15 juin 2017

AU BOUT DE LA NUIT CROQUIGNOLE

- Il faut voir comme la Nuit est gourmande ! Tout ce qu’elle s’envoie dans le cornet et dans la voie lactée ! Ce qu’elle engloutit de croissants de Lune ! Elle ne fait pas de quartiers ! Jamais dans la demi-mesure. Il lui faut sa ration quotidienne de cette pâtisserie astrale car sinon, bonjour l’humeur : rien ni personne n’est plus sombre qu’une Nuit sans lune.

Son appétit de sucreries est si féroce que les gazelles s’enfuient à son approche afin de préserver leurs cornes.

La Nuit aime les éclairs qui zèbrent le ciel d’orage des étés et la dotent d’un beau pyjama à rayures. Sans aucune reconnaissance, elle les avale à la vitesse de Guy L’Eclair.

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La Nuit dévore la galette tout autant que les financiers et les mendiants. On appelle ça la Crise. 1929 et 2008 sont des fringales célèbres de la Nuit. Il eût mieux valu pour tout le monde que ces financiers, florentins ou pas, le sussent ou les vissent venir, mais non. Elles arrivent sans tambour ni crumpets et tout le monde est douillonné sauf la Nuit qui se régale de nos déconfitures. L’économiche n’est pas une science exacte.

La Nuit est une ogresse iconoclaste. Peu lui chaut la religion. Jésuite, sacristain, alleluia, colombe de Pâques, religieuse, pet-de-nonne et même Saint-Honoré, tout est bon pour son estomac qui ne croit que ce qu’il broie. Elle bouffe du curé, nantais ou pas, à tous les repas. N’en faisons pas tout un fromage, nous sommes déjà rendus au dessert.

Photo prise à Valence (Drôme) le 20 février 2016

Que vous soyez Congolais, Oranais, gens de Paris, Brest, Pithiviers, Monaco, Vitréais, Tropéziennes, que vous preniez la navette de Marseille ou fassiez des vers de mirliton à Rouen, sachez-le, un jour la nuit vous avalera, bande de glands et de struffolis ! Surtout vous, les boulets de Metz !

Il faut voir comme la Nuit est gourmande en lumière. Ce qu’elle nous coûte en énergie. Mais nous sommes déraisonnables, aussi ! Plutôt que d’aller dormir lorsqu’elle tombe et profiter de sa sagesse – car la Nuit porte conseil – nous voulons à tout prix éclairer ces merveilleux chemins qui mènent à l’opéra. Nous désirons élire la Reine de la Nuit, vérifier que tous les chats ne sont pas gris, voir dans nos cinémas, « sur l’écran noir de nos nuits blanches » « Queue de castor et Pompe à huile » et tant pis si les acteurs sont un peu tartes !

Mais c’est du flan, tout ça ! Dormez plutôt en paix, braves gens ! Le jour devrait suffire à notre bonheur. Lui n’est pas gourmand en lumière. Un seul gros projecteur en forme de brioche dorée dans la gueule et tout le monde est content. « Viens nous voir à Ganassouinda, y’a du soleil et des nanas ! ». Pas besoin qu’on lui découpe à l’emporte-pièce, dans le tissu du ciel, des sablés en forme d’étoiles pour y voir ! Ne dit-on pas « Clair comme le jour » ? « Bon comme le pain » ? « Simple comme bonjour » ? « Sans chichis » ?

La Nuit, laissons la faire son voyage, on la trouvera au bout, comme disaient Céline Renaud et Louis-Ferdinand Saint-Malo-Alanagecécostaud. Cette gourmande est une ogresse qui se nourrit de forêts noires, de cris de loups, de peurs d’enfants. Laissons-la faire sa chasseresse, remplir son chariot, allumer son fourneau, remplir sa casserole, déguster sa baguette de mesure de jade, sacrifier à l’autel de la gourmandise nocturne. Il faut bien que tout le monde vive et ça n’a rien de gênant : il n’y a même pas de lumière à l’intérieur de son silencieux réfrigérateur !

Nous, bien au chaud dans les draps, serrés l’un contre l’autre, on n’est pas bien, là, mon chou ?

- Eteins la lumière, mon amour ! Je vais te faire un truc qui te laissera baba !

- Oui, Charlotte ?


- Je vais te dévorer, mon bichon !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 12 juin 2017
d'après cette consigne : une nuit gourmande

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14 juin 2017

Choses vues à Rennes le 3 juin 2017 (1)

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Joueur d'oud et chat perdu.

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- Sonnette hollandaise. Elle est jolie, non ?
- ???
- La selle. Elle est jolie, non ?

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Isaure Chassériau jardine à la pharmacie du Progrès.

Choses vues à Rennes le 3 juin 2017 (2)

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Ukuléjolis !

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Je suis retourné à l'Eglise du Christ pour tous refaire la photo  de l'offre d'emploi.

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Quelle surprise en regardant plus précisément la vitrine !
Ne dirait-on pas ici ma Céleste nièce du Sud de la Loire ? 

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Programme diététique : mettre au régime sans selle les déjanté chroniques.

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Choses vues à Rennes le 6 juin 2017

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Moi non plus je n'ai rien compris sinon que tu as aussi des lacunes en ortograffe !

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Libérés de la pub ?

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A moi le pompon ?

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Choses vues à Rennes le 8 juin 2017

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Isaure Désire Se VenGer ? Mais de qui, donc ?

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Qui se souvient encore de Gaston Brasdefer ?

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Installation artistique ?

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 Mon parapluie prend l'eau ?

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12 juin 2017

ÉQUIVOQUE LA GALÈRE !

L’invitation était sans équivoque : « Rejoignez notre bacchanale à pied et déguisés en arbres ! ». Ils s’y rendirent. Ce n’était vraiment pas une bonne idée : déguisés en bouleaux, ils avaient l’impression d'y aller et tous les dalmatiens du quartier, attirés par le noir et blanc flambant neuf de leurs costumes, s’en venaient uriner sur leurs racines, enfin sur leurs pieds.

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C’est d’ailleurs ce qui les sauva. La fête avait lieu dans une grotte dont l’entrée était gardée par un diablotin cornu, barbichu, vêtu d’une grande cape rouge et doté d’une impressionnante fourche à trois dents.

- Comment est l’ambiance à l’intérieur ? demanda Bouleau premier.

- Y hêtre ou ne pas y hêtre, là n’est pas la question, répondit le vigile. Elle est du feu de Dieu, si je puis dire, l’ambiance. Mais je ne laisse entrer que les grands secs.

- Mais ce n’est pas de notre faute si on a les pieds mouillés ! protesta Bouleau deuxième. Des dalmatiens nous ont épicéa dessus. Allez, M’sieu, S’iouplaît !

- N’insistez pas, il y a peu de chances que je tremble même devant des menaces ! Arrêtez de me faire du charme, je ne cèdrerai pas. De toute façon, vous pourrez remercier les dalmatiens au retour. C’est d’enfer là-dedans ! Il y a une atmosphère à couper à la hache ! Tous les beaux messieurs de Bois doré ont été très vite abattus par les briseurs de chênes qui ne se sont pas cassé le tronc pour les transformer en rondins. Mais désolé, vieilles branches, on refoule le bois humide. Surtout quand il refoule des nougats.

- Mais quand même ! On a fait tout comme il était dit sur l’invitation : sans équivoque. Vous pouvez nous fouiller : on n’a pas d’équivoque sur nous !

- J’ai bien vu ! Rentrez chez vous, je vous dis ! Ils sont d’un con, ces damnés de la terre, aujourd’hui ! Comment ils croient qu’on l’alimente, la boule de feu qui est à l’intérieur de la planète ? Ils coupent à tous les tissus de mensonges, les coups de pub et à trèfle, ces idiots !

Alors, plus pleureurs que des saules, plus dépités que des Gaulois en Halésia, un peu pliés, beaucoup voûtés, déçus d’avoir échoué cyprès du but, Bouleau 1 et Bouleau 2 reprirent sans équivoque le chemin du retour.

Ils firent même ce que leur avait conseillé le virgilier : ils dirent merci aux dalmatiens. Lesquels se marrèrent franchement, sans aucune équivoque.


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 6 juin 2017
à partir de la consigne-incipit n° 338 de Pascal Perrat.

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UNE SEMAINE DE VACANCES

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Deux oreillers s’aimaient d’amour tendre jusqu’à ce qu’un polochon vienne troubler la paix du ménage. Leur brouille naquit sur un tissu de mensonges, vous allez comprendre pourquoi très vite quand je vous aurai dit que cela se passe en juillet dans la maison de vacances de Roméo et Juliette.

Appelons comme ça ces deux quadragénaires. Ils travaillent tous les deux, ils sont cadres moyens, ils ont deux enfants et depuis qu’ils ont acheté cette résidence secondaire sur la Côte d’émeraude, ils viennent y passer tous les week-ends. Tout au long de la semaine, les deux oreillers brodés de leurs initiales, que nous nommerons R et J, ont la paix vu que Roméo et Juliette retournent bosser ensuite à Rennes.

Quand il n’y a pas d’humains dans la pièce les oreillers s’envoient en l’air. Le plumard, c’est le meilleur moyen qui existe pour ne jamais se plumer. Il faut voir comme ils n’arrêtent pas ! Quand Roméo et Juliette sont là, R et J vivent plus calmement. A tête reposée. Ils ne sont pas mécontents du tout de leurs propriétaires qui lisent beaucoup au lit. Par-dessus leurs épaules R et J ont ainsi des nouvelles des mondes imaginaires qui peuplent les romans.

Mais voilà : la maison a coûté cher et c’est la crise. Afin de rembourser leur emprunt Roméo et Juliette la mettent en location en juillet-août. Et on y est.

Voici donc la famille Tuyaudepoêle-Recomposé qui débarque. Il y a Monsieur Tuyaudepoêle avec ses trois garçons d’un premier lit, Madame Recomposé avec ses deux filles d’un premier canapé-lit et le petit dernier, Chevalier-Braillard Tuyaudepoêle-Recomposé qui est là pour sceller la nouvelle union.

Dans la famille Tuyaudepoêle, les enfants sont rois. Les trois frères, Georges, Jacques et William ont réclamé de dormir dans la chambre de Roméo et Juliette et l’ont obtenu, jurant qu’ils roupilleraient mieux là, bien sagement, le soir, épuisés qu’ils seraient par les jeux de plage et les bains de mer. Ils ont amené un grand traversin trouvé dans les placards et du coup on a mis R et J dans des coffres. Séparés, les coffres.

A l’intérieur du premier, R a vécu une semaine de promiscuité avec une couette en plume d’autruche. Dans le second J. a côtoyé de manière très proche un édredon et un coussin de bergère en forme de cœur.

De quoi était constitué le tissu de mensonges dont nous parlions au début ? C’est très simple : tous les soirs les garçons Tuyaudepoêle et les filles Recomposé se sont adonnés à d’homériques batailles de polochons. Ces parents modernes, avec leurs lubies de bains de minuit, de tour au casino, de restaurant en amoureux ou de promenade au clair de Lune de Chevalier Braillard dans sa poussette, c’est permissif à un point qu’on n’imagine pas !

Mais bon, la semaine est finie, ils sont retournés chez eux et Roméo et Juliette sont revenus mettre la maison en état pour la location suivante.

Mais pour R et J, ça n’est plus pareil.

Maintenant que les propriétaires sont repartis, chacun des oreillers se taie. Non, pardon, se tait.

J rêve d’un retour de la famille foldingue. Afin de retrouver ses compagnons de partouze.

R espère que le pavillon sera loué tout l’été à d’autres tribus du même type. Pour la même raison.

Il faudra que je demande à mon psychanalyste pourquoi les monte-en-l’air, inconsciemment, rêvent toujours de se faire coffrer. Il sait peut-être, lui !


Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 6 juin 2017
à partir de la consigne-incipit n° 340 de Pascal Perrat

DEBORDEMENT

Une rivière en avait marre de vivre sous les ponts, de refléter le soleil puis la lune et quelques pêcheurs à la ligne. Elle décida de sortir de son lit. Il était temps, elle approchait les 50 berges !

Par bonheur pour elle, les hommes avaient inventé le réchauffement climatérotique. Tout le temps était tout le temps détraqué et un jour, deux jours, trois jours durant, il se mit à pleuvoir du pont. Du pont des Arts, pour être précis, il plut des cadenas et des rambardes.

Quand toutes ces amours ou preuves d’amour furent tombées dans l’eau pour y rejoindre les clés des cadenas et les amours de Guillaume Apollinaire, la Seine, car c’était elle, déborda de reconnaissance :

- Ah merci, merci, Pont des arts, Averse et Pluie de cadenas ! Depuis le temps que j’étais serrée dans ce lit ! Je ne pouvais même pas étendre mes bras ni sentir le sang affluer à mes joues ni même jouer à l’habile beau quai ! De quoi perdre la boule !

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Et la Seine d’envahir Paris, de se répandre en bavardages dans ce nouvel entourage, d’aller rire au nez et à la barbe du zouave du pont de l’Alma, de mettre la main, comme une sœur, dans sa culotte, de se moquer de sa chéchia.

- Fichez le camp sur le champ ! » ordonna la statue du militaire.

Ça tombait bien, le Champ de Mars n’était pas loin. Elle s’ébattit gaiement sur ce nouvel espace mais soudain elle entendit une grosse voix qui lui disait :

- C’est ça ! C’est ça ! Entrez dans mon cabinet sans rendez-vous ! Allongez-vous sur la canopée, pendant que vous y êtes !

- Oh je ne monterai jamais jusque là-haut, répondit la graine d’évaporée. Car il est dit dans le « Livre sacré des fleuves et des rivières » que l’histoire du patriarche de la Noë est une légende lutécienne non vérifiée. Mais qui êtes-vous donc, Monsieur ?

- E.I. Felturm, psychanalyste. Qu’est-ce qui vous amène ? Vous avez de la chance, je le suis aujourd’hui. Amène.

- Eh bien voyez-vous j’avais comme qui dirait une petite envie de m’épancher et j’ai trouvé une fenêtre de « j’me tire ».

- Allongez le pognon et vos fesses sur le champ et racontez-moi vos débuts dans la profession. Remontez bien à la source, surtout !

AEV 161729 4626- Eh bien voilà, Docteur Felturm, c’est assez oedipien comme comportement et somme toute naturel pour un fleuve : j’ai toujours eu envie de voir la mer ! Alors je me suis nourri de ce rêve, de l’eau qui tombait des nuages, j’ai grossi, j’ai tracé mon chemin, j’ai fait les quatre cents coups dans le calcaire, j’ai suivi ma voie, j’ai coulé des jours heureux, j’ai passé l’été en pente douce, puis j’ai décliné…

Il s’ensuivit tout un flot de paroles plaintives, une dégoulinade de souvenirs en cascade, d’épanchements de Seino-vie que le psychanalyste écouta impassible. Ou plutôt il entendit tout ce roman-fleuve comme un clapotis de potins, des bruits de vagues et de ragots de virago, une remémoration de murmures sous ramure qui l’endormirent presque. Il se demanda si la cliente ne lui montait pas un bateau-mouche tant elle versait de larmes sur son sort de voyageuse énurétique en perpétuel transit avec des aspirations au voyage vers le large à la longue étouffées sur les bords. Quand elle eut vidé suffisamment son sac il l’arrêta et lui dit :

- Rentrez chez vous, remettez-vous au lit et laissez faire les choses. Ne traitez que le courant. Vous allez la voir bientôt, la mer. Vous allez le trouver, votre havre de paix. Si vous êtes pressée, vous n’aurez qu’à regarder le film homonyme d’Aki Kaurismaki en DVD. Ou alors en streaming.

- Merci beaucoup, Docteur Felturm. Je vous dois combien ?

- Il est d’usage qu’on me paie beaucoup et en liquide mais pour vous ce sera gratuit. D’habitude on me casse les pieds avec de vieilles histoires mais vous, vous me les avez lavés avec des rêves d’avenir. J’ai juste une chose à vous demander.

- Oui ?

- Vous avez une voix de crécelle un peu énervante. Aussi, quand arriverez aux Andelys…

- Oui ?

- Bouclez-la !

P.S. Cette histoire d’inondation de Paris était totalement imaginaire mais il est tout à fait possible – vous m’en verriez alors ravi - que certaines et certains d’entre vous l’aient… crue !

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Pour voir d'autres images de la Seine en crue, c'est ici.


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 6 juin 2017
à partir de la consigne-incipit n° 336 de Pascal Perrat

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11 juin 2017

Les Sons of O'Flaherty au Festival les Fleurs du mail à Rennes le 9 juin 2017 (1)

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 Un moment d'énergie pure que ce concert des Sons of O'Flaherty : de quoi ressusciter les Pogues ! Idéal pour aborder l'été ! Une bière, patron ! Et que ça saute ! 

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