21 octobre 2020

Des nouvelles d'Isaure Chassériau reçues le 20 octobre 2020!

Il paraît qu'elle est dans une forme éblouissante !

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Elle aime toujours faire la bombe dans les rues de sa ville.

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Ses aventures livresques n'ont toujours pas paru en librairie
alors que les bêtises de Marcel Proust, Adèle Van Reeta-Kouchovski et Raphaël Enthoven, si !

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C'est elle qui va interpréter le rôle de Saint-Georges dans l'adaptation cinématographique
de "99 dragons : exercices de style".

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Il n'est toujours pas prévu, au Musée des Beaux-Arts comme au FRAC de Rennes,
d'exposition consacrée aux avanies que Jean-Emile Rabatjoie lui fait subir sur Internet.
Il ne manquerait plus que ça, du reste !

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Elle trouve que Banksy, ça déchire trop !

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Gif animé et détournements fabriqués chez Photofunia

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09 mai 2020

35 ANS D’ÉCRITURE !

Mon petit-cousin Guy L. me demande de lui parler de mon activité d’écriture ! Il est fou, lui ! Il ne sait pas qu’il ne faut pas donner le micro à Fabrice Lucchini, qu’on va avoir droit à son show inarrêtable et qu’on ne pourra jamais rendre l’antenne aux studios de Cognacq-Jay ? Demander à un graphomane de raconter sa vie, ou plutôt son absence de vie, son artisanat monastique, son vautrage complaisant dans l’inutile des mots ? Autant interroger l’Amélie-Mélo Nothomb pour savoir si elle ne travaille pas du chapeau !

Mais pour une fois je serai bref (enfin j’espère).

Après notre départ de Paris pour Sablé-sur-Sarthe en 1985, j’ai continué à écrire des petits poèmes dans des cahiers à petits carreaux. Nous avons surtout été occupés là-bas par « l’élevage de nos deux queniaux », entendez l’éducation de nos deux enfants, un gars et une fille, nés en 1986 et 1988.

Karpov-Kasparov

Pour l’anecdote, c’est en 1989 que j’ai adopté le pseudonyme de Joe Krapov, par autodérision : je jouais alors au club d’échecs local et nous disputions le championnat départemental par équipes où je prenais parfois quelques pâtées sévères face à des gamins de huit ou dix ans. Comme nous étions dans la pleine période des affrontements Karpov-Kasparov et de l’arrivée des systèmes informatiques dans les bibliothèques, le jour où il a fallu choisir un pseudo pour travailler dans BN-Opale, ce fut « Krapov » qui sortit !

Mes aventures littéraires ont pris un tour particulier en 1992 quand j’ai voulu sortir de mon confinement au club d’échecs local et rendre publics mes petits poèmes et mes petits dessins. J’ai joué à l’auto-éditeur !

J’ai rassemblé ensuite cela sur un site web intitulé « De Sablé-sur-mer à Solesmes-les-Bains ». Attention, design web garanti XXe siècle !

J’ai gardé pour moi les autres écrits satiriques de cette période : deux pièces de théâtre et deux recueils de lettres aux élus ou de chroniques humoristiques de la vie politique locale… que j’ai même déposés à la Bibliothèque Nationale !

C’est que j’avais fini par avoir maille à partir avec l’équipe municipale locale emmenée par un dénommé François Fillon, alors élu avec des scores soviétiques du genre 85% des voix au premier tour ! Passons !

Nous sommes arrivés à Rennes en 1997 et là nous avons retrouvé l’ordre normal des choses. J’ai surtout mis les pieds, à mon arrivée, dans l’Atelier d’écriture de Villejean qui était alors l’émanation d’un Réseau d’échanges de savoirs basé à la Maison de quartier.

En 1998 j’ai gagné le premier prix bien doté d’un concours d’écriture organisé par le Musée des Beaux-arts de Rennes. Ca nous a permis de retourner à Venise où nous étions déjà allés en 1993.

Ma copie est ici : Le Musée des bizarres de Rennes. Elle représente bien le style Krapov, très inspiré d’Alphonse Allais, Pierre Dac et autres amuseurs de la littérature et de la chanson françaises.

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En 1999 j’ai été l’un des quatre lauréats des bourses site web de la ville de Rennes avec un projet d’atelier d’écriture en ligne consacré à l’exploration en images de la ville de Rennes. Cela s’appelle Rennes-en-Délires, c’est un roman-puzzle interactif, ça tourne autour du portrait d’Isaure Chassériau et cela a fonctionné jusqu’en juillet 2002. C’est resté en place ici.

En 2005 j’ai participé à un autre projet local « Tout Rennes blogue » et sur la lancée, en 2006, j’ai entrepris d’alimenter un blog personnel pour publier mes photos avec des petits commentaires rigolos dessous : Joe Krapov partage ses images.

En 2012 j’ai changé d’hébergeur et de nom pour mon blog photographique, littéraire et musical. C’est désormais Mots et images de Joe Krapov.

J’ai dit que je ferais court alors résumons brièvement ma participation régulière, depuis 2008, à trois ateliers d’écriture en ligne hebdomadaires : Kaléïdoplumes, Les Impromptus littéraires et Le Défi du samedi. Je participe toujours au dernier et je recueille sur mon blog les textes d’atelier que j’ai écrits ici et là depuis 2013.

Je suis devenu l’animateur principal de l’Atelier d’écriture de Villejean en 2002 et j’entretiens à ce titre un autre blog sur lequel je recueille les textes que ces dames veulent bien me transmettre. Ca marche d’enfer depuis le confinement. C’est ici... et comme je fais également partie de l’équipe d’Histoires ordinaires/Villejean on peut lire là pourquoi nous avons tant de plaisir à écrire en mode oulipien à partir des images de Plonk et Replonk, des tics de Philippe Delerm, des aventures de Rimbaine et Verlaud, de Laure Manaudou, de Jean-Claude Van Damme et j’en passe !

Ah non, n’oublions pas le projet fou d’écrire 99 exercices de style, à la façon de Raymond Queneau mais en beaucoup plus étoffé, sur l’histoire de Saint-Georges et le dragon (je suis rendu à 54, très bonne année pour les Bordeaux rouges et les centrales d’achat pour cadres !)

Bon, à part ça, quand je m’ennuie, je joue aussi de la musique. Mais ça, si j’en parle, ce sera dans un autre billet !

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29 février 2020

QUE SONT MES AMI·E·S DEVENU·E·S ?

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Mimosa ! J’ai été très content que Marina B. me réponde, à l’énoncé de ce nom-là : « Il n’y avait pas un personnage de bande dessinée qui s’appelait comme ça ? ».

Bien sûr que si ! C’est à lui que j’ai tout de suite pensé quand j’ai lu ce mot, samedi dernier, sur le site du Défi. Mimosa ! Le fils adoptif de Popeye et d’Olive Oyl !

Il faut dire que la bande dessinée est devenue un passe-temps quasi-quotidien chez moi. J’ai toujours eu un caractère à aimer bien les phylactères et certain·e·s d’entre vous ne manqueront pas l’occase d’ajouter qu’il me manque une case et que j’aime à coincer la bulle plutôt qu’à me mêler des conciliabules du pape ou de Slavons.

Mimosa ! Pourtant on ne lisait pas Popeye, chez nous. Où cela paraissait-il d’ailleurs vers 1964 ? Il y avait bien quelques dessins animés grappillés à la télé chez le fils du pâtissier le jeudi après-midi mais en bédé, sur papier ? C’était chez Suzanne Ambert, en fascicules de la SFPI à trois francs ?

Au secours, Madame Wikipe !

Swee’ Pea (P’tit pois) apparaît le 28 juillet 1933. Enfant abandonné devant la porte de Popeye, il est adopté par le marin, véritable papa poule, et Olive, plus distante. Il se déplace toujours à quatre pattes dans sa longue chemise de nuit et arbore une casquette de marin. Malgré son âge, il est très intelligent. Si au début, il ne dit que « Glop », son langage s'étoffe peu à peu. C'est un des personnages principaux du comic strip post-Segar.

Passons sur ces questions de spécialistes. Interrogeons-nous plutôt, à partir de ce souvenir de pop-culture, sur le fait que les héros de papier ne vieillissent pas, contrairement à nous qui nous prenons un an dans les dents et tout ce qui va avec à chaque date anniversaire de notre naissance.

Et si, d’un seul coup d’un seul, comme dans l’invraisemblable saison 2 des aventures de Michel Vaillant, les héros de notre enfance revenaient, dotés d’un fils et d’un neveu de dix-huit ans, avec les mêmes syndromes de vieillissement que ces gamins ou que nous-mêmes, voudrait-on encore d’eux pour conduire des bolides sur les circuits de course automobile ? Oui, je sais, il n’est plus question de retraite pour quiconque depuis que le président Bérézina est au pouvoir.

Mais creusons l’idée quand même. A votre avis, que sont-ils devenus, une fois devenus grands, Mimosa, Soupalognon y Crouton, Fantômette, les gamins du Club des cinq ou du Clan des sept ?

On joue ? On joue ! Je lance quelques suggestions, vous complèterez avec vos propres références livresques, cinéphiliques ou Tintinophiles dans la zone de commentaires.

Boule et Bill : le petit garçon est devenu vétérinaire, le chien est enterré au cimetière d’Asnières. C’est ça aussi, le désavantage de vieillir, c’est qu’il faut un jour se départir un peu.

Sylvain et Sylvette : ont fait fortune en devenant designers pour une maison de bonnets de nuits

Soupalognon y Crouton : est devenu sportif de haut niveau. A remporté la médaille d’or d’apnée juvénile aux jeux olympiques de Barcelone en 38 avant Jésus-Christ

DDS 600 TintinAbdallah (dans Tintin © M**lins*rt-les-Gommettes) : Agent des services secrets d’une contrée pétrolifère. Occasionnellement découpeur de journalistes en consulat.


Le Petit Nicolas
: a fait partie du Big bazar de Michel Fugain, a cherché à se faire élire président de la République en 2012 puis est devenu producteur musical (Notre Dame de Paris, Kids United) sans sombrer dans la mégalomanie ni dans la colombophilie.
 

DDS 600 Le Club des cinq arrête-l-alcoolLe Club des cinq : leurs aventures à l’âge adulte sont désormais relatées par Bruno Vincent mais je n’achète plus que des livres sur le jeu d’échecs. Je télécharge aussi des e-books gratuits mais pas pour les lire, juste pour les posséder. C’est mon petit côté Onc’ Picsou. J’adore plonger et nager dans le bonheur de ma bibliothèque-piscine virtuelle !

Le petit garçon de la chanson de Claude François « Le Téléphone pleure » : sa maman s’est mariée sept fois et vient d’entrer à l’Epahd du Lundi au soleil à Lay-les-roses. Ce n’est pas pratique pour lui de passer la voir régulièrement vu qu’il est archéologue et qu’en ce moment il fait des fouilles à Alexandrie avec son épouse Alexandra. Heureusement il y a ses demi-frères et demi-soeurs un peu marteaux qui s'occupent ferme de son bonheur.


Charlie Brown des Peanuts
: a fini par épouser la petite fille rousse. Il tient un magasin de cerfs-volants à Montélimar mais il paraît que la vie là-bas n’est pas toujours du nougat.


Riri, Fifi et Loulou ont été transformés en pâté de canard périgourdin, médaille d’or au concours général de Paris 1998.

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Et, pour boucler, Mimosa, justement ? Il est devenu ingénieur agronome à l’INRA et travaille à l’Agrocampus de Rennes au sein de l’équipe Spinach+. Késaco, Spinach+ ? L’objectif de ces chercheurs et chercheuses est d’obtenir des épinards qui soient d’une teinte rose ou jaune citron afin que nos bambins à nous mangent d’avantage de ces légumes-là qui sont si bons pour le corpore sano de notre mens sana grâce au fer qu’ils ne contiennent pas.


Thats’s all folks !

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Ecrit pour le Défi du samedi n° 600 à partir de cette consigne : mimosa

03 février 2020

Le Grenier des anges à Rennes le 28 décembre 2019 (2)

Avant de montrer trois autres objets du Grenier des anges, je rappelle aux Non-Rennais·e·s que la fontaine de Parmiggiani a cette tête là. Oui c'est un peu bizarre mais c'est lié aux éffets créatifs dont j'ai encore abusé ce soir-là. Le plus surprenant est surtout qu'aucun muséologue, à part moi, n'a décelé qu'il s'agissait ici de la tête qui manque à la fameuse Victoire de Samothrace !
Fermons la parenthèse !

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Une Isaure sans macarons !

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Si je consacre deux billets à ce "Grenier des anges" c'est qu'il m'a inspiré, en avril 2004, un texte que je viens de retrouver. J'ai en effet pris un peu de temps ce jour pour commencer à faire du ménage dans mon propre grenier. Ce qui m'amuse dans le texte ci-dessous c'est que j'y envisageais déjà... une lettre à Rimbaud !

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26 janvier 2020

Isaure Chassériau versus Michel Vaillant

De la même manière que Joe Krapov a découvert, cette semaine,  la vie affective mouvementée, pour ne pas dire la polygamie, d'Albert Camus puis est allé réattribuer son prix Nobel personnel de littérature à l'oncle René (Goscinny), Isaure Chassériau a lu "Cinq filles dans la course", une aventure de Michel Vaillant signée de Jean Graton.

Il lui en est resté quelques séquelles !

20 01 26 Isaure fait de la moto (signalé par Adrienne)1-44

P.S. Cette page de magazine trouvée sur le catalogue du BRAFA (page 390) nous a été communiquée par Dame Adrienne que nous remercions vivement !

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01 janvier 2020

S'amuser au Musée d'arts de Nantes le 26 décembre 2019

Marina Bourgeoizovna, Isaure Chassériau
et le musée d'Arts de Nantes

se joignent à moi pour vous souhaiter
une bonne et heureuse année 2020 !

2019 12 30 Isaure au Musée de Nantes

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- Attends ! Ne bouge pas, t'as un bout de feuille d'épinard coincé entre les dents.
Je te l'enlève.

 

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25 septembre 2019

CINQ ANAGRAMMES A QUATRE MAINS

N 85-27 Salzburg II 11Ame de Salzburg, l’été, indicible, intouchable, imperceptible à l’imperméable que j’étais en 1985 !

Le passage en Autriche s’est effectué à l’issue d’un périple foldingue dans une Tchécoslovaquie encore communiste à l’époque. Nous y avions erré sans planification quinquennale ni préalable de nos lieux de séjour. Nous étions allés de camping improbable avec feu de camp collectif à deux mètres de votre toile de tente en camping avec taxe de luxe, comme au Monopoly, pour les étrangers en passant par pas de camping du tout, une nuit en pleine campagne à dormir à trois dans une Fiat Panda !

Lorsque nous sommes arrivés dans ce camping autrichien en bordure d’un très beau lac, le gérant allait fermer ses portes. On s’est inscrits en vitesse et on est allés se baigner. Je me souviens très bien de la fête de la bière qui a suivi de l’autre côté du lac, du feu d’artifice et du rangement des chaises métalliques à quatre heures du matin.

De Salzburg j’ai gardé souvenir d’enseignes surchargées, hélas photographiées en noir et blanc. Nous avons croisé Simone Weil et surtout nous n’avons même pas cherché à voir le Mozarts Geburtshaus, La maison natale du petit génie Wolfgang Amadeus. C’est que je préférais alors Vivaldi et les Beatles. Il aura fallu que je voie « Amadeus », le film de Milos Forman, un Tchèque sans provisions, pour que je me mette à apprécier la reine de la nuit, le concerto pour clarinette, le requiem, bref, le beau legs de Mozart.

***

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La vie en rose, à part dans sa belle robe d’anniversaire, celle avec laquelle elle a posé pour le tableau peint par son oncle Eugène Amaury-Duval et conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes…la vie en rose, la vie heureuse, la vie joyeuse, Isaure Chassériau ne l’aura pas connue.

Est-ce son père, Adolphe Chassériau, le libraire-éditeur aux expériences foireuses qui lui a donné l’exemple d’une vie triste ? Je crois me souvenir qu’il a fini par s’exiler en Amérique du Sud et qu’il y est mort jeune, laissant la maman d’Isaure, Emma-Antigone Duval, veuve, parisienne et salonnarde, vivre de leçons de piano, de confection de sacs et bijoux et surtout d’un remariage réussi avec un député vendéen, M. Guyet-Desfontaines.

Le mariage d’Isaure Chassériau avec un militaire devenu percepteur, Alfred de Brayer, fut un réel échec. Les jeunes gens ne s’entendirent pas, ils se séparèrent et Isaure la neurasthénique abandonna sa vallée de larmes à l’âge de 35 ans.

Toute cette somme d’informations perdues, toute cette histoire parallèle ou perpendiculaire à la ville de Rennes dont tout le monde se fiche éperdument aujourd’hui, Joe Krapov et moi-même nous demandons parfois si on ne l’a pas inventée, si cette existence fut réelle ou si on l’a rêvée.

***

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« Le Bateau ivre », moi, je n’ose plus le lire, ce texte !

Je connais deux personnes à Rennes qui savent ce poème par cœur et, je dois l’avouer, elles me font peur toutes les deux. Il faut, pour apprendre ce truc, être à mon humble avis aussi fou que l’auteur, ce jeune provincial fugueur de seize ans monté à Paris pour le réciter devant un cénacle de poètes ébahis qu’il ne mit pas longtemps à agresser de sa folie de punk à chien sans chien des Ardennes. Oui, c’est ça, Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud !

Et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manque de l’enregistrer à mon tour. Oui, derrière Gérard Philipe, derrière Léo Ferré. Tout est possible, tout est réalisable et sur ma chaîne Youtube la vidéo postée par moi qui a le plus de succès est une interprétation déglinguée de « La Patrouille des éléphants » extraite du « Livre de la Jungle » de Walt Disney.

Autant dire que je ne risque rien à le faire sinon à m’effrayer moi-même d’avoir osé toucher du doigt et de la voix cette beauté virale.

***

Serge Gainsbourg ! On pourrait dire aussi, à la façon du dictionnaire : Gainsbarre, Serge : provocateur des années soixante à quatre-vingts du XXe siècle qui a fait fortune en vendant de la chansonnette en art mineur, alors que toute sa vie, à l’instar de Ludwig Van Beethoven, il a cru qu’il faisait de la peinture.

Mais pas la peine de se prendre la tête de chou à propos de cet homme-là, de son « soixante-neuf année érotique », de sa « Marseillaise » en reggae, de son « Je t’aime moi non plus », de son roman « Evguénie Sokolov », de sa façon de brûler un billet de cinq cents francs devant les caméras de la télévision ou du fait de filmer des petites filles toutes nues qui courent sur une plage pour illustrer un clip de Renaud.

On connaît moins le cinéaste qui a transposé dans « Equateur » avec Francis Huster le roman "Le Coup de lune" de Georges Simenon.

Et moi je l’aime bien pour ça, pour sa « Javanaise », pour son « Accordéon », pour son « En relisant ta lettre », pour sa couleur café, pour ses petits papiers et même ses sucettes à l’anis, sa poupée de cire, sa poupée de son, sa situation sous le soleil exactement. Bien plus pour ses chansons que pour ses provocations notoires ou ses grabuges ignorés.
 

*** 

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Le chant des sirènes monte dans le jour. C’est le premier mercredi du mois et il est midi.

Mais pourquoi ne les entends-je pas ? Pourquoi ne les entends-je plus ? Non seulement je suis attaché au mât du navire Terre en grande perdition pour cause de réchauffement climatique, de populisme et de guerres larvées ou déclarées à tous les étages mais en plus je deviens dur de la branche, sourd comme un pot, malentendant comme un Tryphon dans un champ de tournesols appartenant à M. Van Gogh ?

Le chant des sirènes monte dans le jour. En février prochain François-Ulysse en prendra pour son grade et ça bardera pour Pénélope !

Je ferai une croix sur une partie de mon odyssée. On couchera le roi de Sabolie et j’abandonnerai dans un coin de ma mémoire ces jolis paysages de la Sarthe avec l’abbaye de Solesmes, les pénichettes et les barques amarrées devant dont j’aimais tant les tendres chaînes.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 24 septembre 2019
d'après la consigne ci-dessous

20 juin 2019

LE LIVRE DES TOUJOURS CONTENTS

2019 06 20 Isaure Flamant rose 116439770

Je m’appelle Mimose et je suis un flamant rose. Je suis un flamant rose toujours content.

Il y a des gens qui se trompent et qui écrivent mon nom avec un « d » au bout. Ca ne me gêne pas. Moi je sais bien que je ne suis pas belge puisque je suis né en Camargue.

En même temps je trouve ça drôle qu’il y ait flamanT et flamanD : il y a bien DuponD et DuponT et là tenez, pour le coup, eux sont tous les deux belges. Celui qui m’a dit ça c’est mon copain Joe le corbeau, celui qui travaille aux R.G.

En fait moi j’aime bien les Belges parce qu’ils ont un petit côté « Ca plane pour moi », exactement comme les flamands roses. Et d’ailleurs sur son album « AB Rose » Jean-Luc Fonck du groupe Sttellla ne craint pas de s’habiller en tutu rose. Son génial guitariste porte lui aussi une tenue d’évêque de la même couleur. Vous avouerez qu’il y a de quoi confondre !

Bref, j’aime les Flamands qui se déguisent en flamants et encore plus quand il s’agit de Wallons.

En parlant de Waterloo ou de waterzooï moi je ne sais pas si on dit « les ouacances » ou « les vacances » en Wallonie mais je m’en fiche un peu parce que demain je pars en viquende wisiter Rennes. C’est une ville dans laquelle j’ai un sosie célèbre autant que charmant. C’est une dame habillée de rose qui se tient sur une seule jambe depuis cent cinquante et un ans. Je vais lui faire un gros bec à Isaure Chassériau ! Parce que grâce à elle, chaque fois que je prononce son nom, tout le monde croit que je suis cultivé et drôle !

Alors tu comprends maintenant pourquoi je suis content d’être un flamand rose en willégiature à Rennes, une wille dont le slogan est « wivre en Intelligence » ?

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 18 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous.

09 février 2019

OÙ EST LA NOBLESSE ? OÙ EST LA ROTURE ?

Le docteur de Morgnies ouvre la porte de la salle d’attente avec brutalité.

Comme on est le 16 septembre 1880, il ne peut pas gueuler, faisant référence à Jacques Brel, tel un sous-off dans un bordel de campagne : « Au suivant !» mais on entend presque ces mots dans la vivacité de son geste. Il a la moustache en bataille, la corpulence d’un escrimeur et la carapace de l’homme prêt à tout voir et tout entendre de la vie sans moufter plus que ça. Une espèce d’aristocrate, le médecin, chez qui tout le monde peut entrer et déballer des horreurs, qu’il soit noble ou roturier.

Aujourd’hui, en ce début d’après-midi, ils sont deux, bien amochés, à faire passer en urgence. Les patients ne sont plus impatients quand quelqu’un poireaute parmi eux avec un œil sanguinolent. Le premier arbore donc deux magnifiques cocards dont l’un bien saignant et l’autre bonhomme a le bras en écharpe, enveloppé dans ce qui ressemble à une serviette de restaurant. L’aveugle et le paralytique mais dans la version bons bourgeois de Paris bien aisés. Cela le docteur de Morgnies l’a déduit de ce que les deux gars ont l’élégance parisienne des dandys et de ce que la serviette est marquée Bignon. Bignon ! Pour un type qui a deux cocards, c’est cocasse !

- Qu’est-ce qui vous amène, Messieurs ? Par lequel de vous deux je commence ?

DDS 545 Aurélien Scholl

- Monsieur, permettez d’abord que je me présente. Je suis Aurélien Scholl, journaliste à «L’Evénement». Nous étions en train de déjeuner tout à l’heure chez Bignon et nous allions sortir quand un jeune gommeux excité s’est mis en travers de mon chemin.

- Il a demandé à mon ami s’il était bien Aurélien Scholl.


- « C’est bien moi, monsieur » ai-je répondu. En quoi puis-je vous être utile ?


- « En rien, espèce de petit roturier ordurier ! Prends ça de la part du comte de Dion !» a-t-il dit et il a balancé à Aurélien une gifle et deux pêches dans la poire.


- Sans même se soucier de ce que je portais un monocle de chez Tati ! J’eusse pu perdre un œil dans l’histoire. Et c’est pour cela que je viens consulter l’homme de l’art que vous êtes. Y aura-t-il des séquelles à cette violence ? Le saignement s’est arrêté mais pour l’instant, je vous l’avoue, je vois tout flou comme si je m’étais fait flasher à l’issue d’un bal. C’est au point que j’ai eu besoin du soutien de mon ami Turgan pour venir jusqu’à vous.


- Et puis il y a aussi cette histoire de carafe. Tu es quand même tombé dans les pommes quand il te l’a lancée et que tu l’as reçue en pleine poitrine.


- Certes, mais je l’avais traité de manant, de charretier et de crocheteur.


- Tu étais quand même en droit de le faire après t’être ainsi faitboxer, non ?


- Laissez-moi examiner cela, dit le docteur. Mouais. Pas fameux, fameux, les yeux, surtout le droit. Déshabillez-vous que je voie le torse.


- Attends, Aurèle, je vais t’aider.


- Non, laissez, dit le docteur, je vais m’y coller. Avec votre bras en écharpe ce ne serait pas pratique.

Le docteur examine le thorax où il y a un énorme hématome. Il tâte les côtes du journaliste et demande, intrigué :

- Dites voir ? C’est normal que vous ayez toutes les côtes fendues ?

- C’est que j’aime beaucoup rire et me moquer, Docteur ! Mais je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à qui que ce soit. Ca reste toujours de bon aloi.


- Je sais, je sais. Bon rhabillez-vous. A part l’honneur du comte de Dion, il n’y a rien de cassé.


- Mais je ne lui ai rien fait à ce garçon ! Je ne le connaissais même pas avant cette séance de pugilat!


- Vous avez sûrement dû écrire quelque chose le concernant. Mais ce n’est pas mon affaire. Je vais vous prescrire une ITT


- Qu’est-ce que c’est ? Ca fait mal ?


- C’est juste une interruption temporaire de travail. Vous n’allez récupérer la vue que dans dix-neuf jours et il vous faudra attendre encore onze jours avant que vous ne puissiez retourner au théâtre et rédiger vos comptes-rendus ironiques.


- Vous me connaissez donc, Docteur ?


- Oui je m’intéresse un peu à ce que vous écrivez.


- Et pour les yeux vous me donnez quoi ?


- Deux escalopes le matin et deux escalopes le soir, à apposer sur les orbites.


- Mais ça va me coûter horriblement cher ce régime carné ! Vous n’avez pas de médicaments, plutôt ?


- Je suis contre les prescriptions de produits chimiques ! Je fais de l’homéopathie. Contre la boucherie, j’utilise la boucherie. Si vous avez des problèmes financiers, attaquez le comte en justice et comptabilisez votre facture de bidoche dans les dommages et intérêts que vous lui réclamerez. A vous maintenant monsieur Turgan. Déballez voir un peu ce que vous avez dans votre serviette.


- Oh moi c’est juste une estafilade !


- Avec quoi vous êtes-vous fait cela ?


- Mon ami Aurélien a voulu se défendre contre le comte. Il a sorti son stylet.


- Un stylet ? Les journalistes écrivent avec un stylet maintenant ? C’est fini le stylo ?


- Je devais partir ce soir pour Bruxelles, précise Aurélien Scholl. Bien que la Belgique soit un pays d’honnêtes gens j’avais emporté à tout hasard mon parapluie de voyageur dont le manche renferme un stylet.


- Vous avez raison, il y a là-bas de vilains bonshommes qui tirent à vue sur les littérateurs français !


- Et comme il n’y voyait plus rien, c’est moi qu’il a blessé.


- Ce que je ne vois vraiment pas c’est pourquoi le comte s’en est pris à moi.


- Cherchez la femme, Monsieur Scholl ! Quel livre avez-vous publié récemment ?


- « Fleurs d’adultère ». Pourquoi ?


- Cherchez de ce côté-là. Je suis sûr que l’explication est là. Voici vos ordonnances, Messieurs. Lequel de vous deux règle l’addition ?


- C’est moi !


- Non c’est moi !


- Je vous en prie, je vous suis redevable de…

***

Après avoir raccompagné les deux hommes jusqu’à la porte et avant de faire entrer le client suivant le docteur de Morgnies jette un œil au portrait d’Isaure Chassériau qui trône dans son vestibule.

- Eh bien dis-donc, Isaure ! Le journaliste-bashing commence de bonne heure, cette année !

2019 02 08 Isaure flashball

 

Ecrit pour le  Défi du samedi n° 545  à partir de  cette consigne : roture.

30 octobre 2018

Choses vues à Redon le 28 octobre 2018 (1)

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Depuis que Charles Aznavour est mort, ce magasin est vide !

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Avec sa propension à voir la vie en rose,
la grande rue de Redon pourrait très bien être rebaptisée rue Isaure Chassériau !

Posté par Joe Krapov à 11:44 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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