13 novembre 2021

LES DIALOGUES ÉNERVÉS DE CIDPLA ET ZOMU. 1, Fourre-tout

- Qu’est-ce que t’as mis dans ton fourre-tout ?

- Un grand coupe-choux,
Une intégrale de Fu-Manchu,
Le plan de la ville de Tombouctou,
Un bulletin de vote « Philippe Poutou »,
Une photo d’Anquetil et Poupou
Si vite prise qu’elle est toute floue,
Une histoire de Pif et Doudou,
La laisse pour sortir le toutou

Et un brouilleur d’écoute ;

Un Bibi Fricotin et Razibus Zouzou,
Une Africaine sans son boubou,
Une viole au-dessus d’un nid de coucou,
Un extraordinaire joujou,
Trois proverbes bantous et un piège tabou,
Un vieux gourou tout mou né à Pleumeur-Bodou,
Un Rodrigue en courroux

Et un brouilleur d’écoute ;

DDS 689 Riquiqui et Roudoudou

Une carte postale de Kourou,
Deux pots de lait de ma nounou,
Un coloriage de Riquiqui et Roudoudou
Un coquillage que j’ai ramené de Poulennou,
La grille des accords de « Zouzou »,
L’78 tours de « Frou-frou »,
Les gants de boxe d’un kangourou,
Une statuette de Mobutu
Importée de Ouagadougou,

Et un brouilleur d’écoute ;

Un brancard de pousse-pousse,
Un flacon de pousse-mousse
Un pigeon qui roucoule,
Un plan de La Bourboule
Vingt-six graines de coucourde,
Le dévédé de « Loulou » (de Pialat),
Ma place pour Guingamp-Rennes au stade du Roudourou

DDS 689 le-stade-de-roudourou

Et un brouilleur d’écoute ;

Une soutane de Desmond Tutu,
Les clés de ma belle Subaru
Mon carnet de rendez-vous doux,
Un veau d’or pas toujours debout,
Un culte de vaudous aux livres de Debord,
Toutes les paroles de « Viens Poupoule »
Et celles d’un hymne zoulou
Qu’a écrit Georges Pompidou,
L’enregistrement du glou-glou
Que fit le Titanic après avoir cogné l’igloo.

- Je crois que c’était plutôt un iceberg. Qu’as-tu mis dans ton baise-en-ville ?

- J’y ai mis le chien des Baskerville,
L’adresse du Lapin agile,
Un CD de Philippe Lavil,
Le gars qui met les nerfs à bout
Rien qu’en tapant sur des bambous
Et « Le Désir d’être inutile ».

- C’est d’Hugo Pratt, je le connais. Qu’est-ce que t’as mis dans ta sacoche ?

- Toute ma collection de vide-poches
Et un éléphant plutôt moche
Qui n’ fait qu’à r’garder la téloche

Et un brouilleur d’écoutes

- Qu’est-ce que t’as mis dans ta valise ?

- Mon fourre-tout, mon baise-en-ville, ma sacoche, mon piano et ta ringardise !
Est-ce que j’t’en pose, moi, des questions,
Espèce de fouine ?
Est-ce que je fourre mon nez partout ?
Sacré boudiou !
Est-ce que j’te brouille l’écoute, andouille ?

DDS 689 Placid et Muzo

 


Ecrit pour le Défi du samedi n° 689 d'après cette consigne : fourre-tout

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12 novembre 2021

En un mot comme en cent. 8 novembre 2021 Ça a l'air vieux mais

Ca a l’air vieux vu que ça a été écrit au siècle dernier mais ça me réjouit toujours autatn, les Peanuts. Surtout les derniers « strips » avec Rerun, Pepermint Patty, Marcie, Spike, Olaf et Andy

C’est comme Sherlock Holmes en collection « Bouquins ».

Ca a l’air vieux comme attitude mais c’est réellement un plaisir de posséder une bibliothèque !

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En un mot comme en cent. 9 novembre 2021, Hommes et femmes

Hommes et femmes prenant le bus avec un masque sur le nez.

Hommes et femmes chantant du Brassens assis avec un masque sur le nez

Homme et femmes écrivant sans masque sur le nez.

Un mardi ordinaire dans un monde extraordinaire.

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 Photos prises à Rennes le 4 novembre 2021

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11 novembre 2021

En un mot comme en cent. 7 novembre 2021, J'ai l'habitude de

J’ai l’habitude de tourner la molette de mon appareil photo sur « effects » lorsque le soleil brille par son absence dans le ciel.

Ca permet de revenir avec des images automnales irréelles en plus des dix kilomètres de marche dans les pattes.

2021-11-07 - Nikon 15

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10 novembre 2021

AMNISTIE GÉNÉRALE !

2021-10-23 - Nikon 62

Longtemps nous méditâmes sur ce que pouvaient bien signifier les lettres colorées qui s’étendaient sur la façade du cinéma Manivel à Redon.

En matière de bon sens ces seize voyelles ou consonnes et cette esperluette ne faisaient que tièdement l’unanimité.

- Insinuent-elles qu’on ferait mieux de regarder « Les chiffres et les lettres » à la télé plutôt que de venir voir ici ce qui n’est peut-être qu’un navet de plus ?

- Un navet n’eût pas décroché de César, Rosalie ! fut la réponse immédiate de la dame qui m’accompagnait.

On pouvait composer « midi », « minuit », et « mâtines » mais ça clochait : rien ne sonnait, on n’entendait rien que les bruits légers des bateaux de plaisance amarrés en face de l’estaminet pour cinéphiles nourri·e·s aux éminentes critiques de « Télérama » ou du « Masque et la plume ».

Nous nous entêtâmes dans notre « Recherche du mot perdu » puis à force d’avoir été enduits d’erreur, nous conclûmes et admîmes en notre for intérieur que cela suintait fort le concept artistique.

- Fourguons leur de l’inattendu, aux Redonnais ! Avaient dû se dire les artistes-architectes plus ou moins déments. Ils sont si attachés à leurs vieilles antiennes, ils ont l’âme si sédimentée dans leurs traditions qu’un peu de surréalisme dans l’eau froide ne leur fera pas de mal !

Et puis cette année, nous nous mutinâmes :

- Je refuse d’être tétanisé par cette corporation médisante. Je décide que ces lettres sont mises là de façon immanente à la seule intention de notre amusement ! Je vais les confier à l’Atelier d’écriture. La muse de la danse des mots aura tôt fait de nous emmener, grâce au générateur d’anagrammes, vers les autres mystères qu’elle inspirera à mes coreligionnaires.

Or, l’heure étant venue de la médiumnité, je suis bien étonné pour ma part, devant cette liste de vocables que la machine émiette, d’y trouver les minutes de mai 68 ou de cette autre manifestation paysanne dont la femme de ma vie – celle qui m’appelait « Rosalie » ci-dessus – fut l’involontaire témoin à l’époque où ses parents créchaient et usinaient à Redon.

La famille habitait alors non loin d’ici, rue de l’Union, au bord du canal et les enfants devaient traverser le passage à niveau devant l’hôtel de ville pour aller à l’école de l’autre côté de la voie ferrée. Elle avait dix ans et en revenait ce soir de juin quand, avec son frère cadet, ils s’étaient retrouvés en pleine lutte intestine entre des paysans sainement remontés et des brigades anti-émeutes dont le destin consistait à « mater le mutin dès le matin». Les lacrymos pleuvaient comme des boules d’antimites. Les bras se tendaient sans aménité pour envoyer voler des poulets congelés sur les flics sans immunité qui se démenaient tant bien que mal pour ne pas y laisser des plumes. Bref ça se castagnait avec une intensité pas inusitée mais presque.

A cette époque-là, Marinette – appelons-là comme ça vu qu’elle change de prénom comme de chemise, ces temps-ci – n’était déjà pas du genre « Midineta minaudensis » (midinette qui minaude). Les demi-teintes n’étaient et ne sont toujours pas sa tasse de thé sauf lorsqu’elle fait de l’aquarelle.

La distribution d’horions ne diminuant pas, la main du petit frère fut fermement empoignée et maintenue dans la sienne ; elle s’insinua au milieu de l’échauffourée et traversa au galop le champ de bataille sur lequel les belligérants, tels des tennismen fous échangeaient en les lançant, sans craindre une quelconque tendinite, les projectiles qu’ils détenaient tout en braillant des injures sur un mode asinien.

Une qui fut bien médusée, voire néantisée, ce fut la maman des deux mômes.

- Mais il fallait attendre que ça se termine ! Vous vous rendez compte de l’immensité de votre bêtise ? Vous n’avez pas eu le sentiment que c’était dangereux d’être là au milieu de tout ça ?

2122-08 Jean-Paul - 26 juin 1967

Image empruntée ici

***

Bien sûr, un autre agencement des mots de cette liste était possible. J’aurais pu évoquer aussi par exemple ma propre vie estudiantine, les tissus d’indienne des amples jupes des filles des années qui suivirent, vous dire, grâce au mot "déniaisement", comment je fus intimement inséminé... par la poésie rimbaldienne et la musique étasunienne mais mon surmoi n’est jamais très chaud pour qu’on médiatise ne serait-ce qu'un poil de ma part intime.

Et surtout j’adore raconter la vie des autres !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 novembre 2021

d'après la consigne 2122-08 ci-dessous

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-08 DU 9 NOVEMBRE 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Les Lettres du Manivel

 

2021-10-23 - Nikon 65

Cette photo représente la façade du cinéma "Ciné Manivel" à Redon (Ille-et-Vilaine).

L'animateur ignore quel sens ont ces lettres colorées. Pour chercher à le comprendre il a soumis ce groupe MUEITDASMNEENTIN à un générateur d'anagrammes.

Moyennnant quoi il vous demande d'écrire  un texte qui parle

- soit de cinéma
- soit de bateaux dans un port
- soit d’une usine désaffectée
- soit de la ville de votre enfance

en y insérant au moins dix mots de cette liste :

amendement - amenuisée - amenuisent - amnistiée - amusement - antenniste - antiémeute - antiennes - antimites - antisémite - asinienne - attendîmes - attendues - atténuées - attiédies - démenaient - démenâmes - démenâtes - démentaient - démentais - démentait - démentant - démentent - démenties - démentîmes - démentîtes - démettais - demi-teinte - demi-teintes - déminaient - déminâmes - déminâtes - démunîmes - démunîtes - dénattées - déniaient - déniaisée - déniaisement - déniaisent - densément - dénuement - destinaient - destinait - destinant - destinent - destituai - destituée - déteintes - détenaient - détenante - détenantes - détenants - détiennent - détiennes - diminuâmes - diminuant - diminuâtes - diminuées - diminuent - édentaient - édentâmes - édentâtes - éditaient - émiettais - émiettâmes - éminentes - emmenaient - emmenâtes - endémisme - endettais - endettâmes - enduisaient - enduisait - enduisant - enduisent - entendaient - entendais - entendait - entendant - entendante - entendent - entendîmes - entendîtes - entendues - entêtâmes - estaminet - estimaient - estudiantin - estudiantine - étasunien - étasunienne - étendaient - étendîmes - étendîtes - étudiaient - étudiâmes - étudiante - étudiantes - étudiants - étudiâtes - identités - immanente - immanentes - immanents - immédiate - immédiates - immédiateté - immédiatetés - immédiats - immensité - imminente - imminentes - imminents - immunisant - immunisante - immunisât - immunisée - immunisent - immunités - inanimées - inattendu - inattendue - inattendues - inattendus - indemnisa - indemnisant - indemnisât - indemnise - indemnisé - indemnisée - indemnisent - indemnité - indemnités - indiennes - induisant - induisent - inséminant - inséminât - inséminée - inséminent - insinuant - insinuante - insinuent - instamment - instituée - intendant - intendante - intendantes - intendants - intensément - intensité - intentais - intentâmes - intentées - intestine - intimâmes - intimâtes - intimement - maintenue - maintenues - maintenus - maintienne - maintiennes - maintiens - maintient - maintînmes - maintîntes - mandement - mandements - maniement - maniements - médiatise - médiatisé - médiatisée - médiatisent - médisaient - médisante - méditaient - méditâmes - méditante - méditantes - méditants - méditâtes - médiumnité - médiumnités - médusaient - médusante - mendiaient - mendiâmes - mendiante - mendiantes - mendiants - mendiâtes - mentaient - midinette - midinettes - minaudent - minutaient - minutâmes - minutâtes - mutinaient - mutinâmes - mutinâtes - néantisée - niaisement - nuisaient - nuitamment - numismate - sainement - saintement - sédimenta - sédimentai - sédimentait - sédimentant - sédimentât - sédimente - sédimenté - sédimentent - sentaient - sentiment - situaient - suintaient - suintante - suintement - teintâmes - tendaient - tendineuse - tendinite - tendinites - tennisman - tennismen - tétanisée - tièdement - timidement - tunisienne - unanimement - unanimisme - unanimiste - unanimité – usinaient

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09 novembre 2021

En un mot comme en cent. 6 novembre 2021 , Une fleur

Une fleur de passiflore nous a été offerte dimanche dernier par Madame Jojo. Marina B. l’a photographiée.

Elle est toute ratatinée ce jour – la fleur, pas Marina ! - mais presque aussi jolie à cause des vrilles et du côté mélancolique des fleurs mourantes.

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08 novembre 2021

En un mot comme en cent. 2 novembre 2021, Pourquoi c'est compliqué

Pourquoi c’est compliqué d’écrire un contre-chant ?

Le trouver, l’inventer n’est rien.

Le jouer sur mon vieux violon crincrin (acheté 500 francs au Mans vers 1989 !) ne pose que le problème du son pourri de l’instrument et de l’exécution avec archet – je suis le roi du pizzicato ! -.

C’est l’écriture du rythme, de la durée des notes qui reste mon point noir. Mais je progresse et j’y prends du plaisir. C’est comme apprendre une langue étrangère et là je sais que ça va servir tout de suite !

Georges Brassens. - Le Gorille

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En un mot comme en cent. 3 novembre 2021, En bois

Sur la table en bois blanc de la loggia j’ai posé une paella aux fruits de mer pour mes hôtes de ce jour.

Monsieur B. nous a raconté l’histoire du prunier planté par sa grand-mère dans son jardin rennais à La Herpe. Il est resté dix ans sans donner de fruits. Et puis, pendant les bombardements de mars 1943, une bombe est tombée entre le prunier et le cerisier. Ça a donné à réfléchir à l’arbre : il s’est enfin mis à donner des fruits !

Ça a fonctionné pareil pour les humains ! On a appelé ça le Baby-boom !

21 11 08 La Herpe
La maison de la grand'mère était du genre de celle de droite.

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En un mot comme en cent. 4 novembre 2021, Ça ne se passera pas comme ça

On va t’en coller, Wes Anderson, de l’Ennui-sur-Blasé !

On est allés voir ton film à l’Arvor * et on en a pris plein les yeux. C’est un superbe album d’images surréalistes. Le film démarre en fanfare dans un univers à la Jacques Tati mais il se dilue sans qu’on rie vraiment au fur et à mesure qu’on avance dans les trois sketches qui le constituent. Le plus original est la vision de mai 68 comme une partie d’échecs par correspondance à la semi-aveugle ! **

* The French dispatch (2021)

** Chacun des joueurs ne voit que ses pièces sur son échiquier et pas celles de l’adversaire ! 

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