20 octobre 2022

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : GAI-LURON

2223-06 JK- Gai Luron 1

Il s’agit d’un chien, personnage de bandes dessinées, né de la plume de Marcel Gotlib.

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais comme j'ai grandi dans les années 60 une de mes premières lectures aura été l'hebdomadaire de bandes dessinées « Vaillant » qui portait alors en sous-titre « le journal de Pif ».

2223-06 JK- Gai Luron 2Ce périodique pour enfants, devenu Pif-gadget, a été très célèbre à partir de 1969 pour s'être mis à ne publier que des récits complets et pour distribuer aux minots, chaque semaine, un gadget amusant dont les spécimens les plus célèbres ont été les Pifises, un genre de têtards dont on ne savait plus que faire une fois que ces œufs de poisson (?) avaient éclos, et les pois sauteurs du Mexique.

Il y avait aussi à l’intérieur un journal des jeux conséquent et, en plus des trois récits complets de 10, 20 et 7 pages, des gags hebdomadaires des séries historiques Pif, Pifou, Placid et Muzo, etc.

Mais revenons à Vaillant et à la période au cours de laquelle les récits d’aventures, délivrés à raison de deux pages par semaine, étaient « à suivre ».

C'est dans ce journal pour mômes, initiative et propriété du Parti communiste français, que Marcel Gotlib a fait ses débuts. Il y a publié Gai-Luron, la première série qui l'a rendu célèbre avant les Dingodossiers scénarisés par Goscinny dans Pilote puis la Rubrique-à-brac pondue en solo. Il y eut ensuite le gros boom de mai 68 et le meurtre freudien du père par claquage de la porte de Pilote puis lancement avec Bretécher et Mandryka de « L'Echo des savanes » où les deux messieurs purent prendre leur pied en dessinant des bites (?) en veux-tu en voilà. Drôle d’époque opaque !

2223-06 JK- Gai Luron 3Retournons en 1964, 5 ou 6. Gai-Luron apparaît d'abord comme un personnage secondaire de la série « Nanar, Jujube et Piette ». Les deux personnages humains, Nanar et Piette, des enfants de la campagne, disparaissent peu à peu ; ne restent au premier plan que Gai-Luron le chien et Jujube le renard puis le titre devient « Gai-Luron ou La joie de vivre ».

2223-06 JK- Gai Luron 5Même si vous n'avez jamais lu « Vaillant » où « Pif-gadget » vous connaissez Gai-Luron. L'œil morne, endormi, lymphatique, n'adorant rien tant qu'une bonne sieste au soleil, il est une copie conforme du Droopy des dessins animés de Tex Avery. « You know what ? I am the Hero ! ».

 

 

 

Le gag qui me fait toujours hurler de rire est celui dans lequel Gai-Luron essaie par tous les moyens, et sans y parvenir, de franchir un mur ; la dernière image en plan plus large montre que le mur était écroulé et qu'on pouvait tout simplement le contourner par le côté. Plus tard Gai-Luron sera doté d'une petite amie, Belle Lurette et leurs cochonneries les plus ultimes consisteront à aller se fourrer dans un buisson pour jouer... à la bataille navale !

2223-06 JK- Gai Luron 4C'est dans Gai-Luron qu’apparaîtra aussi une souris muette dans le bas des cases, concept qu'on retrouvera dans la Rubrique-à-Brac avec la fameuse coccinelle.

Pour être complet citons le retour éphémère dans « Fluide glacial » de « Gai-Luron en slip » et mentionnons que la reprise récente de Gai-Luron par Fabcaro nous met, elle aussi, de très bonne humeur.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 18 octobre 2022

d'après la consigne AEV 2223-06 ci-dessous


19 octobre 2022

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : VENTURA (RAY)

2223-06 JK- Ray Ventura 2

Ce chef d’orchestre de variétés a eu une renommée certaine et quelques tubes retentissants dans les années 1930-1940 de notre ère.

On peut se demander par quel effet du hasard des voyous de mon espèce qui ont été nourris, trente ans plus tard, aux sons des Beatles, Rolling Stones, Pink Floyd et de toutes sortes de groupes de rock psychédélique, progressif ou autres ont pu entendre ces vieilleries et développer un goût certain pour ces orchestrations très jazz et ces paroles à l’esprit essentiellement potache.

J’ai souvenir d’un double disque 33 tours prêté par un cousin ; je sais qu’à une certaine époque de ma vie j’ai écouté l’émission « Les Cinglés du music-hall » de Jean-Christophe Averty. Ce monsieur consacrait une heure sur France Inter ou France-Musique le dimanche à parler, avec son zézaiement et son débit si particuliers, de toutes les musiques nées, dans les années 1920 à 1940, du jazz américain. Les microsillons tournaient alors sur des gramophones à la vitesse de 78 tours minutes et Jean-Christophe nous donnait toutes les références numérotées des enregistrements. On découvrait là des perles inimaginables ! 

Ray Ventura devint célèbre à peu près à la même époque que Charles Trénet. C’était un peu avant que la seconde guerre mondiale ne vienne bousculer le jeu de quilles des fous chantants et des optimistes à tout crin.

Certains des titres de Ray Ventura et son orchestre ont des intitulés dignes d’un devoir de philosophie. Vous avez quatre heures pour répondre aux questions suivantes :

- Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
- C’est malheureux d’être amoureux mais ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, non ?
- Après la pluie le beau temps
- Les Chemises de l’archiduchesse sont elles sèches, archi-sèches ?
- Et puis d’abord, qu’est-ce que ça peut vous faire ?

Quelquefois, l’orchestre se met en grève. Pas question de philosopher autrement qu’en riant sur l’état du monde et la catastrophe qui arrive. Parce que voyez-vous, tout va très bien, madame la marquise, même si le château est en flammes et que monsieur le marquis s’est suicidé ! Ca n’empêche pas qu’il y a des jours où toutes les femmes sont jolies et qu’à la mi-août c’est tellement plus romantique.

On frise quelquefois le graveleux. Ainsi dans « Vous permettez que je déballe mes outils ? Oui mais faites vite qu'on lui a dit ! ». Mais c'est aussi, souvent, ce que Victor Hugo appelle "la fiente de l'esprit qui vole", le calembour pusillanime et l’humour franchouillard comme dans la chanson « C'est idiot mais c'est marrant ». 

La musique est toujours gaie, les musiciens doués. La seule fausse note pourrait être ce chant « patriotique », « On ira pendre notre linge sur la ligne Siefried », fruit de la drôle de guerre de 40, ou bien l'allusion à Blumenthal et Levy à propos d'un petit bout de queue qu'on mutile mais, juif lui-même et craignant quelque peu pour sa peau, avec raison, Ventura quittera la France et entamera une carrière sud-américaine pendant les années sombres de l’occupation.

Lorsqu'il revient en France, la mode des grands orchestres est passée. Le guitariste du groupe, Henri Salvador entame une carrière en solo qui le mènera à la célébrité grâce à de multiples clowneries et crooneries. Le neveu de Ray Ventura, un nommé Sacha Distel, sera connu lui aussi comme chanteur mais surtout comme playboy séducteur et conducteur de véhicule pas toujours très adroit.

De Ray Ventura j'adore « Les Trois mandarins » une chanson qui s'amuse des traductions à rallonge de certaines langues :

« Nos épouses mandarines
Sont là-bas dans la chambre voisine,
Excepté la femme de Ping-Pong Tsé.
Elle n’a pas pu venir. Elle est indisposée  […]
oui tout cela se dit « U » !"

Il y a aussi les paroles de « Le chef d’orchestre n’aime pas la musique » :

« Notre chef n’aime pas la musique, Ta la la
Ni le moderne ni le classique, Ta Ta la la …

Quand il était bébé, on l’en a dégouté
Car on le forçait à faire des games
Do si la sol, pendant des heures
Sans arrêt malgré ses pleurs
Ce fut le commencement du drame »

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais aujourd'hui-même j'ai fait chanter à un groupe de mes congénères une version rythmée différemment de « Comme tout le monde », chanson on ne peut plus universaliste !

« Sitôt que l'on est malade
Aux mêmes soins on est soumis
Chez soi l'on se barricade
Par crainte des épidémies

On prend des tas de précautions comme tout le monde
Des potions des infusions comme tout le monde
On se gave de Chloroquine comme tout le monde
Finalement on attrape la scarlatine comme tout le monde. » 

Ray Ventura, pour résumer, c'est cette philosophie : « La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie ! ».

Et tous les bonheurs que l'on glane, « C’est toujours ça de pris !  comme dirait ma grand-mère. C'est de la quincaillerie mais c'est toujours ça de pris !».


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 18 octobre 2022

d'après la consigne AEV 2223-06 ci-dessous

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2223-06 DU 18 OCTOBRE 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Dictionnaire de la bonne humeur 2

 

Aujourd’hui nous poursuivons l'écriture de notre propre "Dictionnaire de la bonne humeur".

Listez cinq noms de célébrités (auteurs-autrices, acteurs-actrices, chanteurs-chanteuses, personnages de fiction, de bandes dessinées, autres) qui vous mettent de bonne humeur. Choisissez-en une ou deux.

Expliquez pourquoi ou comment leur existence vous réjouit.

Faites une entrée de dictionnaire par personne, comme dans la collection des « Dictionnaires amoureux », ou une chronique laudative pour chacun·e ou ce que vous voulez.

Consigne adaptée du livre de Nayla Chidiac – Les Bienfaits de l’écriture, les bienfaits des mots. - Paris : Odile Jacob, 2022

2223-06 Consigne Rantanplan

03 octobre 2022

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : CHANSON STUPIDE OU AUTRE

Les Gars de la Marine 01 de 4 réduitJe ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que mon épouse bien-aimée, Marina Bourgeoizovna, m'a ramené de chez son popa, qu'elle voit tous les jeudis, une boîte d'archives "que ça t'intéressera !".

Et de fait je n'ai pas sauté au plafond en hurlant - je ne hurle jamais - "Encore des cochonneries sur papier qu'il va falloir que je scanne parce que dans cette famille, comme dans beaucoup d'autres en Ille-et-Vilaine, on ne jette jamais rien parce que ça peut toujours servir !"

Et de fait, ça m'intéressa comme on dit chez Montalbano. Il s'agissait de ce qu'on appelle des petits formats. Vous avez certainement déjà vu, dans des braderies où ailleurs, de ces partitions musicales de chansons éditées sur quatre pages, bien souvent par Monsieur Salabert, vente en gros 22, rue Chauchat Paris 9e et 14 rue de Loxum Bruxelles.

Prenons l'exemple de celle-ci qui se trouve dans le lot, "Les Gars de la marine", musique de W.R. Heymann et paroles de Jean Boyer. Vous le saviez, vous, que ce tube était extrait d'un film de H. Schwarz dont le titre était "Le Capitaine Craddock" ?

Aussitôt en tintinophile éclairé, vous vous mettez en demeure de téléphoner à la Fondation M**l*ns*rt pour dénoncer ce nouveau crime de lèse-majesté. Comment ? On ose voler ses répliques et ses bafouillages à Mme Bianca ?

Eh bien, voyez-vous pas du tout ! C'est l'inverse ! Madame Wikipe, grâces lui soient rendues une fois de plus, nous apprend que le sieur "Hergé, qui vit le film avec sa fiancée Germaine Kieckens en février 1932, s'inspira plus tard de son titre pour créer le capitaine Haddock".

Déjà, ça, ça nous amuse bien ! Le plagié plagieur, c'est comme l'arroseur arrosé !

- Mais tu nous parlais de chanson stupide, oncle Joe ?

- J'y viens, mes nièces et mes cousines, sans t'oublier cher oncle W. à qui je destine une belle image un de ces jours si tu es sage ! C'est que j'ai commencé à les trier, ces partitions. Je les ai mises à aplatir dans une encyclopédie, j'ai ôté leurs cornes, je les ai mises sous plastique et elles tiennent toutes désormais dans un énorme classeur mauve qu'il me faudra scanner un de ces quatre matins.

L'air de rien, ce grand-père de Marina B., quoi qu'il n'en montrât jamais rien sur les photos qu'on a de lui, était peut-être un rigolo. "Il jouait de la mandoline", m'a confié depuis M. Bourgeoizov à qui j'ai demandé les petits secrets de ces archives que lui-même avait oubliées. Il achetait donc ces partitions conservées depuis le décès du musicien dans un coin du grenier familial.

Mais ne nous étalons pas ! Scannons, publions et écoutons la première d'entre elle qui s'intitule "Elle nettoyit sa petite chemisette". Tout un programme, déjà, non, que ce titre ? On n'est pas très loin ici de "Elle lisait le P'tit Parisien" et le finale entre Pierre Repp et Boby Lapointe me fait un bien fou : je n'aurai pas été tout seul à écire des stupidités sur cette planète !

Elle repassit sa petite chemisette (Ouvrard) 01 de 2 retouchée et réduite

Elle repassit sa petite chemisette 02 de 2 retouchée et réduite

Evidemment, par là-dessus, M. Youtube vient parfaire ma mise en joie en nous fournissant un enregistrement sonore de cette chose par Ouvrard ! Merci surtout à M. David Silvestre qui partage ses nombreux trésors musicaux ! 

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26 septembre 2022

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : LOGICIEL MUSICAL

Cela aurait pu être Musescore mais c'est Noteworthy. La bonne humeur que cet outil provoque est souvent sinon toujours différée. Quand on n'a pas étudié plus que cela le solfège, la musique, le rythme, quand on pratique tout ça en autodidacte et qu'on a juste, par-devers soi, des souvenirs de cours donné en 6e et 5e dans un collège du Nord par un professeur aveugle, il faut d'abord suer sang et eau devant la portée musicale sur l'écran.

Parfois je recopie un extrait de partition trouvée sur Internet en plaçant les notes une par une, parfois, comme ici, je recrée le truc à l'oreille, avec ma guitare à côté pour repérer les notes. Le plus souvent, quand je m'y colle, c'est pour fournir une partition à mes collègues accordéoniste et violoniste qui n'ont pas le bonheur de pouvoir utiliser un capodastre sur leur instrument. Je maîtrise très bien maintenant le menu "tools" "transpose" et des tas de notions comme "bar line decorated", "key signature", etc.

Et je suis rendu au niveau où ça m'énerve un peu cet orchestre à l'unisson. La musique, c'est du contrepoint ou rien ! C'est pourquoi je prends souvent de mon temps précieux - ou pas - pour composer une deuxième voix. Ici il y en a même une troisième. Mais quel régal au finale !

Parce que le logiciel musical, je le pratique avec le même esprit de farce que le reste. Je ris d'avance à l'idée que nous allons - peut-être - interpréter cette krapoverie-ci en public à la mi-octobre ! En attendant, la transformation d'une mélodie de chanson paillarde en une espèce de morceau moyenâgeux, ça ne me désole pas vraiment non plus ! 

En revenant de Nantes

 Cliquez sur l'image ci-dessous SVP et revenez sur cet onglet pour chanter les trois premiers couplets !

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EN REVENANT DE NANTES
traditionnel dont les paroles ont été modifiées par Joe Krapov

1
La digue la digue en revenant de Nantes (bis) 
De Nantes à Montaigu la digue la digue 
De Nantes à Montaigu la digue a rompu 
 
2
La digue la digue la rivière insolente   (bis) 
Dans ma chambre est venue la digue la digue 
Dans ma chambre est venue la digue a rompu 

3
La digue la digue le lit de ma soupente   (bis) 
Une gondole est devenu la digue la digue 
Une gondole est devenu la digue a rompu 

4
La digue la digue sur les rivièr's de France  (bis) 
Je flotte comme un perdu la digue la digue 
Je flotte comme un perdu la digue a rompu 
 
5
La digue la digue la belle itinérance   (bis) 
A Beaulieu suis rendu la digue la digue 
A Beaulieu suis rendu la digue a rompu 

6
La digue la digue cett' chanson innocente  (bis) 
Vous a sûrement déçus la digue la digue 
Vous a sûrement déçus la digue a rompu 

7
La digue la digue elle est pourtant charmante  (bis) 
J'en suis bien convaincu la digue la digue 
J'en suis bien convaincu la digue a rompu  

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23 septembre 2022

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : BANANE

2223-02 JK vive-les-bananes

J'aime les bananes parce qu' y a pas d'os dedans. Ceci est le refrain d'une chanson de Ray Ventura dont je connais le début par cœur et qui s'intitule « Vivent les bananes ! ».

La banane est un fruit à peau jaune et cette peau est génératrice de bonne humeur quand elle est posée sur le sol, sauf pour celui qui glisse dessus et se retrouve les fesses par terre à l'issue de cette pantalonnade.

2223-02 JK donald peau de bananeÀ la lettre B j'aurais pu choisir aussi « bande dessinée » à cause de ce gag récurrent qu'on retrouve dans toutes les images comiques d'autrefois et d'aujourd'hui.

2223-02 JK colin-paul-le-tumulte-noir-josephine-bakerQuand on est de bonne humeur et très en forme, on dit qu’on a la pêche ou qu’on a la banane. Quand on a photographié la ceinture de bananes de Joséphine Baker au château des Milandes alors que c’est interdit et que personne ne vous a surpris ni demandé de faire ceinture sur votre nouveau trésor photographique, on ressort avec la banane.

Quand on a la banane et qu'on se prend un râteau la bonne humeur s'en va. Le gag du râteau est lui aussi très connu des bédéphiles : on marche sur les dents de l’outil, ça fait levier et on se prend le manche dans le nez.

Quelquefois on utilise une banane en se la mettant autour du ventre. C'est alors un sac, greffé sur un élastique qui entouré la taille, et cela vous donne l'air ridicule, surtout si, dans le même temps, vous portez un melon sur la tête. Comme quoi « cinq fruits et légumes par jour » ça se discute.

Une banane scotchée sur un tableau blanc n'est plus une banane : c'est une œuvre d'art. Si un visiteur du musée la prend et la mange ça crée un scandale chez les conservateurs et les amateurs d'art mais moi ça me met de bonne humeur.

2223-02 JK Kevin Ayers 2Pour terminer en musique cette entrée de notre dictionnaire, comme elle a commencé, il faut citer ce drôle de chanteur anglais, Kevin Ayers, qui a publié un album intitulé « Bananamour » et qui parsème la fin de ses chansonnettes de « Vive la banane » en français dans le texte. Sur la pochette intérieure de Bananamour on le voit qui joue aux échecs dans un salon anglais select mais les pièces sur l'échiquier sont des morceaux de banane découpés. 

2223-02 JK Kevin Ayers 3

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 septembre 2022 d'après la consigne 2223-02 ci-dessous.

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : APÉRITIF ou APÉRO

2223-02 JK Porto

C'est la rareté qui donne son prix aux choses. Bien qu'on se nourrisse trois fois par jour (« Bien qu'on s’ nourriss’ trois fois par jour, bien qu'on s’nourriss’ trois fois par jour » comme chanterait Brassens sur l'air de la « Complainte des filles de joie ») et que la semaine comporte sept jours, chez nous on ne boit l'apéritif que le samedi et le dimanche à midi.

C'est essentiellement par sagesse que nous fréquentons Madame Modération mais aussi pour tenir compte de l'avis des médecins, ces empêcheurs de se saouler en rond ou au point de devenir rond, qui nous mettent en garde contre la cirrhose du foie qui arrive des fois, surtout aux gogos qui descendent du whisky à gogo.

Chez nous le samedi c'est plutôt Porto rosé. J'ai oublié la date à partir de laquelle on s'est abonnés à ce breuvage mais c'est normal : il paraît qu'on boit pour oublier et pourtant on n'oublie jamais d'écouter le grand face-à-face entre Natacha Polony et Gilles Finkelstein sur France-Inter à l'apéro du samedi.

Le dimanche, pour varier les plaisirs, je bois quelquefois de la vodka mais uniquement de la polonaise : je ne veux rien devoir à Poutine ! Et je la bois parfois à la polonaise avec un cornichon et un verre d'eau gazeuse à côté.

Pour accompagner l'apéritif maintenant les amuse-gueules sont fournis, moyennant finances évidemment, par Madame Biocoop. Je me demande si cela embête vraiment le gouvernement chinois qu'on ait pris un abonnement aux noix de goji du mélange tibétain. On a des scrupules aussi de filer du fric aux Américains et aux Iraniens mais ce n'est pas de notre faute s'ils sont les seuls à fabriquer des pistaches.

2223-02 JK Kevin Ayers 1Au resto si on prend l'apéro c'est bien souvent kir à la mûre, jamais à la pêche ou à la banane ni même au cassis même si on n'a rien contre les habitants de cette ville, Cassis ni contre ceux de Menton. Comment s'appelle-t-ils d'ailleurs les habitants de Menton ? Et pourquoi n'existe t il pas de kir au menton ?

Si nous recevons des ami·e·s, l'apéritif que nous servons s'appelle « champagne ». C'est une boisson gazeuse à base de vin blanc dont la réputation commence à grandir, peut-être parce que Kevin Ayers lui a consacré une ou deux chansons et qu'on entend au début de « Oh my ! » un bouchon de champagne qui saute de sa bouteille avec un petit pop sympathique.

J’adore le pop sympathique du bouchon et la pop sympathique de Kevin Ayers.

 



Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 septembre 2022 d'après la consigne 2223-02 ci-dessous.

DICTIONNAIRE DE LA BONNE HUMEUR : INCIPIT

2223-02 JK AragonA la fin de l'été j'ai raconté sur mon blog des épisodes de nos vacances en commençant tous mes textes par « Je suis snob » ou par « Mon épouse, sa bonté d'âme la perdra ».

Cet automne j'ai l'impression que je pourrais utiliser « Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais... »

Exemple : Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais de prendre l'apéro ça me donne la banane et l'envie de créer le jeu des incipit : je donne le début d'un verre (Oh le dictaphone d’Office, t’as bu trop d’apéro ou quoi ?) d’un vers et vous devez trouver le mot de la fin :

 

Oh combien de marins combien de...

Comme un vol de gerfauts hors du charnier...

Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse...

La digue la digue en revenant de...

La Cigale ayant chanté...

Maître Renard sur un arbre…


(Si vous avez répondu « perché » au dernier sans avoir percuté que c’est le corbeau qui est sur l’arbre dans la fable, vous ne marquez qu’un demi-point.)


Les réponses : capitaines - natal - ennemie - Nantes - tout l'été - perché
 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 20 septembre 2022 d'après la consigne 2223-02 ci-dessous.