210227 285 001Sur l’échelle de Jacob, dans l’aquarium divin, pas d’anges ce matin. Juste un petit batracien, une mignonne petite grenouille qui a l’air d’annoncer qu’elle douille.

C’est qu’il a gelé cette nuit et sur le tableau de Bonnard c’est un petit soleil d’hiver qui dore la balustrade de pierre.

Notre sœur de miséricorde – nommons-la Isaure pour un temps - a ouvert la porte à son chat. Elle est rentrée pour préparer bon accueil à son locataire.

Ici, à mi-chemin de tout itinéraire, se dresse la maison du bon Dieu, l’auberge de l’Ange gardien.

L’hôtesse est comme l’infirmière qui te soigne, qui t’administre le réconfort et la présence, qui te rallume la lumière lorsque tu fais des cauchemars.

Souviens-toi toujours de ce lieu, de cette image d’un bon havre. Pense au film de Kaurismaki.

Souviens-toi de ce jour béni où, sans même le savoir, sans même le reconnaître, tu as rencontré Dieu.

Il était inutile de monter à l’échelle, il était inutile que tu remarques celles qui ornaient les bas de la belle

Dieu est venu sur tes genoux ronronner, t’apporter chaleur, douceur de foyer, nuit paisible. Ce matin, par ce froid glacial, il vient de sortir prendre l’air. C’est le chat sous les primevères.

Toi tu peux continuer ta route
Même si le monde et en déroute.

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 N.B. L'Echelle de Jacob est une série de cinq textes produits en parallèle d'un atelier d'écriture en ligne auquel j'ai assisté, disons, en sous-marin... ;-)