30 janvier 2021

L'ALBUM ZUTIQUE

DDS 648 Le Fantôme de l'apéro (Plonk et replonk)

Tous les soirs, au café de l’Univers, à l’heure de l’apéro, le fantôme de Vitalie venait se joindre à nous.

C’était d’autant plus surprenant que la maman d’Arthur était toujours vivante, là-bas ou plutôt là-haut dans les Ardennes. Son fils, notre poteau, lui écrivait régulièrement pour lui demander du matériel photographique, des livres techniques et des…

Non, pas des nouvelles de son trou perdu. Notre copain s’en foutait complètement de Charleville, de Mézières et de la ferme de Roche.

Les nouvelles du trou perdu, c’est le fantôme qui en réclamait.

- Rends-moi l’album, Arthur ! S’il te plaît !

DDS 648 Hôtel_des_EtrangersParis_gravure- Mais je ne l’ai plus, Maman. Je ne l’ai jamais eu d’ailleurs. C’était un recueil collectif. Comme un livre d’or sauf que c’était de la merde !

- Rends-moi l’album Arthur ! Fais pas le clown ! Retrouve-le et rends-le moi ! Ou rends-moi le !

- Je ne vais pas retourner à Paris pour ça ! Je ne sais même pas s’il y est encore d’ailleurs. Et pourquoi le veux–tu ?

Et là, comme gêné d’avoir à se justifier, le fantôme disparaissait. Mais le lendemain, il était là de nouveau, le fantôme de l’apéro, avec sa litanie.

- Rends-moi l’album, Arthur ! Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Je t’avais pourtant déconseillé de t’associer à ces vilains bonshommes !

- C’est de nous que vous parlez, Mme Fantôme ? demanda Bardey ce soir-là. Mais le fantôme semblait sourd, aveugle, obsédé par son idée fixe, ne s’adressant qu’à son commerçant de fils.

- Pourquoi ne reviens-tu pas ? Quel intérêt trouves-tu à faire Chabanais chez les zoulous ? Tu ne veux pas revenir chercher l’album ?

- Zut, Maman !

***

DDS 648 Album zutique 1970234Un jour que ce rigolo de Suel, après nous avoir offert la tournée du patron, était venu s’asseoir à notre table, avant même qu’elle ait ouvert la bouche, il avait entrepris Vitalie.

- Alors ? C’est vous, la môme Fouettard ? L’ange aux ailes de plomb ? Vous savez que le bikini blanc vous va à ravir ?

- Arthur, rends-moi l’album !

- Mais ne pensez donc pas qu’à ça, la star d’outre-monde ! Vous ne voulez pas vous envoyer en l’air avec le Don Quichotte des canapés ? Vous ne savez pas ce que vous perdez !

Et c’était devenu la meilleure blague dans le coin, ce fantôme sourdingue auquel on proposait la botte. Tout le monde a rappliqué pour lui proposer de jouer à saute-jarretelles ou à «Enfourchez vos balais !» sans que le fantôme ne dévie d’un pouce et ne réclame «à corps et à cris» son foutu album.

Même Rimbaud ne comprenait plus rien à ce phénomène qu’il avait de son côté baptisé, de façon assez poétique, «le bal des osselets».

C’est Mme Suel qui eut le fin mot de l’histoire. Un soir qu’elle s’était jointe à nous elle avait proposé à Vitalie de venir admirer une éclipse d’étoile.

Le fantôme l’avait suivie derrière l’hôtel et s’était confié à elle

DDS 648 Sonnet du trou du cul- En 1871 mon fils est parti sur un coup de tête s’acoquiner avec Verlaine, la reine des soiffardes. La jeunesse, vous savez ce que c’est ! On se défonce, on ne commet que des polissonneries, on est le diable incarné ! L’autre a été puni d’avoir abandonné femme et enfant : en cabane, Papa ! Surtout parce qu’il avait tiré sur mon Arthur. Ce que je veux, moi, c’est effacer les traces de tout cela. Je veux détruire ces rinçures et surtout retrouver l’album zutique pour le brûler.

- Qu’est-ce que vous gagnerez à cela ?

- Je ne veux pas que mon nom soit associé à ce «Sonnet du trou du cul» qui y figure en bonne place et je sais qu’une fois que j’aurai fait cela, il pourra y entrer tranquille.

- Où ça ?

- Au Panthéon.

- Je vais vous aider, lui proposa Madame Suel.

***

Le lendemain Mme Suel a raconté l’histoire à son mari puis elle a fait ses valises et est repartie pour l’Europe. Adios, chiquita ! Le soir le fantôme n’est plus revenu à l’apéro ; on ne l’a jamais plus revu et Mme Suel non plus. Simplement, depuis ce jour-là, on s’est mis par plaisanterie à appeler Rimbaud «Trouperdu !». C’est d’ailleurs sous ce nom qu’il a été enterré au cimetière européen d’Aden.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 648 d'après cette consigne : Zut !

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28 janvier 2021

OIN-OIN SOLDAT

les soeurs mata-hari

Mataharivonne et Mataharithé, comme on les avait surnommés, c’étaient vraiment, quand ils faisaient leur numéro, les frangines en folie ! Qu’est-ce qu’on a pu se marrer, de leur temps, dans notre régiment ! Elles avaient dû l’avoir au sentiment, le sergent-major recruteur, parce qu’en général, dans la marine suisse, on n’accepte pas les travelos.

Quand elles quittaient l’uniforme pour mettre du beau linge, qu’elles rembourraient leur soutif pour faire croire qu’il y avait du beau monde au balcon, on avait beau savoir qu’il faut se méfier des contrefaçons, eh bien on y croyait. On n’avait jamais vu un jeu de folles pareil. Comment elles te dansaient le tango des oubliettes en lançant : « As-tu vu ma croupe, Suzette ? » ! Impayables !

Mataharivonne, la blonde éruptive, c’était l’effeuilleur le plus subtil qu’on ait jamais contemplé. De la prestidigitation, ses polissonneries !

Mataharithé, diaphane en diable, taille de croupière et bas résilles hyper-tendus pour encaisser des dollars à vau-l’eau, avait le valseur énigmatique et la chevelure rousse. Elle faisait plus encore sorcière que sa sister mais c’était une môme en or massif.

Après leur numéro d’à saute-jarretelles, ça partait sur les chapeaux de roues à l’auberge de Zelda la Douce. Faut dire qu’on avait une belle descente de cave, que la sienne était bien garnie et que l’Härdöpfeler local titrait bonbon. Après la tournée des cocottes, la tournée du patron, on n’y allait pas de main morte avec la voleuse de santé ! Envoyez la soudure, hissez le pavillon, descendez les litrons !

***

Sauf qu’après leur départ soudain, aux sœurs Mata-Hari, on s’est pris tout sur le paletot ! Un brin d’apocalypse et un discours fumace du lieutenant Droz nous sont tombés dessus. Le vieux pétait du feu par les naseaux.

Ces deux salops, enfin, ces salopes, avaient embarqué d’après lui les plans du sous-marin nucléaire !

Hou les vilaines ! Qu’elles se soient envolées avec les diams de la couronne, passe encore c’était de bonne guerre. Mais nos deux travestis, nous en sommes restés de tous nos sens interdits, c’étaient vraiment deux femmes !

- Bande de niais qui n’avez rien vu ! nous a balancé le lieutenant. Vous auriez dû vous douter, quand même ! Mataharivonne ça rime avec ?

- Espionne !

- Et Mataharithé ?

- Avec féminité !

- Voilà ! Vous auriez pu faire le lien avant ! Ca sert à quoi qu’on vous donne des cours de rap à röstis, hein ? Allez, enfourchez vos balais, vous êtes de corvée de chiottes ad vitam eternam !

Quelle connerie, la guerre !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 26 janvier 2021

d'après la consigne 2021-16 ci-dessous.

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27 janvier 2021

C'EST VOUS LE ZOMBIE ?

A corps et à cris je l’aurais réclamé, ce quatrième voyage dans la cité des doges ! J’en avais fait le titre d’un recueil de poèmes : «Je veux retourner à Venise !».

Eh bien désormais, c’est fini. Y’a du tirage entre nous. Elle est devenue, la Sérénissime, un paradis au rabais, le diable incarné, la marionnette de la mondialisation.

Quand je vois ces documentaires sur le tourisme de masse, j’ai un cœur qui saigne. Entre les paquebots géants, les commissariats et presbytères transformés en hôtels ou en restaurants, le ballet bleu des valises à roulettes et les Airbnbs à tous les étages, je me dis qu’on se tape la tête. C’est qu’il y en a des Béotiens et du «beau» monde au balcon qui trouve juteux à souhait de transformer cette ville belle à pâlir la nuit en Disneyland mondial.

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Alors tant pis pour le carnaval, les gondoles sous la neige, les couleurs de Burano, l’acqua alta que je ne verrai pas ou plus. Continuez le massacre sans moi ! Il me reste mes photos de lieux diaphanes en diable, mes petites aquarelles et mes disques de Vivaldi.

De toute façon il y a désormais un tueur parmi nous. Les voyages sont interdits pour un sacré bout de temps ! Respire Venise ! Remercie le virus qui t’apporte la paix ! Nous autres qui nous prenons tout sur le paletot, nous serons bientôt tous au pageot avant d’aller dormir dans le cercueil capitonné qui nous attend plus vite que nous n’avions prévu !

J’arrête ici mon homicide-blues ! Bonne année pour les gnomes quand même !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 26 janvier 2021

d'après la consigne 2021-16 ci-dessous.

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2021-16 DU 26 JANVIER 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Plonk et Replonk et Carter Brown

Voici une douzaine de cartes postales de Plonk et Replonk empruntées sur leur boutique en ligne.
(Vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir).

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carte-bebert-plonk-1000carte-bebert-plonk-1008 carte-bebert-plonk-1003carte-bebert-plonk-1011 (1) carte-bebert-plonk-1004carte-plonk-1020
carte-plonk-1021 les soeurs mata-hari carte-bebert-plonk-578

Choisissez en une et laissez-vous inspirer par elle. Vous insérerez dans votre texte au moins cinq titres de romans policiers de Carter Brown tirés de la liste ci-dessous.

A corps et à cris - A pâlir la nuit - A saute-jarretelle - Adios, chiquita ! - Ah... les garces ! - Allez, roulez ! - Au parfum - Au sentiment - Au voyeur ! - Ballet bleu - Banco bidon - Billets de faire-part - Blague dans le coin - Bonne année pour les gnomes - Bouche, que veux-tu ? - C'est pas triste ! - C'est vous le zombie ? - Call-Girl serenade - Carte forcée - Cascade rouge - Chabanais chez les zoulous - Cible émouvante - Continuez le massacre - Coup de tête - Croupe Suzette - Demain, on tue - Descente de cave - Diaphane en diable - Dites-le avec des pruneaux ! - Dollars à vau-l'eau - Du beau linge - Du beau monde au balcon - Du feu par les naseaux - Du soleil pour les caves - Eclipse d'étoile - En cabane, papa ! - Enfourchez vos balais ! - Envoyez la soudure ! - Fais pas le clown ! - Ferme ta malle ! - Hollywood-Bacchanale - Homicide blues - Hou les vilaines ! - Juteux à souhait - L'ange aux ailes de plomb - L'effeuilleur - L'épouse du dimanche - La bergère en colère - La blonde enchaînée - La blonde éruptive - La môme fouettard - La reine des soiffardes - La star d'outre-monde - La tournée des cocottes - La tournée du patron - Le bal des osselets - Le bikini blanc - Le cercueil capitonné - Le diable incarné - Le Don Quichotte des canapés - Le singe est au parfum - Le tango des oubliettes - Le tortillard des pauvres - Le valseur énigmatique - Les diams de la couronne - Les frangines en folie - Ma cabale à Macao - Ma tête sur le billard - Maître, fais-moi peur ! - Minuit, païens ! - Ne pensez donc pas qu'à ça ! - Nettoyage à chaud - Oh, ces amazones ! - On demande une victime - On se défonce - On se tape la tête - Paradis au rabais - Pièce à tiroirs - Polissonneries - Pose ta chique ! - Question de picaillons - Remets ton péplum ! - Sans voiles - Sauvons la farce ! - Se méfier des contrefaçons - Sens interdits ! - Sur les chapeaux de roues - Taille de croupière - Tous au pageot ! - Tout sur le paletot ! - Trois cadavres au pensionnat - Trois têtes sous le même bonnet - Tu viens, shérif ? - Un brin d'apocalypse - Un coeur qui saigne - Un jeu de folles - Un paquet de blondes - Un tueur parmi nous - Une môme en or massif - Une nymphe de perdue - Une tigresse dans le moteur - Voleuse de santé - Y'a du tirage - Zelda la douce -

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31 mai 2020

L'UNIVERS, LES ÉTOILES

Comme je m’interdis de parler de mon frère (Comment s’appelait-il déjà ? Jack ? William ? Averell ?) je vais parler de mon cousin Alan, de généalogie, du monde et des étoiles.

Dans la famille, nous sommes au moins trois à être partis habiter ailleurs que dans notre lieu de naissance (C’est quoi, le pluriel de « social-traître » ?). Mon frère qui, comme tout le reste de la famille, était resté vivre là où il était né, disait du cousin Alan qu’il me ressemblait. Chez lui ça voulait dire « un mec sérieux, équilibré, avec une vie affective stable, une vie sociale riche, des intérêts prononcés pour telle ou telle discipline et de la discipline pour dégager du temps afin de s’y adonner avec intérêt».

Alan, l’un de ses dadas, c’est la généalogie. C’est fou de voir jusqu’où il est remonté dans l’arbre familial ! 1629 !

01 Sommet de l'arbre généalogique Krapov

C’est grâce à ce travail-là d’exploration des archives que j’ai découvert, très récemment, la raison d'être réelle de mon sentiment de belgitude.

En 1629 la famille Krapov est établie à Hasnon, un village du département du Nord situé entre Douai et Valenciennes. Elle y demeure jusqu’en 1779. A cette date mon ancêtre Pierre-Antoine Krapov épouse dame Anne-Joseph L. native de Ville-Pommeroeul dans la province du Hainaut en Belgique. D’après M. Google-Maps 31 km 300 les séparaient avant qu’ils ne fusionnassent dans la même rivière d’un lit à deux places (Ne confondons pas la rivière du lit et le lit de la rivière : c’est moins facile de faire des cochonneries dans le deuxième sauf si on est pollueur professionnel).

Leur union est féconde puisqu’ils ont sept enfants tous nés à Ville-Pommeroeul. L’une des filles, Jeanne-Agnès-Joseph donnera naissance en 1816 à François-Joseph Krapov né de père inconnu. La dame était servante, vous pouvez imaginer tous les scénarii que vous voulez sur ce Belge de passage. On avait bien dit qu’on écrivait sur un univers d’étoiles filantes, aujourd’hui, hein ?



02 Milieur de l'arbre généalogique Krapov

Ce François-Joseph est né à Beloeil (où tous les natifs de sexe masculin sont surnommés « Coco »). Il épouse en 1839 une dénommée Catherine Q. née à Sirault (Existe-t-il aussi outre-Quiévrain une ville qui s’appellerait Suppausitoire ? (question de M. Joe Krapov, quatre étoiles au guide Michelin de la vulgarité (et troisième prix du concours international d’ouverture de parenthèses))).

Eux aussi ont sept enfants mais en 1854, lorsque naît Jules Krapov, la famille a déménagé à Elouges, un peu plus au Sud. Ce fils-là devient mineur de charbon. Il épouse Joséphine-Catherine M. de Wasmuel en 1880. Le mariage a lieu à Réty (Pas-de-Calais donc France). Ils ont trois enfants : François né à Réty, Jules né à Mazingarbe et Jean-Baptiste né à Liévin. Celui-là est mon arrière-grand-père du côté paternel. La famille Krapov est redevenue française.

03 Bas de l'arbre généalogique Krapov

Voilà. Magnifique, le travail, hein ? Merci, cousin Alan !

Nous sommes sept milliards d’êtres vivants dans l’univers, sans compter les petits hommes verts de la planète Mars et il aura fallu toutes les vies et les souffrances de ces gens-là, dans les quelques kilomètres carrés de ce plat pays, belge ou français, pour que l’on aboutisse ce jour à l’évocation de cette dichotomie fraternelle.

Moi je leur dis merci à tous ces gens de ma famille. Ils m’ont porté, ils m’ont soutenu, ils m’ont poussé, ils m’ont aimé et ça m’a bien aidé dans la vie (même si, comparativement aux astronautes de la mission « Space X crew dragon » je ne suis pas allé bien loin !). Mon frère, lui, reprochait à mon grand-père « de lui avoir laissé trop croire que la vie était facile ». Comment, qu’est-ce que tu dis  ? Le père Noël est une ordure ?

Ben non, fallait pas croire ! Et même, il ne faut pas croire, écrire un texte comme celui-ci, c’est du boulot aussi !

Mais comme disait Rimbaud : « Faut jamais s’arrêter sinon on meurt ! ».

AEV 1920-32 Joe K Plonk Père Noël

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 1920-32 DU 26 MAI 2020 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Carnet de route avec Plonk et Replonk


AEV 1920-32 Consigne - Plonk et Replonk

 

Consigne empruntée à Faly Stachak (« Ecrire, un plaisir à la portée de tous » p.210-214 – Editions Eyrolles, 2004) et complétée par l'animateur.

Chacun des quarante mots énumérés ci-dessous est une proposition, évocatrice de moments généralement forts, liés à votre enfance. C’est votre carnet de route, là où vous notez votre découverte du monde. Ecrivez un ou plusieurs textes, le thème choisi servant de titre, et, si possible, illustrez chacun d’eux avec une image-collage de Plonk et Replonk.

Ou prenez la consigne à l’envers : choisissez une carte de Plonk et Replonk et essayez de la tirer (histoire ou description) vers le thème proposé par Faly Stachak. 

https://www.google.com/search?q=plonk+et+replonk&rlz=1C1AVSA_enFR440FR440&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwjO2sKWndLpAhVMyxoKHTHNCXAQ_AUoAXoECBMQAw&cshid=1590520254261851&biw=1280&bih=543#imgrc=wYx3pXj0NHn7pM

La soupe - Dans le noir - Le retard - La maison vide - Le monstre - Nu·e - Du sang - Les gros mots - Mon frère (ou ma sœur) - L’ennui - La cachette - La triche - La cour de récréation - Le voisin (ou la voisine) - La honte - Ma poupée - L’école - Insectes - La punition - Ma maîtresse (mon maître) - Mon prof - Les hauts talons - Le revolver - Dieu - Le loup - La mer - Mon animal - Injustice - Jeux interdits - Un cadeau - La combine - La cave - Mon ami - Voyage - Ma collection - Odeurs - Le mensonge - La mort - L’Univers, Les étoiles - Mon héros.

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22 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 2, Alphonse Allais (2)

 2, 2. Alphonse Allais inventeur

Alphonse Allais débordait d'idées que sa modestie naturelle lui dictait d'attribuer au Captain Cap.

Dans un colloque de l'Université de Saint-Etienne, « Figures du loufoque à la fin du XXe siècle », Antoine Court décrit la relation entre les deux personnages :

 captain cap 1018-0141-1963

 Captain Cap (seule et unique photo d'Albert Caperon)

 

"Cap est un personnage bien réel, Albert Caperon (1868-1898), fils à papa, rentier, bon à rien, grand buveur et raconteur d'histoires, habitué du Chat noir et inséparable d'Allais qui le promeut Captain.

Par le truchement d'Allais ce sédentaire abruti devenait le héros de folles aventures. Il endossait leur paternité avec une fausse modestie et un secret orgueil. A tel point qu'Allais dit un jour : « J'en suis arrivé à ne plus savoir si c'est moi qui me paie sa tête ou si c'est lui qui s'offre la mienne ! »

 

Cap est constamment valorisé comme personnage hors du commun : parodie de héros plus ou moins exotique, bon bourgeois, bon patriote, bien inséré dans la société, il la critique mais s'en accommode tant qu'il y a des breuvages forts et des filles faciles !"

 Alphonse par Vomorin

 

 

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Mais comme tout grand visionnaire, Alphonse Allais demeura incompris de son époque et ses idées demeurèrent lettres mortes.

De sa multitude de concepts, on peut ressortir : 

- le recyclage des vieux confetti 

- le championnat du millimètre à vélocipède : record mondial actuellement détenu par le Captain Cap en 1/17.000e de seconde ;

 - le cache-poussière pour sous-marin ;

 - les obus chargés de poil à gratter;

 - la récupération des énergies perdues, tel le mouvement oscillatoire du bras gauche chez les troupes en marche

- l'institut de formation des souffleurs pour spectacle de pantomime 

Alphonse Allais en plus de procédés révolutionnaires proposa des inventions simples pour faciliter la vie quotidienne de ses contemporains. Ainsi peut-on citer : 

- les chaussures ventilées (concept repris par Geox) 

- la casserole carrée pour empêcher le lait de tourner 

- les balayeuses municipales à papier buvard pour assécher les rues après la pluie

 

 

 

 

Geox-femme

 

 aquarium en verre dépoli pour poisson timide

 

- l'aquarium en verre dépoli pour poisson rouge timide.

Dans une de ses chroniques consacrée à la très nécessaire réforme de l'orthographe, Alphons Allais écrit ceci : 

"C'est que moi, je ne me contente pas de transformer "Hérault" en "éro", j'écris froidement "RO". Non moins froidement j'écris "NRJ" pour "énergie" et "RIT" pour "hériter". Je me garde bien de mettre "Hélène a eu des bébés". Combien plus court est, grâce mon procédé : "LN A U D BB" 

Kiksé ka inventé le langaj SMS, hein ? Ben Alphonse, pardi !

 

 SMS

 L'agonie du papier

Dans une autre chronique intitulée « l'agonie du papier » se désolant déjà de « l’imminente disparition des arbres, causée par la de plus en plus folle consommation de papier imprimé » il lance une subscription afin de fabriquer un journal sans papier ! 

« Ce journal quotidien portera ce nom significatif : La Pellicule. Les abonnés recevront en même temps que le premier numéro, un petit appareil ressemblant fort à une lanterne magique, mais infiniment plus simple. 

 

La Pellicule, parviendra en effet chaque matin à nos abonnés sous forme d’une légère carte transparente, pas plus énorme qu’une carte à jouer. Cette carte, insérée dans la rainure ad hoc, un bouton qu’on pousse, et sur la toile en face vient se projeter la plus clairement lisible de nos gazettes françaises et même étrangères.  

Le miracle s’est simplement accompli par microphotographie des huit ou douze pages d’un immense journal sur la mignonne et sus-indiquée pellicule ». 

 L'agonie du papier 2

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C’est là la préfiguration de la microfiche et par la suite de la liseuse, des e-books ou de l’édition numérique des journaux et des périodiques !

Enfin, et ceci n’est pas une farce, Alphonse Allais est bel et bien l’inventeur du café lyophilisé.  

Le brevet fut déposé le 7 mars 1881, sous le numéro 141 530, au ministère de l'Agriculture, bien avant que Nestlé, grâce à son chimiste alimentaire Max Morgenthaler, ne le reprenne en 1935 et lance le Nescafé.

Allais en Georges Clooney

 

 Brevet d'invention café

11 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 6, Plonk et Replonk

N.B. J'ai lu en préparant la conférence que Plonk et Replonk avaient eu des soucis financiers alors n'hésitez pas, ami.e.s riches, à acheter leurs livres et leurs cartes postales !

D'autre part, nous avons ce problème bien connu de la reproduction d'oeuvres intellectuelles sur Internet, fait assimilable juridiquement à de la contrefaçon. C'est pourquoi je ne peux vous afficher ici toutes les images que j'ai scannées et que nous présenterons à la conférence pour faire applaudir nos amis suisses.

Le tableau suivant comprendra la liste des images projetées et aussi d'autres cartes postales récupérées hier sur d'autres sites web qui auraient aussi bien pu être utilisées dans notre diaporama. Bravo et merci encore une fois à ces inventeurs-farceurs là ! Leur site web est ici.

 6. Plonk et Replonk

 

Voici maintenant que des chemins propicesnous mènent à La Chaux-de-Fonds (en Suisse).

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C’est là que s’est installé en 1995 le collectif d’éditeurs Plonk et Replonk composé de Jacques Froidevaux, Hubert Froidevaux et Miguel-Angel Morales.

  

Plonk & Replonk puisent dans leur important fonds d’archives 1900 et conçoivent des photomontages en y intégrant des photographies personnelles, en les colorisant ou en y ajoutant une touche d’absurdité « à la Suisse », notamment dans la légende.

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 Voici quelques exemples en lien avec notre thème,

tirés de leurs livres :

« Les mille et 1 lundis »,

« Erratoum »

et

« Monuments durables et métiers éphémères ».

 Gustave et Octave Givrin, les inventeurs mal aimés de l’heure d’hiver

L’inventeur du jeu de l’oie

L’inventeur du problème de robinets

Une manufacture de cheminées d‘usines à Londres en 1834

Jean Carbon, député centriste et ingénieur des chemins de fer, concepteur de la troisième voie

Une prestation peu connue des bibliothèques : le service des livres chantés à domicile

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 micro-ondes

 Les débuts de l’électronique de précision : Hans Herse, l’inventeur oublié du premier macroprocesseur

La bicyclette-horloge postale permet au facteur d’apporter avec le courrier l’heure exacte à tous les usagers

Le barrage à deux faces de la grande Bixence, un éclair de génie dans le ciel du bon sens : deux côtés, deux fois plus d’eau donc deux fois plus d’énergie

La première banane biomécanique

Georges Courges, concepteur du chapeau melon

Test du premier wagon à sustentation magnétique par les frères Marcoeur vers 1900

 Le prototype du premier téléphone mobile

Maurice X. l’inventeur de la peinture sèche

Jean-Jacques Dimanche, inventeur de la presse dominicale et ses deux premier lecteurs : Amédée et Josette Dimanche

L’inventeur du parachute frontal

Le premier appareil photo noir et blanc en couleurs

Jean-Baptiste de Pique-Sel, précurseur oublié du mouvement pictural qui porte son nom

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 Allibert Zeimer,

l’inventeur de la clé sous le paillasson

testant son invention sur lui-même

 

 

La balançoire bretonne

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La retaille et le cloutage des langues de bois

avant les élections nouvelles

 

Le vérificateur d’obus

Le chapeau-horloge

La grenade en porcelaine de Limoges

 Présentation de la plus grande fourchette du monde (42 mètres). Elle sera utilisée pour la plus grande paella du monde (246 mètres de diamètre) et on assistera à la plus grande tourista du monde (4519 victimes, 12 hectolitres de…

S’interrompant très vite : 

Passons au chapitre suivant, voulez-vous ?

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Les frères Carron, inventeurs de la roue carrée

 

 

 

 

Cabine téléphonique modèle Mastar Inox. Mise en service en 1965 et remplacée en 1983 suite aux plaintes des usagers concernant le système de fermeture des portes

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La livraison des colis express

(ajout de Joe Krapov : aux Trois Suisses ?)

 

 

 

Hans von Kuhe, père de la bombe à Emmental, contemplant terrassé les dégâts de son oeuvre destructrice.

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Patapon, mascotte du 20e bataillon de force d'inertie

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09 janvier 2019

J'AI DES DONS DE GUÉRISSEUR

 

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J’ai des dons de guérisseur. C’est normal : dans une vie antérieure j’ai été herbe médicinale. Je me souviens très bien, c’était dans un monastère médiéval. Je menais alors une vie bien plus simple qu’aujourd’hui. Tout était bien plus carré que maintenant autour de moi et nous étions bien plus solidaires que dans nos sociétés de plus en plus inégalitaires.

Un beau jour, j’ai été utilisée pour fabriquer une potion magique. On m’a découpée en morceaux, j’ai subi des tirs de mortier, j’ai même été proprement pilonné et puis on m’a jeté dans le grand bain de la thérapeutique. En l’occurrence, on l’appelle la marmite, on ne sait où elle habite mais quand on te plonge dans sa réalité, ça chauffe pour ton matricule. C’est un peu normal quelque part qu’on jette les verts dans le chaudron de Saint-Etienne ! Et d’ailleurs, une fois rendue à mon heure dernière, et, croyez-moi, c’était l’heure dernière et pas l’heur dernier je me suis demandé si c’était vraiment Saint-Etienne puisqu’on dit « les Stéphanois ». Plutôt Saint-Stéphane, alors, non ? Ou Sainte Epiphanie aime les sucettes et les dragées laxatives ? Sait-on où vont toutes nos questions quand nos organes se liquéfient, qu’ils déliquescent de savon noir et que nous quittons cette vallée de larmes pour renaître dans un autre corps, une autre substance, un nouveau véhicule inconnu ?

J’ai des dons de guérisseur mais pour que vous en soyez assuré(e), pour que vous puissiez en bénéficier, il vous faut croire en la métempsychose, c’est-à-dire au passage d’une âme unique dans des enveloppes aussi successives que diverses. Ces corps ont leur durée de vie aléatoire mais l’âme est immortelle. Et là, couic, ça coince ! Je les entends déjà les sceptiques parmi vous qui vont me balancer leur question fatidique :

- Tu peux le prouver ? ». 

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Au diable, vils suppôts de la rationalité, du matérialisme, de la panurgitude scientifique ! Pas de bol pour vous, je ne suis pas du genre à fréquenter Aplusbégalix, à vous cogner sur le casque pour vous faire entendre déraison, à monter en chaire et en noces pour marier les arguties de poids et les légères suspicions de chemin de vérité. Si vous mettez en doute l’origine de mes talents de guérisseur, c’est certainement parce que vous-même avez été astrologue pour avions au début du XXe siècle ! D’ailleurs des recherches poussées dans la bibliothèque de Plonk et Replonk, nos deux coucous suisses préférés, m’ont permis de retrouver, comme par hasard, vos élucubrations de cette période-là :

Verseau : les biplans de ce signe auront le vent en poupe, surtout ceux du troisième décan. Pensez cependant à voyager léger quand le ciel est chargé de nuages.

Bélier : aujourd’hui vous avez un grain de folie en lieu et place d’hélice. Tout va tourner de traviole et votre jovialité naturelle s’envolera quand vous rencontrerez ce gros zeppelin de soupe en travers de votre chemin.

Gémeaux : les Sopwith Camel natifs de ce signe sont invités à ne pas s’énerver les nerfs en sortant de chez eux. Le célèbre baron rouge, M. Von Richthofen, est encore de sortie. Vous risquez d’en faire les frais.

Moralité : tout est logique, tout est dans tout et réciproquement. La preuve de mes talents de guérisseur vous a été assénée sans que vous ayez eu à souffrir de ma médication magique. La simple lecture de ce texte a suffi : je vous ai vu sourire et entendu rire plusieurs fois. Pour moi, vous êtes guéri.e !

Evitez simplement, dans votre vie future, de vous réincarner en épinard : il paraît que Popeye, très énervé, très affamé, rodera dans la contrée avec un gilet jaune sur le dos !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 janvier 2019
d'après la consigne "Comment j'ai adopté un dragon"

Il me fallait traiter le sujet "J'ai des dons de guérisseur" et introduire, toutes les cinq minutes une formule tirée avec les dés :

Un beau jour - Et croyez-moi - Et là, couic ! - Tu peux le prouver ? - Pas de bol - Comme par hasard - Moralité

22 novembre 2015

LE DERNIER BOTTETRAIN DE PARIS

C’est une idée qui nous bottait depuis longtemps : aller à la rencontre des petits commerces du temps jadis, entrer dans les bistrots qui affichaient autrefois sur leur devanture « Ici on peut apporter son manger », visiter l’échoppe d’un réparateur de machine à écrire à boule, etc.

Le hasard a fait que, ayant à faire rue de la Pompe, nous sommes passés devant le magasin de M . Jeannot. Les volets de la boutique ont déjà de quoi vous attirer l’œil : semblables à un tableau du peintre belge René Magritte, ils représentent les sabots d’Hélène, les bottes de sept lieues du petit Poucet, la pantoufle de vair de Cendrillon, les souliers de satin de Paul Claudel, le dernier des mocassins Mohicans, la godasse de Samuel en attendant Bécaud, les escarpins d’Iznogoud le fourbe qui rit, les chaussons d’Ernest, les Tatanes que Titine cherche après et d’autres chaussures d’elles-mêmes comme les mules du pape qui signifient qu’on vous attend de pied ferme ici.

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, M. Jeannot ne s’occupe pas de chausser les petits petons de Valentine, d’habiller le talon d’Achille ou de soigner les chevilles des personnalités qui enflent. Il faut entrer dans sa boutique et admirer son impressionnante collection de… fessiers princiers !

Car avant que la jet-set ne se délocalise au Pôle Sud, M. Jeannot a tiré le portrait de ces fesses de faces de cul-pincé. Moulés dans une résine synthétique souple, ils sont offerts, moyennant un léger financement, à votre roturière et pédestre vindicte. Comment ça marche, le bottetrain ? C’est simple ! Vous choisissez le séant de la personnalité que vous détestez le plus, vous chaussez le bottetrain – une ranger de pointure 78 – et vous vous défoulez en défonçant le postérieur de l’empaffé(e) notoire que vous avez choisi(e). Une variante consiste à envoyer votre pied dans le derrière en fichant le projectile dans une carabine Lebel de Cadix rebaptisée "fusil à pompe Mariano".

Nous avons testé la chose : cela fait beaucoup de bien. Avant de vous inviter à faire de même, nous laisserons le mot de la fin à M. Jeannot que nous avons interviewé :

- C’est, forcément, logiquement, une affaire qui marche, qui a marché et marchera toujours. Sans cette industrie qui est la mienne, la société ne peut pas avancer. Nous exerçons un rôle tout à fait positif, prépondérant et j’oserai l’affirmer, fondamental dans la marche en avant du progrès. C’est d’ailleurs ce que dit depuis des siècles la devise de notre famille : « Il ya des coups de pieds au cul qui se perdent ? Venez chez nous les retrouver ! ».

Pour prendre votre panard, une seule adresse : « Au coup de pied dans le cul », rue de la Pompe à Paris.

Plonk 01 Bottetrain

 Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 novembre 2015 à partir de cette consigne :

Vous êtes correspondant du journal Ouest-France, grand reporter au Monde, journaliste à FR3… On vous a chargé d’assurer les reportages suivants pour la prochaine édition du journal :

  • Le premier congrès de l’association française d’apiculture à Nantes. Mme Adèle Petitpot est élue reine danseuse présidente à v
  • Les petits commerces du temps jadis : la boutique de monsieur Jeannot, le dernier bottetrain de Paris

Ils seront illustrés par une image de Plonk et Replonk.