05 juillet 2021

En un mot comme en cent. 1er juillet 2021, Clés

210702 285 002La plus jolie des clés qui pendent au tableau dans le bout du couloir, c’est celle du grenier où sont rangés certains de mes anciens grimoires. Au porte-clé est attachée une sorcière.

Aucune des clés n’est tachée de sang ni marquée «ne pas toucher». J’ai d’autant moins de barbe bleue que je me rase tous les deux jours.

C’est la clé du garage qui permet de prendre celle des champs.

Mais celle que j’aime utiliser par-dessus tout c’est la clé de la cave. Quand je remonte une bouteille c’est qu’on reçoit des ami(e)s ou qu’on va en visiter.

Santé !

 

 

P.S. La peste soit des billets programmés pendant nos absences ! Inventons les billets rétrospectifs au retour !

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04 juillet 2021

BLOGANPOZ

Ce ne sont pas des vannes :

Je m'en vais passer deux trois jours dans le Morbihan.

Je fus tellement débordé ces jours-ci que je n'ai même pas eu le temps de programmer des billets !

Et pourtant, j'en ai de la matière à montrer... et à écrire ! ;-)

 

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03 juillet 2021

VAMOS A LA PLAGIAT !

Longtemps il s’était couché de bonne heure. Le corps apaisé d’une journée où il n’avait encore rien foutu de sa corée, comme on dit dans le Nord où ce mot n’a absolument rien à voir avec Kim Il Sung, Kim Jong Un, Kim Basinger ou Kim Novak, pas plus avec la Corée qu’avec la chicorée des maisons Leroux, Lestarquit ou Williot et où peut-être on pouvait trouver, à la rigueur, à ce mot "corée" - synonyme de corps ? - un rapport lointain avec la chorégraphie bien qu’on ne pratiquât pas plus la danse classique dans les corons que le boogie-woogie avant la prière du soir, il cherchait le sommeil en se plongeant dans quelque livre qu’on appelle de chevet parce qu’il est difficile, justement, au lit, de les achever, soit que l’on s’endormait dessus d’ennui, soit que, passionnant à outrance, ils était lu avec cette voracité telle qu’elle donna naissance à l’expression « dévorer un livre » et lors, la sagesse et la folie étant ce qu’elles étaient, on allait au bout de ses possibilités et, même si on avait tenu jusqu’à une heure du matin, les forces physiques n’étaient plus là, les paupières tombaient, les yeux se fermaient, on ne comprenait plus ce qu'on lisait, on éteignait la lampe, vaincu par sa fatigue et l’épilogue tant attendu était remis au lendemain. 

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Lui n’allait pas jusque-là et ne l’atteignait pas facilement pour autant, le pays des songes : un chapitre ou deux lui suffisaient pour arriver à ce moment de l’extinction mais c’était alors que surgissait le cauchemar. Une fois la lumière éteinte, il se tournait, se retournait, cherchait son trou, sur le côté gauche, sur le droit, sur le ventre, sur le dos, la tête tournée vers la droite, la tête à gauche et qu’eût-ce été s’il avait porté barbe longue, la poser sur ou sous le drap, situations horripilantes à souhait. Il aurait pu en tartiner, des pages, sur sa recherche du temps perdu ainsi à rechercher le calme, la position fœtale, la zénitude, la sensation d’être «ben aise», la chaleur des bras de Morphée, l’entrée dans le monde des rêves, le possible assommoir du sommeil régénérateur.


Et puis, à un moment donné, les fantômes arrivaient.

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C’étaient de parfaits inconnus, aucun n’avait le visage d’une de ses connaissances dans la vie réelle. Ils n’étaient pas les mêmes chaque nuit mais leur élégance était parfaite et le décor était toujours identique. C’était un pont de bois couvert qui joignait les deux rives d’une large rivière. Le pont était coudé en son centre et de l’endroit où il se trouvait, il apercevait une tour pointue de forme hexagonale dont aurait pu croire les fondations enfoncées dans l’eau-même. Plus loin une église baroque arborait deux clochers à bulbes qui lui rappelaient ce pays disparu dans les limbes, la Tchécoslovaquie dont il se rappelait les lettres disposées au cul des véhicules : CZ ainsi que le nom de Pilsen, une ville dans laquelle on fabriquait de la bière. Au-delà de ce décor une chaîne de montagnes aux sommets enneigés confirmait cette impression que tout fout le camp dans les Balkans et qu’on est con sous un balcon.

DDS 670 Albertine-1Les fantômes venaient se rassembler autour du banc sur lequel il était assis mais ils ne lui adressaient pas la parole. Ils parlaient entre eux, sans élever le ton, avec dignité mais sans chercher à éviter qu’on ne les entendît pérorer ou écoutât médire. A peine, de temps en temps, l’un d’eux jetait-il un œil dédaigneux sur ce scribe étranger qui prenait soigneusement note dans un cahier de leurs conversations. Personne ne s’en offusquait. Dans leur monde, on se fichait pas mal de ce que pouvait être la littérature. Il n’y en avait peut-être pas. La transformation du réel en fiction pour mieux saisir la réalité du monde, les fantômes s’en fichent, ils savent que rien n’a de réalité et que la vie elle-même est une fiction. Leurs noms n’étaient-ils pas des pseudonymes à consonance modianesque ? Tantôt venaient du pont couvert Odette Dejeux, Madame Lordurhin, le cheik d’Arabie Swan Lawrence, le baron Jean Chwalrus, la duchesse Albertine Troussecotte, tantôt palabraient près de lui le comte d’Argentcourt, le docteur Pascal, Vanina von Faffenheim-Munsterburg-Weinigen, les cousines Marianne et Sarah De Kat. La plus intrigante de toutes ces dames était la marquise Adrienne de Franquetot, laquelle portait immanquablement une longue cape rouge et tenait en laisse deux danois et un chihuaha.

Dans la vie comme dans le rêve, nous promenons toujours des attelages bizarres.

De toute façon, au réveil le lendemain, il ne retrouvait aucun cahier, aucune note et les conversations s’étaient enfuies dans la nuit de l’oubli.

Car après les fantômes, il y avait l’envahissement par Richard W. qui venait s’asseoir sur le banc, lui prenait le bras et lui racontait avec un enthousiasme forcené comment il avait trouvé le bonheur ici à Tribschen de 1866 à 1872 et comment auparavant il avait été sauvé par des biscottes. Si, si, des biscottes salvatrices, ça existe !

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- Figure-toi, mon petit Marcel, lui disait-il, que j’étais en panne d’inspiration sur l’acte III de «Tristan et Isolde». Mais en panne à un point qu’un aviateur dans le désert aurait pu me dessiner des moutons sans que ça ne me donne plus que ça d’idées pour avancer ou d’envie de becqueter des côtelettes. Alors pour oublier je canotais sur le lac des quatre Canetons, je m’épuisais en ascensions du mont Pilate et du Rigi, j’allais au musée des glaciers et même au Festival de la Rose d’or pour écouter des chansonnettes et ça n’y changeait rien. En panne, en panne, en panne ! Plus aucune musique à venir ! Tu ne sauras jamais grâce à quoi ça c’est décoincé !

Dans son endormissement Marcel ne répondait pas mais Richard n’en avait cure. Il était de ces locuteurs qui n’ont besoin d’une paire d’oreilles extérieures que comme faire-valoir, l’exemple même de l’Emetteur contemporain de pouces baissés plutôt que levés, qui twitte son avis sur tout, intervient partout et ne sait même plus que les oiseaux, lorsqu’ils ne sont pas bleus, chantent bien plus joli que le son du streaming. Ce genre de gens qui ignorent qu’au milieu des villes coule une rivière et que l’on peut murmurer à l’oreille des chevaux sur la route de Madison ou qu’on peut vivre plus proprement avec un portable éteint en permanence.

 

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- Les Zwieback, Marcel ! s’esclaffait Wagner car c’était bien lui, les plus perspicaces de nos lecteurs et lectrices l’auront identifié sans peine. Je logeais alors à l’hôtel Schweizerhof et un jour où je contemplais le ciel gris avec un parfait désespoir je reçus par la poste, envoyée par Mathilde Wesendonck, de Zurich une boîte de biscottes (Zwieback). Enfant ! Enfant ! Enfin ! Les zwieback ont produit leur effet ; grâce à eux, j’ai franchi certaine mauvaise passe où je restais empêtré depuis huit jours, n’ayant pu avancer dans mon travail musical notamment pour trouver la transition du vers "ne pas mourir de désir" au voyage en mer de Tristan blessé. Quand les zwieback arrivèrent, je pus me rendre compte de ce qui m’avait manqué : ceux d’ici avaient un goût beaucoup trop amer. Impossible qu’ils me donnassent l’inspiration ! Mais les bons vieux zwieback, trempés dans du lait, remirent tout dans la bonne voie. Et ainsi je laissai de côté le développement du début, et continuai la composition à l’endroit où il est question de la Guérisseuse lointaine. Maintenant je suis tout heureux : la transition est réussie au-delà de toute expression par l’union absolument splendide des deux thèmes. Dieu, ce que les bons zwieback peuvent produire ! Zwieback ! Zwieback ! Vous êtes le remède qu’il faut aux compositeurs en détresse – mais il faut tomber sur les bons ! 

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***

Au réveil, Marcel ne se souvenait plus que de cette histoire de biscuit trempé. Fallait-il qu’il en parle à son ami Jacques qu’il accompagnait à l’accordéon tous les après-midi dans son tour de chant aux jardins du casino afin que ce récit de rêve le réconcilie avec sa maudite Mathilde à lui ou devait-il lui conseiller de ne plus rien attendre de Madeleine de Commercy ?

N’était-ce pas là une façon de tendre des verges pour se faire battre ? Son propre problème de tentative de record nocturne d’échec en identification de paysages au palais insomnisports de Bercy ne primait-il pas sur son amitié pour le Belge ?

Le Jacky ne l’avait-il pas accueilli hier, au kiosque à musique, avec ce méchant sarcasme :

- Hé ben mon vieux Marcel, à force de te coucher de bonne heure et pas dormir, t’en as une chouette tête de décavé ! Si tu voyais ta tronche de déterré éthéré et Lucerne que t’as sous les yeux ! On dirait que tu t’es fait battre par la Suisse à l’Euro ! Allez, enfile tes bretelles et chauffe-nous ça !

Et tout en appuyant sur ses touches, il éliminait : Vierzon ? Vesoul ? Pas de clocher à bulbe par là, ça ne colle pas. Varsovie, peut-être, à cause des remparts ou alors Montcuq ?

DDS



Ecrit pour le Défi du samedi n° 670 d'après cette consigne,

la photo d'été de Miss MAP :

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30 juin 2021

Randonnée fleurie à Rennes le 12 juin 2021

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Quelques photos ramenées d'une balade vers Sainte-Foix.

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En un mot comme en cent. 30 juin 2021, Tout nouveau

Tout nouveau, tout beau.

Depuis ce matin je suis vacciné contre le tétanos, la polyo, la diphtérie et… la coqueluche !

Je me sens comme un nourrisson !

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29 juin 2021

En un mot comme en cent. 29 juin 2021, Aujourd'hui tout le monde ne dit pas merci.

Tout le monde ne dit pas merci. Moi si. Je remercie le révélateur Atomal d’Agfa, le fixateur Agefix, et H2O pour le rinçage. Je remercie les pellicules Kodak, Ilford, Agfa et même les polonaises qui ne voulaient pas entrer dans l’appareil russe !

Je remercie Zénit, Kodak, Canon, Olympus et Nikon pour leurs formidables machines !

- Tu te crois nominé aux Césars, Joe Krapov ?

- Je viens de recevoir celui de la photographie pour mon combat contre les ravages du TIF !

- Le TIF ? Kèsaco ?

- Le «Tempus Irreparabile Fugit».

P 95 05 Carnaval de Sablé mars 1995 I 02 pénichette Fugue

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28 juin 2021

En un mot comme en cent. 28 juin 2021, Tout le monde ne porte pas de lunettes

2021 06 28 Isaure a mis ses lunettes de soleil

Tout le monde ne porte pas de lunettes

P 95 05 Carnaval de Sablé mars 1995 I 17 Mme Chaillou

Tout le monde n’a pas une bille de clown

P 95 05 Carnaval de Sablé mars 1995 I 21 Autruche

Tout le monde n’a pas un truc en plumes

P 95 05 Carnaval de Sablé mars 1995 I 18

Tout le monde n’est pas bouffon du roi

P 95 05 Carnaval de Sablé mars 1995 I 16 Elsa

Tout le monde n’a pas une bonne fée dans ses parages

Mais tout le monde a pris vingt-six ans dans les dents depuis
Que ces photos ont été prises

Et moi trou la la itou


 N.B. A part le portrait-collage d'Isaure Chassériau,
les autres photos ont été prises au carnaval de Sablé-sur-Sarthe en mars 1995.

27 juin 2021

En un mot comme en cent. 27 juin 2021, Aujourd'hui me manque peut-être

Aujourd’hui me manque peut-être le soleil qui fut si décrié hier, sur le Défi du samedi, pour ses ultraviolents ultraviolets.

Aujourd’hui me manque peut-être du temps sec pour aller courir ou pédaler ou écrire dans le jardin.

Alors je reste à la maison. Je scanne des diapositives et fais émerger à la lumière des trésors oubliés dans des caisses au grenier.


P.S. J’ai bien fait de me plaindre : le soleil est revenu et je suis allé courir !

D 94 11 22 Main arc-en-ciel

D 94 11 33 Patrice Grinié de la BNF

D 94 11 34 Fête médiévale à Sainte-Suzanne

D 94 11 35 Fête médiévale à Sainte-Suzanne

Caspar David Friedrich, sors de ce corps !

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En un mot comme en cent. 26 juin 2021, Des nombres concrets

Le poids ;
La taille ;
La tension artérielle ;
Le taux de cholestérol ;
La date de 1ère injection du vaccin ;
La date de 2e injection du vaccin ;
L’âge du patient ;
Celui du capitaine.

Mais on s’en fout, Docteur, de ces nombres-là !

De la même manière que vous vous en tapez des trois cents textes produits et mis en ligne en un an par l’Atelier d’écriture de Villejean !

Lequel de ces nombres est le plus important pour ma survie, à votre avis ?

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Vue partielle du potlatch de fin d'année de l'Atelier d'écriture.
Je l'ai reperdu, Docteur, le kilo que j'ai pris là ! ;-)

Pour  répondre aux questions du docteur, cette image :
mon poids est bien inférieur à la somme de ces deux nombres-là !

365 jours 94744411_o

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26 juin 2021

LUMIÈRE NOIRE

DDS 669 Et Dieu créa la femme

Et Dieu créa la femme !

Or très souvent femme varie. Elle s’aime en tutu, en Tati, en louloute, se trouve bien en louve, est ravie en Lola, avenante de Nantes qui vole à Demy la vedette.

Jamais rien de traviole, ultra-chic, elle trotte, irradie. Elle s’est au fil du temps lotie d’une variété de rôles triés sur le volet : Violeta (Traviata), Lorelei, Lolita, elle rutile sur la scène ou sur le Rhin ou fait l’étoile sur la toile.

Elle est amour d’autrui, vérité nue, reine de tarot, volute bleue, fée à main verte, ouvre la route de l’Oural et des « hourra ».

C’est la plus belle trouvaille du Travolta céleste. Si elle n’a de valeur qu’une côte d’Adam, pour deux sous de violette un arc-en-ciel paraît. Nous voilà outillés d’un kaléidoscope de vertu, d’orteils peints, de «Tortue, vite, vite !», de «Passons outre à tout !», de «Pêche un peu la truite !», de «Chasse un peu la loutre !», de «Qui luttera vivra et qui vivra verra !».

Et Dieu créa la femme !

Puis il la fit entrer dans ta vie !

DDS 669 Proust tailleur de vétillesDès lors illuminé, ébloui, envoûté par ses trilles de roitelette, ses ariettes, ses triolets d’alto, toute cette oralité qui éteint aussi bien les rivalités que les trivialités, le troll devient voleur de feu, rêveur d’ovule, tirailleur, amiral ou simple travailleur. Pour devenir l’alter ego de cette fée il prend truelle et lui construit une villa. Le voilà valet voûté, cuisineur de ravioles, tartes et ratatouilles, pêcheur de tourteaux sur le littoral, auteur de tutoriels, livreur de vitres à vélo de Vire jusqu’à Livarot, tailleur de vétilles entre Cabourg et Trouville, ravitailleur en vol, travelo virtuel et même parfois violeur de lois.

Et Dieu créa la femme pour qu’elle chauffât Marcel, comme a dit le Trouvère du plat pays !

A cet amour de la bronzette jusqu’au rôti, ajoutons-y un peu de «n» et ce sera… ultraviolent !

Mais aussi… quel jeu de lumière, quel éclat fort et volatil, quel rayon de soleil, cet instant où l’on sait que c’est, que ce sera toujours toi, toi mon toi et pas une autre !

J’ajouterai encore deux choses qui n’ont rien à voir ici :

De cette vie qui nous travaille
Rien n’est fixé dans le vitrail
Et pas même l’heure dernière

Pour qui se veut croire immortel.

Et

La Lorelei : malgré son bon coup de Rhin
N’avait pas le pied marin.

DDS 669 Lorelei

Ecrit pour le Défi du samedi n° 669

d'après cette consigne : ultraviolet

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