24 mai 2018

POÈME FUTURISTE

180521 Nikon 009

J’irai par les chemins
J’irai parler chelou
J’irai par l’échelon
J’irai par lèche-main
J’irai par baise-main
J’irai parler d’écu
Au chevalier Saint-Georges

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 
à partir de la consigne ci-dessous

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POÈME INFINITIF

180503 Nikon 445

Décrypter geste remarqué :

- ôter, paraît-il, pellicule
- épousseter revers de col
- avoir une relation intime
- être le gorille dominant
- épouiller un Emmanuel
- bientôt échanger des beignes
- tambouriner sur le poitrail
- être président-singe

Et, côté lecteurs du journal :
Ne plus savoir quoi chimpanzer !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean
le mardi 22 mai 2018 

à partir de la consigne ci-dessous

23 mai 2018

POÈME IMPÉRATIF

180503 Nikon 466

Ecris ! Ecris !
Ecris les mots du cœur !
Ecris les mots moqueurs !

Qu’on tique à ton cantique !
Qu’on s’écrie à tes cris !
Qu’on proteste à tous crins,
Qu’on conteste tes écrits,
Qu’on tempête face à leur écrin !
Qu’on critique ta poétique !

Ecris ! Ecris !
Et crie !
Sois preste à devenir peste !

Aie la rage !
Sois l’orage !
Noie les aèdes
Dans leur eau tiède !
Tire parti du tapage,
Prends parti pour le partage !
Jette-toi dans les rapides !
Ecris-nous des mots limpides
Sans te préoccuper des modes
Camarade !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 
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POEME NÉGATIF

180503 Nikon 454

Poésie, démonétisée,
N’ayant plus une seule lire
Ne joue plus dessus
Ses chansons napolitaines
Qui faisaient Scaramouche à tout coup.

Jamais plus hôte de Mark
Aux salons de l’opéra
Elle ne brille plus guère, non plus,
Sa couronne, aux palais tchèques
Sans provisions.

Il s’en fallait de peu du reste
Qu’on ne l’assignât à résidence
Ornée à la cheville ouvrière,
A ses pieds alexandrins,
D’un bracelet électronique

Elle n’est plus que pièce percée
Jusques au fond du cœur
D’une teinte imprévue
Aussi bien que mortelle.

Avec la disparition du liquide
Ne restent plus sur place
Que des cœurs secs. 

Jamais plus la carte ne sera du Tendre
Ni ne tinteront pareilles offrandes.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 
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NOUVEAUX VERBES

180503 Nikon 463

Cher Wolfgang Amadeus

Si tu entendais mes soupirs,
Saurais-tu combien je silence,
Combien je te pause sur un piédestal ?

J’ai double-croché ton portrait
Sur tous les murs-murs de ma chambre,
Je te gainsbarre de reprise,
Je te pointdorgue sans mesure.

Comme je voudrais que tu m’arpèges,
Que tu me dièses,
Que tu me crescendotes
Au bécarre de tour
De tout ton amour,
Que tu me blanches,
Que tu me rondes
Que tu m’anicroches
Que tu me clédesoles

Oui j’aimerais tant que tu me hautboives,
Que tu me tires l’ut,
Que tu me libidores la pilule,
Que tu me sérénaïades,
Que tu me symphonymphonies,
Que tu me concertisses
Des diamants de ta musique !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 
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POÈME SUR LE TEMPS QU’IL FAIT

180503 Nikon 470Quel temps fait-il aujourd’hui ?

Il fait pieds nus dans les sandales,
Il fait collier fin sur haut de poitrine

Il fait bras nus pour tout le monde
Il fait petit vent dans les branches au soir qui tombe.

Il fait mai, bientôt juin,
Temps de poème en nos journaux
Il fait dictionnaire de rimes

Il fait guitare sur le dos
Et retour chemise trempée :
Sueur à ne plus travailler

Marche vers l’été inconnu
Il fait incertain de périples

Il fait retour des festivals
Il fait retour des estivants
Il fait musique pour vivants :
Régénérer l’octogénaire
Avec des rythmes neufs… d’hier !

Il fait de l’endormissement
Dans les ateliers d’écriture

Bientôt du temps de 24 heures
Et trous de vrillettes indûment
Par où s’échappent des ciels blancs
Et des nuits à compter étoiles,
A dormir fenêtres ouvertes
Et gonfler, par ses ronflements,
Les ailes du moulin du temps.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 
à partir de la consigne ci-dessous


N.B. Les photos qui illustrent ces poèmes ont été prises au Musée des porcelaines du château de Nymphenburg (Allemagne) le 3 mai 2018.

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1718-29 DU 22 MAI 2018 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

L'agenda du presque poète

AEV 1718-29 Agenda du presque poète

C'est le titre d'un livre très intéressant de Bernard Friot, joliment illustré par Hervé Tullet, publié aux Editions de La Martinière. On y est incité à écrire un poème par jour à partir d'une petite consigne. L'animateur en propose sept. A chacune et à chacun d'écrire le nombre de poèmes qu'il souhaite dans le temps d'écriture imparti (une heure)

Poème impératif : toutes les phrases de ton poème seront au mode impératif ;

Poème négatif : écris un poème utilisant diverses formes de négation ;

Poème futuriste : tous les verbes conjugués seront au futur ;

Ajoute de nouveaux verbes au dictionnaire. C’est facile : choisis des noms ou des adjectifs et conjugue-les ;

Poème caché : Fais émerger de ce texte (un article choisi par l'écrivant dans une pile de journaux) un poème. Pour cela, prends un feutre noir et procède par effacement en ne laissant que les fragments que tu vas utiliser pour composer le poème ;

Ecris un poème qui répond à la question « Quel temps fait-il aujourd’hui ?

Poème infinitif : tous les verbes du poème sont à l’infinitif.

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29 avril 2018

À QUOI RECONNAÎT-ON QUE VOUS N'ÊTES PAS UN BRETON NATIF ?

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A quoi reconnaît-on que vous n’êtes pas un Breton natif de Bretagne ?

La galette-saucisse à 10 heures 30 sur le marché des Lices le samedi n’est pas votre mets favori.

Vous êtes plus bière que cidre – mais les Bretons qui ne sont pas des ieuvs sont comme ça aussi !

Même si vous l’aimez bien aussi, la Philomenn, vous préférez verser de la bière belge dans votre verre à bière bretonne.

Vous faites la gueule parce qu’on ne trouve plus de Jeanlain dans votre hypermarché depuis que vous avez acheté des verres dédiés à cette boisson !

Vous n’avez pas encore compris l’humour du dicton « En Bretagne il ne pleut que sur les cons ».

Vous êtes capable de suggérer : « Euh ! La bombarde et le biniou ! Ne les amplifiez pas, s’il vous plaît ! »

Quand vous chantez le Bro gozh ma zadoù, vous cherchez à mettre de la fluidité et de la musicalité dans les paroles alors qu’il n’y en a pas.

Vous êtes amoureux fou de toutes les jeunes femmes des groupes folkloriques celtiques et vous regrettez le fait qu’on en voit de moins en moins. Une semaine de vacances au Festival interceltique de Lorient vous ferait-elle du bien ? Mais retourner la nuit sur cette route où vous avez failli perdre la vie, est-ce bien raisonnable pour un ieuv ?

Les querelles des Bretonnants historiques avec la génération du renouveau musical celtique des années 1970, ça vous gave ! C’est du Pyrénéen ou de l’hébreu pour vous !

On reconnaît que vous n’êtes pas Breton… à l’épaisseur de vos crêpes et à la quantité de bière que vous mettez dans la pâte !

Vous n’avez pas investi dans un bilig et vous achetez vos galettes sur le marché des Lices. Mais quoi ! Vivent le circuit court et les artisans bretons !

Par contre, avec votre kouign-amann ch’ti, tout le monde s’accorde sur le fait que vous trompez bien l’ennemi !


Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 24 avril 2018 
d'après cette consigne :


A quoi reconnaît-on que vous êtes breton(ne) ou non breton(ne) ?

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28 avril 2018

À QUOI RECONNAÎT-ON QUE TU ES RESTÉ JEUNE D’ESPRIT ?

A quoi reconnaît-on que tu es resté jeune d’esprit ?

L’assurance des profs de fac te sidère toujours. Elle te rappelle la pensée de Michel Audiard : « Les cons osent tout. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît ».

Une bonne pièce de théâtre t’emmène au paradis. Un conteur génial te plonge dans les racines de l’humanité et tu t’en trouves bien. 

Tu rigoles comme un bossu d’avoir réussi cette farce : on a accepté ta proposition de faire une conférence sur les inventeurs farceurs et tu vas la faire à l’Espace Ouest-France en janvier 2019. Joe Krapov conférencier chez François-Régis Hutin, faut le faire, quand même !

Tu refuses de regarder des films et des séries étranger.e.s autrement qu’en version originale sous-titrée. Cet attachement viscéral au ciné-club façon Claude-Jean Philippe est cependant plein d’ambiguïté : se souvenir de Claude-Jean Philippe c’est quand même être un peu ieuv sur les bords.

Tu es capable de regarder des séries nulles (Capitaine Marleau) uniquement parce que le personnage principal est un « anti-héros ».

Les vieux cons butés qui ont quarante ans et du pouvoir t’insupportent.

Découvrir des variantes foldingues du jeu d’échecs sur Lichess.com te met en joie. Citons la course des rois, la partie qui démarre avec une position aléatoire des pièces autres que les pions, le fait de pouvoir reposer n’importe où dans le jeu une pièce déjà capturée…

Tu as un peu honte d’appartenir à une chorale qui chante « Boire un petit coup c’est agréable » ou « Chevaliers de la table ronde ».

Tu te (re) prends d’affection pour les BD de Régis Franc et tu cours après les adaptations théâtrales du Zaï Zaï Zaï de Fabcaro.


Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 24 avril 2018 

d'après cette consigne :


A quoi reconnaît-on que tu es resté jeune d’esprit ?

27 avril 2018

À QUOI RECONNAÎT-ON QUE TU ES UN IEUV ?

 A quoi reconnaît-on que tu es un ieuv ?

A ce que tu ignores le sens du mot « ieuv » ! Un ieuv, c’est un vieux en verlan dans le langage des jeunes. Que nous appellerons donc djeunns en retour !

Tu es un ieuv quand tu ne marches pas dans la rue en t’adressant à voix haute, la mine réjouie, à un rectangle de plastique avec l’air d’un évadé de l’asile de fous complètement perdu dans son monde.

Tu es un ieuv quand, au théâtre, le spectacle fini, tu mets cinq minutes à lever ton gros cul de ton siège au motif que tu as rallumé ton téléphone portable des fois qu’on aurait cherché à te joindre pendant l’heure et demie où tu t’es absenté(e).

Tu es un ieuv quand tu te précipites sur le buffet pour avoir ta part de dessert et ton café alors que tes collègues ont entrepris de chanter une chanson censée intéresser tout le monde (sauf la table du fond qui s’en fout). Ventre affamé n’a pas d’oreilles !

Tu es un ieuv quand tu es admiratif du talent des Gobeurs d’enclumes, un duo de théâtre d’improvisation dans lequel deux jeunes gens délurés dézinguent les contes traditionnels à partir d’une collecte de mots ou d’objets.

Tu es un ieuv quand tu te poses la question : « Si eux c’est la génération Y, à quelle génération appartiens-je ? La génération K comme Karpov, Kasparov, Kossyguine, Kissinger , Kennedy, Khrouchtchev ? La génération L comme Lennon et Léonard Cohen ? La génération M comme Mathusalem ? Ou A comme Antédiluvien ?

On reconnaît que tu es un ieuv au fait que c’est toi qui t’arrêtes dans la rue pour éviter la collision avec l’imbécile de djeunn qui avance sans regarder devant lui vu qu’il a le nez collé à son smartphone.

Tu es un ieuv quand tu te sens vexé qu’un autre imbécile d’étudiant, bien élevé celui-là, te propose sa place assise dans le bus. La honte que ce sera le jour où une une étudiante te proposera la même chose !

On reconnaît que tu es un ieuv à ce que tu t’étonnes d’entendre : « La prochaine est une vieille chanson de Renaud, « La Ballade nord-irlandaise ». Comment ? Trente ans déjà ? On ne les a pas vus passer ! Par contre, Renaud, si !

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On reconnaît que tu es un ieuv quand tu te souviens d’avoir lu le nom de la station de radio Hilversum sur les postes de radio que possédait ta famille.

On reconnaît que tu es un ieuv quand tu te refuses à jouer une partie d’échecs en moins de dix minutes. Ton minimum pour ne pas perdre tous tes moyens à cause du stress de la pendule c’est quarante. Alors qu’il y a des fous maintenant qui se donnent trois minutes pour achever leur adversaire en blitz !

On reconnaît que tu es un ieuv à ce que tu prends des photos avec un appareil reflex au lieu d’utiliser un téléphone portable ou une tablette.

On reconnaît que tu es un ieuv quand tu viens à une réunion sans ordinateur portable ni tablette et que tu prends des notes avec un crayon et du papier.

On reconnait que tu es un ieuv quand, après avoir relu des BD de Gérard Lauzier, tu trouves insupportable de garder ça dans ton grenier. Mais bon, ne t’inquiète pas : les enfants de la génération Y ne lisent plus Pilote mensuel, c’est un journal trop archaïque pour eux. Déjà, toi, les pubs de 1978 t’ont fait hurler de rire !

On reconnaît que tu es un ieuv à ce que tu préfères chanter du Charles Trénet que du Jacques Higelin. Mais chanter du Jacques Higelin, c’est aussi être un ieuv !

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Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 24 avril 2018
d'après cette consigne :


A quoi reconnaît-on que tu es un ieuv ? Ou plus délicatement :
A quoi reconnaît-on que vous n'êtes plus tout(e) jeune ?

Posté par Joe Krapov à 14:17 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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