11 novembre 2018

MISS FANFRELUCHE EST DE RETOUR

Lakévio 129

Elle ne va pas le prendre longtemps, le soleil, la poule de luxe en rouge du quatrième, sur son balcon de la place Bellecour, dans cet immeuble où je ne suis que la concierge. Peut-être bien même que d’ici peu elle va se retrouver à l’ombre ! En tout cas, pas la peine qu’elle attende son amant du mercredi, le notaire à cravate de Grenoble. Il ne viendra plus.

Moi aussi j’ai eu mon heure de gloire et tous les regards se tournaient vers moi dans ma jeunesse ; avec mon tralala, mon truc en plumes, ma guêpière et mes longs jupons, en casquette et boutons dorés, j’étais une étoile des Folies-Bergères. Je caracolais comme un cheval sauvage, j’affolais tous les Vénitiens du Lido. On m’avait nommée Miss Fanfreluche à cause de mes tenues de scène affriolantes et de mes cavalcades effrénées.

Et puis, hélas pour moi, j’ai rencontré mon Julot. Il se prétendait étudiant en droit mais c’était surtout à l’époque un dévoyé, un voyou. L’ai-je bien descendu le grand escalier ? Oui, jusqu’au trottoir où il m’a mise avant de disparaître dans la nature, fortune faite grâce à mes charmes.

Moi j’y suis restée sur le trottoir. Je le balaie tous les jours et l’escalier, si je le remonte c’est pour le nettoyer. Mais demain, cette vie-là sera terminée. En rentrant de chez le notaire j’ai mis le feu à tous ces souvenirs d’autrefois que j’avais conservés dans une malle au grenier. Je n’ai conservé qu’un bas résille. Je suis allé le déposer, en son absence, dans le tiroir d’une commode chez la poule de luxe du quatrième. C'est bien pratique parfois d'avoir les clés des appartements de tout l'immeuble !

Je laisserai l’affaire se tasser puis avec le magot que j’ai amassé chez Jules après lui avoir fait payer chèrement son inconduite d’autrefois, je partirai. Personne ne pourra jamais soupçonner la bignole lyonnaise disgracieuse que je suis devenue de porter ou d’avoir porté ces érotiques fanfreluches, ces colifichets de luxe.

Ce sera à nouveau la belle vie. Je pourrai afficher – symboliquement bien sûr – sur ma nouvelle loge virtuelle : la concierge est dans l’escapade !

lakévio 129 dauphiné adapté

Ecrit pour le jeu de Lakévio n° 129 d'après cette consigne.

Notons que ce texte répond aussi à la consigne des Impromptus littéraires du 22 octobre 2018

et pourrait très bien servir aussi au Défi du samedi n° 533 dont la consigne est Fanfreluche !!

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05 novembre 2018

IL N’Y A PAS D’AMOUR HEUREUX MAIS C’EST NOTRE AMOUR À TOUS DEUX

Lakévio 128 Norman Rockwell 121717782

- Mon grand chêne ! Mon bel amandier !

- Ma petite marguerite ! Mon myosotis ! Mon petit cheval dans le mauvais temps !

- Mon petit joueur de flûteau ! Mon croque-notes !

- Ma brave Margot ! Ma princesse !

- Mon mécréant d’amour ! Mon roi boiteux !

- Ma religieuse au chocolat ! Ma tempête dans un bénitier !

- Mon amoureux des bancs publics !

- Mon Hélène aux sabots crottés ! Ma nymphomane !

- Mon philistin ! Mon épicier ! Mon pornographe !

- Ma Lanturlurette !

- Mon Lanturlu !

- Rien à jeter chez toi, ma Pénélope chérie !

- Je bivouaque au pays de cocagne avec toi, mon Dom Juan fougueux !

- Ma Bécassine aux yeux pervenche !

- Mon Auvergnat ! Mon bricoleur ! Mon Trompe-la-mort !

- Mon revenant ! Mon fantôme !

- Mon vieux fossile ! Mon Moyenâgeux !

- Ma douce ancêtre ! Mon amour d’antan ! Ma grisette !

- Mon sale petit bonhomme ! Mon épave !

- Ma traîtresse ! Mon cauchemar ! Ma maîtresse d’école donneuse de fessée !

- Mon cocu préféré !

- Ma corne d’aurochs ! Ma dame du temps jadis en balade !

- Mon rat de cave ! Mon fossoyeur !

- Je sais, je sais, je suis un voyou mais… que je t’aime, que je t’aime, que je t’aime, Gabrielle, quand tu brosses mon épaule !

- M’enfin ?! Edmond ! Tu confonds !

- Quoi ? Ce n’est pas de Brassens, ça ?

- Ce n’est pas ça ! C’est que je ne m’appelle pas Gabrielle ou Charlotte ou Sarah ! Je suis Anna !

- C’est vrai, j’oubliais ! J’ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens plus très bien ! Bon, allons quand même la faire auprès de nos enfants, notre non-demande en mariage !

Ecrit pour le jeu de Lakévio n° 128 d'après cette consigne

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22 octobre 2018

ENCORE UN P'TIT COUP D' CID' ?

Lakévio 126

- Ôte-moi d’un doute. Connais-tu bien don Diègue ?

- Non, Pas du tout.

- Parlons bas ; écoute. Sais-tu que ce vieillard fut la même vertu, la vaillance et l’honneur de son temps ? Le sais-tu ?

- En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

- Cette ardeur que dans les yeux je porte, sais-tu que c’est son sang ? Le sais-tu ?

- Non, mais je...

- À quatre pas d’ici je te le fais savoir.

- Ecoute, je ne voulais pas...

- Parle sans t’émouvoir. Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années.

- Faudrait me laisser parler !

- Mes pareils à deux fois ne se font point connaître, et pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître.

- Comment ça ?

Lakévio 126 Gerard Philipe

- Oui ; tout autre que moi au seul bruit de ton nom pourrait trembler d’effroi. Les palmes dont je vois ta tête si couverte semblent porter écrit le destin de ma perte. J’attaque en téméraire un bras toujours vainqueur, mais j’aurai trop de force, ayant assez de cœur.
À qui venge son père il n’est rien d’impossible.

- Mais pas du tout ! C'est toi qui...

- Ton bras est invaincu, mais non pas invincible.

- Tu te fais des films !

- D’une indigne pitié ton audace est suivie : qui m’ose ôter l’honneur craint de m’ôter la vie !

- Bon je te laisse là.

- Marchons sans discourir.

- Oui, c'est ça !

- As-tu peur de mourir ?

- OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !


Ecrit pour le jeu n° 126 de Lakévio d'après cette consigne.

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PAN SUR TA TRUFFE !

Lakévio 126 vitrail

- L'amour qui nous attache aux beautés éternelles
N'étouffe pas en nous l'amour des temporelles ;
Nos sens facilement peuvent être charmés
Des ouvrages parfaits que le Ciel a formés.

- Non, Pas du tout.

- Ses attraits réfléchis brillent dans vos pareilles ;
Mais il étale en vous ses plus rares merveilles ;
Il a sur votre face épanché des beautés
Dont les yeux sont surpris, et les coeurs transportés,
Et je n'ai pu vous voir, parfaite créature,
Sans admirer en vous l'auteur de la nature,
Et d'une ardente amour sentir mon coeur atteint,
Au plus beau des portraits où lui-même il s'est peint.

- En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

- D'abord j'appréhendai que cette ardeur secrète
Ne fût du noir esprit une surprise adroite ;
Et même à fuir vos yeux mon coeur se résolut,
Vous croyant un obstacle à faire mon salut.

- Non, mais je...

- Mais enfin je connus, ô beauté toute aimable,
Que cette passion peut n'être point coupable,
Que je puis l'ajuster avecque la pudeur,
Et c'est ce qui m'y fait abandonner mon coeur.

- Ecoute, je ne voulais pas...

Lakévio 126 ob_dfd659_tartuffe-1

- Ce m'est, je le confesse, une audace bien grande
Que d'oser de ce coeur vous adresser l'offrande ;

- Faudrait me laisser parler !

- Mais j'attends en mes voeux tout de votre bonté,
Et rien des vains efforts de mon infirmité ;

- Comment ça ?

- En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude,
De vous dépend ma peine ou ma béatitude,
Et je vais être enfin, par votre seul arrêt,
Heureux si vous voulez, malheureux s'il vous plaît.

- Mais pas du tout ! C'est toi qui...

- Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme ;
Et lorsqu'on vient à voir vos célestes appas,
Un coeur se laisse prendre, et ne raisonne pas.

- Tu te fais des films !

- Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange ;
Mais, Madame, après tout, je ne suis pas un ange ;
Et si vous condamnez l'aveu que je vous fais,
Vous devez vous en prendre à vos charmants attraits.

- Bon je te laisse là.

- Dès que j'en vis briller la splendeur plus qu'humaine,
De mon intérieur vous fûtes souveraine ;

- Oui, c'est ça !

- De vos regards divins l'ineffable douceur
Força la résistance où s'obstinait mon coeur ;
Elle surmonta tout, jeûnes, prières, larmes,
Et tourna tous mes voeux du côté de vos charmes.
Mes yeux et mes soupirs vous l'ont dit mille fois,
Et pour mieux m'expliquer j'emploie ici la voix.

- OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !

Ecrit pour le jeu n° 126 de Lakévio d'après cette consigne.

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UN APPEL DE LONDRES

Lakévio 126 contour- Écoute ! Maman est près de toi ?

- Non, Pas du tout.

- Il faut lui dire : « Maman c'est quelqu'un pour toi ». Ecoute mon cœur qui pleure !

- En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

- Dis-lui je t'en prie, dis-lui : « C'est important et il attend ». Raconte-moi : comment est ta maison ? Apprends-tu bien chaque soir toutes tes leçons ?

- Non, mais je...

- Dis-lui que j'ai mal, si mal depuis six ans et c'est ton âge, mon enfant. Les noix sont sèches.

- Ecoute, je ne voulais pas...

- Le téléphone pleure quand elle ne vient pas, quand je lui crie « je t'aime » les mots se meurent dans l'écouteur. Les carottes sont cuites.

- Faudrait me laisser parler !

- Le téléphone pleure. Ne raccroche pas ! Je suis si près de toi avec la voix. Yvette aime les grosses carottes.

- Comment ça ?

- Le téléphone pleure pour la dernière fois car je serai demain au fond d'un train et les sanglots longs de l’automne blessent mon coeur d’une langueur monotone.

Lakévio 126 messages codés de Radio Londres

- Mais pas du tout ! C'est toi qui...

- Dis mais retiens la ! Allons insiste. Si elle est partie alors tant pis. Allô !

- Tu te fais des films !

- Oh dis-lui que j'ai mal, si mal depuis six ans et c'est ton âge, mon enfant. John has a very long moustache.

- Bon je te laisse là.

- Seras-tu aux prochaines vacances à l'hôtel Beau-Rivage ? Aimes-tu la plage ? Le canapé est au milieu du salon.

- Oui, c'est ça !

- Oh ! Dis-lui toute ma peine, combien toutes les deux, moi, je vous aime. Melpomène se parfume à l’héliotrope.

- OK ! Rappelle-moi ce soir. Je file, là !

Ecrit pour le jeu n° 126 de Lakévio d'après cette consigne.

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14 octobre 2018

LE PURITANISME VOUS (P) HÉRISSE-T-IL LE POIL ?

Lakévio 125 121235847

Tableau de Coby Whitmore

- Non mais tu te rends compte, Kiki  ? Tu l'as reconnue ? C'est une de ces horribles bonnes femmes qui font de la réclame pour Dépil Tech ! Ca me fait penser qu'il faut que je t'emmène chez le toiletteur !

- Wharf ! Wharf ! [Traduction : Toutes les excuses sont bonnes pour me chercher des ca-niches !]

Lakévio 125 Dépil Tech 1

Lakévio 125 Dépil Tech 2


Ecrit pour le jeu n° 125 de Lakévio d'après cette consigne

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07 octobre 2018

MÉMOIRES D'ENFLURE

Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup et je le lui rendais bien : je l’avais baptisée Vahiné ; elle me soignait quand je me traînais tout flapi, me caressait longuement, me regonflait pour que je prenne du volume et sois en mesure de l’honorer, le contrat que nous avions signé afin de nous envoyer en l’air ensemble : ça gazait bien entre nous. 

Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans ce que j’appelais mon écurie ; elle m'apportait du pain d’épices pour la route, de l'herbe fraîche car j’adorais me vautrer dans la beuh à l’époque, des récits de ce qu’elle éprouvait au septième ciel que j’écoutais passionnément de mes oreilles largement ouvertes comme des feuilles de salade et me promettait, l’automne arrivant, de m’envoyer planer bien au-dessus des arbres aux couleurs de poil-de-carotte ; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps ; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas, m’appelait son Mongol fier, son Ballon d’or et se blottissait dans la nacelle de mes bras ; elle me contait ses petits chagrins, me disait combien je l’aidais à jeter du lest dans sa vie bien chargée et bien souvent, comblée des joies renouvelées que nos exercices physiques lui procuraient, quelquefois elle pleurait de bonheur.

Extrait de : "Mémoires de Bienmonté, aérostat sarthois" par Jean-Claude Raggamuffin.

 

Lakévio 124 Mémoires de Bienmonté

Ecrit pour le jeu n° 124 de Lakévio d'après cette consigne.

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01 octobre 2018

STUPEUR ET TREMBLEMENT DANS LE ROSIER DE MADAME HUDSON

Lakévio 123 Holmes_playing_violin- Je m’excuse de vous interrompre pendant vos exercices de violon, Holmes, mais les journaux du soir annoncent que le tueur aux boutons de culotte vient de faire une septième victime !

- Scotland Yard a enfin admis qu’il ne s’agissait pas d’une épidémie de hara-kiri, Watson ?

- Ca ne tenait pas la route : aucune des victimes n’était japonaise et aucun de ces hommes n’était samouraï. Comment expliquer qu’on ne retrouvait jamais l’arme du suicide dans le ventre des gars ? Ils penchent désormais pour un tueur en série. Comme toutes les victimes sont retrouvées éventrées avec un bouton de culotte glissé sous leur langue, ils ont posté un agent de police devant toutes les merceries de la ville.


- Grand bien leur fasse ! Ca ne donnera rien, Watson !


- Pourquoi donc ? Ne me dites pas que vous vous êtes penché sur cette affaire et que vous avez découvert le coupable ? Vous me stupéfieriez, Holmes !


- Stupeur et tremblement sont les deux mamelles des gens qui manquent de logique. J’imagine que le bouton retrouvé cette nuit est lui aussi d’un modèle différent des précédents ?


- Le journal du soir n’en parle pas. La victime a été frappée à minuit pile et à l’arrière de la tête par un objet contondant.


- Il s’agit d’une lampe de poche.


- L’homme a ensuite été retourné, sa chemise déboutonnée et la peau de son ventre proprement entaillée sur une belle longueur. La coupure est rectiligne, nette, propre et sans bavure.


- Je déduis de cela que le coupable est un ancien médecin légiste.


- Mais quel est le mobile de ces exécutions ?


- La vengeance, Watson. La vengeance sociale. On n’humilie pas ainsi les femmes au Japon.


- Parce qu’il s’agirait d’une femme ? D’une Japonaise ? Ce serait… une éventreuse ?


Lakévio 123 Edward Hopper - New York movie 1939- Je pense qu’elle se prénomme Chiaki et qu’on la surnomme Jackie. Voulez-vous le vérifier vous-même, Watson ? Allez donc voir le film qui passe à 22 heures au Paradiso cinema sur New inn yard. Surtout ne soyez pas radin comme à votre habitude. Quand elle vous aura trouvé une place dans l’obscurité, glissez-lui une vraie pièce de monnaie ayant véritablement cours.


- Qu’insinuez-vous-là, Holmes ?



- Rien, je vous mets en garde, c’est tout. Si vous avez envie d’être le huitième sur la liste, ça vous regarde. Je vous ai bien observé l’autre jour à l’office au moment de la quête. Vous vous êtes défaussé d’un des boutons de culotte que vous avez ramenés de chez Mme Hudson !


- Holmes, je ne vous permets pas ! Ce que je fais chez Mme Hudson ne vous regarde pas ! Et puis d’abord qui est-ce qui va me trouver une place dans l’obscurité ?


- Pas votre clairvoyance, bien sûr. L’ouvreuse ! Moi ce que j’en dis, hein ! Cette affaire ne m’intéresse pas. Trop simple. Laissez-moi donner un dernier coup d’archet après quoi j’irai me shooter un bon coup avant d’aller au dodo.

 

***


Le lendemain matin, quand Holmes rejoignit son co-locataire au breakfast, celui-ci l’agonit d’injures au motif que le Paradiso n’était rien d’autre qu’un cinéma porno.


- Et l’ouvreuse ?


- Pas de sushi à vous faire, vous avez mis dans le mille. Elle a les yeux bridés et est bâtie comme un karatéka. La caissière m’a d'ailleurs confirmé qu’elle pratiquait ce sport. Quelle que soit sa carrure, aucun gars ne peut résister à un tel mastodonte si elle lui tombe sur le râble et lui fait le coup du lapin. Maintenant vous allez me payer cette mauvaise farce et me rembourser le prix de cette séance de cinéma abject.


- Si vous voulez Watson, mais je vous préviens, je n’ai que de la petite monnaie.


- Je l’accepte volontiers et nous ferons la paix après cela.


- Faites voir le ticket, que je voie combien cela vous a coûté ?


Holmes compte ses pièces et rembourse Watson.


- Holmes ! Qu’est-ce que c’est que ce bouton de culotte ?


- Damned ! On a dû me le rendre parmi ma monnaie à la boulangerie. C’est la dernière fois que je fais des courses pour Madame Hudson !


Ecrit pour le jeu 123 de Lakévio d'après cette consigne.


Le tableau, intitulé "New York movie 1939", est de Edward Hopper.

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16 septembre 2018

ÉDÉNIQUE, TA MÈRE ?

Lakévio 121 121199330 Eliane Marque - Eve

Bien sûr, bien sûr qu’elle est trognonne ! Trop mignonne à croquer, Eve, la fille en rouge !

Elle a des rotondités partout où il semble qu’il en faille, la peau satinée, brillante même quand le soleil de notre paradis terrestre vient la mettre en lumière tous les jours que Dieu fait.

Mais sa manie de vouloir tout connaître alors que je ne suis pas un puits de science, que je n’ai aucune connaissance en botanique, en métaphysique, en érotique…

Et puis cette volonté de toujours porter des vêtements par-dessus sa peau… C’est pour être jolie, dit-elle.

L’autre jour elle m’a tricoté un slip en peau de tigre et m’a réclamé un boa.

Je sens que ça va mal finir, tout ça. Je suis même certain qu’elle va vouloir qu’on fasse des enfants, qu’ils aillent à l’école, qu’ils aient une bonne situation, qu’on achète un camping-car, qu’on signe une convention obsèques…

Ce sera fini de rire à se fendre les côtes. Terminée la belle vie où tout allait cahin-caha.

O Eve, Eve ! Mon rêve sans air ! Je sens que j’étouffe déjà !

Pourquoi es-tu venue dans ma vie ?

Pourquoi les pépins sont-ils toujours pour ma pomme ?

O Dieu, l’étrange peine !


Ecrit pour le jeu n° 121 de Lakévio d'après cette consigne

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02 septembre 2018

L’ENVOL PLUTÔT RATÉ DU PAPILLON DON JUAN

Lakévio 119 Eléna Yushina 120263392
Tableau d'Elena Yushina

Ce maître du libertinage avait mis dans son escarcelle
Tant d’images de péronnelles et ravi tant de pucelages

Aux jouvencelles du voisinage qu’on chantait sur le violoncelle
La liste assez exceptionnelle de ses nombreux papillonnages !

« Mille tre » décrit ce volage. Mozart commit la ritournelle.
Il advint que ses joies charnelles furent suivies d’un tel tapage

Qu’une ribambelle de rages et de colères de femelles
Vint alerter sa sentinelle, Leporello, le valet sage.

« Don Juan, songez au décollage ! ». Plutôt que de se faire la belle
Il se brûla à la chandelle et s’empêtra dans le voilage ! 

Ecrit pour le jeu n° 119 de Lakévio d'après cette consigne

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