10 janvier 2015

LE BAOBAB DE PAIMPONT

LE BAOBAB DE PAIMPONT

1
Pimprenelle s’est longuement
Pomponnée. Elle est désormais toute
Pimpante mais c’est en vérité une grande irres-
Ponsable !

Car ses co-
Pains sont sur le
Pont complètement allumés

Les chauds la-
Pins voudraient baiser l’anneau
Pontifical mais c’est là, galo-
Pins, 
Poncif ammoniacal ! Ou poudre de perlimpin-
Pin ! Et v’lan ! Passe-leur plutôt l’é-
Ponge au gars Francis ! Comme le chantait Fernand.

Mais c’est farce de turlu-
Pin sur le
Pont neuf où l’on dé-
Peint la réponse des emballés de papier cré-
Pon comme Cristo compte deux bien montés !

Pimprenelle et ron et ron Petit Pata-
Pon ! Tout le monde en
Pince pour elle sauf ce bougon de
Ponce Pilate qui lui a posé un la-
Pin : il se fiche de la meuf comme de Colin tam-
Pon : Il s’est
Peinturluré le front comme on fait à
Pondichéry : un point juste entre les deux yeux

Et puis il y a Aurore Du-
Pin et son allure
Pondérée de fumeuse de gros cigare (Hé ! George ! Ta cendr’ !)

Et aussi Arsène Lu-
Pin a l’air ca-
Pon qui détrousse tous les ru-
Pins et offre aux La-
Pons des sa-
Pins, des har-
Pons aux ra-
Pins et à Jean-Pierre Pa-
Pin des cram-
Pons pour jouer dans toute cette mélasse

REFRAIN 1

Ainsi va la vie à Paimpont
Où les sirènes font « Paim-pont Paim-pont »
Où les gens s’accrochent au pinceau
Quand on leur retire l’échelle
Et où ils croient que dans Marseille
Les sirènes des pompiers sonnent « Mar-seille Mar-seille »
Et qu’une sardine bouche le port
Afin qu’il y ait toujours de l’eau
Pour le pastis

2

Pimprenelle et ron et ron P’ti Pata-
Pon
La pim-
Bêche sortit à cinq heures comme la marquise de
Pompadour. Elle était gaie comme un
Pinson, glorieuse comme trente ans d’
Pompidou.

Haut perchée sur ses escar-
Pins, telle une girafe de Claude
Ponti, elle s’en allait à Juan-les-
Pins pour y décrocher le
Pompon du manège des mille
Pingouins sans aucune
Pondération à la Foire des sans-soucis.

Quand
Pindare en a marre des odes et du grand cirque saisonnier de Meissonnier roi des
Pompiers il s’offre une
Pinte de bon sang avec son pote
Pontus de Tyard :
Il sort son petit cale-
Pin, se pose sur un stra-
Pontin sur la colline de l’Aventin et il
Peint les heures qui dansent déguisées en autruches par messieurs
Ponchielli et Walt Disney réunis.


Fantasia - La Danse des Heures, de Ponchielli par disney-world81

Refrain 2

Ainsi va la vie quand ça
Pince Monseigneur Ezine à
Pontault-Combault

Ainsi finit tout
Pintadeau vers la Noël avec des champignons s-
Pongieux

Ainsi peut se gratter ce
Pingre d’Harpagon avec le côté vert de la S-
Pontex Avery

Et cela sent le
Pin des landes dans le livret de Da
Ponte car Mozart avait fait les choses comme il faut !

C’est fini !
P’int-barre, rom-
Pons ! Je vous serre la
Pince, décam-
Pons ! J’arrête le disque de Cho-
Pin et si nous cho-
Pons quelques blues, enfilons les, les nuits sont fraîches !

 

Ecrit de manière nomade, au fil de la semaine écoulée, sur la consigne du baobab (voir ci-dessous)

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BAMBOULA SOUS LE BAOBAB A LAMBARENE

Sous le grand baobab, on entend l’ovation qu’envoie aux baladins la foule rassemblée. Les oreilles sont encore pleines du solo de basson de l’ophtalmo. L’artiste rigole dans sa barbe d’avoir volé la vedette à l’oto-rhino – ça, c’est rosse ! – dont la prestation bafouillante à l’ocarina a ressemblé par trop au barrissement d’un olifant, au babillage horriblement bateau d’une baleine d’origine occitane qui ne connaîtrait pas plus le contrepoint que l’ornement.

La prestation de l’autruche sur sa balancelle haut-perchée a fichu le bazar chez les spectateurs pris en otage et mis en haleine. C’est qu’elle a mené d’une baguette magistrale l’orchestre des babouins autistes. Dans des bananes sans orifice, à s’en rompre l’occipitus ils ont baratté de l’Offenbach, du Bach et même du Louis Armstrong à s’en faire péter les ovaires !

Et puis l’okapi Baladeur et Barbie, l’otarie obèse ont fait l’Auguste et le clown blanc. Ce fut l’alpha et l’oméga de la rencontre baroque entre le flanqueur d’horions à baluchon de la place de l’obélisque et l’odalisque grasse dont ostensiblement l’aura baltimorienne en appelle dès l’aurore aux métamorphoses d’Ovide, à la bagatelle et au jet de bonnet par-dessus le bastingage.

Quel barouf ils ont fait ! Pas besoin de haut-parleur pour que chacun entende le bruit des baffes, des onomatopées, de la bagarre au bazooka. Quelle baston haute en couleur ! Barillet et Grédy sans nul besoin de claque au Théâtre ce soir ! C’est tout juste si, barbouillée d’ordures et de barbe à papa l’otarie Barbie n’a pas fini en tas d’os sur le barbecue, accompagnée d’osso-buco et de batavia !

D’ailleurs tout cela nous a donné faim. Tout le monde s’en retourne à la cantine de l’hopital.
Madame Aubrée, la cuisinière, pour que l’on reste dans la note folle de cette fête, a barbouillé sur le tableau noir du menu :

- Auriculaires de missionnaires
- Babouches ottomanes dans leur sauce au Banania
- Darnes de Chevalier Bayard sans beurrer et sans brioche

Après il y aura bal costumé dans la chapelle. Le docteur Schweitzer jouera du piano au moins jusqu’à minuit.

A l’horizon, le soleil se couche. Sans ostracisme aucun, un vent léger balaie les restes de la mousse à raser qui garnissait les tartes à la crème des clowns. Puis l’ombre du grand baobab se confond avec celle de la nuit.

 

150102 002 B


Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 6 janvier 2015d'après cette consigne.

 

REECOUTE DE METISSAGE

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21 décembre 2014

LA PETANQUE, C’EST DIVIN !

- Je suis sûr que c’est Toi qui l’as mis là intentionnellement…
- … parce qu’on était en train de gagner…
- … et perdre, Monsieur Dieu n’aime pas ça du tout !
- Alors, pour annuler la partie, Il nous sort un bon vieux tour de magie à sa façon…
- … et Monsieur Dieu dispose un trou noir sur le terrain ! Hop, toutes les boules et le cochonnet disparaissent !
- Arrêtez de me déconcentrer, je mesure ! A qui elle est la boule avec un anneau autour ?
- C’est la mienne !
- Et la grosse jaune toute brillante ?
- C’est à moi.
- Arrêtez de blasphémer, vous avez gagné. La partie est finie. C’est encore la boule bleue et verte qui marque le point.
- Ouais ! Treize à rien ! Allez Fanny, montre lui ton derrière, qu’Il l’embrasse !

1415-12 Edouard Levé 06

 

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 16 décembre 2014 d'après la consigne : "Monologue ou dialogue à partir d'une photo d'Edouard Levé". (Nous remercions l'auteur au passage pour l'emprunt de son oeuvre et je m'engage à la retirer de ce site si la demande en est faite par ses ayant droit).

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CEREMONIE SOIT QUI MAL Y PENSE !

1415-12 Edouard Levé 05

La peste soit de l’avaricelle et des avaricelleux !

Celui-ci a peut-être un langage fleuri mais ses mots - ou ses maux ? – se pressent en boutons sur ses joues et sur son front pendant que son hymne national retentit. Il garde son –leur ? - expressivité pour plus tard. Pustule simplement ne pas être contagieux !

Est-ce une pensée qui couve avant qu’il ne discoure ou une maladie qui incube ? Méfie-toi du feu sous la glace ! Avec le temps, comme tout volcan, bien souvent la rupture n’est qu’éructation, éruption, grêle de coups, coups de bâton, mots décousus de fil blanc et, de fil en aiguille, propagation de boutons qu’on enfile et qu’on se refile. Et si l’on en juge par Pavin et Chauvet, c’est seulement une fois le volcan éteint que le lac naît.

Le boutonneux que je vais récompenser vient justement du centre de la France. Je ne sais où il est allé pêcher cette chemise blanche trop grande pour lui. Personne n’a pensé à lui dire de mettre une cravate. Franchement, le comité donne ses prix à n’importe qui, cette année !

Ca y est, la musique c’est arrêtée, je vais pouvoir lâcher sa main. Je sors de la poche droite de mon veston la notice de montage Ikéa au dos de laquelle j’ai écrit mon petit discours :

- Monsieur Robert Modiano, au nom du comité, devant les caméras du monde entier, je suis heureux de vous remettre le prix Nobel de photographie de spectacles carnavalesques !

Pendant que les flashes crépitent, avant qu’il ne prononce son laïus convenu, je m’éloigne. Discrètement je regarde ce point rouge inquiétant sur le dos de ma main droite et je me lisse la moustache, intrigué.
Ce n’est pas un bouton.

C’est un confetti.

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 16 décembre 2014 d'après la consigne : "Monologue ou dialogue à partir d'une photo d'Edouard Levé". (Nous remercions l'auteur au passage pour l'emprunt de son oeuvre et je m'engage à la retirer de ce site si la demande en est faite par ses ayant droit).

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07 décembre 2014

SLAM DE LA GORGE DEPLOYEE

Je suis celui qui retentit du fond du ventre lorsque Pinocchio dans son antre fait contre sa mauvaise fortune bon choeur et joue du xylophone en tapant sur les côtes du sombre cétacé et cela a suffi pour que j’éclate et qu’il en perde, lui, haleine.

Je suis celui, recroquevillé, qui se déplie soudain, se tend puis se distend, se termine en jet d’eau, en petite fontaine, celui qui soudain tourne court et se braque-marre comme une baleine.

Je suis celui de la marquise qui sortit à cinq heures comme il se petit-doigt dans l’air de son salon sans se faire de mousse :

Je suis petit, discret, distingué, aristo, mais quelle idée vraiment au retour pour le thé : se montrer si gourmande des propos incongrus de ce petit Marcel que bientôt la madeleine aux marches du palais, en passant dans la glotte se pose en mon travers et la marquise s’étrangle, s’étouffe, s’intoxique et je meurs avec elle en un dernier hoquet tandis qu’ultime saut sa carcasse s’affaisse et son corps se trémousse !

Je suis celui lardu, gras du, un peu loquedu, riche en sous-entendus qui est fraîchement pondu quand on dit que la proie, dinde, oie, sainte-nitouche est touchante et « gentille »

Mais je deviens vite jaune et du genre mauvais lorsque, perdant ses billes, embrouillée de bisbilles, devenue immobile devant la fermeté, le refus très futé de l’accorte nubile d’appeler peccadilles vos troubles bagatelles, sans accès aux dentelles l’idylle s’entortille.

Je suis parfois de bon aloi, de convenance, de circonstance, de bon ton ou de pure forme

Comme je puis éclater Rabelaisien, Toporesque, à tout crin, plus Homérique que Rohmérien, Gargantuesque, sonore, énorme.

Ou je peux être idiot, stupide, satisfait, façon Gribouille qui se mouille

Ou sinon grave ou graveleux, coupant comme le couteau du charcutier adroit mais glissons sur le jour où il coupa l’andouille !

Il est rare pourtant que parmi les terrines,
chatouillé du persil fourré dans les narines de la tête de veau j’occupe la vitrine.

Je viens souvent du fond, du fond des âges, du fond de la classe, du fond de la gorge. Je nais de l’incompréhension, du décalage mais je suis toujours sans entraves

Et je cours de la poupe à l’étrave trop grave du Sérieux, cette dispensable épave.

Puis il est des périodes où je n’existe plus : de grands moments de drame


Où le tragique humain mène son pion à dame

Et le plateau alors est envahi de guerres, d’épidémies, de meurtres, d’attentats, de conflits et malgré les soldats je ne suis plus jamais même celui du sergent, gloussement de voix molle de folle du régiment, le préféré assurément du capitaine des dragons tout feu tout flamme et l’industrie du disque tout Sardouniquement se remet à fumer

Et en vient même un jour à oser m’exhumer.

Car, je dois l’avouer, je suis une valeur sûre : même si, vieux de la vieille,


Je vaux un bon bifteck, je suis le propre de l’humain, j’ai toujours sur l’écran de veille

De quoi vous envahir de LOL, de MDR, de chansons, de saillies
Qui vous laissent ébahi(e)s
Bref de quoi vous faire
Manquer d’air
Pour le der des ders
Der des ders des soupirs
Der des ders des sourires
Der des ders des mourir
Der des ders des mourir de rire

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Ecrit d'après la consigne 1415-09 de l'atelier d'écriture de Villejean :

Bouts-rimés : trouvez dix mots qui riment avec ceux-ci
et incluez-les dans un texte ou dans un poème :
haleine, mousse, gentille, forme, mouille, vitrine, entrave, fumer, dame, veille


02 décembre 2014

N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE VOS PORTABLES ! (1)

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N’oubliez pas d’éteindre vos portables !

Ah tiens, cela fait deux fois de suite que Pierre a oublié de dire la phrase rituelle ! Le silence s’est fait dans la salle, il a écarté le rideau, a dit bonjour. De sa voix posée d’ancien petit garçon sage il a récité le laïus sur la compagnie, remercié les sponsors, dit deux mots du spectacle. Puis il a retraversé le miroir, enfin, le rideau, pour rejoindre la troupe de babas-cools qui (s’im-)patiente derrière.
- On a de la route à faire ! a-t-il dit en oubliant de parler des téléphones portables.

N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE VOS PORTABLES ! (2)

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 C’est effectivement « Le voyage dans la Lune ». On est confortablement installé tout seul au premier rang à l’auditorium de l’Assomption. On a deux appareils photos dont la courroie est enfilée sur le poignet droit. Il faudra parfois les démêler au fur et à mesure que le spectacle avance car on passe du 220 qui enregistre des vidéos au 255 qui capte des visages.

Cet opéra féerique d’Offenbach, légèrement postérieur aux deux romans de Jules Verne sur le même thème, n’en constitue-t-il pas le contrepied exact ? De la science qui va permettre tous les progrès bienfaisant du XXe siècle dont deux exterminations mondiales et des dommages collatéraux, de toutes ces machines à fabriquer des trente glorieuses et des décérébreuses à images nous ne verrons rien. Le roi Vlan arrive à pied avec sa couronne redorée. Le prince Caprice, en short et casque colonial, arrive lui aussi pedibus cum gambis avec son sac à dos. A l’observatoire, point de lunette géante pour mater les dés-astres à venir. Les astronomes, le nez en l’air, ont l’œil rivé à des télescopes de carton qui deviendront bien vite des petits tabourets pour s’assoir et tenir conseil. 

N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE VOS PORTABLES ! (3)

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Dans la forge, une seule enclume. Les artilleurs, petits et grands, ne portent qu’un casque de chantier. Le roi, le prince et Microscope le savant partiront dans la Lune dans un canon que le spectateur est prié d’imaginer car la metteuse en scène a remplacé la capsule des Apollons de l’Apollo par une valise remplie de pommes.

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La fusée, puisque par canon on entend obus, est bricolée avec trois pans du combi Volkswagen de Jean-Marc Ayrault. Sur la Lune, les horizons et les cœurs s’ouvriront grâce aux pommes qu’on croque et au cidre qu’on boit !

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N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE VOS PORTABLES (4)

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 Alors oui dans cette mise en scène ironique autant qu’onirique, dans cet opéra post-soixante-huitard, les portables sont bien éteints. Et d’ailleurs le seul qu’on voit est sur la scène. C’est celui, archaïque, du savant Microscope. Quand sa maîtresse Cascadine le joint – faites tourner ! – avec l’engin, c’est pour lui réclamer du pognon ! Société de con-sans-sommations ! On peut bien alors entamer la ronde des pommes ! Avec le temps, va, tout volcan !

Une chose est sûre : si le portable est éteint, Offenbach et Vocaline sont bien allumés !

 

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 2 décembre 2014 d'après cette consigne :

Dans "Ma grand-mère avait les mêmes", Philippe Delerm évoque dans des textes courts les circonstances banales dans lesquelles on utilise des petites phrases toutes faites. Vous imiterez ou pasticherez son style particulier qui consiste à écrire au présent, faire des phrases courtes et utiliser abondamment "on".

 

23 novembre 2014

LA MAISON DE SCHEHERAZADE

Oui, désormais elle est bien vide
La maison de Schéhérazade !

Madame la conteuse est partie hier soir,
Emmenée au palais afin d’y satisfaire
Les singuliers désirs d’un sultan sanguinaire
Dont l’âme est plus cruelle qu’un équarrissoir.

Oui, désormais elle est bien vide
La maison de Schéhérazade !

Tout le cercle des femmes, assemblé sur la place,
A voulu s’opposer à cet enlèvement.
Tristesse de la terre ! Honte ! Délabrement !
La garde a malmené toute la populace.

Oui, désormais elle est bien vide
La maison de Schéhérazade !

- Il ne faut pas pleurer, a dit son paternel
En rangeant son fauteuil branlant dans la remise.
Schéhérazade sait qu’elle a été promise
A un destin hors norme, un renom éternel.».

Certes, désormais elle est vide
La maison de Schéhérazade...

Le chant furieux du Conte envahit le palais.
Le Mythe, chaque nuit, stoppe le cours du temps.
Les suprêmes rebonds des récits haletants
Sont maintenant ses armes et ses nouveaux attraits.

Certes, désormais elle est vide
La maison de Schéhérazade...

Mais la mémoire au cœur, la voix dans l’exception,
L’emprise de la belle a figé le royaume :
Tout le jour le sultan rêve du soir en somme.
Tout est si beau dans ces univers de fiction !

Mais désormais elle est si belle
La chanson de Schéhérazade !

Pour un peu il dirait d’expiatoires prières
Pour celles qui furent volées, voilées, violées
De par son fait. Ses nuits en sont tout étoilées,
Sa rémission s’avère assez spectaculaire.

Oui, désormais elle est si belle
La chanson de Schéhérazade

Bientôt trente-six mois et trente-six chandelles !
La promesse de mort s’éloigne sans un bruit,
La paix a envahi ces mille et une nuits.
Ainsi tombent parfois de hautes citadelles.

Oui, désormais elle est bien vide
La maison de Schéhérazade

Mais ni le sultan ni nous-mêmes
N’avons cessé d’aimer l’histoire,
Et les histoires et les poèmes
Qui rendent notre nuit moins noire.

1415-08 Schéhérazade

 

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 18 novembre 2014.
La consigne était d'inclure dans le texte dix à quinze titres de romans récents.

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