02 février 2018

PALAIS-PROMONTOIRE (2)

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Le cortège incessant des pèlerins modernes
Eclaire ce grand temple aux fonctions polymorphes :
Des remparts pour défendre en théorie les côtes,
Des dunes incrustées de fleurs à bacchanales.

Les grands canaux ombreux d’une louche Venise
Ont des quais où l’on vend, comme hier à Carthage,
Des esclaves plus gris que des bords de Tamise.

Ici sont des Etna aux éruptions mollies,
Des glaciers crevassés d’où sortent des lys jaunes.

Menant jusqu’au lavoir, au pied des peupliers,
Un cortège de fleurs de cristal et d’hiver,
Dans des parcs singuliers, des talus impudents,
Penche des têtes rouges : érables du Japon.

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PALAIS-PROMONTOIRE (3)

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Au pied du grand hôtel à l’entrée en rotonde
C’est foire à Scarborough, c’est le Royal plazza,
C’est Brooklyn, l’Italie, c’est le Scenic railway,
L’Amérique et l’Asie jointes sur la terrasse.

Les fenêtres s’allument. Tout devient colossal.
La riche et noble clientèle au soir tombant
Est emportée par la brise des Fêtes-Dieu.

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PALAIS-PROMONTOIRE (4)

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Du brick nous l’entendons, la fête de Gatsby.
C’est tout un art d’âge du jazz, de ritournelles
Et dans le petit jour la façade vernie
Du palais-promontoire où il cherche Daisy
Sera illuminée d’étranges tarentelles

Mais la diva toujours sera inaccessible
Et notre brick s’en ira vers d’autres ailleurs.

Sur le sommet des arts alors tout s’éteindra
Puis verdira pour n’être plus qu’un point d’hier.

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Ce poème a été composé d’après «Promontoire» in « Les Illuminations » d’Arthur Rimbaud.

On peut voir le manuscrit autographe ci-dessous et ici.

On peut lire une étude très intéressante là.
On découvre dans celle-ci que le Grand hôtel de "Scarbro" a été bâti sur le thème du temps. Je trouve très drôle qu'il en soit de même du phare de Gatteville. Madame Wikipe nous dit : "
Le phare comporte autant de marches que de jours dans l'année, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux (représentés par le nombre de fenêtres en façade que de mois".

Rimbaud autographe promontoire vu du mont

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01 février 2018

SALUT LA COMPAGNIE CRÉOLE !

170708 Nikon 131Famille décomposée, famille recomposée… va, je ne te hais point !

- Célimène ! C’est l’hymen ! » hurlait la foule en liesse.

Au mariage de ma femme, j’ai un peu forcé sur le ti-punch ! Comme on dit aux Antilles « A fos makak karésé ich li, i tjwé li ! ». A trop vouloir bien faire, à trop vouloir caresser la famille dans le sens du poil, le singe qui est en nous en arrive à faire des conneries irrémédiables ! Vaste kouyonad !

De fait, ça m’a fait chaud au cœur de revoir Simone, la jolie cousine de ma femme.

- Invite-la à zouker ! m’a dit celle-ci. Elle sort d’un tourment d’amour. Danser, c’est bon pour le moral !

- Allez, en voiture, Simone ! ai-je dit à la cousine en engouffrant mon sixième planteur. Ne restons pas plantés là, viens pleurer contre mon épaule, on va danser collé-collé !

- Kolé séré, on dit, Arthur ! T’as raison ! Amba latè pa ni pléji. Sous terre il n’y a pas de plaisir ! Je ne vais pas me laisser abattre par la maladie d’amour !

Je me suis mis en position, j’ai posé mes mains sur son pétard et j’ai tout de suite senti que sous cette robe de satin il y avait le 14 juillet garanti, du feu d’artifice pour toute la nuit, la machine à danser au top dans le Ghetto  du Gotha !

- Il y a le diable dans la maison ! m’a glissé Simone à l’oreille.

- Ca veut dire quoi, ce proverbe-là ?

- Ce n’est pas un proverbe. Ca veut dire que je sens ton revolver !

- Ce n’est pas un revolver, c’est une banane !

- Ca s’épluche pareil !

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Oui, ça m’a fait chaud au cœur de revoir Simone d’aussi près mais on était au mariage de ma femme et je n’allais pas entrer à nouveau dans la famille quand même, qui plus est à la mode de Bretagne ! Sauf qu’en Bretagne ce n’est pas une banane, c’est une andouille de Guémené. Heureusement la musique s’est arrêtée.

- Depuis le temps qu’il tape sur des bambous le musicien n'est pas loin d'en attraper un coup ! Donne-lui tout de même à boire, dit mon beau-père en me tapant sur l’épaule. Alors je suis allé au bar avec les musiciens.

Leur chanteuse s’appelait Amélia.

- Viens donc prendre le frais dehors, beau blond ! m’a-t-elle susurré en me prenant par le bras.

Je ne suis pas ce qu’on peut appeler le tombeur de ces dames mais à ce moment-là, avec le rhum que j’avais rajouté au bar avec les musicos, j’étais prêt à « fè an pat chat mawon » ! (faire un pas de chat sauvage).

- Je connais de bons baisers de Fort-de-France, m’a-t-elle dit en me caressant l’arrière de la nuque dans un coin d’ombre. Viens donc un peu sous les palétuviers !

Heureusement pour moi, avant que je n’aie vu les laitues et l’évier, ma belle-mère est venue battre le rappel des musiciens. La fiesta a repris de plus belle.

J’aurais pu garder de très bons souvenirs du mariage de ma femme mais j’ai encore bu du rhum avec Brigitte qui m’a proposé une soca-party sur la plage. J’aurais pu accepter le marché de Marie-Galante (Shala shala, Arthur ?) mais j’ai prié pour rester intègre, pour que toute la désirade qui montait dans cette ambiance débridée s’éteigne dans le trémoussement des corps sur la musique. Bien sûr c’était dur parce qu’il ne faut pas laisser l’amour s’enfuir mais j’étais quand même au mariage de ma femme ! Yaka danser, comme on dit, pour évacuer l’énergie, fût-elle sexuelle, de ces jolies filles de couleur café.

Quelques ti-punchs encore et voilà que m’alpague la tante Rosalie. Bon ça va avec elle j’étais à l’abri ! Merci, Seigneur, de ne pas m’induire perpétuellement en tentation !

- Arthur, m’a-t-elle demandé, toi qui as été commissaire-priseur à Pointe-à-Pitre, est-ce que tu veux bien venir voir là-haut ? Il y a là une toile de petit maître que j’aime à la folie, j’aimerais avoir ton avis sur son origine.

Enfin un peu de sérieux dans ce monde en chaleur animale ! J’ai suivi la tante Rosalie au grenier. Elle m’a montré le tableau. Aïe ! Quelle vieillerie ! J’ai soufflé sur la poussière, déniché la signature. Instant de stupeur. Incrédulité. Oh la bonne aventure, ô gué ! Petit maître, petit maître ? Attends Rosalie, c’est le bal masqué ici ! Henri Rousseau ! Henri Rousseau !

J’ai voulu révéler la chose à la tante mais c’était trop tard ! Elle m’avait déjà poussé sur un vieux matelas et s’activait sur ma canne à sucre. Au secours, Alice ! Ca glisse au pays des merveilles ! Sans que j’aie rien vu venir je me suis retrouvé sans chemise, sans pantalon, chevauché sauvagement comme un petit maître-étalon, fruit de la passion ravageuse et ravagée de la tantine Rosalie ! Je peux vous dire que dans ce genre de situation, si ça fait rire les oiseaux de passage, ça ne détend pas le perchoir où elle est juchée pour autant !

Là-dessus ma femme est arrivée avec toute la noce derrière elle ! Bonjour le scandale dans la famille !


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Après fèt se graté tèt : après la fête on se gratte la tête. Le lendemain je me suis souvenu que ce n’était pas le remariage de ma femme mais son premier mariage et que j’étais moi-même le marié, l’heureux élu. Et l’élu ramassait une veste, sa veste.

- Tout est rompu, mon gendre !

On m’a demandé de divorcer, de prendre mes cliques et mes claques et de retourner en métropole, ce que j’ai fait sans barguigner.

J’ai bien sûr emporté dans ma valise le cadeau du ciel. Mais non, pas la tante Rosalie, la toile de petit-maître ! Je l’ai revendue et j’en ai tiré quelques millions de francs. Pendant quelques temps ma vie a ressemblé à celle des rois de Byzance à Belle-île-en-Mer.

Vive Souchon et Voulzy ! Vive le douanier Rousseau !

(Extrait des « Souvenirs d’un explorateur heureux » d’Arthur Rimbaine
à paraître aux éditions Paul Verlaud en mars 2018).

 

Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le mardi 30 janvier 2018
d'après la consigne ci-dessous.
 

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1718-17 DU 30 JANVIER 2018 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Chansons « créoles »

Insérer au moins cinq titres de cette liste dans un texte qui parle d’île, de plage, de soleil ou de rhum.

Africa Music - Aïe - Amelia - Au Mariage De Ma Femme - Ba Moin En Tibo - Belle-Ile-En-Mer - Bons baisers de Fort-de-France - C'est bon pour le moral - Ca fait rire les oiseaux - Chaud Au Cœur - Collé collé - Dans le jambo - Faut Pas Laisser L'amour S'enfuir - Invit'la A Zouker - J'ai Prié - L'année Cannelle - La Bonne Aventure - La désirade - La fiesta - La machine à danser - Le 14 juillet - Le bal masqué - Le cadeau du ciel - Le diable dans la maison - Le Marché de Marie-Galante - Ma première biguine partie - Moin Aime Ou - Moin Di Yo - Paris Paris (plus jaloux) - Santa Maria de Guadeloupe - Scandale dans la famille - Shala Shala - Simone - Soca party sur la plage - Viens pleurer - Viva La Fiesta - Vive le douanier Rousseau - A La Folie - Alice ça Glisse - Au Top Dans Le Ghetto - C'est Bon Pour Le Moral - Célimène - Couleur Café - Fruit De La Passion - Il Tape Sur Des Bambous - Kolé Séré - Le tombeur - Ma Canne A Sucre - Maladie D'amour - Mexico - Rosalie - Salade De Fruits - Sans Chemise Sans Pantalon - Tourment d'amour - Yaka Dansé

(Il s'agit de chansons de "La Compagnie créole" et de Francky Vincent ;
on pouvait aussi se servir de quelques proverbes créoles recueillis ici)



30 janvier 2018

Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 (5)

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Grateful Dead ?
Absolument ! Puisqu'on est dans les vieux machins, autant aller découvrir ce groupe dont on m'a tant parlé jadis sans que j'aille pour autant l'écouter. Ca ne va pas aller bien loin : cette première chanson me semble déjà si immoralement américaine que je m'en retourne écouter les chanteurs français à moustache ! 

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Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 (6)

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Un détournement particulièrement déjanté

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Puisqu'on est dans les vieux machins... j'en ajoute un !

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Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 (7)

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- Tu ne démarres pas ?
- C'est Patrick qui a les clés !
- Prisonnière, alors ? ;-)

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Délices du toit ouvrant de la 2 CV Citroën.
Celle-ci est de 1954, ce qui ne rajeunit personne.

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Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 (8)

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Quel beau mélange d'époques !

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29 janvier 2018

Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 (1)

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 Brassens en Floride ?

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Lotus seven : je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !

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Il n'y a pas que les voitures qui ont de l'âge, les bandes dessinées aussi :
Johan et Pirlouit ne rajeunissent personne !

Même s'il s'agit ici du tome 16 de 1998
où les personnages de Peyo sont repris par Yvan Delporte et Alain Maury.

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