09 septembre 2017

FAMILLE, JE VOUS HAIS ?

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« Le doryphore déferle sans beaucoup d’efforts
Mais avec grand effet
Sur les pommes de terre du Mont-Dore
Comme Anquetil sur Poulidor :
On est bluffé !

Le doryphore est homicide
Dans le jardin des Hespérides
Où la tomate est pomme d’or
Et le Jupiter impavide :
Le jeune Hercule tète encore.

Le chrysomélidé, l’abominable insecte,
Désespère tout jardinier qui se respecte,
L’esprit placide,
Et n’emploie pas d’insecticide
Contre les soldats allemands ;
Question d’affect,
Evidemment.

Le doryphore est très doué pour l’oxymore
En timide sans-gêne
Qui bouffe ton oxygène,
En aimable gredin
Qui bousille ton jardin,
En Dalton de banlieue,
Rayé de jaune et noir
Toxique dans vesprée,
Déchirant robe des champs
Au pourpre du soleil ».

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Ce sont là ses derniers mots, ceux que l’oncle Jean-Henri Piquechoux a inscrits dans son cahier d’observations scientifiques et poétiques. Après avoir écrit « soleil », il s’est éteint, victime d’une foudroyante crise cardiaque.

L’oncle Piquechoux avait fait fortune en fabriquant et en commercialisant des chaussures à talons aiguilles de luxe. A part l’appât du gain et l’entomologie, il n’avait aucune passion dans la vie et surtout pas celle de la famille.

Tout l’argent qu’il avait gagné était entreposé dans un coffre gigantesque, un espace fermé de la taille d’une salle de cinéma. La légende raconte qu’il venait parfois y plonger, y nager, dans son argent liquide. Il croulait sous le blé, crawlait dans son oseille, faisait de la natation dans ses millions. Il trempait sa barbaque dans ses plaques, faisait le fortiche dans son artiche, noyait son blues dans le flouze.

Parce que le vieux était un grincheux. Le fabriquant de pompes était avaricieux, n’en déplaise à tous ses envieux de neveux. Il y avait Donald le costumier de théâtre qui tirait le diable par la queue. Il y avait Henri, Philippe et Louis qui en étaient réduits à traquer le castor en tant que biographes de Simone de Beauvoir. Tous les quatre furent fort étonnés d’apprendre qu’avant de décéder l’oncle Piquechoux les avait couchés sur son testament. Du coup ils se levèrent, quittèrent le huis-clos de leur salle de bain où ils avaient lavé leurs mains sales et vinrent s’abattre comme des mouches sur les fauteuils de maître Jean-Paul Lanozé, le notaire, pour écouter les dernières volontés du vieil oncle.

DDS 471 entomo

Tous craignaient le pire. Le vieux grigou avait sûrement posé des conditions draconiennes à remplir avant que chacun d’eux ne puisse toucher à une part minime du pactole. Sans doute ordonnait-il qu’on prenne soin de ses ruches, de ses serres à mygales, de ses vitrines de papillons ? Donald trouvait patibulaires ces bêtes à mandibules qui s’envoyaient en l’air et les castors juniors avaient pris pour devise « Les insectes nous débectent ».

Et pourtant non, pas de clause tordue. Quand le notaire se fut tu Cardwell se demanda où était l’entourloupe, pourquoi il n’y avait pas coup de théâtre ce soir. Donald, Phi-Phi, Riri et Loulou touchaient bien la totalité du pactole à parts égales. Sans conditions aucunes.

Maître Lanozé leur remit la paperasse l’attestant, les clés et la combinaison du coffre. C’est peu de dire qu’ils s’y précipitèrent.

Las ! Ils n’y trouvèrent que billets en poussières, pièces plus percées que des galettes de Polydor, lambeaux de rêves et miettes d’espoirs.

C’était là la dernière farce du tonton flingueur. Sachant sa mort prochaine il avait introduit, en guise de dernière calembredaine, sa collection d’insectes dans sa tirelire géante. Il était advenu ce qu’avait entrevu cet oncle psychopathe : les doryphores avaient bouffé toutes ses patates !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 471 d'après cette consigne

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08 septembre 2017

Pourville-sur-Mer après la pluie le 21 août 2017 (1)

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Je ne le reprécise pas dans le titre mais nous sommes bien à Pourville-sur-Mer, dans la Seine-Maritime, et donc en Normandie. Plus précisément même ici, dans la vallée de la Scie. La Scie, chien fidèle ?

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Pourville-sur-Mer après la pluie le 21 août 2017 (2)

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On célébrait aussi, ce week-end là, le 75e  anniversaire de l'opération Jubilee, première tentative de débarquement des alliés en Normandie. Ceci explique la présence des feuilles d'érable rouge un peu partout au long de la côte.

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Pourville-sur-Mer après la pluie le 21 août 2017 (3)

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"Le bison futé cache ses canines ! "Proverbe Ch'ti.

(Dans cette langue ou ce parler, "mucher" signifie "cacher")

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07 septembre 2017

SIX POÈMES SUR RIMBAUD ÉCRITS A CHARLEVILLE-MÉZIÈRES LE 9 JUILLET 2017

170710 265 066Si la main à charrue vaut bien la main à plume
Alors soc ferme
Et trace ton sillon
Dans l’ampleur des paysages !

Tant pis si le vent des semelles
En efface
A jamais
Toute trace !

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170710 Nikon 033Ce n’est pas le sable du désert
Qui marque le temps.

Pour que cela se puisse faire
Il faut l’enfermer dans un vers
A l’infini

Et retourner, et retourner, et retourner
Le désertique sablier

Jusqu’à se retrouver
Amputé de son âge
Sur son lieu de naissance


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  Y aura-t-il d’accortes servantes
Au Cabaret vert de 2017 ?

Botte de foin des bocks et de la limonade
Puis-je leur réclamer qu’on m’ajoute une paille ?

Quel en sera le prix ?
Voisin du Brahmapoutre ? 

 

 

 

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Place du cal aux mains des pousseurs de charrues.

Place du poids des mots pour les pousseurs de plume.

Dans le duché de Rimbaldie
Les bateaux sont ivres d’immobilité,
Le vent balaie la place à peine illuminée,
Il fait un temps d’enfer sur la saison d’été
Et le noble portrait orne, outre le manège
La mosaïque boulangère et la boutique du vapoteur.

Méfions-nous des cracheurs de fumée :
Les voici allumés du feu de la colère.

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 Un beau soir, foin des Boches et de la canonnade
On quitte les tilleuls verts de la promenade.

On n’est pas sérieux quand on est Jean-Arthur
Et qu’on a très envie d’aller brûler le dur.

« Les Messieurs de Paris aiment ce que j’écris !
La chose est peu commune ! Ici c’est vert de gris ! »

 

 

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Le carillon de Charleville dispense à longueur de quarts d’heures des bribes du «Chant du départ». Comment eussiez-vous voulu, dans ces conditions, que le fils Rimbaud y restât ?

J’aime Charleville mais hier quand il ne pleuvait pas.

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06 septembre 2017

Les graffs du Pollet à Dieppe le 24 août 2017 (1)

"Il partait chaque soir à la même heure,exactement six minutes avant huit heures. Sa maison, avec deux ou trois autres, était bâtie sur la falaise et, en sortant, il voyait à ses pieds la mer, la longue jetée du port et, plus à gauche, les bassins de la ville de Dieppe. [...] Malouin descendit le raidillon, tourna à gauche et se dirigea vers le pont."

Georges Simenon. - L'Homme de Londres.
 

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Les graffs du Pollet à Dieppe le 24 août 2017 (2)

La description de Simenon correspond au quartier du Pollet où se situe la chapelle Notre-Dame-du-Bon Secours montrée précédemment. Cette partie plus populaire de Dieppe ne manque pas de charme avec ses "escaliers de la butte durs aux miséreux" et ses graffs mi-Chagall mi-Braque dans des recoins presque cachés. Mais comme dit la chanson : "On l'appelait le dénicheur".

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Les graffs du Pollet à Dieppe le 24 août 2017 (4)

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