18 décembre 2020

SACRÉ MONONC' WALRUS !

DDS 642 trottin 3 sous la pluie (réduit)

Mon oncle de Belgique m’étonnera toujours ! Les mots qu’il nous propose sur le Défi du samedi sont bien plus souvent qu’il ne le croit une incitation à la guerre des sexes !

Ainsi du dernier proposé, «trottin» qui désigne, pour les moins de vingt ans qui n’ont pas connu le temps des terrasses de boulevards d’où l’oncle Alphonse Allais observait les passantes, « l’apprentie, la jeune ouvrière modiste ou couturière chargée de faire les courses, de livrer les chapeaux et les robes à domicile. » Soit la victime toute désignée, à l’époque, du harcèlement de rue dénoncé de nos jours par Mme H. Tagmitou et ses consoeurs (et consort·e·s ?) !

Je suis allé chercher bien sûr si je ne pouvais pas trouver une chanson sur le sujet.

Il en avait trois qui tombent toutes dans le même travers sexiste, misogyne ou misandre, selon le point de vue :

- « La polka des trottins » de Félix Mayol. Je résume l’argument : « Jeune fille, ne cédez pas aux propositions des vieux dragueurs qui vous suivent dans la rue. Cédez à celles des jeunes dragueurs comme moi !

- « Le jeune homme et le trottin » du même et qui semble la suite de l’autre ! Le trottin qui cède au jeune homme, finalement, c’est dingue : ce n’est pas une catin ! Fou, non ?

- « Simple histoire (le petit trottin) » de Lucienne Boyer. Une séance de drague bien acceptée près de Saint-Mandé (avec consommation dès la première rencontre?) et le gars ne vient pas au second rendez-vous. "Si mon histoire n’finit pas bien j’n’y suis pour rien", se dédouane la chanteuse.

Allez donc broder sur la thématique du désir masculin sans vous attirer la foudre ou les foudres aujourd’hui ! J’ai fini par trouver hier comment botter en touche mais avant cela j’ai tournicoté toute la semaine la thématique dans ma tête. Et pendant mon insomnie de cette nuit de 4h 30 à 5h30 j’ai quand même pondu une jolie provocation œuf dur mayolaise que je vous livre ci-dessous.

Je vous la délivre à la façon de notre amie américaine qui n’a rien trouvé de mieux l’autre semaine que de s’exposer aux critiques en sophistiquant-adoucissant-dénaturant une chanson paillarde effectivement assez crue. Puritanisme quand tu nous tiens !

Ma version sophistiquée est née de l’utilisation de la reconnaissance vocale de Windows qui m’a évité de taper le texte. Je l’ai dicté et n’ai eu qu’à le corriger, ce qui est, vous en conviendrez, quand même du boulot tant le logiciel est lui-même assez puritain !

Mais qu’est-ce que j’ai pu rire en découvrant le résultat ci-dessous !

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HISTOIRE DE TROTTIN (1)

DDS 642 trottin 2 Jean-georges-Beraud-Le-Trottin

Ces petits états bottines
Que je suis autre part un
Jeune aurait de repos 
Si je ne l’est des larcins

Et pour consolider la race
Ne pourriez-vous Trotin
M’offrir vos mandarines
Hôtesse carac au ?

Si je vous suis dans la rue,
C’est à quant aux autres obtint
De votre joli plus
Mondiaux tels popotes un

Je n’aurais de 55
Que d’en admirer une
La rotonde viter
De près de très près

Et dans caresser
En délicatesse un
Chaque aspérités
De face

Menace aurez-vous
D’envoi aux cheveux fous
Consommer matière
Et poser mes lèvres ?

Autre part entretint
Vous me rang des fous

Hayat était le malade
La kelme affichait
Un grand coup d’ombrelle
Sur l’or du crâne

Va donc est mourut
T Moshe comme un pont

Posté par Joe Krapov à 15:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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HISTOIRE DE TROTTIN (2)

DDS 642 trottin

Ces petites bottines
Que je suis, ô trottin,
Je n’aurai de repos 
Si je ne les délace

Et pour qu’on se délasse
Ne pourriez-vous, trottin
M’offrir vos mandarines,
Oter ce caraco ?

Si je vous suis dans la rue,
C’est à cause, trottin
De votre joli cul !
Mon dieu quel popotin !

Je n’aurais de cesse
Que d’en admirer
La rotondité
De près, de très près

Et d’en caresser
En délicatesse
Chaque aspérité
De fesse.

Me laisserez-vous
Dans vos cheveux fous
Consumer ma fièvre
Et poser mes lèvres ?

O trottin, trottin
Vous me rendez fou !

Aïe ! Est-elle malade ?
V’là qu’elle m’a fichu
Un grand coup d’ombrelle
Sur le haut du crâne !

Va donc, eh morue !
T’es moche comme un pou !

Posté par Joe Krapov à 15:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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Le Jeune homme et le trottin / Félix Mayol

Puisque je n'ai pas trouvé les paroles de cette chanson sur Internet, je les ai recopiées d'après cette carte et d'après la version de Mayol ci-dessous. A noter que l'interprète a censuré l'allusion aux seins de la demoiselle ! Qu'est-ce que je risque de mon côté en la publiant aujourd'hui ? J'ajoute justement à la suite l'autre chanson coquine sur le même sujet brûlant dans une belle version de Brice Legée découverte à l'instant !

DDS


 

 

 

Le Jeune homme et le trottin / Félix Mayol
Auteurs : Henri Christiné et Léo Lelièvre
Compositeur(s) : Maurice Gracey


1
Il l’avait r’marquée un soir qu’un vieux satyre
V’nait d’lui dire
Mon p’tit loup

Venez chez moi et puis après vous serez lancée
Et parée
De bijoux

La petite pleurant d’vant ces propos obscènes
Faisait peine
Tout à coup

L’jeune homme s’élançant furieux
Gifla le vieux libidineux
Emue elle lui dit « Merci, monsieur »

REFRAIN 1
C’était un petit jeune homme
C’était un petit trottin
Pour narguer le vieux bonhomme
Il la r’conduisit un brin.

Alors ils se rencontrèrent
Chaque soir et chaque matin
Et c’est ainsi que s’aimèrent
Le jeune home et le trottin

2
Il apprit bientôt qu’elle était orpheline
Et l’on d’vine
Que tous deux

Bien que s’aimant d’un amour très poétique
Platonique
Peu à peu

Elle vint visiter son humble chambrette
Si coquette
Près des cieux

Et quand arriva l’hiver
Comme le charbon coûtait très cher
Ils s’réchauffèrent dans l’ même lit en fer

REFRAIN 2
C’était un petit jeune homme
C’était un petit trottin
Tous deux faisaient un bon somme
Après des baisers sans fin

[Ses seins ronds comme des pommes
lui servaient de traversin]

Elle apporta s’lon l’usage
un miroir ? un pot d’jasmin
Ainsi se mirent en ménage
Le jeune homme et le trottin


3 (délaissé par Mayol)
Dans la rue les vieux suivaient toujours la belle
Mais rebelle
Elle disait

Vous perdez votr’ temps je ne suis pas à vendre
Mes airs tendres
Mes attraits

Sont pour mon amant qui n’a pas de richesse
Sa jeunesse
Seule me plaît

L’argent ne vaut pas l’amour et mon bonheur
Date du jour
Où je me suis donnée pour toujours

REFRAIN 3
C’était un petit jeune homme
Je ne suis qu’un p’tit trottin
Mais il m’ador’ faut voir comme
Et ma foi j’ lui rends bien

J’prèfère notr' nid d’caresses
A vos boudoirs en satin
Car rien ne vaut la tendresse
Du jeune homme et du trottin

4
Ton amant s’lassera disaient ses p’tites amies
Pleines d’envie
Marche donc

Si tu veux tu deviendras riche bien vite
Mais la p’tite
Disait non

Car je pense que je vais bientôt être mère
Et le père
Du poupon

Va m’épouser. En effet ils célèbrèrent
Quèqu’temps après
Le mariage et l’baptême au complet

REFRAIN4
Ainsi s’maria le jeune homme
Avec le petit trottin
L’histoire est banale en somme
Mais elle prouve aux libertins

Qu’à l’argent l’amour résiste
Et que chez nos p’tits trottins
Couturières ou bien modistes
Il n’y a pas que des catins.

Posté par Joe Krapov à 12:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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