28 septembre 2014

TOUR DE MAGIE

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Coincer la bulle savonneuse au niveau de la soupape de sécurité ;
Faire faire aux aiguilles du cauchemar un tour complet sur elles-mêmes à cause du changement d’horreur ;
Jouer au limonaire l’aire hyper-calomnieux destiné au violon afin de dénoncer les sanglots longs du nonce par trop monotones à l’automne pour qui perdit son sonotone ;
Insérer la prière d’un café serré dans le bulletin paroissial ;
Fusionner dans une éprouvette le ressentiment pour Rome, objet unique, et l’inintérêt de se coucher de bonne heure pour longtemps ;
Bayer aux corneilles, prendre racine, boire à la fontaine de jouvence, creuser Nothomb, compter les mouches au plafond de la chapelle en se demandant ardemment « La chopine existe-t-elle ? L’ange a-t-il des oreilles de Mickey ? » ;

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Mettre un pain d’apôtre dans le fournil du mécréant.
Exorciser la nuit noire à coups de tournevis cruciforme.
Egrener le chapelet des noms d’étoiles ;
Faire saigner l’impénétrable Voie lactée ;
Appeler un chat un chat et la lumière sur soi.

Alors Dieu apparaît et dit : « Désolé !
Si vous n’êtes pas satisfait par le produit,
Tant pis. Comme vous le savez,
La vie, il n’y a pas de S.A.V. !».

Recommencer ad libitum car ça fait trop de bien d’entendre Dieu parler.

Ecrit pour "Un mot une image une citation" à partir de cette consigne :

 

Un mot : calomnieux
Une image :

 

Image par Lifewithzeus sur Morguefile.com

Une citation : Si la nuit est noire, c'est pour que rien ne puisse nous distraire de nos cauchemars. - Bill Watterson

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13 septembre 2014

CLEMENTINE CARAVAGE ET LES FRUITS DE LA PASSION

Dans l’absolu, on pourrait lui balancer un marron en pleine poire au gars qui nous brise les noix mais il faut d’abord considérer, en toute relativité, la façon dont on est gaulé et choisir, si la querelle a lieu à propos de queues de cerises, de se fendre plutôt la pêche.

Dans l’absolu, si le gars qui vous brise les noix est un gendarme qui vous a vu passer à l’orange prononcé, il vaut mieux accepter qu’il vous colle une prune. Mais en toute relativité, si vous lui dîtes « OK, l’amende est pour ma pomme mais le gars qui me précédait avait bien lui aussi plus qu’un peu appuyé sur le champignon, non ? » et qu’il vous répond « Oui mais lui on le connaît. C’est une grosse légume, une huile de chez nous », alors ne tergiversez pas : écrasez votre banane, lâchez-lui la grappe au roi de la tagadactactique, n’ayez pas le melon. La rouspétance, jadis, ça eut payé mais aujourd’hui papaye plus.

MIC 2014 09 08 Athena with pears par Bill Gekas

Dans l’absolu, ça porte bonheur de marcher dans la griotte du pied gauche. Mais si vous roulez sur le noyau et que vous vous retrouvez à l’hôpital avec une jambe cassée, vous êtes en droit de ramener votre fraise et de tancer la jeune marchande qui les a crachés tout le long du chemin :

- Eh dis donc, Salade de fruits jolie jolie, on ne t’a jamais dit que t’étais un vrai danger public ?

- Mon bon monsieur répond la belle enfant, gardez pour vous vos avanies et vos framboises. Je ne me sens responsable en rien du pépin qui vous arrive. A chacun ce qui lui vient, autrement dit, « c’est ton des-tin »  ! Car tout le temps que vous m’avez suivie le long du mur où pendent les mûres j’ai bien senti que vous n’aviez qu’une seule idée en tête : me mettre la main au panier !. Si je suis la cause du désir, je ne suis pour rien dans votre chute : je mangeais, voyez-vous, des groseilles et je ne crachais sur personne, ce n’est pas dans mon tempérament. Pourtant, dans l’absolu, je leur balancerais bien une pêche en pleine poire voire un pruneau dans le buffet aux gars comme vous qui me brisent les noix à force d’en vouloir à ma figue secrète, mon abricot fendu et mes petites mandarines ! 

 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" d'après cette consigne :

 

Un mot: absolu 
 Une image :
Athena with Pears (photographie) par Bill Gekas  
Une citation : À chacun ce qui lui vient. - Proverbe français

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07 septembre 2014

PRENDS UN SIEGE, ASSASSINAT !

C’est toujours difficile à dire, « j’ai pris trois valdas dans le buffet » !

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D’abord parce qu’il faut expliquer aux générations « bonbecs Haribo » ce qu’étaient ou ce que sont encore les pastilles Valda : des boules de gommes de forme conique, parfumées à la menthe et enrobées de sucre, sucre-ceptibles, suce-ceptibles, pardon, susceptibles de soigner la toux et les maux de gorge. Les confiseries d’hier, Renaud les a très bien chantées dans sa chanson « Mistral gagnant ». Pour moi, je ne me sens pas de jouer les vieux cons nostalgiques, limite dépressifs alcooliques, pour expliquer à des petits morveux à boutons qu’avant eux, sans culotte ou pas, le peuple a lui aussi pris la pastille. En 1789 et après.

C’est toujours difficile à dire, « j’ai pris trois valdas dans le buffet » mais c’est encore plus compliqué à écrire. D’abord, faut-il mettre un "s" et une majuscule ou pas à « valda » et donc écrire « J’ai pris trois Valda dans le buffet » ? Car, vérification faite, il s’agit d’un médicament pas sale et d’un nom propre, celui d’une marque déposée par M. Henri-Edmond Canonne que nous nommerons par la suite HEC pour la bonne raison qu’il n’y a pas fait ses études mais qu’il a fait fortune quand même avec son remède à la gomme.

Or les noms propres ne prennent pas de « s » au pluriel, « sauf s’il s’agit de noms de pays ou de fleuves (les Guyanes, les Espagnes), de noms de familles royales (les Bourbons, les Capets, les Stuarts) ou si ce sont des noms propres employés "génériquement" à la place d'un nom commun (antonomase), par exemple des Harpagons ». On en met aussi à des noms d’œuvres d’art (des Cupidons) mais en général une seule flèche suffit pour vous rendre piqué, surtout si l’amour est enfant de Bohème.

La question est donc bien : « Peut-on comparer une valda à un watt, un ampère, un diesel, un tartuffe ou un don juan ? Un kleenex, un klaxon, un frigidaire, du scotch, un kärcher ? Si la réponse est oui, je ne vous conseille pas pour ma part de mâcher du vélux !

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C’est toujours difficile à dire "j’ai pris trois valdas dans le buffet", surtout chez nous car nous consommons plutôt, un par un,  des bonbons à la sève des pins des Vosges et qu’ils ne sont pas rangés dans le buffet où l’on trouve surtout la vodka et les soucoupes au citron que Mlle Zell m’a offertes pour mon anniversaire. Ah non, tiens, on ne les trouve plus : Marina Bourgeoizovna leur a fait un sort !

MIC 2014 09 01 soucoupes fruitées

Mais finissons-en ! Je sais que les rieurs ne règneront jamais, surtout quand ils auront été abattus par un fanatique impatient et violent de trois pruneaux dans le poitrail comme c'est arrivé à John Lennon. Mettons que le tueur s’appelle Henri-Edmond Canonne et la boucle sera bouclée ! Car si vous connaissez un peu l’argot, vous savez que c’est là l’autre sens de cette expression et qu’il est donc toujours difficile de dire « J’ai pris trois valdas dans le buffet » : bien souvent, après, on est mort et même pas de rire. 
 

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 Ecrit pour Un mot une image une citation du 1er septembre 2014 à partir de cette consigne :

Un mot : buffet
Une image :

Une citation : Les rieurs ne régneront jamais. - Joseph Ernest Renan

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17 août 2014

LOGOGRIPHE DU CANDELABRE

Galerie de tableaux.
Ancêtres encadrés.
Lueur des candélabres.

Lecture du testament au salon délabré.

Cette vieille baderne de Maître Abélard nous balade par-dessus les cendres de l’aïeul refroidi.

La tante Anna, toute râblée, se racle la gorge et secoue son vison crade. Elle espère devenir le leader de la bande.

Cette vieille carne de cousin André s’est fait du lard depuis qu’il habite le Béarn mais il semble toujours avoir les neurones en rade et la matière grise en berne.

Carla la vénéneuse n’a pas bâclé sa tenue de gala. La calandre impeccable, balancée comme un tanagra avec juste ce qu’il faut de béance dans le décolleté au vu des circonstances. Pourtant, dans les bénards, aucun des mâles présents ne bandera pour cette garce au calbar noir car chacun sait comme sous son crâne son âme est celle d’un vieux ladre.

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Photo de Carla et de son frère enfants avant que celui-ci ne se noie – ou ne soit noyé - dans des eaux et des circonstances troubles.

Nul n’est blanc dans cette famille dont je connais tous les arcanes. Dans ce panier de crabes tout le monde canarde, charge, cancane ou assassine.

Mais nous arrivons au moment où le notaire, les yeux cernés et la voix grise, met la machine en branle et décerne les prix.

Tante Anna s’est cabrée, André a renâclé, Béa a râlé, Carla est restée clean et moi, le décalé de la bande, j’ai rigolé quand l’homme de loi matois a clamé la débâcle et déclaré, funeste barde, que la fortune du vieux grigou ne consistait qu’en une clé, celle de sa cabane de pêche du port ostréicole de La-Teste-de-Buch en Gironde.

Mon frère Bernard, acerbe, a accusé Béa d’avoir bradé les sous chez son dealer pour se shooter avec le vieux. Carla nous a traités de brelan de fripouilles. Bref tout le monde est parti furax, ébranlé, braqué sans même se serrer la paluche.

J’ai empoché la clé dont personne ne voulait, j’ai remercié l’alcade et enfourché ma bécane.

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Dans la cabane bancale sur le bord du canal, alors que gauche et droite le cherchent vainement, j’ai trouvé le moyen d’opérer la - ma - relance : j’ai assemblé le vieux cadre de vélo rouillé de Papy et la nacre des coquilles d’huître pour en faire œuvre d’art. J’ai fourgué le concept à des FRAC de province et j’expose l’année prochaine à la FIAC tout un tas de ferraille identique ! Croyez-moi, ça rapporte : c’est dans l’art contemporain que les riches d’Arcachon et d’ailleurs investissent leur pognon désormais !

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Merci, merci, Papy d’avoir jeté ici l’ancre de ton incurie et de m’avoir jadis initié à Balzac : « Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices ». Mais c’est vrai, ce n’est pas à la portée de tout le monde, d’oublier d’être con !

Quoi qu’il en soit, héritage ou pas, transmission ou non, candélabre ou pas, je te dois une fière chandelle !


Ecrit pour "
Un mot, une image, une citation" d'après cette consigne :

Un mot : candélabre

 

Une image :

 

 

Image par Greyerbaby chez Morguefile.com

 

Une citation : Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices. - Honoré de Balzac

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11 août 2014

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 29, Conte chinois (ou sino-breton ?)

Par définition, de même que l’Argentine est habitée par les Argentins, la Palestine par les Palestiniens, les Philippines par les Philippins, la Chine est peuplée de Chinois.

Au temps où Lanzmann et Dutronc faisaient le Jacques ensemble ils étaient cinq cent millions et moi, et moi, et moi j’étais tout nu dans mon bain.

Mais à l’époque dont nous allons parler, au deuxième siècle après Jésus-Christ, ils étaient beaucoup moins nombreux et ne fabriquaient pas autant de produits de contrefaçon qu’aujourd’hui. A vrai dire, ils crevaient plutôt de faim.

C’était du moins le cas pour Ping et Pang, les deux frères Pong et pour leurs épouses respectives les sœurs Sing, prénommées Sing et Song.

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"Plus une seule petite parcelle
De champignon noir ou de vermicelle
Pour mettre dans leur gamelle
Et plus un rond dans l’escarcelle !"

C’est pourquoi ce matin-là Ping Pong avait franchi le pont sur le Fleuve jaune et maintenant il s’avançait dans la forêt en quête de nids d’hirondelles. Chaque peuplade a ses goûts et ses couleurs dont il ne convient pas de discuter ici. Quand ils sont dans le potage, les Chinois y mettent les nids de ces faiseuses de printemps tandis que nous autres, les occidentaux, nous cherchons à mettre des épinards dans notre beurre !

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Une fois qu’il eut perdu de vue la pagode de la mère Mi Ché, celle qui égarait toujours ses affaires et ses animaux domestiques, Ping Pong pénétra dans la clairière du Loup pendu et tomba nez à nez avec un moine shaolin à l’entraînement. Le camarade branché sur « Tiens voilà du bouddha qui ne tendra pas la joue gauche» assénait force coups de bâton à un bouleau argenté qui n’en pouvait mais. Cela faisait choir sur le sol moussu de l’endroit les nids des hirondelles qui avaient préféré élire domicile là plutôt qu’un dictateur à la tête de l’Etat même si on ne leur avait pas demandé leur avis et que c’était un empire.

Ping observa la scène un instant puis il s’avança humblement et dit :
- Je te salue bien bas, camarade moine soldat.
- Je te rends ton salut, camarade gueux. Tu tombes bien !

Ping Pong se mit à craindre le pire. Il n’était ni valeureux, ni vigoureux, ni belliqueux, ni religieux et ne tenait pas plus que ça à devenir le compagnon de jeux de ce preux rigoureux et peut être obséquieux.

- Oui ? fit-il timidement.
- On m’a dit qu’il y avait un dragon terrifiant dans celle région. Qu’en est-il ? Saurais-tu le localiser ? Si oui, pourrais-tu m’amener à lui ?
- Oui, il y a bien une bête qui crache le feu dans le coin. Oui, je sais qu’elle habite la caverne du vieux Jules. Oui je peux t’y conduire mais il faudra faire une longue marche et…
- Et ?
- Me permettras-tu en échange de ce service de ramasser les nids d’hirondelles que tu as fait tomber ? Je t’ai observé : c’était du beau boulot, tu as de l’abattage !
- Si ça te fait plaisir, pas de problème ! On y va ? Comment tu t’appelles, Machin ? Je vais t’appeler par ton nom plutôt que de te balancer du "camarade gueux" à tout bout de champ. Surtout qu’ils sont nombreux le long du Huang Hé, même si en jachère. Moi tu peux m’appeler Sin Jao Jao. Je suis moine guerrier spécialisé dans le dézingage de dragons et le dessoudage de samouraïs d’Ouessant mais ça je n’en ai encore jamais rencontrés.
- Snif ! commenta Ping Pong dont j’ai oublié de préciser qu’il sortait d’un gros rhume attrapé en route.

Le temps me manque pour dire la beauté du Fleuve jaune, la légèreté de l’air automnal dans la province du Qinghai et celle des plaisanteries que les deux personnages échangèrent en chemin. Ils se mirent en route puis très vite en boîte car c’est ainsi qu’on fait en Chine quand on chemine de conserve.
- Je te montre la Lune. Qu’est-ce que tu regardes ?
- Je regarde s’il n’y a pas un lac empli de thé pour y tremper ce grand croissant.
- Bien répondu ! A toi !
- C’est un immense navire, le plus long qu’on ait jamais construit. Et il a un mât haut, un incroyable mât haut. Qu’est-ce qu’il fait ?
- Il se monte du col ?
- C’est cela. A toi.

C’est vrai. D’une part j’ai un peu peur que ce genre de vannes vaseuses ne vous lasse et d’autre part on est déjà dimanche soir et ce texte, pas encore terminé, il va falloir que je le tape, que je l’illustre, que je le mette en page et l’envoie chez « Un mot, une image, une citation » où il est paraît-il attendu.

 

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Illustration de N. Kotcherguine


Je passerai aussi sous silence le combat de Sin Jao Jao contre le dragon. Il existe déjà au moins 28 versions de ce même récit sur le ouèbe et
je ne puis que vous renvoyer vers elles ou vers des extraits de films d’héroïc fantasy ou des matches de Saint-Etienne contre Metz sur Youtube si vous aimez voir des petits hommes blancs se castagner avec de gros monstres verts .

Nous reprenons donc le cours de notre récit au moment où Sin Jao Jao, après avoir estourbi le monstre, déclare ceci à Ping Pong :

- Merci à toi, Ping Pong « Avoir ». Tu as été pour moi un merveilleux auxiliaire et je tiens à te remercier d’un présent.
- Il ne saurait en être question. C’est du passé, n’en parlons plus. C’est notre futur qui importe.
- Justement, ce cadeau-ci améliorera ton avenir. Prends cela : c’est un moulin à prières.
- Merci à toi Sin Jao Jao mais il y a un proverbe chinois qui dit « les paroles ne salent pas la soupe ».
- Les paroles ne salent pas la soupe mais elles contribuent largement à mettre du sel dans la conversation et du goût dans la fréquentation des poètes et des étrangers. Ce moulin à prière est magique. Il vient d’un pays qui s’appelle la Bretagne et où il y a de nombreux pieux. Il y a plein de pieux et du coup, même si ça semble paradoxal, la religion n’y dort jamais. Dès que tu tournes le moulin en prononçant le nom d’une probable divinité locale, « Guérande », du sel va en sortir. A toi de le récupérer et de le stocker, d’en faire un usage modéré car sinon le démon Cholestérol viendra te tirer les pieds la nuit. Pour arrêter le processus, il faut insérer A dans B, consulter la notice de montage, appeler le SAV… Non, je déconne ! Il suffit de dire « Kenavo ».

Là-dessus le moine shaolin prit congé.

Ping Pong attendit un peu, découpa un quartier de bidoche dans le dragon puis s’en retourna vers sa demeure avec son moulin à prières, ses nids d’hirondelle et son butin inespéré.

Une qui fut surprise et heureuse ce soir-là, ce fut Song Sing. Elle cuisina le quartier de viande, l’assaisonna avec juste ce qu’il faut de sel et de nids d’hirondelles pour que leur repas du soir ressemble à un festin de roi.

Mais surtout,- vous savez tout aussi bien que moi comme sont les femmes – c’est le petit bidule magique et doré qui lui fit le plus plaisir. Elle passa tout le reste de la soirée à ordonner « Guérande », « Kénavo », « Guérande », « Kénavo » et à faire des petits tas de sel sur la table de la cuisine. Et puis, - vous savez tout aussi bien que moi comme sont les femmes – c’est elle qui eut l’idée de génie.

- Et si je mettais ce sel dans des sacs et que j’allais les vendre au marché demain ?
- Je veux bien, répondit Ping, mais il faudra rester discret sur notre mode de production. Sin Jao Jao a dit d’y aller mollo. Imagine que ce moulin s’épuise, comme les ressources naturelles de la terre le feront peut-être un jour
- Cesse de dire des bêtises et viens au lit.

Ainsi firent-il s et la prospérité revint dans leur ménage. Mais vous savez tout aussi bien que moi comme sont les femmes. Quand la sœur de Song Sing, Sing Sing, la femme de Pang Pong et donc la belle-sœur de Ping-Pong vint quémander du sel pour conserver le poisson que son mari avait ramené de la rivière, on lui en donna sans rechigner parce que la famille, en Chine, c’est sacré.

La famille, c’est sacré, même si c’est un peu pourri. Car Pang Pong , le frère de Ping Pong, le mari de Sing Sing et le beau-frère de Song Sing, n’eut plus qu’un rêve : posséder le moulin à prière breton et fonder une multinationale pour commercer avec la terre entière.

Un jour que Song faisait des tas, que le moulin tournait, il vint en coup de vent, s’empara de l’objet magique et l’emmena chez lui.

Que croyez-vous qu’il advint ? Le Dieu Cholestérol ? Non. Le sel sortit du moulin, envahit toute la pièce, toute la maison et avant d’être complètement submergé, Pang qui ne savait pas comment arrêter le phénomène n’eut que le temps d’aller jeter la machine folle dans les vagues qui déferlaient sur la plage comme le sel du moulin.

Depuis ce temps, le moulin à prière breton continue de tourner tout au fond de la mer, là où les poissons sont assis.

Voilà. Maintenant vous savez pourquoi l’eau de la mer est salée.

Kenavo !

(Librement adapté d'après un conte paru dans le recueil "Les Frères Lu")


Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 4 août 2014 d'après cette consigne :

Un mot : définition
Une image :
Tableau chinois retrouvé chez Google Images

Une citation : Les paroles ne salent pas la soupe. - Anonyme

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02 août 2014

EXTRAIT DU JOURNAL D'UN GARDIEN DE FAR BRETON

31 juillet 

Bien que je me sois promis de ne plus réécrire de l’été, je reprends le stylo ce jour pour jeter quelques notes dans ce journal. C’est que, voyez-vous, la coïncidence est trop grande.

Nous sommes rentrés dimanche d’un séjour dans une ville du Sud-Ouest sise au bord de la mer ou presque. Je n’y ai pas croisé d’éléphant et je n’ai pas trop envie de raconter notre expédition au Cap Ferret où, du reste, nous n’avons pas visité le phare.

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Non, simplement, hier soir, en revenant à pied d’un concert en centre-ville d’un groupe de musiciens réunionnais, Grèn sémé, nous avons découvert l’avancée des travaux dans notre cité toujours en mouvement.

La « verrue » de M. Jean Nouvel est presque terminée et les palissades du côté du mail ont été abattues.

Une partie des aménagements du mail François Mitterrand est en place. Les bancs publics ressemblent à des lits, il y a un jeu de petits chevaux là où on nous avait promis un échiquier grandeur nature. On voit d’étranges kiosques qui ne servent à rien, ni à donner de l’ombre puisque leur toit est ajouré, ni à abriter de la pluie pour la même raison. Autour des bancs publics, différentes sortes d’animaux sont peints à même le sol.

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Le square de la Confluence est à deux doigts d’ouvrir et certains de mes concitoyens, pressés de voir à quoi servent leurs impôts, en exploraient déjà les passerelles métalliques et les fauteuils géants.

Mais c’est au début de notre rue que la surprise m’a sauté aux yeux. Le café « Le Gavroche » a été muré, sans doute pour qu’on construise ici un nouvel immeuble de cinq étages qui rapportera plus gros aux investisseurs. Son enseigne représentait le dernier patron du bistrot s’adonnant à une partie de pêche avec un jeunot à casquette. Sur la façade désormais aveugle quelqu’un placardé cette affiche surréaliste qui répond à la consigne de cette semaine de « Un mot, une image, une citation ».

 

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Les différents éléments de cette affiche-collage surréaliste sont un avis d’adjudication publié en 1911 pour attribuer au mieux offrant les travaux de construction de deux classes à l’école de garçons de la rue d’Echange, des mots anglais et le plan en coupe d’un éléphant monumental ou plutôt d’un monument éléphantastique dont le sommet semble être une colonne dotée d’un escalier en colimaçon, potentiellement un phare et la base constituée d’un pachyderme à mémoire d’éléphant.

Comme la mienne n’est pas mal non plus, je parle de ma mémoire, pas de ma colonne, quoiqu’il n’y ait rien à redire sur elle non plus d’après mon kiné, j’ai pensé qu’il s’agissait peut-être de l’éléphant de la Bastille dans lequel le jeune personnage de Victor Hugo avait élu domicile pendant un certain temps. Du coup, cela m’a semblé une belle idée de citoyen bien cultivé que d’avoir collé cette œuvre d’art urbain (en français courant : street art) ici au Gavroche.

 

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Quoi qu’il en soit, parce que cette affiche associe le phare et l’éléphant et l’abondance des mots dont notre amie américaine est friande, j’ai fait une exception à mon vœu de silence écrivassier et estival et je vous fais cadeau de cette image rennaise providentielle et délirante.

 

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P.S. Las ! « Le premier principe est que vous ne devez pas vous duper - et vous êtes la personne la plus facile à duper », comme a dit Richard Feynman. Un éléphant, ça trompe énormément et l’idée m’est venue ensuite qu’il s’agissait plutôt de "La Maison à vapeur" de Jules Verne. Cela ne me déplaît pas non plus. Lors d’une excursion à Bordeaux cet été j’ai fait l’acquisition du livre « Jules Verne en verve » publié aux éditions Horay. On découvre dans cet ana, car, n’en déplaise aux cruciverbistes, c’en est un, que le plus célèbre des Nantais d’Amiens était quand même un drôle de bonhomme tout compte fait assez sympa-antipa-éro-scep-t(h)ique !

Mais je vous ai assez embêté(e)s comme ça avec mon racontage de vie et, tout gardien de far breton que je sois, je m’en retourne à mes tentatives d’amélioration de la recette des cannelés bordelais. A plus tard, braves gens ! 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 28 juillet 2014 d'après cette consigne :

Un mot : éléphant

 Une image :

 Image par Schick sur Morguefile.com  

Une citation : Le premier principe est que vous ne devez pas vous duper - et vous êtes la personne la plus facile à duper. - Richard Feynman 

09 juillet 2014

LES LECTURES DE PLAGE DU CRITIQUE LITTERAIRE BRUXELLOIS

Ce "timbre" se chante sur l'air du chant de marin traditionnel "Encore et hop" 
  
   
  
Refrain 1
  
  
Encor' et hop et lire
Encor' et hop et lire
Encor' 
Et hop et lire lire encore un coup.

     
1
Hardi les gars l'encre a fait des bons
Hardi les gars bouquins par millions
Hardi les gars
Vive la plage les gars où nous lirons

  
   2
Chez Cook & Book place du temps libre
Chez Cook & book empli le bide
Il a ach'té
Pour les lire sur la plag’ des tas de livres

  

  cookbook-bookshop-bruxelles

   3
A Knokke-le-Zoute traînant son fardeau
A Knokke-le Zoute jusqu’au bord de l’eau
Le pauv’ critique
Chargé de son gros sac sue sang et eau

  4
C'est pas l'moment mon gars d'être saoûl
C'est pas l'moment d'avoir les bras mous
C'est pas l'moment
D'plier les g'noux mon gars faut les lire tous.

  
5
L'encre aime pas l’eau la mer a monté
L'encre aime pas l’eau il va décamper
Le sac de livres
Des mains, des pieds mon gars il faut l’tirer

  
Refrain 2
Encor' et hop et tire
Encor' et hop et tire
Encor'
Et hop et tire tire encore un coup.

  6
Encore un gros c'est dur le retour
Encor un gros enlèv' le plus lourd
Encore trop lourd
Vire le Goncourt ! Les gars, lisez toujours.

  
7
L’année prochaine pour les vacances
L’année prochaine par impatience
Il emmènera
Des magazines parc’que c’est plus léger !

   

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 Image empruntée au blog de notre oncle Walrus

  

 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 7 juillet 2014 à partir de cette consigne :

 

Un mot : hop
Une image :
Cook & Book, Bruxelles

Une citation : Les impatients arrivent toujours trop tard. - Jean Dutourd

 

07 juillet 2014

JOURNAL IN-DREAM-TIME D'UN KIOSQUIER JALOUX ?

Ma vie privée ne regarde que moi !

Passez votre chemin avec votre appareil photo, votre curiosité malsaine et votre prétendu détachement ! Vous êtes sans doute encore une de celles qui pissent de la copie à la tonne pour tous les lecteurs de journaux ! Une fouille-merde, oui !


 
MIC 2014 06 30 Kiosquier par Vivian Maier

 Ma vie privée ne regarde que moi ! Je le sais bien que sans vous, je ne serais rien ! Et d’ailleurs je ne suis rien. Rien qu’un marchand de journaux, un kiosquier, un ouvrier anonyme, quasi-sédentaire, quelqu’un sur qui on ne pose même pas le regard. A qui on demande rapidement « Le Livarot », « le Livarot magazine », « Transes soir », »Le Mouroir du cyclisme », « Le Chiasseur français », « Le Panard déchaîné », « Points de vue et images de l’immonde », « L’Aberration », « L’inanité » ou « L’Inanité-dimanche ». Ah non, celui-là, ce sont les heureux qui comme Ulysse qui le vendent eux-mêmes le dimanche quand j’ai fermé ma boutique et que je vaque à mes occupations. Mais cela ne vous regarde pas.

 

Robert-Doisneau-Le-Peintre-du-Pont-des-Arts-1953-e-Un-Regard-Oblique-1948

 

C’est ma vie privée et elle ne regarde que moi. Et puis d’abord c’est quoi, cette nouvelle mode d’aller coller un Leica sous le nez des braves gens ? Les concierges, les bouchers, les agents, les prostituées ? De la photographie humaniste ? Parce que vous pensez que ce monde-là va disparaître et que vous cherchez à en conserver la beauté qui est toujours poignante parce qu’éphémère ? Mais je suis désolé, ma petite dame, il y en aura toujours des putes à l’entrée des hôtels de passe, des poinçonneurs aux Lilas, des gens qui fument dans les bistrots, des agents à pèlerine et bâton blanc, des petits épiciers, des librairies et des disquaires ! Comment vous le voyez, le monde de demain ? Chacun derrière un écran, qui ne sort plus de chez lui, se fait livrer des pizzas, commande tout par téléphone, ne lit plus, passe ses journées à regarder la télé, échange avec des machines grâce à des machines, est surveillé par des machines ? Mais vous rêvez éveillée, ma petite dame ! Ou vous lisez trop de science-fiction !

En quoi ma vie privée vous concerne-t-elle ? Vous croyez que je suis un serial killer ? Vous travaillez pour la police ? Vous êtes sociologue ? J’ai bien le droit, une fois les volets baissés, une fois les quotidiens repartis, d'aller m’envoyer en l’air avec qui je veux, non ? La mère Michel qui a perdu son chat, la fleuriste du coin de la rue, la boulangère qui a des écus, même si celle-ci a un mari, mon dieu quel homme, quel petit homme ? Se pourrait-il… ? Travaillez-vous pour celui-ci ? Détective privée ?

Peu importe ! Ma vie privée ne regarde que moi. Et d’ailleurs c’est bien simple. Si un jour ma vie privée regarde quelqu’un d’autre, je l’étrangle, je lui tords le cou à ma vie privée et j’en étale des bribes au grand jour. Un morceau chaque jour. Il y a des gens que ça intéressera, j’en suis sûr. C’est que je n’aime pas les infidèles, moi, Madame ! Et tant pis si ce meurtre-là s’étale à la une des journaux ! Ou pas !





 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 30 juin 2014 d'après cette consigne :

Un mot : inanité
Une image :
Photo par Vivian Maier  

Une citation : Toute beauté est poignante. - Amélie Nothomb

Trouvailles et vidéos

La première des trois vidéos n'a pu être publiée chez Joye pour des raisons techniques propres à Youtube. C'est pourquoi j'ai renvoyé ma contribution avec deux autres versions dont celle en viet-namien, magnifiquement illustrée et chantée mais qui m'a beaucoup fait rire. Je suis allé voir si d'autres chansons françaises existaient dans cette langue et je suis tombé, chez la personne qui l'a publiée sur une collection hilarante de... bikinis ! Allez, c'est l'été, on danse !

29 juin 2014

L'OLYMPIA (C') EST DIFFICILE !

Je n’aime pas quand Halévy arrive avec des sujets comme ça ! Est-ce que c’est bien sérieux de me demander à moi, Henry Meilhac, librettiste pas triste, d’écrire des chansons, drôles ou pas, à partir d’éléments biographiques aussi insipides ? D’abord, où a-t-il dégoté cette pièce de Jules Barbier ? Qui c’est ce mec inconnu au bataillon ? Et qu’est-ce que c’est que cette histoire de pimbêche à qui les hommes amoureux d’elle ne plaisent jamais ? Pourquoi pas, tant qu’à faire, les aventures d’une prostituée tuberculeuse ? Je ne sais pas s’il se rend compte, Ludovic, que je ne vais pas pouvoir pondre d’un seul jet des couplets qui plairont à Offenbach pour ses « Comptes d’Ophwoman » à partir de cette matière-là. Jugez par vous-même :

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- Le premier soupirant d’Olympia fut un aspirant de marine qui avait besoin d’aspirine car, trop porté sur la bouteille, il trouvait bien souvent duraille de devoir faire des merveilles pour être à la hauteur des désirs du bas-bleu dont il visait les épousailles. Peu enclin aux trouvailles et mal armé pour la rimaille il passait par le soupirail pour aller dans la cave boire le jus de la treille conservé en flacons. Le beau-père potentiel apprécia peu cette intrusion par passion et ces penchants pour la boisson. La jeune fille non plus. On rompit les fiançailles.

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Au suivant ! Le deuxième plut beaucoup à Madame Coquatrix. Elle le trouvait au poil et il s’en fallut d’un cheveu que ce prétendant fût le bon. Mais Olympia ne goûta pas l’idée de devenir épouse d’un botaniste hyper-barbu qui menait au Museum d’histoire naturelle des recherches sur les plantes carnivores. Il rêvait de devenir le singe de son service mais comme seul argument de cette ambition-là il n’avait à offrir qu’une pilosité abondante et sa propension à ramener du travail à la maison. Les plantes qui prennent la mouche, faut aimer.Qui plus est, tout comme Henri IV, l’homme embaumait l’ail à trois pas. Rien de tel pour déboulonner l’idole. La jeune fille mit fin à l’’idylle.

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Jamais deux sans trois. Il y eut ensuite le peintre de Toulouse, petit, mal embouché et chameau sur les bords. Un bosseur bossu et iconoclaste. On découvrit d’après certains cancans qu’il était fort goulu de femmes de mauvaise vie et qu’il avait vécu autrefois à Montmartre dans une maison close. San compter qu’il commit maintes folies avec plusieurs bergères. La famille Coquatrix ne tenait pas à ce qu’Olympia s’acoquinquinât avec ce pratiquant forcené du jeu de la bête à deux dos. Il devint, le rapin de Toulouse, l’autre ex.

Le balcon de Manet-Magritte

Avec le quatrième de ses prétendants, on faillit acquérir des quartiers de noblesse. Il s’agissait en effet de Pierre-Igor de Talleyrand, marquis de Confitdoie et apparenté à la mode de Bretagne avec Charles-Maurice le très connu ministre de Napoléon 1er. Malheureusement, tout comme son parent, Pierre-Igor était né avec une jambe de bois et ainsi que lui traitait toute la gent féminine de « mère d’en bas de soi ». Cet appariement avec un boiteux à langage peu châtié partait d’un trop mauvais pied pour qu’on pût cheminer longtemps ensemble. "De toute façon, commenta Olympia, vos velléités de mariage, ça commence à me faire une belle jambe, espèce de bande de casse-pieds !"

 

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Là-dessus, comble du désespoir pour les parents de la jeune fille incasable, la jeune demoiselle s’enfuit avec un musicien pour aller élever des chèvres au Larzac, poser nue pour des peintres de passage et même déjeuner sur l’herbe en petite tenue parmi des messieurs habillés. Quel scandale ! Mais c’est qu’on est rendu en mai 1868, voyez-vous ? Vois-tu Henry ce qu’on peut tirer de couplets pour ces « Comptes d’Ophwoman » ?

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Olympia

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Je me suis mis au travail dès le lendemain et j’ai d’abord pondu une gwerz, une espèce de lamentation bretonne sur la douleur des familles bourgeoise qui ont du mal à caser leur progéniture ou voient leurs valeurs voler en éclats avec le développement de la société industrielle et la montée de l’Impressionisme. Et puis le soir j’ai dit Basta ! Offenbach trouvera bien quelqu’un d’autre pour adapter cette histoire stupide. Je renonce. Pour ne pas perdre complètement ma journée d’écriture, j’ai torché à la va-vite un chant de marin à ma façon sur le sujet. C’est évidemment incasable, personne n’en fera jamais rien mais bon je ne sais pas si vous avez remarqué mais Halévy et moi, on a besoin de vacances !

 

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N.B. Effectivement, c’est Jules Barbier qui adapta lui-même sa pièce pour donner naissance, en modifiant le titre et l’intrigue, à l’opéra le plus fantastique qu’on connaisse d’Offenbach : « Les contes d’Hoffmann ».

Quant à la chansonnette non signée d’Henri Meilhac, elle connut elle aussi une certaine postérité. La preuve : elle est encore aujourd’hui inscrite au répertoire ! Au répertoire du Club des 5 !

 

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 23 juin 2014 d'après cette consigne :

Un mot : jet
Une image :
 
Dans la serre par Édouard Manet, 1879
 Une citation : Jamais deux sans trois. - Proverbe français

23 juin 2014

GASP !

Les idées fausses sont toutes mauvaises pour l’estomac mais pas pour l’imagination ni pour le rire.

MIC 2014 06 16 Livia, 1948 by Frederick Sommer

On s’est dit qu’on ne risquait rien à accepter les trois éclairs au chocolat que la gamine a posés comme enjeu de la partie. Comme on est soi-même féru des « Chiffres et des lettres » depuis de longues années, au point d’avoir correspondu un temps avec les animateurs de l’émission, et qu’on pratique encore, ici et là, des jeux d’écriture littéraire et des additions de factures à la pelle, on pense qu’on ne fera qu’une bouchée de la pitchounette à tresses blondes et qu’on lui offrira un cachou et un verre de limonade en guise de lot de consolation. La victoire servie d’avance sur un plateau quoi !

D’ailleurs, bien qu’elle se soit bien défendue, celui-ci est presque rempli par les mots croisés et on a 32 points d’avance.

C’est alors que Livia prend les quatre derniers petits bouts de plastiques sur son présentoir et, couvrant la dernière case rouge du quadrillage elle pose « KIWI ». 22 x 3 = 66 !

Et le sac est vide ! Je suis obligé de déduire de mon total le G, le A, le S et le P que je n’ai pas pu poser sur le plateau de Scrabble ! Direction la pâtisserie !

Quand je pense que d’ici quelques années de jeunes godelureaux de la cité universitaire, séduits par le bleu profond de ses yeux et la blondeur de sa chevelure, lui proposeront des parties de strip poker, je ris d’avance ! Avec Livia, vous allez vite vous retrouver à poil dans un tonneau, les gars !

MIC 2014 06 16 le_tonneau_de_tequila

 Ecrit pour Un mot une image une citation du 16 juin 2014 à partir de cette consigne :

Un mot : kiwi
Une image :
Livia par Frederick Sommer (1948)      

Une citation : Les idées fausses ne sont pas toutes mauvaises. - Marcel Aymé

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