16 mars 2014

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 20, PORTRAIT CHINOIS

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Si j'étais un personnage politique, je serais un roi du Moyen-Orient

Si j'étais un personnage de fiction, je serais une princesse qui attend que son prince vienne la délivrer

Si j'étais un animal, je serais un dragon

Si j'étais un héros, je serais Saint-Georges (mais je ne suis pas un héros, mes faux pas me collent à la peau !)

Si j'étais un plat cuisiné je serais une ratatouille provençale ou des tripes à la mode de Caen

Si j'étais une forme musicale, je serais un medley

Si j'étais un livre, je serais "99 dragons : exercices de style"


17 décembre 2013

LE SEL DE LA VIE (1)

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- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est le sucre, dit le café.
- Moi j’adore les coupes Colonel, répondit le général Koutouzov.

- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est que le sergent Major ait un bien beau brin de plume, dit l’encrier.
- Vous avez raison sur toute la ligne, répondit le sergent Maginot.

- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est de tracer de beaux dégradés dans le ciel, dit le coucher de soleil.
- Moi, les dégradés, je n’aime pas trop ça, commenta le capitaine Dreyfus.

- Ce qui fait le sel de ma vie, c’’est de me planter dans les campings de France et de Navarre, dit ma tente Quechua.
- Moi je préfère habiter en dur, répond le général Bon-Apparte.

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LE SEL DE LA VIE (2)

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- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est de voler vers la lumière, dit le papillon religieux.
- Moi j’ai passé toute ma vie à essayer de ne pas me faire prendre, rétorque le caporal épinglé.

- Ce qui fait le sel de ma vie c’est que j’aime me faire chatouiller de l’intérieur, dit la statue de la Liberté.
- Moi j’aime mieux réussir qu’entreprendre, répond le général La Faillitte mais je crois que j’ai encore dit une connerie !

- Ce qui fait le sel de la vie, c’est le mensonge qui peut rapporter gros, prétendent les talonnettes de Sarkozy.
- Moi je préfère être grand et beau et sentir bon le sable chaud, répond mon légionnaire.

- Che qui fait le chel de la vie, ch’est Gergovie plutôt qu’Alégia ou Reichshoffen, avanche le bouclier arverne.
- Je ne ferai pas de commentaires, répond Jules César.

- Ce qui fait le sel de la vie, c’est d’enjamber les rivières, annonce le pont de la rivière Kwaï.
- Il vaut mieux ça que l’inverse : je déteste quand la rivière m’enjambe, répond le zouave du pont de l’Alma.

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LE SEL DE LA VIE (3)

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- Ce qui fait le ciel de la vie, c’est quand je suis emplie de petits cœurs au Carambar pour donner du cœur à l’ouvrage aux gens de la salle Mandoline, chantonne l’assiette à bords dorés.
- Moi j’aime bien aussi la fanfare du Club des cœurs solitaires, répond le sergent Poivre.

- Ce qui fait le sel de notre vie, c’est d’enserrer les chevilles d’une jolie fille, déclarent les chaussure spartiates.
- Donnez-lui du chocolat blanc à la noisette importé de Belgique et vous verrez qu’ça va qu’ça va pas durer toujours ou alors j’me goure, plaisante Léonidas.

- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est d’aller la terminer loin de l’endroit où j’ai été fabriqué, ricane le produit manufacturé en Chine.
- Moi je suis natif d’Arras, chef-lieu du Pas-de-Calais, répond l’ami Bidasse et j’y suis retourné pour épouser, avec son p’tit chignon qui est toujours bien coiffé, la belle caissière du grand café !

- Ce qui fait le sel de la vie, et qui peut lui faire perdre tout son goût, c’est moi, philosophe la mort.
- C’est interdit de parler de médecine à table chez moi, répond le général Motors.

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LE SEL DE LA VIE (4)

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- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est que j'ai la tête de Serge Gainsbourg, prétend le chou.
- Moi j’aime bien sa Melody, répond l’amiral Nelson.

- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est le cornichon qui m’accompagne, dit le verre de vodka.
- Je toujours intervenir mal t’à propos, répond le général Dourakine qui aurait encore une fois mieux fait de se taire.

- Ce qui fait le sel de la vie, c’est de garder la recette au secret, murmure la Licorne.
- Pour celle du bonheur, vous ferez Tintin, répond le capitaine Haddock en se resservant (ou se reversant) un verre de whisky.

- Ce qui fait le sel de ma vie, c’est que j’aime inventer des dialogues impossibles autant qu’absurdes, avoue mon esprit enfiévré.
- Tou mé lé paieras, Zorro, répond le sergent Garcia.

 

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 17 décembre 2013 d'après la consigne "Racontez sous forme de liste ce qui fait le sel de votre vie comme le fait Françoise Héritier dans son livre homonyme "Le sel de la vie" ".

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11 décembre 2013

Les photos du Laos de l'amie Dominique (1)

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NISHAT 64

Les yeux clos, les pieds dans l’eau
Et les mains en cornet collées sur les oreilles
On veut croire aux chansons
Veloutées des moineaux,
Aux trilles des étoiles.

On rêve de cloner ici l’ample Venise
Mais nulle coterie ne suspendra aux cintres
Serpentins, cotillons ou langues de belles-mères
Car la vie est amère autant que le citron

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Les photos du Laos de l'amie Dominique (2)

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NISHAT 63

Ils ont glané la brume et l’ont mise en colis
Et puis, ingénument, ont chargé le bateau.
Ils se sont installés, elle et lui, sur leur trône.
Ils s’en vont tricoter tout au long de la côte
Le fil blanc du sillage,
Un sillon de coton où se prend quelquefois
La licorne attirée par la curiosité
D’un bateau à deux gouvernails.

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Les photos du Laos de l'amie Dominique (3)

moinillon réduit

 

NISHAT 62

Aucune effondrée !
Ils ont trotté, tristes,
Parmi les statues

Ces têtes de linottes,
Austères, sévères,
Comme sous cilice,
Aucune écroulée,
Nulle salvatrice
Comme île sur Loire
N’offre territoire
Pour des jeux d’enfants
D’infimes sottises.

Même la pierre est grave
Par les temps de crise

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Les photos du Laos de l'amie Dominique (4) et (5)

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NISHAT 61


Lire encore !
Lire, même à tort !
Les pieds dans le four,
Auprès des tisons,
Lire sans critères
Tout ce qui se lit,
Tout ce qui se conte,
Tout ce qui s’écorne ou se corne

Sous le toit de la maison
Oublier l’école
Ne pas sortir se crotter
Avec les autres titis
Mais préférer
Les écrits
Et lire, lire,
Lire encore,
Lire encore

Car toujours dans le livre
On rencontre l’insolite

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NISHAT 60

Prendre en sténo Cicéron
Ou noter par des étoiles
La quantité de rillettes d’oie
Que le contre-ténor
Peut générer sous ses bras.

Cotiser pour se payer
Un cloître en Sicile

Gagner à la loterie
Une poupée nommée Scottie

Citer les coins et recoins
A champignons sur le sentier
Du Périgord où l’on côtoie
Le soleil et Cyrano

Et clore cette liste
D’anagrammes
Par la litote d’un triton
Qu’on a saisi dans le torrent.

Ces 5 poèmes en vers libres ont été pondus à l'Atelier d'écriture de Villejean du 3 décembre 2012. Il s'agissait d'illustrer des photos ramenées du Laos par Dominique. M.-D. en s'inspirant de trois poèmes trouvés sur le site Croire au monde. J'y ai ajouté la surconsigne d'inclure des mots composés avec des lettres de "rencontre insolite".

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24 novembre 2013

QUAND ON BRISE LA GLACE

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 Quand on brise la glace à l’heure de l’apéro on entend CRAC on entend KLING et on entend TCHIN ! Mais on entend d’abord le PLOP du caoutchouc du réfrigérateur puis le CLAC de la porte du freezer et le VROM VROM du bac à glaçons qui traîne pour sortir, s’accrochant à la banquise ou s’accolant au sac plastique des petits pois ou au carton des petits-pois-sons panés.

S’il y a bien dans nos logis une image du luxe que nous envient les gens du Sud, bien souvent noirs, c’est celle de ce gros monstre blanc à l’extérieur comme à l’intérieur qui contient le produit de notre chasse, de notre pêche, l’huile de foie de morue ou la graisse de phoque dont notre corps a besoin pour dire « Fuck ! ». Le réfrigérateur ! Le Frigidaire ! Le congélateur !

Se peut-il aujourd’hui qu’on puisse aller chercher dans ses profonds tréfonds le vocable à dégeler et le mot qui, con, fond ? Pardon : le vocable à dégelées et le mot qui confond ? Ferons-nous le pari qu’en ses blanches entrailles on trouve de quoi alimenter notre pyromanie ? Prenons le risque ! Faisons appel à nos mémoires. Allons racler dans le râblé, Rabelais ! Allez, Pantagruel à deux mains, mon cousin et creuse, cimente, maçonne !

Extrayons tout d’abord de l’océan de boustifaille la boîte de rillettes de thon. « On nous prend pour des quiches ! » s’exclament les lardons. « On nous prend pour des thons ! » s’exclament les routiers qui ont de la rillette sous les bras et un klaxon deux tons pour montrer que le transporteur de porcs tique au portique Ecotaxe.

Puis brandissons le surimi comme un étendard orange et blanc ! Celui-là vient du Japon pour dire sa colère contre Fukushima. Pour éviter la catastrophe il eût mieux valu certes que la citoyenneté surimisçât un peu plus dans l’impudence des technocrates et l’incurie Pierre et Marie des politiques.

Pour réchauffer l’ambiance, convoquons le chorizo. Dégelons ce vocable espagnol, pimentons la conversation qui ne manquait déjà pas de sel. Mais comme tout bâton merdeux celui-là est une arme à double tranchant et je le vois plutôt servir au pouvoir en place, aux technocrates du libre-échange, qu’ils aient ou non leur rond de serviette à l’Europe. Je les imagine très bien nous servant, les collets montés, les collets austères du « Il faut mettre un chorizoterme à la gabegie des déficits ! ». « Oxymore aux vaches ! » répondit l’Espagnol féru de corrida !

Qu’avons-nous encore qui nous revigore en venant du froid ? Dans sa petite boîte jaune, il y a bien Youri Margarine, l’homme idéal pour les révolutions. Dans le bac à légumes les betteraves sont rouges, les carottes promettent qu’elles ne seront pas cuites de sitôt et les poireaux gueulent à tue-tête qu’ils n’attendront pas bien longtemps avant de crier Poireau sur le baudet ! D’ailleurs, ils appuient déjà sur les champignons.

Il y a aussi suffisamment, à droite, de moutarde pour qu’elle vous monte au nez, de mayonnaise pour que tous les problèmes y montent et de vinaigrette pour que la moindre situation y tourne. Mais le bocal de cornichons sème le doute. Ne nous prévient-il pas contre le Panurgisme ? Serrés en rangs d’oignons dans la manif comme eux dans le bocal, on fait masse mais on fait masse ! L’individu marche mais le courant ne passe plus, tout est confus, on a du mal à s’en sortir et on se doute bien qu’on ne fait qu’accompagner le plat de résistance, la viande du despote au feu, le roi de l’entrefilet mignon, le lièvre qui court deux pogroms à la fois, le manipulateur boosté caché, le stratège qui va nous rôtiboiser.

Alors on touche le fond, on voit bien qu’on nous embobine, qu’on nous promène, qu’on nous embouteille. Dans « jus d’orange » il y a « Dors, ange ». Dans le vin blanc il y a plus de « vain d’espérer » que de « vindicatif ». Le dégel de la situation de crise est bien le muscadet de leurs soucis. Nous voici bel et bien muselés ô Muse-lait dont le sein doux est interdit pour cause de cholestérol et de mises en garde contre les graisses animales.

Je ne sais pas, au bout du compte, s’il est sérieux d’espérer, comme dans le « Quart livre » de François Rabelais, que les mots se dégèleront un jour. Une seule chose est sûre c’est qu’à tenir si longtemps, même en pensée, la porte du frigo ouverte, quelqu’un dira bientôt, sur un ton acerbe ou pas, que l’on chauffe les mouettes. Mais c’est ça aussi, le luxe.

Pourtant, nous-mêmes, ayant trouvé ou pas, nous sortirons le visage du freezer avec, en son milieu, - l’eusses-tu cru, bonne pâte de Panurge ? – non pas un bonnet rouge mais… un beau nez rouge !

« Ils ont des chapeaux ronds
Vive la Bretagne
Ils ont des bonnets rouges
Vive le monde qui bouge ! »

Allez, tant qu’à faire de trinquer, levons nos verres ! Tchin quand même !

 

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Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 19 novembre 2012 à partir de la consigne suivante : lecture du chapitre 56 du Qaurt livre de François Rabelais dans le quel il est question de paroles gelées qui éclatent mystérieusement lors de la décongélation.


Trouvailles et visionnages

Le réfrigérateur de l'INA, il faudrait ne jamais l'ouvrir ! On trouve de ces trucs, dedans ! C'en est au point que l'intégration de la vidéo suivante sur un site web en a été désactivée sur demande ! Enfin, j'ai bien ri quand même, même avec les bras tombés !

http://www.youtube.com/watch?v=UKrCmF6yiSg