28 avril 2022

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-26 DU 26 AVRIL 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Cyrano de Bergerac

 

Servez-vous des éléments suivants en les intégrant dans un texte pour parler de théâtre ou d’histoire ou de tout ce que vous voulez :

220428 Affiche de Cyrano-V02--3-

Glossaire des noms propres de  Cyrano :

Céladon : personnage du roman « L’Astrée » : amant délicat faisant preuve de tendresse fade
Diogène : Philosophe grec de l’école cynique
Gassendi : mathématicien, philosophe, théologien et astronome
Lazare : personnage de l’entourage de jésus
Malherbe : poète français
Mère Gigogne : personnage de pièces de théâtre forain
Mirmydon : peuple mythique de la Grèce antique
Orphée : personnage de la mythologie grecque
Phoebus : dieu romain du soleil
Pulcinella : polichinelle, personnage de la commedia dell arte
Saint-Amant : poète français, auteur de poèmes burlesques
Scaramouche : personnage de la Commedia dell’arte
Scarpe : rivière du Nord, affluente de l’Escaut
Scipion l’Africain, général romain connu pour ses campagnes contre Carthage
Thalie : muse de la comédie

Glossaire des noms communs de  Cyrano :

bélître : homme de rien, coquin
blason : terme de héraldique désignant un écu sur lequel on voit les « armes » du possesseur
boufette : petit noeud bouffant de ruban
camus : qui a un nez plat
ciseaux de la Parque : instrument avec lequel Atropos coupait le fil de la vie
cuculle : capuchon de moine
déjeuner chaque jour d’un crapaud : avaler des couleuvres
galoubet : flûte de la famille des flûtes à bec à une main à trois trous
ganse : cordonnet ou ruban tressé servant à orner
hanap : grand vase à boire en métal avec un pied et un couvercle
hémistiche : moitié d’un vers à césure
malandrin : voleur ou vagabond dangereux
nasica : qui a le nez pointu
pétuner : fumer, priser du tabac
placet : écrit envoyé à une personne ayant du pouvoir pour lui demander une faveur
poupelin : gâteau en forme de sein
raisiné de Cette : compote cuite dans du jus de raisin
soubreveste : longue veste sans manche des mousquetaires

Distribution

Cyrano de Bergerac, Christian de Neuvilette, le comte de guiche, le duc de Gramont, Ragueneau, le Bret, Carbon de Castel-Jaloux, les cadets de Gascogne, Lignière, vicomte de Valvert, Bellerose, Montfleury, Cuigy

Roxane, Lise, Soeur Claire, la duègne, Soeur Marthe, Madame de Guéméné, Madame de Bois-Dauphin, les précieuses : Félixerie, Urimédonte, Cassandace, Barthénoïde, Mère Marguerite

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06 avril 2022

UNE IDYLLE INATTENDUE

2122-25 Jean-Paul -Blanche de Forteteste

Sous des atours délicats, Blanche de Forteteste cachait une âme rebelle.

Cela embêtait fort ses sympathiques géniteurs, Guillaume et Brunehilde de Forteteste, roi et reine du pays de Marche-Luy-Dessus, qui n’avaient que cette mijaurée teigneuse comme descendance et se désolaient de la voir refuser, un à un, tous les prétendants qu’ils lui présentaient.

- Vos prétendants, si je les déprécie, c’est que ce sont des prétentieux. Ils ne s’attendent pas à ce que je leur expose mes attendus, mes attentes et mes besoin d’attentions. Certains s’en offusquent et font demi-tour. Les autres prétendent que je suis folle. L’affaire est entendue : je ne me marierai qu’avec un gentilhomme qui saura m’écouter. Ne m’en présentez plus.

Tout ce qu’il y avait de jouvenceaux à marier dans le royaume était de toute façon venu tenter sa chance et s’était esbigné penaud devant cette demoiselle de caractère, férue de rhétorique et dotée par là-dessus d’une très grande culture : elle portait des bas bleus et un hennin pointu sous lequel « elle en avait ». Seuls de temps en temps encore désormais quelques étrangers de passage étaient invités à venir présenter leurs fromages à la zappée, pardon, leurs hommages à la frappée.

***

Ce jour-là, c’était au tour de Superman de se coller à l’entreprise de séduction coton. Il entra dans le grand salon où Blanche tricotait une écharpe de supportrice du SRFC, le Syndicat Reconnu des Filles de Caractère.

- Bonjour Dame Blanche, ô ma Blanche ! Je m’appelle Superman et je joue du ukulélé.

La princesse leva les yeux de son ouvrage et pouffa de rire en voyant la tenue du bonhomme : un horrible collant bleu pervenche recouvert d’un slip rouge lui moulait les couilles, l’écusson portant les armes de sa famille était brodé très large sur son poitrail et il traînait derrière lui une très longue cape rouge.

- Faites donc entendre votre mélopée, seigneur Superman. Ca fait longtemps que j’ai pas ouï ni même joui d’un poil d’uku !

Superman se râcla la gorge, fit quelques « Ploïnk ! Ploïnk ! » sur son petit instrument et entonna « La Dinde et le cochon », une chanson moyen-âgeuse, donc moderne, très ambiguë et très risquée dans le contexte que nous avons évoqué plus haut. Quand il eut terminé, Blanche de Forteteste lui demanda :

- Vous ne connaissez pas une autre chanson que « J’ai une belle dinde et un cochon bien gras » ?

- Si bien sûr mais la suivante, que j’ai écrite et qui a été primée au festival jumelé de la Rose d’or de Gif-en-Josas et de la carotte de Jouy-sur-Yvette n’est peut-être pas vraiment audible par vos chastes oreilles ?

- Waouh ! Vous avez obtenu la carotte d’or de la chanson paillarde ? Mais c’est excellent ! Tenez, enfilez donc un peu ce costume pour me la chanter !

- Quel costume ?

- Celui qui est derrière le paravent ?

- Voilà, j’ai mis les plumes ! Que fait-on maintenant ?

- Montre voir et fais entendre !

- Ca s’appelle « les préparatifs de l’expédition petit Poucet en Aamazonie ».

- Envoie la sauce !

- « Amazone, à ma zone, erre, ô Jane,
Je n’ai pas songé
Pour trouver point G
A prendre cailloux
Pour marquer chemin !

Amazone, à ma zone
Quand tu cries
J’ai l’oreille cassée
Et quand tu débordes
Jusqu’à l’Orénoque
Noque Noque Noque
On heaven’s door
J’ai le coeur en déroute
Jusqu’à Noke Noke le Zoute »

- Génial, Superman ! Génial ! Mais laissons tomber les chansons. Est-ce que tu veux bien rivaliser avec moi au concours du plus gros ballon ?

- Pourquoi pas ? Tout le monde prétend que je ne manque pas d’air !

2122-25 Jean-Paul - Superman en truc à plumes

***

Le roi et la reine de Marche-Luy-Dessus s’inquiétaient. Cela faisait une heure que le jeune freluquet était chez la princesse et elle ne l’avait toujours pas foutu dehors. Au mieux, d’habitude, l’examen durait cinq minutes.

Vous savez comme sont les parents dans ces cas-là : ils ne purent s’empêcher d’aller coller leur oreille à l’huis pour y ouïr, venant d’elle et lui, des choses très surprenantes comme :

- A mon tour ! A mon tour !
- Mais calme-toi ! C’est le quinzième préservatif que tu éclates !
- Ah ouais celle-là, je la connais mais en la mineur !
- Oui, bon OK ! Et à part des bons gros enfants joufflus, tu veux quoi pour ton Noël ?
- Laissez ma chevillette tranquille ! Vous vous êtes trompée d’histoire !

***

Superman revint le lendemain, le surlendemain et neuf mois plus tard on s’aperçut qu’il avait gagné au concours du plus gros ballon.

Superman ! Dire qu’il y a encore quelques mois, c’était un personnage de premier plan ! Demain Superman se marie !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 5 avril 2022

d'après la consigne 2122-25 ci-dessous

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05 avril 2022

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-25 DU 5 MARS 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Fifiches à gogo

 

2122-25 Consigne - Fifiches à gogo de Lécroart

C’est le nom d’un recueil de dessins d’humour d’Etienne Lécroart. Un bon nombre de ces dessins sont des détournements de scènes bien connues des contes traditionnels.

L’animateur a rassemblé ici un certain nombre de légendes ou de dialogues qui donnent leur sel à ces saynètes.

Il vous est demander d’en réutiliser quelques uns comme incipit d’une nouvelle histoire ou comme éléments constitutifs d’un dialogue ou d’un récit nouveau.

Ah ben fallait pas me réembrasser !
A mon tour ! A mon tour !
Laissez ma chevillette tranquille ! Vous vous êtes trompée d’histoire !
Oui, bon OK ! Et à part des bons gros enfants joufflus, tu veux quoi pour ton Noël ?
Les préparatifs de l’expédition Petit Poucet en Amazonie.
C’est Simplet qui a fini ma pomme… Si vous pouviez aussi faire quelque chose pour lui ?
Waouh ! Vous avez obtenu la carotte d’or !
J’ai beau savoir que ça n’existe pas,  je ne suis pas rassurée !
Ah, désolé, il ne nous reste que du « huit lieues » !
Ah ouais, celle-là je la connais mais en la mineur.
Ouais ben nous c’est Grincheux, Revêche, Bougon, Boudeur, Grognon, Acariâtre et Rabat-joie ! Et on t’emmerde !
Mais enfin ? Qui veux-tu attirer avec une maison en épinard ?
Tiens, ne sors pas les mains vides, voilà la poubelle et la liste des courses !
Un profond malaise envahit l’assemblée quand Gulliver demanda s’il pouvait utiliser les toilettes
Enfin, rappelle-toi ! Tu es sûr d’avoir pris le petit avant de partir ?
Non, aucun de nous ne s’appelle Serviable… Pourquoi ?
L’entretien de Paul au poste de 8e nain se passa bien jusqu’à la question piège sur sa taille.
OK, Grand-mère, j’ai des grandes dents mais ce n’est pas beau de se moquer !
Sous des atours délicats, Blanche de Forteteste cachait une âme rebelle.
Oh là là, c’est le portrait de son père !
Oh hé, si t’arrives pas à dormir, t’as qu’à prendre de la pomme empoisonnée !
Vous ne connaissez pas une autre chanson que « J’ai une belle dinde et un cochon bien gras ?
Mais calme-toi ! C’est le quinzième préservatif que tu éclates !
C’est pas vrai ! Je ne peux pas vous laisser seuls cinq minutes !
Atchoum prend de l’aspirine, Dormeur des vitamines et Grincheux des antidépresseurs.
Ah non, M. Nif-Nif, les chèques en bois n’ont aucune valeur ici !
Ahrr ! Impossible de dormir, je sens un brin de paille là-dessous !
Ben non, je ne vois pas ce que tu lui trouves de déréglé à mon miroir magique.
Aaaah ! A quoi bon continuer, tout a déjà été dessiné !
Ben on est bien ici. Pourquoi aller plus haut ?
Voilà, j’ai mis les plumes. Que fait-on maintenant ?
Là ! Relaxez-vous ! Dans quelques minutes votre phobie des corridas aura disparu.
Ah la la, m’en parle pas ! En ce moment j’ai un boulot de dingue.
Eh oui, mon nom, je le signe à la pointe de l’épée d’un Z qui veut dire Zorro.
Ahr, je ne sais jamais : meuh, ça prend un h ou pas ?
Dire qu’il y a encore quelques mois, c’était un personnage de premier plan…
Superman se marie.

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30 mars 2022

EST-CE QUE CE SEURAT MIEUX DEMAIN ?

2122-24 Jean-Paul - Le Chahut

Pon Pon Pon Pon-Pon-Pon-Pon…

Pourquoi ai-je choisi cet instrument, la contrebasse, plutôt que la flûte piccolo ou le violon alto ? Déjà, pour le transport, c’est d’un pratique ! Et d’un lourd ! Et pour les transports amoureux, si vous saviez comme ça peut vous casser vos effets, cette bête-là !

Si j’arrive à amener chez moi une de mes rares conquêtes aussitôt c’est l’instrument qui attire l’attention et l’emporte sur moi.

- Waooh ! Une contrebasse ! Et vous savez en jouer ?

- Non, c’est juste décoratif, elle est en porcelaine de saxe à l’intérieur de l’étui. Bien sûr que j’en joue, c’est même mon métier. Je suis musicien d’orchestre.

- Ô ben soyez sympa, Monsieur Gaston, jouez-en moi rien que pour moi, pour voir !

- Pour entendre, surtout, non ?

Pon Pon Pon Pon-Pon-Pon-Pon…

C’est à ces moments-là qu’on regrette de ne pas avoir fait piano première langue ou pas choisi l’option harmonica diatonique à la deuxième partie du baccalauréat. Parce que Pon Pon Pon Pon-Pon-Pon-Pon, ça va bien cinq minutes. Quand il y a un orchestre autour, des danseuses qui lèvent la jambe pour le chahut, c’est bien : on donne le rythme, on marque les temps fort, on se fond dans les harmonies. Mais quand on joue tout seul, comme casse-coups, il n’y a pas mieux que la contrebasse.

Après quelques notes la petite jette un œil à la décoration passe-partout de votre logement et puis bien vite elle vous fait entendre qu’elle ne va pas s’éterniser chez vous parce que sa maman est bien malade, elle a chopé de drôles de symptômes d'un virus inconnu, il faut qu’elle passe à la pharmacie lui prendre des médicaments et à l’épicerie pour acheter une galette et un petit pot de beurre. Elle a vu qu'il y avait un loup ou quoi ?

Si je pouvais la planquer à la cave seulement, la contrebasse, mais non. J’habite au cinquième étage et je n’ai ni cave ni grenier.

***

Est-ce que ça peut me consoler d’avoir trouvé un travail dans un milieu festif, de passer mes soirées en bénéficiant d’une vue contre-plongeante sur les dessous de Mademoiselle Claudette et des autres « girls » du Moulin Rouge ?

C’est une chouette fille, bien gentille, bien gironde, la Claudette,  mais tout le monde ici lui tourne autour avec l’idée de lui rentrer dedans. Il y a d’abord le chef d’orchestre qui est encore mieux placé que moi pour faire le voyeur, pour s’imaginer, sous le pantalon blanc garni de dentelle, l’entrée cachée du Paradis ! Et puis ce gandin prétentieux de François, le danseur à moustaches en guidon de vélo chromé du fond de la cour. Je crois d’ailleurs qu’elle en pince un peu plus pour lui.

***

2122-24 Jean-Paul - La Grande jatte

Heureusement pour moi, il y a ce rêve que je fais toutes les nuits. C’est un dimanche ensoleillé. Il n’y a plus de Pon Pon Pon Pon-Pon-Pon-Pon…, de chahut, de cancan, de bruits de verres, d’atmosphère enfumée. On est au grand air. Je suis assis au bord d’une rivière avec ma canne entre les mains et mon chapeau haut de forme sur le crâne. Il y a des tas de gens qui s’adonnent à l’indolence autour de moi, des jeunes filles assises par paires qui papotent sous des ombrelles, de braves bourgeoises qui promènent leur mari, des maris qui se prennent pour Dieu fumeur de havane ou pour des jockeys fumeurs de longues pipes… On voit un singe en laisse, des chapeaux fleuris, des militaires immobiles, des canoteurs à canotiers, des voiliers sur l’eau, une femme qui pêche.

Il ne se passe rien dans ce rêve, tout y est paisible. Mes nuits sont tout sauf agitées. Je les passe à écouter les bribes de conversations de tous ces gens calmes et sereins, endimanchés, pas inquiets pour deux sous et qui pourtant, dans leurs bavardages, évoquent tant de problèmes auxquels je n’entends rien. La nuit dernière, chez eux, il y aurait eu un début de guerre en Ukraine, des négociateurs empoisonnés, des élections dévalorisées par l’absence de débat, des millions versés à des donneurs de conseils, un type bien embêté parce qu’il doit rédiger une thèse sur la zythologie – c’est l’étude de la bière -, trente-cinq voitures aux vitres brisées...

***

J’ai parlé à Mademoiselle Claudette de ces rêves récurrents.Elle m’a suggéré de partir à la recherche de ce lieu idyllique. Mais est-ce la Seine ? Est-ce la Marne ? Comment procéder ?

- Si vous voulez, je vous accompagne, m’a-t-elle proposé.

Chaque dimanche nous explorons. Nous connaissons toutes les guinguettes, tous les lieux de baignade en amont et en aval de Paris. « A Joinville le Pont Pon pon » tous deux nous y allons.

Et il se passe une chose étrange. Claudette aussi désormais fait le même rêve toutes les nuits. Elle voit les deux jeunes femmes qui prennent soin d’une petite filles à cheveux longs, elle voit les trois cabots qui courent entre les groupes, elle entend parler d’abstention record, de réchauffement climatique, de station, orbitale qui menace de tomber sur la planète où la banquise fond et où l’on enfouit là où l’on peut des « déchets nucléaires ».

Elle qui souffrait d’insomnie et de cauchemars, elle est si heureuse de faire ces rêves apaisants qu’elle m’a ouvert les portes de son paradis.

Nous avons convolé en justes noces et maintenant c’est dans le même lit que nous rêvons de concert - quoi de plus normal pour un musicien et une danseuse ? -.

2122-24 Jean-Paul - La Grande jatte 2Le dimanche, nous continuons de chercher dans la réalité si ce lieu magique existe réellement. Qu’arrivera-t-il si nous le découvrons un jour ? Si c’est sur le quai Saint-Cyr à Rennes ? Ou sur la plage de Petit-Fort-Philippe dans le Nord de la France ?

Est-ce que nous ferons un bond dans une autre époque ? Est-ce que nous déménagerons pour habiter dans ce lieu ? Est-ce que nous en rêverons encore ?

Et surtout… Pourquoi Claudette a-t-elle acheté ce singe ridicule qu’il faut promener en laisse ? Et pourquoi ai-je pris de l’embonpoint et me suis-je mis à fumer le cigare, moi qui en détestais tant l’odeur autrefois ?

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 29 mars 2022

d'après la consigne AEV 2122-24 ci-dessous :

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-24 DU 29 MARS 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Faites parler les tableaux

 

Consigne extraite de "1001 conseils pour l’écrivain en herbe (Casterman, 2004, p. 42)".

Choisissez, dans un fascicule de la collection « Regards sur la peinture » distribué par l’animateur, un tableau dans lequel apparaît un personnage.

Choisissez ensuite un autre tableau.

Racontez le personnage du premier tableau : qui il est, ses petites habitudes, ses jeux préférés, son caractère, s’il vit tout seul ou non, etc.

Le second tableau représente le rêve ou le cauchemar que le personnage du premier tableau fait toutes les nuits.

Racontez ce rêve et ce qui va se passer pour le rêveur, comment son rêve agit sur lui et l’incite à dire ou faire des choses et quelles choses.

2122-24 Consigne Van Gogh


N.B. Nous avons utilisé les fascicules sur Raphaël, Seurat, Gauguin, Botticelli, Renoir, le douanier Rousseau, Van Gogh, Le Caravage, Monet, Léonard de Vinci et Toulouse-Lautrec

Tout autre livre d’art ou reproduction de tableau en votre possession ou image récupérée sur Internet fera aussi l’affaire. La Joconde peut-elle rêver d’’une croisière sur le Radeau de la Méduse ? Et la Vénus de Botticelli d'assister au sacre de Napoléon ? ;-)

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23 mars 2022

JE VAIS AU PAIN, JE REVIENS !

2122-23 Jean-Paul - Saint-Nicolas

Il y a des jours comme ça où tout va mal. C’est peut-être aussi parce que l’année s’est mal terminée.

Au réveillon de la Saint-Sylvestre les amis que j’ai invités ont rejoué la Saint-Nicolas « comme dins ch’Nord !». Ils ont tous amené des pains d’épices recouverts de sucre glace et accompagnés d’une image du grand Saint sous cellophane. Pas de saumon, de caviar ni de Champagne. De la bière, du chahut, du chambard. Ils avaient aussi des kilos de farine avec lesquels tout le monde s’est bombardé dans l’appartement.

Ce matin le sol en est encore couvert. C’est comme s’il avait neigé dans notre intérieur.

Pas la peine de lancer à ma compagne le rituel « Je vais au pain, je reviens ! ». Elle dort encore profondément. Une petite voix méchante me répond à sa place dans mon crâne où cognent encore les coups de boutoir de l’excès de Jeanlain ambrée :

- Sors acheter des allumettes et tire-toi ailleurs ! Ne sème pas de petits cailloux blancs derrière toi comme a fait le Petit Poucet. Sois le grand doigt d’honneur, casse-toi sans regarder derrière toi ! Il est temps de laisser Cendrillon dans son foyer et de partir à la conquête de Miss Bûche-en-Feu. Tu as assez dragué de lectrices entre les stands de la Foire du livre de Brive-la Gaillarde ! Maintenant il faut jeter ton dévolu sur les stars du Festival de Cannes !

Il est fou, lui ou quoi ? J’essaie vaguement de discuter avec mon mauvais génie.

- En 1492 Christophe Colomb, cherchant les Indes, galantes ou pas, n’a pas découvert l’Amérique . Il s’est trompé de chemin et la Santa Maria, sa caravelle, a fait naufrage.

- Allons, bonhomme, tu déconnes ! Ton uchronie, c’est de la connerie ! Fumer tue mais la cigarette mentholée allonge la vie !

Je ne réponds rien. Quand je descends chercher le pain, je ne parle avec personne. Je prends bien soin de traverser au carrefour quand le petit bonhomme du feu est devenu vert.

Je ne sais pas d’où il est sorti le petit bonhomme rouge qui clignote comme une noire tempête dans ce qui me reste de cerveau. Je repose mon masque sur mon nez et j’entre dans la boulangerie.

- Vous reste-t-il des biscottes ? me demande la tenancière de la boutique.

- Non, je n’en consomme pas. Je suis plutôt brioche et croissant au beurre. Vous n’en avez pas aujourd’hui ?

- Non Monsieur. Pas avant le 21 janvier, jour de fête nationale chez les Jivaros.

- Les Jivaros connaissent l’histoire de France et la date du raccourcissement de Louis XVI ?

- Oui Monsieur. Il ne faut pas prendre ces bons vieux réducteurs de têtes pour des connards sauvages. Ils sont très savants. Vous n’avez entendu parler du Docteur Jivaro ?

- Dans mon souvenir, c’était plutôt Jivago mais je ne suis pas en état de vous contredire. Et un pain, un simple pain, vous en auriez ?

- Vous voulez que j’appelle mon mari pour qu’il vous en colle un ?

- Non, merci, ça ira !

Je ressors. Je pourrais aller à la boulangerie de Villejean mais maintenant je crains fort d’attendre le bus. A tous les coups un type va arriver à vélo et me proposera de monter sur son porte-bagages pour m’y emmener. Une fois que nous serons arrivés en haut de la rue Louis Guilloux il se mettra sans doute à pleuvoir et au lieu de nous abriter sous un parapluie une escadre d’amazones érogènes de Kelly services nous obligera à nous déshabiller et à danser sous la pluie en chantant. 

Je préfère remonter à l’appartement les mains vides. Je retourne dans la chambre, je me déshabille – au moins je suis resté sec ! - et je replonge dans la piscine du sommeil. Très vite je fais la planche sur la pelouse du rendormissement.

***

Il y a des jours comme ça où tout va très, très bien. Quand je me réveille, plus de petite voix intérieure, plus de farine par terre ni de souk dans l’appartement. Nous somme le mardi 22 mars et il me reste trois tartines et des cracottes. Tout ça n’était qu’un cauchemar !

Enfin… je verrai bien ce que me dira la boulangère demain. C’est le samedi et le mercredi que je vais au pain et que je reviens !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mars 2022

d'après la consigne AEV 2122-23 ci-dessous

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-23 DU 22 MARS 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Événements détournés

 

C'est une consigne adaptée du livre « 1001 conseils pour l’écrivain en herbe » de Myriam Mallié et Pascal Lemaître – Casterman, 2004.

2122-23 Consigne gentil-loup

Sur une feuille volante 21 x  29,7 cm, tracez un trait vertical en son milieu. Ecrivez dans la colonne de gauche le nom de
- 2 personnages de contes ;
- 2 fêtes de quelque chose ;
- 3 situations ;
- 2 phrases que l’on prononce parfois ;
- 2 choses de la vie connues, habituelles et évidentes.

Passez la feuille à votre voisin·e de droite.  Il ou elle écrit dans la colonne de droite l’inverse de chacune des idées contenues dans la première colonne, un détournement de ces idées susceptible de faire naître un récit forcément plus décalé qu'à l'habitude.

Rendez la feuille à son expéditeur-trice qui aura à charge d'utiliser vos propositions pour les intégrer dans son récit.

On peut aussi - pour qui écrit en ligne - mettre en commun la totalité des propositions, y compris celles du livre, et piocher dans tout le corpus ci-dessous.

Exemples tirés du livre :

La Fête de la musique La Fête du silence
La Fête des mères La Fête des chauve-souris
Blanche-Neige et les sept nains Noire-Tempête et les sept géants
Superman Catastrophewoman
Le soir il faut se brosser les dents avant d’aller dormir Le soir il faut se peindre les dents avant d’aller dormir
L’école est obligatoire jusqu’à 18 ans Faire pousser les fleurs est obligatoire jusqu’à dix-huit ans
La nuit on dort La nuit on chante (on va sur la Lune, on se transforme en arbre, on passe à travers les murs, on parle le langage des animaux)
Les oiseaux, ça vole Les oiseaux, ça fait la vaisselle mieux que n’importe qui

 Listes collectées  

1

Le Petit Poucet Le grand doigt d’honneur
Cendrillon Miss Bûche en feu
La Foire aux livres de Brive-la-Gaillarde Le festival de Cannes
Le réveillon de la saint-Sylvestre La fête de saint-Nicolas
J’attends mon bus Je prends mon vélo
Je plonge dans la piscine Je fais la planche sur la pelouse
Je m’abrite sous un parapluie Je prends une douche sous l’orage
Je descends chercher du pain Reste-t-il des biscottes ?
Je vais au pain, je reviens Je sors acheter des allumettes et je me tire ailleurs
En 1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique En 1492 Christophe Colomb se trompe de chemin et fait naufrage
Fumer tue La cigarette mentholée vous allonge la vie

 2

Cendrillon Etincelon
Gepetto Le bébé de Pinocchio
Le 14 juillet Le 7 janvier
La Saint-Innocent La Fête des coupables
Je vais à la piscine Je rentre de la plage
Je monte dans le métro Je descends de la fusée
Je consulte l’heure Je date au carbone 14
Quel temps fait-il Sablier, clepsydre et coucou
As-tu pris ton parapluie ? J’ai pris un coup de soleil sur les pieds
En avril ne te découvre pas d’un fil En mai, fais ce qu’il te plaît
L’étét on part en vacances L’hiver on hiberne

 3

Un sultan Un eunuque
Un loup Un agneau
Le 14 juillet L’Épiphanie
Sainte-Barbe ou Sainte-Cécile Le diable
Etre coincé·e dans l’ascenseur Etre enfermé·e dehors
Faire une balade à cheval en forêt Marcher sur le sentier côtier
Faire sa valise Défaire sa valise
Qu’est-ce qu’on mange ce midi ? Qu’est-ce qu’on boit, ce soir ?
Il fait beau, je mets le linge à sécher dehors Il pleut, je sors mes plantes vertes
On doit traverser sur les passages piétons On doit traverser en dehors des clous
On prend un parapluie quand il pleut On prend sa casquette quand il fait soleil

 4

Le Petit Poucet Le Bon gros géant
Blanche-Neige Noir-Désir
Mardi gras Vendredi maigre
Le 14 juillet La Fête des morts
Mange une glace ! Regarde cette belle grillade brûlante !
Joue de la guitare ! Et si on cassait les cordes de la guitare ?
Saute à la corde ! Passe sous le fil à linge !
Comment vas-tu ? Va au diable !
Quel dessert as-tu pris ? Tu n’aimes pas le sucré, toi ?
Nous allons chez le médecin Mange de la salade, tu ne seras jamais malade
Tu achètes le pain N’oublie pas les violons

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16 mars 2022

VOYAGE VÉNITIEN À CASES MULTIPLES

1024 Aquarelles de Venise 01 paline bleue devant san Giorgio

J’ai quitté

 J’ai quitté la Pensione Wildner, sur la Riva degli Schiavoni, sa chambre 28, sa petite salle de restaurant idyllique et vitrée dans laquelle, dès le petit-déjeuner, on a la vue magique sur San Giorgio maggiore.

 J’ai quitté l’hôtel Gardenia, pas très loin de la gare, dans lequel la décoration des chambres a... quelque chose d’érotique.

 J’ai quitté l’hôtel Eden, sis sur la Strada nuova, « grande » avenue qui mène de la gare au Rialto puis à la place Saint-Marc d’où l’on ressort lessivé de voir tant de foule agglutinée. Venise est une ville pour les pigeons. Ici, même les soutiens-gorges pigeonnent ! Purée de ma mort, le pluriel du mot « soutien-gorge », je ne me rappelle jamais s’il y a un « s » ou pas et où ! Maudits pèse-lettres qui m’enduisent avec de l’erreur !

Avec

 La première année je suis venu avec mon appareil photo reflex Olympus OM-10, seize pellicules diapos couleurs, neuf pelloches noir et blanc et un appareil jetable panoramique Kodak. Comme chaussures j’avais mes petits souliers de ville. J’ai souffert le martyre parce qu’on a marché des tas de kilomètres, surtout le jour où je suis allé tout seul au bout des jardins de la Biennale et que, rendu-là, je me suis aperçu que j’avais laissé mon billet de vaporetto à l’hôtel. C’est seulement au retour en France, et peut-être même des années plus tard, que mon épouse m’a fait découvrir l’existence des chaussures de randonnée qui ont changé ma vie. Maintenant c’est elle qui se traîne derrière moi quand on arpente les rues ou la campagne.

 La deuxième année, je suis venu avec mon petit blouson d’été beige parce qu’en avril 1997 il avait fait très beau en France. A Venise il pleuvait, il soufflait un vent glacial, on était frigorifiés.

 La troisième année, on est venus avec notre fille. Elle ne nous a pas beaucoup embêtés. Elle est restée souvent à l’hôtel à regarder des bêtises en italien à la télévision qui là-bas retransmet beaucoup de berlusconneries.

1024 Aquarelles de Venise 24 Cimetière San Michele (sans bords)

J’ai traversé

 J’ai traversé Venise du Sud au Nord pour arriver aux Fondamente nuove. C’est ici qu’on embarque sur le bateau qui mène aux îles de la lagune. On a là une vue d’enfer sur le cimetière de San Michele. On s’est arrêtés à Murano où sont installés les ateliers-boutiques des célèbres souffleurs de verre et puis ensuite on a découvert, un peu plus loin, le paradis sur Terre, Burano, une île de pêcheurs et de dentellières aux modestes maisons de toutes les couleurs du manteau d’Arlequin, aux fenêtres bordées d’un encadrement blanc et sur les trois canaux, une profusion de barques et de bateaux qui s’éparpillent en reflets mirobolants.

2122-22 Jean-Paul - 01 Magritte-rene-l-empire-des-lumieres-musee-peggy-guggenheim Nous avons traversé aussi vers le Lido et là nous avons pris le bus. Arrivé au bout de la bande de terre qui fait barrage à l’Adriatique, le véhicule a embarqué sur un bac et de l’autre côté il a repris sa route pour nous déposer au bout du monde, sur un tas de cailloux battu par la mer d’un côté et caressé par l’eau de la lagune de l’autre. Au bout d’une demi-heure un bateau est venu nous prendre et nous a menés à Chioggia où j’ai photographié des barques de pêcheurs très joliment et très chrétiennement décorées. Ici nous étions revenus sur la terre ferme mais aujourd’hui, à l’heure du dérèglement climatique, c’est un peu dérisoire d’employer ce terme pour un lieu situé en bordure de mer.

 Quand on est retournés à Venise la troisième fois on a visité la Fondation Guggenheim et ce que j’en ai retenu c’est qu’on y a vu un tableau de René Magritte. Je crois bien qu’il était interdit de prendre des photos dans le musée de Dame Peggy. A l’Accademia on n’avait pas envie. Lieu trop sombre, avec trop de tableaux accrochés-entassés aux murs les uns au-dessus des autres sur au moins trois niveaux. Trop de peinture tue la peinture parfois.

J’ai vu

 La Première année, à Burano, j’ai fait la connaissance de Langelue Maetro.C’est ce vieil homme extrava-diva-g(u)ant qu’on voit sur l’aquarelle de la maison rouge. Il est assis sur une chaise au coin d’une rue, il a un chapeau de paille sur la tête et il parle tout seul, comme tous les fous jugés non-dangereux. Je ne sais pas comment j’ai pu négocier avec lui, le soudoyer mais c’est lui qui est retourné rentrer des notices dans le Catalogue BN-Opale de la BNF à Sablé-sur-Sarthe ! J’espère qu’il a pu faire carrière là-bas. C’était une maison de fous comme une autre, à ceci près qu’elle occupait un château du XVIIIe siècle.

1024 Aquarelles de Venise 23 Maison d'angle à Burano (sans bords)

Moi je l’ai remplacé. J’occupe son petit logement dans l’île, je touche sa maigre pension de malade libéré de l’asile de San Clemente. J’arrondis mes fins de mois en peignant des aquarelles que je vends aux touristes. Je n’ai que vingt-cinq modèles en stock. Dès qu’on m’en achète une, je la refais. On peut voir mon chevalet installé au même endroit depuis 1993. Chaque jour j’emmène ma boîte d’aquarelles, mes diapos et je regarde les couleurs d’icelles par transparence sur un fond de ciel toujours bleu ici. Le bonheur, c’est ça : une super-soirée diapos, la pasta et la pizza à volonté. En plus c’est moi qui fabrique la meilleure de toute l’île.

 La deuxième année à Venise, j’ai beaucoup discuté avec Françoise Dorin. Elle est une dramaturge un peu oubliée maintenant mais surtout l’auteure des paroles de l’immortel et nanaresque chef-d’oeuvre de Charles Aznavour « Que c’est triste Venise ».

2122-22 Jean-Paul - 02 Bistro!

- Enfin, Françoise, lui disais-je souvent, ne sais-tu pas que « bistrot » vient du mot russe « bystro » qui signifie « vite ! » ? C’est ce que disaient les soldats russes qui venaient, en cachette de l’adjudant Karerdenkov, boire des petits coups de gnôle dans le bistroquet de la maman de Maryvonne. Ils ont eu tellement l’habitude d’abréger leur pause que le « bistroquet » est même devenu « troquet » à la longue.

Je n’ai jamais réussi à la dérider, la Françoise. Elle gardait l’oeil rivé sur les gondoles noires, « couleur de corbillard », disait-elle et elle me prophétisait des inepties du genre :

- Tu rigoleras moins, Joe Krapov, quand Vladimir Poutine envahira l’Ukraine et que tu devras non seulement changer de pseudonyme mais encore corriger toutes les pages de tes blogs sur lesquelles tu parles de toi à la troisième personne.

- Comment ça, Françoise ? Tu incinères que je serais du genre « Alain Delon vient nous servir à boire » ?

 La troisième fois qu’elle a séjourné à Venise mon épouse m’a pardonné mon idylle d’ailleurs restée platonique avec Françoise Dorin. Elle m’a pardonné aussi cette absence-remplacement de cinq ans et m’a avoué qu’elle venait seulement de se rendre compte de la différence : ce Langelue Maetro était un vrai fou, mais, tout compte fait, pas autant que moi. Alors elle m’a passé les menottes et on est retournés à la gare de Santa Lucia. On a retraversé la lagune en train : c’est beaucoup moins magique au retour qu’à l’arrivée. Et puis j’ai atterri à Rennes. Finies les aquarelles ! Bonjour l’Université de Rennes 3. J’ai d’abord fait un stage à la BU santé ou la direction ne la respirait pas vraiment et puis j’ai été affecté au gardiennage de l’animalerie de Beaulieu. Après on est passés au XXIe siècle et à l’euro.

*** 

Maintenant je dis toujours qu’avec ses paquebots géants et son côté Disneyland Venise n’est plus ce qu’elle était et que ça ne vaut plus le coup d’y aller. Mais parfois je fouille dans mes archives, je monte au grenier, je regarde mes photos et mes aquarelles et j’entends une petite voix contrariée qui me chuchote d’un air lancinant : « Je veux retourner à Venise !».

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 15 mars 2022

d'après la consigne AEV 2122-22 ci-dessous

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15 mars 2022

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-22 DU 15 MARS 2022 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Récit de voyage

 

Les voyages les plus beaux sont peut-être ceux que l’on s’invente. Votre récit comprendra 4 parties :

 1) J’ai quitté
Qu’avez-vous quitté ? Nommez simplement un lieu ou une personne.

 2) Avec
Dites avec quoi vous êtes parti·e : quel objet avez-vous emmené ?

 3) J’ai traversé
Dites en une phrase ce que vous avez traversé en partant.

 4) J’ai vu
De l’autre côté, qu’avez-vous vu ? Là, donnez toute la gomme ! Décrivez ce que vous découvrez et ce qui vous arrive dans ce lieu nouveau. Il n’est pas indispensable d’en revenir.

 Consigne extraite de « 1001 conseils pour l’écrivain en herbe » de Myriam Mallié et Pascal Lemaître – Casterman, 2004

Vous pouvez également utiliser les aquarelles de Venise et Burano peintes par Ilarion Pavlovitch Krapov pour vous inventer un voyage dans cette ville et/ou dans cette île si vous le souhaitez.

1024 Aquarelles de Venise 01 paline bleue devant san Giorgio

1024 Aquarelles de Venise 02 paline jaune au grand canal (sans bords)

1024 Aquarelles de Venise 03 paline rouge au grand canal (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 04 barque immatriculée avec reflets

 1024 Aquarelles de Venise 05 Gondole avec ruban rouge (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 06 barque devant un pont (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 07 cheval devant gondole (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 08 Deux barques avec reflets (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 09 Alignement de barques avec reflets (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 11 Canot à moteur sur le grand canal (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 16 Trois barques amarrées (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 17 Barque Davide (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 24 Cimetière San Michele (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 23 Maison d'angle à Burano (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 25 Un canal à Burano (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 10 Palais Dario (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 12 Palais sur le grand canal (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 13 Palais sur le grand canal (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 14 Gondole fleurie (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 15 Barque bleue devant pont de Santa Lucia (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 18 Maison violette à Burano (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 19 Maison rouge avec balai à Burano (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 21 Barques et pont à Burano (sans bords)

 1024 Aquarelles de Venise 22 Bateau Valter à Burano (sans bords)

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10 mars 2022

LE HUIT MARS DE M. CHOCHOTTE

2122-21 Jean-Paul - Affiche huit mars en 1024

Les nénettes, c’est fête ! Les sveltes, les replètes, les sèches, les déesses, les 2/3 Merkel et 1/3 Thetcher, les bébêtes, les « sélect », les pépètes, les mémères, les tendres, les tempêtes, les vedettes, les secrètes, les teint de pêche, les Belles Hé(l)lènes, les « défense d’entrer » et les pécheresses, les éthérées, les entêtées, les perles de verre et les rebelles, venez, venez, ce week-end c’est kermesse !

Je lève le verre ! Je trempe mes lèvres dans le Xérès ! Je bois à votre santé, votre beauté, votre excellence ! Je célèbre la messe de votre entregent après avoir fermé l’évêché de l’intérieur. J’ai posé les scellés sur le désert où prêchent les prêtres, les évêques et les enténébrés singuliers du clergé. Je monte au belvédère clamer ma préférence pour Bérengère, Hortense, Estelle, Zézette ou Marie-France plutôt que pour Ernest et ses drôles de sentences. Je me délecte à voir à la salle Pleyel vos doigts qui s’empressent sur le pianoforte où vous jouez expertes le « Rêve d’amour » de Liszt.

Je vénère vos textes aux mots enchevêtrés d’où jaillissent toujours des gemmes insensées. Votre légèreté est une effervescence. Vous êtes le remède au cervelet dément, empesé dans ses termes et balourd dans sa fièvre qui s’interdit ce jour l’usage du mot « fesse » ou l’interrogation sur ce qui s’enclencha autrefois en Adam lorsqu’Eve ôta pour lui son premier vêtement.

Ô détresse de l’élève perplexe, sur la brèche, tourné chèvre, qui voudrait pénétrer la science de la grâce et se faire emmener par de vertes venelles vers un Eden où Dieu et le serpent, de mèche, n’auraient rien perpétré qu’une forêt de hêtres, un cercle de verdure, un avenir sans guerres et sans va-de-la-gueule, sans pègre, sans fusils, sans western.

Femmes, à tous les sens du mot, je vous encense parce que vous nous élevez !

En même temps…

Tout bien pesé, bien tempéré… Ne me dites jamais, mesdames, s’il vous plaît :

- Est-ce que tu veux monter dans ma Mercedes Benz ?

Parce que le coup de la panne de la classe A, on me l’a déjà fait ! Et assister neuf mois plus tard à l’accouchement, j’aimions point trop ça ! 



Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 8 mars 2022

d'après la consigne AEV 2122-21 ci-dessous.

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