02 janvier 2019

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 45, LANGUE DE FEU

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Noufous léfé drafa gonfons
Noufous boufoulofottonfons
Léfé p’tifits moufoutonfons !

Côfotefes d’afagneauxfo
Soufourifis, gifigofots,
Enfen rafagoufoût oufou
Enfen cofolomfonbofo
Toufoujoufours noufous calfal-
Mefent lafa frinfingafale.

Dede l’afanifimalfal
Pafanurfurgificalfal
Onfon sefe réfégalfale !

Boirfoir làfa-defessufus
Dufu vinfin aufo fufût
N’estfé pasfé d’refefufus !

Noufous difigéféronfons
Toufous lesfé gorforgeonfons :
Châfateaufo-Chafalonfon

Saintfin-Efémifilionfion,
Fronfontonfon, Mâfaconfon
Oufou Lufubéféronfon

Men’fèntoufou safalonfon
Saintfin-Montfon, Morforgonfon
Toutfou vinfin estfé bonfon !

Pefetifit enfennuifui
Parfarmifi ceuxfe-cifi
Unfin seulfeuk noufous nuifuit :

Lefe Nuifuits-Saintfin-Georforges
Sansfan quefe l’onfon sachfache
Pourfourquoifoi, lafa vafache !
Cefe cofocofo làfa
Nousfou resfeste enfan trafa-
Verfers defe lafa gorforge !

Merci à Bongopinot pour la découverte de ce langage !

Traduction :

 

181228 Nikon 002

 

Nous les dragons
Nous boulottons
Les p’tits moutons !

Côtes d’agneaux
Souris, gigots,
En ragoût ou
En colombo
Toujours nous cal-
Ment la fringale.

De l’animal
Panurgical
On se régale !

Boire là-dessus
Du vin au fût
N’est pas d’refus !

Nous digérons
Tous les gorgeons :
Château-Chalon

Saint-Emilion,
Fronton, Mâcon
Ou Lubéron

Men’tou salon
Saint-Mont, Morgon
Tout vin est bon !

190102 dragon de saint-georgesPetit ennui
Parmi ceux-ci
Un seul nous nuit :

Le Nuits-Saint-Georges
Sans que l’on sache
Pourquoi, la vache !
Ce coco là
Nous reste en tra-
Vers de la gorge !

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30 décembre 2018

PAPY FAIT SON INTÉRESSANT !

 

181230 Almanach-2019-VermotMon arrière-grand-père, Papy Lazare, celui qui a fait un farctus de la cocarde il y a trois ans, il nous a tous invités chez lui pour fêter la Noël au lendemain du réveillon.

Maintenant que Mamy Marie-Madeleine ne se souvient plus trop du prénom d’un gars qui s’appelle Al Ho-Hisse, c’est Papy qui nous fait la cuisine et qui distribue les cadeaux. J’ai encore eu droit à un livre en papier qui ne rentre pas plus que l’année dernière dans ma console de jeux mais maintenant j’ai l’habitude : j’essaye de le revendre après sur « Le bon coin » ou de l’échanger dans la cour de récré, son Almanach Vermot de l’année en cours. Les dessins plaisent bien aux copains.

Papy avait fait deux pintades, Papa et Maman avaient amené le champagne et les gâteaux apéro de luxe, l’oncle Paul un tiramisu aux kiwis et l’oncle Mathieu un gâteau aux noisettes et à la crème anglaise, qu’on va la garder quand même, la crème des Anglais, même si Thérésa May continue à « Brexiter les folliculaires » comme dit l’oncle Jean qui suit l’actualité internationale pour toute la famille.

Papy était tout pâle quand on est arrivés. « J’ai une rage de dents terrible ! » qu’il nous a dit.

- Ben faut aller chez le dentiste, Papy, a dit l’oncle Mathieu qui n’aime pas y aller non plus, chez le menteur qui arrache les dents.

- J’aime pas : c’est des jeunes ! On ne les connaît pas !

- Ah ben oui, mais si on va par-là, a dit Papa qui connaît tout Alphonse Allais par cœur, plus on ira et moins il y aura de gens qui auront connu Napoléon ! 

Papy a battu sa coulpe, bu sa coupe, mangé quelques pains d’épices au foie gras puis il est allé s’allonger parce qu’il n’était vraiment pas bien.

Sur le coup de cinq heures les tontons flingueurs et maman sont allés voir ce qu’il en était de Papy qui ne ressortait pas de sa sieste. Ouïe ! Ouïe ! Ouïe ! A la place du Bourgogne il avait pris son médoc pour le cœur mais ça ne lui faisait rien ! Tout le monde est sorti de la chambre très inquiet, la mine catastrophée. Maman a appelé le quinze, et, même si c’était pas un barbu, il y a un pompier qui est venu, puis un médecin et une ambulance pour emmener Papy au pital.

On a posé Papy sur un rancard, ils l’ont emmené allongé, tout jaune, et après tout le monde a pleuré sauf papa et l’oncle Paul qui ont continué à faire de la musique. Ils ont chanté la chanson de « Saturnin le canard » et des tas de bêtises écrites par des Charlots.

- Quand même, pleurnichait Mamy Marie-Madeleine ! On savait que ça devait arriver un jour ou l’autre mais choisir ce jour-là pour partir ! ».

Après l’oncle Mathieu est parti au pital avec mon cousin Luc, voir où ce que ça en était. Plus tard ils ont appelé Maman sur son téléphone de ministre pour lui demander d’amener les chaussons de Papy Lazare parce qu’ils l’avaient emmené pieds nus sur le rancard. Tant qu’à faire de partir les pieds devant en hiver, autant avoir de bonnes chaussures, vu le froid qu’il fait.

Quand Maman est revenue il y avait Mathieu, Luc et Papy Lazare, debout, presque vaillant, avec elle. Ils lui avaient filé de l’amorfine pour qu’il ne sente plus la douleur.

- Qu’est-ce que c’était alors, qu’il avait, Papy ? J’ai demandé.

- Ce n’était rien qu’une rage de dents !

Plus tard, dans l’auto, sur le chemin de la maison, Papa a dit à Maman :

- Ca fait plus de quatre-vingts ans qu’il a la rage dedans, ton grand-père. Pour une fois il l’avait dehors ! N’empêche, c’est dégoûtant ! Il est le seul à avoir reçu du père Noël de quoi se chouter légalement !

J’en ai déduit qu’on ne pouvait pas se chouter avec l’almanach Vermot ! C’est pas grave. Moi j’aime bien le monde comme qu’il est ! J’ai pas besoin qu’on me donne des coups de pieds avec rage dedans !

***

Maman a téléphoné ce matin pour prendre des nouvelles. Papy a quatre cons primés à la morphine à prendre pour tenir avant d’avoir un rendez-vous chez le dentiste. Mais il a dit qu’il ne les prendrait pas.

- Quelle tête de pioche ! a dit Maman !

Tout ça n’est pas grave. Moi j’ai retenu leur nom aux cons primés. La prochaine fois j’irai farfouiller dans leur armoire à pharmacie à Papy et Mamy. Je les récupérerai et je les offrirai à Papa pour la fête des pères !
 

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01 décembre 2017

Une photo de groupe de 1928 ou 1929

IV 10 Avec les Cottereaux et les Lesacher
- Venez les filles, on va s'incruster dans la photo du petit Petr !
- Ce qui est dommage c'est qu'on ne se verra jamais !
- Si, si ! En 2017 elle sera sur Internet !
- 2017 ? Je ne te dis pas l'âge qu'on aura ! Canonique !
- Qui sait ? Tu seras peut-être la doyenne des Français !

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28 novembre 2017

Le plus cher de mes trésors

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Ce trésor-là n'a pas de prix. C'est une oeuvre de Mademoiselle Zell. J'aime à penser que si je viens à bout un jour de "99 dragons : exercices de style" elle en constituera la couverture. Pour l'instant ce tableau m'inspire le dialogue suivant :

LES PARENTS - Cet enfant est inquiétant : il n'arrête pas d'écrire !
LE DRAGON - Vas-y, Joe Krapov, écris m'en encore une autre !

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11 octobre 2017

LE GRIMOIRE : UN CONTE DE CLAUDE SEIGNOLLE

Le grimoire (Claude Seignolle ; adapté par Maïck la conteuse et Joe Krapov)

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Artaud Rimbur. Quel bras cassé, cet Artaud Rimbur ! On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans et il a dix-sept ans. Il n’a rien fichu à l’école, est devenu un voyou mou du genou et surtout ce qu’on appelle un monte-en-l’air, un cambrioleur à la petite semaine. Il a remarqué que depuis plusieurs jours le père Verlaine, le rebouteux du village, part de bon matin et revient tard le soir. Il se dit qu’il pourrait peut-être faire un tour dans sa maison. Un rebouteux, moitié sorcier, moitié médecin, doit bien avoir quelque chose à barboter. Quelques billets ou pièces soigneusement cachés ou bien quelque bon jambon ! Mais bon, c’est la maison d’un demi-sorcier quand même ! C’est casse-pied d’avoir la trouille comme ça mais après bien des hésitations il se lance.

C’est trop facile, la maison est restée ouverte ! On y entre les doigts dans le nez ! Artaud Rimbur n’est pas trop rassuré mais après avoir fait le tour de la maison, soulevé quelques draps et quelques couvercles de coffres, il ne trouve rien d’extraordinaire et finalement il n’y a rien à dérober. Déçu mais quand même soulagé il va repartir, les mains vides, les bras ballants… Quand son regard est attiré vers un tiroir entrouvert. Là, coincé dans l’ouverture, une épaisseur de papier dépasse… c’est un gros cahier. Il hésite, le tire à lui et sort précipitamment comme s’il craignait que la voix de son propriétaire ne lui ordonne de le remettre en place. Il s’éloigne au plus vite, prend le chemin du bois derrière la maison et finalement s’arrête en plein soleil à l’abri d’un talus. Il s’assoit, se laissant inonder de clarté, comme rassuré par la lumière qui le mettrait à l’abri de la noirceur de la maison.

Ca lui fait une belle jambe d’avoir volé ce livre : Artaud Rimbur sait à peine lire ! Il l’ouvre quand même, parvient lentement à retrouver le sens des lettres tracées sur la couverture : G R I … Gri M O I moi… R E  re ! Grimoire ! Grimoire des S O R… sorciers !

Là il a une brutale suée. Un quart de seconde il pense prendre ses jambes à son cou, jeter ce cahier ensorcelé et fuir au plus vite ! Mais une irrésistible envie de connaitre le contenu des magies du père Verlaine le pousse à aller plus loin. Il tourne les pages, chacune d’elles est couverte de tout petits caractères tassés… Il y a là de quoi devenir maître du pays tout entier !

Ici le moyen pour annihiler le venin des serpents, comment écarter les loups, guérir les maux de ventre, sécher les verrues, redresser les torticolis.

Là, comment avoir de bonnes récoltes par tous les temps où comment détruire celles du voisin !

Là, pour rendre inoffensif votre pire ennemi ; là, le secret pour tout savoir !!!

Bouleversé, mais impatient, Artaud Rimbur continue à lire :

"Pour devenir voyant : Au bout de 7 jours les vers qui se sont formés dans le derrière du crâne d’un cadavre se changent en mouches, lesquelles 7 jours après deviennent des dragons dont la morsure est mortelle. Si on en prend un et qu’on le fasse cuire dans l’huile et qu’on forme une chandelle ayant pour mèche un morceau de suaire, dès qu’on l’allumera dans une lampe d’étain, aura lieu l’apparition du spectre de Baudelaire. Si vous avez le courage de le regarder en face il vous dira l’avenir. Pour le chasser il faut se frotter le visage avec du sang de femme…." 

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 Ah la, la ! Jamais il n’aurait cru à tant d’horreur ! Complètement chamboulé, il tourne plusieurs pages sans les lire, et, son regard bute soudain en bas d’une page, sur des lettres majuscules tracées à l’encre rouge : TOURNE ENCORE SI TU ES ASSEZ COURAGEUX !

La phrase le frappe entre les deux yeux, les jambes lui manquent mais il aspire une grande goulée d’air et soulève lentement la page, n’osant pas l’ouvrir d’un coup.. des fois que … Mais la page tournée, il ne voit que la répétition de la précédente mise en garde : TOURNE ENCORE…

Cette fois, sans hésiter il tourne la page… Rien … Plus de menace… OUF ! il vient de traverser l’endroit dangereux du livre des sorciers… et il ne lui est rien arrivé !

D’un geste machinal, il se tâte la nuque, le ventre, les bras. Ah ça il vient de braver le pire ! S’il avait dû mourir pour sa curiosité ce serait déjà fait, non ?

Alors serrant contre lui le grimoire qu’il vient de vaincre, assuré de pouvoir braver la colère du père Verlaine il crie comme pour braver les cieux ou les dieux :

- Ah ! Ah ! Père Verlaine ! Tu ne peux plus rien contre moi ! Je t’ai coupé l’herbe sous le pied ! Je ne suis plus un bras cassé, comme tu disais ! Maintenant c’est toi qui es amputé de ta science, tu n’auras plus la béquille de ton grimoire pour te soutenir ! ».

Et Artaud Rimbur, complètement revigoré, se lève pour rentrer chez lui pedibus gambis. Mais il chancelle et se rassied sur le talus car il vient de constater que son corps est lui aussi, amputé ! Amputé de la jambe droite ! Plus de mollet pour le mou du genou !

La conteuse marque un temps pour que les gens imaginent l’horreur puis dit, avec un ricanement sardonique :

Alors, braves gens ? Il est-t-y pas moignon, ce conte-là ?

 

N.B. Le nom du personnage, Artaud Rimbur, est emprunté à Jean-Pierre Verheggen qu'on ne remerciera jamais assez pour sa Belgitude assumée !

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01 avril 2017

PAS DE ÇA, LISETTE ! (5)

Je poursuis ce jour la publication des couvertures de Lisette qui m'ont tapé dans l'oeil.
L'année 1970 est complète du n° 1 au n° 41.
 

Lisette 70 couv n° 01

Lisette 70 couv n° 02

Le petit oiseau va sortir !

Lisette 70 couv n° 04

Chauds, les marrons !

Lisette 70 couv n° 06

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PAS DE ÇA, LISETTE ! (6)

Lisette 70 couv n° 08

La java des hommes-grenouilles !

Lisette 70 couv n° 09
En route pour les étoiles !

Lisette 70 couv n° 10

Magnifique, ce chat blanc !

Lisette 70 couv n° 12

Et splendide cette Japonaise !

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PAS DE ÇA, LISETTE ! (7)

Lisette 70 couv n° 15

Lisette 70 couv n° 21

Lisette 70 couv n° 22

Lisette 70 couv n° 23

Les offrir à une femme enceinte ?
(J'adore les clichés ! )
(et les rousses à lunettes)
(et ces graphismes surannés mais charmants)

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PAS DE ÇA, LISETTE ! (8)

Lisette 70 couv n° 24

Lisette 70 couv n° 25

Lisette 70 couv n° 26

Lisette 70 couv n° 27


Le cinéma des Krapov

On est fans d'Aki Kaurismaki, découvert par nous il n'y a pas très longtemps (après "Le Havre", je pense, et donc, quand même, en 2011). On est donc allés voir "L'autre côté de l'espoir". C'est bien, ça fait du bien. Même si on serre les fesses un peu tout le long du film. Mais cette musique, ces plans, cet humour nordique, cette humanité... C'est unique ! 

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30 mars 2017

PAS DE ÇA, LISETTE ! (1)

On ne s'en sortira jamais !

On ne s'en sortira jamais de la chanson de Souchon, "Foule sentimentale" : "Oh la la ! On nous fait croire /Que le bonheur c'est d'avoir".

Et pourtant, je résiste ! Je n'achète plus de livres, de disques, de dévédés, de revues... Mieux, je numérise des vieux papiers et je fais du tri dans mes bouquins et mes vinyles pour m'en débarrasser et faire de la place.

Mais  on ne s'en sortira jamais !

On ne s'en sortira jamais du tonneau des Danaïdes. Pendant ce temps-là Marina Bourgeoizovna fait la même chose chez ses parents. Chez ces Bretons typiques, l'accumulation est un rien ancestrale : leur âge, allez savoir pourquoi, est plus élevé que le nôtre, la maison est plus grande et le principe, de longue date,  est que "On garde ça, on ne sait jamais, ça peut toujours servir !"

Et donc ce qui devait arriver pour qu'on ne s'en sorte jamais arrive. De son dernier voyage elle nous a ramené deux années presque complètes du journal "Lisette" qu'elle lisait quand elle était gamine ! Et qui c'est l'idiot, qui a entrepris d'en scanner les couvertures, les jeux et autres publicités surannées avant que le lot ne s'envole pour quelques euros dans une braderie en septembre ? Ben oui, vous avez deviné, c'est Joe Krapov !

Je l'avais pourtant bien dit : "Pas de ça, Lisette !"

Ci-dessous, un choix des couvertures de l'année 1969.

Lisette 69 11

Annie aime les sucettes ?

Lisette 69 15
L'Odile de Ricet Barrier ?

Lisette 69 18

 Line et Lahn à Ploumanac'h ?

Lisette 69 21

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