22 mars 2023

LETTRE A UN FANTÔME

Cher fantôme,

Depuis combien de temps sommes-nous ensemble ? Ensemble sur la même planète, absents-présents au monde qui nous entoure et, de plus en plus, au fur et à mesure qu'arrivent d'autres créateurs, d'autres bavards du net et des réseaux sociaux, plongés dans l'anonymat et l'oubli ?

Moi, d'être devenu un fantôme pour le monde du travail, ça me va ! La réalité d'un individu libre, en bonne santé, à qui il est permis d'écouter son cœur-enfant et de se balader dans les musiques, les livres, les lieux de spectacle et de relations sociales de sa ville, ça me convient tout à fait.

Mais toi, fantôme de papier, comment peux-tu survivre et ne pas sombrer dans les oubliettes à l'heure du manga dominant, du jeu vidéo d'après blockbusters, de métavers, de smartphones et d'influenceurs·ses ?

AEV 2223-24 Jean-Paul - Lettre au fantôme

Et puis d'abord si tu es « LE fantôme du Bengale » pourquoi indique-t-on sur la couverture de tes fascicules « aventures américaines » ?

Je me souviens que je t'ai découvert chez mon arrière-grand-mère sur une page ou une demi-page de ses magazines féminins, « Nous deux » ou « Intimité du foyer » et on pouvait lire quelque part la formule « Copyright Opera mundi » ou quelque chose comme ça. Il y avait aussi « Arthur et Zoé » ; j'ai découvert récemment que dans la version originale Zoé s'appelait Nancy ! Nan ? Si ! Mais rien à voir avec la place Stanislas !

C'est fou, l'imagination ! L'imagination des Américains encore plus que la nôtre, même s'ils ne sont que des Européens mal descendus du bateau Emigration et que le mal de mer de la traversée les a chanstiqués à jamais ! Il y a donc eu un type dans les années 30 ou 40 du siècle dernier, un nommé Lee Falk, qui t’a imaginé et un autre qui t’a dessiné avec un costume moulant rouge, un slip noir par-dessus, un revolver à la ceinture et un loup noir façon Zorro ou carnaval sur les yeux. A l’origine ta combinaison d’homme grenouille était violette mais pour des raison de difficulté d’encrage elle est devenue rouge dans l’adaptation française.

Est-ce que c’est là la tenue la plus pratique pour survivre dans la jungle ? Faudra qu’on demande à Tarzan et à son slip léopard ! On ne comprend pas bien pourquoi ton compagnon noir nommé Lothar est vêtu lui aussi d'une peau de bête alors qu’on trouve tout à la Samaritaine ! Est-ce du racisme à la mode d’Hollywood ? L’acteur noir qui joue le rôle n'a pas accès aux mêmes magasins de costumes que le grand blanc athlétique à mâchoire carrée ?

[Gasp ! J’ai confondu ! Lothar, c’est chez Mandrake le magicien !]

Si je t'écris ce jour, cher fantôme, c'est pour que tu m'aides à résoudre un mystère. Je ne sais pas comment ma mère s'y est prise pour former ma tête dans le secret de ses entrailles mais elle y a mis pas mal de curiosité, beaucoup de goût pour les images et là-dessus s’est greffée une propension certaine à amasser du vieux papier dans mon grenier ! Il s'y trouve, là-haut, une collection du magazine « Robinson » que mon beau-père m'a confiée, des numéros de « Charlie mensuel », de « Pilote, mâtin quel journal ! » et maintenant un carton plein de tes aventures américaines.

Cher fantôme du Bengale, sont-elles intéressantes au moins ? Est-ce que l'on peut fantasmer sur les formes de ta compagne Diana ou est-ce que c'est « Chasse gardée, pas touche !» ? Devrai-je attendre d'être malade, immobilisé, impotent pour ouvrir ne serait-ce qu'un seul de tes fascicules et savoir ce que tu as à nous raconter ? Car je n'ai encore jamais lu une seule de tes aventures !

C'est que notre vie est bien occupée, agitée, saccadée ! N’en déplaise au pauvre Georges Wolinski, on n’a plus le temps de s'allonger deux heures d'affilée pour lire sur un lit ou dans un canapé en mangeant des chocolats !

Pour ma part je cours d'une répétition de musique à un atelier d'écriture, d'une balade photographique à un cours d'illustration, je découvre grâce aux dévédés le cinéma américain des années 50, je fais tout pour tout connaître des ouvertures échiquéennes et de la pensée macronienne... Enfin non, pas vraiment pour ce dernier point, j’ai des défauts mais pas celui-là !

Tout roule très bien pour nous, les déjà retraités, mais sans doute un peu trop vite : nous sommes des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu'à l'éternel qui est ceci, ici, maintenant. 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 21 mars 2023

d'après la consigne AEV 2223-24 ci-dessous


21 janvier 2023

DE QUELQUES HURLUBERLUS BÉDÉESQUES

DDS 751 Haddock

Il faut attendre l’album « Objectif Lune » pour que le mot « hurluberlu » devienne une insulte sortant de la bouche du célèbre capitaine Haddock.

Pourtant, dans les aventures de Tintin, scénarisées et dessinées par Georges Rémi dit Hergé, il figurait déjà un certain nombre de personnages, de Tryphon Tournesol aux Dupondt, de Philémon Siclone à Séraphin Lampion, auxquels cette dénomination pouvait s’appliquer sans aucun problème.

J’aime beaucoup les hurluberlus. J’en suis peut-être un moi-même. Dans les définitions des dictionnaires on lit : « personne étourdie, écervelée qui se comporte avec extravagance, d’une façon bizarre ou inconsidérée. Synonymes : braque, évaporé , extravagant, farfelu ». Ou pas !

Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie et donc je ne vais le faire que très peu. Je vais juste ajouter que j’ai relu ce dernier mois la quarantaine d’albums des éditions Dargaud que je possède dans lesquels sont reprises les bandes dessinées de Charles M. Schulz consacrées à Snoopy et à ces enfants américains qui ont eu la chance (?) de ne jamais vieillir pendant près de cinquante ans. Je me suis régalé à nouveau de tous les éclats de rire nés de cette lecture, de toutes les inventions abacadabrantesques de ce cartooniste.

Car chez les Peanuts, les hurluberlus sont légion et particulièrement dans les gags quotidiens parus entre 1988 et 2000.

DDS 751 Snoopy Sopwith camelIl y aurait une thèse à écrire sur le chien de Charlie Brown, sur le Van Gogh et le billard qu’il possède dans sa niche, sur la claustrophobie dont il souffre, ce qui fait qu’il dort sur le toit de celle-ci. Sur l’amour qu’il a de ses gamelles : il les filme en vidéo pour les revoir ensuite. Sur ses ambitions de romancier - « C’était par une nuit sombre et orageuse » - rejeté par les maisons d’édition et même par sa boîte aux lettres ! Sur sa participation à la guerre de 14-18, ses combats dans son Sopwith Camel contre le baron rouge. Sur sa troupe d’oiseaux scouts, sur Joe Cool, sur la reprise par la légion étrangère de Fort Zinderneuf, sur Woodstock, sur sa pratique de tous les sports.

Autre personnage bien frappé, Linus Van Pelt ne se promène pas sans sa couverture de sécurité ; la nuit de Halloween, quel que soit le temps et il pleut souvent fin octobre, il fait le guet dans un champ de citrouilles pour voir s’envoler la grande citrouille qu’il assimile au Père Noël ou a Santa Claus pour être précis.

Sa grande sœur, Lucy, autoritaire, expéditive n’a qu’une faiblesse : elle est amoureuse de Schroeder, le pianiste qui ne lui prête guère attention et préfère jouer du Beethoven sur un piano d'enfant. Grâce à eux je sais – mais j’oublie toujours de me promener dans la rue avec une pancarte "C'est l'anniversaire de Beethoven !" ce jour-là – que l’auteur de l’Ode à la Joie est né un 16 décembre ! Les gags graphiques muets autour des partitions sont tout simplement sublimes.

DDS 751 Peppermint pattyTout le monde n’entre pas aussi facilement que moi dans cet univers un poil absurde mais pourtant très bien observé. Avez-vous déjà envoyé un cerf-volant dans le ciel sans qu’il atterrisse dans les branches du seul arbre à proximité ? Dans les bandes des dernières années j’adore la façon dont ces pauvres gosses vivent la problématique de l’école et donc du poids des règles sociales. Les démêlés de Peppermint Patty avec les QCM, les vrai ou faux ou les fiches de lectures à rédiger pendant les vacances, la nouvelle nouvelle philosophie de Sally Brown, tout cela m’enchante positivement.

Mais le plus hurluberlu de tous est bien Spike, le frère de Snoopy qui vit dans le désert. Je trouve admirable tout ce que l’auteur a pu tirer comme effets comiques d’une telle situation : un chien civilisé mais un peu bêta vit dans le désert en compagnie d’un cactus, de cailloux et de buissons baladeurs : il porte un chapeau de pêcheur et des chaussures offertes par Mickey ! Andy et Olaf, les autres frères toujours perdus ne sont pas mal non plus !

DDS 751 Spike schultz 3

Le dernier gag, le plus funèbre, est peut-être celui qui s’est déroulé « In Real Life », dans la vraie vie.

Charles Monroe Schulz a décidé d’arrêter de travailler à cette série en 1999. La veille de la parution de la dernière planche, le 12 février 2000, il décède à l’âge de 77 ans.

Quel hurluberlu ! Faut jamais prendre sa retraite ! Faut jamais s’arrêter de travailler ! Pas avant l’âge de 117 ans ! La preuve : dès qu’on arrête, on meurt ! 


Ecrit pour le Défi du samedi n° 751 à partir de cette consigne : hurluberlu

 

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28 décembre 2022

LE QUESTIONNAIRE SUR LA LECTURE

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais... comme j'ai été interrogé sur la place de la lecture dans mon existence, j'ai répondu. J'ai répondu ceci :

Thème 1 : la lecture « avant ».

le-club-des-cinq-contre-attaque-nouvelle-bibliotheque-rose

J’ai toujours aimé lire depuis l’enfance. J’ai été nourri aux « Club des cinq » d’Enid Blyton. Dans ma famille nous lisions chaque semaine l’illustré« Vaillant, le journal de Pif » et nous partagions nos albums de bandes dessinées avec les voisins : Tintin, Astérix, Chick Bill, Michel Vaillant, Ric Hochet, Lucky Luke...

Au collège ont suivi « Arsène Lupin » de Maurice Leblanc, « Sherlock Holmes » d’Arthur Conan Doyle et « Bob Morane » d’Henri Vernes. J’ai eu une passion pour les « Rougon-Macquart » de Zola, « Les Pardaillan » de Michel Zévaco et pour la poésie d’Arthur Rimbaud. Dans le même temps je lisais l’hebdomadaire "Pilote" et puis quand j’ai commencé à travailler j’ai acheté chaque mois « Fluide Glacial », « Charlie Mensuel », « Métal hurlant », « L’Echo des Savanes » et « A suivre ». Je fonctionne avec des passions pour certains auteurs dont j’achète et je lis toutes les œuvres et j’aime ce qu’on appelle la littérature populaire (policier et science-fiction, BD classique) ainsi que l’humour.

221228 BurmaMes auteurs préférés sont Alphonse Allais, Pierre Desproges, Pierre Dac et Francis Blanche, Gotlib, Goscinny, Franquin, Clifford D. Simak, Fredric Brown, Robert Sheckley, Philip K. Dick, Léo Malet, Stanislas-André Steeman.

En littérature c’est plutôt Boris Vian, Francis Scott Fitzgerald et Henry Miller qui avaient ma préférence. J’aime le théâtre de Labiche, Feydeau et Tchekhov et les nouvelles de Gogol et Zochtchenko.

221228 maigretJe lisais au moins deux bouquins de ce genre-là par semaine. J’allais beaucoup au cinéma et aux concerts quand j’habitais Paris.

Après mon mariage et mon déménagement dans la Sarthe nous avons beaucoup fréquenté la bibliothèque municipale où j’emmenais mes deux enfants. A cette époque-là j’ai découvert Guy de Maupassant, Patrick Modiano et Georges Simenon, les Maigret et les romans durs.


Thème 2 : les pratiques de lecture.

Depuis que je suis à Rennes – vingt cinq ans maintenant ! - je fréquente toujours assidûment les bibliothèques mais j’emprunte sans doute plus de dévédés de cinéma et de musique que de livres.

Je lis assez peu de romans d’auteurs contemporains. J’ai continué à lire la production des auteurs de romans policiers que j’aime bien (Donald Westlake, Richard Stark) et découvert Ray Bradbury en S.F.

Ma fréquence de lecture c’est un ou deux livres par semaine, essentiellement au format imprimé. Jamais de livres audio. Il y a un ou deux ans je suis passé à la liseuse.

Je n’achète pratiquement plus de livres car ma bibliothèque, située dans mon grenier, et mon appartement en sont archi-pleins.

221228 RimbaudA Sablé comme à Rennes, j’ai animé des veillées de lecture publique thématiques avec chansons et fait deux conférences sur Rimbaud et sur Charles Cros. J’anime depuis vingt ans un atelier d’écriture à Villejean et je participe depuis 2006 à des ateliers d’écriture en ligne (Le Défi du samedi, Les Impromptus littéraires, Kaléïdoplumes, Filigrane).

Je n’ai pas de difficultés pour accéder aux livres dans la mesure où je ne suis pas plus que ça l’actualité littéraire et que je vais à la bibliothèque au moins deux fois par mois. J’ai même l’impression de ne m’intéresser qu’à des auteurs ou des chanteurs morts ou à des dinosaures (!) mais pour moi ce sont les meilleurs ;-).

Thème 3 : La lecture à la retraite

221228 sempéDepuis que je suis à la retraite, j’ai tendance à relire des œuvres de ma bibliothèque (Sempé, Modiano, Simenon) et à emprunter des livres plus en relation avec mes activités présentes (Manuels de jeu d’échecs, livres sur les ateliers d’écriture, recueils de partitions musicales).

De ce fait je m’intéresse aux publications de l’Oulipo, à Marcel Proust, Philippe Delerm, Raymond Queneau, Georges Perec et à des biographies d’écrivains.

J’ai retrouvé également une curiosité pour découvrir certains auteurs de romans policiers « plus récents » : Fred Vargas, Jean-Bernard Pouy et surtout Andréa Camilleri dont j’adore les aventures du commissaire Montalbano. J’aime lire également le texte des pièces de théâtre (collection L’Avant-scène ou autres).

Au fil du temps la lecture a été pour moi un plaisir solitaire, une possibilité de se retirer du monde afin de pénétrer dans des univers plus tranquilles, plus fantaisistes ou plus codés mais mes activités plus sociales d’animation ou de participation à des groupes musicaux ou littéraires ont pris davantage de mon temps et changé ma pratique. Je préfère désormais lire des nouvelles ou fragmenter ma lecture car je n’ai pas le temps de me plonger dans un bouquin et de ne plus rien faire avant de l’avoir terminé.

N’oublions pas de mentionner que je passe énormément de temps à apprendre des choses sur Wikipédia à la suite d’écoute d’émissions d’histoire, d’histoire de l’art et d’histoire de la musique de France-Culture et en suivant l’actualité sur France-Inter.

221228 Dimey - je ne dirai pas tout_

Ajoutons à cela la lecture hebdomadaire de Télérama, du Canard enchaîné et de Ouest-France dimanche et des échanges avec des blogueurs ou blogueuses « rencontré·e·s » sur les ateliers d’écriture en ligne.

Mentionnons aussi que nous ne possédons pas de téléviseur, ne sommes pas abonnés à Netflix mais regardons quand même, en plus des dévédés, certains films, concerts, documentaires et séries sur l’ordinateur, plutôt sur Arte que sur TF1 ou M6, c’est bizarre, non ? ;-). Nous allons aussi à des concerts, des pièces de théâtre et de cinéma, même si c’est moins désormais depuis l’invasion de la Covid.

Une œuvre phare ? Les recueils de poèmes et chansons de Bernard Dimey et Georges Brassens. Et les albums des aventures de Corto Maltese par Hugo Pratt. Mais au-dessus de tout je pose l’oeuvre complète de René Goscinny !

221228 Lucky luke

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25 décembre 2022

Joyeux Noël !

Je vais quelquefois me balader sur des sites web où l'on trouve de jolies images. En voici trois que j'ai empruntées ici et là et qui constituent mes cartes de Joyeux Noël, la troisième n'ayant aucun rapport avec cette fête chrétienne. ;-)

Snoopy

Astérix - Joyeux Noël

Tintin au pays du roulage de pelles

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04 janvier 2022

En un mot comme en cent. 25 décembre 2021, Ce qui brille

Ce qui brille, chez «Les Tuniques bleues» c’est le scénario. Ça pourrait très bien être du Blueberry, donc du western de haut vol. Mais quelque part c’est au détriment de l’humour. Il y a la même différence entre Lucky Luke et Chesterfield et Blutch qu’entre Charlot et Laurel et Hardy.

Cest quand même avec un grand plaisir cependant que je rattrape, très, très tard, ce très vieux retard de lecture.

P.S. Celui qui m'a le plus séduit, c'est "Baby Blue".

220104 Baby blue

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11 avril 2020

LES AVEUX D'HAROUN EL POUSSAH

DDS 605 Raymond Kopa

J’étais sur ce sofa quand Kopa écopa d’un méchant pénalty ; l’arbitre s’appelait Coppi, comme Fausto, et c’était à Sofia, chef-lieu d’la Bulgarie.

J’étais sur ce sofa quand Sophie se défit de tous ses beaux habits et fauta un iota.

J’étais sur ce sofa à manger du moka lorsque Mocky tomba dans un méchant coma après avoir commis tant de films très moqués car aucun du niveau de Pépé le Moko.

C’est sur ce sofa là que j’ai lu Modiano, Akim, Kamo (Pennac), Kerouac, Chaval et Gus Bofa (ici la rime est riche !).

C’est sur ce sofa-là que Lagaffe a gaffé et que De Mesmaeker une nouvelle fois ne signa pas contrat.

DDS 605 fox-et-croa-l-emprunt-quotidienSur ce sofa passa tout le gotha : Truffaut, Léaud, Sapho ; ici Nino Rota et Verlaine vomit, Rimbaud gifla Basile Boli et puis lança la tombola du Stromboli. Ont défilé ici Philémon et Baucis rejoints à la coda par Alexandre Lagoya, un joueur de cora des îles sous le vent (en fait Bora-Bora), le directeur des disques Ocora, l’inventeur du Coca-cola, Michèle Cotta, Benoît Dauga, Alice Dona qu’on adora, qui se dopa et répéta toute la doxa du mouvement des bodegas de Mendoza et même aussi Fox et Croa !

Sur ce magique sofa on se gaussa de ces beaux gars, Nicky Lauda, Robert Rocca, Emile Zola, Podalydès, Donatello et Jean Roba.

Sur ce sofa qu’est-ce qu’on a ri de Deborah, de Sorayah, Mona Lisa, Nick et Nora, Rona Hartner, Lotharingen et Konakry ! Du mollah Omar, de Radio-Nova, de l’auteur de la Torah, de tous les ayatollahs et même de Saint-Thomas qui ne voulait pas nous croire quand on lui affirmait que son amour était parti avec le loup dans les grottes de Rocamadour (il en fit un zona par la suite !).

Sur ce sofa on rigola, on caressa des chats, surtout des angoras, on visionna maître Yoda et des vidéos de yoga, on cria « hop-là ! », on yodla au-delà de tout ce qui est permis dans le kama-soutra en matière de cris !

Sur ce sofa on osa tout et jamais on ne mit le holà à quoi que ce soit : on y gueula djobi-djoba, on y joua au jokari, on y chanta du Joe Dassin, on y moqua Michel Jonasz plus chauve qui peut que Charles II à son retour des grandes Jorasses quand il se shootait à la Josacine et voulait jouait de l’ocarina.

Sur ce sofa, la semaine dernière, se donna Lola Rastaquouère !

Sur ce sofa on s’y lova, on ânonna, on y alla à Canossa, on annota Benjamin Stora, on pelota Paula, la cousine Rosa et toutes celles qui voulurent bien nous laisser faire (les autres nous giflèrent, en colère, ou alors nous violèrent, en chaleur). Je me souviens encore de Constance Bonacieux, de Nicole Notat et d’autres audacieuses de la montée aux cieux comme de Fausta Tulmouche, reine des Sainte-Nitouche le tiercé pas dans l’ordre !  Sur ce sofa, on y sauta même des repas ! On dansa la soca sans qu’Iznogoud le sache, on y but du soda et y engloutit des tonnes de gelati Motta aux germes de soja.

Ce sofa sur lequel Aladin me faussa compagnie n’était qu’un vieux tapis volant qu’il me faucha ! Il mérite l'échafaud, ce fâcheux ! Heureusement me sont restés les rêves des mille et une nuits que j’ai rêvés dessus dans l’humble médina où l’on me confina à cause du corona lorsque j’étais pacha.


N.B. Il n'y a ni nota bene ni post-scriptum à cette divagation de calife bonasse ! Ah si, quand même : Les Aventures d'iznogoud sont dûes aux talents conjugués de René Goscinny et de Jean Tabary. Cela paraissait dans Pilote (Mâtin, quel journal !) .

DDS 605 haroun-el-poussah

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 606 à partir de cette consigne : sofa.

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29 février 2020

QUE SONT MES AMI·E·S DEVENU·E·S ?

mimosa

Mimosa ! J’ai été très content que Marina B. me réponde, à l’énoncé de ce nom-là : « Il n’y avait pas un personnage de bande dessinée qui s’appelait comme ça ? ».

Bien sûr que si ! C’est à lui que j’ai tout de suite pensé quand j’ai lu ce mot, samedi dernier, sur le site du Défi. Mimosa ! Le fils adoptif de Popeye et d’Olive Oyl !

Il faut dire que la bande dessinée est devenue un passe-temps quasi-quotidien chez moi. J’ai toujours eu un caractère à aimer bien les phylactères et certain·e·s d’entre vous ne manqueront pas l’occase d’ajouter qu’il me manque une case et que j’aime à coincer la bulle plutôt qu’à me mêler des conciliabules du pape ou de Slavons.

Mimosa ! Pourtant on ne lisait pas Popeye, chez nous. Où cela paraissait-il d’ailleurs vers 1964 ? Il y avait bien quelques dessins animés grappillés à la télé chez le fils du pâtissier le jeudi après-midi mais en bédé, sur papier ? C’était chez Suzanne Ambert, en fascicules de la SFPI à trois francs ?

Au secours, Madame Wikipe !

Swee’ Pea (P’tit pois) apparaît le 28 juillet 1933. Enfant abandonné devant la porte de Popeye, il est adopté par le marin, véritable papa poule, et Olive, plus distante. Il se déplace toujours à quatre pattes dans sa longue chemise de nuit et arbore une casquette de marin. Malgré son âge, il est très intelligent. Si au début, il ne dit que « Glop », son langage s'étoffe peu à peu. C'est un des personnages principaux du comic strip post-Segar.

Passons sur ces questions de spécialistes. Interrogeons-nous plutôt, à partir de ce souvenir de pop-culture, sur le fait que les héros de papier ne vieillissent pas, contrairement à nous qui nous prenons un an dans les dents et tout ce qui va avec à chaque date anniversaire de notre naissance.

Et si, d’un seul coup d’un seul, comme dans l’invraisemblable saison 2 des aventures de Michel Vaillant, les héros de notre enfance revenaient, dotés d’un fils et d’un neveu de dix-huit ans, avec les mêmes syndromes de vieillissement que ces gamins ou que nous-mêmes, voudrait-on encore d’eux pour conduire des bolides sur les circuits de course automobile ? Oui, je sais, il n’est plus question de retraite pour quiconque depuis que le président Bérézina est au pouvoir.

Mais creusons l’idée quand même. A votre avis, que sont-ils devenus, une fois devenus grands, Mimosa, Soupalognon y Crouton, Fantômette, les gamins du Club des cinq ou du Clan des sept ?

On joue ? On joue ! Je lance quelques suggestions, vous complèterez avec vos propres références livresques, cinéphiliques ou Tintinophiles dans la zone de commentaires.

Boule et Bill : le petit garçon est devenu vétérinaire, le chien est enterré au cimetière d’Asnières. C’est ça aussi, le désavantage de vieillir, c’est qu’il faut un jour se départir un peu.

Sylvain et Sylvette : ont fait fortune en devenant designers pour une maison de bonnets de nuits

Soupalognon y Crouton : est devenu sportif de haut niveau. A remporté la médaille d’or d’apnée juvénile aux jeux olympiques de Barcelone en 38 avant Jésus-Christ

DDS 600 TintinAbdallah (dans Tintin © M**lins*rt-les-Gommettes) : Agent des services secrets d’une contrée pétrolifère. Occasionnellement découpeur de journalistes en consulat.


Le Petit Nicolas
: a fait partie du Big bazar de Michel Fugain, a cherché à se faire élire président de la République en 2012 puis est devenu producteur musical (Notre Dame de Paris, Kids United) sans sombrer dans la mégalomanie ni dans la colombophilie.
 

DDS 600 Le Club des cinq arrête-l-alcoolLe Club des cinq : leurs aventures à l’âge adulte sont désormais relatées par Bruno Vincent mais je n’achète plus que des livres sur le jeu d’échecs. Je télécharge aussi des e-books gratuits mais pas pour les lire, juste pour les posséder. C’est mon petit côté Onc’ Picsou. J’adore plonger et nager dans le bonheur de ma bibliothèque-piscine virtuelle !

Le petit garçon de la chanson de Claude François « Le Téléphone pleure » : sa maman s’est mariée sept fois et vient d’entrer à l’Epahd du Lundi au soleil à Lay-les-roses. Ce n’est pas pratique pour lui de passer la voir régulièrement vu qu’il est archéologue et qu’en ce moment il fait des fouilles à Alexandrie avec son épouse Alexandra. Heureusement il y a ses demi-frères et demi-soeurs un peu marteaux qui s'occupent ferme de son bonheur.


Charlie Brown des Peanuts
: a fini par épouser la petite fille rousse. Il tient un magasin de cerfs-volants à Montélimar mais il paraît que la vie là-bas n’est pas toujours du nougat.


Riri, Fifi et Loulou ont été transformés en pâté de canard périgourdin, médaille d’or au concours général de Paris 1998.

DDS 600 pate-de-foie-gras-de-canard-truffe-130g

 

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Et, pour boucler, Mimosa, justement ? Il est devenu ingénieur agronome à l’INRA et travaille à l’Agrocampus de Rennes au sein de l’équipe Spinach+. Késaco, Spinach+ ? L’objectif de ces chercheurs et chercheuses est d’obtenir des épinards qui soient d’une teinte rose ou jaune citron afin que nos bambins à nous mangent d’avantage de ces légumes-là qui sont si bons pour le corpore sano de notre mens sana grâce au fer qu’ils ne contiennent pas.


Thats’s all folks !

DDS 600 Thats_all_folks

Ecrit pour le Défi du samedi n° 600 à partir de cette consigne : mimosa

11 octobre 2019

En balade à Nantes (Loire-Atlantique) le 6 octobre 2019 (3)

191006 Nikon 039

191006 Nikon 041
Plus on va, plus il  faut s'habituer au fait qu'il y a de moins en moins de gens
à avoir connu l'Andy Capp de Reg Smythe.

191006 Nikon 042
J'aime beaucoup cette police de caractère
(et beaucoup moins à Nantes le caractère de la police !)

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09 octobre 2019

L’OCÉAN DES CENT TYPOS : JOURNAL DE BORD DE « LA CACAHUÈTE »

1er janvier.

AEV 1920-05 Pepito Cacahuète

Eh bien dites donc ! Ma doué béniguet ! Aussi vrai que je m’appelle Pépito je n’avais jamais vu un grain comme celui-là et je pense que nous l’avons échappé belle ! Quelle tempête, mes aïeux !
La Cacahuète, notre bien aimé navire, a résisté aux éléments déchaînés mais elle y a laissé des plumes. Des pelures, devrais-je dire. Le grand cacatois est par terre, ça désole Bec de Fer notre perroquet mais aucun des mâts n’est cassé. Maintenant que le vent est tombé les flibustiers Ventempoupe et La Merluche s’occupent à réparer mais j’ai bien peur que nous ne soyons déroutés pour longtemps. Les instruments de mesure du bord ne répondent plus : le sextant est tout mou, l’aiguille de la boussole tourne sur elle-même de façon démente et les cartes marines sont toutes délavées suite aux paquets de mer que nous avons encaissés.

Comble de malchance j’ai bien l’impression que nous sommes passés par le détroit de Clarendon ce qui nous ferait naviguer à l’heure actuelle dans l’océan des Cent typos. Si c’est bien cela, c’est une catastrophe. Les légendes des anciens racontent qu’il y a ici un certain nombre d’îles habitées par des monstres ou des peuplades inconnues aux moeurs bien plus cruelles encore que celles des plus fieffés pirates de La Tortue ou de Las Ananas.

Mais bon, je vais m’arrêter d’écrire pour aujourd’hui. Je vais remonter sur le pont avec une bouteille de ratafia de ma réserve personnelle : c’est la nouvelle année, quand même ! Ca se fête ! Buvons un coup, buvons en deux à la santé des jours heureux ou malheureux qui nous attendent !

2 janvier au matin.

AEV 1920-05 Pepito barque

« Terre à bâbord ! » a hurlé ce matin notre singe Perruche qui occupe là-haut le poste de vigie. Nous avons aussitôt mis le cap sur cette île car nous avons besoin de refaire nos réserves d’eau douce. Dans la longue vue, au fur et à mesure que l’on approche, je suis étonné par la forme du rocher au centre de l’îlot. Quelque chose cloche. On dirait bien que c’en est une. Une cloche. Mon second, Crochette, à qui je me suis ouvert de mes inquiétudes à propos de San Tipo, enfin de l’océan des Cent typos, est allé farfouiller dans sa bibliothèque. Ses livres et parchemins n’ont pas souffert de l’orage car il les a enfermés dans un coffre du genre île au trésor. Il a trouvé quelque chose de très intéressant, un vieux bouquin du quinzième qui s’appelle « Les îles qui ont du chien » par Daniel Baskerville. En consultant l’index à l’entrée « cloche » nous avons pu déduire, d’après la description faite à la page 38, que nous étions en présence de l’île de Bell.

2 janvier au soir.

AEV 1920-05 Pepito Bec en fer

La Cacahuète mouille dans une baie agréable, un lagon bleu pervenche bordé de deux plages blanches et de cocotiers bien garni. Après avoir jeté l’ancre Ventempoupe a mis une chaloupe à l’eau et nous sommes allés ensemble à terre avec Bec-de-Fer qui voletait au-dessus de nous. Ce perroquet est fort utile. Il nous sert d’interprète. Je ne sais quel âge il a exactement mais à force de voler d’île en île et de répéter tout ce que disent les autochtones lui et ses congénères sont devenus polyglottes. Ils sont d’ailleurs tellement bavards que nous nous demandons parfois s’ils n’ont pas plus d’une glotte.

Nous avons caché la barque sur le bord supérieur de la plage et nous avons grimpé vers les hauteurs. L’île semble inhabitée. Il nous a fallu tracer notre chemin en découpant à la machette les broussailles qui ont poussé au pied des cocotiers. Il y a une odeur très sucrée dans l’atmosphère, c’est très agréable et cela donne une impression de chaleur au creux de l’estomac. Au fur et à mesure que nous montons le sol de couleur marron devient lisse et brillant. Bien vite il ne nous est plus possible d’avancer car ça grimpe trop et nous nous retrouvons au pied d’une haute falaise. Ce territoire semble réellement avoir été coulé dans un moule. Ce qui est posé là sur ce qui devait être auparavant un îlot sablonneux, c’est une cloche géante fondue dans une matière inconnue.

Nous sommes revenus sur nos pas, avons repris la barque. L’équipage va débarquer et nous allons bivouaquer ici pour la nuit.

3 janvier au matin.

On a été réveillés à matines par la sonnerie des cloches. En fait ça a été un coup d’escopette tiré par une matrone bien poudrée. C’est une voix de femme qui nous a sonné les cloches :

- Kès vouf outéla ? Cécheunou issitte ! Doucé kvou zète ? Téquila touah ?

Bec de fer a traduit :

- Que faites-vous ici, messieurs ? Vous vous trouvez actuellement sur un terrain privé. D’où venez-vous et qui êtes-vous ?

J’ai expliqué à la dame que nous ne pensions pas à mal et que nous nous apprêtions à repartir après une nuit passée sur la terre ferme. Moyennant quoi un autre Iroquois est venu la rejoindre. Peut-être était-ce son mari ou son compagnon, on ne sait plus comment dire maintenant avec toutes les sortes d’unions qu’on voit aujourd’hui.

- Nous sommes Constantia et Caslon Bodoni, fournisseurs officiels de sa Sainteté le Pape en chocolat de Pâques. Peut-être souhaitez-vous, avant de repartir, visiter notre usine ?

Le mot « usine » était inconnu de Bec de Fer et de nous-mêmes mais le ton de l’insulaire était devenu très civil pour ne pas dire bien urbain. Bec de Fer a traduit notre « Très volontiers, cher Monsieur » en « Pakinpeu Monpott » et le couple de « chocolatiers » nous a emmenés vers la cloche.

Là-même où nous avions rebroussé chemin hier il y avait un sentier étroit que nous avons suivi sur près de cinq cent mètres. Nous avons débouché sur une place et vu dans le rocher marron un grand portail ouvert par lequel nous avons pénétré dans une manufacture. Dans l’immense cloche en chocolat des ouvriers s’activaient en tapant à la pioche à en extraire de gros morceaux. Plus loin des dames en tablier coiffées de toques blanches faisaient fondre ceux-ci et versaient le liquide obtenu dans des moules rectangulaires.

- Nous n’avons jamais vu cela ! avoua Ventempoupe. Ca a l’air bon, en plus !
- Séduj amévuh ! Séd labalh ! a traduit bec de Fer

Normal, répondit Caslon Bodoni. Le secret est bien gardé. Votre pape ne tient pas à ce que le chocolat se répande dans le monde. Avec le chocolat, plus besoin de religion, le paradis est sur la Terre, plus besoin de croire, d’obéir et de subir.

Dans la langue originelle nous avons entendu « Motus papus secretus chocolatum dynamitam ».

Après qu’il eut dit ça nous avons commencé à craindre pour nos fesses. Puisque nous étions désormais dépositaires du secret, quel sort allait être le nôtre ? Les Bodoni ont dû sentir notre inquiétude car ils nous ont dit :

- Vous pouvez reprendre la mer tranquillement. Vous ne risquez pas de raconter cette histoire à qui que ce soit. Nous seuls, dans l’océan des Cent typos, connaissons le seul chemin qui mène à Rome.

Ce que Bec de Fer n’a même pas eu besoin de traduire :

- Passortih de l’oberjum, Pepito !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 octobre 2019
d'après la consigne ci-dessous

Les illustrations sont bien évidemment de Bottaro

04 septembre 2019

Sur la braderie de Villejean à Rennes le 1er septembre 2019

Ils ont encore accompli un marathon de près de cinq heures non stop ! Sur la braderie de Villejean, ce dimanche, on pouvait entendre les deux gugusses du groupe Am'nez zique et les Biches débiter tout leur répertoire de chansons françaises à deux balles.  Ils étaient là pour annoncer leur concert à un euro du samedi 14 septembre prochain. Tiens, eh bien justement, je prends le relais et je vous publie l'affiche de l'événement. Si vous êtes sur Rennes, ne manquez pas ça. Comme dit l'autre, c'en est et c'est de la bonne !

Affiche 14 septembre - version définitive

Sur la braderie de Villejean, ce dimanche, on pouvait voir aussi Marina Bourgeoizovna qui vendait les disques vinyles que son mari a eu le temps de transformer en MP3. Dans le lot il y avait cet album de 1979, "Easy" de Sally Oldfield, la soeur de Mike "Tubular bells" Oldfield, dont la pochette fait singulièrement penser à une toile de René Magritte. Trois toiles de René Magritte !

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Tiens, vous avez gagné le droit d'entendre cette jolie voix :

Sur la braderie de Villejean ce dimanche, il y avait ce type dont j'ai oublié le nom... Alois Fly ? 
C'est l'amnésique le plus célèbre de la bande dessinée belgo-belge.
XIII ! Je viens de me farcir 24 tomes de cette série et je reviens d'être allé emprunter le 25e à la bibliothèque de Cleunay.
Je crois que je vais m'arrêter là : tout ce qu'endure ce bouc émissaire imberbe est finalement assez proche du masochisme christique et son rétablissement final laisse le lecteur presque aussi perdu qu'au début. Qui c'est, ce mec, au bout du conte ? On a l'impression que l'auteur l'utilise comme un prétexte pour faire dessiner à William Vance des grosses voitures, des avions, des hélicos, des armes à feu, des jolies filles et des mecs qui se castagnent à longueur d'albums !

Ca doit être ce que j'appellerai "le complexe de Sttellla" : "On n'a rien de moins que les Américains. On aurait même plus en comptant qu'on est moins".

Conseil d'ami : si vous vous laissez embarquer par les premiers épisodes, arrêtez-vous après le tome 5 !

C'est comme pour la deuxième saison de Michel Vaillant : le tome VII, Macao, dénoue avec une désinvolture sidérante toutes les tensions accumulées dans les albums précédents. La suite n'aura, à mon sens, plus beaucoup d'intérêt.

Mais, finalement, les héros masculins de BD réaliste sont-ils si intéressants que cela ?

Rahan, range ton coutelas !

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Posté par Joe Krapov à 18:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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