21 septembre 2022

LIVRET DE FAMILLE

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C'est peut-être parce qu'on s'appelle Bb… Bbo… Bonney qu'on a la tête près du... du bo… du bon… du bonnet.

Mon père qui s'appelle Bb… Bbo… Bob est raide comme un piquet ou comme un type qui a étudié le droit. Mais c’est une ill… une illusion. Il a même passé quelques temps derrière les bba… les bars… les barreaux. Il en a gardé l’habitude d’ancien bba… baba... bagnard de porter des tenues bibi… biki… bbicolores.

(Pour une meilleure lisibilité nous avons supprimé dans la suite du texte le bb… bébé… bégaiement du bb... bamba… bambin).

Ma mère, née Mary Mc Carthy, mais surnommée Calamity, en a allongé plus d'un. Fallait pas là traiter d'horizontale sous peine de s'y retrouver. Le nombre de lignes verticales de sa robe indique le nombre de malotrus et de mecs barrés qu’elle a rayés de la carte.

Vaut mieux pas pour vous vous mettre en travers de leur chemin : un coup de barre ici est vite arrivé. Respectez le code sur les planches sinon vous risquez de vous retrouver entre quatre. Entre quatre z’yeux d’abord puis entre quatre planches, même s’il en faut six pour clore un cercueil.

Filigrane jeu 80 PLC 53 01Moi, leur fils, je m'appelle William mais on dit Billy.

- Billy, cesse de voler des bonbons et des livres anciens ! Billy cesse de traîner les cafés ! Billy, lis autre chose que les annuaires téléphoniques ! Billy tiens-toi à carreau sinon on va t'envoyer en pension du côté d'Annecy !

J'irai pas en pension ou si j'y vais je fuguerai.

Je fuguerai tellement que je deviendrai le roi de l'évasion et peut-être même qu'un jour, à force de raconter leurs coups tordus et mes mille et une façons d’échapper à la police, on me donnera le prix “Nos belles” !


Ecrit pour le jeu n° 80 de Filigrane (La Licorne) d'après cette consigne

 

 

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22 novembre 2021

TIENS, VOILA DU BOSMANS !

Bosmans s’était souvenu qu’un mot, «La Madeleine», revenait dans la conversation. Au début il avait cru qu’il s’agissait d’une personne. Il avait pensé à une paysanne parce que cet article défini devant un prénom, ça faisait très campagnard. Une chanson du groupe Les Charlots en témoignait : «Quand La Marie est jalouse, je chante le blues» ainsi que d’autres, pas plus finaudes, de Ricet Barrier.

Mathurin Méheut - A l'ombre des platanes

Ce pouvait être aussi une fille de mauvaise vie, une tapineuse ou une perle de boxon qui aurait rendu fou d’amour et de désir plus d’un des militaires ou marins en rade de sexe à Toulon, comme ceux, par exemple, qu’il voyait attablés en terrasse, la clope au bec, l’ennui porté en bandoulière, les képis étalés sur les tables voisines de la leur. Ou alors une fille au caractère tranché, une maîtresse-femme, une pouliche indomptable. Une féministe avant l'heure, tout droit sortie d’une chanson de Jacques Brel. «La Mathilde est revenue !». Mais «Maudite Madeleine» ça ne le faisait pas du tout.

Aussi quand il avait osé demander à Martine Hayward qui était cette Madeleine dont on parlait tant, celle-ci avait éclaté de rire.

- La Madeleine, c’est une ville du Nord. Explique-lui, Guy !

Ils étaient quatre dans ce café à profiter du beau soleil et de l’ambiance méridionale, à lézarder derrière la balustrade verte. Guy Vincent sirotait un Campari, Martine Hayward un Martini, Michel de Gama une bière et lui un Perrier rondelle.

- Je suis de là-haut, dit Guy. Ma famille résidait près de Lille et mon meilleur ami de l’époque où j’étais étudiant habitait La Madeleine. C’est un peu la banlieue chic. Il s’appelait Réné-Marco Heriford et on écoutait plein de musique chez lui. Un bel appartement bourgeois, au rez-de-chaussée. Pour y aller il suffisait de longer la voie du tramway et on arrivait, en haut de la pente, au carrefour de l’avenue de la République avec la rue du Docteur Kurzenne. Mais je n’ai pas grand-chose à dire sur ces années-là, sinon qu’elles sont loin et que je n’ai pas envie d’y retourner.

- C’est vrai, commenta Michel de Gama, qu’après mai 68, il y a eu juin 69 !

- Ce qui veut dire ? interrogea Martine, s’attendant à voir sortir une allusion à l’année érotique de Serge Gainsbourg, mais cela ne se produisit pas.

- Ça veut dire que la tension est retombée, que tout est rentré plus ou moins dans l’ordre. Un autre ordre.

- Il en faut un minimum, non ? demanda Martine.

- C’est vrai, admit Guy. Et vous, vous faites quoi dans la vie, Monsieur Bosmans ?

- Je vends des lettres.

- Des lettres d’écrivains ? D’hommes politiques ?

- Non, des lettres décoratives. De l’immense et de l’inattendu. Je suis architecte-décoratrice… pardon, architexte-décorateur d’extérieur. Depuis que j’ai décoré le Ciné-Manivel à Redon, ma carrière a décollé. Je pose des enseignes surréalistes partout où on me le demande.

- Intéressant, conclurent les deux compagnons de Martine en retrempant les lèvres dans leur apéritif.

Tout cela n’était que pieux mensonges. Bosmans, quand il les aurait quittés, irait replonger le nez dans son ordinateur à la recherche d’inspiration. Il interrogerait Pagesblanches.fr pour savoir s'il existait des gens nommés Proust à La Madeleine (Nord). S’il y en avait, et même s’il n’y en avait pas, il leur inventerait alors, pour son journal, le Défi du samedi, une existence exceptionnellement drôle.

Tout cela n’était que mascarade. D’ailleurs Bosmans ne s’appelait pas Bosmans et n’était même pas de sexe masculin. Elle s’appelait Isaure Chassériau et n’aimait rien tant que voler des confidences aux gens et leur képi blanc aux militaires flapis des terrasses de Toulon.

2021 11 21 Isaure légionnaire


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 19 novembre 2021

d'après la consigne 2122-09 ci-dessous.

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-09 DU 16 NOVEMBRE 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Récit modianesque

 

 

Servez-vous des éléments ci-dessous, extraits du dernier roman de Patrick Modiano, "Chevreuse", pour écrire une nouvelle qui parle d’une période révolue ; vous pouvez aussi utiliser une ou plusieurs des images publiées sous ces éléments.

Incipit du roman :

Bosmans s’était souvenu qu’un mot, X, revenait dans la conversation. [X est le nom d'un lieu de votre choix]

Incipit des chapitres :

X. Ce nom attirerait peut-être à lui d’autres noms, comme un aimant.

À la sortie de X., un tournant, puis une route étroite, bordée d’arbres.

Un début d’après-midi, Bosmans décida de sonner à la porte de l’appartement.

Dans la rue, il déplia le papier qu’elle lui avait tendu. Il y était écrit : Kim 288.15.28.

Il accompagna encore deux ou trois fois Camille à ses rendez-vous de Saint-Lazare avec Michel de Gama.

Il était impossible à Bosmans, après plus de cinquante ans, d’établir la chronologie précise de ces deux événements du passé :

Camille Lucas dite « Tête de mort »
Michel de Gama – Guy Vincent – hôtel Chatham
Martine Hayward Auberge du Moulin-de-Vert-Cœur
(près de Chevreuse)
Maison de la rue du Docteur-Kurzenne
René-Marco Heriford (Appartement d’Auteuil)
AUTEUIL 15.28 (« le réseau »)
Rose-Marie Krawell

À certains moments de la journée, il en riait lui-même et dressait une liste de titres de romans qui traduisaient son état d’esprit :
 – Le Retour des fantômes
– Les Mystères de l’hôtel Chatham
– La Maison hantée de la rue du Docteur-Kurzenne
– Auteuil 15.28
– Les Rendez-vous de Saint-Lazare
– Le Bureau de Guy Vincent
– La Vie secrète de René-Marco Heriford

Dans l’agenda à la couverture de cuir vert, cet agenda dont on ne pouvait pas savoir l’année, la plupart des pages étaient blanches.

Dernière phrase :
Un avion glissait en silence dans le bleu du ciel et laissait derrière lui une traînée blanche, mais on ne savait pas s’il s’était perdu, s’il venait du passé ou bien s’il y retournait.

Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir

Agnès de Clairville - La Gacilly 2000-07-14 01

Agnès de Clairville - La Gacilly 2000-07-14 02 morriganes

Bernard Bouin

 Agnès de Clairville - Morriganes 1

 Agnès de Clairville - Morriganes 2

 Bernard Bouin - Sans titre

Berthe Morisot - Intérieur à l'île de Wight

Mathurin Méheut - A l'ombre des platanes

Sylvain Buffile - Galerie Visconti 1989-06-03

 Berthe Moriset - Intérieur à l'île de Wight

 Mathurin Méheut - A l'ombre des platanes

 Sylvain Buffile - Sans titre

Sylvain Buffile - Galerie Visconti 1994-06-03

X - la Dame aux hortensias - Rêverie

Yvon Labarre - Cérémone du souvenir 1986

 Sylvain Buffile - Sans titre

 X - La Dame aux hortensias

 Yvon Labarre - Cérémonie du souvenir

Xavier de Langlais

Christian Lebon - L'Irlande ou Les Musiques de l'âme (livre de Pierre Joanon)

Clairin - Pensées secrètes

 Xavier de Langlais - Visage pensif

 Christian Lebon - L'Irlande  ou les Musiques de l'âme (livre de Pierre Joanon)

 Clairin - pensées secrètes

Clergé - Le Clown (1991)

Renoir - Le Moulin de la galette (détail) 

Elise Rebiffé - La Gacilly 2000-07-14 01

 Clergé - Le Clown

 Renoir - Le Moulin de la Galette (détail)

 Elise Rebiffé - Les fées m'ont dit 1

Elise Rebiffé - La Gacilly 2000-07-14 03

Henri Matisse - Le Goûter (golfe de St-Tropez

Kretz - Autoportrait (1979)

 Elise Rebiffé - Les fées m'ont dit 2

 Henri Matisse - Le Goûter (Golfe de St-Tropez)

 Kretz - Autoportrait (1979)

Jean-Louis Guitard - Arbres (Galerie Visconti 1994 11 30)

Jean-Louis Guitard - Noir et blanc (Galerie Vekava 2000 04 20)

Jean-Louis Guitard - Oeuvres récentes (Galerie Visconti 1998 10 10)

 Jean-Louis Guitard - Arbres

Jean-Louis Guitard - Noir et blanc 

Jean-Louis Guitard - Sans titre 

 

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26 juillet 2021

En un mot comme en cent. 13 juillet 2021, Aujourd'hui prouve que le sol présente quelques failles

De fait, je suis retombé dans le gouffre insensé de l’homme qui se penche sur son passé, qui ouvre son livret de famille et raconte la jeunesse de si braves garçons devenus des hommes louches que l'on voit les dimanches d’août dans les quartiers perdus rêver de poupée blonde et de remise de peine mais c’est... peine perdue !

 Je relis pour la troisième fois de ma vie « Du plus loin de l’oubli » de Patrick Modiano !

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06 mars 2019

RECHERCHER MARILYN M.

Ils ont détruit l’hôtel de Verdun. Quelle idée aussi, au pays du Saint-Nectaire et des volcans éteints, d’évoquer ainsi les taxis de la Marne, l’ossuaire de Douaumont, les tranchées dans le lard d’une génération et la guerre préférée de Georges Brassens, celle de 14-18 ? J’y avais habité quelques temps à mon arrivée au Mont-Dore, au pied du Puy-de Sancy. Puis j’avais trouvé une pension de famille, moins chère, baptisée « Les Tilleuls ».

Que faisais-je à dix-huit ans dans cette station thermale réputée ? Eh bien, comme tout le monde, je m’y embêtais à cent sous de l’heure, sans idée de ce que serait mon avenir, de ce que je ferais plus tard, sans envisager le moins du monde qu’un jour je reviendrais, dans ce cœur de l’Auvergne, chercher le souvenir de Marilyn M.

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***

Elle était assise dans le hall de l’Hermitage, sur l’un des grands canapés du fond, et ne quittait pas des yeux la porte-tambour, comme si elle attendait quelqu’un. Quand je suis entré elle s’est levée, s’est approchée de moi. Elle faisait star de cinéma, gravure de mode comme le sont toutes les jeunes filles aujourd’hui mais cela ne m’impressionna pas.

- C’est vous qui êtes envoyé par l’agence Westminster ? Je suis Mademoiselle Modiano.

- Enchanté, Madame. Comme vous le voyez, nous ne sommes pas difficiles à identifier grâce à notre uniforme de groom jaune pétant et notre chapeau à la Spirou sur lequel le nom de l’agence est inscrit en lettres dorées. « C’est étudié pour » comme dit un comique local.


- Suivez-moi, nous allons monter dans ma chambre. Je vais vous présenter Trésor et Trésor.

AEV 1819-20 Domergue 1 76Nous prîmes l’ascenseur dans lequel le garçon, lui aussi sanglé dans l’uniforme de l’hôtel, me jeta un sale œil. Je n’étais pourtant pas venu lui piquer sa place à ce gros naze. Moi mon boulot consistait à promener dans la ville les clébards improbables de ces cocottes de la haute. Tant pis pour lui s’il devait se contenter de voir monter les poules de luxe sans les approcher plus.

Nous nous engouffrâmes dans le couloir. Une moquette à motifs orientaux étouffait le bruit de nos pas. Elle sortit sa clé et ouvrit la porte de la chambre 13.

A l’Hermitage elle disposait non seulement d’une chambre mais aussi d’un salon meublé de trois fauteuils à tissus imprimés, d’une table ronde en acajou et d’un divan. Un vieux type au crâne dégarni était assis à cette table. Il faisait du tri dans une montagne de correspondance et de dossiers divers. Un petit bichon tout blanc avec un nœud rose entre les oreilles était venu frétiller de la queue et respirer mes pompes quand nous étions entrés.

- Comment vous appelle-t-on, Monsieur de Westminster ?

- Vous pouvez m’appeler Patrick, Madame Modiano.

- Eh bien Patrick je vous présente Trésor et Trésor. Le Trésor plein de poils s’appelle Trésor et le trésor sans poils sur le caillou s’appelle Jean-Philippe Meinthe. C’est mon secrétaire.

- Enchanté ai-je répondu.

- Vous viendrez chercher Trésor et le promènerez le matin de 11 heures à 12 heures. Puis, c’est convenu ainsi avec votre agence, de 18 h à 19 h.

- C’est aussi ce que j’avais noté.

- Si vous n’y voyez pas d’inconvénient je vais vous accompagner pour la première promenade. C’est aussi inscrit dans le contrat.

La cliente est reine. Je n’ai pas tiqué. J’étais prêt à tout accepter de ces foldingues en villégiature. Je n’étais pas en mesure de réclamer quoi que ce soit dans ce boulot de larbin. C’était mon premier contrat de travail à temps partiel. De 9 h à 10 h je sortais le lévrier de madame Simenon qui résidait au Grand hôtel des Thermes. De 14 h à 15 h c’était le caniche noir de la princesse Troubetzkoï. Le reste du temps je bouquinais dans le parc s’il faisait beau ou dans ma chambre aux Tilleuls les jours d’intempérie.

***

Il suffirait que je retrouve l’un des programmes édités par le syndicat d’initiative, couverture blanche sur laquelle se détachaient en vert le casino et la silhouette d’une femme dessinée à la manière de Jean-Gabriel Domergue pour que, immédiatement, parce que c’était elle sur le croquis, je retrouve son parfum, son charme et sa désinvolture.

Etait-ce le prestige du ridicule uniforme jaune ? Etait-ce ma juvénilité empreinte d’une totale naïveté ? Fut-ce un caprice de star, une lubie du mannequinat, un besoin irrépressible dû à une nymphomanie chronique ? Toujours est-il que quelques jours plus tard j’ai quitté les Tilleuls pour habiter avec elle à l’Hermitage.

Le soir nous prenions sa Facel Vega, la Facellia, cette voiture qu’on a appelée ensuite « le piège de cristal »et nous nous rendions dans un café de La Bourboule qui s’appelait « L’Âne rouge ». C’est elle qui conduisait à l’aller avec Meinthe à la place du mort et moi à l’arrière. Au retour le secrétaire prenait le volant tandis qu’à l’arrière de la berline nos lèvres se touchaient et nos mains se baladaient.

Quand nous sommes entrés la première fois dans ce bistrot typiquement auvergnat Meinthe a regardé attentivement l’homme en imperméable qui rangeait les verres derrière le comptoir. Puis il lui a serré la main et il a plaisanté.

- Je suis désolé, Colombeau, mais j’ai embouti votre 403. Je vais vous envoyer la facture du garage. C’est à vous de la payer. Vous étiez stationné en zone bleue et votre disque était absent du apre-brise.

- Qu’est-ce que je vous sers, madame Modiano ?


- Tu peux l’appeler Marilyn, toi aussi, si tu veux. Et on dit mademoiselle aux actrice. Quelque chsoe de léger.


- Une Suze ?


- Un porto.


- Un Saint-Pourçain blanc ?


- Un porto, le plus clair possible, mon petit, répète Meinthe.

Je trouvais bizarre que ces gens de la haute, enfin, des superstructures de la haute société, viennent s’acoquiner tous les soirs avec des prolétaires du coin dans cette gargote typique du début des années soixante. Il y avait derrière le comptoir, outre les cartes postales des clients, des photos de Louison Bobet, Jean Stablinski, des trophées de courses cyclistes, une coupe hideuse que le patron ou quelqu’un de sa famille avait dû gagner dans les boucles des gorges d’Avèze ou lors d’une ascension du Puy-de-Dôme.

Cette coupe, où se trouve-t-elle maintenant ? Si l’hôtel de Verdun n’existe plus, le bistrot « L’Âne rouge » n’a pas dû survivre bien longtemps lui non plus. J’irai le vérifier demain à La Bourboule.

Le temps a enveloppé toutes ces choses d’une buée aux couleurs changeantes, tantôt vert pâle, tantôt bleu légèrement rosé.

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***

C’est arrivé un soir simplement. C’est son troisième porto clair. Meinthe et Colombeau jouent au 421.

Elle m’embrasse goulûment et je n’en peux plus d’être ici avec une érection incandescente qui ne s’éteindra… jamais.

De son sac elle sort une enveloppe volumineuse et me la remet sans un mot. Puis elle sort, seule, et on entend la Facel Vega qui démarre.

***

Ce fut à peu près à cette époque-là que Marilyn Monroe nous a quittés.

Et Marilyn Modiano aussi. Je ne l’ai jamais revue, je n’ai plus entendu parler d’elle. On aurait dit une sentinelle qui rapetissait, rapetissait. Un soldat de plomb.

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Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 5 mars 2019 d'après la consigne ci-dessous.