20 février 2019

Collages de Jean-Emile Rabatjoie du 20 février 2019 (2)

2019 02 20 Les salades à Houellebecq

Les salades à Houellebecq.

2019 02 20 Pablo Scratch Servigne

Pablo "Scratch" Servigne

2019 02 20 Portrait en pied d'Anne de Bretagne

Portrait en pied d'Anne de Bretagne

Posté par Joe Krapov à 20:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Collages de Jean-Emile Rabatjoie du 20 février 2019 (3)

2019 02 20 Sara Giraudeau fait son cirque

Sara Giraudeau fait son cirque.

2019 02 20 Une salade chez Jacques Borel

Une salade chez Jacques Borel

Posté par Joe Krapov à 20:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Collages de Jean-Emile Rabatjoie du 20 février 2019 (4)

2019 02 20 Yoga façon Télérama
Yoga façon Télérama

20190220 Il était six fois dans l'Ouest

Il était six fois dans l'Ouest

Posté par Joe Krapov à 20:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 février 2019

OÙ EST LA NOBLESSE ? OÙ EST LA ROTURE ?

Le docteur de Morgnies ouvre la porte de la salle d’attente avec brutalité.

Comme on est le 16 septembre 1880, il ne peut pas gueuler, faisant référence à Jacques Brel, tel un sous-off dans un bordel de campagne : « Au suivant !» mais on entend presque ces mots dans la vivacité de son geste. Il a la moustache en bataille, la corpulence d’un escrimeur et la carapace de l’homme prêt à tout voir et tout entendre de la vie sans moufter plus que ça. Une espèce d’aristocrate, le médecin, chez qui tout le monde peut entrer et déballer des horreurs, qu’il soit noble ou roturier.

Aujourd’hui, en ce début d’après-midi, ils sont deux, bien amochés, à faire passer en urgence. Les patients ne sont plus impatients quand quelqu’un poireaute parmi eux avec un œil sanguinolent. Le premier arbore donc deux magnifiques cocards dont l’un bien saignant et l’autre bonhomme a le bras en écharpe, enveloppé dans ce qui ressemble à une serviette de restaurant. L’aveugle et le paralytique mais dans la version bons bourgeois de Paris bien aisés. Cela le docteur de Morgnies l’a déduit de ce que les deux gars ont l’élégance parisienne des dandys et de ce que la serviette est marquée Bignon. Bignon ! Pour un type qui a deux cocards, c’est cocasse !

- Qu’est-ce qui vous amène, Messieurs ? Par lequel de vous deux je commence ?

DDS 545 Aurélien Scholl

- Monsieur, permettez d’abord que je me présente. Je suis Aurélien Scholl, journaliste à «L’Evénement». Nous étions en train de déjeuner tout à l’heure chez Bignon et nous allions sortir quand un jeune gommeux excité s’est mis en travers de mon chemin.

- Il a demandé à mon ami s’il était bien Aurélien Scholl.


- « C’est bien moi, monsieur » ai-je répondu. En quoi puis-je vous être utile ?


- « En rien, espèce de petit roturier ordurier ! Prends ça de la part du comte de Dion !» a-t-il dit et il a balancé à Aurélien une gifle et deux pêches dans la poire.


- Sans même se soucier de ce que je portais un monocle de chez Tati ! J’eusse pu perdre un œil dans l’histoire. Et c’est pour cela que je viens consulter l’homme de l’art que vous êtes. Y aura-t-il des séquelles à cette violence ? Le saignement s’est arrêté mais pour l’instant, je vous l’avoue, je vois tout flou comme si je m’étais fait flasher à l’issue d’un bal. C’est au point que j’ai eu besoin du soutien de mon ami Turgan pour venir jusqu’à vous.


- Et puis il y a aussi cette histoire de carafe. Tu es quand même tombé dans les pommes quand il te l’a lancée et que tu l’as reçue en pleine poitrine.


- Certes, mais je l’avais traité de manant, de charretier et de crocheteur.


- Tu étais quand même en droit de le faire après t’être ainsi faitboxer, non ?


- Laissez-moi examiner cela, dit le docteur. Mouais. Pas fameux, fameux, les yeux, surtout le droit. Déshabillez-vous que je voie le torse.


- Attends, Aurèle, je vais t’aider.


- Non, laissez, dit le docteur, je vais m’y coller. Avec votre bras en écharpe ce ne serait pas pratique.

Le docteur examine le thorax où il y a un énorme hématome. Il tâte les côtes du journaliste et demande, intrigué :

- Dites voir ? C’est normal que vous ayez toutes les côtes fendues ?

- C’est que j’aime beaucoup rire et me moquer, Docteur ! Mais je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit. Ca reste toujours de bon aloi.


- Je sais, je sais. Bon rhabillez-vous. A part l’honneur du comte de Dion, il n’y a rien de cassé.


- Mais je ne lui ai rien fait à ce garçon ! Je ne le connaissais même pas avant cette séance de pugilat!


- Vous avez sûrement dû écrire quelque chose le concernant. Mais ce n’est pas mon affaire. Je vais vous prescrire une ITT


- Qu’est-ce que c’est ? Ca fait mal ?


- C’est juste une interruption temporaire de travail. Vous n’allez récupérer la vue que dans dix-neuf jours et il vous faudra attendre encore onze jours avant que vous ne puissiez retourner au théâtre et rédiger vos comptes-rendus ironiques.


- Vous me connaissez donc, Docteur ?


- Oui je m’intéresse un peu à ce que vous écrivez.


- Et pour les yeux vous me donnez quoi ?


- Deux escalopes le matin et deux escalopes le soir, à apposer sur les orbites.


- Mais ça va me coûter horriblement cher ce régime carné ! Vous n’avez pas de médicaments, plutôt ?


- Je suis contre les prescriptions de produits chimiques ! Je fais de l’homéopathie. Contre la boucherie, j’utilise la boucherie. Si vous avez des problèmes financiers, attaquez le comte en justice et comptabilisez votre facture de bidoche dans les dommages et intérêts que vous lui réclamerez. A vous maintenant monsieur Turgan. Déballez voir un peu ce que vous avez dans votre serviette.


- Oh moi c’est juste une estafilade !


- Avec quoi vous êtes-vous fait cela ?


- Mon ami Aurélien a voulu se défendre contre le comte. Il a sorti son stylet.


- Un stylet ? Les journalistes écrivent avec un stylet maintenant ? C’est fini le stylo ?


- Je devais partir ce soir pour Bruxelles, précise Aurélien Scholl. Bien que la Belgique soit un pays d’honnêtes gens j’avais emporté à tout hasard mon parapluie de voyageur dont le manche renferme un stylet.


- Vous avez raison, il y a là-bas de vilains bonshommes qui tirent à vue sur les littérateurs français !


- Et comme il n’y voyait plus rien, c’est moi qu’il a blessé.


- Ce que je ne vois vraiment pas c’est pourquoi le comte s’en est pris à moi.


- Cherchez la femme, Monsieur Scholl ! Quel livre avez-vous publié récemment ?


- « Fleurs d’adultère ». Pourquoi ?


- Cherchez de ce côté-là. Je suis sûr que l’explication est là. Voici vos ordonnances, Messieurs. Lequel de vous deux règle l’addition ?


- C’est moi !


- Non c’est moi !


- Je vous en prie, je vous suis redevable de…

***

Après avoir raccompagné les deux hommes jusqu’à la porte et avant de faire entrer le client suivant le docteur de Morgnies jette un œil au portrait d’Isaure Chassériau qui trône dans son vestibule.

- Eh bien dis-donc, Isaure ! Le journaliste-bashing commence de bonne heure, cette année !

2019 02 08 Isaure flashball

 

Ecrit pour le  Défi du samedi n° 545  à partir de  cette consigne : roture.

22 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 2, Alphonse Allais (2)

 2, 2. Alphonse Allais inventeur

Alphonse Allais débordait d'idées que sa modestie naturelle lui dictait d'attribuer au Captain Cap.

Dans un colloque de l'Université de Saint-Etienne, « Figures du loufoque à la fin du XXe siècle », Antoine Court décrit la relation entre les deux personnages :

 captain cap 1018-0141-1963

 Captain Cap (seule et unique photo d'Albert Caperon)

 

"Cap est un personnage bien réel, Albert Caperon (1868-1898), fils à papa, rentier, bon à rien, grand buveur et raconteur d'histoires, habitué du Chat noir et inséparable d'Allais qui le promeut Captain.

Par le truchement d'Allais ce sédentaire abruti devenait le héros de folles aventures. Il endossait leur paternité avec une fausse modestie et un secret orgueil. A tel point qu'Allais dit un jour : « J'en suis arrivé à ne plus savoir si c'est moi qui me paie sa tête ou si c'est lui qui s'offre la mienne ! »

 

Cap est constamment valorisé comme personnage hors du commun : parodie de héros plus ou moins exotique, bon bourgeois, bon patriote, bien inséré dans la société, il la critique mais s'en accommode tant qu'il y a des breuvages forts et des filles faciles !"

 Alphonse par Vomorin

 

 

 81025018_o

Mais comme tout grand visionnaire, Alphonse Allais demeura incompris de son époque et ses idées demeurèrent lettres mortes.

De sa multitude de concepts, on peut ressortir : 

- le recyclage des vieux confetti 

- le championnat du millimètre à vélocipède : record mondial actuellement détenu par le Captain Cap en 1/17.000e de seconde ;

 - le cache-poussière pour sous-marin ;

 - les obus chargés de poil à gratter;

 - la récupération des énergies perdues, tel le mouvement oscillatoire du bras gauche chez les troupes en marche

- l'institut de formation des souffleurs pour spectacle de pantomime 

Alphonse Allais en plus de procédés révolutionnaires proposa des inventions simples pour faciliter la vie quotidienne de ses contemporains. Ainsi peut-on citer : 

- les chaussures ventilées (concept repris par Geox) 

- la casserole carrée pour empêcher le lait de tourner 

- les balayeuses municipales à papier buvard pour assécher les rues après la pluie

 

 

 

 

Geox-femme

 

 aquarium en verre dépoli pour poisson timide

 

- l'aquarium en verre dépoli pour poisson rouge timide.

Dans une de ses chroniques consacrée à la très nécessaire réforme de l'orthographe, Alphons Allais écrit ceci : 

"C'est que moi, je ne me contente pas de transformer "Hérault" en "éro", j'écris froidement "RO". Non moins froidement j'écris "NRJ" pour "énergie" et "RIT" pour "hériter". Je me garde bien de mettre "Hélène a eu des bébés". Combien plus court est, grâce mon procédé : "LN A U D BB" 

Kiksé ka inventé le langaj SMS, hein ? Ben Alphonse, pardi !

 

 SMS

 L'agonie du papier

Dans une autre chronique intitulée « l'agonie du papier » se désolant déjà de « l’imminente disparition des arbres, causée par la de plus en plus folle consommation de papier imprimé » il lance une subscription afin de fabriquer un journal sans papier ! 

« Ce journal quotidien portera ce nom significatif : La Pellicule. Les abonnés recevront en même temps que le premier numéro, un petit appareil ressemblant fort à une lanterne magique, mais infiniment plus simple. 

 

La Pellicule, parviendra en effet chaque matin à nos abonnés sous forme d’une légère carte transparente, pas plus énorme qu’une carte à jouer. Cette carte, insérée dans la rainure ad hoc, un bouton qu’on pousse, et sur la toile en face vient se projeter la plus clairement lisible de nos gazettes françaises et même étrangères.  

Le miracle s’est simplement accompli par microphotographie des huit ou douze pages d’un immense journal sur la mignonne et sus-indiquée pellicule ». 

 L'agonie du papier 2

 liseuse-Image-960x576

 

C’est là la préfiguration de la microfiche et par la suite de la liseuse, des e-books ou de l’édition numérique des journaux et des périodiques !

Enfin, et ceci n’est pas une farce, Alphonse Allais est bel et bien l’inventeur du café lyophilisé.  

Le brevet fut déposé le 7 mars 1881, sous le numéro 141 530, au ministère de l'Agriculture, bien avant que Nestlé, grâce à son chimiste alimentaire Max Morgenthaler, ne le reprenne en 1935 et lance le Nescafé.

Allais en Georges Clooney

 

 Brevet d'invention café


15 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 4, Gaston de Pawlowski (3)

Elégantes au bois avec kangourou réticuleVoici une nouvelle mode venue d'Australie. Elle fait fureur en ce moment à New-York, et il faut s'attendre à la voir adoptée bientôt par nos élégantes Parisiennes. Il s'agit du kangourou réticule, qui remplacera désormais, le matin au Bois, ou dans les courses à travers la ville, le petit chien d'autrefois passé de mode. Celui-ci n'offre pas, en effet, le caractère pratique indispensable aujourd'hui et qui fait le succès du kangourou.

Elégantes au bois 2 avec kangrou réticule

On sait qu'avec les modes actuelles qui interdisent l'usage des poches, les femmes sont obligées de porter dans un petit sac tous les objets inutiles qui leur sont indispensables ; grâce au kangourou, ce sac encombrant devient superflu, l'heureuse propriétaire de cet animal familier n'ayant qu'à mettre ou à prendre dans la poche naturelle de l'animal, les objets dont elle a besoin. Pour que ces objets ne tombent pas en route, étant donné la marche saccadée du kangourou, la poche abdominale est munie d'un simple bouton à pression que l'on a soin de faire poser au préalable, l'opération ne présentant pas plus de difficultés qu'un simple percement d'oreille. Ajoutons que ce bouton à pression peut être enrichi d'un diamant ou d'un rubis et que la poche naturelle du kangourou peut être garnie intérieurement de soie ou de batiste.

 

Posté par Joe Krapov à 10:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

01 janvier 2019

Les collages de Jean-Emile Rabatjoie du 1er janvier 2019

2019 01 01 Alain Cavalier (Après cela on n'a plus qu'hamster)

Après cela on n'a plus qu'hamster !

2019 01 01 Mickael Jackson (On l'appelle La Marmite)

On l'appelle La Marmite

2019 01 01 Edgar Poe (Ballet devant ta porte, Edgar)

Ballet devant ta porte, Edgar !

2019 01 01 Jacques Brel et le chameau de bourgeois

Chameau cherche bourgeois

181209 265 003

Jean-Emile Rabatjoie, Isaure Chassériau, Edgar de Lyon-Jachète (ci-dessus),
Saint-Georges et ses dragons, Mon amant.e de Villejean,
Marina Bourgeoizovna et Joe Krapov
vous souhaitent

une bonne et heureuse année 2019 !

Posté par Joe Krapov à 12:07 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :

21 novembre 2018

POUR CONFORTER L'ONCLE WALRUS

J’ai vu le teaser de la saison 24 de « A la recherche du temps perdu » ! J’ai trouvé ça écotoxique ! 

Difficile de trier le bon grain de l’ivraie dans ce soap-opéra ! La multiplication des personnages qui s’apostrophent, se mettent la pression, s’écharpent ou au contraire se boujoutent, se poutounent, se doucinent ou carrément se catleyent entre deux bouffées de vapoteuse, toutes les taches aperçues sur le buvard des scénaristes nous laissent renifler qu’on ne verra pas encore le bout de l’histoire au terme de ces épisodes-là ! Ils se sont gardé l’option d’une saison 25 ! Ca doit leur rapporter, quelque part, à ces travailleurs détachés  en voie de boboïsation ! Enfin, c’est l’opinion que je me forge.

2018 11 21 Madeleine Proust

Mais s’ils croient que cette version en mapping video projetée sur la façade de l’église de la Sainte-Madeleine sera césarisée, voire oscarisée, ils se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate ! On ne pouvait déjà pas se sentir bien dans son assiette après avoir ingurgité le teppanyaki de biscottes trempées dans le thé du frotteur prétentieux qui a pondu le pitch, alors cette déclinaison tire-à-la-ligne, alambiquée et quasi soaporifique, quand elle sera diffusée, moi je lui dirai niet ! Même pas en replay ! 

Et pour longtemps ! D’ailleurs, moi, dès ce soir, je me couche de bonne heure !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean d'après la consigne
des Impromptus littéraires du 19 11 2018
et d'après celle de Treize à la douzaine de novembre 2018

23 octobre 2018

Les collages de Jean-Emile Rabatjoie du 18 octobre 2018 (5)

La mamma chinoise (réduit)

La Mamma chinoise

Lady Oscar (réduit)

Lady Oscar

Posté par Joe Krapov à 10:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Les collages de Jean-Emile Rabatjoie du 18 octobre 2018 (6)

Maurice Neptune et Claudette Amphitrite (réduit)
Maurice Neptune et Claudette Amphitrite

Nicolas Hublot (réduit)

Nicolas Hublot

Posté par Joe Krapov à 10:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :