03 mars 2018

ECRIRE À RIMBAUD ? 14, Carrousel

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

« J’avais rendez-vous, j’avais rendez-vous…
Dis-moi… Après quoi on court ? »

Carrousel 

 

DDS 496 Mary Poppins

Si comme le chantait jadis Nicoletta « ma vie est un manège » et que « ce manège tourne bien », c’est qu’il tourne en rond ! Pas question pour moi de jouer ces temps-ci les Mary Poppins et d’emmener galoper dans la nature les chevaux de bois du carrousel. Pas question de me trouver mêlé à quelque chasse à courre, j’ai trop peur de devenir le gibier dans ce monde où le trafiquant d’armes et le maffioso de tout poil mènent leur manège au grand jour, ont pignon sur rue.

D’ailleurs mon destin est semblable au tien ! Malgré ton désir de fuite tu t’es finalement retrouvé planté à Charleville-Mais-Hier où tu fais désormais office de chapiteau de cirque, où tu trônes en effigie sur la caisse du carrousel local. De mon côté, en tant que musicien épisodique, pas question de décoller, côté tournées ! A part celles qu’on s’envoie aux bars, bien sûr ! Les dates de concerts ne se bousculent pas au portillon du train fantôme. J’irai juste faire un tour à Tours en juin et sinon je suis condamné à enfourcher un renne à Rennes. A preuve l’excellent gag de l’autre jour. 

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- Assieds-toi, j’ai reçu un coup de fil pour toi, me dit Marina B., ma préposée au téléphone fixe quand je suis le mardi au club d’échecs ou à l’atelier d’écriture. Une chorale de quinze personnes s’est montée à la Maison de quartier de Villejean. Elle s’appelle la Ritournelle et elle cherche… un guitariste !

Bon, d’accord ! Il faut savoir que j’ai déjà fait le clown là-bas de 1998 à 2008 à faire chanter « La java bleue » et « la Valse brune » à des dames aux cheveux argentés ! Recommencer ? Alors que je me suis remis à jouer aux échecs le mardi après-midi et que ces dames de « La Ritournelle » ont choisi cet horaire-là pour chanter. Choix cornélien ! Sur quel dada vais-je monter ? Dois-je refaire ce que j’ai déjà fait ?

C’est que tu ne connais pas mon bon cœur, mon cher Arthur ! Il sait quand il le veut faire se faire plus sirupeux qu’une musique de limonaire ! Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour aller fredonner « Les Roses blanches » « Mon amant de Saint-Jean » ou « Le Tango corse » ! Mais bon, tel qu’il est, il me plaît ! Moi en général, les gens de mon voisinage, « tels qu’ils sont ils me plont », comme disent Annie Cordy et Renaud Séchan quand ils chantent ensemble.

Donc le mardi suivant je préviens mes potes d’échiquier que je ne pousserai pas le bois avec eux cet après-midi-là. C’est drôle, là où on joue, ça s’appelle « le Diapason » ! La musique me poursuit partout ! Et je me retrouve comme prévu avec des retraitées en goguette dans la salle Mandoline - ça ne s’invente pas non plus ! -. Après un rapide tour de table et une présentation du musicien à deux balles et de sa guitare à douze cordes on entame la répétition dans un désordre digne de la Yougoslavie autogestionnaire de jadis. Chacune y va de sa suggestion et la cheffe du groupe, c’est-à-dire la personne la plus malléable de la bande, accepte de commencer par « la chanson sur la Vilaine qui est si drôle ».

Chouette, me dis-je in petto. Man, tu vas mettre une nouvelle chanson drôle dans ta guitare !

- Vous la connaissez ? me demande-t-elle en me mettant sous le nez une chanson timbrée qui se chante sur l’air de « En passant par la Lorraine ».

- Si je la connais ? Et comment ! C’est moi qui l’ai écrite !

Et voilà comment on se retrouve embauché pour une autre répète le 13 mars et un concert-karaoké à la maison de retraite voisine le 14 !

- C’est pour quand, l’Olympia ?
- Tais-toi et rame, Joe Krapov !
- Mais ce n’est pas un bateau, c’est un avion dans lequel je suis monté !

A part-ça j’ai continué à lire ici et là des bouquins qui parlent de toi.

Rien à redire sur le "Rimbaud le fils" de Pierre Michon. Il est bien écrit, comme du Proust, avec l’avantage que si les phrases sont longues, le bouquin et les chapitres sont courts ! Au bout du conte on n’apprend pas grand-chose de plus.

J’ai laissé tomber les « Quatre saisons à l’hôtel de l’Univers » de Philippe Videlier. Très bien écrit, passionnant même mais c'est en fait un livre-roman-étude historique sur la ville d’Aden. On y narre, au début, quelques horreurs sur ton compte. Que tu envoyas proprement promener ta compagne-concubine-servante abyssine Mariam et surtout que tu empoisonnas un temps les chiens du voisinage qui venaient uriner sur tes sacs de café !

Désolé, mais pour moi tu n’avais pas mérité que l’on te mît au mitard pour cela ! Le café ça doit se boire très fort et ne pas être du pipi de chat. Encore moins de chien. Dans mon Pas-de-Calais natal on appelait la lavasse « chirloute » et le café de ma grand-mère dans lequel la cuillère se tenait droite toute seule tant il était costaud était baptisé « Tortosa ». Si le premier terme est avéré, je n’ai pas trouvé trace du second sur Internet.

Et donc, pour en revenir aux chiens, ce n’était que légitime défense ! Parce qu’il y en a certains, des clebs, dans le genre empoisonneurs d’existence, ils se posent un peu là, non ? Je vais encore me faire des copines avec cette phrase, tiens ! Le fan-club de Jackie Russell , par exemple !

Et enfin, à propos de Charleville et Monthermé, sache que j’ai un mal fou à trouver du temps pour enregistrer « Un clair de lune à Maubeuge » en vue de coller ce morceau sur mes photos de « ma croisière sur la Meuse » ! Peut-être vais-je confier cette ritournelle à la Ritournelle – quand ces dames auront fini de me réclamer du Michel Sardou, du Chimène Badi et du  Florent Pagny - ! Ah la la ! Savoir aimer, c’est dur ! Mais je prêche un convaincu !

En attendant comme elles m’ont un peu massacré « Je ne regrette rien », je n’ai plus aucun scrupule à faire un mauvais sort à « Mon manège à moi » pour aligner mes photos de carrousels !

Dors en paix, camarade Arthur, empereur posthume du pays de Poésie ! Sans le savoir, tu as décroché le pompon et tu continues à jamais, à cause de fous dans mon genre, à faire des tours gratuits dans la nuit pleine de ducasses de l’Internet en folie ! 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 496 d'après cette consigne : carrousel


02 mars 2018

La neige sur les baigneuses à Rennes le 1er mars 2018 (1)

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- J'ai vraiment eu froid pour vous, Mesdames !
- Attrape le gant d'crin et frotte-moi fort le dos, Pierrot ! 

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La neige sur les baigneuses à Rennes le 1er mars 2018 (4)

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- Chaque moment de la vie est unique...
- Prête-moi un peu ta vareuse, Joe Krapov, au lieu de dire des conneries !

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01 mars 2018

SE RÉCHAUFFER, VITE !

Il manque à cet hiver une touche de blanc !
De sa lanière de vieux cuir le froid nous cingle
Comme jamais. Or pas de givre ni de neige !

Il manque à cet hiver la bonté de Noël !
Sur ses chevaux fringants le vent en cavalcade
Se frite avec nos gants, nos manteaux, nos bonnets.

Il manque à cet hiver une échelle de verre,
De grands scintillements de glace dans le ciel,
Un traîneau arrêté sur le bord du chemin.

Il manque à cet hiver l’humilité tranquille
Du village endormi sous un manteau de neige.
Tout est rude au contraire et le soleil nous glace.

Il manque à cet hiver toutes les traditions !
Le réchauffement climatique, parlons-en !
On est oxymores de rire ! Ô engelures !

C’est anaphore de café ! Vite ! Un, très fort !

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Ecrit pour Treize à la douzaine à partir de cette consigne : 

Insérer dans un texte les treize mots suivants :

1 cavalcade
2 touche
3 hiver
4 lanière
5 sempiternel
6 écorce
7 échelle
8 frite
9 anaphore
10 chêne
11 passoire
12 verre

et le treizième pour le thème : blanc

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A Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2018 (1)

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- Alors toi, Joe Krapov, on te demande d'écrire sur "blanc" et tu réclames un petit noir ?
- On n'est pas bien, là, Marina Bourgeoizovna ?
- On n'était peut-être pas obligés de commander aussi une forêt noire ? Vu sa taille, m'est avis que tu vas payer deux parts !
- Ne lésinons pas sur les frais, ma chère ! J'en sais qui nous le reprocheraient ! Et puis depuis que je suis comte et toi comtesse, au diable les varices !
- L'avarice, idiot !

***

Or donc, hier après midi, luxe de vacanciers privilégiés,
nous sommes allés profiter du soleil pâle et du temps glacial à Saint-Malo cité corsaire.
J'avais pris deux écharpes. Ce n'était pas trop !

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A Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2018 (2)

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Plage du Sillon :
La photo ne montre pas
Le vent qui nous fouette !

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A Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 28 février 2018 (3)

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Ah le vent mauvais !
Les sanglots longs de Verlaine
A vous briser l'âme !

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28 février 2018

DES RUMEURS DANS LA RAMURE

Il est des jours où la ramure
Bruisse de maint murmure,
De piaillements atrabilaires,
De mouvements d’humeur…
Des jours où la gent oisillonne
A la plume un peu tatillonne,
Lâche son flot de bile amère
Et laisse échapper la Rumeur. 

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« La bergeronnette ne le serait pas !
La fauvette irait danser le tango !
La gélinotte perdrait la tête !
Le ramier n’en foutrait pas une !
Le corbeau mangerait du fromage
Et c’est pour ça que ça renarde !

La mésange serait démoniaque !
Le héron boirait jusqu’à ce qu’il le soit (rond) !
Le canard chanterait super faux !
La cane serait tombée sur un bec
Devant la porte du Printemps
Et serait restée sans sonner pendant longtemps !

L’étourneau aurait le tournis
A force de boire au tonneau
- Pas que de l’eau : du Martini ! –
Chez un pic vert pis qu’écolo :
Ils picolent avec Piccoli
Jusqu’à ce qu’ils soient complètement grives !
La corneille se soûle au cidr’ !
L’alouette la plume au poker !

L’engoulevent battrait la semelle
Sous les fenêtres d’une femelle
De Charmeville –lès –Hier :
Il monte faire coucou dans son nid,
Elle lui donne du martinet,
Elle lui défonce l’hirondelle
Et pie encore ! Tout fout l’toucan,
Madame Merlette !
#Balancetachouette !

La poule d’eau pondrait des œufs durs !
La cigogne ferait du trafic
De bébés vivants chez l’humain !
La grue cendrée serait casse-pieds
Et elle attendrait dans la rue
Des hommes de mauvaises mœurs,
Des oiseaux de mauvais augure
En chantant du Piaf à tue-tête !

Les échassiers feraient du cirque
Et du trafic d’acrobaties à grande échelle

Le martin pêcheur pécherait
Plus que ne permet l’abbé Kaas
Pourtant si bonnement patricien… »

Etcetera, etcetera, etcetera
Etceteragots, etceteramages,
Etceteramassis d’outrages,
Etceteradeau-radotages…

- Merles, cessez d’être moqueurs !
Mouettes, veuillez fermer vos gueules !
Arrêtez toutes vos rumeurs !

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Laissez-moi écouter le chant
Du rossignol cambrioleur
Qui cherche à crocheter le coeur
De son aimée ! Qu’il est touchant !
Quel enchanteur phénoménal !
Comme il suffit à mon bonheur,
Son air de jaseur boréal !

Merles, cessez d’être moqueurs !
Mouettes, veuillez fermer vos gueules !
La outarde me monte au nez !
Arrêtez toutes vos rumeurs !

Ce faisan, vous m’obligerez !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 26 février 2018

d'après cette consigne

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