13 décembre 2019

Une Croisière sur la Meuse : Monthermé le 14 juillet 2017 (4)

Voilà enfin enregistrée et collée sur les images adéquates la chanson qu'il fallait pour agrémenter d'"idiotie supérieure" la conférence "Rions un peu avec Rimbaud" !
 

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27 novembre 2019

ENCORE EUX ?! (1)

04 Rimbaud en 1862 à l'insrtitut Rossat

La vivacité d’esprit, c’est ce qui fait le bon élève. Il sait, de manière inconsciente, le jeu de la tour de Babel et pour peu qu’il naisse à l’époque où l’on enseigne le latin, le grec et les langues étrangères, il fait passer d’un bord à l’autre des vocables du dictionnaire, il traduit tout. Il y aura donc version et thème, rédaction, assouplissement, remise de prix d’excellence et puis, puberté obligeant, rébellion envers le parcours tout tracé par la société.

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans et moins encore quand on n’a même pas cet âge. On accorde confiance aux proverbes : on croit que la fortune sourit aux audacieux. Arthur brûle le dur et se retrouve en taule plutôt qu’au mont Parnasse. Vous imaginez ce monde-là, kafkaïen avant l’heure, où chaque dévoiement, fût-il si innocent, mérite la prison ? Où tout soulèvement, comme celui de la Commune de Paris, appelle du pouvoir le massacre ou l’exil dans des bagnes lointains ?

Tout pour lui finira, de façon plus badine, dans les mains des sœurs Guinche. Elles chercheront des poux dans la tignasse du beatnik, lui fourniront tout le papier qu’il va noircir avec ses textes incendiaires. A Douai a atterri un élève doué dont il nous reste les cahiers qui ont failli être brûlés.

Mais la fugue est restée en travers du gosier de la mère. Vitalie le réclame, son fiston. Et quand le professeur-rimailleur-sauveteur ramène à Charleville l’adolescent fugueur il pleut. Il pleut des baffes sur Arthur et des noms d’oiseaux sur Georges Izambard. Dans la religion, c’est comme dans la chasse, on fait boire le calice jusqu’hallali. Izambard s’enfuit, piteux, déconvenu et en convient : la bigote n’aime pas Hugo(te) !

Verlaine et rimbaud à londres par regamey_220x256Après… Après on y verra, dans cette histoire, toutes sortes d’abominations. Je ne reconnais là qu’une forme d’adultère et encore, sans avoir aucune preuve de la consommation. On a tant bu, tant bu chez les Vilains bonshommes qu’on se retrouve soûl à monter à quatre pattes l’escalier de la chambre chez Verlaine, enfin chez de Fleurville, où la très jeune épouse, Mathilde, enceinte, dort.

Bientôt, de chambre en chambre, l’insupportable ado, le punk à chien sans chien sème les graines du scandale. Un jour deux hommes partent vers d’autres aventures, l’un laissant derrière lui femme et enfant à naître. C’est à Bruxelles puis à Londres qu’ils vont taquiner la bouteille, la Gueuze, la gueuse, le coup dans l’ale, d’autres drogues, haschisch, opium, prostituées, bibliothèque, jusqu’à ce qu’un jour de juillet 1873 un coup de revolver tranche le nœud gordien de cette cohabitation insensée, mette fin à la domination de celui qui préfère l’impair par celui qui préfère traiter de rinçures ce qui restera à jamais comme le plus bel héritage de la poésie française du XIXe siècle. Rimbaud entreprit ensuite, sans revenir jamais ni sur ces illuminations ni sur cette saison en enfer de devenir un simple, un misérable, un abracadabrantesque vagabond.


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 26 novembre 2019

d'après la consigne-ci-dessous.


N.B. La première photo représente la classe d'Arthur Rimbaud à l'Institution Rossat en 1862. Il est le troisième élève assis au premier rang en partant de la gauche.

Le dessin qui représente Verlaine et Rimbaud à Londres vers 1873 est de Félix Régamey.

ENCORE EUX ?! (2)

Je me suis encore livré, en ce début de semaine studieux, à une recherche iconographique en vue d'illustrer la partie biographique de la conférence "Rions un peu avec Rimbaud". J'ai fait quelques jolies trouvailles que je vous livre ici sans trop de commentaires. Je n'ai en effet aucune certitude sur les informations délivrées sur Internet et pas le temps d'aller vérifier je ne sais où. On comprendra pourquoi avec la photo "des deux cow-boys de Bruxelles". On sait ce que l'iconographie rimbaldienne peut provoquer comme guerres et dégâts collatéraux ! ;-)

01 Frédéric Rimbaud le père (sur geneanet) grand format

Dans la famille Rimbaud, je voudrais le père, Frédéric.
Trouvé sur gw.geneanet.org
mais qu'il s'agisse réellement du géniteur, rien n'est moins sûr !

02C Vitalie_Rimbaud_ca_1890


La mère, Vitalie Cuif, vers 1890. Retrouvée en sépia puis reconstituée en grand format
d'après une capture d'écran de chez M. Sotheby's.

03 Frères_Rimbaud_communiants_Vassogne

Frédéric (le frère) et Arthur en communiants ?
Oui, car on trouve ceci chez Madame Wikipe :
"Frédéric et Arthur Rimbaud en communiants.
1866. Photographie chez Vassogne, Charleville, papier albuminé 21,5 x 14,5 cm.
Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de France (Rés Ne 81F).

mathilde mauté_par alphonse liebert

Mathilde Mauté de Fleurville (la jeune épouse de Paul Verlaine)
photographiée par Alphonse Liebert vers 1870.
H 105  x  L 65 mm. Collection privée.

Document trouvé sur le site de la Fondation Mons 2025.
Rappelons que dans la ville de Mons en Belgique Paul Verlaine a purgé deux ans de prison
pour avoir joué au cow-boy armé dans un hôtel de Bruxelles 
et, accessoirement, blessé au poignet le jeune Arthur R.
qui avait pourtant retiré sa plainte.

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ENCORE EUX ?! (3)

 

Rimbaud par Cazals chez Alain Bardel



Rimbaud par Cazals (avec l'ombre de Verlaine !)
récupéré chez Alain Bardel


Rimbaud silence

Image contemporaine récupérée sur Pinterest.

roche_10

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Deux vues de la feme de Roche, la propriété de Vitalie,
récupérées chez Alain Bardel .

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Le portrait de Verlaine en 1871 par Etienne Carjat
récupéré chez Rimbaudpassion.canalblog.com

Verlaine et Rimbaud 1873 Bruxelles

"Les cow-boys de Bruxelles ,1873 !" est un photomontage apparu en 2016 sur la toile et à propos duquel les Rimbaldolâtres se sont interrogés : "C'est-y eux ou c'est-y pas eux ? ". Les visages sont en fait ceux des portraits faits isolément par Carjat.
Je suis bien content de ne pas être le seul retoucheur stalinien de la blogosphère !
On peut lire ici, sur le site Rimbaudpassion.canalblog.com  plein de choses sur ce double portrait mystificateur.

Rimbaud par Forain lefrere_correspondance++

 Et enfin, tout frais trouvé de ce matin chez Alain Bardel , un portrait de Rimbaud par Forain, validé par Jean-Jacques Lefrère et dont l'authenticité est contestée par Jacques Bienvenu. La guéguerre des images continue !

Rimbaud par Forain

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30 octobre 2019

Bons moments de l'Apéro poétique du samedi 26 octobre 2019 au Grenier à sel de Redon. 2, Sylvie



Le Bateau ivre, d'Arthur Rimbaud !
Je vous prie de croire que j'ai biché !

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25 septembre 2019

CINQ ANAGRAMMES A QUATRE MAINS

N 85-27 Salzburg II 11Ame de Salzburg, l’été, indicible, intouchable, imperceptible à l’imperméable que j’étais en 1985 !

Le passage en Autriche s’est effectué à l’issue d’un périple foldingue dans une Tchécoslovaquie encore communiste à l’époque. Nous y avions erré sans planification quinquennale ni préalable de nos lieux de séjour. Nous étions allés de camping improbable avec feu de camp collectif à deux mètres de votre toile de tente en camping avec taxe de luxe, comme au Monopoly, pour les étrangers en passant par pas de camping du tout, une nuit en pleine campagne à dormir à trois dans une Fiat Panda !

Lorsque nous sommes arrivés dans ce camping autrichien en bordure d’un très beau lac, le gérant allait fermer ses portes. On s’est inscrits en vitesse et on est allés se baigner. Je me souviens très bien de la fête de la bière qui a suivi de l’autre côté du lac, du feu d’artifice et du rangement des chaises métalliques à quatre heures du matin.

De Salzburg j’ai gardé souvenir d’enseignes surchargées, hélas photographiées en noir et blanc. Nous avons croisé Simone Weil et surtout nous n’avons même pas cherché à voir le Mozarts Geburtshaus, La maison natale du petit génie Wolfgang Amadeus. C’est que je préférais alors Vivaldi et les Beatles. Il aura fallu que je voie « Amadeus », le film de Milos Forman, un Tchèque sans provisions, pour que je me mette à apprécier la reine de la nuit, le concerto pour clarinette, le requiem, bref, le beau legs de Mozart.

***

Isaure 1024

La vie en rose, à part dans sa belle robe d’anniversaire, celle avec laquelle elle a posé pour le tableau peint par son oncle Eugène Amaury-Duval et conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes…la vie en rose, la vie heureuse, la vie joyeuse, Isaure Chassériau ne l’aura pas connue.

Est-ce son père, Adolphe Chassériau, le libraire-éditeur aux expériences foireuses qui lui a donné l’exemple d’une vie triste ? Je crois me souvenir qu’il a fini par s’exiler en Amérique du Sud et qu’il y est mort jeune, laissant la maman d’Isaure, Emma-Antigone Duval, veuve, parisienne et salonnarde, vivre de leçons de piano, de confection de sacs et bijoux et surtout d’un remariage réussi avec un député vendéen, M. Guyet-Desfontaines.

Le mariage d’Isaure Chassériau avec un militaire devenu percepteur, Alfred de Brayer, fut un réel échec. Les jeunes gens ne s’entendirent pas, ils se séparèrent et Isaure la neurasthénique abandonna sa vallée de larmes à l’âge de 35 ans.

Toute cette somme d’informations perdues, toute cette histoire parallèle ou perpendiculaire à la ville de Rennes dont tout le monde se fiche éperdument aujourd’hui, Joe Krapov et moi-même nous demandons parfois si on ne l’a pas inventée, si cette existence fut réelle ou si on l’a rêvée.

***

1909225 Le bateau ivre cover

« Le Bateau ivre », moi, je n’ose plus le lire, ce texte !

Je connais deux personnes à Rennes qui savent ce poème par cœur et, je dois l’avouer, elles me font peur toutes les deux. Il faut, pour apprendre ce truc, être à mon humble avis aussi fou que l’auteur, ce jeune provincial fugueur de seize ans monté à Paris pour le réciter devant un cénacle de poètes ébahis qu’il ne mit pas longtemps à agresser de sa folie de punk à chien sans chien des Ardennes. Oui, c’est ça, Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud !

Et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manque de l’enregistrer à mon tour. Oui, derrière Gérard Philipe, derrière Léo Ferré. Tout est possible, tout est réalisable et sur ma chaîne Youtube la vidéo postée par moi qui a le plus de succès est une interprétation déglinguée de « La Patrouille des éléphants » extraite du « Livre de la Jungle » de Walt Disney.

Autant dire que je ne risque rien à le faire sinon à m’effrayer moi-même d’avoir osé toucher du doigt et de la voix cette beauté virale.

***

Serge Gainsbourg ! On pourrait dire aussi, à la façon du dictionnaire : Gainsbarre, Serge : provocateur des années soixante à quatre-vingts du XXe siècle qui a fait fortune en vendant de la chansonnette en art mineur, alors que toute sa vie, à l’instar de Ludwig Van Beethoven, il a cru qu’il faisait de la peinture.

Mais pas la peine de se prendre la tête de chou à propos de cet homme-là, de son « soixante-neuf année érotique », de sa « Marseillaise » en reggae, de son « Je t’aime moi non plus », de son roman « Evguénie Sokolov », de sa façon de brûler un billet de cinq cents francs devant les caméras de la télévision ou du fait de filmer des petites filles toutes nues qui courent sur une plage pour illustrer un clip de Renaud.

On connaît moins le cinéaste qui a transposé dans « Equateur » avec Francis Huster le roman "Le Coup de lune" de Georges Simenon.

Et moi je l’aime bien pour ça, pour sa « Javanaise », pour son « Accordéon », pour son « En relisant ta lettre », pour sa couleur café, pour ses petits papiers et même ses sucettes à l’anis, sa poupée de cire, sa poupée de son, sa situation sous le soleil exactement. Bien plus pour ses chansons que pour ses provocations notoires ou ses grabuges ignorés.
 

*** 

190925 Solesmes aquarelle IP Krapov 114238838_o

Le chant des sirènes monte dans le jour. C’est le premier mercredi du mois et il est midi.

Mais pourquoi ne les entends-je pas ? Pourquoi ne les entends-je plus ? Non seulement je suis attaché au mât du navire Terre en grande perdition pour cause de réchauffement climatique, de populisme et de guerres larvées ou déclarées à tous les étages mais en plus je deviens dur de la branche, sourd comme un pot, malentendant comme un Tryphon dans un champ de tournesols appartenant à M. Van Gogh ?

Le chant des sirènes monte dans le jour. En février prochain François-Ulysse en prendra pour son grade et ça bardera pour Pénélope !

Je ferai une croix sur une partie de mon odyssée. On couchera le roi de Sabolie et j’abandonnerai dans un coin de ma mémoire ces jolis paysages de la Sarthe avec l’abbaye de Solesmes, les pénichettes et les barques amarrées devant dont j’aimais tant les tendres chaînes.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 24 septembre 2019
d'après la consigne ci-dessous

19 juillet 2019

Sur les traces de Rimbaud à Douai le 11 juillet 2019 (1)

- Mais qu’est-ce que c’est que ce monde où je dois faire tout le boulot ? Je vais devoir m’en farcir combien des destinations de vacances improbables ? Tout ça à cause d’un type avec qui je n’ai rien de commun… enfin, très peu, au finale. Or donc amis historien.ne.s de la littérature, rappelons brièvement les faits. Après avoir brûlé le dur, c’est-à-dire voyagé dans le train sans titre de transport pour se rendre à Paris en septembre 1870, le jeune Arthur R., natif de Charleville-Mais hier, se retrouve en cellule à la prison de Mazas. C’est son professeur de rhétorique, Georges Izambard, qui le tire de là en lui envoyant l’argent nécessaire à sa sortie et à son retour à la case départ sans toucher Frs 20 000. En fait il le récupère à Douai, dans le département du Nord où lui-même séjourne – c’est la guerre, plus personne n’a classe, pas même les profs – chez les sœurs Gindre, ses tantes par alliance, au n° 309 de la rue de l’Abbaye des Prés. A l'époque, c'était le n° 27.

- Et alors, Joe Krapov ? D’où vient ton ire ?

- C’est que voyez-vous, cher.e ami.e Rimbaldophile, il y a là-bas une plaque commémorative de ce séjour douaisien du poète.

- Oui, mais encore ?

- Personne jusqu’à ce jour n’a jugé bon de la photographier ni de la montrer sur Internet.

- Justement, on comptait sur toi, qui es né à quinze kilomètres de là et retournes quelquefois sur les lieux de ton enfance, pour le faire ! Tu vois que tu as ton utilité sur cette terre !

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P.S. Mon ire (mon délire ?) vient aussi de ce que j'ai oublié de tourner la molette de l'appareil et que c'est resté sur "effet créatif dessin" ! En même temps, ça n'est pas plus mal !

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Sur les traces de Rimbaud à Douai le 11 juillet 2019 (2)

Vous pensez bien que je n'en suis pas resté là. En fouinant un peu dans cette rue, j'ai trouvé les portraits des "chercheuses de poux", deux des trois soeurs Gindre qui fournirent à Arthur le papier nécessaire à ce qui allait devenir "Cahiers de Douai", une recopie au propre de ses premiers poèmes. En récompense de cela on les a statufiées sous forme de mascarons sur le trottoir d'en face.

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Au Balto le patron m'a affirmé qu'il avait bien connu Rimbaud à l'époque.

- Je lui disais toujours en lui rendant la monnaie : "Fume, c'est du belge !".
Il faut dire qu'à l'époque je ne vendais que du toubac belge !

(Oui, chez les Ch'tis, on dit du toubac pour du tabac).

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- Si j'ai connu Arthur Rimbaud ? Un peu mon neveu ! Un météore ce gars-là, un peu comme moi ! Pas son pareil pour disparaître en un clin d'oeil !

Pas comme ce Joe Krapov qui a bien attendu cinq minutes que je refasse surface pour m'immortaliser !

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Et j'ai cherché aussi sur la toile ce qu'on pouvait trouver sur ces braves dames de soeur Gindre, c'est-à-dire, pas grand chose. Quoique... (Cesse de gindre, Joe Krapov !).

1. Biographie de Georges Izambard

Georges Alphonse Fleury Izambard est né le 11 décembre 1848 à Paris. Sa mère meurt du choléra en 1849 et son fils cadet sera en conséquence élevé à Douai par une famille amie, les soeurs Gindre (Rose-Marie née en 1822, Isabelle en 1823, Henriette en 1826 et Caroline en 1831), qu'il appelait ses «tantes». Georges y resta jusqu'à l'âge adulte. Il fit ses études au lycée de Douai, puis à celui de Lille et fut reçu bachelier ès lettres en août 1866. En juillet 1868 il obtint la licence ès lettres.

Source : http://michel.balmont.free.fr/pedago/rimbaudouai/izambard.html


2. Au cimetière des Batignolles

Tombe de Caroline Gindre-09-tc

La plaque funéraire de Caroline Gindre

http://autourduperetanguy.blogspirit.com/album/au_cimetiere_des_batignolles/gindre-09-tc.html


3. La première fugue de Rimbaud

Le 02 septembre 1870, le lendemain de la défaite de Sedan (Napoléon III se constitue prisonnier et capitule), Rimbaud se trouve dans la prison de Mazasà Paris. Il appelle au secours son professeur de français, Izambard, qui lui envoie treize francs (somme que le détenu devait à l'administration des chemins de fer). La ligne de Charleville est coupée par les armées prussiennes : la police conduit manu militari Arthur à la gare du Nord et on le confie au contrôleur du train en direction de Douai. Il débarque là, au 27 rue de l'Abbaye-des-Près, chez la famille Gindre (famille qui avait élevé Georges Izambard). Les sœurs Gindre, trois vieilles fille – Isabelle 47 ans, Henriette 44 ans et Caroline, 39 ans) le débarrassent « avec de frêles doigts aux ongles argentins » de ses poux (voir « Les Chercheuses de poux », pièce qui ne figure pas dans les poèmes composés à Douai entre septembre et octobre 1870). Vitalie Cuif réclame le retour immédiat à Charleville de son fils Arthur. Fin septembre, il retourne dans le giron familial et compose « Le Dormeur du val ». La Mother décide de le mettre en pension. Dix jours après, le 7 octobre 1870, il file à l'anglaise. C'est sa deuxième fugue. Il prend le train pour rejoindre ses camarades de classe Léon Henry et Léon Billuart à Fumay (localité située à une trentaine de kilomètres au nord de Charleville). Pendant le trajet, il compose « Rêvé pour l'hiver », si on en croit l'épilogue (« En wagon, le 7 octobre 70 »). Dans la maison de Léon Billuart se trouve un majestueux meuble sculpté qui va inspirer son sonnet « Le buffet ». Puis le fugueur se rend, cette fois à pied, àGivet, puis Charleroi et enfin à Bruxelles où il retrouve un autre ami d'Izambard, Paul Durand. . Ce périple entre Charleroi et Bruxelles inspirera les sonnets « Au Cabaret-Vert », « La Maline » et bien sûr « Ma Bohême ». Affamé, sans un sou, il décide de retrouver ses mères adoptives, les sœurs Gindre à Douai. Izambard reçoit de Vitalie Rimbaud l'ordre de faire rapatrier le fugueur. Arthur quitte Douai le 1er novembre 1870 : c'est la dernière fois qu'il voit les sœurs Gindre et son professeur,Georges Izambard.

https://bmirgain.skyrock.com/3078857043-LA-MALINE-RIMBAUD-COMMENTAIRE.html

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Sur les traces de Rimbaud à Douai le 11 juillet 2019 (3)

Avant d'aller effectuer ce pèlerinage, j'avais fait un détour, un peu plus loin dans la même ville, pour aller photographier "l'autre plaque", celle qui concerne la rencontre d'Arthur avec Paul Demeny, poète auto-édité, à qui il confia, en deux livraisons séparées, les 22 poèmes des "Cahiers de Douai".

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Une plaque apposée sur la maison du n°171, rue Jean-de-Bologne, nous rappelle que Rimbaud a croisé à Douai la route d'un autre poète, Paul Demeny, un ami d'Izambard : « En 1870, Arthur Rimbaud confia ici à Paul Demeny vingt-deux poèmes. Il lui adressa, le 15 mai 1871, la seconde lettre dite "du voyant". » Demeny ne fait rien de ces vingt-deux poèmes, alors qu'il aurait pu les éditer. On ne sait pas non plus si c'est dans cette intention que Rimbaud les lui avait confiés. En 1871, quand ce dernier lui demande dans une lettre de brûler tous ces vers, Demeny ne le fait pas non plus. Il les vend vers 1890. Ils seront publiés dans Le Recueil de Douai. Parmi eux, Le Dormeur du val et Ma bohème.

Source : https://lens.maville.com/actu/actudet_-Actualit%C3%A9_-689977_actu.Htm

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En 1870, en septembre et en octobre, Arthur Rimbaud, en fugue et à la recherche de son professeur de réthorique, Georges Izambard, séjourna à Douai, rue de l'Abbaye -des-Prés chez les tantes de ce dernier, les soeurs Gindre. Désireux de se faire éditer, Rimbaud confia à Paul Demeny (poète et éditeur) 15 poèmes au domicile de celui-ci, rue Jean de Bologne ; ces poèmes ont été recopiés ou peut-être certains d'entre eux ont-ils été écrits à Douai. On connaît ces poèmes, parmi lesquels "le bal des pendus" et "les effarés", sous le nom de "recueil de Douai".

Après être retourné à Charleville, contraint et forcé, ayant reçu une mémorable raclée par sa mère, Rimbaud revint à Douai le mois suivant, il déposa 7 nouveaux sonnets parmi lesquels le fameux "Dormeur du val". Le recueil de Douai, appelé également recueil Demeny, fut vendu par celui-ci et se retrouva dans les mains de Stephan Zweig qui l'acheta à l'hôtel Drouot en 1914 ; il le conserva jusqu'à sa mort (son suicide) en 1942 puis le recueil fut cédé par la la belle-famille de l'écrivain autrichien au British Museum où il est encore de nos jours.

Avant de partir Rimbaud écrivit un poème sur la porte du 27 rue de l'Abbaye-des-prés. Bien sûr celui-ci n'est plus visible et nous ne sommes pas certains que le 27 soit aujourd'hui toujours le 27. Les poèmes, après un long séjour dans les tiroirs de Paul Demeny, furent publiés séparément.


Source : http://leblogdunord.over-blog.com/article-19310476.html

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04 février 2019

MILLÉSIME CINQUANTE-QUATRE !

Rimbaud monnaie de Paris

 Ah ! Mille-huit-cent-cinquante-quatre ! Une année fabuleuse pour les Bordeaux rouges et les poètes des Ardennes !

Voilà qu'un autre enfant est né chez le capitaine Rimbaud. C’est, de nouveau, un garçon et il sera à son image, ne tenant jamais bien en place, allant toujours de l'avant, rêvant sans cesse d'évasion.

Une étrange sorcière s'est penchée sur son berceau.

- A l'âge de dix-sept ans, a-t-elle prédit, tu cesseras d’être sérieux. Tu monteras à Paris et tu seras la reine du bal dans ce carnaval noir de mille-huit-cent-soixante et onze mais ça ne te plaira pas vraiment ! La vraie vie est ailleurs. Toujours tu courras après l’or du diable. Le génie ou le mal, il n’y a rien d’autre sur Terre. Tu es promis à la gloire mais il y a une ombre au tableau. Tu dois te méfier des balles perdues ! Après cela, voyage, va au loin ! Tu as un monde à portée de main. Dans les angles morts de ta destinée je vois juste qu’un jour il faudra trancher ! »

L’enfant se prénomme Jean-Nicolas-Arthur. Il a grandi. Il a étudié, il a écrit, il a appris des langues, il a fait la somme de nos folies, de nos illuminations, il a passé une saison en Enfer.

Lui et son copain, le pauvre Lélian se sont comporté comme des sales gosses ! Même que Verlaine lui a tiré dessus un jour à Bruxelles. Mais mourir n’est pas de mise. Semblable à un funambule, le poète s'est fait aventurier et il a disparu au loin dans un halo de cirque mort.

***

 

AEV 1819-06 Rimbaud Djibouti

Il paraît que lui est toujours vivant ! Au cimetière de Charleville-Mézières il y a une boîte aux lettres à son nom ! On peut lui adresser des lettres !

J’en connais qui ne se privent pas d'écrire à Rimbaud pour faire rire leurs copines !

Je vous raconterais bien aussi cette histoire-là mais je n’ai droit qu’à une page !

 

Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 16 octobre 2018
à partir de la consigne du concours "Encres d'automne" ci-dessous.