Filigrane jeu 74 Joe Krapov - 24-heures-de-la-vie-dune-femme-2002

« 24 heures de la vie d’une femme », de Stefan Zweig, ça pourrait être l’histoire d’une femme, Mrs C., en manque d’amour, et d’un homme en manque d’argent.

L’un passe dans la vie de l’autre et donne envie à celle-ci de commettre un impair. Mais la roulette de l’histoire ne tourne pas aussi facilement que ça. Le « Happy end », ici, n’est pas de mise. Rien ne va plus, faites vos jeux, le conte est apocalyptique.

Lui n’a qu’une seule envie, c’est de retourner au casino. Cette institution fait miroiter son blé. C’est une aimable voisine à laquelle l’absence de morale et l’image du général russe permettent de tout prendre. Suffit de sauter la barrière, comme disent les officiers vulgaires et les bandits pas manchots qui souvent s’acoquinent !

La lady anglaise et sa promenade en calèche ne pèsent pas lerche à côté de la fièvre du jeu. Au lieu de prendre le train avec son argent charitable il retourne se mettre à table et flamber sur le tapis vert.

T’as pas vu Monte Carlo ni la fièvre à El Pao ?

Cet idiot fait sauter la banque. Avec un missile hypersonique.

Il y a des débris partout. Ca fout les jetons, non ? C’est Mrs C qui doit les ramasser : elle est la seule survivante de la catastrophe mondiale.

Échecs, petits soldats, jolis parleurs ou brutes épaisses, les hommes sont des joueurs, les femmes font bouillir la marmite.

 « Tout le monde veut faire la révolution mais personne ne veut descendre la poubelle » comme disait Jean Yanne.

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Écrit pour le jeu n° 74 de Filigrane (La Licorne) d'après cette consigne