14 septembre 2019

QUAND JE PENSE A FERNANDE...

Quand je pense à Fernande

Avez-vous remarqué ? En français on est surtout obsédé par des mots de quatre lettres :

SEXE, MORT, FRIC…

De beaux exemples nous en sont donnés par Georges Brassens dans son œuvre chansonnier.

Passons très vite sur "Mélanie", "Fernande", "La Fessée", "Le Blason", "Le Pornographe", "La Nymphomane" ou "Je suis un voyou".

Citons pour le point 2 "Le Testament", "Le Fossoyeur", "La Supplique pour être enterré sur la plage de Sète", "Les Funérailles d’antan", "La ballade des cimetières", etc.

A part "L’Assassinat", il y a peu de chansons sur le thème de l’argent mais la raison en est simple : la troisième obsession de Brassens, ce n’est pas le fric, c’est le flic !

D’où "Hécatombe", "Le Mauvais sujet repenti" et surtout celle-ci « Le Nombril des femmes d’agents » que je viens d’ajouter cette semaine dans ma guitare. 

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07 septembre 2019

BREAKFAST IN AMERICA ?

- Its too dark to put the key in my ignition… 
- Not in my backyard : i let the sunshine in !

- I think I’ll roll another number for the road…
- Not in my backyard : we only smoke gouda !

Happiness is a warm gun, Mama !
- Not in my backyard : i don’t shot the sherif and the only bad thing I do is to hang the portrait of Macron upside down.

Baby you can drive my car !
- Not in my backyard : it’s smaller than my uncle’s hat.

See the sky about to rain
- Not in my backyard : it never rains in Rennes !

Why don't we do it in the Road ?
- Do it in the road if you want but not in my backyard : it’s not a baisodrome !

Where have all the flowers gone ?
- In my backyard !

 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 575 d'après cette consigne :

Nimby (Not in my backyard)

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30 août 2019

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 50, Style cocasse

Bien le bonjour, joyeux lecteurs de la chanson de Ricochet ! C’est la toile de Pénélope ici ! On tapisse, on retapisse, on détapisse partout, même dans les toilettes ! Ca a beau être pareil, ça n’est jamais la même chose, ce mythe qui nous vient tout droit des neiges d’antan ! Et tant pis donc si en passant je donne un soufflet à Ronsard ou mets ce bon Vaugelas en pièces !

***

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Ca aurait pu se passer à Dache, à Chquoufougnouze ou à Saint-Profond-du-Lointain. A Perpète-les-Bains, à Pampérigouste ou à Saint-Pisse-qu’en-Coin. Mais non, c’est bien à Trillebardou, chez Jean Guillemette, que le dragon a fait son apparition. C’était un glouton mémorable, du genre qui avale la rue des Lombards.

- Mais quand t’arrêteras-tu de boulotter mon troupeau ? demanda le paysan.

- Mardi s’il fait chaud ! répondit le dragon ! A la venue des coquecigrues ! A la Saint-Glinglin !

Comme les paysans du coin n’étaient pas du genre à jeter les épaules de mouton toutes rôties par les fenêtres, ils appelèrent à l’aide.

- Sire, sire, il a plu sur notre mercerie !

***

Le monarque demanda à ses chevaliers d’aller faire sa fête à ce bestiau bariolé comme la chandelle des rois mais il trouva face à lui des visages de bois.

Ces vassaux-là se croyaient sortis de la côte de Charlemagne mais ils n’étaient en vérité que des carabins de la comète qui, éternellement, tranchaient de l’éléphant sans jamais quitter la table ronde où la chère était si bonne. Bref ils se chauffaient à l’espagnole et se caressaient l’angoulême, ces rodomonts, ces Ramasse-ton-bras, ces dépuceleurs de nourrices !

Ils lui répondirent «Niet !».

***

Ce bon roi était franc comme l’osier et dans cette situation où il apparaissait roulé comme un soleil d’hiver, il lâcha la bonde :

- Jamais je ne fus tant étourdi du bateau ! Ah je suis bien entouré ! Des vendeurs d’épinards sauvages ! Des « Prend-à-gauche toute ! L’autre gauche ! » Des goulafres ! Mais je n’irai pas à travers choux pour ma part. Pas de ça Lisette ! Pas question de jouer de l’épée à deux talons, de faire un trou à la lune ! Je vais la prendre avec les dents !

Il s’en alla trouver le dépanneur du coin, un nommé Larchevêque. Il tenait boutique à l’enseigne de « Crois Robert, c’est un expert ! »

Après avoir encaissé une palanquée de « Tranquille Emile, c’est trop facile », de « A l’aise Blaise on t’le dépèce » et de « Cool Raoul j’lâche le pitbull » le souverain eut droit à sa solution miracle : « Laissez faire Georges, c’est un homme d’âge ! ».

Et de fait Larchevêque semblait de taille à tirer de l’huile d’un mur.

***

Il nous faut faire à présent un détour par les appartements de la princesse.

- Il y a de l’oignon ! s’énervait-elle.

La princesse était toute épaplourdie. Que dans cette version-ci aussi on passât sous silence les exigences sexuelles de la bête, cela l’avait ébarnouflée puis lui avait mis le cœur sur les lèvres. Mais comme à cette époque-là on demandait aux filles de garder les manteaux ou de compter les clous d’une porte, que pouvait-elle faire d’autre que bâtir des châteaux en Asie, rêver d’un hashtag #Superwomanbatledragon, se pimprelocher devant le miroir et rêver qu’un bel homme vînt lui déclamer : « Ma mignonne, ma mie, ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle …» tandis que les ans filaient ?

***

Et donc Larchevêque envoya Georges pour faire rendre gorge au souffleur de la forge.

Le chevalier Georges avait la mine renfrognée d’un soupe-tout-seul, la tête d’un vendeur de vache foireuse : il ne riait jamais.

Il était logé chez Guillot le songeur. Pour un peu c’eût pu être aux petites maisons, c’est à dire qu’il avait un grain, des visions, des rêves. Mais comme il avait la force virile et la science des armes de poing, il était devenu mercenaire mystique, ce qui lui permettait de concilier ses deux extrêmes et d’avoir un rôle social à jouer dans les récits d’édification religieuse de l’époque.

Il avait donc été recruté par un endormeur de mulots de la Sainte Eglise et de la pire espèce, un grand architecte de fourbes qui prenait des airs penchés. Depuis il voyait vaches noires en bois brûlé ! Il avait ses rats, ses hannetons sous le chapeau, qui lui faisaient croire qu’à force de combattre l’hérétique de façon hiératique il deviendrait saint !

Le combat eut lieu et il fut tout sauf silencieux :

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- Tu ne fais que de l’eau claire, mon joli !
- Tu prends ton nez pour tes fesses !
- Je te promets que tu vas rire du bout des dents et même ne plus rire du tout d’ici peu !
- Tu chantes Guillemette, jeune homme !
- Ris t’en Jean ! On t’frit des œufs !
- Ferme ta boîte à camembert ! Tu l’ouvriras pour le dessert !
- Sur quelle herbe as-tu marché ?
- Tiens prends ce cataplasme de Venise ! Et une giroflée à cinq doigts, une !
- Garde ton onguent de miton-mitaine ! Tu me canules !
- Adieu la voiture ! Patatras Monsieur de Nevers ! Passez muscade ! Va te coucher, Basile, tu sens la fièvre !
- Ah qu’est-ce qui se passe ? Le marchand de sable est passé ! Le petit bonhomme me prend ! Je m’endors ! Je me meurs ! Tu vas me le payer Aglaé ! Je n’ai plus d’encre au cornet ! Je vois des anges violets !

Bourouloulou ! Quel choc ! Quelle tempête quand le chevalier frappe la bête avec la clé de l’autre monde, son épée Ascalon ! Et bientôt, c’est cuit de jeudi pour l’animal à quatre pattes !

- Nous mangerons du boudin, la grosse bête est par terre ! O notre bon roi, le dirons-je ? Ca fait hideur quand on y songe !

***

Il est bien évident que dans cette version-ci la rose qui naquit dans le sang du dragon fut de la variété « Cuisse de nymphe émue » !

Cela ne donna pas pour autant l’idée au bon chevalier Georges d’aller désennuyer la petite princesse. Enfin, bon, les personnages font ce qu’ils veulent ! Comme on disait jadis, les volontés sont libres !

Kiki carabi mon histoire est finie pour aujourd’hui !

Inspiré par le très recommandable livre de dame Catherine Guennec . - A Trillebardou chez Jean Guillemette. - Paris : First editions, 2019.

 

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N.B. La photo de Saint-Georges a été prise dans l'Eglise Saint-Aignan de Chartres en juillet 2019.


Ecrit pour le Défi de samedi n° 574 à partir de cette consigne

(la première photo du billet)

 

 

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25 août 2019

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 49, Western macaroni

arizona-phoenix-phoenixcvb-carte_phoenixPaysage de l’Arizona, montagne rocheuse, cactus, soleil déclinant, ciel bleu virant à l’orange. Ecran panoramique. La caméra zoome sur le pied d’un bosquet où se faufile un crotale. Bruit d’une détonation. Hennissement d’un cheval. Au ralenti la balle traverse la tête du crotale qui s’effondre doucement dans la poussière.

crotale-diamantin-d-1On entend le rire sardonique de l’homme qui vient de tirer. La caméra panoramique et vient se fixer face au personnage de western qui avance vers elle. Il est encore loin, juché sur un cheval noir et il remet son pistolet dans sa sacoche. Attachée derrière lui, il y a une autre monture, un cheval blanc avec une crinière jaune sans personne sur son dos. L’homme s’arrête, se retourne et s’adresse à la bête.

Gros plan sur les yeux du cheval blanc. Des mouches tournent autour de son museau et on voit des larmes dans ses yeux.

- Alors, Joli sauteur, tu es témoin ? Maintenant c’est moi qui tire plus vite que l’ombre de ton maître ! J’en connais trois qui vont être surpris de te voir !

Il fait tourner le sac qu’il porte en bandoulière, l’ouvre, vérifie à l’intérieur la présence d’un objet qui semble précieux. Puis il s’adresse à l’autre cheval.

- Allez, Materazzi ! Il ne nous reste plus que deux miles avant d’arriver à la casa. Toi aussi, foi de Giorgio, tu auras droit à un bon repos dans l’écurie de la Mamma.

Musique lente à base de violons et d’harmonica. Les deux chevaux se remettent en route, au trot, soulevant la poussière rouge de la piste. Gros plan sur l’arrière de leurs sabots et sur la silhouette de l’homme, de dos, à contrejour face à un grand soleil qui rougeoie.

***

Ils sont venus, ils sont tous là. Elle va mourir la Mamma, atteinte par le syndrome d’Aznavourian, c’est-à-dire qu’elle était nonagénaire et n’avait plus qu’un rêve : devenir centenaire.

Il y a même ceux du Sud de la Géorgie. On a juste demandé à l’oncle Adriano, le fils cadet des Daltoni, d’arrêter de jouer de la guitare. Ca ne gênait pas la mourante mais ça cassait les oreilles de ses autres frères qui tapent le carton avec leurs cousins de l’Arkansas.

La petite nièce, Margherita, s’active dans la cuisine pour nourrir tout ce monde-là. Elle vient de mettre l’eau à chauffer pour préparer une petite pasta des familles. Comme elle a l’ouïe fine, elle est la première à entendre les chevaux qui entrent dans la cour du ranch. Elle jette un œil par la fenêtre, écarte la casserole du centre du fourneau et se précipite dans la salle en poussant un grand cri.

- C’est lui ! Il est enfin arrivé ! Giorgio ! Le fils maudit !

Personne ne bouge et surtout pas Adriano qui est assez lent de la comprenure mais demande quand même :

- C’est Joe ? C’est vraiment Joe ?

Margherita a ouvert grand la porte et s’est immobilisée sur le seuil de la maison. Son ombre se découpe dans l’encadrement de la porte avec un halo à faire pâlir d’envie David Hamilton et une silhouette à rendre verte de jalousie Beth Ditto.

Giorgio est descendu de sa selle. Il attache les deux bidets à côté de ceux des frangins et des cousins. Elle court alors se jeter dans ses bras. Il la serre contre son cœur. Elle se met à pleurer et lui dit :

- Le médecin prétend qu’elle ne passera pas la nuit, oncle Joe !

- Ne t’en fais pas petite ! Les toubibs ne racontent que des conneries ! J’ai ramené un remède miracle. Viens à la cuisine, j’ai besoin de toi pour ça.

ob_47e1c1_charles-bronson-60735-1280x1024Il traverse le salon sans saluer personne et tout le monde le regarde ébahi. Il n’a pas changé. Toujours petit en taille, le nez proéminent et la moustache taillée à la façon de Charles Bronson. Tout le monde se tait, replonge le nez dans ses cartes, sa lecture ou sa douleur.

Il y a juste l’oncle Adriano qui lance à la cantonade, une fois que Margherita et Joe ont fermé la porte de la cuisine :

- Vous ne trouvez pas qu’il commence à faire faim ?

***

Gros plan sur la casserole d’eau bouillante sur la cuisinière.

- Il ne me reste que des macaronis, oncle Joe. Est-ce que ça ira ?

- Oui. Tu as salé la flotte ?

- Bien sûr !

- OK. On va préparer la sauce. Moi je sors les oignons et toi tu les épluches.

- Pas de souci, Giorgio.

- Tu es devenue un beau brin de fille, Margherita. Il va falloir songer à prendre la relève de Ma à la tête du gang, un jour.

- Mais Joe, tu ne te rends pas compte. Le médecin a dit qu’elle trépasserait cette nuit.

- Taratata. Je te promets qu’elle sera centenaire. Arrête de pleurer. Y’a pas de raison pour ça.

- Ce n’est pas le chagrin, c’est les oignons.

- Maintenant tu me fais deux casseroles de sauce. Une grande et une petite.

La confection de la sauce est filmée en accéléré façon Marmiton.org.

- Et maintenant regarde, Lovely Rita !

Il tire de sa sacoche un long brin d’herbe.

- Coupe moi-ça comme de la ciboulette au-dessus de la petite casserole.

- Qu’est-ce que c’est, oncle Joe ?

- Tais-toi et mélange avec une part de macaronis maintenant.

- Il est où le parmesan ?

- Là, autour de toi. Plateau. Couverts. Sers un verre de Chianti pour Mamma. Allez, zou, andiamo !

Il emporte le plateau, traverse le séjour et entre dans la chambre. Il s’approche du lit, dépose le plateau et s’agenouille près de sa mère.

- Mamma ! C’est moi, Giorgio ! Je suis venu pour te sauver !

La mourante ouvre un œil puis le deuxième.

- Giorgio, mon fils maudit. Tu sais bien qu’il est trop tard !

- Non, Mamma ! La vie est une longue patience. Je l’ai eu ! Je savais que je l’aurais un jour. Entre les deux yeux. J’ai été le plus rapide. Tiens goûte-moi ce macaroni. C’est moi qui l’ai préparé avec ses restes.

Margherita donne la becquée à la vieille dame et petit à petit celle-ci reprend des couleurs, de la vigueur. Quand elle a terminé le plat et descendu le verre de vin, elle ne semble plus malade du tout.

- Fameux, Joe ! Encore meilleur qu’autrefois ! Cet arrière-goût, ces aromates, c’est quoi ?

Ma Dalton- Son brin d’herbe ! Le brin d’herbe magique de Lucky Luciano ! Je te devais bien ça, Mamma. Désormais c’est toi qui es invincible. C’est toi dont on va écrire les aventures.

- C’est bien mon fils ! Non seulement tu as vaincu ce dragon mais en plus tu redonnes l’espoir à toute notre famille. Ils s’étaient tous un peu avachis depuis ton départ.

- Tout sera de nouveau comme avant maintenant, Maman. Sauf qu’on n’aura plus ce justicier à la noix dans les pattes. On aura juste un peu de viande de son cheval dans nos pâtes !

- Fais venir tes frères et tes cousins, Joe. J’avais laissé en plan un plan pour faire sauter la banque de Phoenix. On va entendre reparler des Daltoni !

 

Ecrit hors délais (et pas qu'un peu !) pour le Défi du samedi n° 540

d'après cette consigne : macaroni

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17 août 2019

JUSTE HISTOIRE D’ÊTRE LÀ !

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Voyez comme il va l’ancien
Du côté de Valenciennes
Comme il promène son chien
D’Outre-Quiévrain à Marchiennes !

Non !

Pour notre pain quotidien
Il nous offre une méridienne,
Cadeau d’une immense main
Qui nous occupera la semaine !

Non !

Est-ce que tu y étais, Titien
Au raout d’l’esthéticienne ?
Je n' sais pas si tu t' souviens,
C’était avant que survienne
Ce philosophe kantien
Qui nous sortit son antienne
Et nous avoua combien
Il était fou de Fabienne.

Non plus !

Coiffé d’un bonnet phrygien
Il réclamait de l’hygiène
Jusqu’aux sommets himalayens
Où règne Cosima la hyène.

Non. Je vais peut-être reprendre le début finalement.

Voyez donc comme il va l’ancien,
Un peu plus haut que Valencienne :
Il nous fait cogiter sur du Saint-Sulpicien
Tandis que d’un œil assassin supplie sa chienne
Qu’il l’emmène trotter pour son tour quotidien
Tout le long de la méridienne.

Mouais. Mais je ne peux pas en faire une chanson. En même temps je sens que je tiens quelque chose avec la chienne.

***

Finalement, quelques heures plus tard, René Rivedoux finit par pondre son poème qu’il intitula "Idylle philoménale". Il le mit en musique et entreprit la tournée des interprètes en vogue du moment.

La chanson fut immortalisée par Yves Montand et, après ce petit succès vite effacé des mémoires, l’auteur redisparut dans les limbes de l’oubli. 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 572 d'après cette consigne

(la photo du haut)

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14 août 2019

VIVE LA FAMILLE !

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Je m’appelle Albert Camus, comme l’autre, mais je n’ai jamais écrit de roman ou de pièce sur Caligula et je ne suis pas philosophe pour un sou. Je suis inventeur de jeux de société.

C’est moi qui ai pris cette photo et je me souviens très bien de cette soirée chez mon oncle Jean-Claude et ma tante Adrienne. Ils habitaient alors avenue Louise à Bruxelles et j’étais de passage par-là pour aller vendre nos derniers jeux sortis au «Brussels game festival» comme on dit en flamand (ou en wallon, je n’ai jamais été doué pour les langues).

Je ne sais plus de laquelle de leur petite fille on fêtait l’anniversaire, justement le soir où ils m’avaient invité. Coumarine ? Pivoine ? Ou Emilie qui est devenue célèbre plus tard en étant la première actrice capable d’interpréter au théâtre le rôle de Madame Chapeau sans que le public ne voie qu’il ne s’agissait pas d’un homme travesti.

Peu importe. La soirée a été très gaie parce qu’après l’indigestion de gâteau au chocolat on a joué au jeu des sept familles modernes dont j‘avais amené un prototype. Qu’est-ce qu’on a pu rire avec ces tirades improbables :

- Papy, dans la famille Minquien, je voudrais le promeneur.
- Pioche !
- Dans la famille Toutélectrique, Coumarine, je te demande « ton kéké en segway ».
- Tiens !
- Dans la même famille je voudrais « ta mère en trottinette »
- Tiens !
- Dans la même famille je voudrais « ton papy en hybride »
- Pioche ! A mon tour. Albert, dans la famille Gravuredemode je voudrais « la pineupe décolletée mais pas touche !»
- Tiens !
- Je voudrais maintenant « Grand-mère Brigitte cougar en string » !
- Tiens ! La peste soit de cette gamine elle va me piquer toutes mes cartes !
- Je voudrais aussi « La mère s’habille en Prada » !
- Alors non, ça ce n’est pas possible ! Aujourd’hui maman est morte ! Pioche ! A mon tour !

A la fin de la partie on est allé coucher les gamines et j’ai terminé la soirée avec tante Adrienne et oncle Jean-Claude à boire de leur excellent vin de Porto et à disserter sur les qualités littéraires inégalables selon eux de Marcel Proust, d’Amélie Nothomb et de Fred Vargas.

***

A la relecture de cette note manuscrite jointe à cette photo dans l’enveloppe quelque chose me semble clocher. C’est pourtant bien mon écriture mais… je suis sûr et certain que je n’ai jamais eu de famille en Belgique.

DDS 569 124220413Qui plus est je ne m’appelle ni Albert ni Camus. Mon prénom est Georges, mon nom est Lesaint et avant de venir dans cet endroit j’étais sous-lieutenant au 99e régiment de dragons à Mourmelon-le-Grand.

- Qu’est-ce que je dois faire, maintenant, Madame ?


- Ouvrez une autre enveloppe, monsieur Krapov ! me répond l’animatrice de l’EHPAD. Et laissez-vous aller pour écrire ce que vous inspire cette photo-ci.

Devant l'image des deux filles avec un gant de vaisselle jaune sur la tête j’ai commencé :

- Je m’appelle Célestine Bongopinot et j’habite Edimbourg. C'est moi qui ai pris cette photo et je me souviens très bien de...

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 570 d'après cette consigne

(illustration de la photo du haut) 

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06 juillet 2019

LA RONDE DES JURONS

Commencer ses vacances en ajoutant une chanson de Georges Brassens dans sa guitare...
Morbleu, il y a pire comme situation !

Enregistré pour le Défi du samedi n° 566 à partir de cette consigne : Morbleu !

29 juin 2019

CONSEIL D'AMIE

L’amiral ou l’adjoint au maire
Si jamais tu voulais leur plaire… ;

Si tu rêves de les emplir,
L’un ou l’autre de ces malades,
L’un aride et l’autre impala,
Du désir d’être ton mari ;

Si tu souhaites qu’on t’admire,
Si tu désires te faire aimer
Si tu veux te pâmer en prime
- Pardi, c’est humain après tout
Et tout le monde est bien pareil ! -
Change d’allure sans délai !

2019 06 28 - Isaure en robe à damier pour DDS 565

Quitte l’ample robe à damier,
Ton plaid à l’allure mariale
De paria de la séduction
Et cette armada de bijoux,
- Palme d’or, violettes de Parme -
Sous lesquels, oiseau de parade,
Prima donna de mardi gras,
Tu sembles un palmier du Mali
Atteint d’une maladie rare !

De ce look « trop » on médira,
Sois en sûre, et rira aux larmes
Et toi cela te déplaira
Tu t’en feras un nouveau drame.

Ton naturel parle pour toi.
Nul besoin d’un cœur en alarme.
Sans ces drapés tu n’es pas laide
Et si tu permets que je t’aide
L’idéal serait que tu sois
Simplement nue sous un imper !

Madre mia ! Qu’on t’aimera !
Comme ton corps seul plaidera
Pour que sur le dernier palier,
Je le parie, rapide raide,
L’élu de ton cœur, en péril,
Accroché la main à la rampe,
Derrière ton look à pâlir
Soit proche de l’apoplexie !

Sûr, la simplicité paiera
Ta beauté seule gagnera
Pour ton triomphe sans péril
En toute gloire.

Et surtout, surtout, c’est plié,
Pas de maquillage outrancier !
C’est la plaie : ça t’ fait ressembler
A un lampadaire de Noël !

 


Ecrit pour le Défi du samedi n° 565 d'apès cette consigne : lampadaire

N.B. Et une surconsigne consistant à inclure dans le texte une cinquantaine de mots
composés avec les lettres du mot "lampadaire". Genre "logogriphe", comme on dit maintenant !

22 juin 2019

CONSIGNE D'ÉCRITURE : CHANSON EN KIT

Voici les éléments de base pour composer une chanson dans laquelle on entendra beaucoup les sons « K » et « T » :

Les personnages :

Un noble d’origine russe prénommé Igor
Des prostituées d’âge avancé
Des jeunes femmes minces bien mises sur elles
Un comte qui porte une toque
Un chien qui ressemble à Bill, le chien de « Boule et Bill »
Des fêtards qui braillent des chansons paillardes

Les accessoires :

Un tas de tickets de quai
Un réveil vermeil
Des aiguilles à tricoter
Une bouteille de vodka

Le décor :
Le bar de la gare de n’importe quelle ville

Vous avez une heure, comme chaque mardi. Comment cela « Vous avez déjà fini » ? Comment cela « Ca existe déjà » ? 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 564 d'après cette consigne : Kit



P.S. Une des participantes régulières du Défi du samedi, dame Laura, a effectivement répondu à ce qui pourrait être une consigne d'atelier d'écriture. Allez donc lire sa chanson et vous balader sur son blog, vous ne le regretterez pas !

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15 juin 2019

TIAN'ANMEN, LBD ET TOUTES CES SORTES DE CHOSES

La pierre angulaire
De tout militaire
C’est la jugulaire.

C‘est à elle qu’il incombe
De protéger des bombes
Sa petite calbombe :
Faut pas que son chapeau tombe !

Elle maintient le casque
Sur sa cervelle flasque
Où jamais un pourquoi
Ne reçoit 
De Parc’que

Parce que le « Scrongneugneu »
Le « Jeveuxpasl’savoir »
Le « Silence ou l’mitard ! »
Sont la pierre angulaire
De ce discours vieux jeu
Des hommes de pouvoir 
Qui manient le bâton :

« Jugulons ! Jugulons !
Jugulons les motions, 
Les passions, les pulsions, 
Les questions,
Les revendications
Des jeunes à cheveux longs
Telle est notre chanson !

Si tant est que l’on puisse, 
La jugulaire serrée,
Emettre un son de voix
En tapant sur son fils
Ou en tirant dans le tas
Au nom de la police ! ».

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Photo prise dans la cathédrale de Nantes 
le 8 juin 2019

Eh bien alors, militaire ?
On oublie sa jugulaire ?
Bataillon disciplinaire !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 563 d'après cette consigne : jugulaire

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