25 février 2022

G COMME GUMMIBÄRCHEN (FRAU)

Animateur d’atelier d’écriture, ce n’est pas un métier facile ! Chaque semaine il faut proposer à ses écrivantes quelque chose de différent et si possible de plaisant. Maintenant que l’atelier fonctionne aussi en ligne, on ne peut plus jouer avec des consignes reposant sur l’écriture collective de type jeu du cadavre exquis, fabriquer des renku à base de haïkus et de tankas, faire se répondre des correspondantes. Mais en fait ces exercices-là n’ont jamais vraiment eu la cote.

Chacune préfère se lancer dans une longue déclinaison à partir de sa première idée née de la consigne. Mais je ne me plains pas : le résultat est toujours aussi varié, surprenant, réjouissant au moment de la lecture.

Surtout il faut, de temps en temps, écrire à partir d’images parce que ces dames aiment ça et que c’est moins compliqué à expliquer ! Avec les images, il y a deux choses qui coincent pour moi.

La première est la gestion du code html par la plate-forme de Canalblog. Monsieur html n’aime pas les tableaux, colle des retours chariot là où on n’en veut pas et refuse de centrer les photos en une seule fois.

Ensuite il faut gérer les réclamations, bien souvent justifiées, des propriétaires des images qui vous reprochent d’utiliser leur œuvre sans leur avoir demandé la permission.

Grooms 01 1024Voilà pourquoi, cette semaine, j’ai choisi de faire écrire à partir de photos de Joe Krapov. C’est un copain, je sais qu’il voudra bien et ne réclamera rien. J’ai donc distribué ses agrandissements, j’ai laissé les filles choisir en premier et dans les trois que j’ai récupérées, il y a la photo de Mme Gummibärchen.

Malheureusement il est déjà 19 h 54, on pose les stylos à 20 heures et il me faudrait de nombreuses minutes et une troisième grande page manuscrite pour exprimer ce que m’inspirent cette photo et ce surnom. Je ferai donc court.

Cette photo a été prise en 1999 lors d’un spectacle du festival « Les Tombées de la nuit », « La Flûte en chantier », d’après Mozart, par la Compagnie « Les Grooms ». Elle a déjà servi à un atelier d’écriture en ligne pour lequel j’avais produit un texte. J’avais rebaptisé la comédienne Mme Gummibärchen en souvenir d’une professeure d’allemand du collège Malifeu qui récompensait les bonnes réponses de mon fils ou de ses autres élèves en leur offrant de ces friandises dont le nom français m’échappe mais que vous reconnaîtrez sans doute quand j’aurai traduit la chose « Gummibärchen » par « petit ours en gomme ».

 2122-19 Jean-Paul - Gummibärchen8 Marie-Thé Morozov 04

 Je vous renvoie ici vers le texte de 1999. Je me suis régalé tout à l’heure à relire des pages de cet atelier « Rennes en Délires ». Tout comme je me régale en ce moment à l’idée que le mari de la prof d’allemand « bonbonnière » était peut-être… dentiste !

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 février 2022

d'après la consigne 2122-19 ci-dessous


24 février 2022

B COMME BATUCADA

cb9807Ni Jean Sébastien Bach, ni Ludwig Van Beethoven ! Pas même Béla Bartók et encore moins Benjamin Britten !

Aucun de ces compositeurs n’a daigné nous pondre un concerto pour pianoforte et batucada !

Pourtant, une Sonate au clair de lune avec des percussions et des coups de sifflet, ça mettrait un peu de vie salle Gaveau ou Salle Pleyel, non ?

Vous imaginez Pierre Boulez dirigeant le « Réveil des oiseaux » de Messiaen au sifflet ?

Et de jolies danseuses brésiliennes, emplumées autant que dénudées, ça nous mettrait un peu plus de joie au coeur que ces violoncellistes déplumés qui envoient comme à l’abattoir la musique de Penderecki et Wagner dans les appareils auditifs de vieux actionnaires déplumés autant que dé(si)cavés ?

Quoi de plus triste à entendre qu’un quatuor à cordes ?

Oui, c’est ça : deux quatuors à cordes. Avec l’intégrale en CD des quatuors à cordes de Schubert, la corde pour se pendre est-elle offerte en prime ?

Car la batucada est gaie, car la batucada égaie : c’est un orchestre de percussions diverses qui joue la musique des sambas au Brésil.

cb9803Et ce costume blanc brodé de jaune et de bleu, ne siérait-il pas mieux aux musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bretagne que la queue de pie ou la robe de soirée noire ? Pourquoi le musicien classique s’habille-t-il toujours comme s’il allait à l’enterrement de l’hymne à la joie ? On ne peut pas se pavaner un peu plus quand l’infante est défunte ? Après tout, elle n’était pas de notre famille ! Et l’Espagne, c’est loin !

C’est pourquoi il faut souligner les efforts de la violoniste, Madame Bling-Bling, pour faire scintiller ses boucles d’oreille à chaque concert ! C’est pourquoi il faut applaudir la charmante altiste (altruiste?) de l’OSB qui ne craint pas de se produire au sein du groupe Am’nez zique et les Biches pour accompagner « Estelle » de Pierre Perret ou « Julie la petite olive » des Wriggles !

Voilà. J’ai tout dit sur l’immobilisme du monde et ses quelques exceptions : cette photo a été prise il y a vingt ans et rien n’a changé depuis sur Radio Classique ! Elodie Fondacci est toujours là, Christian Morin est une publicité vivante pour le placement de l’âge de départ en retraite sur le curseur « 84 ans » et on nous y incite toujours, entre deux tubes de Chopin et Vivaldi, à mourir au plus vite pour léguer nos biens à une association philanthropique - de type Orpéa aux enfers ? - ou à vendre notre maison en viager. Reviens, Pierre Tchernia, ils sont devenus fous ! Ce monde est décibatudément batucadastrophique !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 février 2022

d'après la consigne 2122-19 ci-dessous

23 février 2022

P COMME PARASOL

22 février 2022 ! La Bretagne est en manque de parapluies et surtout de parasols !

Parmi les effets néfastes du phénomène de réchauffement climatique de la planète il faut constater maintenant dans notre région une pénurie de ces instruments portatifs destinés à protéger le crâne et le haut du corps des rayons d’un soleil désormais trop généreux.

Les messieurs, bien sûr, peuvent porter des casquettes ou chapeaux plus ou moins larges – borsalino, panama voire sombrero. La chemise en coton, la veste légère ou le polo Brassens protègent des coups de soleil leurs avant-bras.

Mais la pauvre dame en robe à manches courtes ou en débardeur, ses bras nus, sans ombrelle, de quelle couleur deviennent-ils ? Oui, c’est ça, rouge écrevisse.

Il nous faut des parapluies qui fassent office de parasols ! L’emblématique magasin « Rennes sous la pluie » vient de fermer ses portes au plus mauvais moment ! Qu’est-ce qu’ils foutent les Chinois dans leurs usines ? Ils ont découvert le droit de grève ou quoi ? Quelqu’un est allé à la pêche à la baleine et a tout raflé ? Il y a une pénurie ? Ils ont eu un pépin dans la chaîne de production ? Depuis l’apparition du coronaviruse en 2020 on a l’impression qu’ils s’y prennent comme des manches pour inonder nos marchés de leurs produits manufacturés, plus facturés que manu, d’ailleurs.

Parapluie breton 1024

En y réfléchissant bien, il y aurait également une montagne de blé à se faire si les ambassadrices de charme de la République populaire de Chine daignaient apprendre les pas de l’avant-deux de Bazouges, de la gavotte et du laridé huit temps. Cela va faire deux ans pleins que l’on n’a pas vu tourner à Rennes le moindre costume celtique ! Plus une seule jeune fille aujourd’hui ne porte la catiole et les gants de dentelle. Il faut dire qu’avec la chaleur, porter des gants ou en prendre... Ces dames et demoiselles préfèrent sans doute désormais se trémousser en boîte aux accents d’une musique bien plus moderne émise par des émules de Daft Punk ou de Laurent Garnier ?

On comprend bien cependant celles qui, à la longue, ont développé une allergie à ce couple d’enfer, biniou-bombarde, l’assurance tous risques d’avoir un jour ou l’autre l’ouïe bousillée et le goût musical dénaturé à jamais.

C’est quand même ahurissant, cette histoire ! Bientôt, à force de regarder avec envie cette photo emblématique prise à la Fête du peuple breton en 1999, nous qui sommes les forces vives de la start up nation et du LBD-plein-la-vue-pan-dans-les-dents, nous allons finir par rejoindre la cohorte des vieux crabes pétainistes et chevrotants qui prétendent que « c’était mieux avant » !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 février 2022

d'après la consigne 2122-19 ci-dessous

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-19 DU 22 FÉVRIER 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Rennes en fêtes

 

L’animateur distribue des agrandissements sur papier extraits d’un album photographique de Joe Krapov dont le titre est « Petits portraits de Rennes en fêtes ». Ces photos ont été prises en 1998 et 1999 et publiées sur le site web « Rennes-en-délires ». 

Chaque écrivant·e en choisit trois mais n’écrira qu’à partir d’une seule de ces photos.

Il est demandé de constituer , collectivement, un abécédaire de la fête.

Pour cela chacun·e écrira un texte inspiré par la photo retenue et dont le titre sera sur le modèle des billets d’Adrienne sur son blog : C comme Carnaval, V comme Venise, etc.

L’exercice peut être renouvelé avec les deux autres photos choisies si on est inspiré.

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22 février 2022

Préparatifs de course cycliste à Jersey le 21 mai 2009

En complément du billet publié hier je suis allé fouiller dans mes disques durs externes pour retrouver ces images oubliée. Je pensais que c'était une vraie course avec de vrais vélos mais c'était plutôt du folklore !

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21 février 2022

ILS ÉTAIENT DIX

Filigrane jeu 73 Ils étaient dix

Le dimanche 13 août 1961 un jeune homme belge nommé Jason Butternut se trouvait en vacances chez son correspondant anglais dans l'île de Jersey. Tous deux étaient alors âgés de 18 ans.

Le hasard permit ce jour-là à Jason d'accomplir un de ses rêves de gosses et de se découvrir une vocation pour plus tard. En effet on était rendu à la date, annuelle et rituelle, du critérium cycliste de Saint-Helier.

Cette épreuve sportive consiste en un circuit en boucle de 13 kilomètres autour de la ville portuaire que les coureurs doivent accomplir treize fois.

Parmi les participants à cette course il y avait Rik Van Looy, un champion cycliste populaire pour lequel Jason avait une adoration certaine. Il allait enfin le voir courir "en vrai".

Le correspondant de Jason s'appelait Justin Podium mais cela n’a pas d'importance dans notre récit. Greg Lestrade eût pu convenir aussi. Justin et Jason avaient pris place sur le trottoir parmi d’autre amateurs de vélo afin de voir passer le peloton et d'encourager les rois de la petite reine. Jason n'avait d’yeux que pour Rik Van Looy et Justin, quant à lui, en véritable looser, encourageait l'équipe locale, les Jersey black devils, dont le maillot était de couleur noire.

Filigrane jeu 73Voiture-balai

Dès le premier tour il y eut une échappée. L'espagnol Federico Bahamontes, cherchant la montagne – il ne la trouverait jamais, Jersey étant une île relativement plate par rapport aux Pyrénées -, avait pris quelques 200 mètres d'avance au peloton.

Au deuxième passage Justin remarqua l'absence, dans le peloton ou à l’arrière de celui-ci, du coureur Wargrave, le capitaine  des Blacks devils. Peut-être avait-il été victime d'une crevaison et été distancé ? Parfois ont fait ce qu'on peut et le pneu peut peu. Mais bientôt un motard précédent la voiture-balai laissa planer un premier mystère sur la course. Wargrave aurait abandonné au bout de même pas 20 kilomètres et serait monté à l'intérieur du véhicule de ramassage des lâchés en perdition ? Quand même pas ?

Au troisième tour le peloton passa groupé, Bahamontès, déçu par la morne plaine, ayant été repris après une chasse terrible d'André Darrigade. Mais cette fois chez les Black devils c’est Claythorne qui manquait à l'appel.

Au quatrième tour, Brent était aux abonnés absents.

Au cinquième, plus de nouvelles de Mc Arthur. Où avait on mis son corps ? Justin attira l'attention de Jason sur ce phénomène d'évaporation, sans doute irrégulière bien que régulière, de l'équipe de Jersey.

- Oui, c’est bizarre, convint Jason, mais en attendant l'équipe belge est aux avants-postes. M'étonnerait pas qu'elle tue la course pour que ça se termine en victoire au sprint de Rik Van Looy !

Au sixième tour du circuit exit le nommé Lombard. Arrêté dans une pizzeria ?
Au septième tour plus d'Armstrong ! Expédié dans la Lune ?
Au huitième, plus de nouvelles de Marston.
Au neuvième tour on déplorait la perte de Blore.
Au dixième ce fut au tour de Roy Rogers de disparaître.
Au 11e son frangin John pointait absent du peloton et de ce fait il n'y avait plus aucun représentant des Jersey black devils dans la course.

Ils étaient dix à avoir disparu sans que ça n'inquiète ou n'intéresse personne d'autre que nos deux jeunes gens.

Comme pronostiqué par Jason, Van Looy gagna l'épreuve au sprint mais Justin attendit que le dernier coureur, la lanterne rouge comme on dit dans ce sport, eût passé la ligne pour en avoir le coeur net sur les disparitions des cyclistes. Se pouvait-il que toute l'équipe locale se fût retrouvée dans la voiture-balai ?

Mais justement, comme par un fait de sorcellerie, la voiture-balai ne franchit jamais la ligne d'arrivée. On ne la revit plus de l’après-midi.

Les deux amis se rendirent au commissariat et y racontèrent leur histoire.

- Vous les connaissez ? Vous faites partie de leur famille ? leur demanda-t-on. Le véhicule est à vous ? Ou le balai ?

- Non.

- Vous savez, jeunes gens, chacun est libre d'aller et venir comme il le souhaite ici. Ils vous ont volé quelque chose ?

- Non plus !

- Alors, s'il vous plaît, mêlez-vous de vos British fesses et de votre Belge postérieur, les kids ! Caltez, maintenant !

Filigrane jeu 73 Rick Van LooyLes deux jeunes gens retournèrent auprès du car-podium où une charmante Jerseyan lady claquait deux bises à Rik en lui remettant un énorme bouquet de fleurs.

Ils avisèrent un officiel auquel ils demandèrent le nom du chauffeur de la voiture-balai.

- Quelle voiture-balai ? Personne n'abandonne jamais dans cette course. Il y a les voitures des directeurs techniques en cas de pépin mais c’est tout !

- Mais on l'a vue ! Elle a tourné derrière les coureurs. Sauf au dernier tour !

- Je ne vois pas vraiment de quoi vous voulez parler. Vous avez trop arrosé de cherry votre repas de ce midi ?

Avaient-ils eu la berlue ? L'équipe des Jersey black devils existait-elle seulement ? Ils en venaient à douter de leurs sens. Quand soudain Jason Butternut se tripota le bout relevé de moustaches imaginaires et eut une illumination dans ses petites cellules grises.

- Cela ne peut pas être l’adjudant Chanal ou un autre de ces pervers détraqués qui conduisait le véhicule ! Comment un homme seul pourrait-il en violer dix autres sans que ceux-ci n’opposent de résistance ? Trouvons le nom du chauffeur et nous saurons quel louche trafic se cache derrière la disparition de ces dix hommes. Quand tu m'a parlé de ce phénomène la première fois, j’ai pris soin de noter le numéro de la plaque minéralogique de la camionnette : 3745 ES 40. Retournons au commissariat.

Le même préposé digne, courtois mais un chouïa vulgaire sur la fin les reçut à nouveau avec flegme.

- Nous aimerions savoir à qui appartient ce véhicule.

L'agent Bobby, ébaubi, regarda le numéro puis il appela un autre service. Quelques temps après il obtenait la réponse.

- Cette camionnette Peugeot est immatriculée en France. Elle appartient à un dénommé Auguste Maquet.

- J'ai tout compris ! dit Jason à Justin. On peut rentrer chez tes parents prendre le thé !

***

Lorsque le soir fut venu, Jason Butternut demanda à Justin Podium de réunir tous ses neurones dans la bibliothèque du château de ses parents. Ce fut vite fait car le correspondant n’en avait pas beaucoup.

Filigrane jeu 73 Agatha

- Il existe quelque part sur le continent une clinique médicale tenue par un docteur très malin. Nommons-le Alexandre Dumas arrière-petits-fils car c'est bien de là que tout est parti. C'est essentiellement une maison de repos, située à la campagne ou à la montagne, voire à la mer, va savoir ! La clientèle est principalement constituée d'écrivains ou d’écrivaines en mal d'inspiration ou en dépression ainsi que de scénaristes excédés ou vidés. Le docteur Dumas a mis en place une espèce de commerce triangulaire. Avec l'argent que les éditeurs ou producteurs lui confient pour soigner leurs poulains ou leurs pouliches il va acheter un peu partout des rédacteurs remplaçants, des gens qui vont écrire des romans ou des scenarii à la place des auteurs en déprime. Je pense qu’ils sont logés pour cela dans un centre de vacances à Mimizan-plage, dans les Landes. J’en ai vaguement entendu parler par ma copine Josiane qui passe ses étés et a beaucoup flirté par là-bas. Lorsque le rédacteur-vacancier a terminé son manuscrit, il l’envoie au docteur qui le remet à l'auteur. Celui-ci le retouche et repart un peu guéri pour un temps vers de nouvelles aventures. Il va enfin pouvoir à nouveau passer à la télé ou causer dans le poste.

- Mais alors il n'y a rien d'illégal dans la course cycliste ? s'étonna Justin.

- Tout ce qui se trafique dans un paradis fiscal est parfaitement légal même si c'est parfois immoral et Rik Van Looy est bien le meilleur. Il n'a pas besoin d'une quelconque tricherie pour le prouver.

***

Filigrane jeu 73 Quel petit véloLes vacances de Butternut étaient terminées. Le lendemain matin Jason retourna sur le continent. En montant à bord de l'hydroglisseur de la Brittany-ferries il ne fut nullement surpris de renifler l'odeur caractéristique du ragoût de mouton aux haricots de l’English breakfast qui l’avait étonné à l’aller ni d’apercevoir, assemblés autour de deux grandes tables, dix jeunes hommes habillés de costumes noir, portant lunettes noires et chapeaux et occupés à taper sur des machines à écrire portatives.

Jason se dirigea vers eux et dans son anglais faiblard mâtiné de surréalisme belge, de visions Carrolliennes et de précognition de Georges Perec, il demanda aux men in black :

- J'ai tout compris à la disparition mais... Pourquoi des coureurs cyclistes à guidon chromé au fond de la cour ?

C'est le capitaine de l'équipe, Wargrave, qui lui répondit :

- Parce que pour écrire autant d’inepties à la chaîne sans dérailler complètement il faut soit en avoir sous la pédale soit être complètement piqué !

- Et nous on en a et on l’est ! ajouta Claythorne, ce qui déclencha un éclat de rire général de la part des dix nouveaux petits nègres.


Ecrit à l’insu de son plein gré pour Agatha Christie le 20 février 2022 par Joe Krapov.


Ecrit pour le jeu n° 73 de Filigrane (La Licorne) d'après cette consigne

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19 février 2022

SAINTS GUÉRISSEURS, SAINTES GUÉRIFRÈRES

Si tu penses que ça urge de voir venir un thaumaturge, n’attends rien d’un président : on élit toujours un drôle de mecton !

Contrairement à ce que dit le dicton, il vaut mieux s’en remettre à ses saint·e·s qu’au bon Dieu !

Déjà, ils sont plus nombreux et savoureux !

DDS 703 saints guérisseurs

Saint Marcel soigne vos insomnies : grâce à lui plus de temps perdu à rechercher le sommeil ;

Saint Huron te protège des chutes de pantalon ;

Saint Accouchement met un terme aux grossesses ;

Saint Cougar justifie les libidos durables (mais pourquoi ne le seraient-elles pas ?) ;

Saint Georges en pommade combat le dragon (mais bon,  99 applications, c’est long !) ;

Saint Glinglin récompense la patience de Madeleine (son ami Léon est allé retrouver Germaine pour manger des frites chez Eugène) ;

Saint Guy guérit les transes des frappés de la danse ;

Saint Nazaire apaise la sous-marinière en mal de balèze ;

Saint Christophe protège de la catastrophe Lady Diana (c’est ce que raconte Saint Zouave du pont de l’Alma) ;

Saint Médard distribue des parapluies gratuits à celles qui n’ont pas de riflard ;

Saint Thomas guérit des croyances autant que le hasghtag « Balance... » ;

Saint Sylvestre vient à bout des années confinées, covidées, bien usantes, mal torchées, lamentables et des longues litanies dont Krapov est capable ;

Saint Raoul le D.J. nous enchloroquiquine mais pas autant sans doute que Sainte Seringue qui rend brindzingue ;

Saint Eustache protège ta trompe, éléphante (et pour les éléphants il faut voir Sainte-Phallope) ;

DDS 703 hildegarde-de-bingen

Sainte Ethique, à repasser, c’est pas coton ;

Sainte Hélène isole du Napoléon ;

Sainte Germaine guérit de la morosité via ses cocasseries, savamment relatées par son mari chéri ;

DDS 703 margueriteSainte Marguerite a péri pour toi un peu, voire beaucoup, pour que tu sois sûr que ton Anna t’aime ;

Sainte Cécile, patronne des musiciens ne te protège pas des couacs (faut pas trop demander, non plus !). Si tu en commets,  moussaillon, tu n’as à t’en prendre Cacatois même !

Si Sainte Rita ne peut plus rien pour toi remets-t’en à Saint L’Hasard qui arrive sans crier gare ;

Sainte Pilule de Viagra revigore Grand-papa ;

Sainte Tour de Gustave, au concours de celui qui aura la plus longue, rabat les prétentions ;

Sainte Vulgarité au défiant du samedi en mal d’inspiration redonne l’occasion de rire et faire rire parfois à profusion

Sainte Marie de la mer donne beau temps aux gitans et la palme à Kusturica pour son titre résume-tout : « La Vie est un miracle ». 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 703 d'après cette consigne : thaumaturge.

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18 février 2022

Images de la Vilaine à Rennes le 14 février 2022

Quand on est devenu grand (?) ou quand on a échappé à la tutelle de ses parents on a gagné le droit de devenir incorrigible. 
C'est sans doute pour cela que nous sommes entourés d'un certain nombre de réécriveurs de l'histoire ou de discurseurs obtus avec lesquels il n'est même plus la peine de discuter. Mais je m'éloigne de mon sujet qui est bien plus bénin.

Ma certitude à moi, c'est que les effets créatifs de mes deux...

... les effets créatifs de mes deux appareils photo, je les aime bien. Ils me permettent d'imaginer ou de voir un monde irréel qui se trouve... juste derrière chez moi !

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17 février 2022

Vues panoramiques de Venise en février 1993 (2)

Voici les quatre dernières. Le projet en cours est de reconstituer l'ouvrage sous forme d'un livre électronique en pdf pour lecture-visualisation sur tablette. Ou d'en refaire une version propre, en pdf elle aussi, qui soit imprimable et partageable. Ca va me faire un sacré boulot de dingue parce que les photos en noir et blanc n'ont pas été numérisées et - j'en suis tout étonné - les aquarelles non plus ! Je livre à la suite des photos la première  de celles-ci qui sert d'illustration de couverture à l'ouvrage. 

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Aquarelles de Venise 01 paline bleue devant san Giorgio (réduite sans bords à 1024)

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16 février 2022

Vues panoramiques de Venise en février 1993 (1)

Or donc me voici ces jours-ci à pratiquer l'archéologie, je veux dire l'archivologie ou plutôt l'archivistique, enfin bref l'exploration d'archives au logis. C'est ainsi que je retombe sur les Editions du Petit port et de la Haute Folie, une entreprise d'auto-édition dans laquelle je publiai jadis des oeuvres poétiques écrites sous mon nom véritable et les premiers écrits, plutôt satiriques, d'un nommé Joe Krapov.

J'ai donc ouvert la boîte d'archives intitulée "Je veux retourner à Venise" et j'ai découvert la maquette complète de ce recueil de photos, poèmes et aquarelles dont je n'avais édité que les seuls textes agrémentés de dessins détourés d'après les photos.

Et justement, un bon paquet de photos oubliées se trouvent là dont celles prises à l'époque avec, je vous le donne en mille, un appareil photo jetable - c'était la grande mode ! - que j'avais choisi... panoramique !

Les voici :

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