22 août 2018

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 43, Charade

Mon premier était commandé par Attila et se déplaçait en horde.

Mon second se met au lit sans être pour autant malade ni que qui que ce soit ne tire la couverture à lui.

Tu sors de mes troisièmes quand la colère t’em-porte.

Mon quatrième est un pantalon argotique.

Mon cinquième, s’il est garni par mon second, peut servir au repos de mon premier s’il est guerrier et s’il a enlevé mon quatrième avant d’y monter.

De mon sixième, on ne peut pas nier qu’il est un peu benêt ni que les Québécois, dans son petit panier, lui ajoutent des œufs (zeux, dit-on par là-bas).

Mon septième s’obtient quand on coupe un gâteau en huit (ou en douze ou en seize) mais est absent si on coupe les cheveux en quatre. Encore que moi, dans ces cas-là, comme une flèche, je parte !

Mon huitième est un animal qui grimpe dans les arbres, mange des bananes, et que Pierre Boulle a doté d’une planète.

Mon neuvième sert à fabriquer la bière mais n’est pas le houblon.

Mon dixième est l’habitacle d’une vigie, que le navire soit pirate ou pas.

Il serait vin de croire que mon onzième s’obtient en mélangeant du rouge et du blanc dans un verre.

Mon douzième est identique à mon dixième.

Mon treizième s’extrait d’un rouleau de tapisserie pour orner les murs d’une pièce alors que la bosse trouve son origine dans un rouleau à pâtisserie pour orner le front d’un mari. (Pour être heureux, mariez-vous !).

DDS 520 120988499

Photo empruntée à l'oncle Walrus (Défi du samedi n° 520)

Mon quatorzième est un prénom masculin commun à trois des membres du groupe Tri Yann.

Mon quinzième permet de croquer dans un fruit ou de mordre les doigts de l’odontologiste qui vous a fait mal.

Mon seizième est une interjection enfantine dont Emile Zola, bien qu’il eût dépassé l’âge de l’employer, usa par deux fois pour prénommer la descendante des Macquart qui devint courtisane.

Mon dix-septième est composé de vin blanc et de sirop de fruit (mûre ou cassis ou pêche) et peut se boire à l’auberge du Chanoine.

Mon tout est le résumé d’un récit de la mythologie chrétienne.

Pour lire la solution, passez la souris en maintenant le clic gauche enfoncé sur l'espace ci-dessous !

Un dragon fut aligné par Saint-Georges. Une rose et une légende en naquirent.
Hun – drap –gonds – futal –lit – niais – part – singe – orge – hune – rosé – hune –lé – Jean – dent – na - kir

 

99 dragons Adrienne Ostende 18-08-03 (14) réduit

Merci infiniment à Dame Adrienne, émérite chasseuse de dragons,
qui m'a ramené celui-ci d'un de ses séjours à Ostende !

Et merci aussi à Sophie Coucke, la dessinatrice !

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20 juin 2018

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 39, Arguments en nombre pour message chiffré

171226 265 017- C’est entendu : l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard !

- Le héros principal est fagoté comme l’as de pique !

- Les autres, ceux de la Cour, les chevaliers toujours mis sur leur trente-et-un, sont quand même de sacrés dégonflés !

- C’est vrai quoi ! L’éternel retour de la Bête du Gévaudan, un seul petit dragon à éliminer ce n’est quand même pas la mer à boire ni les douze travaux d’Hercule à réaliser !

- C’est pas difficile de se mettre en quatre, surtout si on est les trois mousquetaires.

- Il faut croire que la princesse mise en gage n’est pas aussi attirante que Blanche-Neige et les sept mains baladeuses !

- En même temps tout le monde ne peut pas être la huitième merveille du monde !

- Bref, si on reprend au début, ce dragon, à lui tout seul c’est les sept plaies de l’Egypte…

- … Sauf que ça se passe en Irak !

- Bad gag à Bagdad ! Le bestiau arrive au volant de son erreur 404 et se met à bouloter tous les moutons des pécores…

- … y compris ceux qui ont cinq pattes…

- … sans même réclamer un coup de fil-en-six pour faire passer la laine et se rafraîchir la sienne, d’haleine, qu’on dit être de cordonnier.

- Le délégué syndical de la FNSEA monte quatre à quatre les marches de l’escalier pour un cinq à sept sans rien d’érotique : il a juste obtenu une audience royale en fin de journée. Sa Majesté…

- Quinze !

- Quinze ? Pourquoi tu dis « quinze » ?

- C’est un barbu. C’est un roi barbu qui s’avance.

- Sa Majesté convoque François, Claude, Mick, Annie, Dagobert…

- …le fameux Club des cinq…

- … le clan des sept, les six compagnons, les quatre filles du docteur Marsh, les sept mercenaires, les sept samouraïs, les cent un dalmatiens et les trois jeunes tambours.

- Tout le monde est aux quatre cents coups mais personne ne veut y aller !

- Ils les ont tous à zéro ! Ca chocotte terrible !

- Mais où est donc passée la septième compagnie des archers du Roy qui avançaient trois par trois ?

- Heureusement il y a le Minitel ! 36 15 code je ne suis pas un zéro !

- Et revoici Georgius sanctissimus, le n° 1 au top 50 des chasseurs de prime.

- Et dans cette version-ci, ni armes ni violence car Saint-Georges est vegan, polyglotte et roué…

- … il affronte le dragon dans une épreuve de sudoku niveau 9 !

- « Si je termine mon sudoku le premier tu dégages le tien au Nord ! »

- « C’est où t’est-ce que ? » demande le dragon qui a été scout dans sa jeunesse et a donc beaucoup de mal à s’orienter.

- « C’est le plus septentrional des quatre points cardinaux. »

- « Ah d’accord, je vois ! Là où il y a la statue des six bourgeois de Calais. Et si c’est toi qui perds ? »

- « Si je perds je te refile toutes mes actions du CAC 40 et je rentre chez moi regarder la fin de « Six feets under », chanter « Five foot two » sur mon ukulélé rose, relire « L’assassin habite au 21, » « Un dans trois » et « Le dernier des six », des polars de Stanislas-André Steeman ou « Trois hommes dans un bateau » de Jérome K. Jerome. Je peux aussi regarder « Huit et demi » de Fellini. Ca fait des années que j’ai le dévédé et je ne l’ai toujours pas visionné. Y’a même « les 39 marches » d’Alfred Hitchcok d’après un roman de John Buchan. »

171226 265 018- Bien sûr, c’est Saint-Georges qui gagne. Il remplit sa grille en cinq secs.

- Quand je te disais que l’histoire ne casse pas trois pattes à un canard !

- Normal. On n’a jamais vu un dragon capable, avec ses grosses griffes, de reporter des chiffres dans les cases des sudokus d’Ouest-France dimanche. Elles sont tellement minuscules que moi, déjà, je n’y arrive pas ! T’imagines le bestiau !

- Alors on fait quoi ? On arrête cette déclinaison ?

- 99 dragons, c’est comme la princesse qui n’est pas aussi belle que la Shéhérazade des mille et une nuits : on ne va pas y passer 107 ans, non plus !

- « 107 ans sur le pot, la vie d’un constipé », comme on disait chez moi quand tu restais trop longtemps à lire Télérama aux toilettes !

- Y’ a que là que ce journal est lisible, en même temps. Donc on arrête à 39 ?

- Oui. « 39 dragons : exercices de style ».

- C’est nul comme titre, non ?

- Oui, c’est nul. 99 sonne mieux. Bon alors OK on continue. On dit un par semaine, les nuits d’insomnie comme aujourd’hui.

- C’est reparti comme en quarante, mon colonel !

- Alors bons baisers de Russie et bonne fin de nuit, 007 !

Ecrit hors ateliers le 3 janvier 2018

N.B. Les deux photos ont été prises à Nantes le 26 décembre 2017

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13 juin 2018

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 42, Onomatopées

Miam Miam
Vraoum Kaï Kaï Kaï

Bêê Bêê Bêê Bêê Toc   Boum 
Couic  Crac 

Scratch  Shazam 
Zap  no zip 

Gloup 

Slurp  Hic Burp  Mmmh  
Ronron Rrr Zzz Zzz Zzz

 

Le dragon, affamé, s’approche du troupeau, envoie d’un coup de patte valser à cinquante pas le chien du paysan.

Les brebis affolées se jettent sur l’enclos mais le monstre a tôt fait de tordre le cou à l’une.

Sans même prendre le temps de la faire cuire – quel besoin d’un barbecue quand on crache soi-même des flammes ? – il l’engloutit

Puis il va se désaltérer dans le courant d’une onde pure, émet un rot sonore et se pose sous un arbre pour digérer tranquille en se tapant une petite sieste

Pouah  Aaargh  Aïe aïe aïe 
Bouh hou hou  Snif 

Tap  Tap  Tap  Drelin Drelin 
Smack  Smack  Groin  Groin
"Tagada Tagada  Toc Toc  Vlan
Patatras Sob"

 

Un peu plus tard le paysan découvre le carnage et se lamente en comprenant sa douleur.

Aussitôt il se rend chez Dame Christiane, la responsable locale de la FNSEA, lui claque deux bises car ils sont copains comme cochons et il l’enjoint de partir à cheval pour aller au château du roi Vlan lui dire le malheur qui leur tombe sur la gueule

Frou frou 
Fft Fft Pschitt pschitt
Vlan Whao 
Ah Ah Ah
Hou Beurk

Hue  Hiiiii  Tagada Tagada Cataclop Cataclop Toc toc Drelin drelin
Frou frou
Coucou Bla bla bla bla bla bla Vlan Bing Bling-Bling Oups Vlan Taratata Pouët Pouët Taïaut Taïaut
Smack Smack
Frou Frou

Dame Christiane va mettre la plus belle de ses robes de voyage, elle s’apprête, se parfume puis redescend. C’est que ce n’est pas rien de rendre visite au roi Vlan ! Autant ne pas se présenter devant lui avec des sabots de paysanne : les capitaines auraient vite fait de l’appeler « Vilaine »

Elle enfourche son cheval qui file au galop jusqu’aux portes du palais. Elle toque à la porte, tire la sonnette et après qu’on l’a introduite elle fait frissonner sa belle robe à traîne sur le carrelage de la salle du trône. Elle se présente, expose la situation et le roi ainsi que les courtisans sont assommés par la nouvelle. Le monarque lui annonce qu’il va battre le rappel des ses troupes et faire donner la cavalerie afin de chasser le monstre. Il lui claque deux bises sur les joues en signe de compassion et la syndicaliste prend congé en faisant froufrouter sa robe d’apparat.

 

Rantanplan Rantanplan Taratata Trutt Trutt Banzaï Youhou Rintintin
Floutch Coa Coa
Fissa fissa Ouste Pschitt Pschitt Piou Piou cataclop Cataclop
RTL Zou
Chpong 
Bzz Bzz Bzz

Zonzon

La roi a fait battre tambour et lancé le rappel de ses preux chevaliers. Il les exhorte à débarrasser le royaume de ce qui n’est au fond qu’un gros lézard à injection, un allume-gaz monté sur des cuisses de grenouilles. Mais ses seigneurs s’avèrent des lâches et vite fait bien fait ils replient leurs gaules, montent sur leurs grands chevaux et retournent de calfeutrer dans leur duché par amour du luxe en bourg. Le roi reste tout seul dans son palais. Dans le grand silence attristé on entendrait voler une mouche mais en fait ce n’est qu’un moustique.

Cui Cui Cui Cot Cot Kodak
Miam Slurp Mmmh
Ding Dong Ding Dong
Chabadabada Allô  Bla Bla Bla Vlan Snif
Boum Boum Cocorico
Heula !

Dans les tréfonds de la campagne sarthoise, pas très loin de l’endroit ou Dame Pénélope Fillon fabrique des confitures, Saint-Georges fait une retraite à l’abbaye de Solesmes. Quand soudain son téléphone portable sonne. C’est le roi Vlan, embarrassé, qui pleurniche au bout du fil pour bénéficier de ses services de décapiteur en chef de poulets aux usines agro-alimentaires LDC de Sablé-sur-Sarthe

Youpi Youp Olé Olé Vlan
Alleluia

Le roi Vlan est content (il faut bien que le corps exulte) : le justicier sarthois a accepté de lui venir en aide

Tic Tac 
Shazam 

Teuf teuf Tut Tut
Pouët Pouët Atchoum

Bing Bling Boing Boum Chtac Couic Crac Flac Flatch Floc Pan Pif Ploc Plop Pof Pouf Poum Schlac Scrotch Tac Toc Vlan Atchoum

Flac Floc Glou Ploc Pouf Pout Tip Vlouf Houla Aïe Aïe Aïe Badaboum Baoum Boum Pan Pataras Atchoum

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire Saint-Georges est là.

Il a fait la route sur son tracteur Massey-Ferguson et le voilà qui corne à la porte du dragon.

 Après moult estocades portées à la bête il sort victorieux de ce combat malgré un rhume des foins sérieux ramené de Solesmes ou l’été est parfois très sec



(Bon, c'est vrai, l'agonie du dragon dure une petit peu trop mais parfois j'aime bien tirer à la ligne  plutôt que de pointer à l'Agence Nationale de la Panne d'Ecriture !)

Smack Smack smack guili guili
Hi Hi Hi Ha Ho Hé Hmmm Miam Miam Youf Schlika Schlika Wham Wham Aaaarg Maman  Olé Olé Rhaa lovely Hmmm
Prout

Dans cette version-ci Saint Georges, en récompense, fricote grave avec la fille du roi. Je vous signale que ça fait quand même quarante et une fois qu’elle reste assise sur le banc des remplaçants à compter les points ! Et ce Saint-Georges, il a beau être dévot, il n’en est pas moins homme : il faut bien que le corps exulte. Et puis tant pis si ça ne vous plaît pas : j’écris tout qu’est-ce que je veux, d’abord, ici ! Na !

1718-32 Saint-Georges et le dragon (Münich) ouille

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 12 juin 2018
d'après la consigne ci-dessous

07 juin 2018

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 41, STYLE EXPRESSÉMENT COQUIN

180521 Nikon 009

Il s’appelait Paul Ledragon mais on le surnommait Popaul. C’était un chemineau qui se faisait employer comme journalier ici ou là. Il n’était jamais le dernier à aller cueillir la pâquerette derrière un talus, à demander becquée à Vénus ou à s’enivrer de sa bouteille mais quand il allait en pantoufles par le chemin sec il se calmait, il regagnait les villes où ça sentait l’avoine, prêt à accepter tous les boulots comme on prend ce qui tombe de l’étagère.

Ce jour-là, le 20 octobre 1854, Popaul Ledragon était venu boire du ratafia au Pont de Neuilly. C’était une gargote qui s’appelait ainsi parce qu’elle était sise près du pont de Neuilly-sur-Marne. Dans la période précédente, Popaul avait vécu au clair de lune et il en était réduit, comme souvent, à se contenter du café du pauvre.

Il avait demandé à la patronne s’il y avait de l’embauche dans la région.

- Nous on cherche un plongeur, déjà !

- Un plongeur ? Dans la Marne ? Avec un scaphandre de poche ? Pour aller récupérer les noyés ?

- Non, mon gars ! Nous, c’est Albert Leroy et moi ! Et le plongeur c’est pour faire la vaisselle du restaurant !

Ledragon avait dit banco et il était devenu l’homme à tout faire du « Pont de Neuilly ». On ne le reconnaissait plus. Il faisait les cuivres façon grand hôtel ; en cuisine il décortiquait la crevette comme pas un ; il faisait la lessive d’Albert et mettait ses chaussettes à la fenêtre ; bref il sculptait l’atmosphère de manière telle que personne n’eût voulu en changer. Ainsi il donnait toute satisfaction et même plus vu qu’affinités avec la Zézette qui tortillait de la crinoline devant lui.

P 94 04 Sablé - Fête des écoles (26-06-94) + Montgolfières au Comice agricole 20 réduite

Comme il avait le nez tourné à la friandise il avait très vite senti que la patronne avait un frelon dans le module, qu’il existait en elle un trésor à faire étinceler. Il avait deviné qu’Albert, de ce côté-là, s’était endormi sur le rôti. Pour ce qui est de s’expédier chez Montgolfier, il y a des gens comme ça qui, avec un scoubidou de sous-officier de réserve, sont capables de devenir très rapidement des académiciens de la flanelle. Albert Leroy en était : sa petite musique de nuit était passée du B-dur au bémol et les seins de Zézette mouraient comme des melons.

A la façon dont elle faisait des yeux de carpe pâmée en le regardant travailler, il avait compris qu’elle en était réduite, pour chanter Ramona, à faire résonner sa petite guitare cachée.

Un jour qu’Albert était parti au ravitaillement à l’autre bout de Paris chez son neveu Georges qui était grossiste près de l’abbaye de Longchamp, Popaul avait aisément réussi à faire cascader la vertu de l’aubergiste. Il lui avait déballé le Mon chéri et elle n’avait pas tardé à crier Maman. Bref il avait mangé en hachis les restes du gigot et les deux s’en étaient trouvés bien.

Cela faisait six mois que ce manège durait. On était maintenant au signe des gémeaux, fin mai, début juin. Zézette n’avait jamais été aussi resplendissante ni Albert aussi suspicieux. Il la regardait qui tournait et retournait son éventail et il lui trouver un petit air à faire voler son dragon comme elle en avait à l’époque de leurs fiançailles. Son dragon ou son Ledragon ? Très vite cette association d’idées fit tic tac dans ce qui lui restait de cervelle et il comprit ce soir-là ce qui devait se tramer ici les jours où il allait chercher boustifaille et tonneaux à Longchamp.

Albert Leroy ne vécut plus dès lors qu’avec cette question : Comment se débarrasser de ce chaud de la couche ? Comment mettre les bagatelles à la porte ? Bien entendu, sans agacer le sous-préfet, sans rendre publique la paire de cornes que sa sauterelle d’édredon lui faisait porter. A-t-on idée aussi, ô femme folle, d’avoir le bonbon qui fait robe à queue ?

Il s’ouvrit de son dilemme à son neveu Georges. Le neveu était un drôle à la fesse tondue ! Il était sexy comme un curé dans un prunier mais à part ça c’était un homme de bon conseil, très inventif et l’on disait de lui qu’il avait toujours du boudin à apporter à sa cousine.

- Ta tante Zézette s’applique un homme sur l’estomac. Mais c’est à moi que le cataplasme pèse.

- Y’a pas de quoi se mettre en capilotade à cause d’un dénicheur de fauvettes qui a emprunté un pain sur la fournée, Tonton ! Mais ton gars Popaul, on va le faire cheminer autrement que des pieds. Je sais comment le faire cesser de grimper aux rideaux !

180428 Nikon 083

On ne sait pas comment Georges s’y prit mais trois semaines après, sur l’esplanade au pied du pont de Neuilly-sur-Marne un chapiteau immense était dressé. Des clowns, des acrobates, des trapézistes, des singes et même un éléphant traversèrent toute la ville dans une parade folle pour annoncer la représentation du cirque Carelli.

On ferma l’auberge ce soir-là et, à la demande insistante d’Albert, Ledragon accompagna les tauliers du pont de Neuilly à la fête. Tout se passa bien pour tout le monde jusqu’au moment où le dompteur hypnotiseur, Zorbak le Grec, demanda à Popaul de descendre sur la piste pour ce qui allait être, selon lui, le clou du spectacle.

Le lion ouvrit grand sa gueule, le dompteur mit la tête du factotum dedans. Il y eut un roulement de tambour, le canon tira sa poudre aux moineaux et… le lion ferma sa gueule !

Ben oui, parfois ça accidente sur la piste. On laisse les chats aller au fromage et finalement les fauves mangent les papiers des petits fours ! Quand on prend les chemins de Fatima, il y a des risques ! Quand on mène Popaul au cirque aussi !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 6 juin 2018
d'après la consigne ci-dessous.



10 janvier 2018

SIX COUPLES CÉLÈBRES RACONTÉS EN QUATRE PHRASES

Adam et Eve

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Bon, ce mec, on l’a posé dans un grand jardin genre le parc du Thabor à Rennes où il y a plein d’arbres fruitiers, de fontaines pures, de soleil et de ciel bleu par-dessus tous les jours, bref, ça pourrait être le Paradis sur Terre.

Mais seulement, au bout d’un moment il est comme le gardien de phare de la chanson et il n’arrête pas de chanter «C’qui manque ici, c’est une négresse !».

Alors il va trouver le jardinier en chef et il lui expose son problème, ce à quoi le Créateur du monde répond : «D’accord, mais ça va te coûter bonbon : une côte.».

Et comme le mec est iatrophobe, plus douillet que David, plus près de ses pièces jaunes que Bernadette C. et qu’il n’a pas envie de passer sur le billard parce que ça rime avec « corbillard », il refuse le marché et retourne faire des sudokus dans son transat, ce qui pose bien des questions à l’arbre généalogique de celui qui vient d’écrire ces lignes.


Verlaine et Rimbaud

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Bon, c’est un gars un peu bizarre, un jeune poète doué qui vient d’épouser une jeune fille comme il faut, jolie, tout juste sortie du pensionnat, il vient de la mettre enceinte donc il pense que tout lui sourit et qu’il va devenir le plus grand poète de sa génération.

Mais un jour Paul Verlaine reçoit une lettre des Ardennes et accepte de recevoir à Paris un jeune provincial qui écrit aussi et qui s’appelle Arthur Rimbaud.

Alors ils se rencontrent et on assiste médusés à un coup de foudre à sens unique, le gars Rimbaud imposant ses quatre volontés délétères au pauvre Lélian – c’est l’anagramme de Paul Verlaine – qui tourne et vire comme un bateau ivre ou comme un bébé vilbrequin et je m’excuse de cette allusion pas très fine à une chanson de France Gall qui vient de mettre tragiquement un terme à sa dépendance aux sucettes à l’anis.

Et comme de bien entendu ça finit très mal parce que Verlaine, un mauvais jour où il s’est soûlé toute la nuit et se retrouve matin blanc comme un cierge de Pâques, raide comme une saillie dans une chambre d’hôtel à Bruxelles avec son mauvais génie, sort son révolver, descend Rimbaud et se fait enfermer pour ce crime dans les prisons de Mons d’où, contrairement à celles de Nantes, on ne peut jamais s’échapper.


Robinson et Vendredi

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Bon, c’est un type qui s’appelle Robinson Crusoé et il a entrepris de voyager sur un bateau un peu ivre qui s’appelle « Le Titanic » et est piloté par le capitaine Rimbaud, Léonardo de son petit nom.

Mais un jour qu’il secoue un peu trop fort les glaçons de son Martini on the rocks sur le pont de première classe voici que le bateau subit une avarie de première bourre et on assiste alors à un affreux naufrage dont il est le seul rescapé à s’échouer sur ce qu’il croit être une île déserte.

Alors le gars fait le tour de l’île, il se construit une cahute, s’aperçoit qu’il n’est pas plus mal là que devant son poste de télé bloqué sur TF1, enfin la première chaîne vu que l’histoire se passe au temps de l’ORTF.

Et le jour où il entend un type un peu noir qui chante « C’qui manque ici c’est une négresse » il a cette parole mémorable qui va nous obliger à reconsidérer de fond en comble la légende d’Adam et Eve : « Le vendredi ,c’est raviolis ».


Sodome et Gomorre

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Bon, c’est un médecin-explorateur qui s’appelle David Gomorre et qui part à la recherche des sources du Nil, du côté de l’Afrique équatoriale.

Mais le gars a été scout dans sa jeunesse et du coup il n’a pas trop le sens de l’orientation et il se paume dans la brousse.

Alors, comme ni Facebook ni Google Maps n’ont été inventés à l’époque où ça se passe, on envoie pour le retrouver une autre expédition dirigée par le Professeur Henry Sodome (ne cherchez pas, il n’y a pas plus de jeu de mot ici que six lignes au-dessus !).

Et quand le professeur Sodome retrouve le docteur Gomorre il lui pose la question « Doctor Gomorre, i presume ? » et l’autre lui répond : « Vous tombez bien, mon vieux car avec Adam et Robinson on avait besoin d’un quatrième pour enfin pouvoir faire une petite belote ! ».


Saint-Georges et le dragon

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Bon, c’est un dragon qui vient d’envahir un pays prospère où il peut boulotter les brebis des paysans du coin.

Mais comme on est encore à peu près au Moyen-Age les serfs demandent à leur seigneur qui leur doit protection d’intervenir mais malheureusement pour eux celui-ci ne peut rien faire vu qu’il est entouré de chevaliers pleutres et incapables.

Alors la fille du roi lance une pétition sur les réseaux sociaux de l’époque, crée le hashtag #balancetonmachonul sur Twitter et surtout paye en ligne via Paypal sur le site Bobdenard.com la location d’un mercenaire ad hoc pour soûler au whisky le monstre du Loch Ness qui a débarqué chez eux.

Et c’est ainsi que Saint-Georges Rémi invente le chevalier de Hadoque dont cette aventure inédite me permet ce jour de pondre l’épisode 40, en style expéditif, de «99 dragons : exercices de style».


Ulysse et Pénélope

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Bon, c’est un petit gars nommé Ulysse qui veut montrer qu’il en a autant qu’Hemingway et qui s’en va faire la guerre contre les Hollandais ou contre n’importe qui, juste pour montrer qu’il n’est pas un simple collaborateur mais qu’il veut et peut devenir calife à la place du calife.

Mais ça, ce sont des plans qui n’arrivent jamais aussi simplement qu’on le croit et surtout pas dans les bandes dessinées de Goscinny et Tabary.

Alors quand on découvre qu’il a pioché dans le trésor de guerre de quoi acheter des croquettes à son chien Argos et du matériel de chez Ecolaine pour que son épouse Pénélope puisse faire tapisserie en brodant une jolie tapisserie il est dégradé et la flotte grecque embarque sans lui en direction de l’ennemi avec escales dans les îles de Syrisa, Varouflakis et Tsipras où Adam, Robinson, Sodome et Gomorre entament leur 245 681e partie de belote.

Et cette version des fait qui correspond pourtant à la réalité historique le romancier Homère ne nous l’a pas racontée comme ça dans son livre « Odyssée loin, l’Elysée ? » ce qui prouve bien qu’on peut lui décrire un éléphant de cinquante façons, un aveugle ne verra jamais la même chose que nous !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 janvier 2018
d'après la consigne ci-dessous


28 novembre 2017

Le plus cher de mes trésors

170915 Nikon 003

Ce trésor-là n'a pas de prix. C'est une oeuvre de Mademoiselle Zell. J'aime à penser que si je viens à bout un jour de "99 dragons : exercices de style" elle en constituera la couverture. Pour l'instant ce tableau m'inspire le dialogue suivant :

LES PARENTS - Cet enfant est inquiétant : il n'arrête pas d'écrire !
LE DRAGON - Vas-y, Joe Krapov, écris m'en encore une autre !

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10 novembre 2016

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 38, Métro-nomique

1
Le dragon qui sort de sa grotte
A tout d’abord l’œil qui frisotte :
Pas habitué à la lumière
Il cligne, cligne des paupières.

Orléans ! Clignancourt ! Nation ! Porte Dauphine !
Bienvenue, mon Parnasse !

Quelle jolie Laumière en ce début du jOurcq !
Comme il faisait frisquet à la station Glaciaire !

AEV 1617-07 Le-métro-Glacière-à-Paris

2
Bientôt ragaillardi,
Se sentant d’appétit,
Le voilà qui chemine
Direction la cantine.

Bœuf en daube ? Censier Daubenton ?
Le Normand qui débarque en plein cœur de Paris,
Plein de Gaîté place des fêtes,
Il fait parfois son trou à l’entrée des Lilas !

AEV 1617-07 dragon 2

3
O divine et belle surprise !
Laisse ta faim maladive en prise !
Voilà ton repas de midi :
Un troupeau de blanches brebis !

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Danton ? Robespierre, passe encore !
Quelle mouche La Motte-Piquet ?
Qui tire les ficelles du Pantin d’Italie ?

4
Mais, sorti du château voisin

Voici qu’accourt un argousin :
C’est un énorme Saint-Bernard
Qui a dû se tromper d’histoire

Vraiment ? Comme c’est Corvisart !
Voilà qu’il a dit « Corvisart » !
Il a Cité, en Chemin, Pré-Vert et Maurice Chevaleret :
Qui va causer dégâts station Ménilmontant ?

AEV 1617-07 dragon 3

5
- Flambe-les, dit le chien au dragon. Ou tout comme !
Je vais les asperger de mon tonneau de rhum ! ».
Or c’était de l’essence. Ayant ainsi agi, il s’écarte du lieu.
L’autre peu malicieux lâche flamme et…prend feu !

Bêtes à gros museaux, méfiez-vous des saints placides !
Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés
Et plus de Pyrénées quand on a l’allant Ternes
Et les neurones Invalides.

Faites plutôt emplette à Richelieu-Drouot
D’un club de golfe clair qui rend le marc Cadet
Des soucis des bons poissonniers
Et permet de les Dugommier, les clébards qui gardent le Temple

AEV 17-07 Métro-Poissonnière-Paris

6
On mangea du dragon rôti tout cet hiver.
Saint-Georges ayant raté la bonne correspondance
S’est farci quant à lui les timbrés d’Angleterre
Et leur panse de brebis !

MORALITE

Ne faisons pas Trocadéro (Trop de cas des héros) :
Ils perdent quelquefois
Leurs couronnes, comme les rois.

D'une voix presque muette,
Ils murmurent Cambronne
Et restent sur le cul
Et restent sur le quai
De la Râpée.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 novembre 2016
à partir de la consigne 1617-07 "Imagidés" décrite ci-dessous.

Photos empruntées au web. 

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06 novembre 2016

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 37, Approximativement proverbial

Quand une vache fait deux veaux, la maison est au plus haut. Mais quand un méchant dragon qui bouffe comme quatre vient boulotter son troupeau de brebis, le paysan tire la tronche.

Face à un tel prédateur, inutile de récriminer : ventre affamé n’a point d’oreilles, la raison du plus fort est toujours la meilleure et s’il daignait répondre, l’idiot dostoïevskien, ce serait pour lui dire qu’« il faut vivre pour manger et non manger pour vivre ».

Bientôt chacun se plaint que son grenier n’est pas plein. Chacun est éloquent pour défendre son différend et où manque la police abonde la malice. Au nom de tous les siens Martin Pauvremisère s’en va trouver le roi, réclamer que la chair du mouton ne soit plus le manger du glouton.

***

Les hommes sont comme les melons : sur dix, il y en a un de bon. C’était le cas de ce roi-là. Il s’appelait Pozol.

A porter ses amis, nul ne devient bossu. Pozol était très droit. Mais le coup du dragon fut un coup de massue. C’est ainsi qu’on foudroie le plus juste des rois.

Cependant, rassemblant en cellule de crise ministres, chevaliers, conseillers et savants, il fit part du problème et chercha solution.

DDS 427 Jean de Nivelle

Tout ce beau monde fut sublime ! Comme le chien de Jean de Nivelle, celui qui fuit quand on l’appelle, perdant d’un seul coup leurs grands airs, tous ces p(eu)reux se dégonflèrent :
- J’ai bon courage, dit l’un, mais les jambes me faillent !
- Qui va risquer un œil risque d’en perdre deux ! prétendit l’autre.
- On marche toujours de travers sur un plancher qui ne nous appartient pas !
- Chacun pour soi et Dieu pour tous !
- Après moi le déluge !

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point » se dit le roi levant ce lièvre. Rome ne se fera pas en un jour. Quand le malheur entre dans une maison, il faut lui donner une chaise. Le découragement est un péché mortel. Quand il faut prendre le taureau par les cornes, tous les coups sont permis et sur cet échiquier où l’on manque d’éthique rien n’interdit que l’on adopte la position du mercenaire, conclut le monarque.

Et sur son Minitel antique, il tapa – et toc ! – 36 15 Bob Denard. On lui promit Saint-Georges. Et il fut engagé parce qu’il y croyait à cette, à ce pro-messe.

***

Pendant ce temps bâfrait Balthazar le dragon, songeant, pareil au garagiste * que changement d’herbage réjouit les veaux. L’appétit d’autres mets lui venait en mangeant.

* Mon garagiste croit que « Changement d’airbag réjouit la Volvo ».

Si bien qu’insoucieux de tous les équipages qu’on avait mis en route pour le bouter hors du pays, il monta les enchères et réclama de l’homme ou même, à la rigueur, de la femme, mais tendre.

Nouvelle panique à bord. Devant l’ultimatum les jeunes gens s’enfuirent en hurlant « Mieux vaut partir à point que d’arriver saignant ».

Las le sort désigna pour passer à la casserole en premier la fille aimée du roi Pozol.

***

Glissons sur le suspens, l’angoisse des héros, la Lune montrée du doigt : votre temps est précieux, le mien aussi, il faut que j’aille voir ce doigt et le boire s’il est de Porto.

Car de tout façon, Saint-Georges est arrivé et le duel proverbial a bientôt commencé :

- Le bien n’est pas dans la grandeur mais la grandeur est dans le bien, commence le saint.
- Comment, petit humain ? Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire ?
- Sol licet omnibus. Qui t’a permis d’ôter leur chemise à ces gens ?
- Charité bien ordonnée commence par moi-même.

Etc. Etc.

DDS 427 d07f488847df13fccf0cf453fd293d61

Et les deux bientôt d’en découdre. A cœur vaillant rien d’impossible, la Fortune sourit à l’audacieux jeune homme et la messe fut dite, le dragon s’écroula et on lui découpa les oreilles et la queue comme il est de coutume avec les toreros. Non, pardon, les taureaux.

L’échauffourée fut si brève qu’elle donna naissance au proverbe fameux « Il faut rendre les armes à Saint-Georges ».

On voulut récompenser le vainqueur et la princesse elle-même se fût bien volontiers donnée à son sauveur. Amour, toux, fumée et argent ne se peuvent cacher longuement. Mais à chaque fou sa marotte : celui-ci avait semelles de vent. Il ne voulut rien.

Entre le fromage et la poire chacun dit sa chanson à boire mais lui était déjà parti, laissant en lieu et place du monstre du désert, un renard, une rose et une cage en bois. A vous de dessiner cette transmutation !

Ici se termine le conte car selon l’adage bien connu : « Tout a une fin sauf les saucisses qui en ont deux ».

 

 

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 427 à partir de cette consigne

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11 septembre 2016

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 36, Télégraphique

160825 Nikon 048


- Madame la dragonne Z ?

- Oui ?
- Télégramme !

Ma chérie, STOP Ai trouvé pays cocagne STOP Paysans faciles racketter STOP Viande ovine 1er choix STOP Maréchaussée inexistante STOP Rejoins-moi avec mômes STOP Trop de la balle ! STOP
Signé : Dragon Z

télégraphiste 975_0010

- Monsieur Sanzot, producteur d’ovins ?
- Moi-même.
- Télégramme de la Confédération paysanne !

Négociations fructueuses. STOP Evénements récents déclarés catastrophe naturelle. STOP Réparations suivent. STOP Monarque suggéré nous adresser « Assurances Considération distinguée » avec dossier étendue sinistre. STOP Confraternellement vôtre. STOP

Facteur-2

- M. Judas Ganelon ?
- Ca dépend des jours. C’est pour quoi ?
- Télégramme envoyé par « Comploteurs cagoulés réunis ».
- Ce n’est pas une contrepèterie, au moins ?

Cher M. Judas Ganelon. STOP Avons suivi vos conseils. STOP Nous sommes fait porter pâles. STOP Roi désemparé, esseulé. STOP A fait appel puissance étrangère. STOP Quel nul ! STOP Attendons échec intervention Saint-Georges comme convenu. STOP Ensuite, procédons putsch ! STOP A nous le pouvoir ! STOP
P. S. Trente deniers pour votre société de conseil suivent. STOP Ne rentraient pas dans le télégramme. STOP 

télégramme de bonheur 303_002

 

- Mme la sœur Anne ?
- Ah non, moi c’est Sœur Sourire. Sœur Anne fait ses dévotions là-haut tout en haut de la tour.
- Il n’y a pas d’ascenseur ?
- Pas encore inventé, mon pote ! C’est à remettre en mains propres ou il faut te montrer patte blanche. Je sais, ça revient au même. Je peux prendre le colis pour elle et le lui remettre, si tu veux, mon mignon ?
- C’est juste un télégramme.
- Alors monte ! L’escalier est dans la concierge.

Anne, ma sœur Anne. STOP

Je vais enfin voir le loup. STOP Si tu savais ! STOP Papa contrit mais d’accord. STOP D’après rumeur publique, mon promis crache des flammes et a une grosse queue. STOP Chic ! Chic ! Chic ! STOP Bises de ta soeurette. STOP

carson

- M. Saint-Georges ?
- Oui ?
- Télégramme du pénitencier.

Cher Lucky Luke. STOP Dalton encore évadés. STOP Merci nous les ramener. STOP Signé : Le directeur.

- Ouf ! ca n’est pas pour moi ! Je vais pouvoir continuer tranquillement mes sudokus de niveau 12

sudoku

P.S.


Télégramme pour Miss MAP et oncle Walrus :

Un dragon supplémentaire ! STOP Encore bonne chose faite ! STOP Merci à vous accepter sur Défi depuis lustres délires krapoviens. STOP Et permettre accomplissement grand œuvre hagiographique et Quenaldien. STOP Amitiés et remerciements renouvelés. 

Signé : Joe Krapov le neveu fou

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26 juin 2016

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 35, CENTON AUDIARDESQUE

- Je vous préviens, Lenglumé ! Si Dragonneau n’est pas enchristé dans les 48 heures, va y avoir du grabuge !
- Ah parce qu’il est vraiment revenu ? C’est pas un charre ? Mais faudrait d’abord qu’on puisse l’agrafer, M’sieu l’divisionnaire. Il ira pas de lui-même, au ballon !
- Alors à vous de l’y mettre, au violon. Je veux que vous fourriez ses miches en carluche au plus tôt ! Si vous charriez pas la cadence, j’avertis : faudra doubler les équipes ou marner de nuit, inspecteur !

En sortant du bureau, Lenglumé alpague Legeay-Nidéze.

- Dans une situation tendue, quand tu parles fermement avec un calibre en pogne, personne ne conteste. Y’a des statistiques là-dessus. Convoque moi Saint- Georges.
- Aux grands maux les grands remèdes, alors ?
- Tout à fait, Thierry ! Il faut que l’affaire soit emballée samedi soir dernier carat ! Mets-y le prix !

***

 

160410 Nikon 076

A la Taverne d’Attilio, en haut de la butte Montmartre, ça rouscaille aussi un max.

- C’est la Bérézina, l’apocalypse, la chute de la maison Usher depuis que Dragonneau a décidé de faire son turbin par ici ! Alors là Messieurs, c’est le fatum, l’impondérable, la sorcière aux dents vertes !
- Avec ça l’économie est tombée en rideau. Nos financiers sont repasseman et le ministre du budget aussi !
- C’est comme du rataga sur la Beauce ! Des tas de malheurs dans la population !
- Et pas un cador dans le coin pour aller lui dire « Calte ! », « Décarre ! », « Rippe ! », « Trisse ! ». Le pire demi-sel, le plus tocard des malabars se prend pour Scarface. Rouler des mécaniques, c’est la maladie des hommes. Mais dès qu’il y a du schproum il n’y a plus que des traîne-lattes !

Effectivement, on peut se demander si le grossium est à la hauteur. Celui qui a l’air du taulier a le genre homme du monde mais en vérité ce n’est qu’un sycophante glaireux. Qui c’est qui tient le guignol, hein ? Qui c’est ? Un gros nase ! Fredo-le-Pyromane !

- Je ne voudrais pas me rendre malade mais il est en train de me rendre louf, pense le parrain. J’ai des bourdonnements, je le vois partout ! Quelle ordure, ce Dragonneau ! Mais avec le coup que je goupille ça pourrait changer. J’vais décrocher mon bigophone et appeler Saint-Georges. Il va te le dégager de la carrée en cinq secs !


***

Photo prise à Toulouse le 10 avril 2016              

- Qu’est-ce que tu veux que fasse de cinq cents briques, Fredo ? Surtout de nos jours ! Le SMIC est en plein chanstique, la TVA nous suce le sang et la bourse se fait la malle. C’est le clandé de la rue Chabanais ou rien, parrain ! J’adore les blondes comaques avec des roberts choucards et des belles châsses.
- Mais c’est les éconocroques du monarque que tu me demandes, Saint-Georges !
- On n’a rien sans rien ! Puisque t’es installé à Capoue, le pyromane, il faut bien que quelqu’un aille se le farcir tout seul ! Mais pour dessouder un mastar pareil, faut y mettre le prix ! Tu veux qu’il clamse ou pas ? Et avant dimanche en plus !

Saint-Georges repose l’appareil, content de pouvoir bouffer à nouveau à deux rateliers voire plus si affinités. Il songe :

- C’est toujours la même histoire ! Un mec qui veut devenir matador pour épater sa gonzesse, il se prend un coup de corne dans le derche, il chiale ! Mais bon, ça fait deux occasions de se remplir les fouilles à peu de frais. Quand le pognon est là, y’a plus qu’à l’engourdir. Me reste plus qu’à foncer chez Dragonneau et à l’emplâtrer. J’vais lui balancer du Fly-Tox dans les naseaux, tu vas voir comme ! Je lui mets la tête en bas, lui fais vomir ses friandises et j’envoie sa nana se faire bronzer à Dakar !

***

Dragonneau n’en revient pas.

 

DDS 408 Audiard

- Quand on est cintré comme toi, on porte un écriteau, on prévient, Saint-Georges ! Quand on a cravaté Jo les grands pieds t’as fait un beau rapport, t’as toujours été fort en rédac. Si j’ai repris l’affaire, c’est pas pour décaniller six mois après !
- Je vais te donner les fafs de ton nouveau pedigree : « Langue morte », ça sera, désormais ton blase. Ils sont tous après toi, les gangs comme l’antigang. Taille-toi, diamant, avant que tes feux ne s’éteignent à jamais !
- T’es bath, toi ! Bien aimable à toi mais ça ne fait pas mon affaire ! Tu crois au Barbu, ou quoi ? On n’est pas chez les Balubas, ici, faut bien que je croûte moi !
- Tant que tu turbines dans le secteur, c’est du rif garanti. Mais fais gaffe, j’suis un mec dans le genre de Laetitia Castagne ! Je m’accroche ! Faut que tu quittes le quartier, Dragonneau !
- Si t’es venu pour me donner des ordres, je vais te virer à coups de pompes dans le train ! T’es que mon lieutenant, j’te rappelle !
- Tu vas avaler ton extrait de naissance, Dragonneau. Prendre ton ticson pour l’au-delà !

Dragonneau est saisi d’un doute soudain : « Il aurait quand même pas envie de me casquer à coup de flingue, cézigue ? ».

Eh ben, si ! Saint-Georges sort son Lüger et défouraille. L’autre roule des yeux ébahis et pose sa paluche velue sur son palpitant. Le résiné jaillit de partout.

- Je me suis fait bananer comme un collégien ! » a encore la force de dire Dragonneau en s’affalant avec trois bastos dans le buffet. Un cadeau vraiment inattendu.

Il aurait dû se défier du samedi !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 408 à partir de cette consigne

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