08 octobre 2020

Choses vues à Rennes le 4 octobre 2020 (1)

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Paquin ? Paquin ? Chez la biaiseuse ?

 

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Cage à lapins, cageot à pigeons, même combat !

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987 kilowatts/heure ?
Elle consomme un max, ta voiture électrique !

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07 octobre 2020

LE JOURNAL DE NAZIM LE FOU

Derrière le moucharabieh je regarde sans être vu :

- celle qui boit son caoua sans y mettre de sucre ;
- celle qui rêve d’une cange pour aller aux sources du Nil ;
- celle qui met dans son cabas des aubergines ;
- celle dont la jupe est trop courte ;
- celle dont la nuque est envoûtante ;
- celle qui connaît l’arithmétique et sait la fièvre de l’algèbre ;
- celle qui croit que la Terre est bleue comme une orange.

Derrière le moucharabieh je regarde sans être vu
Et de toutes ces belles je me fais un harem
Pour toutes les nuits sans lune où je dormirai seul.

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***

C’est l’Hiver qui arrive pour geler nos glaouis,
Pour semer la jachère.

Peau de zob au jardin !
Pénurie d’épinards !
Macache d’estragon !

Sans tambour ni trompette
Il nique le safran,
Fait pourrir les pastèques
Et, gabelou furieux,
Jette sur tout cela la neige artificielle
Des nuits de satin blanc
Dont je maudis le bues
Pour que les caïds de Dubaï
Se voient en nababs du climat
Qui ont décroché la timbale.

***

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Calfeutré dans mon souk
Je chante sur mon luth
Mes sourates de fanfaron.

Je sors de ma guitare
Le navire amiral de mes chansons maboules.

Je suis Nazim le fou au coffret de santal,
Aux notes de jasmin,
L’assassin du sultan
Qui préfère au calibre P 38
Le goudron du barouf
Et la plume d’albatros
A la sauce Baudelaire
Pour moquer ces vizirs mesquins.

***

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J’ai assez d’alcool dans mon alambic
Pour provoquer des algarades
A la limite de l’abracadabrantesque.

J’ai assez de café dans mon grand mazagran
Pour Balzacer des nuits entières
Un almanach de gilet jaune.

J’ai assez de haschich dans ma jarre
Pour fumer des naseaux
En alezan superbe
Et tendre mes madragues
Sur l’échine des bardots.

Mais je n’ai pas l’âme d’un cador
Et n’infligerais pas aux raïs d’un quintal
L’échec et mat funeste.
Tant pis pour eux s’ils ont roqué côté cimetière !

Ces fakirs ne valent pas un clou !
Ces momies qu’un toubib conserve dans le talc
Ne sont que moussaka moisie
Abricots secs, brêles, zéro, camelote.

Moi
Sur une feuille de nénuphar géant
Je chevauche le sirocco.

Par le truchement du rêve et de la poésie
Je remplis le zénith de mes « Wali-walou ».

Je plante un baobab au sommet chamarré
D’un Everest divin.

Je peins en zinzolin
La nouba des girafes
Et fais pleuvoir la limonade et l’orangeade
Sur les ayatollah traîne-savates.

J’envoie par sarbacane
Une mousson de loukoums
Engluer les émirs
Et, en baroud d’honneur digne d’une Odyssée,
Je fais razzia totale sur l’arsenal de toutes bougies
Pour qu’on ne puisse plus connaître
L’âge du capitaine
Quand je mange le moka
Sans en laisser bésef.

C’est vrai je suis comme ça, moi, lorsque j’ai forcé
Sur l’alchimie des mots et mon péché mignon,
L’eau de fleur d’oranger.

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Calligraphie de Lassaad Métoui

***

Ai-je bien raconté ma vie de patachon ?
Ai-je bien massicoté au cimeterre d’argent
Votre cafard de confiné·e·s ?

Voyez-vous bien l’azur par le moucharabieh ?
Ne l’oubliez jamais :
Le ciel vous appartient !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 6 octobre 2020

à partir de la consigne ci-dessous

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 2021-04 DU 6 OCTOBRE 2020 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Mots français d’origine arabe



Voici une liste de mots entrés dans la langue française qui sont à l'origine des mots arabes. Insérez-en au moins dix dans un texte ou faites des petits poèmes à partir d’un ou plusieurs de ces mots.

 

Nos-ancetres-les-Arabes

abricot - alambic - albatros - Alcazar - alchimie - alcool - alcôve - alezan - algarade - algèbre - algorithme - almanach - amalgame - ambre - amiral - Arabe - arabesques - argousin - arithmétique - arrobase - arsenal - artichaut - assassin - aubergine - aval - avanie - avarie - ayatollah - azimut - azur - babouche - bakchich - baldaquin - baobab - baraka - barda - barde de lard - bardot - baroud - barouf - benjoin - benzène - benzine - bésef - bled - borax - bougie - brêle - brick - burnous - burqa - caban - cabas - cador - cafard - café - caftan - caïd - calfater - calfeutrer - calibre - califat - calife - camaïeu - camelot - camelote - camphre - candi - cange - caoua - carafe - carat - carmin - carvi - casbah - chamarré - charabia - charia - chéchia - cheik - chiffre - chiite - chouia - cimeterre - cithare - civette - clébard - clebs - coran - coton - couffin - couscous - cramoisi - cumin - curcuma - damas - damasquinée - derviche - dinar - dirham - divan - djebel - djellaba - djihad - djinn - douane - druze - échec et mat - élixir - émir - épinard - estragon - Fakir - fanfaron - fardeau - fatma - fatwa - fedayin - felouque - fennec - fez - fissa - flouze - fou - gabardine - gabelle - gabelou - gandoura - gaze - gazelle - gerboise – gilet - girafe - glaoui - goudron - gourbi - Guitare - guitoune - haschich - halal - halva - hammam - hardes - harem - harissa - harki - hasard - henné - imam – inch’ Allah - intifada - islam - jarre - jasmin - jupe - Kabyle - kebab - keffieh - khôl - kif - kiffer - kif-kif - lapis-lazuli - laque - lascar - lilas - lime - limonade - loukoum - luth - maboul - macache - macramé - madrague - magasin - Maghreb - Mahomet - mahométan - mamelouk - marabout - maroquin - massage - massicot - matraque - mazagran - mazout - méchoui - médina - méhari - merguez - mérinos - mesquin - minaret - mohair - moka - mollah - momie - mosquée - moucharabié - moudjahidin - moussaka - mousseline - mousson - muezzin - mufti - musc - musulman - nabab - nacre - nénuphar - niquer - noria - nouba - nuque - orange - orangeade - oranger - orangerie - Ottoman - ouate - oued - pastèque - patachon - potiron - quintal - raï - raïs - ramdam - rame - raquette - razzia - rebec – récif - roquer - roumi - sacre - safari - safran - sagaie - Sahara - Sahel - sahib - sahraoui - salafiste - salamalec - salicorne - santal - sarbacane - saroual - sarrasin - satin - savate - sequin – sérail - sidi - sirocco - sirop - smala - sofa - sorbet - soude - soufi - souk – sourate - sucre - sultan - sumac - Sunnite - taboulé - tabouret - tajine - talc - taliban - talisman - tamarin - tambour - tare - tarif - timbale - toubib - truchement - vizir – wali - walou - wilaya - zénith - zéro - zinzolin - zob – zouave.
 

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04 octobre 2020

La taverne d'Attilio / Félix Marten

Quelques vidéos ce dimanche en lien avec le texte du Défi du samedi publié hier. Cette contrainte de publier dans le rêve du dragon un  maximum de mots rimant avec "imbroglio" m'a rappelé "La taverne d'Attilio", un endroit fréquenté jadis par Bernard Dimey dont j'adore l'oeuvre et dont j'ai aimé qu'on me racontât sa vie (L'émission  "Boris, Boby, Dimey et les autres" en 1995 et "La Blessure de l'ogre" d'Yvette Cathiart).

C'est aussi le titre d'une chanson qu'il a écrite, dans la lignée du "Lux bar", pour rendre hommage à Montmartre. Elle est chantée par Félix Marten. La musique est de Francis Lai. La Taverne d'Attilio se trouvait place du Tertre.


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Juditha triumphans / Antonio Vivaldi

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Lemezoldal ! Ca veut dire "face" en hongrois ! Je me souviens encore de ce seul mot que je connais dans cette langue ! Il figurait sur les étiquettes jaunes des deux disques vinyles du "Juditha triumpans" que mon grand-père m'avait ramené en import direct de Hongrie !

Je crois que je ne le lâcherai jamais cet enregstrement-là ! Même s'il n'est pas pratique à écouter : la face 1 est collée à la face 4 et la 3 au verso de la 2, ce qui veut dire qu'il faut changer deux fois de disque si on écoute l'intégrale de cet oratorio dans l'ordre. Quel imbroglio !

Vous allez me dire que maintenant, avec Deezer, Youtube, Musicme, il suffit d'un seul clic pour entendre tout. Pas du tout ! La version de Vittorio Negri est très bien certes, mais le "O quam vaga" est bien trop rapide ! Or donc je vais m'empresser :

- soit de laisser tomber mon ordinateur et d'aller relire mes bandes dessinées en écoutant mes vinyles dans le séjour

- soit de convertir en MP3 cette interprétation de l'Orchestre d'état de Hongrie dirigé par Ferenc Szekeres pour pouvoir continuer à jouer ici, le dimanche soir, au critique musical de "La Tribune des critiques de disques" de France-Musique !

Je vous propose une version très moderne, par l'ensemble Jupiter avec Léa Desandre au chant, de l'air "Armatae face et anguibus" et une autre également aimable - et plus proche de l'enregistrement hongrois - du "O quam vaga, Venusta, o quam decora" par Tiziana Carraro.

 

 

Bon, maintenant, c'est vrai, il ne s'agirait pas d'oublier LA, ici très Castafiorienne, Bartoli !
(C'est à elle que Joe Dassin et Nicolas S. ont dédié leurs chansons "Cécilia" et "Si tu reviens, j'annule tout" ?).

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Capriccio N° 5 / Paganini

J'étais parti aussi pour citer le Capriccio italien de Tchaïkovski mais j'ai changé mes plans en l'écoutant. Je me suis tourné vers ceux de Paganini et je suis tombé là-dessus, plus spectaculaire encore ! 

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Je suis de Castelsarrasin (Pierre Perret) / Mouss et Hakim, Olivia Ruiz et Lo Barrut

Rien à voir avec les rimes en io pour ce dernier billet (à part que c'est une chanson de l'auteur du "Tord-boyaux" ?). C'est juste une recommandation de M. Youtube qui ne m'a pas déplu. 

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03 octobre 2020

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 61, Récit de rêve

Saint-georges par Baden Powell (communiqué par Baden Powell le 27-09-2020) 127705243

Ah la la ! Quel imbroglio ! Je me suis réveillé ce matin dans un état proche de l’Ohio ! Quelle belle série de rêves idiots !

Primo, j’étais attelé à un chariot et j’allais dire des fabliaux à la Taverne d’Attilio – où était-ce le Don Camillo ? – pour un public de gens spéciaux, drôles de zoziaux par trop joviaux tous venus de Bonifacio ou d’Ajaccio où souffle ce vent de folie qu’on appelle le Libeccio. On me dételait du chariot, on me poussait sur les tréteaux et mon impresario me lançait depuis les coulisses :

- Vas-y ! Chante leur « O sole mio » ! Tu enchaîneras ensuite avec « Si tu vas à Rio » de Dario Moreno puis « Le petit joueur de flutiau » de Brassens.

J’étais tétanisé, sans voix, agonisant, bon pour un passage en cardio. Il est vrai que les dragons ne chantent pas ce genre d’airs familiaux que l’on entend à la radio ou qu’on joue sur l’autoradio. Ils n’ont pas la voix d’un loriot ni celle de Don Juan Tenorio. Je n’ai rien d’un griot et s’il me fallait un jour fréquenter la musique, je préférerais de loin l’adagio d’Albinoni ou le Juditha triumphans, ce bel oratorio de Vivaldi, voire les Capriccios de Paganini.

Bref je restais muet devant le micro et les Corses, peu conviviaux au naturel, devinrent bientôt antisociaux voire triviaux puis vipériaux, me balançant des noms d’oiseaux et des glaviots. Le calme s’en revint lorsque j’ouvris la gueule et que d’une flamme puissante je mis le feu à tout le patio ! Houla ! Comme ils sont redevenus cordiaux ! Seulement, la tronche du proprio !

Ayant fait place clarinette je jouai alors le trio des quilles de Mozart et des flûtes pour aller dans des lieux plus enchantés.

Deuzio, rêve encore plus dingo : au bout du viaduc de Millau je rencontre un autre barjo avec des habits ecclésiaux, des affûtiaux de nobliau, monté sur un bidet tout blanc et ses grands chevaux qui me demande mes fafiots (si vous n’avez pas votre Gaffiot, je vous traduis : les fafiots ce sont les papiers).

Il me questionne :

- D’où c’est que vous venez ?

- De la station Campo–Formio, c’est direct avec le métro !

- Où qu’vous allez ?

- C’te question ! A Mogadiscio, San-Antonio, en Ontario ou aux pays équatoriaux ! A Quimper, aux faïences Henriot ou à Baguio 78 voir jouer Tolia Carpovio contre Victor Kotchnio !

- D’après ce que j’vois d’écrit ici, vous vous appelez Marcel Petiot ? qu’il continue, le Fantasio.

- Jamais d’la vie ! C’est quoi, ce nouveau scénario ? Tu vois bien qu’je suis un bestiau ! J’m’appelle Elliott ou Emilio, je suis de la classe des marsupiaux et champion de France des arts martiaux. Et toi, t’es qui, Super Mario ?

Le maigriot, sur ses ergots, prend des airs inquisitoriaux, aérospatiaux, comme Blériot chez Latécoère, et manche à balai dans le derrière, mordant comme un chiot en colère, d’humeur guerrière, décline son identité :

- Tout le monde m’appelle San Giorgio. J’suis c’qu’ on appelle un estradiot ou un stradiot, un éclaireur qui vend du bio aux provinciaux. J’ suis envoyé par le daïmio pour retrouver le salopiot qui boulotte toutes les côtes d’agneau et qui a foutu l’feu au studio ! Numérote tes abbatiaux ! Prépare ta tête pour le billot, docteur Petiot !

Voilà-t-y pas que ce salopiot m’balance un chtard dans les tuyaux ! Oh la la ! Ca va être sa fête ! J’vais lui réclamer des agios, au loupiot ! Tu vas voir, tristesse d’Olympio, qu’t’eusses mieux fait d’choper la polio ! J’vais t’soigner ton compère-Loriot ! J’vais t’transformer en carpaccio ! En atriaux, eh, Pieds nickelés !

Y eut-il massacre à l’île de Scio ? Si le viaduc était un bateau, lequel des deux chut du rafiot ? Se battit-on (Oh chou ! Ma chère !) avec brio ?. (Oui je sais Battiston-Schumacher, c’est nul, mais, à contrario, c’était aussi dans le rêve !). Je ne sais plus : c’est à ce moment-là que je me suis réveillé pour aller pisser.

Tertio : une fois que j’ai eu replongé, je me suis retrouvé dans le bus n° 11 dans une ville nommée Rennes avec un masque sur le visage et je lisais un in-folio sur le catalogage des fonds patrimoniaux. Il y avait plus loin une fille en robe rose, masquée elle aussi, qui appuyait sur le bitoniot pour demander l’arrêt du char à la station Charles Géniaux. Je l’ai bien reconnue la fille ! Elle s’appelait Isaure Chassériau. C’était la belle-fille du député Guyot-Desfontaines ! Mais après elle a disparu et j’ai fini ma nuit tranquille en censurant tout le restant du matériau.

***

Bon, c’est pas le tout ça. Qu’est-ce que j’ai sur mon agenda aujourd’hui ? Ah oui. « Aller bouffer des brebis en Libye ». Pourvu que je ne tombe pas là-bas sur un de ces frappadingues adverbiaux d’ces bas du Front Police à Rio !

St-Georges patron de Cacéres par Walrus 127705049

Illustrations aimablement fournies par notre bien-aimé oncle Walrus
que je remercie de son soutien à l'entreprise Nonante-neuf !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 631 d'après cette consigne : Imbroglio.

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02 octobre 2020

LES PINGOUINS

AEV 2021-03 La Croix 2020-09-25 En marche

- En marche ! On est bientôt arrivés, les gars ! Une fois dans la station il n’y aura plus qu’à suivre les rails !

- N’empêche, il fait une chaleur à crever, chef !

- T’as voulu voir Paris et on a vu Paris ! Chauffe, Nestor !

- Il fera plus frais dans le métro. C’est fou quand même que ce réchauffement climatique ait eu la peau des humains !

- En marche, les gars ! Ne discutez pas tant ! A force de parler vous allez vous dessécher !

- Comment vous dites qu’elle s’appelle, l’oasis de fraicheur vers laquelle on va ? C’est quel arrêt public ?

- En marche ! C’est la station « Glacière ».

Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 29 septembre 2020

d'après la consigne AEV 2021-03 ci-dessous

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