24 décembre 2021

UN ARBRE A PALABRES A VILLEJEAN !

Un arbre à palabres à Villejean !

Une belle ambiance de fête régnait ce vendredi 17 décembre 2021 dans le square du Dauphiné. On y comblait un manque certain, on célébrait une naissance, on importait ici le meilleur concept de l’Afrique !

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 Un collectif d’habitants et d’habitantes du quartier réuni·e·s autour de Maryvonne Robert a en effet eu l’idée de planter ici un albizia dont le destin est de devenir un arbre à palabres. A cet effet la placette qui est située derrière le square Zamenhof face au jardin partagé dit « Jardin des noisettes » a été dotée de bancs et d’une bibliothèque de rue.

Annaïg, Robert et Maryvonne, bénévoles du centre social et animateurs de ce jardin familial, lieu de convivialité et d’échanges, créateur indéniable de lien social, ont demandé aux jardiniers de la ville d’installer cet arbre qui promet dès le printemps prochain de se couvrir de fleurs à pompon d’un joli rose.

2021-12-17 - 285 10La diversité culturelle de Villejean est une richesse à préserver et les structures ou associations du quartier y travaillent efficacement. L’arbre à palabres prend sa part dans ce projet commun.

L’armoire à livres a été fabriquée à la ferme de la Harpe par les bénévoles de l’association Culture Manuelle et Technique (Jacques, Jean-François, Babken et Robert) et peinte par Maryvonne. Chacun peut désormais la garnir de livres à partager et publier, sur ses côtés, des annonces de manifestations publiques.

Les dames du collectif Kune se sont chargées du buffet de pâtisseries et du thé marocain de cette inauguration. Les commerçants du marché de Villejean ont également offert des plateaux de leurs produits et en ont été récompensés par une exposition photographique de leurs portraits. Un musicien et une chanteuse ont semé dans l’air quelques notes et refrains sympathiques et l’arbre à palabres a déjà fait l’objet d’une chanson-hommage interprétée en préalable aux discours de rigueur.

La mention « Je suis un arbre à palabres » a été traduite et inscrite en différentes langues sur le tuteur de l’arbre (arménien, arabe, portugais, albanais, congolais, breton – la traduction fut paraît-il compliquée dans cette langue ! –, gallo, etc.).

La cérémonie s’est bien sûr clôturée avec l’interprétation de « Auprès de mon arbre je vivais heureux » de Georges Brassens. Souhaitons une longue vie de bonheur à cet arbre et à celles et à ceux qui palabreront sous son ombre !

Joe Krapov

 


Ecrit pour Histoires ordinaires/Villejean  le 20 décembre 2021.

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02 janvier 2021

EXCURSION VILLEJEANNAISE AU CENTRE-VILLE DE RENNES (2)

Excursion villejeannaise au Thabor

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Joe Krapov s'est encore promené pour vous au centre de Rennes. Il raconte cette deuxième balade quasi-nocturne. 

Ca y est ! La course aux cadeaux de Noël est terminée ! Les 23, non, pardon, les 5 invités de votre réveillon sont repartis, ravis, la vaisselle est lavée, essuyée et rangée et maintenant vous avez besoin de repos, de solitude et de dépaysement, voire de frisson.

Notre excursion en centre-ville n° 2 vous offre tout cela puisqu’elle vous mènera de la station République au jardin du Thabor en pleine nuit d’hiver.

Dépêchez-vous d’en profiter car depuis le 21 décembre les jours ont légèrement tendance à rallonger. L’heure de départ depuis la station République sera donc impérativement 17 heures 30. Au bout de la place à gauche, là où la Vilaine réapparaît au jour, empruntez la rue Edith Cavell qui mène au Parlement de Bretagne.

Vous pouvez faire une pause, sur votre gauche devant la fontaine de Parmiggiani, dite aussi « la tête de la victoire de Samothrace baignant dans une fontaine ». Elle est très jolie dans la lumière jaune et le Musée du Louvre n’a toujours pas été mis au courant de la provenance de cette statue. Gageons qu’il saura bien nous la réclamer quand la véracité de nos dires aura été confirmée par un expert avisé.

201215 Nikon 054Traversez ensuite la place du Palais et arrêtez-vous près du grand sapin. Il y a moins de monde ici que sur la place de la Mairie et le non-marché de Noël permet de goûter un peu plus de sérénité qu’à l’accoutumée même si on regrette bien les odeurs de vin chaud, la flammenküche et la barbe à papa. Les photographes s’amuseront des couleurs projetées sur la façade du parlement de Bretagne et de leur reflet dans les boules géantes du sapin.

Vous remontez ensuite la rue Hoche jusqu’à la place Hoche et vous vous enfilez à droite dans la rue Saint-Melaine en direction de l’église du même nom.

L’entrée dans le parc du Thabor s’effectue soit par la grande grille à droite de l’église soit par la gauche pour profiter de la vue sur le cloître mais il est fort peu éclairé. Posons tout d’abord les règles du jeu : le jardin public ferme ses portes à 18 heures 30 ! Veillez à ne pas vous faire enfermer dans cet endroit fort sympathique au demeurant mais qui offre peu d’abri en cas de pluie et surtout de vent. Le kiosque à musique, à la limite, ou la grotte, côté rue de Paris. Donc gardez un œil sur votre montre en permanence !

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Rendez-vous au bout du carré Du Guesclin et du cloître devant le manège Zébulon : ayez une pensée émue pour le personnage monté sur ressort qui venait tout droit du « Manège enchanté » et ponctuait ses phrases de « Tournicoti tournicoton !». Puis allez saluer le kiosque à musique et la statue de l’enlèvement d’Eurydice par Hermès au grand dam d’Orphée. Elle est due à Charles Lenoir tout comme celle de la chasse de Diane au bout des jardins à la française.

Avant d’aller admirer ce groupe de chasseuses nocturnes, faites un pas de côté pour voir, sur la façade des serres, quelques photos de Martin Parr dans le cadre de l’exposition de ses œuvres au FRAC de Beauregard.

L’excursion peut se terminer en rebroussant chemin ou par une descente à la Roseraie. Là il y a une sortie rue de la Palestine à gauche et une autre du côté de la Bibliothèque Lucien Rose à droite, qui donne sur le Boulevard Sainte-Anne. Vous descendez ensuite la rue de Châteaudun et en arrivant « sur les quais », vous trouvez à gauche une station de la Star où il ne vous reste plus qu’à attendre le bus n° C4 pour rentrer.

Si jamais les choses se passaient mal et que, malgré nos recommandations, vous vous trouviez enfermé·e dans le Thabor, n’hésitez pas à nous écrire ensuite pour nous raconter votre folle nuit. Nos lecteurs apprécieront ce geste de partage d’une expérience touristique digne du Latourex

Même chose si vous avez osé vous aventurer dans le trou de l’Enfer !

Joe Krapov

201215 Diaporama en Gif animé

Ecrit pour Histoires ordinaire/Villejean le 29 décembre 2020.

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24 décembre 2020

EXCURSION VILLEJEANNAISE AU CENTRE-VILLE DE RENNES (1)

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C’est entendu, Villejean regorge de trésors, déborde d’énergies et de synergies mais nous avons été trop longtemps confinés en 2020 pour ne pas éprouver, en cette fin d’année, l’envie d’aller voir ailleurs. Il est temps de dégourdir nos jambes et d’écarquiller les yeux ! C’est pourquoi nous vous proposons une petite balade pas chère, à pied, en métro ou en bus.

Pas très loin de chez nous il y a par exemple le centre-ville de Rennes qui s’est habillé aux couleurs de l’hiver. Nous vous suggérons de vous y rendre sur le coup de dix-huit heures. Notre point de rendez-vous est la place de la Mairie (arrêt à République).

Cette année les illuminations de la société Spectaculaires sont vraiment magnifiques. Il ne s’agit plus de projeter sur la façade de l’hôtel de ville des diapositives colorées ou des vidéos psychédéliques avec musique «comme au cinéma» ou historiettes «comme dans les livres». Et c’est tant mieux.

Nous ne sommes plus au spectacle mais dans une ambiance festive. Des fleurs géantes ont poussé sur la place. Elles changent de couleur, émettent des rayons lumineux, des fumigènes et d’autres projecteurs vous balancent des effets stroboscopiques, des projections de bonhommes de neige en ombre chinoise sur les façades.

Autour de vous les enfants s’en donnent à cœur joie : le sol est tapissé de flocons de lumière et au bout d’un certain temps l’illusion est parfaite. On a l’impression de tanguer, de glisser sur un tapis de neige.

C’est l’endroit idéal pour vous immortaliser et les gens ne font d’ailleurs que ça, se prendre en photo au milieu de ce décor féerique. La formule permet à chacun de garder ses distances avec les voisins et d’admirer tantôt l’opéra, tantôt la mairie et même les immeubles autour de la place.

L’animation est présente jusqu’au dimanche 3 janvier inclus. N’oubliez pas votre masque et pensez à calculer votre temps de trajet pour le retour : le couvre-feu est toujours à 20 heures !

Webp
Ecrit pour Histoires ordinaires/Villejean le 23 décembre 2020

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16 octobre 2020

IDA MONTRE LE BOUT DE SON NEZ !

IDA montre le bout de son nez ! 

 

Ida montre le bout de son nez


Les acteurs de santé publique sont discrets mais efficaces dans notre quartier. Ils travaillent également en synergie avec l’Université de Rennes 2. Nous nous sommes intéressés à un projet sympathique qui débouche sur des actions étonnantes… sur le marché de Villejean !


Le projet IDA

« Avenir Santé Villejean Beauregard » est une association de plus de 90 professionnels de santé et une dizaine d'usagers œuvrant dans nos deux quartiers voisins. Elle développe en son sein, depuis deux ans maintenant, un projet de santé baptisé IDA : « Investir Dans l’Attachement ». La Maison de Santé Pluri-professionnelle de Rennes Nord-Ouest est reconnue par l’Agence Régionale de Santé et est donc dotée d’un budget de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie pour permettre le travail en pluridisciplinarité.

IDA est un travail sur la périnatalité, en particulier l'accompagnement des parents à la construction du lien à l'enfant et la prévention des difficultés rencontrées par les jeunes couples dans cette période qui précède et suit la naissance d’un bébé. Ce programme de recherche clinique sur l’attachement est co-construit avec le Laboratoire de Psychologie, Cognition, Comportement, Communication de l’Université de Rennes 2 : un binôme soignant·e – chercheur·e accompagne quinze familles et mène avec elles des entretiens d’une heure aux 6e et 8e mois de la grossesse puis à 40 jours et trois mois après la naissance.

Beaucoup de choses sont recueilles de la part des familles qui disent le bouleversement que représente pour elles l’arrivée d’un bébé. Le projet comprend également un volet de formation des professionnels de santé sur ces thématiques de la périnatalité. Est également en prévision un colloque à la Maison des sciences de l’homme en Bretagne sur la question de l’attachement.


L’attachement

Quand le bébé vient de naître commence pour lui et pour ses parents une période de grosse adaptation.
Pour la philosophe Claire Marin qui vient de publier un ouvrage intitulé « Ruptures » la naissance est le premier des événements traumatisants que nous sommes susceptibles de rencontrer au cours de notre vie.

Une thèse de médecine a été soutenue en 2018 à Rennes par Anne-Hélène Chopin sous le titre « Le Vécu parental des pleurs du nourrisson de la naissance à 4 mois ».

Nous nous sommes entretenus avec Dominique Halbout qui fait partie du comité de pilotage d’IDA et qui a bien voulu nous parler, en termes simples et avec enthousiasme, des problèmes qui surviennent dans cette période.

Interview à écouter ici ou à télécharger en MP3 ici 

IDA et son nez rouge !

Dans le cadre de ce programme d’éducation populaire les responsables d’IDA tiennent un stand sur le marché de Villejean le vendredi matin. Elles sensibilisent les personnes intéressées à ce problème de santé publique. Prochaines présences sur le marché les 16, 23 et 30 octobre 2020.

IDA montre donc le bout de son nez et le 30 octobre et celui-ci sera rouge !

En effet un spectacle de clown sera proposé sur le marché de Villejean le vendredi 30 octobre entre 10 h 30 et 12 h 30. Il s’intitulera « L’enfchantement de Soupette » et est le fruit du travail de Nelly Rivière, une soignante clown.

L'Enfchantement de Soupette
Lorsque le spectacle de rue croise la prévention en santé publique, cela donne certainement lieu à quelque chose d’unique voire de décoiffant. Ne ratez pas en tout cas ce moment original et d’ici là, allez rencontrer IDA !

Joe Krapov


Ecrit pour Histoires ordinaires/ Villejean le 14 octobre 2020.

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20 mars 2020

Écrire et rire à Villejean… mais pas seulement !

Écrire et rire à Villejean… mais pas seulement ! 

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En ces temps de confinement, l’Atelier d’écriture de Villejean propose les colonnes de son blog pour lire, rire et même écrire.

Joyeux anniversaire, l’Atelier !

25 ans ! S’il n’était pas aussi discret, voire invisible, au sein de la Maison de quartier, l’Atelier d’écriture de Villejean pourrait fêter cette année ses vingt-cinq années d’existence.

Cela fait en effet un quart de siècle que des gens comme vous et moi se réunissent une fois par semaine, le mardi de 18 h 30 à 20 h 30, en salle Mandoline, pour découvrir ou retrouver le plaisir d’aligner les mots d’une drôle de «rédaction» hebdomadaire… mais pas seulement !

Car ici il n’y a pas d’instituteur qui corrige les copies, pas de notes, pas de jugement de valeur. On a même le droit de rendre copie blanche si le petit jeu proposé par l’animateur n’a pas inspiré l’écrivant ou l’écrivante. On a le droit d’être hors sujet, de délirer, de se lâcher, de raconter des tranches de vie, de composer des poèmes, d’inventer des chansons… mais pas seulement !

Vous voulez des exemples de ces consignes d’écritures données par Jean-Paul Legrand, l’animateur, ces derniers temps ? En voici :

- Cours, Kennedy, tout un monde est derrière toi !
Les Etats-Unis nous ont apporté plein de choses : le rock’n’roll, le chewing-gum, Walt Disney, la Harley-Davidson. Dressez-en la liste et classez les en trois colonnes (positif, négatif, indifférent puis racontez en détail votre relation personnelle avec un ou plusieurs de ces éléments (votre accoutumance au MacDo, votre détestation de Donald Trump, etc.)

- La généalogie tintinesque
Sur les pages de garde des albums de Tintin figure une impressionnante galerie de portraits. Imaginez un instant qu’il s’agit de votre propre arbre généalogique. Racontez-nous votre oncle Albert, votre tante Marguerite qui se prenait pour une cantatrice d’opéra. Qui sont ces jumeaux à moustaches, ce marin barbu et tous les autres ?

- Encyclopédie farfelue des compagnons de votre enfance
Expliquez aux plus jeunes qui étaient Zorro, Mary Poppins, François, Claude, Annie, Mick, Dagobert et les autres !

- Le jeu du post-it
Posez des questions pour deviner l’identité dont on vous a gratifié.e

DDS 542 jeu du post-it 1

- Racontez la fin du monde avec humour !
Comment vivez-vous avec cette « attestation de déplacement dérogatoire » ?


Pas si secret que cela !

On imagine bien que de plancher sur de tels sujets n’engendre pas la mélancolie. Malgré sa discrétion qui relève plus de la timidité que d’autre chose l’atelier rend accessibles ses travaux de divagation littéraire.

Par le passé des expositions de textes joliment illustrés ont été présentées dans le hall de la MQV. Depuis 1993 le blog de l'atelier permet de consulter les thèmes d’écriture et certains des textes écrits par les participants. En 2018, à l’occasion des dix ans de Mediapart à Rennes, l’atelier a même réalisé un journal consacré à certains aspects amusants du quartier de Villejean. On peut découvrir dans « Mon amant.e de Villejean » à qui appartiennent les baskets géantes du parc du Berry. On y apprend pourquoi les salles de la Maison de quartier sont désignées par des prénoms. Mais pas seulement !

Lauréat et lauréates du concours Encres d’automne

A force de pratiquer le logorallye, le cadavre exquis ou le lipogramme, les écrivant.e.s ont acquis une aisance d’expression et une maîtrise du récit court qui ont trouvé leur récompense à la bibliothèque de L’Hermitage. Depuis douze ans maintenant la médiathèque de cette commune à l’Ouest de Rennes organise le concours «Encres d’automne». Les membres de l’atelier y participent. Ils doivent rédiger un texte d’une page dans lequel ils insèrent quinze titres de romans récents acquis par la bibliothèque.

Jean-Paul a gagné un prix spécial du jury, Eliane a remporté ensuite le 1er prix, puis ce fut le tour de Dominique l’année suivante. Elle a ensuite gagné le deuxième prix. En 2018 le titre est revenu à Anne-Marie.

En 2019 Maryvonne a été sélectionnée parmi les douze textes retenus par le jury. Elle a eu droit à une belle lecture de son texte par le comédien Michel Monestes lors de la cérémonie de remise des prix.

Tout le monde attend avec impatience le palmarès 2020 !


Temporairement ouvert à toutes et à tous sur Internet !

Nous terminerons ce tour d’horizon en signalant que l’atelier ne recrute que peu de nouveaux membres. Ce monsieur et ces dames sont déjà une bonne douzaine, ce qui est le nombre idéal pour ce genre de rendez-vous. Mais pas seulement ! Cela permet aussi de couper en parts égales un gâteau d’anniversaire qu’on leur souhaite bon !

Compte-tenu du confinement généralisé, l’atelier ouvre temporairement les colonnes de son blog à qui veut bien tenter l’expérience par Internet. Une consigne paraît le mardi soir et vous avez une semaine pour pondre un texte, le taper et l’envoyer à jeanpaul.legrand [arobase] free.fr

Pour plus de précisions, voyez ici : http://aevillejean.canalblog.com/archives/consigne_d_ecriture/index.html

Joe Krapov


Ecrit pour le blog Histoires ordinaire/Villejean le vendredi 20 mars 2020.


11 novembre 2019

UNE SOIRÉE POUR JOUER COMME ENTRE AMI.E.S

Une soirée pour jouer comme entre ami.e.s

Notre reporter a testé pour vous, à sa façon bien à lui, les soirées jeux de société mensuelles de la Maison de quartier de Villejean. Faites vos jeux, rien ne va plus quand la roulette est pseudo-russe !

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Agapes du soir, bonsoir !

«Chez Gilles et Teresa», ce pourrait être l’enseigne d’un café chic et pourtant bon enfant, situé au 2 de la rue de Bourgogne, à Villejean. Pour y accéder on monterait les marches, comme à Cannes, sur un tapis rouge et orange de feuilles mortes, sauf qu’on serait en novembre et qu’il ferait déjà noir à 20 heures. En haut de l’escalier on serait accueilli par le maître d’hôtel, Monsieur Claude. On s’inquièterait auprès de lui de l’absence des patrons.

- Ils vous reçoivent à la cave, ce soir, répondrait-il. Descendez l’escalier à votre gauche, c’est la porte en face !

A la cave ! On rêve à un club d’oenologie ou à quelque chose du même tonneau. On va boire du millésimé, ce soir, croit-on ! Mais on se trompe. Déjà sur la porte du saint lieu il est écrit «Cave à musique» et pourtant on n’entend ici aucune mélodie en sous-sol. Va-t-on se rebiffer dans cette cave ? On pousse les deux portes consécutives et on entre… dans un tripot sélect où Gilles et Teresa, fort affables et très bien entourés déjà, vous accueillent sympathiquement.

Ils ont, si on peut dire, dressé le couvert sur plusieurs tables mais «Chez Gilles et Teresa» ce n’est pas un restaurant non plus. C’est bien une salle de jeux, sans tapis vert, sans croupiers, sans bandit manchot ! On était à côté de la plaque et on a manqué de commettre un impair. Pas question de faire sauter la banque, tous les billets sont faux ! Gilles et Teresa assurent en fait avec beaucoup d’élégance l’animation des soirées jeux mensuelles de la Maison de quartier de Villejean.

Nous serons une quinzaine de «clients» ce soir à nous répartir selon nos envies autour des plateaux de jeu : celles et ceux qui ont un appétit de baraka-baroudeurraccuda du Nil embarqueront à bord de «Pharaon» ; les amateurs d’intrigues moyenâgeuses feront le siège de l’Isle of Skye ; d’autres choisiront peut-être de grimper sur la butte pour atteindre le but de tout joueur : gagner une partie !


Monte là-dessus, tu verras Montmartre !

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Cela fait six ans maintenant que ce rendez-vous mensuel existe. J’étais déjà venu une fois dans le passé m’initier à «Carcassonne» un jeu méridionalo-médiéval à base de tuiles, de routes, de déroutes et d’abbayes ! Et à la Fête du jeu, en septembre dernier j’avais assisté à une partie de chemin de fer autour des «Aventuriers du rail».

Comme il faut bien se lancer je m’installe ce soir à la table de « Montmartre », séduit par la joliesse des jolies drôlesses sur les cartes de ce jeu. Gilles nous explique le concept :

- Nous sommes des peintres concurrents. Au début du jeu nous avons quatre tableaux en mains. Il y a quatre séries : rose, bleu – comme les périodes de Picasso ! – vert et jaune. A chaque tour de jeu on peut déposer un tableau dans son atelier, c’est-à-dire, le poser devant soi. Ou deux si le total des points qu’ils portent ne dépasse pas 5. Au fil des tours, en fonction des points déposés par les autres joueurs dans chacune des quatre séries, on pourra les vendre et récupérer ainsi des cartes «propriétaire» dont les premières valent deux francs et les suivantes quatre francs puis six… Quand un peintre a gagné quinze francs, la partie s’arrête.

Le croirez-vous ? Sans avoir trop bien compris les règles de ce jeu-là, j’ai quand même gagné la première partie ! Peut-être ai-je des dispositions cachées pour caser la croûte et ramasser la petite Monet ?


Splendor, Backgammon, Pearls, Isle of Skye, Pillards, etc.

Vous allez me dire : on va moins loin avec quinze francs de l’époque de Toulouse-Lautrec qu’avec les frs 20.000 du Monopoly de notre enfance !

Mais chez Gilles et Teresa on est sûr au moins qu’on n’y laissera pas sa chemise ! On est là pour le plaisir du jeu, pour le petit effort intellectuel qui consiste à enregistrer les règles de fonctionnement d’un univers imaginaire, à prendre des cartes ou des figurines, à les poser, les déplacer. Ainsi en est-il dans le jeu «Splendor» où l’on ramasse des pierres précieuses qui permettent d’acheter des titres de propriété de diamants, rubis (sur l’ongle) ou onyx (soit qui mal y pense) qui permettent d’acheter des titres de noblesse. Justement je rêvais d’aristopicrate en entrant ici !

Pendant ce temps, que se passe-t-il aux tables voisines ? A droite les adeptes de "Pharaon" en sont encore à leur première partie. C’est vrai que c’est assez long de bâtir une chambre funéraire, de préparer son passage dans l’au-delà – personnellement je ne suis pas pressé de faire ça ! - et de peser son âme – en ai-je seulement une ? - !

A gauche il y a Monsieur Francis. C’est la deuxième fois qu’il vient initier celles et ceux qui le souhaitent au backgammon, un jeu à l’air compliqué qui fiche un peu les jetons mais qui ressemble au jeu des petits chevaux mâtiné, même en soirée, de bataille navale : il se joue avec des dés et des stratégies de blocage ou de chute sur le râble d’un jeton isolé. J’ai déjà joué à ça avec lui un mercredi après-midi dans le hall de la MQV.


Le plaisir de jouer

- Comment ? Il est déjà 22 h 30 alors que je n’ai joué que trois parties de deux jeux différents ?

- Ne t’inquiète pas, Joe Krapov, me confie Teresa. Ici on maîtrise les alarmes et on peut jouer de 20 heures à minuit. Tu peux même, contre un chèque de caution…

- Etre libéré de prison, comme Carlos Ghosn au Monopoly japonais ?

- … emprunter un des jeux pour jouer chez toi avec tes ami(e)s d’ «Histoires ordinaires» et nous le ramener le mois prochain. Tu peux dire aussi à tes lecteurs que cette activité jeux de société est ouverte à tous et ne nécessite financièrement que le paiement de l’adhésion à «Rencontre et culture», soit une dizaine d’euros pour l’année – mais avec des vraies pièces, cette fois ! Au fil des ans nous avons constitué un stock d’une vingtaine de jeux pour nos soirées et nous en empruntons aussi à la ludothèque, à l’étage au-dessus, pour mettre de la variété dans nos séances.


Et le vainqueur est…

Je peux surtout dire que j’ai passé là un très agréable moment avec des gens pacifiques, souriants, posés qui redécouvrent ensemble le plaisir de se concentrer, de prendre des risques, de s’aventurer, de se tromper, bref de jouer.

Alors finalement «Chez Gilles et Teresa», aux soirées jeux de la Maison de quartier, même si ce n’est ni un café, ni un restaurant, c’est quand même un endroit où l’on se régale de retrouver son enfance innocente, même si on simule dans certains jeux d’être un envahisseur normand ou un très Claptonien tueur de shérif !

N’hésitez pas à tenter l’expérience par vous-même ! Peut-être deviendrez-vous «addict.e» à certains de ces jeux de cartes ou de plateaux très colorés comme je le suis moi-même du jeu d’échecs où les pièces ne sont pourtant que noires et blanches !

Finalement, ici, on n’a rien à perdre à essayer de gagner ! Prochaine réunion : le vendredi 6 décembre à 20 heures. «Chez Gilles et Teresa», vous retiendrez, mes joyeux enfants ? 2, rue de Bourgogne, «dans une cave où y’a du bon vin» comme dit la chanson !

Joe Krapov

Ecrit pour "Histoires ordinaires/Villejean" le 11 novembre 2019.

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08 novembre 2019

MÉMÉ LES WATTS EST DANS NOS MURS !

Mémé les Watts est dans nos murs !

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Le groupe de musiciens mayennais Mémé les Watts donne un concert à Villejean ce samedi 9 novembre 2019 à 20 heures 30. L’occasion pour nous de dresser le portrait de son charismatique guitariste, Pierre Bouguier.

Colporteur de chansons

En relisant, dans l’article consacré à «Histoires ordinaires.fr/Villejean» par le magazine «Les Rennais», la phrase «Partout près de nous ou à l’autre bout du monde vivent des gens ordinaires surprenants d’énergie, de créativité, de solidarité, de convictions, de passion pour l’intérêt général, en un mot d’humanité» on ne peut s’empêcher de penser à Pierre Bouguier.

Ce jeune musicien a en effet à son actif un beau palmarès de colporteur de chansons de toutes les générations dans toutes les générations.

En 2008 il a sillonné le monde jusqu’au Népal et en est revenu avec un spectacle de chansons collectées sur place auprès des enfants rencontrés dans dix pays.

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Huguette the power

A l’autre bout de l’échelle de l’âge, Pierre a monté en 2016 le projet «Huguette the power». Il a fait se rencontrer et chanter ensemble les pensionnaires de quatre EHPADs et de foyers-logements autour d’Ernée. Le chef de chœur a emmené ses troupes décoiffantes et son groupe Mémé les Watts en concert public au festival «Au foin de la rue» à Saint-Denis de Gastines. Il faut regarder le documentaire touchant et vivifiant qu’Arnaud Ray a consacré à cette chorale qui envoie de la musique rétro sur des rythmes actuels : « Riquita » en reggae ou en rock il fallait oser, mon frère ! On kiffe !

Mieux encore les résidents chanteurs-chanteuses ont eu le moment de gloire de leur vie en se produisant au Grand Rex à Paris. Un article dans le journal «Le Monde», les honneurs de la télévision, quel beau cadeau, quelle belle aventure !
La vidéo qui raconte ce voyage à Paris vaut elle aussi le détour. Vous la trouverez, avec d’autres, sur le site de la Compagnie «Des arbres et des hommes».

En 2019 Mémé les Watts a prolongé l’expérience en créant Germaine and the kids, une chorale qui mêle des résidents de sept EHPADS du Sud Mayenne et une classe de CE-CM de Saint-Quentin les Anges.

Pierre Bouguier travaille et se produit également en duo avec Matthieu Hamon, un jeune homme né autiste qui s’épanouit dans la chanson.


Mémé les Watts à Villejean

Mais c’est dans la formule basique du quatuor de talentueux musiciens que Pierre Bouguier sera Villejeannais d’une soirée. Une soirée à ne pas manquer ! Avec un peu de chance Mémé les Watts vous fera zouquer sur «Zorro est arrivé» !

Vous n’avez aucune excuse de ne pas être là : ce concert, proposé par le Comité de braderie de la MQV, a lieu dans la salle de spectacles de la Maison de quartier de Villejean au prix d’entrée ultra-modique de un seul petit euro ! La possibilité vous est également offerte de vous restaurer à 19 heures au même endroit pour seulement 4 euros (galette-saucisse, crêpe et boisson). Réservez vite au 02 99 59 04 02 !

Un grand moment de chanson française revisitée sur des rythmes actuels vous attend ! Qu’on se le dise !

Joe Krapov


Ecrit pour Histoires ordinaires le 8 novembre 2019

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30 septembre 2019

LE COMITÉ DE BRADERIE ENVOIE LA CHANSON !

 Le Comité de braderie envoie la chanson !

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On a l’impression que tout sourit au Comité de braderie de Villejean cette année ! Le vide-grenier du 1er septembre dernier a été ensoleillé de bout en bout et les bradeurs et chineurs, très nombreux, se sont montrés satisfaits de cette journée. Le premier concert de chanson française qui a suivi, le 14 septembre, a été lui aussi très réussi. Comment ? Le comité de braderie chante et enchante ? Ce n’est pas tout à fait ça mais il y a de ça. Un point d’histoire et un petit laïus d’économie solidaire sont nécessaires ici.

Un bilan positif
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Depuis trois ans maintenant la braderie de Villejean est organisée par un groupe de bénévoles de «Rencontre et culture» l’association qui gère la Maison de quartier de Villejan. Ils sont bien sûr très activement soutenus par l’équipe professionnelle de la MQV pour tout ce qui concerne la logistique, l’accueil, le matériel, l’entretien et la comptabilité ainsi que par des adhérents du secteur jeunesse.

Du côté des recettes cette action braderie rapporte le montant des inscriptions des bradeurs et les revenus de la cafétéria. Côté dépenses il faut compter la location de la sonorisation, les boissons, les heures supplémentaires du personnel de la MQV et aussi bien sûr la SACEM pour la diffusion de la musique. Bon an mal an il se dégage ainsi chaque année un bénéfice d’un millier d’euros.

Réinvestir les bénéfices

Que faire de cet argent ? Il a été convenu que le Comité de braderie, collectif interne à l'association Rencontre et culture, avait un espace d'implication et de décision qui lui permettait, en quelque sorte, de le réinvestir. Des membres du groupe ont suggéré l’idée d’organiser des concerts à tarif peu élevé pour que les familles modestes du quartier puissent en profiter. Cette initiative sympathique, acceptée par tous, est entrée dans sa phase de réalisation en ce début d’automne 2019. 

Des concerts pour pas cher du tout

Le quatorze septembre dernier était donc proposé aux Villejeannaises et Villejeannais un concert dont le prix d’entrée avait été fixé à… un seul tout petit euro ! Difficile de faire moins cher sur la place de Rennes ! On pouvait aussi, préalablement à ce spectacle, consommer galette-saucisse, crêpe et boisson pour quatre euros. On n’arrête plus cette équipe d’hyperactif.ve.s qui a assuré l’accueil, la billetterie et le service de 58 repas payants. 

Il y avait deux groupes à l’affiche et la tonalité était à la bonne humeur. En première partie, les mA2R1 d’O douce, la chorale des retraités de l’Université de Rennes 1, a présenté son anthologie de chants de marrants qui va de Boby Lapointe aux Frères Jacques en passant par Georges Brassens et Graeme Allwright.  

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Les 68 spectateurs payants ont ensuite eu droit à « Singing sous the pluie », un spectacle du trio comique « Am’nez zique et les Biches » consacré aux chansons météorologiques. Toutes les chansons qui parlent du temps qu’il fait auraient, selon eux et elle, été écrites par des météorologues. Albert Simon et sa grenouille seraient les auteurs de «La Gadoue», Alain Gillot-Pétré aurait écrit «Quand le soleil entre dans ma maison», etc. Le public a bien ri de ces textes de liaison un peu barges et de certaines chansons théâtralisées comme «Le parapluie» «Boum» ou «La Saint-Médard», interprétées avec décalage mais aussi avec respect.

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Deuxième acte : Mémé les Watts

Mais ce n’était qu’un début ! Un deuxième concert est prévu le samedi 9 novembre vers 20 heures. Cette-fois ci le Comité a mis le paquet en invitant un groupe de Laval qu’il ne faut absolument pas rater. Il s’agit de Mémé les Watts. Pierre Bouguier, son charismatique guitariste-chanteur, entraîne le groupe dans une revisite rythmique de la chanson française du siècle dernier.

Comme il l’écrit lui-même « Le quartet réarrange Bourvil aux arômes funky, Luis Mariano à la sauce caribéenne, Berthe Silva teintée de pop, Yves Montand de rock. Les quatre compères aiment faire (re)découvrir ces textes intemporels par la diversité de la musique actuelle. »

Ce concept de musique rétro-actuelle devrait enchanter le public. Même si, financièrement, ces concerts à un euro sont déficitaires – le but n’est pas de gagner de l’argent mais d’en dépenser pour le bien de tous - le Comité de braderie sera évidemment aux anges si les 250 places de la salle de spectacle de la Maison de quartier sont occupées ce soir-là. Notez donc cette date sur votre agenda et venez nombreux assister à cet événement festif. Nous le ré-annoncerons ici fin octobre.

Peut-être aurez-vous ensuite la chance, l’année prochaine, de bénéficier au même endroit d’un spectacle avec la comédienne Corinne Masiero ou d’une avant-première d’un film de Ken Loach en présence du réalisateur ? Ce sont là les rêves secrets de certaines dames du Comité de braderie et nous leur souhaitons qu’ils soient exaucés un jour !

Vous pouvez également rejoindre les rangs de ce collectif qui sait, comme le montre la première de nos photos,  «envoyer la chanson» mais aussi bien s’amuser ensemble !

Joe Krapov

Crédits photographiques : 1 et 2 : Joe Krapov ; 3 : Eliane Chevreux ; 4 : Basu Tallur.
Vidéo de Mémé les Watts : Nevascanim.

Ecrit pour Histoires ordinaires/Villejean le 29 septembre 2019.

17 juin 2019

TINTAMARRE DANS "16 METRES CARRES" !

Tintamarre dans seize mètres carrés !

 

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La troupe de théâtre Tintamarre, partenaire depuis de longues années de la Maison de quartier de Villejean est venue le 15 juin 2019 y présenter sa nouvelle création. Elle s’intitule « 16 m2 ».

Pour bien clôturer la fête de la MQV

Celles et ceux des Villejeannais.es qui avaient survécu, samedi dernier, à l’assemblée générale de l’association «Rencontre et culture», à l’apéro du midi, à la fête du jeu, aux prestations théâtrales des ateliers et de la Troupe d’Improvisation rennaise, à la danse country, aux danses africaines de Synzhoi, à la partie de baby-foot humain, à l’apéro du soir et à d’autres agréables moments ont été bien récompensés de leur endurance. Sur le coup de 20 heures la troupe Tintamarre est venue installer, gratuitement, dans la salle de spectacle, son joyeux… tintamarre !

Un récit de cape et d’épée dans un espace réduit

Après «Arsenic et vieilles dentelles», Tintamarre est retourné plus loin dans le passé et s’est attaqué à une pièce historique de Théophile Gautier, «Regardez mais ne touchez pas !». De cet auteur romantique du XIXe siècle on se souvient surtout du « Capitaine Fracasse ». L’action de cette pièce se déroule en Espagne et c’est un pastiche des drames romantiques historiques nombreux à cette époque où «sévissaient» Alexandre Dumas et Victor Hugo.

16  !

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Pourquoi changer le titre de la pièce en « 16 m²» ? Parce que c’est un sacré défi que de monter un récit de cape et d’épée dans l’espace réduit d’une scène de théâtre.

Le pari est d’autant plus difficile à réaliser que l’argument de la pièce tourne autour d’un cheval lancé au galop et du mystérieux inconnu qui, en l’arrêtant, sauve la vie de la reine d’Espagne.

Le spectacle est hilarant car bâti sur une mise en abyme : les comédiens sont en répétition et leurs personnalités s’affrontent dans la vie sur le plateau comme dans le récit espagnol. Le metteur en scène a modifié « grave » le texte de la pièce sous prétexte qu’on va la jouer pour des élèves d’un lycée d’éducation prioritaire de la ZUP ! La personnalité emportée de Ludovic, l’acteur principal, pourra-t-elle être canalisée sur scène ?

E viva España !

Les petits travers de ces comédiens et des grands d’Espagne qu’ils incarnent, un oncle fêtard, un Don Melchior menteur, dragueur et ambitieux, une Griselda rouée et une Béatrix amoureuse, les quiproquos dus à l’obscurité dans les jardins d’Aranjuez, tout cela nous mène vite du côté de Tex Avery et le délire s’installe bientôt sur la scène.

Mais ne dévoilons rien ! Disons qu’il y a de la vidéo, de la musique, des anachronismes, du délire, une boule à facettes, cinquante nuances de roman-photo, un duel, un mort qui ressuscite et gageons que vous aurez très envie, si vous aimez rire, après avoir vu la bande annonce ci-dessous, d’aller découvrir ce formidable spectacle plein de drôlerie, de rythme et de pétulance.

Ne le ratez sous aucun prétexte. Notez dans votre agenda qu’il sera rejoué au Théâtre de la Parcheminerie, en centre-ville de Rennes, le dimanche 30 juin à 17 heures et que Tintamarre le redonnera en septembre, deux soirs de suite, à la Maison de quartier de Villejean. Olé ! 



Ecrit pour "Histoires ordinaires/Villejean" le 17 juin 2019

20 mai 2019

ON N'A PAS TOUS LES JOURS VINGT ANS

On n’a pas tous les jours vingt ans !

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Tu vas au bal ? qu'y m'dit
J' lui dis : Qui ? Y m'dit : Toi
J' lui dis : Moi ? - y m'dit : Oui
J' lui dis : non, je peux pas
C'est trop loin. Y m'dit : Bon.
Et toi, t'y vas ? qu' j'lui dis.
Y m'dit : Qui ? J' lui dis : Toi
Y m'dit : Moi ? J' lui dis : Oui
Y m'dit : Non, j'y vais pas
J'ai un rhume et j'ai froid,
J'ai cent ans et j’ suis bien content.
J’ suis assis sur un banc
Et j’ regarde les contemporains
C'est dire si j’ contemple rien !
J’ file des coups de canne aux passants
Des coups de pompe aux clébards
Qui m'énervent et je me marre !
On peut rien m’ dire, j’ suis trop vieux
Trop fragile, trop précieux
J'ai cent ans ! Qui dit mieux ?

Voilà deux extraits de chansons de Renaud Séchan que l’étincelant accordéoniste Serge Briand n’a pas interprétées à la fête d’anniversaire à laquelle nous avons assisté le 14 mai 2019. Et pourtant il aurait pu, c’eût été de circonstance.

Il en a négligé plein d’autres comme « Votre EHPAD a vingt ans » de Georges Moustaki ou le traditionnel «A Villejean y’a une vieille ouais A Villejean y’a une vieille ouais Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan la vieille Qui a plus d’quatre-vingts-ans Rantanplan». Même "le petit vin blanc qu'on boit sous les tonnelles du côté de Villejean" ne figurait pas à son répertoire !

Pas plus que le grand classique de la plus toute jeune Chantal Goya :

«Voulez-vous danser grand-mère ?
Voulez-vous valser grand-père,
Tout comme au bon vieux temps
Quand vous aviez vingt ans
Sur un air qui vous rappelle
Combien la vie était belle ?»

Sur le coup de seize heures on a cru que les ténors de la politique locale, départementale et même nationale pallieraient cet oubli fâcheux mais au lieu de pousser la chansonnette, le quatuor Dézélus (François André, Véra Briand, Jean-Luc Chenut, Sylvain Le Moal) * n’a fait que parler de son propre bon vieux temps, se contentant de fredonner sans la musique les paroles de « Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître », de « Je ne sais pourquoi j’allais danser à Villejean au musette », de « La Bohème » et de « Je m’voyais déjà ».

Du coup, une fois les discours terminés, le nombreux public et les résidents frustrés se sont rués sur le grand gâteau d’anniversaire.

Ah oui, c’est vrai, on a oublié de vous le dire : c’est la Maison de retraite Raymond Thomas qui fêtait ses vingt ans d’existence ce jour-là.

On a eu droit pour l’occasion à un pot-pourri de madisons, à une chorégraphie sauvage sur la musique de «Les pouces en avant (tchic et tchac han han)» de Kris Law et même à la fièvre disco du samedi soir grâce au «Saint-Malo» de Strollad et à « Magic in the air » de Magic System interprétés par l’accordéoniste. Le personnel de l'établissement et les danseuses du groupe « la Ritournelle » ont fait virevolter tout le monde. Les cannes et déambulateurs ont valsé et c’est tout juste si on n’a pas cassé les fauteuils roulants comme au temps béni des concerts de Gilbert Bécaud ou Johnny Hallyday à l’Olympia. Dieu merci, la mode féminine d’envoyer sa petite culotte sur la scène pour dire son amour à l’artiste s’est perdue ! Même Madonna ne balance plus la sienne au public !

Félicitations donc à toutes celles et ceux, personnel, encadrement, médecins et bénévoles qui oeuvrent quotidiennement pour que les 80 personnes âgées, non, pardon, les 80 seniors bien conservé.e.s, dont huit centenaires, qui logent ici puissent chanter ad libitum :

« Y'a d'la joie bonjour, bonjour les hirondelles
Y'a d'la joie dans le ciel par-dessus les toits
Y'a d'la joie et du soleil dans les ruelles
Y'a d'la joie partout, y'a d'la joie"


*
Nous avons l’air de nous moquer gentiment de nos représentants mais il faut remercier François André d’avoir déposé sur la toile un compte-rendu de ces festivités un peu plus sobre et donc un peu plus sérieux que le nôtre. 

Joe Krapov

Ecrit pour Histoires ordinaire/Villejean le 19 mai 2019

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