11 décembre 2020

Chansons retrouvées du 11 décembre 2020 (2) Notre chère Italie

J'ai toujours beaucoup aimé cette chanson de Nino Ferrer, "Notre chère Russie", 
dont tout le monde peut comprendre les paroles même sans parler le russe !

Je n'ai pas retrouvé pour quelle soirée de lecture publique
j'ai réutilisé l'idée pour chanter "Notre chère Italie". C'était vers 2002 !

 

Notre chère Italie (Joe Krapov -Nino Ferrer)
se chante sur l’air de Notre chère Russie

1

Fellini Roma Pasolini
Mafia Camora Don Camillo
Vespa Bartoli Paparazzi
Pizza Pinocchio Borsalino

Mastroianni Lollobrigida
Berlusconi Catherine Tasca
Tintoretto e Michelangelo
Roberto Benigni Valpolicella Lady Madonna

2

E pericolos sporghersi
Commedia dell’arte polenta
Spaghetti Giro Fausto Coppi
Rossini Verdi Gorgonzola

Cappucino Appassionata
Tortellini Lino Ventura
Pavarotti Ruggiero Raimondi
Scarlatti Vivaldi et Cimarosa Lady Madonna

3

Panzani risotto Napoli
Fabrice Lucchini Tottocalcio
Allegro largo canelloni
Ferrari Scala Arcimboldo

Vaporetto e tutti quanti
Maserati Martini rosso
Charivari en Alpha Roméo
Marco Polo Chianti Peppone ravioli Lady Madonna

4

Umberto Eco pizzicati
Juliette pleu’ quand Homéopathie
Lucky Luciano Ringo Sheila
Hervé Vilard Capri c’est fini
Hervé Vilard Capri c’est fini
Hervé Vilard Capri c’est fini 

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24 mars 2018

DOLLY 1925

Est-ce que c’était une bonne idée de prendre un taxi ? se demande Josette. En même temps Pascal était arrivé en retard de son conseil d’administration. Or on avait réservé une loge à l’opéra et les musiciens, cantatrices et ténors ne vous attendent pas pour commencer la représentation.

N’en déplaise à Monsieur Bienvenuë – de l’indulgence, Fulgence ! – un P.D.G. et son épouse n’ont pas à se mêler aux pue-la-sueur dans son métropolitain parisien ! Alors oui, un taxi. Mais ça lui prend la tête à Josette, cette indolence slave, ce flot roulant de jérémiades nostalgiques qu’ils vous déroulent maintenant, les cochers de fiacre moderne !

- A l’opéra, chauffeur ! ordonne Pascal d’un ton détaché.

- Opérrrra ! Trrrrès bien, opérrrra ! Chez nous trrrrès beaux opérrrras aussi ! Borrrris Godounov ! Moussorrrrgsy ! Prrrrince Igorrrr ! Borrrrodine ! Le coq d’orrrr ! RRRRimsky-Korrrrsakov ! Mais ici, Frrrrance, pourrrr pauvrrrre chauffeurrrr de taxi, opérrrra coûterrrr brrrras ! Quoi vous allerrrr voirrrr, ce soirrrr?

- Carmen, de Bizet.

- Trrrrès rrrréussi aussi ! Opérrrra prrrréférrrré Tchaïkovsky ! Jolie dame de pique, Carrrrmen ! Et Don José, trrrrès rrrrigolo ! Parrrrle moi de ma mèrrrreuh ! Quand moi avais château, chez nous, trrrrès sainte RRRRussie, moi rrrrecevoirrrr aussi beautés rrrresplendissantes comme Carrrrmencita ! Tisseuse de Beaurrrregarrrrd, Mapie Maporrrrovna, Lirrrra Pavlovna, Annick de Sainte Beuve ! Iosif ilarrrrionovitch oncle de Célestine de Beaurrrregarrrrd. Chez nous, autrrrrefois, mangerrrr caviarrrr à la louche ! Zakouski, pirrrrojki, vodka, vatrrrrouchka ! Rrrréceptions moi coûterrrr un brrrras ! Mais jamais crrrritiquerrrr nous ! Toujourrrrs arrrristocrrrratie trrrrès classe ! Prrrrince Tiniakovitch tenirrrr jambe à moi ! Coude à coude générrrral Stouf et astrrrronome Arrrrpikov se fendrrrre les côtes ! Mamée de Laville de Poussy prrrrendrrrre son pied danserrrr quadrrrrille bal à nous. Beaucoup arrrrtistes aussi : Marrrryline Dix-huit, Tomtom Krrrrouz, Emma Trrrriochka, Jacou Krrrrokantovitch…Danseuse Gene M. avec ami Amérrrricain « Captain Vegas ». Magicien JCP toujourrrrs tirrrrerrrr verrrrs du nez ! Hélas, tout cela terrrrminé maintenant ! Pauvrrrre de nous ! Malheurrrr tombé dessus ! Nous prrrris jambes à nos cous ! Devoirrrr fuirrrr, laissé tout ça aux rrrrouges ! Epouvantable calamité ! Horrrrrrrribles bolcheviks ! Equipe brrrras cassés ! 

Il 2018 03 12 Le retour du comte krapov

- Il va nous casser les oreilles encore longtemps, ce cosaque ? demande Pascal à Josette.

- Mais nous avoirrrr tête surrrr épaules ! RRRReparrrrtirrrr forrrrce poignet ! Vie nouvelle en Frrrrance pas mal non plus ! Iosif aimerrrr conduirrrre auto RRRRenault dans Parrrris ! Et Marrrrina Bourrrrgeoizovna devenue danseuse légèrrrre Folies-Berrrrgèrrrres ! Jolies amies frrrrançaises ! Gaîtés parrrrisiennes ! Vive la Frrrrance ! Petit bleu ! Place Blanche ! Moulin rrrrouge ! Et dimanche guinguettes Nogent ! Petit vin blanc ! Tonnelle ! Dommage nous pas rrrretrrrrouve ici Marrrrité RRRRoumanoff pourrrr aiderrrr nous quand galèrrrres misèrrrre migrrrration. Coûterrrr brrrras à nous !

Josette a tiqué en entendant les deux derniers noms mentionnés. Ça lui a rappelé son temps d’avant à elle. Se pourrait-il que ce russe blanc, avec son air de titi parisien et sa dégaine de prolétaire lambda soit le fameux comte Krapov chez qui sa copine avait table ouverte quand l’une et l’autre étaient jeunes filles au pair chez la vieille Roumanoff ? Elle se souvient qu’elles lui chouravaient ses invitations pour aller parader dans le grand monde moscovite ! La Roumanoff, rigolaient-elles, on ne lui dit pas tout ! Qu’a-t-elle bien pu devenir, la Marité ? A-t-elle fait son chemin, elle aussi ? Mais elle n’a pas le temps de demander confirmation au chauffeur qui vient d’arrêter son véhicule devant le palais Garnier.

Pascal D. descend et tandis qu’il règle la course en pestant « Dites-donc, ça coûte un bras de prendre le taxi, maintenant, à Paris, espèce de roublard ! On va tous finir manchots empereurs, avec vous ! » elle sort un gros billet de son réticule et, une fois sortie du taxi, le glisse discrètement dans la main de l’ex-comte qui ne comprend rien ni au geste ni à ce qu’elle lui dit :

- C’est votre pourboire ! Je crois que ma jeunesse vous doit beaucoup de fous-rires, monsieur le comte Krapov ! ».

Le couple monte les marches de l’opéra et disparaît à l’intérieur. Pendant ce temps le chauffeur balbutie :

- Toi me connaîtrrrre ? Ca alorrrrs ! Brrrras à moi tomberrrr !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 19 mars 2018 d'après cette consigne


P.S. 1 Il s'agit du quatrième épisode d'un feuilleton démarré par Célestine et poursuivi par Marité puis moi-même sur le site des Impromptus littérairres. Marité vient de publier le cinquième épisode ici ! Gageons que ça ne s'arrêtera pas là !

P.S. 2 Le titre de cet épisode n° 3 est emprunté à cette chanson de Ricet Barrier et Bernard Lelou :

19 mars 2018

La Compagnie Korishki à la Maison de quartier de Villejean à Rennes le 18 mars 2018 (1)

Quelquefois on a des journées divines, à Rennes ! Le printemps vient sonner à votre porte : il vient des pays de l'Est, il est coloré, frais, dynamique, enthousiasmant, musical en diable. Il s'appelle Compagnie Korishki et il vient vous présenter à la Maison de quartier de Villejean un spectacle de danses slaves de toute beauté. C'est dans le cadre du festival les Giboulées  qui invite de façon bien trop discrète à mon avis à une balade artistique en milieu urbain qui m'a positivement ravi (j'y reviendrai).

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La Compagnie Korishki à la Maison de quartier de Villejean à Rennes le 18 mars 2018 (3)

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Le site web de la compagnie Korishki, basée à Montjean sur Loire (49), est consultable ici.

On peut y découvrir de magnifiques photos d'Arnaud Gauthier  et Stéphane Provost
ainsi que deux vidéos de présentation des ballets.

Félicitations et remerciements illimités à la chorégraphe, 
Emmanuelle Lecerf Vakaryn et aux danseurs et danseuses !


15 mars 2018

UN AN APRÈS

Ce récit fait suite à ces deux textes-ci :  Célestine - La Rumeur  et  Marité - Le Pied à l'étrier


Après les nombreuses chutes de neige et averses de grêlons, il regela à la Noël de cette année-là. Un vent de galerne  égrena les notes de sa lancinante soufflerie pendant une semaine. On se pela, on eut l’onglée, on jongla, on se calfeutra dans sa geôle près du poêle à bois puis la Saint-Sylvestre arriva, le temps s’adoucit et ce fut comme le règne retrouvé du soleil après l’orage.

Une fois sa calèche garée Marité Roumanoff s’engagea d’un pas léger et en même temps précautionneux dans l’allée qui menait au château des Krapov.

Cette fois-ci, Marité le devinait, il n’y aurait pas de fausse note côté luxe, calme et volupté : ce serait un vrai régal. Depuis un an, depuis le retour des Indes de leur nièce Célestine de Beauregard, les Krapov s’étaient remplumés de manière plus que large ! Et cela d’une façon on ne peut plus réglo et légale.

Il y avait eu d’abord cette histoire du tableau retrouvé dans la longère qui leur servait de datcha. Ils avaient entrepris de loger là pour l’été et c’est en farfouillant dans les combles que Marina Bourgeoizovna avait déniché cette nature morte aux poires et aux raisins.

Il 2018 03 12 Monet - Nature morte aux poires et aux raisins

- Qu’est-ce que c’est que cette croûte ? avait demandé Iosif Ilarionovitch.

- Je ne sais pas ! Elle était rangée là-haut. C’est mon paternel qui a acheté ce tableau à un peintre français qui mangeait du bœuf enragé au siècle dernier. On l’a cru longtemps égaré mais le revoilà. Peut-être que ça vaut quelque chose maintenant ? J’irai le faire expertiser à notre retour à Moscou.

- Les natures mortes, c’est très démonétisé, tu sais, Marina, maintenant qu’il y a la photographie !

Manque de bol ou plutôt chance pour le comte, il s’avéra que la toile était un Monet et que désormais on ne se moquait plus des Impressionnistes. Le tableau fut racheté immédiatement, réglé rubis sur l’ongle, vite fait bien fait, allegro vivace plutôt que largo, à un prix très élevé, par un marchand d’art qui s’empressa de le revendre le double en France.

Il 2018 03 12 chaussettes de Célestine

Avec l’argent ainsi gagné Marina Bourgeoizovna eut une intuition géniale. Un jour que Célestine de Beauregard exhibait, outre ses yeux bleu lagon et sa tignasse rousse, ses chaussettes de laine tricotées à la main par son arrière-grand-mère, la sorcière irlandaise Troussecotta, la comtesse conçut l’idée d’installer un peu partout dans l’empire de Russie du tsar Nicolas II des comptoirs irlandais. Et cette affaire d’importation de laines et tricots marcha à merveille. Le comte ne put que faire l’éloge de sa femme devant tous : « C’est elle qui nous a sortis de la galère, qui a allégé ma vie, qui m’a alourdi l’estomac ! Je suis bien content de l’avoir lorgnée au bal des débutantes et de l’avoir épousée. Maintenant je sais qu’elle m’enjolera encore longtemps, ma glaréole d’amour ! ».

Marité constata en entrant dans le salon de réception que la fête serait belle, qu’on n’avait pas rogné sur les frais. Pour cette Saint-Sylvestre toutes ces dames et ces messieurs s’étaient mis sur leur trente-et-un.

Tomtom la belle agnelle arborait une robe rouge tomate, Lira Pavlovna, Laura de Vanel-Coytte, Mapie Maporovna, Edmée de Laville de Poussy, la célèbre Mamée, tentaient de et réussissaient à l’égaler en prestance. Tisseuse et Célestine de Beauregard, les deux cousines, et Maryline Dix-huit, l’actrice de cinéma qui sortait de son succès dans « La Cerisaie », réclamaient déjà au buffet, d’une voix allègre, qui une rallonge de Saint-Julien, qui du rabiot de vinho verde, « Ah bon ? Y’en pas ? Alors un Muscadet, Nestor ! », qui « Encore un coup de gnole, min garchon ! ».

Dans l’arène de l’élégance ces messieurs n’étaient pas mal non plus. Côté allogène le capitaine cow-boy Vegas prenait toute la lumière. Il avait fini par épouser Gene M., la danseuse, et ne l’appelait plus que Germaine, un diminutif ( ?) français entendu dans la Sarthe et répandu en pays gallo.

On entendait le prince Tiniakovitch, redingote orange et bleu roi d’épaulettes, qui déclarait au baron de Loht et au général Stouf qui avait pris du galon : « Je galèje, les gars ! ». Ailleurs Andiamo demandait au comte Krapov : « Mais pourquoi toutes ces onagres sur les tables du banquet ? Toute la salle en est ornée ?». Ce à quoi le comte répondait : « C’est une fleur jaune, mon cher Rodolphe. Dans le jargon des couleurs, ça symbolise que j’ai eu une chance de cocu ! ». Tête allongée du Calabrais en train de se demander « Il est barjot ou quoi ce mec ? A côté de ses grolles, pour le moins !».

Ailleurs, dans un angle de la pièce, Stefan Stefanovitch Arpikov, le célèbre astronome racontait à Marina Bourgeoizovna des histoires d’étoiles filantes. L’espion JCP était là, lui aussi, à aller d’un groupe à l’autre, à glaner, d’humeur égale, des informations qui étaient autant de jalons de sa quête secrète, autant de raisons de nager en eaux troubles et de ronger son frein pour que tout ce wagon-là aille droit dans le mur !

Lorsque minuit sonna le comte Krapov réclama le silence. Il leva sa coupe de Champagne d’un geste large et déclara :

- Mesdames, Messieurs, mes chers ami.e.s, je lève mon verre à votre santé et je vous souhaite une excellente nouvelle année ! Que 1917 vous amène tous les changements que vous souhaitez et les bonheurs dont vous rêvez ! Vive la très sainte Russie ! Vivent le Tsar, le Tsarévitch et la Tsarine ! Et merci Monet, Monet, Monet !

Là-dessus l’orchestre des Bonnets M ouvrit le bal avec son tube du moment, un morceau intitulé « Raspoutine ».

Quel dommage, songea Marité Roumanoff, que Josette qui a fini par épouser son P.D.G., Pascal D., n’ait pas été là pour voir et entendre ça !

N.B. L’illustration n°2 est empruntée à Célestine Troussecotte.

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 12 mars 2018 d'après cette consigne

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15 novembre 2017

DE RIMBAINE A VERLAUD. 3, Forêt automnale

M. Arthur Rimbaine
Agence d’exploration de villes extraordinaires
et d’us et coutumes à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais

                                                                                                      Saint-Pétersbourg, le 15 novembre 2017

Mon cher Paul

J’ai toujours cette musique dans la tête, « Nathalie » de Gilbert Bécaud, et c’est d’autant plus idiot que je suis à Saint-Pétersbourg et non à Moscou. Qui plus est mon guide ne s’appelle pas Nathalie mais Gabrièle. Oui, je sais, ça ne fait pas très russe non plus comme prénom.

Je t’écris pour t’annoncer que nous avons trouvé, dans la salle de bal du palais de l’Ermitage, le tableau dont tu nous avais parlé. Il est, paraît-il, d’un certain M. Piekielny et représente un paysage de forêt automnale. Le phénomène que tu m’as indiqué s’est reproduit à merveille. J’ai dit à Gabrièle :

- Frappe-toi le cœur trois fois en prononçant le mot "ardeur" et nous nous retrouverons ensemble dans ce tableau !

Nous avons fait cela et soudain la liberté de délirer s’est emparée de moi.

IL 171113 forêt d'automne peinture à sec

J’étais devenu un jeune chevalier en armure et en quête de l’épée de vérité. Je devais la ravir à la sorcière Bakhita et la remettre à ma reine bien-aimée. Mais avant cela, comme il est de tradition dans ce genre de contes, il me fallait subir un certain nombre d’épreuves redoutables : affronter le géant Zabor, soulever et déplacer les huit montagnes de l’Altaï, couper trois griffes au dragon Tchoudo-Youdo, etc. Je te fais grâce des détails pour te perdre un peu moins mais dis-toi que je sais désormais comment vivre en héros même si, après tous ces exploits, ça s’est encore compliqué. Car sur le chemin du retour je me suis aperçu tout à coup que Gabrièle ne m’avait pas accompagné, qu’elle était absente de l’aventure.

IL 171113 chevalier bilibine

Lorsque je fus rendu au château je remis à la reine, devant toute la cour assemblée, les trois griffes du dragon et l’épée de vérité. Sa Majesté me demanda ce que je désirais en récompense. Je lui répondis qu’il était dans la nature des choses que je refusasse les cadeaux et que, simplement, je ressortisse du tableau et retournasse dans la réalité qui était la mienne. La reine éclata de rire et toute la cour suivit son exemple.

- C’est la légende d’un dormeur éveillé que tu nous contes là, chevalier Arthur ! me répondit la reine. Il n’y a qu’une réalité ici et c’est la nôtre ! C'est comme si tu nous racontais que je est une autre !

Tu imagines bien, j’espère, mon cher Paul, combien fut grand mon désarroi. Heureusement pour moi l’épée de vérité se leva de la table où on l’avait posée. Elle se mit à flamboyer, à venir tourner autour de ma tête et je m’apprêtais déjà à rédiger mon autopsie quand l’objet magique s’immobilisa et me glissa à l’oreille :

- Tire-lui la tresse gauche !
- Euh ? Côté cour ou côté jardin ?
- Ia nié ponimaiou ? Je ne comprends pas ?
- La tresse gauche, c’est celle qui est à ma droite ?
- Oui, espèce d’idiot ! Tire-la vite !

Alors, sans craindre aucunement de commettre un crime de lèse-majesté, je m’approchai de la reine et lui tirai les cheveux comme on le faisait jadis dans les cours d’école et… je me retrouvai dans la salle de bal du Musée de l’Ermitage. Mais seul, désemparé et encore hanté de ces hérésies glorieuses : Gabrièle avait disparu et le paysage d’automne du tableau aussi : à sa place on voyait une fille dans la jungle. Elle tendait les bras devant elle comme pour sortir d’un labyrinthe, comme si elle était au fond de l’eau d’un aquarium et cherchait à briser la vitre en la poussant. Et, bien sûr, elle avait le visage de Gabrièle !

A l’accueil du musée j’ai été pris en charge par Mercy, Mary, Patty et Irina, les guides interprètes stagiaires. La dernière parlait un français impeccable. Elle m’a annoncé que Gabrièle en avait eu marre de m’attendre et que je la retrouverais au café Pouchkine pour y prendre un chocolat sur le coup de dix-sept heures.

Pour le tableau je n’avais pas à m’inquiéter. Les conservateurs de cette vénérable institution étaient au courant du phénomène. Ce mystérieux M. Piekielny l’avait peint avec des encres d’automne fabriquées par lui : une décoction de feuilles mortes, de couleurs changeantes, de matières mouvantes et il avait versé dans ses godets trois verres de vodka. Cela expliquait la nature mouvante et kaléidoscopique de la toile.

L’autre explication étant que depuis que je suis à Pétrograd qui est devenue Leningrad puis Saint-Pétersbourg, j’en bois moi aussi trois à l’apéro du midi et six au repas du soir, des verres de vodka.

Do svidania et Na zdorovié, cher Paul !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 14 novembre 2017

à partir de la consigne des Impromptus littéraires du 13 novembre 2017

et d'une autre consigne gardée secrète pour l'instant

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18 mars 2016

Choses vues à Rennes le dimanche 13 mars 2016 (4)

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Fabriquer de la beauté à partir du pire ?
Une définition optimiste de la poésie ?

En un mot comme en cent : 366 réels à prise rapide

17 mars 2016

Fallait pas que

Fallait pas que je mette les pieds dans le plat, dites donc. En cinq minutes ils étaient bloqués dans la bassine. Le copain de Marina, celui qui a détruit la cabane, n’avait plus qu’à me balancer dans le coffre et hop, direction la Vilaine. Drôle de façon de cimenter un couple !

Rassurez-vous : il ne s’agissait que de refaire la clôture du jardinet. J’ai  donc creusé trois trous et nous y avons planté trois piquets avec du béton minute. Après, moi, vous savez, j’ai plus l’habitude de lire des polars que de fricoter avec... le réel à prise rapide !

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10 janvier 2016

Le duo Vesna chez "Matriochka en bigouden" à Rennes (Bourg-L'Evêque) le 9 janvier 2016 (1)

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Bravo et merci à l'Association Matriochka en bigouden ! D'abord pour sa dénomination rigolote, ensuite pour son objectif qui est d'installer de la russophilie en pays breton. Enfin pour avoir invité le duo de charme et de talent Vesna (Veronika Bulycheva et Stéphanie Acquette). Nous avons passé une excellente soirée et on ne m'a pas interdit de prendre des photos - je n'étais pas le seul à le faire et je les prends sans flash, de côté, pour ne gêner personne-) . Спасибо !

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On peut - vous devez ! - écouter cinq morceaux ici, sur leur site :

http://www.vesna-music.com/

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