03 février 2021

Collage de Jean-Emile Rabatjoie du 20 novembre 2020

2020 11 17 Isaure geek

Isaure ne prend jamais rien au trageek.

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02 février 2021

Au Festival interceltique de Lorient en 1993 (5)

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Paraîtrait qu'il ne faut rien porter sous un kilt ?

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30 janvier 2021

L'ALBUM ZUTIQUE

DDS 648 Le Fantôme de l'apéro (Plonk et replonk)

Tous les soirs, au café de l’Univers, à l’heure de l’apéro, le fantôme de Vitalie venait se joindre à nous.

C’était d’autant plus surprenant que la maman d’Arthur était toujours vivante, là-bas ou plutôt là-haut dans les Ardennes. Son fils, notre poteau, lui écrivait régulièrement pour lui demander du matériel photographique, des livres techniques et des…

Non, pas des nouvelles de son trou perdu. Notre copain s’en foutait complètement de Charleville, de Mézières et de la ferme de Roche.

Les nouvelles du trou perdu, c’est le fantôme qui en réclamait.

- Rends-moi l’album, Arthur ! S’il te plaît !

DDS 648 Hôtel_des_EtrangersParis_gravure- Mais je ne l’ai plus, Maman. Je ne l’ai jamais eu d’ailleurs. C’était un recueil collectif. Comme un livre d’or sauf que c’était de la merde !

- Rends-moi l’album Arthur ! Fais pas le clown ! Retrouve-le et rends-le moi ! Ou rends-moi le !

- Je ne vais pas retourner à Paris pour ça ! Je ne sais même pas s’il y est encore d’ailleurs. Et pourquoi le veux–tu ?

Et là, comme gêné d’avoir à se justifier, le fantôme disparaissait. Mais le lendemain, il était là de nouveau, le fantôme de l’apéro, avec sa litanie.

- Rends-moi l’album, Arthur ! Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Je t’avais pourtant déconseillé de t’associer à ces vilains bonshommes !

- C’est de nous que vous parlez, Mme Fantôme ? demanda Bardey ce soir-là. Mais le fantôme semblait sourd, aveugle, obsédé par son idée fixe, ne s’adressant qu’à son commerçant de fils.

- Pourquoi ne reviens-tu pas ? Quel intérêt trouves-tu à faire Chabanais chez les zoulous ? Tu ne veux pas revenir chercher l’album ?

- Zut, Maman !

***

DDS 648 Album zutique 1970234Un jour que ce rigolo de Suel, après nous avoir offert la tournée du patron, était venu s’asseoir à notre table, avant même qu’elle ait ouvert la bouche, il avait entrepris Vitalie.

- Alors ? C’est vous, la môme Fouettard ? L’ange aux ailes de plomb ? Vous savez que le bikini blanc vous va à ravir ?

- Arthur, rends-moi l’album !

- Mais ne pensez donc pas qu’à ça, la star d’outre-monde ! Vous ne voulez pas vous envoyer en l’air avec le Don Quichotte des canapés ? Vous ne savez pas ce que vous perdez !

Et c’était devenu la meilleure blague dans le coin, ce fantôme sourdingue auquel on proposait la botte. Tout le monde a rappliqué pour lui proposer de jouer à saute-jarretelles ou à «Enfourchez vos balais !» sans que le fantôme ne dévie d’un pouce et ne réclame «à corps et à cris» son foutu album.

Même Rimbaud ne comprenait plus rien à ce phénomène qu’il avait de son côté baptisé, de façon assez poétique, «le bal des osselets».

C’est Mme Suel qui eut le fin mot de l’histoire. Un soir qu’elle s’était jointe à nous elle avait proposé à Vitalie de venir admirer une éclipse d’étoile.

Le fantôme l’avait suivie derrière l’hôtel et s’était confié à elle

DDS 648 Sonnet du trou du cul- En 1871 mon fils est parti sur un coup de tête s’acoquiner avec Verlaine, la reine des soiffardes. La jeunesse, vous savez ce que c’est ! On se défonce, on ne commet que des polissonneries, on est le diable incarné ! L’autre a été puni d’avoir abandonné femme et enfant : en cabane, Papa ! Surtout parce qu’il avait tiré sur mon Arthur. Ce que je veux, moi, c’est effacer les traces de tout cela. Je veux détruire ces rinçures et surtout retrouver l’album zutique pour le brûler.

- Qu’est-ce que vous gagnerez à cela ?

- Je ne veux pas que mon nom soit associé à ce «Sonnet du trou du cul» qui y figure en bonne place et je sais qu’une fois que j’aurai fait cela, il pourra y entrer tranquille.

- Où ça ?

- Au Panthéon.

- Je vais vous aider, lui proposa Madame Suel.

***

Le lendemain Mme Suel a raconté l’histoire à son mari puis elle a fait ses valises et est repartie pour l’Europe. Adios, chiquita ! Le soir le fantôme n’est plus revenu à l’apéro ; on ne l’a jamais plus revu et Mme Suel non plus. Simplement, depuis ce jour-là, on s’est mis par plaisanterie à appeler Rimbaud «Trouperdu !». C’est d’ailleurs sous ce nom qu’il a été enterré au cimetière européen d’Aden.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 648 d'après cette consigne : Zut !

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28 janvier 2021

OIN-OIN SOLDAT

les soeurs mata-hari

Mataharivonne et Mataharithé, comme on les avait surnommés, c’étaient vraiment, quand ils faisaient leur numéro, les frangines en folie ! Qu’est-ce qu’on a pu se marrer, de leur temps, dans notre régiment ! Elles avaient dû l’avoir au sentiment, le sergent-major recruteur, parce qu’en général, dans la marine suisse, on n’accepte pas les travelos.

Quand elles quittaient l’uniforme pour mettre du beau linge, qu’elles rembourraient leur soutif pour faire croire qu’il y avait du beau monde au balcon, on avait beau savoir qu’il faut se méfier des contrefaçons, eh bien on y croyait. On n’avait jamais vu un jeu de folles pareil. Comment elles te dansaient le tango des oubliettes en lançant : « As-tu vu ma croupe, Suzette ? » ! Impayables !

Mataharivonne, la blonde éruptive, c’était l’effeuilleur le plus subtil qu’on ait jamais contemplé. De la prestidigitation, ses polissonneries !

Mataharithé, diaphane en diable, taille de croupière et bas résilles hyper-tendus pour encaisser des dollars à vau-l’eau, avait le valseur énigmatique et la chevelure rousse. Elle faisait plus encore sorcière que sa sister mais c’était une môme en or massif.

Après leur numéro d’à saute-jarretelles, ça partait sur les chapeaux de roues à l’auberge de Zelda la Douce. Faut dire qu’on avait une belle descente de cave, que la sienne était bien garnie et que l’Härdöpfeler local titrait bonbon. Après la tournée des cocottes, la tournée du patron, on n’y allait pas de main morte avec la voleuse de santé ! Envoyez la soudure, hissez le pavillon, descendez les litrons !

***

Sauf qu’après leur départ soudain, aux sœurs Mata-Hari, on s’est pris tout sur le paletot ! Un brin d’apocalypse et un discours fumace du lieutenant Droz nous sont tombés dessus. Le vieux pétait du feu par les naseaux.

Ces deux salops, enfin, ces salopes, avaient embarqué d’après lui les plans du sous-marin nucléaire !

Hou les vilaines ! Qu’elles se soient envolées avec les diams de la couronne, passe encore c’était de bonne guerre. Mais nos deux travestis, nous en sommes restés de tous nos sens interdits, c’étaient vraiment deux femmes !

- Bande de niais qui n’avez rien vu ! nous a balancé le lieutenant. Vous auriez dû vous douter, quand même ! Mataharivonne ça rime avec ?

- Espionne !

- Et Mataharithé ?

- Avec féminité !

- Voilà ! Vous auriez pu faire le lien avant ! Ca sert à quoi qu’on vous donne des cours de rap à röstis, hein ? Allez, enfourchez vos balais, vous êtes de corvée de chiottes ad vitam eternam !

Quelle connerie, la guerre !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 26 janvier 2021

d'après la consigne 2021-16 ci-dessous.

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27 janvier 2021

Venise ville-fantôme

Trois minutes trente quatre de bonheur ! 

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