! Le dragon chouraveur, c’est le caddie de leur saucisses ! De toutes les façons ils l’ont toujours eu bonne pour courir s’barricader aux cagoinces quand ça bastonnait trop fortement ! Ah les pleutres ! Ils ont les ratiches qui jouent le concerto pour dominos et castagnettes en pétoche majeure de J. Glaglate ! Atrophiés de la coiffe, pis qu’un ministre de l’intérieur !

- Les temps ont changé, se sont durcis. Autrefois Majesté vous n’auriez jamais toléré ce genre de pirouette arnaqueuse.

- Cessez de Monamantdesaint-jeantiser, voulez-vous ? Si c’est du passé, n’en parlons plus. Quoi qu’il en soit on est dans la bistouille alors on ne chipote pas sur les moyens d’en sortir. Une autre idée derrière le bulbe, mec ? Allez-y ! Accouchez ! Je suis prêt à tout entendre.

- Bon je crois qu’il est impossible de nettoyer les écuries d’Audiard en deux coups d’écuyère à Pau ; on va devoir faire appel aux travelos de recul de chez Vatican S.A. J’aime pas la façon qu’ils ont d’être enchastés dans leurs idéaux mais y’a pas d’autre moyen de régler ce problo que de faire appel à leurs sévices !

Ca le cloue un brin le roi que le sire Akachté ait autant de ressources.

- Vous avez des nouvelles du pape Aguenot III ?

- M’est avis qu’il doit rester en marge des affaires et cancreler béatement du bourbon en faisant friser ses poils de bide au soleil. Mais je connais un de ses sous-traitants.

- Vous voulez bien me torcher une babille bien sentie à ce zigue ?

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 08

8. Laissez tomber la fille !

08 Laissez tomber la fille

- Si je vous sors de la mistouille, je demande à ce que vous convertissiez vos ouailles à mes croyances, qu’il balance le San Giorgio majoré.

- Vous êtes sûr que la main de la Princesse vous suffirait pas ? La main et le reste, œuf corse, parce que mes croquants, c’est comme mes sbires, rien ne rentre, on peut rien en tirer. Ces salades religieuses ça prend toujours avec les mistonnes du bas peuple mais les gus, c’est plutôt des jambecasseux à béquilles, côté spiritualité. On n’est pas encore rendu au Moyen-âge alors pensez, la Renaissance, c’est loin !

- Vous vous attendez à ce que je vous arrange vos bidons en deux coups les gros, n’est-ce pas ? Seulement voilà, j’ai un tarif spécial. Je réclame pas d’artiche, je convertis en devises ! Celles des dix commandements !

- Regardez là bien encore une fois. Une Libyenne exceptionnelle, couverte de diams, pucelle à n’en plus pouvoir, riche à crever et chiément portée sur la bagatelle. L’genre de personne que son gabarit est certainement conforme à vos aspirateurs. Matez-moi ça !

San G. c’est un type qui fait son blaud et rien de plus. Toujours acharné de pets en câpres et que je te sabre au clair et que je t’allons-z’enfance pour un oui, un niet, une allocution, une allocation…

- Mon gars dans la vie faut toujours voir grand ! lui avait-on appris chez Mercenarium Ltd. Avant de te lancer, fais tes classes ! Tu as choisis « The » bonne école où on t’enseignera le baobab du métier de la manière la plus nec et la plus ultra qui soye. Même si tu es de nature marginale, tu trouveras toujours un petit turbin pour affurer ton minimum vital après être passé chez nous.

Ainsi fut-il élevé. Fuyant la morne bourgeoiseté dans toute sa pompière hideur, il grimpait sur son grand bourrin de bataille et partait à l’aventure. Et ça le branchait bien. Par contre c’était la première fois qu’il voyait deux pelés marchander les prix du marché en lui faisant miroiter un paiement en nature. Et quelle nature !

La frangine est carrossée de première. Quand on est choucarde comme elle pas besoin de savants déshabillés. Quant à l’avant-scène de la demoiselle alors là, bitos ! Waoh ! La Baby-dolleuse ! Elle a un poitrail tel un capot de jeep, deux bacs à lait colossals avec des embouts gros comme des poires vouiliamse. Oh pardon faut voir comment qu’elle y va du balconnet, la pécore ! San-G. ignore si elle s’est fait bricoler les frères Goncourt mais ils planturent vachement et se tiennent parfaitement dans le monde.

Et elle a le baigneur monté sur roulement à billes. Jamais maté un joufflu pareil ! Il a été modelé par un luthier, son balancier arrière ! On a l’impression qu’il fait signe de s’approcher, son bonheur du jour ! Avec ça le plus gracieux sourire que les barbouilleurs de la Renaissance italoche dont on causait juste à l’instant cloqueront jamais sur un visage de madone !

Et ça vous hypnotise depuis les crins jusqu’aux orteil en passant par la membrane médiane, le gros côlon (Christophe pour les dames) et l’artère iliaque interne ! Une capricieuse qui capite de la prunelle comme ça et dont les ondes de choc vous trémulsent le glandulaire, on aimerait la plaquer contre soi, soulever son capot et lui glisser langoureusement son oncle Benjamin entre les cuissettes.

- Je vais réfléchir, dit calmement Saint-Georges. Ca se trouve où, Lubrizolle ?

- Vous suivez le nuage de fumée. En cette saison les barbecues sont interdits chez nous mais il se fiche des couvre-feux comme de l’an 40, cet animal-là !

- Qu’est-ce qu’il y a eu en quarante chez vous ?

- Ben l’assassinat du roi Ptolémée par Caligula, comme partout ailleurs ! Vous ne célébrez pas ça, vous autres, les Chrétiens ?

« Ca m’aurait fait pleurer les fesses de caner avant d’avoir reniflé l’odeur particulière qui flotte sur ce patelin ! » songe San-G. en retour et en y allant.

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 09

9. Va donc m’attendre chez Plumeau !

09 Va-donc-m-attendre-chez-plumeau

C’est toujours pareil quand on algarade en ville. Les badauds pullulent comme des cellules en tumeur. Faut dire que le match d’aujourd’hui est gratos et d’importance ! C’est Lubrizolle qui dégaine le premier, verbalement, pour commencer.

- Si tu crois que je vais faire allemande honorable rien que pour tes belles châsses, tu te goures lourdement San –G. ! fanfaronne l’écailleux. Alors c’est ça l’Anus déi qui police les duplicata du monde ? Je rigole !

- C’est entendu. Je frèrezhumine d’emblée, moi. La main tendue, le cœur prompt, les labiales parées pour la bisouille au lépreux. Mais y’a des limites au passage de bornes ! T’outrecuides, la bestiole ! Ca va dégénérer en où est-ce terne, notre échange !

- Et ta sister, elle est inculquée de tapinage sur la voie biblique ?

- Caoutchouteux du bulbe !

- Décambute, ébloui du promontoire !

- Je vais t’emboucher un coing, comme disait un fabricant de confitures !

- Embourbé du chignon ! Zinzin ! Follingue ! Obscurci de la coiffe !

- Va te faire engoncer chez les zoulous, eh, grosse fiotte faisandée !

- Ah dis donc, je me retiendrais pas, un presse-varices qu’à tort ton acabit j’y morflerais la gogne jusqu’à ce qu’il existe plus !

- Si je te touche, t’auras plus la force de porter quoi que ce soit même une plainte, hé, concombre ! Je peux déjà t’annoncer que ta dernière molaire va faire naufrage ! Et tes étiquettes, pour les recoller faudra une drôle de seccotine, je te le dis ! Quant à ce qui concerne ton renifleur, c’est pas la chirurgie hystérique qui pourra lui redonner de l’apparence !

Saint-Georges se la joue Robert Redford. Il murmure à l’oreille de son cheval :

- Dans quèques instants on charge sinon il va nous enlever les amygdales au chalumeau. Surtout, pas d’attendrissage ! Ce chien des baskets viles, tout ce que je peux faire pour sa pomme c’est de lui filer un atout définitif pour l’envoyer direct au paradis des cadors !

- Alinéa jacte à l’aise ! Allez, c’est l’heure de s’altercater !

Vlan ! Un chtard dans le museau du débloqueur ! Le ziguche le reçoit plein cadre car Saint-Georges a à-piedjointé sa poitrine avec un bel élan et avec la lance en avant. Le bestiau branle du manche.

- Allez ! va faire coucouche-panier dans la boîte à dominos, amateur ! Il en sera terminate pour ta pomme à brève déchéance ! rétorque Lubrizolle

Et c’est vrai : l’’avoinée qu’il lui mets endormirait tous les encaisseurs de la Banque de France ! San-G.hésite à lui balanstiquer un nouveau parpaing, plus appuyé que le précédent. En fait il n’hésite pas longtemps ! Le Saint-Georges c’est un beau folklore tant qu’on ne lui cherche pas des noises mais que des enrobés viennent lui chercher des morbaques dans l’Eminence et vous verriez cette brutale désaffection ! Il chope l’affreux par le colback, l’amène à vingt centimètres de lui et lui file un coup de boule dans l’écrin à ratiches :

- Je n’éclate pas, moi, je n’explose pas, moi, je cataclysme !

Il ne s’agit pas de barguigner. En face le vieux mammouth périlie en force. Il ferre de lance. Il abordage.

- Tu vas voir comme je maîtrise l’artisanat passageatabesque, mon pote ! éructejactante-t-il.

- Avec l’aimab’ participante de Mam’zelle Ascalon mon épée qu’ici j’présente et qu’est une surdouée dont d’laquelle j’ai complété l’éducance par des cours assez lérés, j’vas entreprendr’ vot’ formation ou plutôt votre transformation en tartines de pâté !

- Tu vas voir comment que je vais t’offrir l’éclairage au néant ! D’un crochet à l’estom ! Tiens ! Prends ce pain d’une livre dans ton clapoir !

- Je vais te foutre la brioche à claire-voie ! Je vais corriger ta butorderie, gros nazebroque ! Où es-tu passé ? Tu te figures que c’est le moment de jouer à cache-cache ? Ou bien t’as les jetons ? Hein ? C’est ça, t’as les cannes !

Et puis Saint-Georges fait un signe de croix et porte le coup de grâce, enfin le coup grâce auquel le combat cesse faute de cons se battant.

Un zig qui culbute du troisième étage fait un drôle de barouf en atterrissant. L’enflure a peau verte fit « Plaf ! » de même. Le dragon blêmit, rougit, jaunit, verdit, violit, marronit (comme saint-Laurent du), orangit, arc-en-ciélit puis reprit tant bien que mal sa couleur initiale. Une violente nausée lui secoua l’alambic. Ses gémissements, mes amis, une splendeur ! Vous assisteriez à une agonie pareille dans la vie que vous alerteriez les mecs de « Cash investigation » pour qu’ils la camérassent !

- Cette fois c’est la fin, Jane ! confesse-t-il de carne-avale. Me v’la fourré jusqu’à l’épicentre ! Les pumas piaillent dans les betteraves ! Je me sens bon pour le pardosse en sapin véritable ! Adieu, je me retire de ce monde de perdisance !

Il émet encore quelques bouts de râles et se fout aux abonnés absents. Il a biché le tête-en-os qu’est une maladie qu’on s’remettait pas à l’époque et il a défunté dans d’atroces souffrances. Ca n’était pas qu’il eût quelque chose contre les services de l’Etat-civil mais il avala bel et bien son extrait de naissance.

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 10

10. Champagne pour tout le monde !

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La princesse se jette contre lui, le pubis en offrande, et le gratule à mort, comme quoi il est mieux que Superman, Rambo et autres cons de la mythologie cinémateuse

- Croyez-le cher chevalier, souffle le roi en venant le féliciter, grâce à vous j’ai une aurore boréale dans le Lustucru, vous m’avez ôté une sacrée épine du lupanar !

- Y reste plus qu’à envoyer le carbi, mec, répond San-G. Le fric, l’oseille, le blé, l’artiche ! Le pèze, la soudure !

***

Lorsque le soleil commence à rougir le sable à l’horizon, à l’heure où le chacalot (ou petit chacal, qu’il ne faut pas confondre avec le cachalot) jappe pour appeler sa maman aux pis gonflé, Saint-Georges se découpe en ombre chinoise sur le grand rond rouge mais il ne fredonne pas « I’m a poor lonesome Croisé » pour continuer son petit bonhomme de Michelin. Il ne chemine plus seul. Dans cette version-là il a embarqué la princesse et il lui déclare, toujours aussi stylé : « J’ai déjà maté une quantité gastronomique de culs mais des aussi bathouzes que votre chaloupe, rarement, chère mââme ! ».

- Tout ce bigntz organisé en pure perte ! se lamente Jésus du haut de sa croix en songeant aux œuvres à venir de Michel Onfray.

Quant à nous, amis lecteurs et amies lectrices, allons boire le dernier de la journée. Je crève de soif depuis le temps que je m’aiguise la menteuse sans mouiller la meule !

 

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