21 juillet 2022

DES ARBRES ET DES RACINES EN SARTHE

On a pu voir sur les photos que j’ai prises de Tascabillissimo comme le parc des Carmes à La Flèche offre un cadre propice aux concerts champêtres. "La Sarthe est un jardin extraordinaire" clamait-on dans le journal départemental à l’époque où nous avons habité la bonne ville de Sablé.

De fait, pas très loin de la forêt de Bellebranche, nous n’avons pas pris racine mais… nous avons fait souche !

Notre fils et notre fille ont posé loin derrière eux maintenant leurs années d’enfance où je les emmenais à la bibliothèque municipale, dans le parc du château, à l'hippodrome, au carnaval et où nous leur faisions découvrir les 24 heures du livre et les Cénomanies au Mans ou le festival des Affranchis à La Flèche.

Nous, depuis que les Tombées de la nuit rennaises sont devenues une catastrophe conceptuelle, nous avons pris l’option de retourner à celui-ci chaque année pour nous gaver pendant deux jours de théâtre de rue, de musique et de cirque, de soleil de juillet et de paysages de bords de Loir.

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Depuis quelques années nous ajoutons à ce plaisir celui de déjeuner à « L’Etoile du Maroc » en compagnie du bon docteur Zigmund et de sa belle Gabrielle dont je ne vous dis que ça parce que si je me lance dans l’évocation des passions que j’ai en commun avec cette dame, le début Bird 1.f4 et le double fianchetto dit « hippopotame » ou « méthode Ruiz », vous allez vous y perdre ou plutôt on va vous perdre en route.

Nous avons aussi rencontré là une année la charmante Miss Bongo(pinot) : c’est dire si la Sarthe est une terre de Défi (du samedi) !

Mais revenons à cette histoire d’arbres et de racines qui fait écho au billet de ce jour de Dame Adrienne.

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Il y avait cette année un nouveau lieu très arboré, le jardin de la Dauversière, où nous avons vu deux beaux spectacles. Celui d’Arsène Folazur (Dominique Gras), une merveille d’humour et de poésie, une fête du langage qui trouve sa source chez Sol, Pierre Repp, Raymond Devos et d’autres grands noms comme Rimbaud ou Jean-Roger Caussimon ; celui, de danse acrobatique aérienne, de la Compagnie Camille Judic, « Peau d’âme », plus difficile à photographier.

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 ***

Au fur et à mesure de nos retours à La Flèche, ces années de vie sabolienne prennent pour nous des allures d’incunable : cela fera vingt-cinq ans en septembre que nous en sommes partis.

Quand on y pense, c’est grâce aux arbres et à l’usage qu’en fait l’homme que j’ai pu mener la vie de château pendant douze ans là-bas. J’ai effectivement oeuvré, avec mes modestes moyens, à la sauvegarde du patrimoine imprimé de la nation au sein de la très vénérable Bibliothèque Nationale pas encore de France. C’est que voyez-vous, le papier utilisé à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, fabriqué à partir de pâte de bois, a une fâcheuse tendance à brûler, à jaunir, à partir en lambeaux.

D 93 22 34 Sablé feu d'artifice du 14 juillet

Et donc ce Centre de conservation du livre de la B.N. oeuvrait à la reproduction des documents fragiles sur microfiches et microfilms dans le lieu même où Charles Cros travailla à des recherches sur la photographie des couleurs, dans ce château du XVIIIe siècle qui appartint à Colbert de Torcy, à la Duchesse de Chevreuse et à son fils le duc de Chaulnes, puis à une famille d’industriels du Nord, les Williot, qui fabriquèrent là de la chicorée.

***

Me voilà donc avant-hier à raconter en une phrase ce phénomène chimique sous un autre billet d’Adrienne. Là-dessus je m’en vais chercher confirmation de mes dires sur le web et c’est là que je tombe sur… la fin de l’histoire ! Dans une série d’articles des « Nouvelles de Sablé » de 2021 j’apprends que le centre va fermer définitivement en 2027 ou 2028 et qu’il en sera de même pour celui de Bussy Saint-Georges que nous avions fui en 1997, préférant un exil au paradis rennais à un retour en région parisienne.

La BNF a lancé un appel d’offres – une vente aux enchères, plutôt ! - pour créer un centre nouveau pour le stockage des périodiques et la conservation-restauration de ses collections. Conditions demandées : fourniture de 15000 m² de terrain et plus, à moins de deux heures de train de Paris, participation financière forte de la collectivité territoriale répondant à un budget situé entre 70 et 90 millions d’euros. Cent emplois à la clé.

***

40 personnes à Sablé, 50 à Bussy vont donc se trouver face aux problèmes d’un déménagement forcé dans la bonne ville… d’Amiens qui a payé le plus pour décrocher le jackpot. Je sais, ça n’est rien par rapport à l’invasion d’un pays par un autre. Mais ça aurait pu nous arriver !

***

C’est quoi le paradoxe – forcément provocateur ou sado-masochiste - dans l’histoire ? Pendant que l’on s’agite et qu’on dépense un pognon de dingue - comme dit souvent un célèbre natif d’Amiens - pour conserver des vieux papiers – les forêts brûlent partout dans le monde ! Et nos blogs philosophico-humoristiques, si essentiels à la bonne santé mentale de leurs lecteurs·trices, ne relèvent toujours pas du dépôt légal ! ;-)

Allez, soyons positifs : nous avons bien rigolé là-bas et et c’est le pays natal de Joe Krapov, alors vive l’hiver, vivent les arbres… et vivent les racines ! 

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19 juillet 2022

Tascabilissimo ! au Festival des Affranchis à la Flèche le 9 juillet 2022

J'avais prédit à Marina B. qu'on aurait peut-être un "petit" festival des Affranchis car le coup d'oeil jeté vite fait avant de partir sur la programmation laissait entrevoir de nombreux numéros de cirque. Nous qui sommes plutôt férus de théâtre et de musique, nous en avons eu finalement pour notre compte avec trois coups de coeur : Arsène Folazur, "Poucet" des Royales marionnettes de Belgique, et sur le plan musical, Tascabilissimo !, un duo composé de Violette Delarozière et Marta dell'Anno (est-elle parente avcec Pe(r)dro dell'Anne ?).

Ces deux dames ont un talent fou, une pêche du tonnerre, elles sont belles à damner, elles jouent à merveille de l'accordéon et de l'alto et font guincher le public lors de leur concert à danser, en fait un généreux bal folk où ne manquent pas pour autant des moments de beauté et de tendresse. Voyez la dernière photo du second billet où elles viennent claquer des doigts devant le ventre d'une future maman pour rythmer...une chanson d'évasion !

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Tascabilissimo ! au Festival des Affranchis à la Flèche le 10 juillet 2022

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 Je sais bien que le temps caniculaire n'incite pas à se trémousser le popotin
mais le fait est-là : la tarentelle est super belle et dansante chez Tascabilissimo  ! 







On peut écouter un album entier de ces dames sur Deezer.

Elles y ont aussi une discographie intéressante sous leur nom :

Victoria Delarozière

Marta Dell'Anno

Merci et bravo à ces enchanteuses d'été !

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29 septembre 2020

Cinq aquarelles sarthoises retrouvées

Elles sont datées du 21 et du 22 août 1995. Il y en a quatre qui sont faites d'après des diapositives prises au festival des Affranchis dont un portrait de Madame Raymonde (Denis d'Arcangelo). Une autre, celle des barques, est peut-être issue d'une balade à Morannes-sur-Sarthe ? Je l'ai un peu retouchée dans Photoshop, les noirs manquant de profondeur.

 

Comédien aux Affranchis à La Flèche (réduit)

Jongleur aux Affranchis à La Flèche (réduit)

Les Eurocrates aux Affranchis à la Flèche (réduite)

Madame Raymonde aux Affranchis à la Flèche (réduite)

 

Barques à Morannes (réduite)

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14 août 2020

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 55, Rétrograde

Le commissaire Maigrelet était en train de cuisinier un suspect nommé Hafez el Salad. C’est peu de dire qu’il en racontait, des salades, pour se défendre et de fait c’était un drôle de propriétaire de parc zoologique : il tenait aussi mal, ce zozo, sa boutique que sa comptabilité. Ca faisait un sacré bout de temps déjà que Maigrelet lui appliquait la chansonnette et il s’apprêtait à faire monter du raki et des fallafels de la brasserie voisine quand un greffier vint perturber l’interrogatoire.

- Commissaire ! Il y a une urgence rue des Rosiers d’Ispahan ! Un crime sanglant et pas commun !

- J’arrive !

Il attacha son porte-sabre à sa ceinture, se coiffa de son fez et passa le relais à l’inspecteur Harriri al Sattouf.

- J’étais rendu à ses histoires d’évasion fiscale et aux certificats de provenance de ses chauves-souris. Creuse un peu encore et il ne va pas tarder à lâcher le morceau.

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***

Rue des Rosiers d’Ispahan une foule de bédouins béaient d’admiration devant le phénomène.

- Elle est sortie de terre il y a cinq minutes, commissaire ! Incroyable ! Elle est superbe, vous ne trouvez pas ? Je n’ai jamais vu une rose aussi belle !

- C’est une Brocéliande ! commenta simplement Maigrelet. Ma femme essaie d’en faire pousser sur la terrasse mais elle ne dépasse jamais le stade des boutons chez nous. Elle ne s’acclimate pas chez nous, d’habitude. Mais on n’est pas là pour parler botanique, ce me semble, Inspecteur Fut-Fut al Torrid ! Avez-vous seulement remarqué qu’elle a poussé dans un ruisseau de sang ? Etes-vous remonté à la source ?

- On vous attendait avant d’aller voir, patron !

Ecartant d’un moulinet de sabre les badauds un peu trop envahissants, ils se mirent à remonter la piste. Cent mètres plus loin, sur le Pré-où-l’on-tire-les-choses-au-clerc ils notèrent la présence d’un agonisant ventru doté de quatre pattes et d’écailles. C’était un gros monstre verdâtre et spongieux qui se traînait sanglant sur le bord de la route.

- Commissaire Maigrelet ! Je vous attendais ! Je vais rendre mon dernier soupir. Vous arriviez cinq minutes plus tard et je ne pouvais plus vous livrer le nom du coupable. Vous allez lui faire couper la tête au moins ? Ou le faire empaler ?

- Désolé, mon vieux, mais c’est moi qui pose les questions ici et j’essaie de comprendre avant de juger. Il fait terriblement soif. Qu’est-ce que vous avez dans votre gourde qui ne servira plus ? Du raki ? De l’ouzo ?

- C’est de l’allume-barbecue liquide. Je ne crache jamais sur un petit méchoui l’été alors j’emmène mon carburant avec moi. Je suis un grand amateur de côtelettes d’agneau mais je souffre parfois d’extinction de voix. Alors j’emmène des munitions pour revigorer mon lance-flammes.

- Bon, ne me racontez pas votre vie. Nom et prénom de la victime ?

- De l’assassin, plutôt, non ? Dépêchez-vous Maigrelet, je sens que je vais verser une larme à gauche.

- Comme vous voudrez. De toute façon je vous connais, vous êtes Elliott el Dragon el Nénesse, vous êtes fiché au sommier, je vous ai reconnu tout de suite.

- Bravo, commissaire ! Pourtant beaucoup de temps a passé, beaucoup de sang a coulé depuis l’épisode du loup et de l’agneau. Je me souviens qu’à l’époque vous aviez encore un melon… miniature accroché à votre chéchia. Vous étiez plus mince aussi !

- Bon alors, cet assassin ?

- A vrai dire, je ne connais pas son nom. C’est un étranger avec une tunique blanche et une croix rouge sur le poitrail. Un Géorgien, peut-être ? Un mercenaire en tout cas, pas un gars du coin. Peau blanche, barbe bien taillée, blondinet. Ou s’il est de chez nous, il est du genre arabe du futur !

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- Et quelles sont les raisons de ce règlement de compte ?

- Je ne les ai pas bien comprises. Idéologiques, peut-être ? Moi j’étais tranquillement attablé au restaurant quand ce type m’est tombé sur le râble sans prévenir. Sa façon d’entamer la conversation et mes écailles à coup de tranchoir était un peu abrupte alors je me suis défendu avec mes arguments spécifiques contre cet antispéciste non pacifique à l’arraisonnement quelque peu spécieux. Je crois que je me suis bien défendu mais à la fin il m’a eu.

- Par où est-il parti, son forfait une fois accompli ?

- Je crois qu’il est retourné vers le palais du seigneur Royco Fumal Minut‘Soup’ d’où il me semblait venir.

- C’est bon, ça suffira pour aujourd’hui. Vous pouvez décéder en paix.

- Merci commissaire ! Bonne continuation à vous dans cette vallée de larmes ! Aaaaaaaaaargh !

Le dragon avait poussé son dernier soupir et le commissaire son pion à dame.

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***

Un peu plus tard il poussait également le portail de la propriété de Royco Fumal Minut’Soup‘, tirait la chevillette et se faisait introduire la bobinette dans la salle à manger du sire. Celui-ci s’apprêtait à se mettre à table en compagnie de sa femme et de sa fille.

- Commissaire Maigrelet ! Si je m’attendais ! Ou plutôt si je ne vous attendais pas ! Qu’est-ce qui me vaut votre visite ? Vous prendrez bien un petit apéritif ?

- Volontiers !

- Tenez, commissaire vous allez me goûter ce Porto que j’ai ramené de mes vacances dans le Nord ! Vous allez m’en dire des nouvelles !

- Toi aussi, Royco, tu vas m’en apprendre ! Tu aimes toujours bien les étrangers à ce que je vois ?

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- Les voyages forment la jeunesse et déforment le dos des dromadaires, c’est vrai, commissaire ! Comme on dit chez nous un porc ex-porc un jour, import-export toujours !

- Et quand la saison bat son plein, tu ne rechignes pas à engager des extras de là-bas dans tes abattoirs, c’est ça ?

- Je ne vois vraiment pas ce à quoi vous faites allusion.

- Moi si ! Ce à quoi j’alluvionne a laissé des traces de boue du Pré-aux-clercs derrière lui. Elles mènent tout droit à cette tenture d’où dépassent les pointes de deux poulaines ensanglantées !

Maigrelet contourna la table sur laquelle, de surcroît, quatre couverts étaient disposés. Il tira le rideau, découvrant un chevalier tout tâché de sang sur les bords et un poil cramé au milieu.

- Vous êtes grillé, mon vieux !

L’autre ne se démonta pas et se mit à la jouer grand seigneur ou plutôt grand saigneur.

- Enchanté, commissaire Maigrelet ! J’ai beaucoup entendu parler de vous ! Je me présente : Gontran-Amédée de Saint-Georges, exécuteur de basses œuvres freelance. Mais mes objectifs sont généralement plus élevés qu’il n’y paraît de prime abord.

- Je ne demande qu’à vous croire, sire Gontran ! Si votre ami Fumal Royco a la bonté de faire ajouter une assiette je crois que je vais en apprendre de belles pendant ce repas d’affaires si vous voulez bien vous mettre à table.

- Shéhérazade, ma fille, demanda Fumal, va donc ordonner aux domestiques…

- Pas la peine, Papa ! Je préfère jeûner que déjeuner en compagnie de ce blanc-bec à burn-out mol ! Monsieur de Saint-Georges est peut-être un militaire valeureux mais dès qu’il est question de repos du guerrier Monsieur a du sang de navet dans les veines. Il se fait porter pâle pour la bagatelle ! Si ma danse des sept voiles ne lui plaît pas, il n’a qu’à le prendre et se faire nonne dans un de ses couvents. Il y sera très bien entouré par ses pareilles.

- Ma fille, tu ne peux pas parler ainsi de notre hôte devant un commissaire de police !

- Bien sûr que si ! Figurez-vous, Monsieur le commissaire, que je n’étais même pas l’enjeu de ce combat ! Nous autres femmes nous ne comptons pour rien dans la religion de Monsieur ! Nous qui sommes à l’origine du monde nous n’avons qu’à courbet l’échine et à subir une société patriarcale archaïque dans son modèle de sociétét !

- Oui, j’ai entendu parler de cela, appuya Maigrelet. Il paraît qu’on vous demande juste de fermer les yeux et de penser à l’Angleterre. Mais la religion, chez nous, n’est pas non plus très… comment dit-on, déjà ? Féministe ?

- Je me demande même si le chevalier n’est pas, carrément, un inverti !

- Qu’en pense le chevalier, demanda Maigrelet en se tournant vers le combattant.

- Ce n’était pas dans le contrat, commissaire. Même pas dans les petites lignes ! La vie n’est ni un fleuve tranquille, ni un conte de fées. Celui qui délivre la princesse n’est pas forcément un prince charmant rêvant de bâtir famille. Etre heureux, vivre longtemps et avoir beaucoup d’enfants, ça vous intéresserait, vous ?

- Moi oui, parce que Mme Maigrelet est la reine du fricandeau à l’oseille, mais par malheur elle n’a pas pu me donner de descendance. C’était quoi ce contrat ?

- Les boucheries Fumal, commissaire ? Vous connaissez ? Un monopole exclusif de distribution de bidoche dans tout le pays ! Un empire de la viande menacé de s’écrouler avec l’arrivée de ce racketteur à écailles !

- Pourquoi n’avez-vous pas porté plainte ?

- Contre un animal ? On n’est pas au Moyen-âge encore ! On ne fait pas de procès aux animaux dans ce pays ! Vos policiers n’arrêtent que des criminels à deux pattes ! Sont-ils seulement équipés, vos poulets, pour résister au lance-flammes de l’abominable Elliott el Dragon el Nénesse ? En un rien de temps il les eût embrochés et n’en eût fait qu’une bouchée. Vous devriez reprendre de cet excellent crumble de fenouil et laisser tomber votre enquête, Maigrelet. On a juste égorgé un bestiau par ici. Tant qu’on ne fait pas ça dans une baignoire, ça n’est même pas puni par la loi.

- C’est un fait. Mais je n’ai jamais dit que j’allais arrêter quelqu’un. Je me renseigne, c’est tout. Je n’ai plus qu’une seule question. Comment avez-vous payé votre mercenaire ? Vous savez qu’il est interdit, par contre, d’importer une religion étrangère sur notre territoire ?

- Je sais commissaire, intervint de Saint-Georges. Par contre la religion qui est répandue par ici interdit bien de manger du porc ?

- C’est un fait. Et du pangolin également.

- Et la loi n’interdit pas de manger tout ce qu’on veut… sauf des animaux ?

- Non plus. L’herbe il ne faut pas la fumer mais on peut la brouter si on veut. Même manger les pissenlits par la racine, ça arrive à des gens très bien.

- Mettre du beurre dans ses épinards, amasser des radis en vendant des navets, faire du blé en proposant du pain sans gluten, c’est permis ?

- Je crois.

- Alors réjouissez-vous, commissaire ! Monsieur de Saint-Georges et moi-même nous sommes désormais associés pour lancer une chaîne de magasins végétariens. Rien d’illégal, là-dessous ?

- Pas que je sache, messieurs.

- Et la soupe déshydratée en sachets, on peut aussi ?

- Je crois bien, monsieur Royco !

- Alors passons au salon, Messieurs. Tout est bien qui finit bien. Les loukoums et le thé à la menthe nous y attendent.

***

Quand Maigrelet ressortit du palais il retourna sur la scène de crime et il emporta la rose Brocéliande. Il l’offrit le soir en rentrant à Madame Maigrelet.

- C’est pour me faire pardonner toutes les fois où tu m’attends à la maison avec du fricandeau à l’oseille et que je te fais prévenir que je ne rentre pas !

- Elle est magnifique ! C’est très gentil à toi. Justement aujourd’hui je t’ai fait du fricandeau à l’oseille…

- Miam ! Miam !

- … sans fricandeau. C’est une nouvelle recette que m’a donnée une voisine. Il faut éviter de manger de la viande, on en mange trop, ça fait grossir et les graisses animales sont mauvaises pour nos artères. D’ailleurs ça ne te fera pas de mal de maigrir un peu. Je te trouve un peu trop grassouillet, Maigrelet, ces derniers temps ! Tu manques d’exercice.
Tu devrais retourner chasser le sanglier.

***

Le lendemain le commissaire a fait incarcérer Hafez el Salad, le prévenu du début de l’histoire, au motif d’avoir laissé divaguer un de ses animaux sur la voie publique. Le dragon Elliott el Nénesse venait de sa ménagerie.

Contre les régimes drastiques, on se venge comme on peut !

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23 juillet 2019

Petits pas de côté aux Affranchis : la Flèche le 6 juillet 2019 (1)

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J'ai toujours préféré aux voisins les voisines...

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... fussent-elles mères de familles...

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... d'enfants accros au téléphone...
mais à part les gens qui passent ici, qui ne l'est pas, de nos jours ?

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Dans la cité de Brodard et Taupin, ça la fiche mal, non ?

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Retrouvailles avec notre ami le Loir
pour un nouveau thé des fous !

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Petits pas de côté aux Affranchis : la Flèche le 6 juillet 2019 (3)

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Traditionnelles photos de La Flèche by night lors du retour au camping !

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Petits pas de côté aux Affranchis : la Flèche le 7 juillet 2019 (1)

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Le bonheur sur terre, ce n'est pas compliqué. C'est un grand crème avec un croissant et un pain au chocolat en terrasse du café l'Entr'acte.
Ca n'arrive qu'une fois par an et en plus cette année, c'était un deuxième petit-déj !

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J'ai toujours préféré aux voisins les voisines.

Prêt.e.s pour "Fenêtre sur cour" en 3 mintes 44 ?

 

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Dimanche 11 heures en plain cagnard !
Trouver fraîcheur est tout un art !

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21 juillet 2019

Germaine et Germaine aux Affranchis à la Flèche le 6 juillet 2019 (1)

Finalement, c'est ce spectacle, "Germaine et Germaine", de la compagnie "Quand les moules auront des dents", qui restera le meilleur, le plus drôle et le plus émouvant des spectacles que nous aurons vus à ce festival des Affranchis en 2019. Il s'agit d'un duo clownesque pour deux mamies et un banc. On est très proches des Deschiens de la grande époque ou de Carmen Cru. On pourrait dire que ce n'est pas gentil de se moquer des vieilles dames mais le duo de comédiennes est beaucoup mieux que clownesque ou satirique. Il y a beaucoup d'humanité dans cette représentation du quotidien de deux vieilles dames qui se retrouvent sur un banc public.


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