05 juillet 2017

DRAME DE LA RESQUILLE AU CIRQUE BOUCLE

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La Pluie nous souriait. Elle venait de terminer son numéro de claquettes. Elle attendait les applaudissements mais rien ne venait. Incroyablement, personne ne songeait à frapper dans ses mains pour applaudir ce qu’elle avait accompli avec ses pieds. Du reste, il n’y avait plus un seul spectateur sur les gradins du cirque.

C’est qu’il y avait eu un pépin. Tout le monde était sorti en entendant le cri.

Afin de pouvoir assister gratuitement au numéro de danse de la Pluie, une spectatrice n’avait rien trouvé de mieux que d’escalader l’un des mâts du chapiteau. Mais elle avait glissé et s’était écrasée par terre.

Le Monsieur Loyal de la troupe, qui s’appelait Soleil et qui était aussi le directeur du petit cirque ambulant, revint dire à la Pluie de passer dans sa roulotte, qu’il lui donnait son compte et qu’elle pouvait chercher du travail ailleurs.

Alors voilà, c’était ainsi. On la chassait de nouveau ! Même si dehors on entendait un grand cri de joie collectif : la spectatrice venait de se remettre sur pied et, oublieuse de ce qui s’était passé, elle escaladait de nouveau, sans aucune peine, le mât qui la menait au sommet du chapiteau, se hissait sur la toile, reprenait le fil de son existence un temps arrêtée.

***

La Pluie nous souriait. Elle venait de terminer sa petite chansonnette. Elle attendait des applaudissements mais rien ne venait. Incroyablement, personne ne songeait à frapper dans ses mains pour applaudir ce qu’elle avait accompli dans cette cour d’école avec les pieds de son poème. Les enfants se demandaient si on ne se fichait pas un peu d’eux avec cette sornette à deux balles que la Pluie avait à nouveau reprise en boucle sans jamais vouloir s’arrêter, de peur qu’on ne la chasse à nouveau :

L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière
Tiens voilà la Pluie,
Gipsy tombe par terre

Mais le Soleil
A chassé la Pluie !

L’araignée Gipsy…

(Ad libitum, comme disent les musiciens)

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Ecrit pour les Impromptus littéraires du 3 juillet 2017 à partir de cette consigne :

La pluie nous souriait

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26 juin 2017

LE SACRE DE L’ÉTÉ 2017

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- J’en ai mon baptême de l’emplacement 28 du camping des Flots bleus ! Tous les ans se cogner le Chirac et le Gatineau en gougounes ! On pourrait changer un peu, quand même, non ?

- Crisse ! Tu veux quand même pas t’installer au 12 près des bécosses ?

Batince ! On va encore se faire bouffer la couenne par les maringouins à planter la tente près de cet étang !

Bâtard de cagnard à particule caniculaire ! Quel épais, çui-là ! Y tape comme un sourd !

Câlice ! Se faire arrêter par ces tannants de la maréchaussée sur la route des vins ! Pourvu qu’ils me fassent pas souffler dans leur ivressomètre !

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Calvaire d’aoutât ! Méchante bibitte !

Ciboire de parcmètre à touristes ! Après une heure dans les chars cul à cul par 38° ? Se sont tous ligués pour nous assommer ou quoi ?

Diable de colonies de fourmis rouges ! N’y a pourtant pas de sirop d’érable sur la nappe du pique-nique ! D’où c’est donc que vous sortez, diable de sales bibittes ?

Fuck ! Y va encore souffler longtemps le joueur de ruine-babines du bungalow d’à côté ?

Maudit Français ! Pas fermé l’œil de la nuit avec ce feu d’artifice suivi d’un bal populaire avec des tounes tout ce qu’il y a de plus ringardos !

Ostie ! Toutes ces agace-pissette amanchées les seins nus sur la plage et moi qui n’ai rien fait pour éliminer mes poignées d’amour ! J’vas ‘core être traité de balloune ! Quelle badeloque !

Bonyeu ! Je rentre même plus dans mes bobettes !

Sacrament de moules frite à vingt deux euros ! C’est dispendieux, la Côte d’Azur !

Simonaque de quinze août de mes deux ! Pas un seul dépanneur d’ouvert !

Tabarnak de bouchon au péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines ! C’est-y pas Dieu possible !

Viarge ! Je vas l’rester ! Aucune blonde qu’a voulu que je sois son chum ! Même pas necké ni frenché pendant le quart d’heure américain ! N’y a que des lambineuses icitte !

Jésus de plâtre de coup de soleil sur les orteils ! Ca aide pas à l’endormitoire ! Ouïlle !


Allez, vous autres ! Parmi ces sacres de l’été, votez donc à c’t’heure pour celui que vous préférez !

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 26 juin 2017 d'après cette consigne : le Sacre de l'été.

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24 juin 2017

SUCCESSION ENTREPRENEURIALE À LA MODE DE BRETAGNE

Se chante sur l’air du « Capitaine de Saint-Malo »

IL 2017 06 19 Amphibocycle

Le capitaine du pédalo
Ali Alo
Qui reliait Brest à Saint-Malo
Ali Ali Ali Alo Quel rigolo !

Il avait l’air un peu falot
Ali Alo
Il buvait l’chouchen au goulot
Ali Ali Ali Alo Quel alcoolo !

Il pédalait sur un Peugeot
Ali Alo
Mais c’était un as au pageot
Ali Ali Ali Alo Quel gigolo !

Il avait l’air un peu bigot
Ali Alo
Sa femme s’appelait Jeannick Longo
Ali Ali Ali Alo Quel marigot !

Il allait au triple galop
Ali Alo
Sur la surface bleue des flots
Ali Ali Ali Alo Quel matelot !

Il a publié un brûlot
Ali Alo
Sur l’art d’essuyer les bibelots
Ali Ali Ali Alo Quel ramollo !

L’aurait dû tirer les tarots
Ali Alo
Il se serait méfié de Turgot
Ali Ali Ali Alo Ah quel ballot !

Car son fils, un fou du mulot,
Ali Alo
Vient de lui piquer son boulot
Ali Ali Ali Alo Quel sale minot !

Il dézingue à tire-larigot
Ali Alo
Les cachalots, les paquebots
Ali Ali Ali Alo L’affreux marmot !

A coups de fusil Chassepot
Ali Alo
Et de lancers de javelots
Il a hérité du magot Ah quel culot !

Ces histoires de requins sur l’eau
Ali Alo
Qui se disputent un pédalo
A la force de leurs cuissots - Ca m’scie les pattes ! -

Ca ne m’a jamais emballé :
J’suis hydropathe
Je préfère lire Alphonse Allais
Et déguster du Clos-Vougeot Incognito.

Qu’ils fassent du bruit dans Landerneau
Ali Alo
Et se gavent de far aux pruneaux !
Moi je suis bien mieux dans ma peau près d’mon tonneau !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 19 juin 2017
d'après cette consigne : amphibocycle.

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15 juin 2017

AU BOUT DE LA NUIT CROQUIGNOLE

- Il faut voir comme la Nuit est gourmande ! Tout ce qu’elle s’envoie dans le cornet et dans la voie lactée ! Ce qu’elle engloutit de croissants de Lune ! Elle ne fait pas de quartiers ! Jamais dans la demi-mesure. Il lui faut sa ration quotidienne de cette pâtisserie astrale car sinon, bonjour l’humeur : rien ni personne n’est plus sombre qu’une Nuit sans lune.

Son appétit de sucreries est si féroce que les gazelles s’enfuient à son approche afin de préserver leurs cornes.

La Nuit aime les éclairs qui zèbrent le ciel d’orage des étés et la dotent d’un beau pyjama à rayures. Sans aucune reconnaissance, elle les avale à la vitesse de Guy L’Eclair.

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La Nuit dévore la galette tout autant que les financiers et les mendiants. On appelle ça la Crise. 1929 et 2008 sont des fringales célèbres de la Nuit. Il eût mieux valu pour tout le monde que ces financiers, florentins ou pas, le sussent ou les vissent venir, mais non. Elles arrivent sans tambour ni crumpets et tout le monde est douillonné sauf la Nuit qui se régale de nos déconfitures. L’économiche n’est pas une science exacte.

La Nuit est une ogresse iconoclaste. Peu lui chaut la religion. Jésuite, sacristain, alleluia, colombe de Pâques, religieuse, pet-de-nonne et même Saint-Honoré, tout est bon pour son estomac qui ne croit que ce qu’il broie. Elle bouffe du curé, nantais ou pas, à tous les repas. N’en faisons pas tout un fromage, nous sommes déjà rendus au dessert.

Photo prise à Valence (Drôme) le 20 février 2016

Que vous soyez Congolais, Oranais, gens de Paris, Brest, Pithiviers, Monaco, Vitréais, Tropéziennes, que vous preniez la navette de Marseille ou fassiez des vers de mirliton à Rouen, sachez-le, un jour la nuit vous avalera, bande de glands et de struffolis ! Surtout vous, les boulets de Metz !

Il faut voir comme la Nuit est gourmande en lumière. Ce qu’elle nous coûte en énergie. Mais nous sommes déraisonnables, aussi ! Plutôt que d’aller dormir lorsqu’elle tombe et profiter de sa sagesse – car la Nuit porte conseil – nous voulons à tout prix éclairer ces merveilleux chemins qui mènent à l’opéra. Nous désirons élire la Reine de la Nuit, vérifier que tous les chats ne sont pas gris, voir dans nos cinémas, « sur l’écran noir de nos nuits blanches » « Queue de castor et Pompe à huile » et tant pis si les acteurs sont un peu tartes !

Mais c’est du flan, tout ça ! Dormez plutôt en paix, braves gens ! Le jour devrait suffire à notre bonheur. Lui n’est pas gourmand en lumière. Un seul gros projecteur en forme de brioche dorée dans la gueule et tout le monde est content. « Viens nous voir à Ganassouinda, y’a du soleil et des nanas ! ». Pas besoin qu’on lui découpe à l’emporte-pièce, dans le tissu du ciel, des sablés en forme d’étoiles pour y voir ! Ne dit-on pas « Clair comme le jour » ? « Bon comme le pain » ? « Simple comme bonjour » ? « Sans chichis » ?

La Nuit, laissons la faire son voyage, on la trouvera au bout, comme disaient Céline Renaud et Louis-Ferdinand Saint-Malo-Alanagecécostaud. Cette gourmande est une ogresse qui se nourrit de forêts noires, de cris de loups, de peurs d’enfants. Laissons-la faire sa chasseresse, remplir son chariot, allumer son fourneau, remplir sa casserole, déguster sa baguette de mesure de jade, sacrifier à l’autel de la gourmandise nocturne. Il faut bien que tout le monde vive et ça n’a rien de gênant : il n’y a même pas de lumière à l’intérieur de son silencieux réfrigérateur !

Nous, bien au chaud dans les draps, serrés l’un contre l’autre, on n’est pas bien, là, mon chou ?

- Eteins la lumière, mon amour ! Je vais te faire un truc qui te laissera baba !

- Oui, Charlotte ?


- Je vais te dévorer, mon bichon !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 12 juin 2017
d'après cette consigne : une nuit gourmande

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07 juin 2017

BALLADE DES GENTILÉS QUI SONT NÉS QUELQUE PART

C’est fou, tout ce qu’il faut connaître
Une fois qu’on est tombé(e) des nues,
Qu’on a eu l’idée saugrenue
- Et c’est là la question ! – de naître !

C’est fou ce qu’il faut retenir
De vocables très dispensables
Si tu ne voyages qu’en ta chambre,
Si tu joues les anachorètes.

Dès que tu es né quelque part
On t’attribue une étiquette.
Ça donne tous ces noms bizarres
Qui nous encombrent un peu la tête.

Je connais des Clodoaldiens
Des Stéphanois, des Saboliens,
Des Parigots, des Arrageois,
Des Montiliennes et des Lillois.

J’ai retenu Burkinabé,
Moscovite, Guatémaltèque,
Péruvien, Néo-Zélandais,
Iowanien, Sarde, Lisboète,

Wallon, Flamand, Tchouktche, Fléchois,
Mongol, Malgache, Tahitien,
Stambouliote, Vénézuélien
Et Castelthéodoricien.

Y’a des Bourguignons dans la Sarthe
Et des Ch’tis dans l’Ille-et-Vilaine.
Il y a des Alsaciens à Sienne,
Des Castéloriens en Lorraine,

Quelques Portugaises à Sablé,
Des Ivoiriens à Nouvoitou,
Des Angevins à Dieulefit
Et des Qataris près de Nantes

(ou des canaris près des tentes ?).

Mais je n’ sais pas comment on nomme
Ceux qui sont nés dans une étable
Ou dans une valise en carton
Comme Linda qui est née De Suza
Et l’abbé qui est né dessous X
A Carhaix plus deux.

Et celui que l’on a trouvé
Dans un berceau des bords du Nil,
S’il n’est pas né de Cléopâtre
Changera-t-il la face du monde ?
Je n’en Carolomacérien
Comme disait Jean-Arthur Rimbaud.

170607 Llanfair-PG

Et, j’avoue, j’ignore toujours
Le nom des natifs de l’Utah,
Le gentilé des habitants de Tombouctou
Et de ceux de Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch,
La dénomination de celle
Qui est sortie tout habillée
De la cuisse de Jupiter.

MORALITÉ :

Peu importe là où t’es née,
Athéna,
Si tu me fais mourir de rire
Ou de plaisir.

Ainsi en soit-il à la ronde
Citoyennes, citoyens du monde !

 
Ecrit pour les Impromptus littéraires du 5 juin 2017 d'après cette consigne : né quelque part.

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31 mai 2017

UN LÉGER SENTIMENT D’EUGÈNE

IL 170529 Amaury-Duval par DevériaEugène Amaury-Duval (1808-1885), dont un site anglo-saxon prétendait jadis, à tort, qu’il écrivait sous le pseudonyme d’Isaure Chassériau, n’a jamais vu aucun de ses manuscrits littéraires édité. Si j’en crois les perles que j’ai relevées dans son roman « La Couleur des sentiments », il y a quand même de bonnes raisons pour que les éditeurs aient laissé cela à l’état de relique dans mon grenier déjà trop plein de vieilleries :

« Quand l’heure du crime sonne, le roi s’empourpre. C’est qu’il est indigné quand l’un dit « go » et que l’autre se désape. »

« Bien souvent, quand on est mis K.O., on va au tapis. Le tapis n’est pas vert mais par contre, parfois, l’œil est au beurre noir. Comme la raie du combat signifiée par l’arbistre. »

« Heureux celui qui voit la vie en rose s’il a fait faire la paix aux rouges qui affrontaient les blancs. »

« Il n’est jamais totalement hilare, celui qui rit jaune, sauf si c’est un Bouddha au restaurant chinois. »

IL 170529 Amaury-Duval autoportrait 1

« Difficile de rester impavide si tu commandes du rosé et que tu vois le barman mélanger du rouge et du blanc. »

« Par-delà la beauté de leurs pelages fauves, de leurs robes alezanes, leurs crinières tourdilles, si un cheval bai vient à déposer son crottin, on peut très bien être incommodé par cette odeur. Aucun parfumeur jamais ne baptisa un de ses produits « Écurie » ou « Fumier ». Ça se saurait ! »

« On peut rester interdit devant ce panneau : un trait rouge horizontal sur un fond circulaire blanc. Est-ce bien sensé, tout cela ? »

« La moutarde monte au nez de l’irascible dont la maison aux murs moutarde fut ornée cette nuit d’un tag noir anthracite. Pour un peu il en broierait. »

« Lorsque la rose est réséda, le croyant, incrédule, ne sait plus à quel saint se vouer. L’incroyant non plus ! »

« Les enfants joyeux s’élancent dans une danse capucine. »

« Libérée de l’obscurité elle met le nez dehors et voit le soleil se lever.
Libérée de l’obscurité elle met le nez dehors et voit le soleil se lever.
Libérée de l’obscurité elle met le nez dehors et voit le soleil se lever.
Libérée de l’obscurité elle met le nez dehors et voit le soleil se lever.
A la quatrième taupe, il était six heures du matin. »

IL 170529 Amaury-Duval Hyppolite Bayard et Bertall, coll« Quelquefois, on est à la noce. Et ce n’est pas forcément une mariée en blanc qui vous emmène au septième ciel. Cela vaut mieux, d’ailleurs, pour tout le monde : il n’y a plus que les homosexuel(le)s qui se marient aujourd’hui. Ça limite les occasions d’être à la noce. »

« Parfois Tartuffe battait sa coulpe : il lui serrait la haire chair avec une discipline aubergine. »

« De voir toutes ces vieilles photos, ça peut vous foutre le bourdon. Surtout si vous avez vécu à l’époque où la vie était en noir et blanc et si vous avez des souvenirs sépia. »

« On peut avoir le cœur au bord des lèvres et conclure par le dépôt d’une gerbe au monument aux ors mais il faut avoir sacrément forcé sur le curaçao pour que le vomi soit turquoise. »

« Elle était attendrie par mes côtés fleur bleue : lui offrir un bouquet de violettes la faisait fondre. Quand elle n’était plus qu’une flaque j’avais les nerfs en pelote. Je l’ai quittée, ce glaçon. »

« Bienheureux les pauvres en esprit ! Ils peuvent désormais se façonner un savoir dans l’argile écru de Wikipedia et se fabriquer une culture incolore en regardant Youtube dans le blanc des yeux ! »

IL 170529 Amaury-Duval photo« Les gars qu’on asticote, ils prennent la mouche, ils en font tout un fromage. C’était juste une blague, même pas amarante, certes, mais qui ne justifie pas ces expressions de douleur soufre, d’orgueil enflammé, d’ascension de grands alezans. »

« On peut errer comme une âme en peine dans un purgatoire blafard ou glauque, surtout si c’est un labyrinthe zinzolin. Rappelons-le : le zinzolin s’obtient à partir de la graine de sésame. »

« Cette jolie jeune fille en robe champagne, sa seule contemplation l’avait mis d’humeur pétillante. Il avait même réussi à troquer sa mine de papier mâché contre une teinte assez bulle. »

« Monsieur le curé était décontenancé par la couleur du vélo que ses paroissiens venaient de lui offrir : cyclamen ! »

IL 170529 Amaury-Duval naissance de Vénus« Quand le FC Nantes perd 5 à 0 contre les Rouge et Noir (Rennes) le canari est d’une humeur massacrante. Et pourtant c’est lui, le massacré ! »

« Si vous êtes débordé, déprimé, que le travail vous rend chèvre, mettez-vous au vert. Allez en élever dans le Larzac ! »

« Quand elle est d’humeur folâtre, elle s’habille en rose saumon ; quand elle est d’humeur saumâtre, elle s’habille en bleu Folon. »

« J’étais désorienté : elle avait des yeux verts en amande, des petites fesses grosses comme des noisettes et elle était partie d’un fou-rire gigantesque lorsque, me voyant nu comme un ver elle avait trouvé mes noix acajou. Alors qu’elles n’étaient qu’auburn. Est-ce que je me mêlais des couleurs de son abricot, moi ? »


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 29 mai 2017 à partir de cette consigne :
"Couleurs primaires... et sentiments"

23 mai 2017

OUI, MAIS QUE FUMENT LES CRAPAUDS POUR S’ECLATER À CE POINT-LÀ ?

1

La nuit est limpide,
L´étang est sans ride
Dans le ciel splendide
Luit la Lune d´or.

Orme, chêne ou tremble
Nul arbre ne tremble
Au loin le bois semble
Un géant qui dort.

Chien ni loup ne quitte
Sa niche ou son gîte
Aucun bruit n´agite
La terre au repos.

Alors sortant l’herbe
S’apprêtant, superbes,
Aux magies du verbe,
Fument les crapauds.

2
Fourmillant d’idées
Guitares accordées
Les Bufonidae
Entament leur chant.

Ca coasse et ça piaille
Ca rit et ça braille
Mais fumer d’la paille
Ne rend pas méchant

Vers des terres creuses
Des contrées heureuses
Près de Bételgeuse
Ils s’en vont planer

Chacun outrepasse
Sa condition basse
Qu’une les embrasse
Ils sont transformés !

3
Finie la galère
Dans les fondrières !
Demeure princière
Grand bal cette nuit !

Lumières sur la boule !
Clignements d’ampoules
Champagne qui soûle
Et tout resplendit !

Racontant salades,
Faisant des gambades
Au pied de l’estrade
Ils s’en vont danser.

Un peu à la masse
Chacun se surpasse
Et passe et repasse
Devant le buffet

4
Si je ne me trompe
L’effet qui s’estompe
Fait que s’interrompent
Les festivités

Tous les mots s’emmêlent !
Fin des ritournelles !
Revient, de plus belle,
La lucidité.

Le jour qui se lève
Efface les rêves
D’une nouvelle Eve
On retourne au turf

Le lot de l’anoure
Sauf si je me goure
Est bien qu’il accoure
Plancher sur le surf ?


5
Sur le nénuphar-e
Sa journée démarre
Il a le pétard-e
Quelque peu mouillé

Tous ces ovocytes
Qui quittent le gîte
C’est vrai ça l’excite
De jouer au pompier

Car enfin le drôle
Un peu croquignole
S’il tient bien son rôle,
S’il conjugue aimer,

Ce soir sa maîtresse
Lui dira - largesse -
«Repos mon Ernesse,
Vous pouvez fumer ! »

Moralité :

La fumette occasionnelle
Rend barjot plus d’un :
Le devoir l’appelle
Et le crapaud vient ! *

*Ce dernier calembour est emprunté à Vegas-sur-Sarthe.

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 22 mai 2017 à partir de cette consigne :

"fumer comme un crapaud"

18 mai 2017

LE HASARD ET LA… ?

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on trouve un trésor au désert :
Un cadeau de Rosette à Pierre,
Un chameau qui joue du Mozart,
Les Mémoires de Caspar Hauser…

C’est toujours par un pur hasard
Que Melchior aima Balthazar
Mais on enterra cette histoire
Aux oubliettes du Mystère,
Dans les cachots du ministère.

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on échappe aux voies de misère
Ou pas.

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on choit dans le fond du puisard.
« Ca c’est au jeu de l’oie, ma mère,
Au 31 » dit ma mémoire.
L’oie se fout bien de l’Alzheimer :
Elle a chopé la grippe aviaire
Hier au soir. Un pur hasard !


IL 170515

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on fait un accroc au blazer,
Qu’on se déchire le falzar,
Qu’on marche où déféqua l’Azor
Et rate la première marche au bas d’l’escalator.

C’est toujours par un pur hasard
Que le prince épouse la bergère,
Que Blanche-Neige écoute la sorcière,
Que Cendrillon rentre trop tard
Perdant sa pantoufle de vair.

C’est toujours par un pur hasard
Qu’au jeu d’échecs on gagne ou perd :
Tu as tes chances contre Richard ;
Que faire face à Bobby Fischer ?

IL 170515 Bobby

C’est toujours par un pur hasard
Qu’on fiche à Smyrne le bazar,
Qu’on trouve l’issue du labyrinthe
Sans raison ni raisins ni sans isthme à Corinthe.

C’est toujours par un pur hasard…

Puisque tout est allé à Thouars
Ou à vau-l’eau sur la Vézère
C’est que les Parques se font vieilles,
C’est qu’elles ne font plus de merveilles :

Elles t’insultent – « Micheton ! » -,
Secouent leurs jupes, dansent des claquettes,
Moquent ta singularité.

Elles dévalent et rient de ton
Destin à l’écart des gisquettes,
De ta destinée-cécité.

IL 170515Giscard hmxZRW8mhs4ak

Elles te contre-pètent au nez,
Ces insolentes !

C’est toujours par un pur hasard
Que l’on est muté en Lozère,
Que le révérend dit « Bizarre »,
Que nul n’obtient ce qu’il désire,
A part un vieux méchant tracsir
Aux portes de son avenir.

Ce n’est jamais un pur hasard !

Non, c’est toujours très volontaire
Quand ma poésie dégénère
Et dégouline, délétère,
En joyeux vers de mirliton !
Ce sont des vers « à ma façon »,
Un poil diserts, un poil barbares,
Pondus derrière le zinc du bar
Dont je suis l’aimable patron.

Mon bistrot ? C’est « Le Pur hasard »
Tout près de la gare Saint-Lazare.
Sur la vitre on lit au-dehors
De quoi faire rire tous les morts :
« On accueille les fantômes at home. ».

Bienvenue dans Le Pur hasard !
Bienvenue aux ressuscité(e)s !

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 15 mai 2017
d'après la consigne "Un pur hasard"

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14 mai 2017

TOUT ÇA POUR ÇA ?

170514 Dick

Dans l’espace intersidéral, aux commandes de son vaisseau d’exploration, le Jefferson Starship XXL, P.A. Ward était le plus heureux des hommes. Il y avait à cela, ce jour-là, trois raisons :

- il était de retour en direction de la Terre avec le sentiment du devoir accompli ;

- il avait réussi à mettre hors service, pour le voyage du retour, les deux androïdes bavards comme des pies qui l’accompagnaient dans cette mission. A l’aller leur concours de composition de limericks avait été insupportable mais il fallait bien composer avec William et Jack dans l’habitacle : ils étaient chargés de piloter le vaisseau tandis que lui, à bord du LEM, descendait explorer la surface de la planète bleue.

- Dormez, mes petits agneaux ! Rêvez bien de moutons électriques, amis androïdes !» leur avait-il déclaré en les plongeant dans une provisoire léthargie ;

- Le monde entier allait l’acclamer. Dans l’histoire de l’humanité Paul A. Ward serait enregistré comme l’homme-sauveur, l’astronaute qui avait découvert une autre Terre sur laquelle l’humanité accomplirait son second grand pas : celui de sa migration.

***

Car en 2111, sachez-le, braves gens, c’est la catastrophe pour la planète. A force d’élire des climato-sceptiques butés, des marchands de mensonges, des fabricants de fausses nouvelles, des constructeurs de murs en tout genre, à force de vouloir le tout en un eh bien il arrive que la banquise fonde, que les esclaves fuient, que les guerres fusent, que les murs se chopent un accent circonflexe sur le sommet du crâne et s’écroulent. Alors c’est la cata, c’est la faillite. Que peuvent les états ? Rien. Ils n’existent plus en 2111. C’est con, hein ? Oui, c’est conglomérats et compagnie. Si ce n’est pas gai, pagaie ! Rame, homme !

***

A priori, Art Payntor ne risquait pas d’être touché dans l’immédiat par cette crise. Oligarque multimilliardaire à la tête d’un empire médiatico-industriel, Promptostar S.A., il ne craignait rien sauf les tsunamis, les inondations et les explosions de centrales nucléaires. Intéressé depuis toujours par les étoiles, exactement comme tous les gens qui veulent briller un jour, il avait déjà effectué trois vols spatiaux autour de la Terre. Quand les états n’avaient plus eu les moyens d’envoyer qui que ce soit là-haut, il avait financé un programme secret d’exploration des abysses et de recherche d’une planète habitable dans laquelle se réfugier en cas de cataclysme ultime.

170514 espace arpenteur

***

Après être rentré dans l’atmosphère terrestre, Paul A. Ward rebrancha les deux androïdes. Aussitôt le concours de limericks stupides reprit de plus belle :

« Il faut que cela se fasse ! / On pousse ! On fait la grimace ! / L’orifice entre les fesses / Libère un truc nommé fèces. / Après, on tire la châsse ».

« Si tu veux séduire une gonzesse / Opère avec délicatesse ! / Choisis bien le moment propice / Pour lui offrir de la réglisse. / Ouais, pas mal, la sortie d’la messe ! ».

« Tous les jours, c’était la sauce ! / Elles étaient trempées, nos chausses ! / La bouillasse, la mélasse, / Nous avons fait volte-face : / On n’ira plus, en Ecosse ».

Paul serra les dents et les fesses et il entreprit de contacter Whitney sur le tarmac de Cap Carnarrival.

- Miss Rouston, nous sommes de retour ! Jefferson Starship XXL !


- On vous suit Paul. Votre trajectoire est bien celle que nous avions prévue. Nous serons là à la réception. Mais s’il vous plaît, faites taire ces deux androïdes !

***

En fait d’accueil triomphal P.A. Ward eut droit à l’évacuation de sa capsule au milieu d’un mauvais grain de noroît, à un voyage en bateau agité au cours duquel Jack et William eurent le mal de mer et vomirent et cela se conclut par un interrogatoire en bonne et due forme dans les locaux de son commanditaire, la Promptostar S.A.

- Bienvenue sur Terre, M. Ward. Je suis Yaddo Janik, le colonel chargé du programme d’explorations spatiales. Nous nous sommes vus lors de votre départ. Je suis accompagné de M. Joe Krapov, le chef de notre police. Et je ne vous présente pas M. Art Payntor que vous connaissez obligatoirement.

- Je suis ravi d’être de retour et de vous apporter de très bonnes nouvelles !» répondit Paul.


- Dites-nous, M. Ward ! Dites les nous ! Cette planète bleue… C’est de l’eau ? Ce sont des océans ?


- Non, c’est mieux que cela !


- Racontez-nous ça !


- La planète est cinq fois plus volumineuse que la Terre. Elle n’est pas vraiment ronde, juste un peu enveloppée et sphérique. Elle n’a aucun relief, elle est uniformément lisse ou presque. Un peu comme la surface d’une balle de golf ou d’un agrume. Elle est parfaitement habitable. L’atmosphère est similaire à la nôtre. Climat tempéré, non, pas tempéré, régulier : aucun vent, aucune précipitation, température constante.


- Mais alors, s’il n’y a pas d’océan et pas de pluie, il n’y a pas d’eau ?


- Il y a mieux que ça ! J’ai fait des prélèvements sous l’écorce. A cinquante centimètres sous la surface du sol on trouve une matière molle, comme pulpeuse, et quand la carotte arrive à ce niveau cela déclenche un phénomène de geyser.


- Il y a un liquide qui sort ? Quel est-il ? Vous l’avez analysé ?


- Mieux que ça ! J’en ai bu. C’est délicieux ! Un genre de curaçao mais avec la fraîcheur d’un jus de fruit glacé.


- Du curaçao ? Mais, que Potemkine me damne, c’est une boisson bleue !


- Oui, monsieur Krapov. C’est bleu. Tout ce qui se trouve sur cette planète est bleu.


- Diable ! répondit le chef de la police. Moi qui, en gros, n’aime que le rouge !

***

Quand l’interrogatoire fut terminé on ramena PA Ward dans sa chambre et les trois hommes restèrent dans la pièce. On pouvait lire sur leurs visages un air de gravité consternée.

- Evidemment, Joe, tu nous le mets au secret, ordonna Yaddo. Personne ne doit savoir que nous avons encore échoué.

- Pas de souci pour ça. Je connais un village où il sera bien traité à condition qu’il ne cherche pas à en sortir ou à parler.


- Qu’est-ce qui ne va pas dans ce programme ? demanda Art P. C’est la drogue qu’on leur fait prendre pour dilater le temps du voyage ? Huit ans quand même pour celui-ci ! Ce sont les androïdes d’accompagnement qui sont mal programmés ?


- Je ne comprends pas pourquoi ils délirent à ce point ! répondit Yaddo. Comment font-ils pour inventer des mondes aussi stupides qu’inexistants ? Et pourtant nous prenons soin de veiller à la variété des intervenants lorsque nous lançons la consigne de vol et mettons la fusée sur rampe de lancement. Les faire partir tous un dimanche n'est peut-être pas une bonne idée. C'est quand même le jour du Seigneur ?


- C'est un hasard. Bon archivez-moi ce dossier. Ce n’est jamais que le septième à revenir. Il en reste encore trois. Tout espoir n’est pas perdu. » conclut Art P. en quittant la pièce et son air soucieux.

***

Joe Krapov a archivé le dossier dans son coffre-fort. Sur la couverture on peut lire :
« Opération Dix petits nègres dans l’espace– Exploration n° 7 – Paul Averell Ward – Terre bleue comme une orange ».

***

Ce jour-là, de son côté, Augustin Dieu s’écria : « Ma plus belle création, avec des tas d’ouvertures, de possibilités de développement, de passage d’un monde à l’autre, de richesses à partager ! J’ai vu souvent des Mexicains, j’ai rarement vu des mecs si cons ! ».

Sur son blog il écrivit : « Quand ça veut pas, ça veut pas !». 


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 8 mai 2017 d'après cette consigne 
: La Terre n'est pas ronde

Constitue une réponse en forme de prequel au texte de l'Arpenteur d'étoiles ! ;-)

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29 mars 2015

LOREILLE ET LARDU REFONT LE MONDE A LEUR SAUCE

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- Simplifier le millefeuille administratif ? Mais mon vieux Loreille, il n’y a rien de plus simple ! C’est du gâteau, ça !

- Ah oui ? Et comment que c’est-y que tu ferais, toi, Lardu ?

- Déjà il y a des tas de villes à rassembler dans une même communauté de communes.

- Une communauté religieuse ? Saint-Etienne, Saint-Denis, Saint-Nazaire et tout le Saint-Ouen… euh tintouin ? Sainte-Ménehould et Sainte Tréphine pour qu’on puisse vivre dans la paix des nonnes ? Lesquelles tu vois, toi ?

- La grande métropole de Paris-Brest ! Frangy –La Panne !

- T’es un drôle de pistolet, dis donc ! Un sacré moule à gaufres ! La Panne, c’est en Belgique !

- Sois pas gland, Loreille ! Putain, Putain, c’est vachement bien, on est quand même tous des Européens !

- Voilà un argumentaire bien cucul la praline ! Autant porter l’ONU aux nues ! Continue !

- Au niveau des départements, je préconise de fusionner la Vendée, pays des ventres à choux et l’Aragon-Castille, pays des glaces au citron et la vanille.

- C’est tout bénef ! C’est même tout profit’rock’n’roll ! Tu es vraiment à la pointe du progrès, j’en suis tout ébaubi ! Reprends !

- Regrouper Sablé-sur-sTarte et Romorantatin !
- Renversant !

- Saint-Florentin le Vieil et Saint-Honoré-les-Bains.

- Merveilleux !

- Pour faire la fête, rassemblons le mirliton de Pont-Audemer, le pastis landais et la tarte au Vintimille, marions la Tropézienne avec le Bavarois, la Charlotte avec l’Amandine, La Madeleine avec un Chinois.

- Dis-donc, ça va coûter bonbon, ton millefeuille !

- Il vaut mieux faire régner la concorde et faire chanter la colombe de Pâques plutôt que de casser les bugnes, foutre des beignets ou tirer les oreilles aux croquignoles. Tant que les Financiers détiendront la galette il y aura toujours des mendiants pour dire que l’égalité, c’est du flan.

- Franchement, est-ce qu’une réorganisation à base de calembours hâtifs, on ne trouvera pas ça, en calant, bourratif ?

- Toujours aussi sceptique, hein, Loreille ? Ca ne me pannetone pas de toi !

- Bref, quand tu as terminé, qui tu mets à la tête de ta pièce montée? Pépé le Moka ? Le chef de garnison du camp romain de Babaorum ? Toi ?

- Moi je suis un mec dans le genre de Pénélope. Je fais pâtisserie.

- Alors qui ?

- Un jésuite !

- Sacristain, va ! Pourquoi un jésuite ?

- Lui seul pourra nous dire pourquoi on écrit « un mille-feuille » sans « s » à « feuille » alors qu’il y en a un paquet et…

- et ?

- … et pourquoi « un casse-couilles » avec un « s » alors qu’il n’y en a que deux !

 

Ecrit pour les Impromptus littéraires du 23 mars 2015 à partir de cette consigne

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