07 juin 2018

UN SPAM POETIQUE ! SI, SI, CA EXISTE !

Comme tout un chacun, je reçois ce qu'on appelle des spams (ou des pourriels) dans ma boîte à lettres électroniques. Avant-hier j'ai reçu celui-ci :

"dans l'hypothèse ou des informations embêtantes sont trouvées universellement, vous ne disposez qu'une fleur pour les détruire. Voir par toi" suivi du lien sur lequel cliquer si je veux que mon ordinateur soit détruit !

Je l'ai un peu transformé pour en conserver l'idée du début que j'aime bien.

"Dans la mesure où le monde ne nous dispense que des informations embêtantes,
Nous n'avons, pour les faire disparaître, qu'un seul et unique moyen :
Une fleur à cultiver, (un jardin à photographier ?)"

Ou, mieux encore :

« Contre les informations embêtantes du monde nous ne pouvons opposer qu’une fleur »

Ou sinon, plus métrique

" Parfois, dressé seul
Contre la folie du monde
J'élève une fleur "

Tant qu'à faire, illustrons-le avec quelques images du jardin des divines soeurs de Fougères :

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99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 41, STYLE EXPRESSÉMENT COQUIN

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Il s’appelait Paul Ledragon mais on le surnommait Popaul. C’était un chemineau qui se faisait employer comme journalier ici ou là. Il n’était jamais le dernier à aller cueillir la pâquerette derrière un talus, à demander becquée à Vénus ou à s’enivrer de sa bouteille mais quand il allait en pantoufles par le chemin sec il se calmait, il regagnait les villes où ça sentait l’avoine, prêt à accepter tous les boulots comme on prend ce qui tombe de l’étagère.

Ce jour-là, le 20 octobre 1854, Popaul Ledragon était venu boire du ratafia au Pont de Neuilly. C’était une gargote qui s’appelait ainsi parce qu’elle était sise près du pont de Neuilly-sur-Marne. Dans la période précédente, Popaul avait vécu au clair de lune et il en était réduit, comme souvent, à se contenter du café du pauvre.

Il avait demandé à la patronne s’il y avait de l’embauche dans la région.

- Nous on cherche un plongeur, déjà !

- Un plongeur ? Dans la Marne ? Avec un scaphandre de poche ? Pour aller récupérer les noyés ?

- Non, mon gars ! Nous, c’est Albert Leroy et moi ! Et le plongeur c’est pour faire la vaisselle du restaurant !

Ledragon avait dit banco et il était devenu l’homme à tout faire du « Pont de Neuilly ». On ne le reconnaissait plus. Il faisait les cuivres façon grand hôtel ; en cuisine il décortiquait la crevette comme pas un ; il faisait la lessive d’Albert et mettait ses chaussettes à la fenêtre ; bref il sculptait l’atmosphère de manière telle que personne n’eût voulu en changer. Ainsi il donnait toute satisfaction et même plus vu qu’affinités avec la Zézette qui tortillait de la crinoline devant lui.

P 94 04 Sablé - Fête des écoles (26-06-94) + Montgolfières au Comice agricole 20 réduite

Comme il avait le nez tourné à la friandise il avait très vite senti que la patronne avait un frelon dans le module, qu’il existait en elle un trésor à faire étinceler. Il avait deviné qu’Albert, de ce côté-là, s’était endormi sur le rôti. Pour ce qui est de s’expédier chez Montgolfier, il y a des gens comme ça qui, avec un scoubidou de sous-officier de réserve, sont capables de devenir très rapidement des académiciens de la flanelle. Albert Leroy en était : sa petite musique de nuit était passée du B-dur au bémol et les seins de Zézette mouraient comme des melons.

A la façon dont elle faisait des yeux de carpe pâmée en le regardant travailler, il avait compris qu’elle en était réduite, pour chanter Ramona, à faire résonner sa petite guitare cachée.

Un jour qu’Albert était parti au ravitaillement à l’autre bout de Paris chez son neveu Georges qui était grossiste près de l’abbaye de Longchamp, Popaul avait aisément réussi à faire cascader la vertu de l’aubergiste. Il lui avait déballé le Mon chéri et elle n’avait pas tardé à crier Maman. Bref il avait mangé en hachis les restes du gigot et les deux s’en étaient trouvés bien.

Cela faisait six mois que ce manège durait. On était maintenant au signe des gémeaux, fin mai, début juin. Zézette n’avait jamais été aussi resplendissante ni Albert aussi suspicieux. Il la regardait qui tournait et retournait son éventail et il lui trouver un petit air à faire voler son dragon comme elle en avait à l’époque de leurs fiançailles. Son dragon ou son Ledragon ? Très vite cette association d’idées fit tic tac dans ce qui lui restait de cervelle et il comprit ce soir-là ce qui devait se tramer ici les jours où il allait chercher boustifaille et tonneaux à Longchamp.

Albert Leroy ne vécut plus dès lors qu’avec cette question : Comment se débarrasser de ce chaud de la couche ? Comment mettre les bagatelles à la porte ? Bien entendu, sans agacer le sous-préfet, sans rendre publique la paire de cornes que sa sauterelle d’édredon lui faisait porter. A-t-on idée aussi, ô femme folle, d’avoir le bonbon qui fait robe à queue ?

Il s’ouvrit de son dilemme à son neveu Georges. Le neveu était un drôle à la fesse tondue ! Il était sexy comme un curé dans un prunier mais à part ça c’était un homme de bon conseil, très inventif et l’on disait de lui qu’il avait toujours du boudin à apporter à sa cousine.

- Ta tante Zézette s’applique un homme sur l’estomac. Mais c’est à moi que le cataplasme pèse.

- Y’a pas de quoi se mettre en capilotade à cause d’un dénicheur de fauvettes qui a emprunté un pain sur la fournée, Tonton ! Mais ton gars Popaul, on va le faire cheminer autrement que des pieds. Je sais comment le faire cesser de grimper aux rideaux !

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On ne sait pas comment Georges s’y prit mais trois semaines après, sur l’esplanade au pied du pont de Neuilly-sur-Marne un chapiteau immense était dressé. Des clowns, des acrobates, des trapézistes, des singes et même un éléphant traversèrent toute la ville dans une parade folle pour annoncer la représentation du cirque Carelli.

On ferma l’auberge ce soir-là et, à la demande insistante d’Albert, Ledragon accompagna les tauliers du pont de Neuilly à la fête. Tout se passa bien pour tout le monde jusqu’au moment où le dompteur hypnotiseur, Zorbak le Grec, demanda à Popaul de descendre sur la piste pour ce qui allait être, selon lui, le clou du spectacle.

Le lion ouvrit grand sa gueule, le dompteur mit la tête du factotum dedans. Il y eut un roulement de tambour, le canon tira sa poudre aux moineaux et… le lion ferma sa gueule !

Ben oui, parfois ça accidente sur la piste. On laisse les chats aller au fromage et finalement les fauves mangent les papiers des petits fours ! Quand on prend les chemins de Fatima, il y a des risques ! Quand on mène Popaul au cirque aussi !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 6 juin 2018
d'après la consigne ci-dessous.



CONSIGNE D'ÉCRITURE 1718-31 DU 6 JUIN 2018 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Grimper aux rideaux

 

L'animateur fournit une liste de 26 expressions tirées du livre de Catherine Guennec "Grimper aux rideaux et 99 autres expressions coquines" (Editions First, 2017, ISBN 978-2-4120-1948-1).

Il demande d'en insérer au moins cinq dans un texte au sujet libre.

 

Avoir le nez tourné à la friandise
Avoir un frelon dans le module
Boire du ratafia au pont de Neuilly
Chanter Ramona
Crier Maman
Déballer le Mon chéri
Décortiquer la crevette
Etre au signe des gémeaux
Etre de l’abbaye de Longchamp
Faire cascader la vertu
Faire des yeux de carpe pâmée
Faire les cuivres façon grand hôtel
Faire résonner sa petite guitare cachée
Faire voler son dragon
Le scaphandre de poche
Manger en hachis les restes du gigot
Mettre ses chaussettes à la fenêtre
Mourir comme les melons
Passer du B dur au bémol
Prendre le café du pauvre
Retourner son éventail
S’endormir sur le rôti
S’expédier chez Montgolfier
Un académicien de la flanelle
Un scoubidou de sous-officier de réserve
Vivre au clair de lune

 

AEV 1718-31 grimper-aux-rideaux-et-99-autres-expressions-et-mots-coquins-9782412028506_0

 

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06 juin 2018

Complètement locaux ! Les deux ans du Court-circuit à Tours (Indre-et-Loire) le 2 juin 2018 (5)

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Encore dans les parages, Arthur R. ?

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05 juin 2018

Complètement locaux ! Les deux ans du Court-circuit à Tours (Indre-et-Loire) le 2 juin 2018 (1)

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L'échiquier est très chouette mais les pièces ne sont pas réglementaires !

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Les lampions montgolfières ont beaucoup séduit.

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Le bateau aussi, surtout les buveurs de bière !

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Et avant même d'avoir commencé à jouer le groupe Am'nez zique et les biches a décroché la queue du Mickey !

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Complètement locaux ! Les deux ans du Court-circuit à Tours (Indre-et-Loire) le 2 juin 2018 (2)

Après le mini-concert introductif d'Am'nez zique et les Biches sur la place on pouvait entendre dans la cour le Berdanciot, duo talentueux de chants de mer et de marins.

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J'adore cette photo !

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Quelle chance tu as, bébé ! Ton premier fest-deiz en compagnie de Bretons de Rennes ! 

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 - Bleah ! Je préfère l'électro !

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Complètement locaux ! Les deux ans du Court-circuit à Tours (Indre-et-Loire) le 2 juin 2018 (3)

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Pendant le temps où nous sommes allés ecouter le Berdanciot dans la petite cour, le public s'est amassé sur la place de la Victoire ensoleillée pour écouter le sympathique trio Djèla Hé.

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