09 octobre 2017

Un premier tour à Dieppe le 20 août 2017 (1)

Je pense vous avoir assez assommé(e)s comme ça avec mes écritures de la semaine dernière ! Vous avez droit à une série de photos presque muettes, vous ne trouvez pas ?

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Un premier tour à Dieppe le 20 août 2017 (2)

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Un premier tour à Dieppe le 20 août 2017 (3)

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Au verso de cette belle carte postale, on peut lire :

"Mes bien chers tous...

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...Nous avons fait un beau voyage (air connu) et nous sommes bien arrivés à Dieppe où nous allons passer la semaine. Pendant que ces dames chantent, je me promène dans la ville avec mon appareil photo et je sens déjà que je vais y prendre du...

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... En effet il y a du soleil sur le port, des peintres, des vélos et même, pas très loin,  un tournoi d'échecs où j'irai en spectateur cet après-midi. On peut dire que, dans cette destination de vacances improbable et inattendue, le roi n'est pas mon...

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 Il y a juste un truc qui me chiffonne, c'est que j'ai l'impression d'être poursuivi par une espèce de fantôme : ... 

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... mais bon, je vais faire avec. Tout ne peut pas être toujours au quai dans la vie et c'est un mal bénin que d'être poursuivi par l'âme des poètes longtemps, longtemps , longtemps après qu'ils ont disparu !

Portez vous bien ! A très bientôt !

Bises !"

Et c'est signé : Joe Krapov.

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Un premier tour à Dieppe le 20 août 2017 (4)

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(Cliquez sur l'image pour entendre la chanson !)

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08 octobre 2017

DE RIMBAINE À VERLAUD. 2, ENGUIRLANDER

M. Arthur Rimbaine
Agence d’exploration de villes extraordinaires
et d’us et coutumes à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais

Charleville, le 5 octobre 2017

 

                                  Mon cher Paul

C’est incroyable comme je me suis fait enguirlander en arrivant dans le petit village de Ténadoque-sur-Couesnon ! Il faut dire cependant que le nom d’oiseau, le langage fleuri et l’invective généreuse constituent l’industrie principale de cette commune de la Manche très inventive et sympathique au demeurant comme à celui qui n’y reste pas.

A la descente du bus de charmantes autochtones en pagnes bariolés – des motifs de voyelles colorées, si je me souviens bien – la poitrine presque dénudée – on dit aussi «topless» mais ce mot est tabou ici – et des fleurs sur l’oreille vous mettent autour du cou, en guise de guirlande et de bienvenue, des chapelets d’injures. Il s’agit de petites lettres de plastique rattachées perpendiculairement à un grand cordon de l’Ordre de Stone et Charden, «made in» Normandie lui aussi.

 

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Cela vous est offert de bon cœur, sans arrière-pensée, sans animosité et sort tout droit de la recyclerie locale, «La Ténadoquerie du cœur» où l’on peut s’en procurer d’autres bien plus fournis ainsi que des tombereaux entiers mais, bien évidemment, il faut y mettre le prix.

A titre d’exemple de leur imagination sans limites, voici les mots qui figurent sur celle que j’ai achetée à votre intention :

«Hygiaphone ! Croquemoufle ! Hobereau ! Habitant d’Ubac ! Jobastre Sartrien ! Hypocondriaque ! Goinfre de Padirac ! Gramophone du bide ! Xylophage ! Rubicond mal affranchi ! Serpolet ! Serre-Paulette ! Mellotron ! Balladurien ! Krasuckiste ! Yaka Yakapa ! Zarzueliste ! Doryphore de café ! Fripouille des Pouilles ! Draisienne ! Roubaisienne ! Castor vénitien ! Loutre qui danse ! Va comme je te pousse ! Dupois l’ajonc ! Phonographe ! Bistouri à moquette ! Bouillon de Rubik’s cube ! Sarrasin zinzin ! Semoule de blé dur ! Castafiore bazooka ! Thermomètre anal ! Pousse-mes-gueux ! nez de beau ! Abyssynique ! Fait de néant ! Sexe-traîne ! Peine à fouir ! Fourragère ! Rodomont ! Cambouis de cambuse ! Cancrelat de vivre ! Saltimbanque !»

J’ai interrogé pour vous le directeur de cette usine à gros mots :

- En ces temps de globishalisation bisounoursienne où les seuls écarts de langage sont du style «What the fuck ?», «triple buzz» et «jokes» en bande organisée sur ou devant un plateau de télé, je trouve qu’il est bon de recourir au vocabulaire toujours surprenant de notre bonne vieille langue française. Cela nous permet à nouveau de tirer la langue dans tous les sens, d’enguirlander sévère les animateurs de bavasseries télévisuelles ou radiophoniques (talk-shows), les monomaniaques bouffeurs de séries (addicts), les américanophiles par principe, les perfidalbionistes, les Rastapopulistes, les City Schön Ken, les néo-Thatchériens de l’anti-Jeanned’arquerie primaire, les Rossini-ni du tourne-dos, les pisseurs à l’arrêt, les faux Monzami, les petits fats, les harengs soles, les missi dominici, bref toute la gamme des brouilleurs d’écoute que vous savez ! J’en passe et des Shakespires !

M. Archibald O’Florine qui a des ascendances mi-écossaises, mi-scandinaves a tenu à préciser, en montrant ma guirlande :

- Nous autres, Normands, nous sommes francs du collier ! Nos équipes utilisent pour fabriquer les insultes nouvelles des termes pas si anciens que ça mais tombés en désuétude à cause de la modernité galopante et de son lot dément et démultiplicateur d’obsolescence programmée de nos vies, de nos langues et de nos us et coutumes. La civilisation moderne est un étouffoir d’empoigne. Si on ne s’enguirlande plus, si on ne se coltine pas la réalité de l’autre, si on n’échange plus, si on ne se parle plus, si on ne s’affronte plus sur l’échiquier des mots que bien à l’abri derrière un écran, on finit par se tirer dessus dans la rue. Il vaut mieux vider sa maquerelle avant de la faire cuire sinon ça va sentir l’étripage au salon !

- C’est vrai, lui ai-je répondu. Le jeunisme, ça va bien cinq minutes, après il faut rentrer dans le rang et dans le chou sinon on n’existe plus ! Merci aux Ténadoquiens d’avoir réveillé en nous l’insultanat dormant !

Je vous joins, mon cher Paul, la facture de cette exploration. J’espère que vous ne vous fâcherez pas, cher vieux coquin à jambe de bois, si je vous traite, «ténadoctement» mais gentiment, d’Unijambiste du Zambèze !

Si vous avez une autre mission d’exploration à me confier, n’hésitez pas à me joindre où vous savez.

Bien amicalement

Arthur R.

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 2 octobre 2017 d'après cette consigne


AU PIED DE LA LETTRE AU BARBU

C’est dingue comment on m’a enguirlandé !

Sûr, avec tout ce qu’on m’a mis sur la gueule, j’étais habillé pour l’hiver !

Y’a de quoi vous foutre les boules, quand même !

Je le savais bien qu’à l’approche de cette date il y avait de l’électricité dans l’air mais bon, j’en ai pris tellement plein les mirettes que je clignote de partout. Trente-six-chandelles, j’ai vu !

Mais ça va, ils se sont calmés.

Il y a juste les mômes qui me chantent sans cesse des stupidités à propos de Blois et Guéret qui ne serait plus dans la Creuse à cause des découpages administr’hâtifs de la dinde et du loir. Je ne comprends pas trop ce qu’ils veulent dire par-là. Heureusement la mère les met au lit tôt, ça me retire une belle épine du pied.

Mais bon, je n’aime pas être maquillé comme ça, on dirait une drag-queen sur un char de la techno-parade. Et vas-y que je te me montre à tout le monde et vas-y qu'on dit que je suis beau et il paraît qu’ils attendent plein d’autres visiteurs bientôt. Tu parles d'un cadeau !

Je crois qu’après le 25 je vais me tailler de cette crèche. En bûchettes. Ma cohabitation avec la famille Dugenou ne va pas faire long feu, je vous le dis. Je ne sais pas si vous percevez l’odeur mais… ça sent furieusement le sapin !

 

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Ecrit pour les Impromptus littéraires du 2 octobre 2017 d'après cette consigne

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L'AMOUR C'EST COMME LES MELONS

L’amour c’est comme les melons :
On vous kiffe ou pas, c’est selon ;
On vous sniffe ou pas c’est selon.

On met son nez contre le nez de l’esquimaude
Et si l’aRÔME ERRE et taraude
Alors on passe la nuit chez Maud.

AEV 1718-03 Ma nuit chez Maud

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 26 septembre 2017
d'après cette consigne

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07 octobre 2017

DE RIMBAINE À VERLAUD. 1, HYPOCONDRIAQUE

M. Arthur Rimbaine
Agence d'exploration de voies intraveineuses
et de traditions orales ou à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais


Charleville, le 4 octobre 2017

Mon cher Paul

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Voici mon premier rapport sur l’île de Tamalou, anciennement dénommée Hypocondrie, où je me suis rendu à votre demande afin de vérifier et compléter les informations dont vous disposiez ou pas.

La capitale de cette petite île s’appelle bien Gébobola comme vous le supputiez. L’île est traversée d’Est en Ouest par une rivière que les autochtones appellent la Fièvre diffuse. Un genre de Sèvre niortaise mais en moins long que cette rivière charentaise qui pantoufle aussi en Vendée et dans les Deux-Sèvres. C’est un fleuve relativement impassible qui prend sa source sur le plateau de Maloku et s’épand en de nombreux méandres une fois qu’il est rendu dans la plaine de Malokrane. Ses principaux affluents sont la Migrène, l’Hémorroide, la Savouchatouïe et la Savougratouïe.

Au Sud de l’île se trouve une chaîne de montagnes assez bien élevées qui tutoient les cieux mais avec respect et que l’on nomme les Pyravenirs. L’été les Tamaloussas y organisent des courses de vélo très disputées. Ils essaient de franchir le plus rapidement possible le Col du Fémur, celui du Tournemalet puis escaladent l’Aubisquerage, sinuent sur les lacets du mont Eiffel-Argan, grimpent au sommet du Savapété, un volcan qui n’est du reste pas encore tout à fait éteint. « Avec le temps va tout volcan mais c’est comme le cul du fanon, ça met un certain temps » dit un proverbe local qui les fait rire comme des baleines, car, vous le verrez tout à l’heure, mon cher Paul, ils sont très joueurs, les Tamaloussas.

Le tour de Tamalou se poursuit dans la plaine avec des étapes de plat disputées entre Enséfalogram et Toutanémié. L’épreuve contre la montre a lieu sur le circuit de Poukibavitalarivé. Le dopage est autorisé. Une des curiosités de l’ile est d’ailleurs l’usine pharmaceutique de Kilébon-Monmédoc où l’on produit le sirop Typhon, la capsule Gémini et la gélule Dernier-Vargas qui soignent toutes les maladies mais uniquement sur place.

Les autres industries locales sont la confection de blagues Carambar et l’invention de maladies asymptomatiques, les bobobénins, destinés à rassurer les gens sur leur bonheur présent, à prendre en vaccin sous forme de doses homéopathiques de caramel mou et huit jours. Un autre proverbe tamaloussa dit d’ailleurs « Si t’as que ça, reste chez toi, va pas creuser Troudlaséku ni enrichir les charlatans !».

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Si cela vous intéresse, j’ai ramené des échantillons des troubles psychosomatiques suivants, qui m’ont semblé intéressants :

- La Rimbaldite aiguë : peur de n’avoir pas été très sérieux à l’âge de dix-sept ans ;

- Le Tintinoreleczéma : maladie de peau qui se déclenche quand on pense qu’on aura un jour soixante-dix-sept ans et que l’on n’aura pas, à relire les aventures de Tintin et Milou, un plaisir égal à celui qu’on éprouva à les découvrir à sept ans ;

- La dissentryphonite : peur de chier un pendule ayant appartenu à un savant sourd ;

- L’épanchement de cuisine novice : trouble obsessionnel compulsif qui consiste à craindre de mourir en ayant oublié de fermer le gaz sous la cocotte alors qu’on concoctait une recette nouvelle.

Je vous l’avais dit, mon cher Paul, les Tamaloussas ou Hypocondriaques sont de drôles de zigs, un petit peu malades dans leur tête, mais bon, qui ne l’est pas de nos jours ?

Pour vous rendre dans leur île il faut partir de Kuala Lumpur en Malaisie. Il y a un vol régulier qui dure une demi-heure et vous dépose sur l’aérosyndrome de Münchhausen puis on prend ensuite une navette automobile, un bus en fait, qui vous amène au centre-ville de Gébobola, terme-omettre de votre « voillage » comme nous disions jadis, vous et moi, quand nous bourlinguions de concert.

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Je joins ma facture à cette missive. Vous constaterez que je n’ai pas pratiqué le coup de fusil comme on le fait ces temps-ci dans le secteur non-conventionné.

Si vous avez une autre mission d’exploration à me confier, n’hésitez pas à me joindre où vous savez.

Bien amicalement

Arthur R.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 475 à partir de cette consigne : hypocondriaque

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06 octobre 2017

"De plumes et d'écume" par la Cie Hop là ! à Rennes le 5 octobre 2017 (1)

C’est un spectacle d’air et d’eau alors les comédiens de la Compagnie Hop Là !, David et Marianne, sont maquillés de bleu. On nous parle d’Icare, des oiseaux de passage, on bulledesavonne, on s’enivre de fonds sous-marins, on saute en parachute, on se crashe en avion – heureusement l’aéroplane est comme Jacques Higelin, blindé -.

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"De plumes et d'écume" par la Cie Hop là ! à Rennes le 5 octobre 2017 (2)

Il y a des masques d’oiseaux, un guitalélé de championne, des plumes, un panier plein de terre, le «Raconte-moi la mer» de Jean Ferrat arrangé pour deux voix et, au finale, une reprise très gaie d’une chanson sur Christophe Colomb écrite par Charles Trénet, «Terre-chanson». Une découverte pour moi qui ne la connaissais pas.

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