21 décembre 2014

LA PETANQUE, C’EST DIVIN !

- Je suis sûr que c’est Toi qui l’as mis là intentionnellement…
- … parce qu’on était en train de gagner…
- … et perdre, Monsieur Dieu n’aime pas ça du tout !
- Alors, pour annuler la partie, Il nous sort un bon vieux tour de magie à sa façon…
- … et Monsieur Dieu dispose un trou noir sur le terrain ! Hop, toutes les boules et le cochonnet disparaissent !
- Arrêtez de me déconcentrer, je mesure ! A qui elle est la boule avec un anneau autour ?
- C’est la mienne !
- Et la grosse jaune toute brillante ?
- C’est à moi.
- Arrêtez de blasphémer, vous avez gagné. La partie est finie. C’est encore la boule bleue et verte qui marque le point.
- Ouais ! Treize à rien ! Allez Fanny, montre lui ton derrière, qu’Il l’embrasse !

1415-12 Edouard Levé 06

 

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 16 décembre 2014 d'après la consigne : "Monologue ou dialogue à partir d'une photo d'Edouard Levé". (Nous remercions l'auteur au passage pour l'emprunt de son oeuvre et je m'engage à la retirer de ce site si la demande en est faite par ses ayant droit).

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CEREMONIE SOIT QUI MAL Y PENSE !

1415-12 Edouard Levé 05

La peste soit de l’avaricelle et des avaricelleux !

Celui-ci a peut-être un langage fleuri mais ses mots - ou ses maux ? – se pressent en boutons sur ses joues et sur son front pendant que son hymne national retentit. Il garde son –leur ? - expressivité pour plus tard. Pustule simplement ne pas être contagieux !

Est-ce une pensée qui couve avant qu’il ne discoure ou une maladie qui incube ? Méfie-toi du feu sous la glace ! Avec le temps, comme tout volcan, bien souvent la rupture n’est qu’éructation, éruption, grêle de coups, coups de bâton, mots décousus de fil blanc et, de fil en aiguille, propagation de boutons qu’on enfile et qu’on se refile. Et si l’on en juge par Pavin et Chauvet, c’est seulement une fois le volcan éteint que le lac naît.

Le boutonneux que je vais récompenser vient justement du centre de la France. Je ne sais où il est allé pêcher cette chemise blanche trop grande pour lui. Personne n’a pensé à lui dire de mettre une cravate. Franchement, le comité donne ses prix à n’importe qui, cette année !

Ca y est, la musique c’est arrêtée, je vais pouvoir lâcher sa main. Je sors de la poche droite de mon veston la notice de montage Ikéa au dos de laquelle j’ai écrit mon petit discours :

- Monsieur Robert Modiano, au nom du comité, devant les caméras du monde entier, je suis heureux de vous remettre le prix Nobel de photographie de spectacles carnavalesques !

Pendant que les flashes crépitent, avant qu’il ne prononce son laïus convenu, je m’éloigne. Discrètement je regarde ce point rouge inquiétant sur le dos de ma main droite et je me lisse la moustache, intrigué.
Ce n’est pas un bouton.

C’est un confetti.

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 16 décembre 2014 d'après la consigne : "Monologue ou dialogue à partir d'une photo d'Edouard Levé". (Nous remercions l'auteur au passage pour l'emprunt de son oeuvre et je m'engage à la retirer de ce site si la demande en est faite par ses ayant droit).

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