A corps et à cris je l’aurais réclamé, ce quatrième voyage dans la cité des doges ! J’en avais fait le titre d’un recueil de poèmes : «Je veux retourner à Venise !».

Eh bien désormais, c’est fini. Y’a du tirage entre nous. Elle est devenue, la Sérénissime, un paradis au rabais, le diable incarné, la marionnette de la mondialisation.

Quand je vois ces documentaires sur le tourisme de masse, j’ai un cœur qui saigne. Entre les paquebots géants, les commissariats et presbytères transformés en hôtels ou en restaurants, le ballet bleu des valises à roulettes et les Airbnbs à tous les étages, je me dis qu’on se tape la tête. C’est qu’il y en a des Béotiens et du «beau» monde au balcon qui trouve juteux à souhait de transformer cette ville belle à pâlir la nuit en Disneyland mondial.

carte-plonk-1020

Alors tant pis pour le carnaval, les gondoles sous la neige, les couleurs de Burano, l’acqua alta que je ne verrai pas ou plus. Continuez le massacre sans moi ! Il me reste mes photos de lieux diaphanes en diable, mes petites aquarelles et mes disques de Vivaldi.

De toute façon il y a désormais un tueur parmi nous. Les voyages sont interdits pour un sacré bout de temps ! Respire Venise ! Remercie le virus qui t’apporte la paix ! Nous autres qui nous prenons tout sur le paletot, nous serons bientôt tous au pageot avant d’aller dormir dans le cercueil capitonné qui nous attend plus vite que nous n’avions prévu !

J’arrête ici mon homicide-blues ! Bonne année pour les gnomes quand même !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 26 janvier 2021

d'après la consigne 2021-16 ci-dessous.